Préparer le DALF

On est au mois de juin et un peu partout dans le monde, les examens du DELF et du DALF approchent et les candidats paniquent, ce qui me laisse toujours un peu perplexe.

A chaque session, je suis contactée par des étudiants qui semblent se rappeler au dernier moment s’être inscrits à l’examen et se rendent compte qu’ils ne savent pas vraiment en quoi consiste l’examen et qu’ils n’ont pas vraiment pratiqué leur français ces derniers mois. La majorité de ces étudiants souhaitent passer le C1.

Le C1 de français n’est pas un examen facile et on ne devrait pas s’y présenter sans préparation, même si l’on parle bien français. Si l’on n’a pas les moyens de payer des cours avec un prof et qu’on sait faire preuve d’un minimum de discipline, on peut s’y préparer seul. Il y a beaucoup de ressources disponibles en librairie ou en ligne.

Il y a de nombreuses années, j’ai moi-même préparé le C2 d’anglais. Je parlais très bien anglais mais je savais qu’il fallait que je comprenne le format de l’examen pour être à l’aise le jour J. J’ai acheté des livres et j’ai planché tous les soirs après le travail pendant trois mois. Je vivais en Suisse à l’époque et les cours de préparation étaient beaucoup trop chers pour moi. Je me sentais capable de me préparer toute seule et je n’ai eu aucune surprise le jour de l’examen. J’ai juste paniqué à l’oral, mais ce n’était pas par manque de préparation, et j’ai quand même eu une très bonne note sur l’ensemble de l’examen.

Il est très important de se préparer adéquatement avant de se présenter à l’examen. Il faut en connaître le format, le nombre d’épreuves, en quoi consiste chaque épreuve et être conscient de ce que signifie chaque niveau.

D’après le conseil de l’Europe, l’étudiant de niveau C1 peut comprendre une grande gamme de textes longs et exigeants, ainsi que saisir des significations implicites. Il peut s’exprimer spontanément et couramment sans trop apparemment devoir chercher ses mots. Il peut utiliser la langue de façon efficace et souple dans sa vie sociale, professionnelle ou académique. Il peut s’exprimer sur des sujets complexes de façon claire et bien structurée et manifester son contrôle des outils d’organisation, d’articulation et de cohésion du discours. (https://www.coe.int/fr/web/common-european-framework-reference-languages/table-1-cefr-3.3-common-reference-levels-global-scale)

On est souvent plus à l’aise dans une épreuve que dans les autres et on peut souvent compter là-dessus pour réussir l’examen. Si l’on comprend tout mais qu’on n’est pas très à l’aise en production, on peut facilement obtenir 50%. Tant qu’on obtient un minimum de 5 points dans chaque épreuve, on peut obtenir l’examen avec 20/25 en CO, 20/25 en CE, 5/25 en PE et 5/25 en PO.

Certains étudiants ont besoin du diplôme pour des raisons professionnelles ou pour pouvoir étudier en France. D’autres ont envie de valider leur niveau et se lancent un défi personnel en préparant le DALF. Il y a diverses raisons pour passer cet examen qui sont toutes aussi valides les unes que les autres. Cependant, en tant que prof, je trouve beaucoup plus intéressant de travailler avec des étudiants qui ont vraiment le souci de progresser et d’améliorer leur français. Une ou deux semaines avant l’examen, je peux donner des conseils méthodologiques, mais on ne passe pas du niveau B2 au niveau C1 en 15 jours. On ne comble pas ses lacunes en grammaire en une semaine. L’apprentissage d’une langue demande du temps. Obtenir le C1 avec 50 points ne signifie pas du tout la même chose que l’obtenir avec 80 points.

Une des étudiantes qui m’a le plus surprise ces derniers mois, c’est Katie. Elle m’a contactée deux ou trois mois avant de passer l’examen, ce qui est à mon avis une période raisonnable pour préparer un examen dont on pense avoir le niveau. Son écrit m’a tout d’abord laissée sceptique. Puis je lui ai parlé et sa façon de s’exprimer et son attitude m’ont fait reconsidérer ce que j’avais pensé initialement. Elle a énormément travaillé pendant les semaines qui ont précédé l’examen, elle s’est préparée avec des sujets de DALF, elle a préparé des exposés pour l’épreuve de PO sur divers sujets, elle a écrit des synthèses et des essais, elle a pris en compte mes remarques et est restée concentrée sur son but. Je crois qu’on s’est vues quatre fois la semaine avant les épreuves écrites, puis une heure avant son oral et je n’avais plus aucun doute à ce moment-là. Elle a obtenu une très bonne note et je n’étais pas surprise. Elle continue à étudier car elle sait qu’une langue, ça s’entretient si on ne veut pas la perdre et de plus, on ne peut jamais vraiment arrêter d’apprendre. J’ai obtenu mon C2 d’anglais il y a plus de 10 ans, et je sais que mon anglais est bien meilleur aujourd’hui qu’il l’était alors, et j’apprends régulièrement de nouveaux mots, de nouvelles expressions en lisant beaucoup en anglais, en écoutant des podcasts ou en regardant des films et des séries. 

Tout ça pour dire que pour préparer le DALF, il faut se donner du temps pour bien se préparer (surtout si on est du genre à stresser en situation d’examen) et que pour parler et comprendre une langue à un niveau avancé, il faut la pratiquer régulièrement !

One Reply to “Préparer le DALF”

Leave a Reply