L’importance de se relire

J’essaie toujours d’encourager mes étudiants à écrire, même s’ils ne préparent pas d’examen. La majorité d’entre eux sont contents de le faire et se rendent compte que c’est important de travailler la langue de cette façon aussi. Ecrire permet de penser au langage et de le manipuler différemment. Et l’on se rend souvent compte que ce n’est pas une tâche très facile. Pourtant, plus on le fait, plus on est à l’aise avec l’écriture, même si parfois, c’est vraiment frustrant de ne pas arriver à formuler sa pensée clairement. 

Quand on parle, on peut se permettre de ne pas finir une phrase, on peut revenir en arrière, on peut être approximatif avec la grammaire, ce qu’on a dit fait déjà partie du passé. Il n’y a pas de trace. Quand on écrit, ça reste. Les erreurs sont là, noir sur blanc. Certains étudiants écrivent comme ils parlent, d’autres écrivent comme ils écriraient dans leur langue maternelle, en traduisant littéralement ce qu’ils veulent dire. Cela demande beaucoup de pratique de pouvoir écrire parfaitement. On a l’impression de ne pas voir les progrès qu’on fait. On ne sait pas par où commencer pour bien écrire. On peut facilement se sentir découragé. Mais chez mes étudiantes qui écrivent régulièrement, je vois le progrès.

On ne peut pas améliorer et corriger tout en même temps. Il faut être patient et il faut être méthodique. La première chose sur laquelle j’insiste, c’est la relecture. Je corrige plusieurs écrits par semaine, majoritairement de niveaux B2 et C1, tous écrits par des étudiantes qui ont des connaissances grammaticales assez solides. Et pourtant, je relève toujours beaucoup trop de verbes conjugués incorrectement et d’adjectifs mal accordés. Une fois que j’ai surligné les erreurs de ce type, elles sont toutes capables de se corriger car elles connaissent parfaitement les règles de conjugaison et d’accords. Mais cela ne les empêche pas de faire des fautes. 

 Je le dis et je le redis : il faut se relire attentivement. Pour chaque verbe, on se demande quel est le sujet et on vérifie si la conjugaison est correcte. Pour chaque adjectif, on se demande à quel nom il fait référence et on vérifie si l’accord est logique. Si l’on a un doute sur le genre d’un nom, on fait en sorte que le déterminant et l’adjectif coïncident. 

Ce n’est pas facile de se relire et de repérer ses erreurs quand on vient juste d’écrire un texte. C’est aussi pour ça que je conseille de se donner du temps, pour pouvoir relire à froid. Mais si l’on manque de temps, il faut vraiment s’arrêter à chaque verbe et à chaque adjectif et se poser la bonne question. C’est basique, mais c’est nécessaire ! Au bout d’un moment, ça deviendra naturel et vous y passerez moins de temps car vous y aurez déjà réfléchi en écrivant votre brouillon. Une fois les fautes basiques éliminées, on pourra se concentrer sur la structure des phrases et la variété du vocabulaire.  

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