Les fautes d’orthographe

Vous trouvez l’orthographe française difficile ? Vous n’êtes pas seul !

Beaucoup de Français ont des lacunes considérables en orthographe. C’est quelque chose que j’observe depuis longtemps et encore plus depuis que je passe une grande partie de mon temps en ligne et que je me suis mise un peu aux réseaux sociaux. Je vois des fautes partout sur Internet. Régulièrement dans des articles de journaux “sérieux”. Quand c’est une seule faute, je me dis que cela peut être une faute de frappe, ça arrive à tout le monde, et quand on a les yeux rivés sur l’écran toute la journée, ce n’est pas toujours évident de garder sa concentration. Mais souvent, j’en repère beaucoup plus. Et je me dis qu’on se relit avant de publier dans un journal qui a une certaine réputation, non ? On se fait relire par un collègue peut-être ? Je ne sais pas comment ça marche, et je suppose qu’avec le besoin de publier sans arrêt dans ce monde qui ne dort jamais, la relecture n’est pas une priorité. Mais personnellement, je juge sévèrement les journalistes qui font des fautes d’orthographe et je perçois le journal comme pas si sérieux que ça s’il autorise la publication d’articles avec des fautes. Parce que ça ne fait pas sérieux. Ça fait négligé, bâclé et donne l’impression que la personne qui a écrit manque de respect pour ses lecteurs. Je prends note des noms des journalistes récidivistes, et je ne lis plus leurs articles. Je suis moins sévère avec les Français dont l’écriture n’est pas un outil de travail, mais je reste quand même choquée par le niveau d’orthographe et le niveau d’expression de beaucoup de Français. Il m’est arrivé de lire des commentaires sur Facebook et YouTube et de ne rien comprendre à ce que je lisais car l’orthographe était tellement mauvaise que ça n’avait absolument aucun sens. Même en lisant à voix haute, la phonétique n’aide pas toujours car il semblerait que les règles ne soient pas toujours connues.

Cette semaine en France, il est ressorti d’un sondage que les fautes d’orthographe étaient un critère de sélection à l’embauche et pouvaient même conduire au licenciement d’un employé. Les employeurs ne veulent pas d’employés qui risquent de donner une mauvaise image de leur entreprise. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez trouver plusieurs articles en ligne. Entre autres, ici, ici, et ici.

J’ai une amie en France qui me racontait récemment qu’ils avaient embauché une nouvelle employée à son travail. Une jeune diplômée, fraîchement sortie de l’université avec un master en communication. Elle est, entre autres, chargée du site web de l’entreprise. Apparemment, elle fait des fautes d’orthographe plus grosses qu’elle (ne comprend pas la différence entre ce et se ou ça et sa, par exemple), ce que son employeur a vite remarqué. La solution proposée : ses collègues vérifient tout ce qu’elle écrit avant que ce ne soit publié en ligne. Je pense que si je faisais partie de cette équipe, cette situation ne tiendrait pas longtemps. D’ailleurs, je me demande combien de temps cela sera tenable pour tous les partis concernés.

C’est en partie pour ça que je suis exigeante avec mes étudiants qui souhaitent passer le DALF dans le but de pouvoir étudier à l’université en France. Il est vrai que postuler à un emploi et candidater pour une place à l’université sont deux choses différentes. Pour un employeur, vous devez être rentable. Les universités, elles, ont besoin d’étudiants et que vous réussissiez ou non votre année, vous paierez le même prix. Je n’ai pas fait de recherches sur le sujet, mais ça me paraît logique dans le monde dans lequel on vit, non ?

Mais je suis exigeante avec mes étudiantes car je sais que si elles ne maîtrisent pas les codes de l’écrit en français et qu’elles conjuguent mal leurs verbes, accordent mal leurs adjectifs et utilisent peu d’autres verbes qu’être, avoir et faire, elles risquent de souffrir à l’université. Réussir le C1 est une chose. Réussir un master en est une autre. Avec une bonne préparation, quand la méthodologie est bien comprise, c’est possible, même en faisant encore beaucoup de fautes, de réussir le DALF C1. Tous les étudiants que j’ai préparés à cet examen l’ont réussi, et pourtant, il y en a quelques-uns qui, à mon avis, n’avaient pas le niveau requis et à qui j’ai recommandé de vraiment se mettre à niveau avant de commencer l’année universitaire. Parce qu’un master, ça n’a pas grand-chose à voir avec le DALF. Vous aurez plusieurs profs, avec des niveaux d’exigence différents. Des profs français très probablement. Vous serez évalué à l’écrit dans plusieurs modules. Et si votre expression et votre orthographe ne sont pas au point, vous aurez des problèmes. C’est inévitable. Et si vous voulez travailler pour une entreprise française ensuite et occuper un poste pour lequel le français sera votre langue de communication, il sera dans votre intérêt de bien maîtriser l’orthographe et la grammaire françaises !

J’ai tendance à être beaucoup plus tolérante avec les personnes dont la langue maternelle n’est pas le français, et j’aurais tendance à penser que la plupart des Français le sont aussi, mais dans le monde du travail, je ne suis pas sûre que ça vaille.

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