Couper les mots en français

Je me suis souvent fait la remarque que les étudiants de niveau avancé ne semblaient pas avoir appris comment couper les mots en fin de ligne. Mais comme je n’ai jamais ni appris ni compris où les couper en anglais (ni vraiment recherché d’ailleurs), je me suis dit que ce n’était pas très grave. Vous pouvez faire comme moi et éviter de vous trouver dans cette situation. Je ne coupe jamais mes mots quand j’écris en anglais. J’évite consciemment de le faire depuis toujours.

Mais si vous aimez le risque un peu plus que moi et que vous devez écrire en français à la main, dans le cas où vous êtes étudiant·e en France ou candidat·e au DELF ou au DALF, c’est en fait une règle utile à connaître. Je recommande aux étudiant·es que j’aide à préparer les examens de s’entrainer à écrire à la main pour les épreuves de production écrite et je remarque souvent qu’ils et elles coupent les mots à la mauvaise place et ne connaissent pas les codes du français écrit.

En français, on ne peut pas couper un mot au milieu d’une syllabe. Il faut donc savoir ce qu’est une syllabe. Il faut aussi être conscient qu’on peut parler de syllabe orale et de syllabe écrite.

Par exemple, le mot porte contient une syllabe orale /pɔʁt/, mais deux syllabes écrites : por-te

Observez maintenant le découpage de ces mots :

  • eau (1)
  • strict (1)
  • mè-re (2)
  • bon-jour (2)
  • châ-teau (2)
  • bel-le (2)
  • her-be
  • comp-ter (2)
  • pro-blè-me (3)
  • char-ret-te (3)
  • con-sen-te-ment (4)
  • en-tre-pri-se

Vous pouvez donc observer que les syllabes du français tournent autour des voyelles. Il n’y a pas de syllabe sans voyelle. Je vais essayer de ne pas être trop technique mais quand on parle de voyelle, on parle en fait de son de voyelle. Par exemple : eau, on, in, en, ou, etc. (que l’on appelle des graphèmes si vous voulez être technique)

Le e peut être muet à l’oral. Mais à l’écrit, il compte. C’est une voyelle. Les dernières syllabes de mère, belle, herbe, problème, charrette et entreprise ne sont pas des syllabes orales, mais ce sont bien des syllabes écrites. De même pour le te de consentement.

Une syllabe écrite, c’est donc au minimum une voyelle (ou un son vocalique), et c’est le plus souvent une voyelle associé à une consonne. Parfois on trouve plus de consonnes comme dans strict ou dans problème.

Et c’est là que ça devient un peu plus compliqué, mais pas tant que ça ! C’est facile de comprendre que ba, ce, di, fo, lu, mou, non, peau, rein, etc., sont des syllabes et qu’on découpe avant ou après. Mais qu’en est-il des mots dans lesquels plusieurs consonnes se suivent ?

  • on ne divise pas les graphèmes, c’est-à-dire les groupes de consonnes qui font un seul son, tels que ch /ʃ/, gu /g/, etc. (ex : pen-chant, lon-gueur)
  • les groupes consonne + l et consonne + r ne sont jamais séparés (comme dans pro-blè-me)
  • quand deux consonnes sont placées entre deux voyelles (ou sons de voyelle), on coupe entre les consonnes (bel-le, her-be)
  • on ne divise pas les consonnes finales (con-sen-te-ment)

À savoir aussi qu’on place le trait d’union en fin de ligne, pas en début de ligne.

Si vous parvenez à retenir tout ça, vous savez pratiquement tout ce qu’il y a à savoir. Ensuite, il y a aussi des règles de bon usage utiles à savoir :

  • On évite de couper un mot de deux syllabes autant que possible.
  • On essaie d’équilibrer, de couper le plus près possible du milieu du mot.
  • On essaie de ne pas couper après moins de trois lettres et de ne pas finir le mot sur la ligne suivante avec moins de trois lettres.
  • On ne coupe pas après une apostrophe.

Maintenant, si quelqu’un veut m’expliquer comment on fait en anglais…

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