Si + conditionnel : possible ou non ?

Oui, c’est possible, même s’il est également possible que vous ayez appris que “les scies n’aiment pas les raies“. Si vous ne connaissez pas cette phrase, c’est un moyen mnémotechnique que certains profs enseignent pour que leurs élèves se souviennent que l’on n’utilise pas le conditionnel (et le futur) après “si“.

Toutefois, ce n’est pas toujours vrai.

C’est vrai dans les phrases hypothétiques, dans lesquelles “si” exprime une condition. Le verbe qui suit “si” ne ne conjugue jamais au conditionnel (ou au futur).

  • Si j’étais riche, je voyagerais en classe affaires. (pas *si je serais)
  • Si j’avais compris la règle, je ne me serais pas trompée. (pas *si j’aurais compris)
  • S’il pleut demain, on ne pourra pas aller en pique-nique. (pas *s’il pleuvra)

Le conditionnel est correct après “si” dans les phrases au discours indirect, quand “si” introduit une interrogation indirecte.

  • Je me demandais si tu serais disponible pour m’aider à déménager le mois prochain. (au discours direct, on aurait soit un conditionnel, soit un futur : Seras-tu / serais-tu disponible pour m’aider ?)
  • J’aimerais savoir si tu voudrais partir en vacances avec moi.

C’est aussi possible de trouver le conditionnel (ou le futur) après “si” quand celui-ci exprime une concession. Cette structure appartient au langage soutenu.

  • S’il faudrait toujours être vigilant pour s’assurer que rien ne leur arrive, il est aussi vrai que l’on ne peut pas surveiller nos enfants constamment. (= s’il est vrai qu’il faudrait…)

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