Dans notre monde hyper connecté, on peut trouver pratiquement tout ce que l’on veut en ligne, y compris un·e prof de langue. Ce que vous savez déjà si vous êtes là ! Et dans ce monde, il parait presque obligatoire d’être sur les réseaux sociaux quand on enseigne en ligne. Sinon, comment se faire connaitre ? Résultat : on peut trouver des centaines de profs indépendant·e·s de français et d’autres langues sur les réseaux sociaux. Mais comment trouve-t-on celle ou celui qui nous conviendra ?
J’enseigne en ligne depuis huit ans (après une dizaine d’années en présentiel), et j’ai également pris des cours d’espagnol, de japonais et de thaï en ligne.
J’ai eu de la chance avec ma prof de japonais. Je l’ai trouvée sur une plateforme, elle avait de l’expérience et des qualifications, et sa personnalité m’a plu dès le début. Du coup, je n’ai jamais eu besoin d’en chercher une autre.
Pour le thaï, j’ai commencé avec une prof qui était qualifiée, très professionnelle et hyper préparée, également trouvée sur une plateforme, mais elle a eu un bébé et a pris un congé maternité et j’ai dû la remplacer. J’ai pris des cours en présentiel avec une prof très gentille, mais j’ai fini par retourner en ligne, car je préfère cette modalité d’apprentissage. Je suis plus concentrée en ligne, les cours peuvent être enregistrés et je peux les réécouter si je veux, ce qui est hyper utile pour la prononciation de cette langue tonale. J’ai trouvé une excellente prof que j’espère garder pour longtemps. Elle est apparue sur mon Instagram un jour, j’ai vérifié qu’elle était qualifiée pour enseigner, et j’ai pris un cours d’essai avec elle. Elle m’a plu instantanément, et aujourd’hui, je la considère comme une amie. Je suis même allée lui rendre visite cette année.
Pour l’espagnol, ça a été plus compliqué. J’ai essayé plusieurs profs, et la seule qui me convenait car elle était professionnelle, organisée, capable de corriger mes erreurs et de me les expliquer, et aussi de répondre à toutes mes questions, a fini par trouver un emploi dans une école qui lui offrait un salaire décent, qu’elle avait du mal à obtenir en ligne. Ses prix n’étaient pas très élevés, mais elle était en concurrence avec d’autres profs, dont beaucoup vivaient en Amérique du Sud et pratiquaient des prix hyper compétitifs. Ma prof, elle, vivait en Espagne, avec un cout de la vie plus élevé et elle ne pouvait pas réduire ses tarifs. Et c’était son métier, pour lequel elle avait fait des études ! J’étais contente pour elle qu’elle ait trouvé un emploi qui lui convenait, mais je n’ai jamais retrouvé de prof d’espagnol qui me plaisait et qui était aussi compétente. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais j’ai fini par abandonner car j’en avais marre de perdre mon temps avec des profs non seulement pas très bon·ne·s mais aussi pas très fiables (iels n’avaient pas l’air de penser qu’annuler un cours à la dernière minute était un problème).
Quand je vois des plateformes comme Preply qui essaient d’attirer les clients en mettant en avant des cours à 5€, ça me dégoute. Qui sont les personnes qui pensent que payer un·e prof 5€ de l’heure, c’est ok? J’imagine qu’en plus, les profs doivent verser une commission à la plateforme. Quelle indécence !
J’ai moi-même commencé à donner des cours en ligne en 2016 à travers une plateforme (Italki), et à l’époque, la plateforme prenait 15% des revenus des profs. Puis on perdait encore un peu d’argent dans le transfert Paypal. Malgré mon expérience, j’ai commencé avec des tarifs vraiment bas, car il fallait attirer des élèves, et j’acceptais tout le monde, car il fallait que je gagne ma vie. Heureusement, j’ai assez rapidement eu des élèves qui revenaient chaque semaine et qui me parlaient d’autres profs qu’iels avaient eu·e·s avant, et je me suis rendu compte que j’étais bien mieux outillée que beaucoup de profs, à plusieurs niveaux (10 ans d’expérience en tant qu’enseignante, connaissance poussée de la langue française, connaissance des examens, maitrise de l’anglais, expériences de vie à l’étranger, compréhension d’autres cultures, expérience en tant qu’apprenante de langues étrangères, etc.) J’ai donc pu augmenter mes prix assez rapidement. Puis j’ai créé mon propre site car j’en avais marre de verser une commission à cette plateforme et j’avais assez d’élèves prêt·e·s à me suivre. Je n’étais pas du tout sur les réseaux sociaux à cette époque, mais je croyais en ma bonne étoile. Et en effet, j’ai eu la chance d’aider une étudiante qui avait un blog de langues assez populaire à préparer le DALF C1, et elle a parlé de moi sur son blog après avoir obtenu un excellent résultat à l’examen. Je crois qu’encore aujourd’hui, certaines personnes me trouvent à travers son blog, en particulier celles qui veulent passer le DALF.
Tout ça pour dire que je m’y connais plutôt pas mal en cours en ligne, que ce soit comme élève ou comme prof.
Je suis persuadée qu’il y a d’autres bonnes profs d’espagnol en ligne, mais j’ai renoncé à chercher il y a bien longtemps, et l’espagnol n’est plus une priorité pour moi aujourd’hui. Je peux maintenir mon niveau de compréhension en écoutant et en lisant, mais je ne pratique plus vraiment la production orale, et je n’ai jamais vraiment eu besoin de bien écrire en espagnol. Mais si je voulais trouver une nouvelle prof maintenant, je ne sais pas trop si j’y arriverais.
Pas parce qu’elles n’existent pas, mais parce qu’il y a trop de choix aujourd’hui, et je me sens facilement submergée quand je suis face à trop de choix. Je ne sais pas où donner de la tête, et ça m’épuise avant même d’avoir commencé.
Quand je contacte une nouvelle prof, en général, j’ai déjà fait un peu de recherches. J’ai jeté un œil à son site et à ses réseaux sociaux, et si je décide de lui envoyer un message, c’est qu’à priori, je la sens bien. Je pense qu’on est au moins compatibles au niveau de nos personnalités.
Et j’aimerais beaucoup que les gens qui me contactent pour des cours de français suivent la même démarche !
Parce que certes, je suis une bonne prof et j’en connais un rayon sur la langue française et les examens du DELF et du DALF, mais je ne suis pas la prof idéale pour tou·te·s les étudiant·e·s. Pas plus que j’aime travailler avec n’importe quel·le étudiant·e.
J’ai le luxe de pouvoir choisir avec qui je travaille, et tou·te·s mes élèves réguliers·ères sont des personnes que j’apprécie énormément. En tant qu’élèves, mais aussi en tant que personnes. Que je sois prof ou élève, j’ai besoin de connecter avec la personne au niveau émotionnel pour avoir envie d’aller en cours. Comme quand j’étais gamine. Quand j’étais à l’école, si je n’aimais pas un·e prof, je ne travaillais pas pour son cours, même si à priori, j’aimais sa matière. Et vice versa. Si ma première prof de sciences physiques avait été différente, ça se trouve je serais une grande scientifique aujourd’hui ! Mais c’était une conne, incapable de former une connexion avec des ados, et je n’ai jamais pu ou même voulu m’intéresser à cette matière. Elle m’en a dégoutée dès le début. À l’inverse, après des années de cours d’histoire rébarbatifs, j’ai eu un super prof pendant mes deux dernières années de lycée, non seulement passionnant dans sa façon de nous raconter l’histoire mais aussi très sympa en dehors des cours, montrant un intérêt sincère pour les jeunes esprits que nous étions. Du coup, je l’écoutais pendant les cours et je retenais les informations.
En tant que prof, s’il y a une connexion émotionnelle, je peux travailler avec l’étudiant·e, quel que soit son niveau. Parce que si cette connexion existe, c’est probablement parce que nous avons des similarités dans nos personnalités, des intérêts communs, une vision de la vie assez semblable, et je trouve plus facile de travailler avec ces personnes, tout simplement parce que je les comprends mieux que les gens avec qui je n’ai rien en commun.
J’ai tendance à attirer les gens plutôt introvertis, sensibles, avec un petit côté perfectionniste, qui aiment beaucoup lire, qui adorent le français, qui sont curieux, et qui ont des idées plutôt progressistes. J’ai aussi une certaine affinité avec les personnes neurodivergentes. Et en général, je sais très rapidement si le courant va bien passer avec une nouvelle personne.
Il y a une quantité incroyable de profs de français en ligne, dont certain·e·s qui sont très actif·ve·s sur les réseaux sociaux. Je n’ai jamais pu passer beaucoup de temps à examiner le contenu de ces autres profs parce que ça m’ennuie à mourir. À première vue, iels proposent tou·te·s plus ou moins la même chose, et pourquoi pas, si c’est ce qui plait. Il y en a d’assez créatif·ve·s qui font des sortes de sketchs en français, et ok, c’est plus original que de proposer la conjugaison du verbe jouer pour la millième fois, mais moi, perso, ça me parle pas. Je vois pas vraiment l’intérêt. Ni du point de vue de l’apprenant·e (même si je suis sure que ça plait à beaucoup), et encore moins du côté du ou de la prof, tellement ça prend du temps de faire ce genre de vidéos. Mais il en faut pour tous les gouts et toutes les générations.
J’ai créé mon compte Instagram pour le français en janvier 2019. À l’époque, je travaillais beaucoup plus. Je faisais cours 5 jours par semaine, et j’avais un emploi du temps bien rempli. Et je passais énormement de temps à créer du contenu pour Instagram, où je postais tous les jours. Il était devenu assez évident pour moi que j’avais une nette préférence pour les cours de niveau avancé, et j’avais dans l’idée de proposer des contenus pour les apprenant·e·s de niveau avancé. Et c’est ce que j’ai essayé de faire. Mais pourquoi en fait ? J’avais pas forcément besoin de plus d’élèves… Je crois que je me disais que c’était sympa de partager du français un peu différent pour les apprenant·e·s plus avancé·e·s, car le matériel à ce niveau-là a toujours été hyper limité. J’ai créé plus de 1000 posts pour Instagram. Dont j’ai retiré la plupart le jour où quelqu’un m’a signalé un compte qui volait mon matériel sans me créditer. Quand j’ai partagé cette information en story, d’autres personnes m’ont fait savoir que ce n’était pas le seul compte. Il y avait plusieurs personnes qui pompaient mon travail en le faisant passer pour le leur. J’étais furieuse et je l’ai signalé à Instagram, mais c’est tellement chronophage de faire ce genre de signalement que j’ai fini par laisser tomber. N’oublions pas à qui appartient Instagram et comment ils ignorent des problèmes bien plus graves…
Outre mon envie de partager du français, je m’étais dit que peut-être, Instagram m’apporterait de nouvelles étudiantes. Je n’ai jamais voulu être “connue”, non merci, mais je pensais qu’un compte Instagram me donnerait plus de visibilité globalement et me permettrait de recruter quelques étudiant·e·s de plus. J’étais bien naïve à l’époque et je n’avais évidemment aucune conscience de comment l’algorithme fonctionnait. Il faut poster en permanence pour avoir de la visibilité et il faut interagir avec les autres. Les likes et les partages aident. Mais aujourd’hui, il faut faire des reels si on veut de la visibilité. Et moi, aujourd’hui, j’ai envie de dégager Instagram de mon téléphone et d’arrêter de perdre mon temps à produire du contenu gratuit pour des gens que je ne connais pas et qui ne font rien pour soutenir mon travail. À ce jour, j’ai 15k followers, mais je crois qu’en 6 ans, seulement 5 personnes m’ayant trouvée sur Instagram ont pris des cours avec moi. Toutes les 5 vraiment chouettes, je dois dire, mais c’est pas génial comme retour sur investissement ! J’ai passé tellement de temps à produire des posts carrés ! Depuis un bon moment déjà, je ne poste plus rien de nouveau, alors le temps que je consacre à Instagram pour le boulot est bien plus limité. Je reprogramme d’anciens posts et quand je suis d’humeur, je poste des stories avec mes chats, histoire de garder le compte actif. J’ai essayé de faire des vidéos il y a quelques mois, pour me marrer, mais en fait, ça m’ennuie. J’ai pas envie de faire des trucs de boulot qui ne m’apportent pratiquement rien, dans mon temps libre ! Et en fait, la grande majorité des gens avec qui je m’entends bien ne sont pas sur les réseaux sociaux, ou y passent très peu de temps !!
Parfois, il y a des gens qui me contactent sur Instagram pour des cours de français, avec des questions, mais je ne leur réponds jamais. Je sais déjà que je n’ai pas envie de travailler avec ces personnes. Sur ma page, il y a un lien vers mon site. Sur mon site, il y a une description de qui je suis, de mon expérience, et on peut trouver quels cours je propose et à quels tarifs, ainsi que mon calendrier. Alors oui, il faut cliquer un petit peu et il faut lire un peu aussi. Et je sais que quelqu’un qui ne fait pas l’effort de visiter mon site avant de me contacter ne sera pas quelqu’un avec qui j’aurai envie de travailler. Si c’est trop d’effort de lire la page about de mon site, prendre des cours avec moi ne sera pas une expérience plaisante. Ni pour l’élève, ni pour moi !
En essayant d’être aussi ouverte que possible sur qui je suis et comment je fonctionne, j’espère attirer des gens avec qui je m’entendrai bien. Cela a bien marché jusqu’ici et il n’y a pas de raison pour que ça cesse. Pour moi, le plus important, c’est qu’on s’entende bien et qu’on puisse rigoler ensemble. Le français, c’est hyper facile pour moi, je peux l’enseigner à tous les niveaux, et je peux faire progresser n’importe qui, même celleux qui pensent qu’iels n’y arriveront jamais. Je suis hyper patiente et je comprends très vite ce dont un·e apprenant·e a besoin. Mais j’ai besoin d’une connexion avec mes étudiant·e·s pour que ça marche.
Par le passé, j’ai eu des moments où je me disais “pfff, j’ai pas envie” avant de m’installer devant mon ordi et de commencer un cours. Cela fait maintenant très longtemps que je ne me suis pas dit ça. Je suis contente de retrouver tou·te·s mes élèves chaque semaine, et quand on se voit pas quelque temps à cause des vacances, des déplacements professionnels des un·e·s et des autres, ou des évènements de la vie, iels me manquent un peu quand même !
Si on est fait·e·s pour s’entendre, vous le savez en lisant ce que je viens d’écrire. Peut-être êtes-vous timide et n’osez pas sauter le pas, malgré votre envie de prendre des cours de français ? Je vous promets que je ne mords pas, et que les cours de français avec moi sont très détendus, mais en même temps, hyper sérieux, et vous allez apprendre et comprendre plein de choses !
Je n’ai pas énormément de disponibilités à l’heure qu’il est, mais peut-être que je peux prendre 1 ou 2 élèves supplémentaires pour des cours réguliers en ce début d’année.
Pour les cours de préparation au DALF, je ne propose que deux sessions par semaine au maximum car c’est beaucoup de travail pour moi. Il y a des périodes où je n’ai pas envie de faire de la préparation au DALF, en général quand j’en ai enchainé plusieurs sur quelques semaines, voire quelques mois, et je prends quelques semaines de pause. Ça varie selon les années. Contactez-moi directement si vous avez envie/besoin de suivre ces cours ou réservez un cours d’essai. Dans tous les cas, je recommande de commencer avec un cours d’essai, juste pour voir si on est compatibles ! Je ne le prendrai pas personnellement si vous décidez de ne pas prendre de cours avec moi ensuite, ni ne vous en voudrai ! Et je serai honnête si je pense que je ne suis pas la prof idéale pour vous.
Si nous ne sommes pas fait·e·s pour travailler ensemble, il y a pléthore de profs de français en ligne. Soyez cependant conscient·e·s que celleux qui travaillent sur les plateformes doivent payer une commission à la plateforme, alors si vous trouvez un·e prof que vous aimez vraiment bien, proposez-lui de la ou le payer directement si possible !
Et si vous connaissez une bonne prof d’espagnol ou que vous voulez faire un échange français/espagnol ou anglais/espagnol, ça m’intéresse ! Mon espagnol est un peu rouillé, mais j’aimerais ne pas le perdre !
