Cela fait une semaine que mon mari est rentré, après trois semaines d’absence, et c’était bon de le retrouver.
Il est rentré avec plein de choses pour moi dans sa valise, dont des vitamines et suppléments alimentaires (beaucoup plus chers ici), des biscuits, des chamallows, et du chocolat véganes et sans gluten, et des livres que je ne pouvais pas trouver en version électronique.
Parmi ces livres, le dernier de Giulia Foïs : “Pas tous les hommes quand même !”
C’est un sujet que je maitrise pas mal, mais ça me fait toujours du bien de lire des livres qui abordent ce sujet. J’avais écouté une interview de l’autrice dans l’émission de Guillaume Meurice au mois de mai (vidéo / podcast) qui m’avait vraiment donné envie de le lire.
Giulia est journaliste et autrice. Dans son premier livre, Je suis une sur deux, elle parle du viol qu’elle a subi plus jeune et de l’injustice de la justice. Son violeur avait été acquitté, et elle a arrêté de croire en la justice. Et depuis, elle a bien observé comment la société traitait les femmes et leurs agresseurs et elle a beaucoup de choses à en dire !
Aujourd’hui, j’aimerais donc vous recommander son dernier livre que j’ai trouvé à la fois salutaire, percutant et tristement nécessaire. Il a été publié en 2025 dans la collection Permis de déconstruire de la maison d’édition féministe La Meute. Son éditrice, Lorraine Selle-Delavaud, était aussi invitée dans l’émission de Guillaume et je l’ai trouvée super.
Si vous aussi, vous en avez plus que marre des gens qui balancent des « not all men » à tout-va, à chaque fois qu’on parle de harcèlement, d’agressions ou de violences sexuelles, ce livre est pour vous.
Moi perso, j’en peux plus de celleux qui pensent qu’il est nécessaire de préciser « pas tous les hommes » à chaque histoire de viol ou de féminicide. Ce réflexe défensif empêche toute réflexion collective, toute remise en question sérieuse du patriarcat, et surtout, il détourne l’attention des victimes.
Giulia Foïs démonte ce réflexe avec rigueur, clarté et mordant. Elle revient sur l’origine du hashtag #NotAllMen, analyse ce qu’il révèle de notre société, et montre pourquoi il est urgent d’en finir avec ce type de diversion.
Le chapitre sur les viols collectifs de Mazan est particulièrement puissant. L’autrice nous rappelle – parce que malheureusement, ça échappe encore à trop de monde – que tous les accusés avaient une chose en commun : ils étaient tous des hommes. Ce constat, aussi simple qu’inconfortable, résume l’enjeu du livre : il ne s’agit pas de pointer du doigt chaque homme, mais de regarder en face la structure dans laquelle les violences masculines s’inscrivent.
📖 Le texte est court (moins de 100 pages), mais dense. Il se lit vite, mais continue à faire réfléchir bien après. C’est une excellente base pour engager la discussion, pour outiller sa pensée, ou pour répondre avec calme et solidité à celleux qui s’empressent de dire que « c’est pas tous les hommes ». Parce qu’on le sait, bordel !
