Je commence toujours mes journées par la routine des chats. Je prépare l’inhalateur de Selina avec les médicaments, puis je prépare leur petit déjeuner, je les sers (dans 6 endroits séparés – c’est toute une organisation !) Pendant qu’ils mangent, je me prépare pour ma balade matinale, sauf s’il pleut des cordes comme aujourd’hui, et quand je suis prête, Selina a en général terminé de manger et je la mets dans sa boite pour son traitement du matin qui dure 15 minutes + 5 minutes où je la laisse absorber les particules pendant que je nettoie la machine.
Pendant ce temps-là, j’écoute soit un livre audio, soit un podcast, soit une vidéo sur YouTube. Et cette semaine, j’ai écouté plusieurs vidéos en français recommandées par l’algorithme qui me connait très bien. Mes recommandations tournent autour de ces thèmes : Gaza, violences sexistes et sexuelles, injustices et discriminations en tous genres. Il y a aussi pas mal de stand-up, en anglais principalement, parce qu’avec tous les trucs lourds que je consomme, j’ai besoin de rigoler aussi. Le matin, j’écoute des trucs sérieux qui me donnent envie de tout faire péter, et le soir, je fais dans le léger, parce que j’ai la chance et le privilège de pouvoir oublier les horreurs du monde quand je le choisis.
En fait, je commence toutes mes journées avec une interview ou un reportage sur Gaza, parce que même si ça me fait pleurer, je refuse d’ignorer ce qui s’y passe. Comme beaucoup, je me sens terriblement impuissante, mais je refuse de détourner le regard. La vidéo qui m’a le plus bouleversée cette semaine, c’est une qui parlait du film The Voice of Hind Rajab présenté au festival de Venise, dans lequel la réalisatrice a utilisé le vrai enregistrement de cette petite fille palestinienne de 5 ans, Hind Rajab, au téléphone avec les secours, implorant qu’on vienne l’aider, alors qu’elle se trouvait dans une voiture entourée de personnes de sa famille qui venaient d’être abattues par l’armée israélienne. On entend les derniers instants de cette petite fille et c’est tout simplement déchirant. Je pleure en écrivant ces mots et je ne comprends pas vraiment comment tant de gens choisissent d’ignorer la situation. Je sais que tout le monde a ses propres problèmes, mais l’humanité va vraiment très mal quand on vit dans un monde où des innocent·e·s sont assassiné·e·s chaque jour, affamé·e·s à dessein, et que la majorité d’entre nous n’en ont rien à carrer. Comme si les Palestinien·ne·s n’étaient pas des humains. Comme si l’Histoire ne nous avait rien appris.
Je n’avais pas prévu de mentionner cela dans ce post, mais maintenant que c’est fait, je le laisse. Je ne force personne à regarder ou écouter quoi que ce soit concernant Gaza, mais j’ai réalisé cette semaine qu’il y avait encore énormément de gens qui ignoraient la situation. Alors j’en parle, au cas où…
Les vidéos que je veux vous recommander sont un peu moins tragiques, mais pas non plus hyper légères. À vous de décider si vous voulez vous plonger dedans.
La première est en fait un extrait de spectacle de stand-up, de Swann Périssé, humoriste engagée, féministe et écolo. Un extrait qui parle de l’affaire Pélicot. J’aurais jamais pensé pouvoir rire sur ce thème, mais j’ai ri.
Cet imbécile de YouTube veut jouer la vidéo doublée en anglais chez moi, c’est très désagréable. Si ça vous le fait aussi, changez la langue dans les paramètres !
Une deuxième vidéo que je veux partager, c’est l’interview d’une ex Miss France, Alexandra Rosenfeld (que je ne connaissais pas), qui raconte les violences qu’elle a subies de la part de son ex, un chef célèbre apparemment (que je ne connaissais pas non plus – mais dans la vidéo, ils disent qu’il cuisine pour les stars, dont Beyoncé). Le mec a l’air d’être un grand malade (il a une belle tête de conard je trouve). Plusieurs de ses ex-compagnes ont porté plainte contre lui pour violences. Le témoignage d’Alexandra dit beaucoup du monde dans lequel on vit, ce monde où les femmes ont peur de parler car elle savent qu’il y a de grandes chances qu’elles ne soient pas crues et que le système protège les hommes violents et détruit les femmes victimes.
Sur le même thème, j’ai écouté une interview de Charlotte Arnould et son avocate. Je suis cette histoire depuis longtemps et je voulais savoir où ça en était. Charlotte a été sexuellement abusée par cette abomination qu’est Gérard Depardieu. Je n’ai aucun doute que ce que dit Charlotte est vrai. J’avais écouté une interview d’Anouk Grinberg il y a quelque temps, femme d’une autre génération qui s’exprime beaucoup sur les violences sexuelles dans le milieu du cinéma en particulier, dans laquelle elle parlait de ce qui était arrivé à Charlotte. Les commentaires sous la vidéo d’Alexandra étaient plutôt très positifs, très encourageants, et personne ne semblait mettre en doute sa parole. Sous la vidéo de Charlotte, c’est une autre histoire. J’ai été dégoutée de voir le nombre de commentaires la traitant de menteuse. J’ai dû scroller longtemps avant de trouver un commentaire la soutenant. Pourquoi tant de gens sont prêts à ne pas la croire ? Qu’est-ce que ça dit du monde dans lequel on vit ? Aaaaargh, j’ai envie d’hurler !
Une dernière vidéo que je veux vous recommander est l’interview de Douce Dibondo par Yanis Mhamdi pour Blast, que j’ai écoutée ce matin. Yanis est le journaliste qui était sur le bateau de la Freedom Flotilla en juin, avec Greta Thunberg et Rima Hassan, et qui a passé quelque temps dans une prison israélienne pour avoir voulu faire son travail. Douce Dibondo est une journaliste et écrivaine française, née au Congo et arrivée en France à 12 ans. Elle a écrit un livre intitulé La charge raciale, et explique ce concept très clairement dans cet entretien.
Pour équilibrer et rire, je continue à recommander Josh Johnson, que j’aime et que j’adore ! Et j’espère que l’émission de Guillaume Meurice va reprendre aujourd’hui, je ne suis pas sure…
Maintenant, je vais passer la journée à lire pour mon cours de counselling psychology. Demain, le cours portera sur l’approche psychanalytique, Freud, etc. Pas ce que je préfère, mais je suis plus ouverte à apprendre et comprendre que par le passé. Quand j’avais entendu parler de Freud et de ses idées pour la première fois à l’âge de 16 ans en cours de philo, je l’avais immédiatement détesté. Je m’étais dit que ce type était obsédé par sa bite. Je crois que j’avais pas tout à fait tort, mais c’est intéressant de voir tous les concepts qu’il a développés et l’influence qu’il a eue ! Je sais déjà que ce n’est pas une approche faite pour moi, mais je comprends aujourd’hui l’intérêt de connaitre la théorie – ce que je n’arrivais pas à comprendre il y a 20 ans, quand je m’étais inscrite en fac de psycho et que j’avais laissé tomber après quelques mois, tellement je trouvais la théorie barbante !
