Violences sexuelles dans le sport

TW: violences sexuelles, comme l’indique le titre

Comme d’hab, j’ai commencé ma semaine en écoutant l’émission La Dernière en podcast. L’invitée était Emma Oudiou, ancienne athlète de haut niveau.
Je ne la connaissais pas, et j’étais surprise que l’équipe de la Dernière invite une sportive, mais c’est une sportive engagée dans la lutte contre les violences sexuelles dans le sport, dont elle a elle-même été victime.

J’imagine que quiconque ne vit pas complètement dans une bulle coupée du monde est au courant que les violences sexuelles sont partout, dans tous les milieux, dans tous les domaines. Et si c’est un sujet sur lequel vous vous tenez informé·e, vous savez que les jeunes athlètes sont particulièrement vulnérables. Il y a pléthore de témoignages, d’articles, de livres, de documentaires (dont Athlete A, sur l’horrible doctor qui a abusé plus d’une centaine de jeunes gymnastes américaines, protégé par des gens haut placés qui savaient, disponible sur Netflix).

J’ai entendu plusieurs témoignages de sportives ces dernières années, le plus souvent abusées par leur entraineur : Sarah Abitbol, patineuse artistique et Angélique Cauchy, joueuse de tennis, ont été assez médiatisées, ce qui a donné du courage à d’autres victimes et qui a permis quelques condamnations, mais il me semble que la plupart des victimes n’osent pas parler, comme partout ailleurs, et que quand elles osent, leurs plaintes sont souvent classées sans suite. Ce qui, comme le rappelle Emma Oudiou dans l’émission, ne veut pas dire que les abuseurs sont innocentés, mais simplement qu’il n’y a pas assez de preuves.

C’est pourquoi Emma a décidé de faire un documentaire en 2022, dont j’ai découvert l’existence ce matin, qui s’intitule Suite, et qui est disponible sur YouTube. Parce que, explique-t-elle, quand il y a un classement sans suite, il y a bien une suite pour les victimes, souvent très douloureuse. Dans ce documentaire, on la voit discuter avec cinq anciennes sportives qui ont été victimes de prédateurs sexuels (le plus souvent leur entraineur) alors qu’elles étaient très jeunes, parfois mineures.

À regarder si vous allez bien. Moi, je vais plutôt très bien, alors j’ai décidé de le regarder, mais à chaque fois que leurs voix craquaient, j’avais les larmes qui montaient.

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