TW: violences sexuelles
Ce matin, comme tous les matins, j’ai commencé la journée avec des podcasts. Ou plutôt des vidéos que j’écoute sans les regarder, car je m’occupe des chats et me prépare pour ma balade matinale. Du coup, c’est comme des podcasts pour moi.
Le premier, c’était le récap de la chaine d’infos indépendante, Le Média, que j’écoute presque quotidiennement. Aujourd’hui, Marion nous parlait de Brigitte Macron qui a qualifié des activistes féministes de “sales connes”. Quelle vieille conne, celle-là ! L’histoire, en bref, c’est un comédien accusé de viol en 2021 par une femme. Lui célèbre, elle pas très connue je crois, voire inconnue du grand public. La justice a prononcé un non-lieu. Comme dans la plupart des affaires de viol, ils ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves. Même avec des preuves vidéos, comme dans l’affaire Pélicot, il y en a qui continuent à questionner la culpabilité de ses violeurs, donc on part de loin…
Je vais citer quelques passages d’un article de l’Humanité datant d’hier :
“Rappelons qu’Ary Abittan a fait l’objet d’une enquête pour viol, suivi d’un non-lieu, confirmé en appel. La plaignante faisait état d’une sodomie imposée, après un premier rapport qui, lui, était consenti.”
“Depuis, il ne cesse de se positionner en victime et va même jusqu’à déclarer qu’il « pardonne » la femme concernée. Faut-il comprendre qu’il suggère que la plaignante aurait menti et que, du haut de sa magnanimité autoproclamée, il lui octroie son pardon ? Martelons-le, un non-lieu ne signifie pas nécessairement que les faits ne se sont pas passés. Il signifie, dans la plupart des cas, que la justice estime les charges insuffisantes pour saisir une juridiction.”
“Et, concernant l’affaire qui nous intéresse ici, dans leur ordonnance, les magistrats écrivent : « Il n’existe pas de charges suffisantes. » La justice n’a ainsi pas conclu à l’inexistence d’un crime, mais au fait que les éléments rassemblés ne permettaient pas un renvoi devant des juges. Dans une grande majorité d’affaires, cette insuffisance découle d’enquêtes lacunaires, par manque de moyens, de temps, de volonté. Or, si l’on ne cherche pas, on ne risque pas de trouver.”
“Mais, dans le cas d’Ary Abittan, l’enquête a été approfondie. En ce sens, le Parisien note que « les juges ont reconnu le stress post-traumatique « indiscutable » de la plaignante » et fait aussi mention de « lésions médicalement constatées aux niveaux génital et anal de la victime ». Il est aussi constaté « la présence de sang sur une serviette de bain ». Mais d’autres indices auraient été jugés de nature à « affaiblir la valeur probatoire » de ces constatations. Parmi eux, le fait que la plaignante ait refusé de fournir le numéro du seul partenaire avec lequel elle avait déjà pratiqué la sodomie.”
Bref, ce type, que je ne connais pas, a l’air d’être un gros connard, et comme il est apparemment célèbre et tutoie les Macron, on peut se demander si les enquêteurs ont fait leur travail correctement.
La journaliste qui était sur place a dit être la seule présente ce soir-là. Parce qu’en France, tout le monde s’en fout des violences sexuelles. Les médias préfèrent parler en boucle du voile des femmes musulmanes (sans jamais leur donner la parole pour leur demander ce qu’elles en pensent), de l’interdiction du Ramadan aux enfants musulmans, de l’interdiction de porter tel vêtement pour les musulmans, de comment les musulmans les font chier à exister, etc. Quel beau pays bien raccord avec ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité…
Donc, en France, la femme du président pense que les femmes qui demandent la fin de l’impunité pour ceux qui commettent des violences sexuelles sont des sales connes. Et comme ses paroles ont été filmées, maintenant, tous les journalistes des médias mainstream la défendent avec des arguments de merde qui montrent à quel point ils sont peu informés sur le sujet et n’ont aucune conscience du caractère systémique de ces violences (ou le savent, mais ça les arrange bien de prétendre le contraire, qui sait…)
Après ce podcast, je suis passé à l’interview de Lauren Bastide par Salomé Saqué pour Blast, et ça, c’était très chouette. Le dernier livre de Lauren s’intitule Enfin seule, et omg, je viens juste de vérifier et il sort en version audio dans 2 jours ! Le temps que je finisse le super livre que je suis en train de lire et dont je vous parlerai une fois que je l’aurai terminé. Puis j’écouterai le livre de Lauren, lu par Lauren.
J’ai toujours plaisir à écouter ces deux journalistes, et ensemble, c’est double plaisir. Dans leur conversation, il est question de femmes, de solitude choisie, et tout m’a parlé. J’ai trouvé intéressant le passage où elles parlaient de l’injonction à se sentir au fond du trou après une rupture (pas dit tout à fait comme ça, mais c’est ce que ça voulait dire). On semble penser que c’est normal d’être complètement paumée, déprimée, de broyer du noir pendant des semaines, voire des mois, après une rupture, et j’ai toujours trouvé ça très étrange ! Je sais que c’est la réaction attendue, mais moi, perso, j’ai jamais mis plus de trois jours à me remettre d’une rupture. Et je crois pas qu’on puisse me reprocher de pas avoir de cœur ! Même si quand les gens m’interrogeaient à ce sujet par le passé, j’ai fini par adopter cette réponse : I’m dead inside. Qui ne les satisfaisaient pas non plus, car iels savaient que c’était faux. Mais j’ai jamais pensé que je devais me justifier plus que ça. Je vais pas chialer pendant des mois parce que je suis plus avec tel ou tel mec, quand même ! S’ils étaient pas capables de voir qu’ils tenaient un trésor dans leurs bras quand j’y étais, tant pis pour eux ! Je peux évidemment pas être certaine que je serai joyeuse immédiatement si Michael me quittait un jour, mais je suis presque sure que je penserais que c’est un idiot, plutôt que de lamenter sur mon sort. Et puis ce serait son choix, je vais pas supplier qui que ce soit de vouloir rester avec moi s’il n’en a pas envie. Pas par fierté, mais tout simplement par respect de la liberté de choix de chacun·e. Et moi je pourrais être enfin seule avec mes chats ! J’aime mon mari de tout mon cœur, mais on n’est pas prisonniers l’un de l’autre. J’espère qu’on sera ensemble pour toujours, mais aussi qu’il continuera à partir en voyage sans moi pour que je puisse continuer à avoir des moments rien qu’à moi. Ou qu’on aura un jour les moyens d’avoir deux maisons reliées par un pont. Ou un château, dans lequel je vivrai dans l’aile est et lui dans l’aile ouest. Les chats seront libres d’aller où bon leur semblera.
