Il y a quelques jours, j’ai écouté un entretien de Paloma Moritz avec Lolita Rivé, pour Blast.
J’aime que Blast parle des enfants. Paloma Moritz avait déjà mené une interview sur l’inceste en France, diffusée en novembre, et dont j’avais parlé dans ce post.
Je pense que les droits des enfants est un sujet qui lui tient à cœur.
Moi aussi, je trouve ce sujet hyper important. Je ne vais pas vous raconter les détails de mon adolescence, mais j’étais une ado très en colère, en particulier contre la façon dont la société traitait (et traite toujours) les mineur·e·s. Je trouvais que la majorité des adultes étaient des sales con·ne·s. Iels passaient beaucoup de temps à exiger le respect des plus jeunes, sans le leur accorder en retour. Et moi, je leur répondais invariablement que le respect, ça se mérite et ça marche dans les deux sens. Pourquoi devrais-je respecter quelqu’un qui me parle mal ou me traite injustement, juste parce qu’iel est plus âgé·e que moi ? Je me suis toujours demandé comment c’était possible que tant de gens oublient qu’ils avaient aussi été enfants.
Alors évidemment, il y avait beaucoup de tensions entre moi et mes parents. Et même si la plupart des profs étaient sympas avec moi et me traitaient plutôt bien car j’étais bonne élève, plus d’un·e m’a qualifiée d’insolente au cours de ma scolarité. Insolente parce que j’osais répondre, j’osais ne pas être d’accord avec des adultes, j’osais dire que les règles étaient débiles. Je vous ai déjà parlé de ma prof d’italien au lycée ?
J’ai longtemps travaillé avec des enfants. Et je ne vais pas dire que j’étais toujours parfaite, mais j’ai fait de mon mieux pour être à l’écoute et ne pas les faire se sentir inférieur·e·s. Gamine, je détestais que les adultes ne donnent pas de réponses à mes questions. Ou qu’ils me disent “parce que c’est comme ça”, “parce que c’est moi qui décide”, etc. J’ai toujours été attentive à ne jamais donner ce genre de réponse. Je ne supporte pas qu’on prenne les enfants pour des idiot·e·s. Et je crois bien que c’est pour ça que les gosses m’aimaient bien.
Je n’avais qu’une hâte quand j’étais enfant, c’était d’être adulte, pour qu’on arrête de me faire chier, de me dire ce que je devais faire ou pas faire. Quand les gosses avec qui je travaillais se plaignaient de leur condition d’enfants parce qu’ils n’avaient pas le droit de faire certaines choses et devaient toujours obéir aux adultes, même quand iels n’étaient pas d’accord, j’étais la première à leur dire que je les comprenais. Je leur racontais des anecdotes de mon enfance, et je leur disais qu’un jour, elleux aussi pourraient manger des bonbons toute la journée s’iels le voulaient. Je leur disais que c’était une de mes choses préférées en tant qu’adulte, bouffer des bonbons quand bon me semble !
Pour rien au monde je ne souhaiterais retourner en enfance. Parce que les enfants sont hyper mal traité·e·s dans ce monde et n’ont quasiment aucun droit, malgré l’existence d’une convention internationale des droits des enfants. En première année de licence, j’ai pris un cours sur l’enfance, et à l’époque, tous les pays avaient signé cette convention, sauf les États-Unis et la Somalie. Je crois qu’aujourd’hui, seuls les États-Unis ne l’ont toujours pas signée. Pas que ça fasse une grande différence dans le reste du monde, vous me direz. C’est un peu comme les différents traités concernant les droits des femmes… Les femmes et les enfants sont maltraité·e·s par la société, à travers le monde entier – à plus ou moins grande échelle, mais iels sont toujours considéré·e·s comme des citoyen·ne·s de seconde zone.
Dans l’entretien, Lolita Rivé présente son podcast, Qui c’est qui commande ? Je ne l’ai pas encore écouté, mais je compte bien le faire. 6 épisodes, avec une transcription disponible pour chacun sur le site du défenseur des droits ! Le podcast peut s’écouter sur plusieurs plateformes et les épisodes durent de 26 à 45 minutes.
