TW: violences sexistes et sexuelles
Peut-être le savez-vous, Gisèle Pélicot a sorti un livre, intitulé Et la joie de vivre. Je le lirai probablement un jour. En attendant, j’ai écouté / regardé plusieurs interviews qu’elle a données récemment. Plus ou moins longues. Sur des chaines françaises et étrangères. Elle dit essentiellement la même chose dans chaque interview, et quiconque veut en savoir plus peut lire son livre.
Ce matin, l’algorithme m’a suggéré cette interview (en anglais) de Manon Garcia, que j’ai trouvée super. J’ai lu son premier livre On ne nait pas soumise, on le devient, il y a quelques années et je l’ai entendue à plusieurs reprises dans des podcasts, notamment dans cet épisode de La Poudre. C’est une philosophe féministe française, professeure et autrice. Sa thèse de doctorat s’intitule Consentir à sa soumission : un problème philosophique. Et elle a assisté au procès Pélicot.
Elle dit quelque chose que j’entends de plus en plus dans les conversations récemment et que je pense depuis tellement longtemps que ça me frustrait de ne pas plus l’entendre ! Nous, les femmes, on ne connait pas une seule femme qui n’ait jamais subi de violences sexistes et/ou sexuelles. Du harcèlement de rue au féminicide, en passant par le viol, on a toutes au moins une histoire à raconter (à part les mortes, évidemment, qui ironiquement, sont les seules qui semblent être crues sans qu’on remette leur “parole” en question…) Mais qui de nous connait un harceleur, un agresseur, un violeur, un tueur ? Statistiquement, on en connait toutes au moins un. Mais bizarrement, on est peu à pouvoir les pointer du doigt et les nommer. Comment ça se fait ???
Beaucoup d’entre nous pourrions écrire un livre plus ou moins épais sur les VSS qu’on a subies au cours de notre vie. S’il y en a encore qui doutent autour de vous, vous pouvez, par exemple, les renvoyer vers le site créé par Laura Bates en 2014, The Everyday Sexism Project. Il y a encore des femmes qui y laissent des témoignages, 12 ans plus tard ! Vous pouvez même y trouver des témoignages en français et en plein d’autres langues.
C’est pourquoi ces conversations continuent à être nécessaires, et je continuerai à les partager tant que le patriarcat n’aura pas été détruit.
