Cela faisait un petit moment que je voulais me procurer ce livre écrit par Rokhaya Diallo, et c’est enfin fait ! Et je me suis dit que je vous en parlerais pour le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, et non “journée “de la” femme, comme il est dit souvent, où nous serions mises en avant dans le seul but de nous faire plaisir” (c’est dans la préface).
J’ai écouté plusieurs interviews de Rokhaya dans lesquelles elle présentait ce livre et je savais que les entrées qu’elle avait choisies étaient diverses et variées et reflétaient son féminisme.
Vous trouverez, entre autres, ses définitions de l’adelphité, de la bien-pensance, de la charge mentale, de la colère, de l’écoféminisme, du féminisme blanc, du génie lesbien, de la laïcité, de la misogynoir, de nullipare, du patriarcat, du privilège, du sang, du travail, de la culture du viol et du wokisme. Vous trouverez aussi des entrées qui parlent de femmes, avec parmi elles Mahsa Amini, Tarana Burke, Angela Davis, Annie Ernaux, Janet Jackson, Gisèle Pélicot, Shonda Rhimes, Britney Spears et Monica Lewinsky. Elle y parle aussi de séries telles que Sex and the City, Ma sorcière bien-aimée, Mad Men, ou encore Docteur Quinn, femme médecin.
J’aime le ton du livre, ce qui n’est pas une surprise, vu que j’aime le ton de Rokhaya Diallo dans tout ce qu’elle fait. Le début de sa définition de la Cancel culture m’a bien amusée : “Régime de terreur instauré par les femmes et tous les groupes historiquement minorés pour priver les puissants hommes blancs, boomers et autres de toute parole. Il s’agirait d’une nouvelle culture, celle de l’annulation, qui conduirait à l’effacement d’individus qui auraient osé dire ce qu’ils pensent. Selon le courageux témoignage des victimes de l’épouvantable cancel culture, on ne peut plus rien dire !”
Bien évidemment, elle en donne ensuite sa définition, en se basant sur des faits.
Devinez sous quelle entrée se trouve ce début de définition : “Certaines féministes sont qualifiées de ________ parce qu’elles pointeraient trop explicitement les hommes dans la perpétuation du patriarcat. Les pauvres hommes seraient victimes de méchantes féministes (“ouin ouin”).”
Quelques citations tirées du livre :
– “S’il y a des femmes auquel le féminisme se doit d’être redevable, ce sont bien les lesbiennes.”
– “Être aimable… le projet de vie de toute femme accomplie.”
– “Non, le célibat féminin n’est pas une malédiction.”
– “La douleur est une compagne intime des femmes.”
– “La masturbation permet aux femmes y compris hétérosexuelles de s’affranchir des hommes pour éprouver le plaisir. Quel scandale.”
– “Sont décrétées vulgaires toutes les femmes qui subvertissent la docilité que la société leur impose.”
Un livre qui peut se lire dans n’importe quel ordre, selon nos envies du moment, et avec lequel on passe de très bons moments !
Bon 8 mars chez vous ! Et si une femme vous dit qu’elle n’est pas féministe, qu’elle trouve les féministes d’aujourd’hui trop radicales, ou une autre ineptie du même genre, rappelez-lui que si elle a des droits aujourd’hui, c’est parce que des féministes se sont battues pour les obtenir!
