Progresser en grammaire

Je suis sure que beaucoup d’entre vous se reconnaitront dans cette description : quand vous faites des exercices de grammaire, vous trouvez ça facile et vous avez souvent tout bon, mais quand il s’agit d’appliquer la grammaire dans la vraie vie, quand vous parlez ou quand vous écrivez, vous n’êtes plus si sur·e de vous.

J’ai eu cette conversation avec une de mes étudiantes cette semaine, et c’est une conversation que j’ai eue un sacré nombre de fois ces dernières années. Et j’ai souvent eu le même problème en tant qu’étudiante ! J’ai toujours trouvé très satisfaisant de faire des exercices systématiques de grammaire car ils me semblent assez faciles en général et j’ai l’impression d’avoir compris quelque chose d’important à propos de la langue que j’étudie. Mais si je ne suis pas capable d’appliquer cette grammaire correctement en dehors des exercices, l’ai-je vraiment bien comprise ?

Voici donc mon conseil du jour !

Quand vous faites des exercices, ne vous pressez pas ! Le but n’est pas d’obtenir un score parfait, mais de comprendre pourquoi telle ou telle réponse est attendue. Vous connaissez la bonne réponse, très bien. Mais expliquez-vous à voix haute pourquoi c’est ça, la bonne réponse ! Décomposez votre raisonnement. À force de procéder ainsi, vous finirez par le faire naturellement, de plus en pus vite, et cela vous aidera à appliquer les règles à tout moment.

EXEMPLE

Avec mon étudiante, on a travaillé avec ces exercices de l’Université du Québec sur les pronoms relatifs : dont VS duquel.

On sait que le rôle d’un pronom, c’est de remplacer un nom. Un pronom relatif relie deux propositions (clauses en anglais) et évite la répétition d’un nom.

Par exemple, j’ai lu un livre. Une amie m’a recommandé ce livre. Je veux éviter de répéter le mot livre, alors je vais utiliser un pronom relatif. Dans la deuxième phrase, livre est le complément d’objet direct du verbe. On va donc le remplacer avec le pronom relatif complément d’objet direct : que. J’ai lu un livre que mon amie m’a recommandé.

En général, le pronom relatif que est compris assez facilement par les apprenant·e·s. Il n’en va pas de même pour le pronom relatif dont. Celui-là, il est souvent mal-aimé ! Alors qu’en fait, les règles de sont pas si compliquées que ça ! Puis les choses se compliquent encore quand on ajoute duquel.

Dans le premier exercice, on a 10 phrases qui prennent toutes le pronom dont. Mon étudiante l’avait bien compris, et elle a fait l’exercice pendant la semaine, très rapidement. Mais elle m’a dit qu’elle avait toujours des doutes quand elle parlait et qu’elle était loin d’être aussi sure d’elle que quand elle avait fait l’exercice.

Le truc, c’est donc de ralentir et de décomposer.

Dans le deuxième exercice, là encore, la réponse est dont pour toutes les phrases, mais pourquoi ?

Dans le troisième exercice, on a des locutions prépositionnelles, et on a appris que dans ce cas, on ajoute toujours duquel, que l’on accorde selon l’antécédent (le mot replacé par le pronom relatif).

Et après, vous avez deux exercices où il faut choisir entre dont et duquel. Et c’est souvent là que ça se complique dans la vraie vie. Mais si on s’efforce de bien décomposer et raisonner, on a plus de chances de bien comprendre et de bien les utiliser !

Voici quelques vidéos que j’ai faites il y a quelques années. Les règles n’ont pas changé ! DONT – CE QUI, CE QUE, CE DONT – DONT VS DUQUEL

⚠️ Et prendre son temps quand on fait des exercices, c’est valable pour tous les points de grammaire, pas seulement les pronoms relatifs !

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