Livre : Quand le monde dort

Cela fait déjà un moment que je me suis procuré ce livre. Depuis que j’ai entendu l’autrice, qui est l’une des personnes que j’admire le plus, dire qu’elle avait beaucoup aimé la traduction française. J’aurais pu le tenter en italien, mais je pense que j’y serais encore.

Mon italien n’étant plus ce qu’il était, j’ai opté pour le français, et j’ai lu le livre d’une traite.

Je repoussais la lecture, car je savais que j’allais pleurer et je voulais me sentir vraiment solide avant de commencer. En fait, j’imaginais que j’allais pleurer pendant tout le livre. Mais ça n’a pas été le cas.

J’ai pleuré mais pas du début à la fin. L’introduction m’a beaucoup intéressée, car je ne connaissais pas vraiment l’histoire personnelle de Francesca Albanese, et j’en ai appris un peu plus sur son parcours. Puis, dès le début du premier chapitre, je me suis mise à pleurer, car ce premier chapitre parle de Hind Rajab, cette enfant palestinienne tuée par l’armée israélienne en 2024, et dont les derniers instants (au téléphone avec les secours) ont été diffusés dans le monde entier. J’en avais parlé dans ce post. Ce chapitre parle de Hind, et de ce qu’est l’enfance en Palestine.

Francesca écrit :
L’histoire de Hind est devenue le symbole de la brutalité de l’assaut israélien contre la population de Gaza après le 7 octobre 2023. La petite fille a été tuée plus de trois mois après cette date, à un moment où Israël avait déjà massacré plus de 26 000 personnes, dont au moins 10 000 enfants. Comment a-t-on pu tolérer tout cela ? Et comment est-il possible qu’aujourd’hui encore – à la fin mars 2025, tandis que j’achève la révision de ce livre –, alors que le nombre officiellement recensé d’enfants tués a dépassé les 17 000, dont 1000 âgés de moins d’un an, l’impunité règne et que poursuive sa route, inexorable, la machine de mort enclenchée par Israël ?
La réponse se trouve dans des décennies de manipulation du discours, manipulation qui a perverti notre perception des rapports de force entre Israéliens et Palestiniens.

Le livre est court. 10 chapitres seulement. Chaque chapitre part du récit d’une personne, soit palestinienne, soit liée à l’histoire tragique du peuple palestinien, et permet à l’autrice de nous raconter la Palestine. Elle y mêle sa propre histoire, et celle de plein de personnes qu’elles a croisées sur son chemin.

Un petit livre éducatif, émouvant, révoltant, écrit par une femme extraordinaire qui refuse de renier ses convictions et se taire face à l’horreur et à l’injustice malgré les sanctions américaines, les pressions diplomatiques et les campagnes de diffamation.

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