TW : violences sexuelles, pédocriminalité
Hier matin, j’ai écouté l’interview d’un journaliste qui m’a fait froid dans le dos.
Il a recueilli le témoignage d’une femme, Inès Chatin, dont je n’avais jamais entendu parler, mais dont l’histoire mérite d’être connue. Elle a été adoptée par des riches dans les années 70 et a été abusée sexuellement dans sa jeune enfance, par son père adoptif et certains de ses amis, dont Gabriel Matzneff, l’abuseur de Vanessa Springora, dont elle parlait dans son livre Le Consentement. Si vous avez oublié qui il était ou si vous ne l’avez jamais su, regardez ça, vous comprendrez vite.
À chaque révélation de crimes pédocriminels, je me dis, ça y est, cette fois, les choses vont devoir changer, c’est plus possible d’ignorer ce fléau. Et à chaque fois, c’est pareil. On sait, il y a des centaines de témoignages, il y a des preuves, mais rien ne change.
Les enfants, tout comme les femmes, ne sont clairement pas une priorité de ceux qui nous gouvernent. Et je continue à ne pas comprendre pourquoi il n’y a pas plus de gens en colère, prêts à tout faire péter.
Un des violeurs dénoncés par Inès est le père de Matthieu Ricard, le moine bouddhiste tibétain, dont vous avez peut-être entendu parler. Ce dernier, ainsi que ses frère et sœur, met apparemment en doute la parole de la victime. Le contraire m’aurait étonnée. Les hommes protègent les hommes, les privilégiés protègent les privilégiés, rien de nouveau sous le soleil.
Si vous vous sentez bien, je recommande la conversation entre Denis Robert de Blast et Willy Le Devin, qui a enquêté sur cette affaire sordide et a écrit un livre pour partager cette enquête avec nous, intitulé Les hommes de la rue du Bac, publié le mois dernier. Je pense que je le lirai un jour.
