Richesse et confiance en soi – analyse d’un article

Je suis tombée sur cet article hier et je ne peux pas dire qu’il m’ait énormément surprise. Néanmoins, je trouve le sujet intéressant. Quand je pense au nombre d’idiots que j’ai rencontrés dans ma vie qui occupaient des postes à responsabilité et qui étaient terriblement incompétents et condescendants, je me dis que les résultats de cette étude ont beaucoup de sens !

J’ai mis quelques couleurs dans cet article, mais moins que d’habitude, pour vous expliquer quelque chose. Je vous encourage régulièrement à pratiquer la lecture active, mais je sais que ce n’est pas toujours un exercice facile et qu’il est parfois difficile de trouver le temps. Puis aussi, on ne sait pas toujours par où commencer, comment analyser un texte, sur quoi se concentrer, etc.

Vous n’êtes pas obligé·e de tout analyser. Vous pouvez choisir un point de grammaire spécifique, ou vous pouvez avoir comme objectif de repérer 5 à 10 nouveaux mots ou expressions. Que vous ne connaissez pas ou que vous connaissez mal. Vous pouvez vous concentrer sur les connecteurs. Vous pouvez vous concentrer sur les verbes. Vous pouvez vous concentrer sur les prépositions. Etc.

Avec ce texte, j’ai choisi de me limiter à 3 points :

  • En rose, j’ai surligné les participes présents et un gérondif. Ce sont des formes verbales peu utilisées par mes étudiantes. Elles préfèrent utiliser des pronoms relatifs (ex : les personnes venant = les personnes qui viennent). Pourtant, le participe présent est une forme verbale qui permet d’alléger son style. Le gérondif pose moins de problèmes en général, mais il n’est pas toujours utilisé à bon escient.
  • En bleu, j’ai surligné les articulateurs de discours (connecteurs logiques) et la structure plus…, plus…, sur laquelle mes étudiantes font régulièrement des erreurs (car elles traduisent la structure de leur langue maternelle en générale).
  • Et j’ai souligné du vocabulaire, pour la plupart des combinaisons de mots qui fonctionnent souvent ensemble et sur lesquelles je vais m’étendre un peu plus après le texte.
  • classe sociale élevée : avec le mot “classe” vous trouverez également la classe ouvrière, la classe populaire, la classe moyenne, la classe supérieure, …
  • étude menée sur… et publiée dans… : c’est ainsi que l’on présente une étude – elle est menée sur un certain nombre de personnes et elle est publiée dans un journal
  • à tort : utilisez-vous cette expression ? Mes étudiantes ont plutôt tendance à utiliser le verbe “se tromper“. Par exemple : je me suis trompée car je croyais qu’on accordait avec le sujet = j’ai cru à tort qu’on accordait avec le sujet. On retrouve à tort, dans des expressions telles que à tort ou à raison, à tort et à travers, etc.
  • engendrer : une autre façon de dire créer, produire, causer, entrainer, etc.
  • excès de confiance en soi : quand on a trop confiance en soi, on parle d’un excès de confiance en soi. À l’inverse, quand on n’a pas assez de confiance en soi, on parle d’un manque de confiance en soi.
  • un entretien d’embauche : expression souvent ignorée. J’entends régulièrement parler d’entrevue de travail. Quand vous avez “a job interview“, en français, c’est un entretien d’embauche !
  • sures d’elles : je suis sure de moi, tu es sure de toi, il est sûr de lui, elle est sure d’elle, on est sûr de soi, etc. Êtes-vous sûr·e de vous ? Quand on est sûr de soi, on a confiance en soi, on ne doute pas.
  • de tels résultats : je ne crois pas avoir lu une telle formule dans les écrits de mes étudiantes récemment. Pourtant, c’est une bonne formule ! Je n’ai aucun doute que mes étudiantes avancées comprennent toutes ce que ça veut dire, mais elles ne sont pas sures d’elles quand il s’agit de l’utiliser. (= such results)
  • une perception faussée : notre perception peut être correcte, exacte, juste, aigüe, etc., mais elle peut être aussi floue, biaisée, déformée, tronquée, erronée, c’est-à-dire faussée.

DALF C1 – PO : la problématique

Le jour de l’examen, vous aurez une heure pour préparer votre exposé. Je n’a jamais connu d’étudiant·e qui trouvait que c’était trop long. Et c’est pourquoi il est important d’apprendre à organiser son temps.

À la lecture des titres des articles que vous aurez à lire, vous devriez être capable de saisir le thème de votre exposé assez facilement. D’ailleurs, le thème est habituellement clairement spécifié et c’est ainsi que vous ferez votre choix entre les deux sujets que vous aurez tirés au sort. Ensuite il faudra définir une problématique.

Mais qu’est-ce qu’une problématique ?

Ce n’est pas toujours clair pour les étudiant·es qui préparent l’examen. Et pourtant, il est essentiel d’avoir une problématique claire et précise car cela vous permettra de mettre des limites à votre exposé, de construire un plan et donc d’organiser vos idées de façon cohérente

La problématique, c’est votre angle de réflexion. C’est la question à laquelle vous allez essayer de répondre à travers votre exposé. Il n’y a pas un seul exposé possible pour chaque thème. Deux étudiantes peuvent proposer deux exposés très différents et obtenir toutes deux une très bonne note. Si leurs exposés sont différents, c’est probablement parce qu’elles auront choisi des problématiques différentes, c’est-à-dire deux angles de réflexion différents. Il est probable qu’elle auront également choisi des plans différents.

Prenons par exemple le thème de l’enseignement des langues étrangères à l’école. J’aurais peut-être d’autres idées si j’avais lu des articles sur ce thème, mais sans articles, je peux déjà penser à plusieurs problématiques et plusieurs plans.

  • Quels sont les enjeux de l’enseignement des langues étrangères à l’école? = plan thématique (1. enjeux politiques – 2. enjeux économiques – 3. enjeux culturels)
  • Pourquoi est-il essentiel d’enseigner les langues étrangères à l’école ? = plan thèse/antithèse/synthèse (1. il faut absolument enseigner les langues étrangères – 2. il n’y a pas que les langues qui comptent – 3. les langues sont essentielles dans notre monde globalisé)
  • Quel est l’avenir des langues étrangères à l’école ? = plan état des lieux / conséquences / solutions (1. quelle est la situation actuelle de l’enseignement des langues à l’école ? – 2. quelles sont les conséquences ? – 3. solutions pour améliorer la situation)

Vous connaissez les grands thèmes du DALF. Vous pouvez vous entrainer à formuler des problématiques et à penser à des plans qui leur correspondent. Rares sont les étudiant·es qui trouvent cet exercice facile au début. Mais après plusieurs tentatives, tout devient plus clair, je vous le promets ! J’ai vu des étudiantes qui préparaient leur examen plusieurs mois à l’avance faire cet exercice les doigts dans le nez (= très facilement) avant l’examen.

Le son /õ/ – ON

Le son /õ/ peut s’écrire ON comme dans bon, ou OM comme dans nom.

Il pose souvent problème aux apprenants. Mon propre mari prononce mon prénom correctement une fois sur deux. Depuis que j’ai quitté la France, j’ai dû entendre mon prénom mal prononcé plus souvent que bien prononcé en fait.

C’est la voyelle nasale pour laquelle les lèvres sont le plus arrondies et avancées. Comme pour la lettre O. Et aussi la lettre E. Je peux prononcer les 3 sons sans bouger mes lèvres, car elles ont la même position.

C’est un son qui revient souvent en français. Pensez à tous les noms en –tion et à la conjugaison des verbes à la deuxième personne du pluriel !

Si vous avez du mal à prononcer le /õ/, vous pouvez vous entrainer de plusieurs façons. Vous pouvez pratiquer les nasales toutes ensemble et partir du /ɛ̃/ (avec les lèvres bien étirées, comme dans pain), puis /ã/ (lèvres plus arrondies mais pas trop en avant non plus, comme dans enfant) pour arriver à /õ/. Les 3 sons passent par le nez et si vous pratiquez ainsi, il faut se concentrer sur la position des lèvres et essayer de travailler avec des groupes tels que :

  • un – an – on
  • bain – banc – bon
  • qu’un – quand – qu’on
  • daim – dans – don
  • fin – faon – fond
  • gain – gant – gond
  • geint – gens – jonc
  • lin – lent – long
  • main – ment – mon
  • pain – paon – pont
  • rein – rang – rond
  • sein – sang – son
  • teint – temps – thon
  • vain – vent – vont

Vous pouvez aussi travailler à partir du O. Là, vous n’avez pas besoin de bouger vos lèvres. Il vous faut passer du son oral au son nasal. Quand je le fais, je sens la différence dans ma gorge. C’est là que ça se passe ! Un peu comme si je la bloquais pour que le son sorte par le nez.

  • haut – on
  • beau – bon
  • co – con
  • dos – don
  • faux – fond
  • mot – mon
  • nos – non
  • pot – pont
  • qu’au – qu’on
  • rot – rond
  • sot – son
  • tôt – ton
  • vos – vont

Et maintenant quelques phrases (j’ai essayé de ne pas mettre d’autres nasales que /õ/ :

  • Ninon songe à construire une maison.
  • Manon aime composer des chansons.
  • Simon porte des pantalons trop longs.
  • Le garçon monte un avion à réaction.
  • Marion et moi portons des cartons.

Pratiquez, enregistrez-vous et persévérez jusqu’à ce que cela devienne facile ! La plupart des choses sont difficiles avant de devenir faciles. Les nasales sont difficiles pour la plupart des apprenants mais j’ai rencontré assez d’étudiants qui sont parvenus à maitriser les nasales pour vous assurer qu’avec de la pratique, tout est possible ! 🙂

Moi aussi, moi non plus

Un tout petit post de rappel aujourd’hui, car j’ai eu besoin de le rappeler plusieurs fois dernièrement à des étudiantes qui font peu d’erreurs basiques habituellement.

  • J’aime le chocolat. Moi aussi !
  • Je n’aime pas le céleri. Moi non plus.
  • J’ai pleuré devant ce film. Moi aussi.
  • Je n’ai jamais de film russe. Moi non plus.
  • J’ai lu tous les livres de cette autrice. Moi aussi.
  • Je ne connais pas son frère. Moi non plus.

L’erreur que j’ai entendue plusieurs fois, c’était “moi aussi” pour réagir à une phrase négative. Mais “moi aussi”, on le dit pour réagir à une phrase affirmative !

On peut aussi réagir aux phrases affirmatives en disant “pas moi” et au phrases négatives en disant “moi si”.

  • J’aime le chocolat. Pas moi. (= je n’aime pas le chocolat.)
  • Je ne connais pas son frère. Moi si. (= je connais son frère)

Un seul mot suffit

Il y a quelques années, quand je vivais au Cambodge, ma chère amie Ewa, polonaise francophone, m’a montré une vidéo que j’ai trouvé hilarante. Je l’avais un peu oubliée jusqu’à récemment. Elle m’est revenue en tête car un de mes étudiants qui étudie au niveau intermédiaire a tendance à jurer quand il ne trouve pas ses mots en français, mais il jure en anglais ! Si les gros mots ne me dérangent pas du tout (ils me font plutôt rire en fait), je préfèrerais qu’ils soient en français pendant le cours de français. Ce que je lui ai suggéré et j’étais ravie de le voir s’exécuter dès le cours suivant. 🙂

Je lui avais envoyé cette vidéo pour rigoler un peu et je me suis dit qu’elle pourrait vous amuser aussi, si vous ne la connaissez pas encore. Elle est en anglais mais vous explique l’usage d’un mot français en particulier. Warning : strong language! 😉

Plus de comptes Instagram en français

Il y a deux semaines, je donnais une petite liste de comptes Instagram en français que je trouvais intéressants. Depuis, j’ai commencé à en suivre d’autres. Si vous aimez le format Instagram, recevoir du français à petites doses, et pas toujours lire un livre entier ou regarder tout un film, jetez-y un oeil !

  • Coucou Les Girls : Compte tenu par Juliette Katz, féministe qui dénonce ce qui cloche dans notre société avec beaucoup d’humour. Elle poste des vidéos parfois et a une chaine YouTube.
  • oliviamooreinsta : comédienne que je trouve hilarante. Elle parle de parents, d’enfants, de réseaux sociaux, poste des vidéos super drôles ET sous-titrées !
  • _causette_ : compte du magazine Causette, magazine qui parle de femmes et de sujets pas souvent traités dans les autres magazines.
  • noemie.de.lattre : actrice féministe et engagée. J’aime beaucoup. (elle m’a été recommandée par une étudiante)
  • pepitesexiste : compte qui dénonce le sexisme et les stéréotypes dans la publicité.
  • douzefevrier : jeune femme grande brulée. J’ai lu un article qui parlait d’elle et je l’ai recherchée. Elle poste surtout des photos, mais elle a une chaine YouTube sur laquelle elle a posté des vidéos qui parlent de son accident et de sa reconstruction. Inspirante !
  • gardetesconseils : une collection de remarques et de conseils donnés à des parents ou futurs parents, par leur famille, leur médecin, leurs collègues, leurs voisins, etc. Hallucinant de bêtise ! Un exemple récent qu’une femme a entendu de sa belle-mère : Ta fille n’a pas de cheveux… tu ne dois pas lui donner assez d’eau.” On rigole, mais on est terrifié par la bêtise humaine en même temps.

Vous aurez bien compris que les comptes que je suis tournent tous autour de thématiques concernant les femmes, et je suis ravie de voir de plus en plus de solidarité féminine et que les femmes soient de plus en plus vocales. Il faut continuer à faire du bruit, beaucoup de bruit, si l’on veut voir de vrais changements dans la façon dont les femmes sont traitées dans le monde. Quand j’étais plus jeune, je croyais qu’on était tous égaux. Plus je vieillis, et plus je me rends compte que la route et encore bien longue pour que les femmes soient considérées comme les égales des hommes. On vit toujours dans un monde où les hommes décrètent des lois mettant des restrictions à ce que peuvent faire les femmes de leur propre corps. Nos droits sont si fragiles… Je suis très en colère mais tous ces comptes que je suis sur Instagram me font beaucoup de bien et me donne de l’espoir. Alors si comme moi, vous êtes en colère et que vous voulez vous sentir proches d’autres femmes qui refusent de se plier au système patriarcal, en français, ces comptes sont susceptibles de vous intéresser.

Journaliste et féministe tuée

J’essaie de sélectionner des articles plutôt rigolos d’habitude, mais cette semaine, il y a eu beaucoup de nouvelles plutôt terribles pour les femmes, et je ne parlerai pas du retour en arrière des Etats-Unis en ce qui concerne l’avortement (bien que cela me rende furieuse) mais du premier article que j’ai lu, qui parlait d’une femme assassinée en plein jour et même si je ne la connaissais pas et n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant, ça m’a fait beaucoup de peine. Les raisons de son meurtre ne sont pas très claires à la lecture de l’article, mais il semble vraisemblable que son activisme féministe y soit pour quelque chose.

Je ne vais pas commenter l’article, il parle de lui-même. Mais j’ai fait un peu de surlignage pour vous guider dans une lecture active de ce texte : en rose, les verbes conjugués ; en vert, les verbes à la voix passive ; en jaune, les participes passés qui ne sont pas accompagnés par un auxiliaire ; en bleu, les connecteurs logiques; en gris, des prépositions, pour attirer votre attention sur leur utilisation : observez bien comment elle sont utilisées, ce qu’elles veulent dire, quel verbe elles accompagnent quand elle font partie d’une construction verbale. J’ai aussi souligné quelques mots ou expressions que vous comprenez probablement, mais est-ce que vous les utilisez vous-mêmes ? Est-ce que la combinaison provoquer + l’indignation vous vient naturellement ? Est-ce que quand vous pensez à un sujet d’actualité dont tout le monde parle, vous pensez à l’expression au cœur des préoccupations ?

Ce n’est pas grave si vous ne retenez pas tout après avoir analysé un article, mais si vous parvenez à retenir certains points, à comprendre comment fonctionne un verbe, une structure, etc., vous enrichissez votre connaissance de la langue et c’est très bien !

Connecteurs logiques : ajouter une idée

Parlons aujourd’hui de connecteurs qui permettent d’introduire une nouvelle idée. Parmi les plus communs, ceux avec lesquels les étudiants sont très à l’aise, on trouve et, aussi, ensuite, après, de plus, mais ils sont loin d’être les seuls et quand vous écrivez pour le DALF, on s’attend à en voir de plus variés. Je vais donc vous en donner quelques-uns de plus aujourd’hui. La liste ne sera pas exhaustive.

Imaginons que vous écrivez cet essai argumentatif proposé en exemple sur le site du ciep :

Je ne vais pas écrire d’essai, mais voici quelques phrases qui pourraient apparaitre dans un essai répondant à cette question. Ces phrases surviendraient après une ou plusieurs idées déjà soumises. Elles ne seraient pas toutes dans le même essai !

  • En outre, il me semble que proposer moins de langues en option aux élèves français quand nos voisins européens ne cessent d’en proposer plus leur portera préjudice une fois qu’ils seront confrontés au monde du travail et des entreprises.
  • De surcroit, de nombreuses études ont prouvé que l’apprentissage des langues étrangères à un jeune âge permettait au cerveau de mieux se développer et qu’ils avaient la capacité d’en apprendre six à la fois. Pourquoi limiter nos enfants ?
  • Sans compter que nous vivons dans une société multiculturelle, et que limiter le choix des élèves à certaines langues, toujours les mêmes, est une façon de leur faire comprendre qu’il y a des langues et des cultures, les leurs très souvent, qui ne valent pas la peine d’être enseignées et étudiées.
  • Qui plus est, il ne vous aura pas échappé que nous vivons dans un monde globalisé dans lequel le bilinguisme n’est plus l’exception. Pour pouvoir prétendre à une carrière internationale, ce à quoi de nombreux jeunes aspirent, il faut aujourd’hui être capable de parler trois langues minimum, voire quatre ou cinq ou même plus.
  • Nous pourrions également parler des avantages de l’apprentissage d’une variété de langues pour la société entière. Être confronté dès l’enfance à différentes cultures est une façon merveilleuse d’ouvrir les enfants au monde qui les entoure et de promouvoir la tolérance.
  • Quant à ceux qui pensent que seul l’anglais mérite d’être enseigné sous prétexte que tout le monde le parle, j’ai envie de leur dire que c’est justement parce que tout le monde le parle qu’il faut offrir d’autres choix !

Prononcer le X

J’aime bien cette lettre. J’aime bien le W, le Y et le Z aussi. Ce sont des lettres qu’on ne retrouve pas dans beaucoup de mots français. Et aussi, quand j’étais petite, je jouais au Scrabble avec ma grand-mère et c’était des lettres qui valaient 10 points. Parce qu’elles étaient rares et dures à placer. Le Q et le J valaient 8 points chacun. Je les aimais bien aussi, mais le Q était trop difficile à placer en fin de jeu. Enfin bon, pour en revenir au X, en plus de valoir 10 points au Scrabble, c’est une lettre très intéressante, à mon avis, car elle peut se prononcer de plusieurs façons différentes. Ça dépend du mot.

Evidemment, mes étudiantes ne partagent pas toujours mon avis. J’en connais même une qui déteste le X.

Déjà, la lettre en elle-même se prononce [iks] – 3 sons.

Ensuite, elle a plusieurs prononciation possibles :

  • [gz] : exercice, examen, exotique, hexagone, exemple, exact, exutoire, exigence, exil, exubérance, exagérer, exister, exhumer, exhibition, exhaustif, xénophobie, xylophone…
  • [ks] : exposition, exposé, Alex, Mexique, excuse, taxi, boxer, complexe, explication, expérience, duplex, exterminer, mixer, toxique, auxiliaire, oxygène, lynx, relax…
  • [s] : soixante, dix, six, Bruxelles
  • [z] : deuxième, sixième, dixième + liaisons : aux Etats-Unis, dix ans
  • X pas prononcé : deux, heureux, choix, prix, peux, veux, amoureux, paix…

Si vous observez bien ses listes, vous pouvez remarquer plusieurs choses :

  • [gz] : quand le mot commence par (h)ex+voyelle ou h ou que le mot commence par X
  • [ks] : quand le x est à l’intérieur du mot ou ex+consonne, et en fin de mot (mais pas après i et u, où il est muet – sauf pour quelques noms propres et pour phénix)
  • [s] et [z] sont rares.
  • le X n’est jamais prononcé quand il est la marque du pluriel ou une terminaison de verbe. C’est également le cas s’il est en fin de mot après un u ou un i (sauf phénix et quelques noms propres)

En conclusion, les deux prononciations les plus fréquentes du X sont [gz] et [ks] et selon votre langue maternelle, il faudra vous entrainer plus ou moins intensément pour les réaliser. Si votre langue maternelle est l’espagnol, il est possible que vous ne soyez pas fan du X, mais donnez-lui une chance et pratiquez-le un peu plus si vous le trouvez difficile !