DALF C1 – PO : l’introduction de l’exposé

Les étudiants qui se préparent au DALF rencontrent souvent les mêmes soucis. Pour la production orale, ils me disent régulièrement que ça ne leur paraît pas naturel comme exercice (je suis bien d’accord), et qu’ils trouvent difficile de parler seul pendant aussi longtemps sur un sujet qui ne les inspire pas toujours (je comprends très bien) et qu’ils ont l’impression de parler dans le vide. Ajoutez à tout ceci le stress du jour de l’examen, et on comprend que ce puisse être un examen qui inquiète. Même si l’on comprend bien l’exercice, on ne sait pas toujours quoi dire sur l’écotourisme ou la mode, et on n’a pas toujours d’opinion sur le sujet en question.

Lors des cours de préparation, il est fréquent que les étudiants aient préparé un exposé un peu trop court. Parler 5 minutes n’est pas suffisant. D’où l’intérêt de se préparer bien à l’avance et de s’entraîner à partir de sujets variés.

L’exposé est évalué ainsi :

http://www.ciep.fr

En 5 minutes, vous n’aurez pas l’occasion d’élaborer une réflexion et de faire une présentation claire, organisée et pertinente. Vous resterez en surface.

Je l’ai déjà dit par le passé, on ne vous demande pas de faire un résumé ou une synthèse des textes mais appuyez-vous sur ces textes pour développer vos idées. Ils contiendront forcément des exemples et des réflexions qui pourront entrer dans votre réflexion. Cela vous sera rappelé le jour de l’examen :

http://www.ciep.fr/sites/default/files/atoms/files/demo-dalf-c1-candidat-individuel-lsh-sc-po-tp.pdf

Aujourd’hui, je voudrais essayer de vous montrer à partir de l’exemple de Lettres et Sciences Humaines sur le site du CIEP comment on pourrait répondre à la question : Le travail est-il nécessaire au bonheur ?

Je ne vais pas faire tout l’exposé, mais je vais faire une introduction. J’ai fait un plan. J’ai mis sur papiers les arguments que j’aimerais développer. J’ai écrit des exemples. Je sais plus ou moins où je veux aller avec mon exposé. Dans mon introduction, je fais une petite mise en contexte puis j’annonce mon plan. Elle dure 1min45. Parfois j’hésite, parfois je me reprends, n’ayez pas peur de faire la même chose. Quand on parle naturellement, il est très fréquent de ne pas terminer ses phrases et de revenir sur ce que l’on vient de dire. Si cela vous arrive pendant l’examen, ne laissez pas un bafouillage vous déstabiliser, restez concentré !

Mon plan n’est pas le seul valide. J’en aurais probablement fait un autre hier et demain. Il n’y a pas une seule façon d’aborder un sujet. Il suffit d’être cohérent, de vite choisir un type de plan (j’ai choisi thèse, antithèse, synthèse), de rester dans le sujet et d’avancer petit à petit vers une réponse claire à la question de départ et à une conclusion logique.

Œsophage, œnologie, œcuménisme

Qu’ont ces trois mots en commun ? Ça saute aux yeux, non ? Ils commencent tous par l’e dans l’o (œ) .

Savez-vous ce qu’ils ont d’autres en commun ? Ils sont mal prononcés par une grande majorité de Français. Je faisais partie de ces Français jusqu’à récemment en fait. J’écoutais la radio d’une oreille quand j’ai entendu quelqu’un mentionner qu’œsophage se prononçait /ezofaʒ/ et non /øzofaʒ/, et j’ai été vraiment surprise. Toute ma vie, je l’ai mal prononcé. C’est un mot que l’on apprend en cours de sciences à l’école primaire, quand on apprend l’appareil digestif. Je n’ai jamais eu de mal à le mémoriser parce que je trouvais son orthographe assez fascinante, mais j’ai été stupéfaite quand je me suis rendu compte que tous les adultes qui m’accompagnaient dans mon apprentissage le prononçaient mal aussi, instituteurs et parents inclus. Sinon, je l’aurais appris correctement. Ce qui me rassure un peu, c’est que je suis loin d’être la seule. Et en même temps, ce n’est pas un mot que l’on emploie tous les jours.

J’ai donc poussé un peu les recherches et j’ai découvert que c’était pareil pour œnologie et œcuménisme (et les mots dérivés évidemment). Je prononçais /ø/ au lieu de /e/.

Je ne savais pas non plus que les premières syllabes d’œdème et œdipe pouvaient se prononcer de deux façons : /ø/ et /e/, ni que celle d’œstrogène pouvait se prononcer /ø/ et /ɛ/.

Maintenant, vous le savez également et vous pourrez épater vos amis français ! 😉

Après avoir écrit ceci, j’ai été voir ce que disait Wikipédia sur le sujet. Je ne sais pas à quel point toutes les informations de cette page sont fiables, mais certaines se recoupent avec ce que j’avais trouvé ailleurs et d’autres seraient à vérifier.

On ou l’on

Quand on écrit, on peut parfois ajouter l’ devant on, par souci de style. Ce n’est pas une obligation, mais cela permet d’écrire dans un style plus soutenu. On le fait aussi à l’oral par souci d’éviter deux sons vocaliques qui se suivent et également pour éviter de prononcer /kõ/.

Quelques exemples :

  • Si l’on veut être en bonne santé, il faut manger équilibré.
  • Il y a toujours du bruit en Thaïlande, où que l’on aille.
  • Quoique l’on pense de lui, il n’est pas si désagréable que ça.
  • La Suisse est un pays l’on vit bien.
  • J’ai parlé à la personne à qui l’on est supposé demander des informations mais elle n’a pas su me répondre.

On évitera cependant d’utiliser le l’ devant le son /l/. Il sera préférable de dire : Si on lit des livres en version originale, on apprend beaucoup de vocabulaire. (plutôt que si l’on lit)

Se la couler douce

Voilà une expression familière que j’aime beaucoup. La connaissez-vous ?

Quelques exemples :

  • J’aimerais être riche pour pouvoir me la couler douce. J’arrêterais de travailler et je prendrais le temps de vivre.
  • Depuis qu’elle est à la retraite, ma grand-mère se la coule douce. Elle s’occupe de son jardin, elle joue aux cartes avec ses amies, et de temps à autre, elle part en vacances.
  • Louis vient de commencer l’université et on ne peut pas dire qu’il se tue au travail. Je trouve qu’il se la coule douce.

Quand on se la coule douce, on ne se complique pas la vie. On est détendu et plutôt heureux.

Le tourbillon de la vie

J’ai eu des envies de cette chanson cette semaine. Alors je la partage. C’est une chanson qui a été rendue célèbre par le film Jules et Jim de Truffaut en 1962, mais pour être honnête, j’ai complètement oublié ce film. Je sais que je l’ai vu, mais c’était il y a très longtemps et j’en ai peu de souvenirs. Par contre, cette chanson chantée par Jeanne Moreau dans le film a été reprise par Vanessa Paradis des années plus tard, et ça, je n’ai pas oublié. Je l’écoute de temps en temps, et un peu plus à certaines périodes. Je la trouve belle et je m’en lasse difficilement.

Paris, vu par une expat

Hier, YouTube m’a suggéré une vidéo dont le titre et la description m’ont donné envie de cliquer.

Je n’ai jamais vécu à Paris, mais les quelques fois où j’y suis allée, j’ai détesté cette ville. J’y trouve l’atmosphère lourde, je trouve les gens agressifs, négatifs, et on pourrait argumenter que c’est l’apanage des grandes villes, mais j’ai vécu à Londres de nombreuses années, à Madrid, à Ho Chi Minh Ville, à Détroit, à Baltimore et je vis maintenant à Bangkok, et même s’il y a toujours eu des côtés moins plaisants que d’autres, je n’ai jamais ressenti ailleurs le malaise que j’ai pu ressentir à Paris. J’ai également visité de nombreuses grandes villes en touriste et je n’ai rien trouvé de comparable. Ah si, Marrakech peut-être, où j’ai trouvé l’atmosphère tout aussi oppressante qu’à Paris.

Récemment, je discutais avec une collègue et copine, à qui j’expliquais que jamais je ne revivrai en France. Mes étudiants le savent, je ne suis pas la personne la plus nationaliste au monde. Je visite très peu la France et l’idée de ne jamais y retourner me va bien. Ma copine m’a demandé alors pourquoi j’enseignais le français et comment je pouvais le faire avec autant de plaisir en ayant de tels sentiments vis-à-vis de mon pays.

J’aime la langue française, j’aime la littérature française, et je suis pour la paix dans le monde (je me présente au concours Miss France l’an prochain, votez pour moi !) Je rêve d’un monde où les gens se comprendraient et ne se battraient pas continuellement car ils seraient capables d’accepter leurs différences. C’est déjà parfois extrêmement difficile de se comprendre quand on parle la même langue, mais cela devient impossible quand on ne parle pas la même langue du tout et qu’on vient de cultures différentes, voire très différentes, et que nos repères et nos modèles nous empêchent de voir au-delà de ce qu’on connaît depuis toujours. Je pense vraiment que parler plusieurs langues et ainsi pouvoir avoir accès à d’autres cultures, d’autres littératures, d’autres croyances, nous permet de mieux comprendre le monde et d’être plus tolérant. C’est difficile, mais c’est possible. J’y crois en tout cas, et je me prends pour preuve. Apprendre l’anglais m’a permis d’avoir accès à un monde beaucoup plus vaste que celui dans lequel j’ai grandi. Puis il y a eu les autres langues… Alors, même si je reste perplexe devant une quantité de situations, même si je ressens énormément de colère par rapport à certaines attitudes, mon cerveau a pris l’habitude de se dire qu’il n’y a pas une seule façon d’observer le monde qui m’entoure et qu’il y a des raisons pour lesquelles les gens sont comme ils sont. Raisons que je n’aurais jamais comprises si j’étais restée enfermée dans ma bulle française. Tout comme il y a plein de raisons de dire non et de dire merde à certains comportements. Ce que je n’aurais peut-être pas osé faire avec autant d’assurance si j’étais restée enfermée dans ma bulle française. Et c’est pour ça que j’enseigne le français. Parce que je crois que les langues ouvrent l’esprit et nous permettent d’étendre nos horizons.

Mais j’ai du mal avec la France, la mentalité française, et je déteste Paris. Je suis toujours sidérée quand mes étudiantes souhaitent aller y vivre. Et quand j’ai vu cette vidéo, je me suis dit que j’allais la partager ici. Cette Néo-Zélandaise vit à Paris et la plupart des points qu’elle mentionne dans sa vidéo me parlent. J’ai regardé quelques extraits d’autres vidéos qu’elle a faites et de mon point de vue, ce qu’elle a à dire est tout à fait valide. Je ne sais pas si toutes ses vidéos sont en anglais, mais celle-ci l’est, ainsi que celles sur lesquelles j’ai cliqué.

Un peu d’humour, parce que ça fait du bien

Je parcourais les articles de quelques journaux “sérieux” et aucun titre ne me réjouissait. On nous bombarde d’informations toutes plus déprimantes les unes que les autres et je ne suis vraiment pas d’humeur à commenter l’actualité aujourd’hui. Alors, je suis allée faire un tour du côté du Gorafi, et comme d’habitude, il ne m’a pas déçue.

Je me suis donc dit que j’allais partager ce court article, intitulé : Bassin d’Arcachon : Pour satisfaire les Parisiens, la préfecture va mettre en place deux marées hautes supplémentaires par jour. Bonne lecture !

http://www.legorafi.fr/2019/01/10/bassin-darcachon-pour-satisfaire-les-parisiens-la-prefecture-va-mettre-en-place-deux-marees-hautes-supplementaires-par-jour/

Il manque un mot dans “je ne rentabilisais pas ma place au port”, mais à part ceci, je pense que vous n’aurez pas de mal à comprendre cet article.

Le Bassin d’Arcachon est un lieu de villégiature très prisé des Parisiens et des Bordelais, sur la côte Atlantique, pas très loin de Bordeaux. Pour y avoir passé du temps moi-même, je dois reconnaître que c’est un endroit très agréable et très joli, où il fait bon vivre. L’atmosphère y est assez huppée. On y croise régulièrement des personnes célèbres françaises.

Si vous ne vous sentez pas dans votre assiette à cause de l’hiver et de tous les virus qu’il traîne avec lui, allez faire un tour sur le site du Gorafi pour rigoler un peu tout en travaillant votre français. Pour moi, l’humour absurde est un remède efficace contre la déprime !

Cet article m’a aussi fait éclater de rire. En le lisant, vous pourrez apprendre qu’on ne dit pas pain au chocolat dans toutes les boulangeries de France, et que dans certaines régions, une poche veut dire un sac.

Les thèmes du DALF

Quand vous vous inscrivez au à l’examen du DALF, vous devez choisir entre deux domaines : Lettres et Sciences Humaines (LSH) ou Sciences.

Voici donc une liste des grands thèmes du DALF, avec quelques exemples.

Dans le domaine des LSH, on retrouve :

  • la langue française (la réforme de l’orthographe, la francophonie…)
  • le travail (le bonheur au travail…)
  • l’éducation (les études en France, l’enseignement de l’histoire à l’école…)
  • l’environnement (la pollution de l’air, le vélo en ville…)
  • la nourriture et l’alimentation (le véganisme…)
  • la lecture et littérature (les livres numériques…)
  • les nouvelles technologies (le téléphone portable à l’école, Internet et les jeunes, les réseaux sociaux…)
  • l’apparence et la mode (l’obésité…)
  • les problèmes sociétaux (l’égalité hommes-femmes, le bien-être animal, la démocratie…)
  • le bonheur et le bien-être (l’équilibre vie privée, vie professionnelle…)
  • les voyages et le tourisme (l’écotourisme, les voyages de luxe…)
  • les âges de la vie (vieillir dans notre société jeuniste…)
  • la société de consommation (le gaspillage…)
  • la santé (le handicap…)

Les thèmes se recoupent souvent, comme par exemple le handicap dans le monde du travail (travail et santé), le téléphone portable à l’école (technologie et éducation), l’écotourisme (environnement, tourisme, société de consommation) et très souvent, chaque thème peut être abordé d’un point de vue sociétal.

Dans le domaine des Sciences, on retrouve :

  • l’écologie (la guerre mondiale de l’eau…)
  • la recherche médicale (les nouveaux virus…)
  • le progrès scientifique (l’innovation technologique dans les transports…)
  • les dangers de la science (le clonage…)
  • la recherche spatiale (le voyage spatial touristique…)

Prononcer le G

J’entends assez régulièrement des erreurs sur la prononciation de cette lettre, chez les anglophones tout comme chez les hispanophones.

Pourtant, si l’on applique quelques règles, ce n’est pas très difficile de savoir comment le prononcer. Il suffit de regarder quelle lettre vient après.

[g]

  • Suivi de a, o, u, il se prononce /g/, comme dans garçon, gomme, aigu
  • Suivi de l ou r, il se prononce /g/ également : règle, gros

[ʒ]

  • Suivi de e, i, y, il se prononce /ʒ/, comme dans gentil, girafe, gynécologue

[ɲ] ou [ŋ]

  • Suivi de n, les deux lettres se prononcent /ɲ/, comme dans montagne, agneau, oignon
  • Précédé de n, dans les mots venus de l’anglais, se terminant par <ing>, la combinaison se prononce /ŋ/, comme dans parking, footing, shopping (même si j’ai entendu beaucoup de Français prononcer /in/)

silencieux

  • en fin de mot, il ne se prononce pas, comme dans rang, sang, étang, oblong (sauf dans les mots étrangers, où il se prononcera /g/ comme dans sarong, gang, gong, airbag, etc)

Quelques phrases pour s’entraîner :

  • Le gros Georges est un garçon généreux.
  • La grande Géraldine a des géraniums rouges.
  • Gui a gagné des oignons.
  • Gabriel aime les glaces et la guimauve.
  • Gilles regarde ses rangs de tomates.
  • Les gorilles et les girafes mangent des gâteaux.
  • Le gang organise des réunions dans le parking.
  • La Grèce et la Géorgie ont des paysages magnifiques.

Se rappeler / se souvenir

Ces deux verbes ont le même sens. Mais ils n’ont pas la même construction. On se rappelle quelque chose mais on se souvient de quelque chose.

Cependant, j’ai très souvent entendu des Français dire qu’ils se rappelaient *de quelque chose, alors il est facile se supposer que c’est correct d’utiliser la préposition avec se rappeler.

Mes étudiants ont tendance à plutôt utiliser le verbe se souvenir et à parfois oublier le de. Avec se souvenir, ou utilise toujours de.

Avec se rappeler, on utilise de seulement quand il est suivi d’un pronom tonique (moi, toi, lui, etc.)

Quelques exemples :

  • Je me souviens très bien de ces vacances. Il a fait chaud tout l’été.
  • Je me rappelle très bien ces vacances.
  • Tu te souviens de mon copain Nico ?
  • Tu te rappelles mon copain Nico ?
  • Elle ne se souvient pas de lui.
  • Elle ne se rappelle pas de lui.