L’Eurostar

Je suis toujours un peu inquiète avant de voyager en France car j’ai toujours peur qu’il y ait des grèves (de contrôleurs aériens, de cheminots, etc.) Mais j’ai en fait rarement eu de problèmes. Un vol pour Bordeaux annulé à cause du volcan islandais il y a quelques années, et un autre pour Paris également annulé, il y a quelques mois à cause des grèves, mais j’ai pu prendre un vol le même jour à une heure différente.

Cette semaine, j’ai pris l’Eurostar de Calais à Londres et je dois dire que ça a été une expérience de voyage plutôt agréable. A la toute petite gare de Calais Fréthun, le personnel est très aimable, que ce soit celui de la gare, du café de la gare ou même les douaniers. J’ai trouvé l’atmosphère très différente de la plupart des gares internationales. J’ai du prendre deux trains avant d’y arriver (dont un TGV) et j’ai été un peu effarée par leur état (sièges sales, odeur de toilettes abominable). Mais l’Eurostar est bien entretenu, les sièges sont assez confortables en deuxième classe, les toilettes étaient propres, il y a assez d’espace pour les bagages, et j’ai réussi à dormir un peu. Ce n’est pas le shinkansen du Japon, mais c’est un train dans lequel on peut faire un voyage agréable. Je l’ai pris à plusieurs reprises ces 15 dernières années et j’en fait un bilan plutôt positif. St Pancras manque d’espace pour les départs à mon avis et la Gare du Nord à Paris ne me plaît pas beaucoup (il paraît qu’ils vont l’améliorer dans les années à venir…) mais l’Eurostar en lui-même est un bon train. Et même s’il faut passer par la sécurité et scanner les valises, c’est moins pénible qu’à l’aéroport et on n’a pas besoin d’arriver à la gare deux heures à l’avance. Ni de sortir ses liquides ! Une alternative à considérer pour les voyages entre la France et l’Angleterre (et la Belgique, mais je n’y suis jamais allée).

Le procès

Cela fait un moment que je veux écrire un post pour parler de ce mot. Pas une semaine ne passe sans que j’entende ‘le procès’ dans une phrase où il n’a aucun sens.

Un procès, c’est trial en anglais, juicio en espagnol, processo en italien. Ce n’est pas la traduction de process !

Process peut se traduire différemment selon les contextes. Il peut être un procédé, une procédure, un processus, et il pourra même être traduit par d’autres mots selon le contexte.

Par exemple :

  • The process to get a visa for China is very long and complicated. =  les démarches, la marche à suivre, la procédure
  • the digestive process, the learning process = le processus

Aller chez le médecin en France

Hier, une de mes étudiantes m’a raconté son expérience  d’une visite médicale en France. Ce qui m’a rappelé à quel point j’avais trouvé les visites médicales différentes aux USA et en Angleterre les premières fois.

Si vous venez d’un pays où vous avez l’habitude d’être examiné(e) par un médecin du même sexe pour les examens les plus intimes et où c’est la norme, vous risquez d’être surpris(e) en France. Peu importe quel type de visite médicale vous passez, peu importe si vous êtes un homme ou une femme, si le docteur vous dit de vous déshabillez, vous le faites et on n’imagine même pas que cela pourrait vous poser problème d’être complètement ou en partie nu(e) devant une personne de sexe opposé. Ni qu’un autre médecin entre dans la pièce pour papoter foot avec son collègue pendant que vous attendez de vous faire ausculter…

Je me souviens d’avoir trouvé que les docteurs anglophones perdaient beaucoup de temps à me proposer d’enlever mes vêtements derrière un rideau puis à me couvrir avant de m’examiner. Pour moi, les docteurs sont des spécialistes qui m’examinent parce que j’ai un problème et que je veux une solution. Ils examinent des gens tous les jours, toute la journée, et portent un regard clinique sur le corps de leurs patients. Cependant, je dois dire qu’après des années passées à l’étranger, j’apprécie le tact dont font preuve les médecins anglophones, la façon dont ils sont à l’écoute, et je peux comprendre que pour quelqu’un qui a l’habitude de cette considération, une visite médicale en France peut surprendre.

Alors si vous devez un jour passer un examen médical en France et que vous n’êtes pas à l’aise avec certaines pratiques, essayez de vous préparer le mieux possible pour que les choses se passent bien. Ceci étant dit, la seule fois où un docteur français m’a choquée par son comportement, ce n’était pas parce que c’était un homme et que je devais me déshabiller, mais juste parce que c’était une personne odieuse et très peu professionnelle qui, alors que j’étais en larmes à cause de la douleur, m’a dit que je faisais du cinéma. J’étais estomaquée d’entendre ça et je me suis dit que j’espérais ne plus jamais avoir à aller dans un hôpital français et j’ai aussi souhaité que cet homme périsse dans d’affreuses souffrances !

Youpi, le foot est fini !

Parce que je dois dire que j’en avais un peu marre de cette coupe du monde ! Je suis en France et j’ai regardé la finale plus ou moins attentivement chez des amis. C’était un moment sympa mais ce que je n’ai vraiment pas aimé dans la journée d’hier, c’était tous les bruits de klaxons dans les rues du matin au soir. Pourquoi ce besoin de klaxonner, de faire autant de bruit, d’imposer tout ça à ceux qui ne s’intéressent pas au foot et aimeraient passer une journée tranquille ? Je suis dans une petite ville du nord de la France et je n’ose pas imaginer ce que c’était dans les grandes villes. Pour ceux qui n’ont pas vu les images des Champs Elysées aujourd’hui voici une courte vidéo.

S’installer dans un nouveau pays

C’est quelque chose que j’ai fait à plusieurs reprises dans ma vie. Et pratiquement à chaque fois, j’ai eu quelques mauvaises surprises (à part peut-être en Suisse, où toutes les surprises étaient bonnes). J’ai fait l’erreur d’idéaliser certains pays, celle de ne pas assez me renseigner avant de partir, celle de supposer que les choses allaient forcément être comme je les imaginais, etc. Ce qui a résulté en beaucoup de frustrations, le dernier exemple en date étant l’Espagne. J’avais naïvement supposé que puisque c’était un pays européen appartenant à la communauté européenne, les choses se passeraient plus ou moins comme en France mais que ça serait encore mieux parce que les gens y sont moins râleurs et qu’en plus, le climat y est bien meilleur. On aurait pu penser qu’après plusieurs déménagements internationaux et qu’avec ma propension à me méfier de tout, j’aurais eu plus de jugeote, mais cette fois encore, je me suis fait avoir comme une débutante. J’étais très très mal préparée à la vie en Espagne. Je n’avais pas imaginé un instant qu’un pays de l’UE pouvait être si mal organisé, si ouvertement corrompu et que des entreprises pouvaient proposer des contrats illégaux dans le seul but de payer moins d’impôts. Je ne savais pas que les Espagnols étaient si bruyants, ni que les immeubles étaient si mal construits et isolés. J’étais persuadée qu’en tant qu’Européenne, je n’aurais aucun problème pour obtenir la documentation nécessaire à la vie en Espagne. Je n’avais pas du tout imaginé que le service clientèle pouvait être si mauvais dans un pays européen et que j’irais de frustration en frustration avec les banques, les compagnies téléphoniques, la compagnie ferroviaire nationale, les diverses entreprises de transports, etc. J’ai davantage eu l’impression de vivre dans un pays en voie de développement que dans un pays développé, mais sans les avantages de la vie dans un pays en voie de développement. La vie en Espagne était chère pour la qualité (quasi inexistante) des différents services proposés et j’ai quitté l’Espagne après trois ans avec un immense sentiment de soulagement. Je n’y ai pas été malheureuse, mais j’y ai été très en colère et j’espère ne jamais avoir à y revivre. Si j’avais su avant ce que je sais maintenant, les choix que j’ai faits à Madrid auraient été bien différents et je me serais évité bien du souci.

Plusieurs de mes étudiants rêvent de vivre en France ou ont le projet très concret de vivre en France dans un futur plus ou moins proche. N’ayant pas vécu en France depuis bientôt 16 ans, je ne suis probablement pas la meilleure personne pour en parler, mais je sais pourquoi je ne souhaite pas revivre en France. Certes, ce n’est pas le pays le pire au monde, mais si vous venez d’un pays où les magasins sont ouverts 24 heures sur 24 et où tout est informatisé et que vous n’imaginez pas que la France pourrait être différente… vous risquez d’avoir des surprises.

Une de mes étudiantes s’est récemment installée à Paris. Quand elle a voulu s’inscrire à la salle de sports, on lui a fait remplir un formulaire pour ensuite l’informer qu’il y avait une liste d’attente de deux semaines avant de pouvoir commencer. Même en Espagne, j’ai pu commencer à utiliser la salle de sports le jour où je me suis inscrite !!!

De passage en France (Haute-Savoie) il y a quatre ans, j’avais besoin de me faire faire une carte de transport, ce pour quoi il fallait me rendre à la gendarmerie. J’y suis allée et on m’a informée que la personne responsable des cartes de transport était en vacances et qu’il fallait que j’aille dans une autre commune pour m’en faire faire une. Une commune dans la montagne, accessible seulement par la route. Mais si j’avais besoin d’une carte de transport, c’est que je n’avais pas de véhicule, n’est-ce pas ? Une personne part en vacances et le service n’est pas accessible ! Mon mari, qui est anglais, n’en croyait pas ses yeux. Du coup, on a fraudé et utilisé les cartes de nos amis pendant notre séjour.

Un soir, dans cette même région, j’avais faim. Il était 22h30. Impossible de trouver quoi que ce soit d’ouvert !

Un autre jour, à Bordeaux, j’étais à la gare, j’avais un train à prendre et peu de temps pour déjeuner mais j’avais faim et je suis allée dans un restaurant juste à côté. J’ai demandé poliment et avec un sourire au serveur s’il serait possible d’être servie rapidement à cause de mon train et il m’a crié dessus. Je suis allée manger au restau d’à côté où ils ont été beaucoup plus aimables et m’ont assuré que je pourrais manger rapidement.

J’ai tout une série d’anecdotes sur mes expériences en France, mais je vais m’arrêter ici. Ce que je voulais expliquer à travers ce post, c’est que si vous voulez aller vous installer en France, assurez-vous de bien vous renseigner sur TOUT ce qui est important pour vous et d’obtenir des informations de plusieurs sources indépendantes. Peut-être que les choses que je trouve insupportables vous paraîtront anecdotiques et supportables, voire amusantes. Peut-être que les choses qui sont pour moi évidentes et normales le seront moins pour vous. Mais surtout, ne supposez pas !!

Ne pas être dans son assiette

Stéphanie : Salut, ça va ? T’as pas l’air dans ton assiette aujourd’hui.

Nathalie : Non, t’as raison. Je sais pas si c’est quelque chose que j’ai mangé ou si c’est la météo, mais je suis pas au top, en effet.

Quand on n’est pas dans son assiette, ça veut dire qu’on ne se sent pas très bien, qu’on n’est pas dans son état normal. En anglais, on dirait to be under the weather.

Ce n’est pas le Pérou

J’ai souvent entendu cette expression et je l’ai toujours comprise comme voulant dire que ce n’était pas super, mais je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir pourquoi on disait ça, d’où ça venait. Je pensais aussi que pérou devait absolument prendre une majuscule.

L’équipe de France a joué contre le Pérou hier et bien que je ne suive pas du tout le football, il est difficile d’y échapper complètement en période de coupe du monde. J’écoutais les informations ce matin ou hier, je ne sais plus, et quelqu’un a fait une blague utilisant cette expression.

Je suis donc allée vérifier dans mon dictionnaire et en effet, en plus d’être le nom d’un pays, un pérou (sans majuscule) signifie un trésor, une fortune. Et quand on dit ce n’est pas le pérou, on veut dire que ce n’est pas beaucoup d’argent, que ça rapporte peu d’argent. Selon les dictionnaires, pérou prend ou ne prend pas de majuscule – je me base sur le Grand Robert qui n’en met pas et indique “pérou” comme nom masculin archaïque. Je crois que je préfère le Pérou avec une majuscule.

  • Je peux te proposer de travailler pour moi comme assistant personnel quelques heures par semaine. C’est pas le Pérou, mais c’est mieux que rien !

Cette expression viendrait du fait que le Pérou était autrefois, avant l’arrivée des Espagnols, un pays plein de richesses naturelles (or, pierres précieuses, etc.)

Conseils pour les étudiants souhaitant passer le DALF à l’avenir

Ces deux dernières semaines ont été très chargées pour moi à cause des examens. Pour cette session, j’ai principalement travaillé avec des candidats au DALF C1.

Je l’ai déjà souligné auparavant, le C1 n’est pas un niveau facile et il est impératif d’être bien préparé. Si vous n’avez pas pratiqué le français depuis longtemps, n’avez pas un vocabulaire très étendu, avez du mal à comprendre la radio en français, et n’êtes pas à l’aise avec la grammaire et les écrits structurés, vous n’avez probablement pas le niveau C1 et deux semaines de préparation, aussi intensive soit-elle, ne vous permettront certainement pas d’atteindre le niveau requis.

Voici les estimations du CIEP quant au nombre d’heures d’apprentissage nécessaires pour atteindre chaque niveau :

Pour atteindre le niveau C1, il faut de la régularité et du travail. Il faut se familiariser avec la culture francophone (à travers les journaux, les radios, et une variété d’émissions). Il faut avoir un niveau de grammaire avancé car on n’a pas le choix, le français est une langue grammaticale et on ne peut pas prétendre à atteindre un niveau avancé si l’on ne maîtrise pas la grammaire. L’on peut faire de petites erreurs de temps à autre, mais elles restent rares. Un étudiant de niveau C1 parle avec spontanéité et beaucoup de fluidité. Il a aussi beaucoup de vocabulaire. Il est très facile à comprendre.

Sur le site du CIEP, il est expliqué que l’utilisateur de la langue au niveau C1 est autonome. Il est capable d’établir une communication aisée et spontanée. Il possède un répertoire lexical large et peut choisir une expression adéquate pour introduire ses commentaires. Il produit un discours clair, bien construit et sans hésitation qui montre l’utilisation maîtrisée des structures.

Je ne suis pas fan des examens en général. Je les trouve injustes. Mais j’aime aider les étudiants à préparer les examens. Je trouve la préparation très intéressante, particulièrement quand les étudiants se donnent assez de temps pour préparer.

Deux semaines de préparation, c’est suffisant seulement pour les étudiants qui ont déjà le niveau et qui ont juste besoin de s’entraîner un peu pour bien comprendre le format de l’examen. Sinon, je ne suis pas une magicienne. Si vous n’avez pas le niveau deux semaines avant l’examen, vous ne l’aurez pas le jour de l’examen.

Si l’on se base sur le tableau du CIEP, 850 à 900 heures sont nécessaires pour parvenir au niveau C1. Ce n’est qu’une estimation. Certains étudiants y parviendront plus vite, d’autres auront besoin de plus de temps. Mais si l’on compte un peu et que l’on suppose qu’un étudiant étudie 4 heures par semaine toute l’année, sans faire de pause (j’en connais peu qui arrivent à maintenir ce rythme), on arrive à 208 heures à la fin de l’année. Au bout de 4 ans, il en sera à 832 heures. Pour un étudiant qui n’étudie que 2 heures par semaines, il faudra donc 8 ans et quelques pour atteindre les 850 heures.

Le niveau C1 est un niveau très gratifiant. Il représente beaucoup de travail et beaucoup de temps et j’aimerais que les étudiants s’en rendent compte et le voient comme un défi à relever, peu importe le temps que cela pendra, plutôt que comme un bout de papier qui leur permettra de mettre sur leur CV qu’ils ont un niveau avancé de français. Pour certains, c’est la vérité. Pour d’autres, c’est plus ambigu.

Je discutais avec un collègue hier qui me disait que toute l’année, des étudiants viennent le voir en lui disant qu’il leur faut un niveau B2 dans 3 mois parce qu’ils ont décidé de faire un Erasmus en France. Ce sont en général de jeunes gens, étudiants universitaires, qui sont loin du niveau B2 et qui ne sont pas vraiment prêts à s’investir pour atteindre ce niveau. Ils pensent que prendre des cours de B2 sera suffisant. Mais même avec le meilleur prof du monde, si l’étudiant ne s’investit pas et ne fournit pas de travail personnel sérieux, on ne passe pas du A2 au B2 en allant en cours deux heures par semaine et en n’étudiant pas en dehors des cours.

Moi, je suis vraiment perplexe face à ce comportement et je tiens à dire ici que je préfère, de loin, travailler avec des étudiants qui s’investissent et qui veulent vraiment atteindre un certain niveau plutôt qu’obtenir un bout de papier. Avis aux candidats de la prochaine session…

Après que

Je dispose de peu de temps pour écrire des posts ces jours-ci car nous sommes en période d’examen et il y a beaucoup à faire, mais une erreur qui revient beaucoup dans les écrits de préparation de C1 que je corrige, c’est après que suivi du subjonctif. Les Français font aussi très souvent cette erreur en fait. Il m’est arrivé de la faire moi-même car c’est une règle que j’ai apprise assez tard et par conséquent, je ne croyais pas que c’était une vraie règle quand j’en ai entendu parler pour la première fois, à l’adolescence. Toutefois, c’est une vraie règle et si avant que doit être suivi du subjonctif, ce n’est pas le cas d’après que !

Après que doit être suivi de l’indicatif ! J’en avais parlé dans ce post.

Préparer le DALF

On est au mois de juin et un peu partout dans le monde, les examens du DELF et du DALF approchent et les candidats paniquent, ce qui me laisse toujours un peu perplexe.

A chaque session, je suis contactée par des étudiants qui semblent se rappeler au dernier moment s’être inscrits à l’examen et se rendent compte qu’ils ne savent pas vraiment en quoi consiste l’examen et qu’ils n’ont pas vraiment pratiqué leur français ces derniers mois. La majorité de ces étudiants souhaitent passer le C1.

Le C1 de français n’est pas un examen facile et on ne devrait pas s’y présenter sans préparation, même si l’on parle bien français. Si l’on n’a pas les moyens de payer des cours avec un prof et qu’on sait faire preuve d’un minimum de discipline, on peut s’y préparer seul. Il y a beaucoup de ressources disponibles en librairie ou en ligne.

Il y a de nombreuses années, j’ai moi-même préparé le C2 d’anglais. Je parlais très bien anglais mais je savais qu’il fallait que je comprenne le format de l’examen pour être à l’aise le jour J. J’ai acheté des livres et j’ai planché tous les soirs après le travail pendant trois mois. Je vivais en Suisse à l’époque et les cours de préparation étaient beaucoup trop chers pour moi. Je me sentais capable de me préparer toute seule et je n’ai eu aucune surprise le jour de l’examen. J’ai juste paniqué à l’oral, mais ce n’était pas par manque de préparation, et j’ai quand même eu une très bonne note sur l’ensemble de l’examen.

Il est très important de se préparer adéquatement avant de se présenter à l’examen. Il faut en connaître le format, le nombre d’épreuves, en quoi consiste chaque épreuve et être conscient de ce que signifie chaque niveau.

D’après le conseil de l’Europe, l’étudiant de niveau C1 peut comprendre une grande gamme de textes longs et exigeants, ainsi que saisir des significations implicites. Il peut s’exprimer spontanément et couramment sans trop apparemment devoir chercher ses mots. Il peut utiliser la langue de façon efficace et souple dans sa vie sociale, professionnelle ou académique. Il peut s’exprimer sur des sujets complexes de façon claire et bien structurée et manifester son contrôle des outils d’organisation, d’articulation et de cohésion du discours. (https://www.coe.int/fr/web/common-european-framework-reference-languages/table-1-cefr-3.3-common-reference-levels-global-scale)

On est souvent plus à l’aise dans une épreuve que dans les autres et on peut souvent compter là-dessus pour réussir l’examen. Si l’on comprend tout mais qu’on n’est pas très à l’aise en production, on peut facilement obtenir 50%. Tant qu’on obtient un minimum de 5 points dans chaque épreuve, on peut obtenir l’examen avec 20/25 en CO, 20/25 en CE, 5/25 en PE et 5/25 en PO.

Certains étudiants ont besoin du diplôme pour des raisons professionnelles ou pour pouvoir étudier en France. D’autres ont envie de valider leur niveau et se lancent un défi personnel en préparant le DALF. Il y a diverses raisons pour passer cet examen qui sont toutes aussi valides les unes que les autres. Cependant, en tant que prof, je trouve beaucoup plus intéressant de travailler avec des étudiants qui ont vraiment le souci de progresser et d’améliorer leur français. Une ou deux semaines avant l’examen, je peux donner des conseils méthodologiques, mais on ne passe pas du niveau B2 au niveau C1 en 15 jours. On ne comble pas ses lacunes en grammaire en une semaine. L’apprentissage d’une langue demande du temps. Obtenir le C1 avec 50 points ne signifie pas du tout la même chose que l’obtenir avec 80 points.

Une des étudiantes qui m’a le plus surprise ces derniers mois, c’est Katie. Elle m’a contactée deux ou trois mois avant de passer l’examen, ce qui est à mon avis une période raisonnable pour préparer un examen dont on pense avoir le niveau. Son écrit m’a tout d’abord laissée sceptique. Puis je lui ai parlé et sa façon de s’exprimer et son attitude m’ont fait reconsidérer ce que j’avais pensé initialement. Elle a énormément travaillé pendant les semaines qui ont précédé l’examen, elle s’est préparée avec des sujets de DALF, elle a préparé des exposés pour l’épreuve de PO sur divers sujets, elle a écrit des synthèses et des essais, elle a pris en compte mes remarques et est restée concentrée sur son but. Je crois qu’on s’est vues quatre fois la semaine avant les épreuves écrites, puis une heure avant son oral et je n’avais plus aucun doute à ce moment-là. Elle a obtenu une très bonne note et je n’étais pas surprise. Elle continue à étudier car elle sait qu’une langue, ça s’entretient si on ne veut pas la perdre et de plus, on ne peut jamais vraiment arrêter d’apprendre. J’ai obtenu mon C2 d’anglais il y a plus de 10 ans, et je sais que mon anglais est bien meilleur aujourd’hui qu’il l’était alors, et j’apprends régulièrement de nouveaux mots, de nouvelles expressions en lisant beaucoup en anglais, en écoutant des podcasts ou en regardant des films et des séries. 

Tout ça pour dire que pour préparer le DALF, il faut se donner du temps pour bien se préparer (surtout si on est du genre à stresser en situation d’examen) et que pour parler et comprendre une langue à un niveau avancé, il faut la pratiquer régulièrement !