Indicatif VS subjonctif

Une fois le niveau C atteint, les étudiant·e·s ont en général bien compris quand il fallait utiliser le subjonctif et l’indicatif, malgré quelques petits écarts occasionnels.

Cependant, des doutes persistent avec certains verbes et quand je corrige le subjonctif pour un indicatif et vice-versa dans certains écrits, la raison n’est pas toujours claire pour mes élèves.

En effet, il y a certains verbes qui peuvent être suivis du subjonctif ou de l’indicatif selon leur sens. C’est le cas de verbes comme dire, admettre, supposer, demander, comprendre, etc.

Observez :

  • Je ne l’aime pas beaucoup, mais j’admets qu’il est beau gosse.
  • Elle admet que son fils ne veuille pas faire d’études.

Dans la première phrase, le verbe admettre est synonyme de reconnaitre. Il a une valeur d’affirmation. Dans la seconde, admettre est synonyme d’accepter, avec donc une valeur d’acceptation.

  • Je comprends que c’est difficile pour toi.
  • Je comprends que ce soit difficile pour toi.

Dans la première, je fais un constat, je tiens pour vrai le fait que c’est difficile. Dans la seconde, j’accepte, je tiens pour possible le fait que ce soit difficile.

Un dernier exemple ?

  • Dis à ta sœur que je l’attends.
  • Dis à ta sœur qu’elle attende.

Dans la première, dire est un verbe déclaratif. Dans la deuxième, il introduit un ordre.

Liaison avec les prépositions CHEZ, EN, SANS

Il fut un temps où la liaison était automatiquement obligatoire après ces trois prépositions, mais avec le temps, elle est devenue facultative dans un certain nombre de cas. En d’autres termes, vous pouvez choisir de faire la liaison ou non. Faire la liaison indique généralement un langage plus soutenu.

Mais attention, dans certains cas, la liaison est toujours obligatoire (jusqu’à ce qu’elle devienne facultative un jour probablement).

Elle est, à ce jour, encore obligatoire dans les cas suivants :

  • chez + pronom
  • en + pronom
  • en + nom
  • sans + nom

Entrainez-vous :

  • Je suis allée chez eux la semaine dernière.
  • Elle a ça en elle, c’est inné.
  • Elle habite en Espagne en été et en Australie en hiver.
  • Ils sont dans une relation sans amour.

L’accord du participe passé – première partie

Il serait peut-être temps que j’écrive quelque chose sur ce sujet épineux ! Je ne l’ai pas fait avant car la plupart de mes étudiant·e·s avancé·e·s ont l’air d’avoir bien compris ces règles et mêmes s’ils et elles font de petites erreurs occasionnellement, j’ai souvent l’impression que j’en entends plus dans la bouche de Français et que j’en relève plus dans les journaux français en ligne que chez mes étudiant·e·s.

Partons donc de la règle la plus simple et voyons où cela nous mène !

L’accord du participe passé employé sans auxiliaire

  • des devoirs faits à la dernière minute
  • une chanson chantée magnifiquement
  • un verre bu vite fait
  • des filles habillées en sorcières

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE NOM AUQUEL IL SE RAPPORTE

L’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire ÊTRE – verbe non pronominal

  • Elle est partie tard hier soir.
  • Lisa et Maria sont rentrées chez elles.
  • Jules est arrivé ce matin.
  • Les jumeaux d’Ewa sont nés le mois dernier.

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE SUJET

L’accord du participe passé avec l’auxiliaire AVOIR

  1. On n’accorde JAMAIS le participe passé avec le sujet si l’auxiliaire est avoir.
  2. On commence par repérer le complément d’object direct (COD). Pour celles et ceux qui ne sont pas très sûr·e·s, on part du verbe et on pose la question quoi ? ou qui ? Par exemple :
  • Je mange une pomme : je mange quoi ? une pomme – une pomme est donc le COD du verbe manger.
  • J’ai vu Julie hier : j’ai vu qui ? Julie – Julie est le COD du verbe voir.

Le COD est toujours lié au verbe, et il est lié directement au verbe, sans préposition, c’est-à-dire sans à, de, par, etc. Il complémente le verbe.

Si le COD est placé après le verbe dans la phrase :

  • Elle a mangé tous les bonbons.
  • Elles ont regardé des films toute la nuit.
  • Il a sorti les poubelles.
  • Ils ont lu des livres.

→ ON N’ACCORDE PAS LE PARTICIPE PASSÉ

Si le COD est placé avant le verbe dans la phrase :

  • Les bonbons, elles les a tous mangés. (elles ont mangé quoi ? les bonbons – les = pronom COD qui remplace les bonbons : placé avant le verbe)
  • Les poubelles, il les a sorties. (il a sorti quoi ? les poubelles – les = pronom COD qui remplace les poubelles : placé avant le verbe)
  • J’ai regardé l’émission que tu m’avais recommandée. (j’ai regardé quoi ? l’émission – que = pronom relatif qui remplace l’émission : placé avant le verbe)

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE COD

DIFFICULTÉS

  1. Attention à ne pas confondre les pronoms COD et COI (me, te, nous, vous) : Il nous a appelés (nous = COD : il a appelé qui ? – construction directe) VS Il nous a téléphoné (nous = COI : il a téléphoné à qui ? – construction indirecte)
  2. Pas d’accord si le pronom COD est EN : Des films, j’en ai regardé toute la nuit. Des pommes, j’en ai mangé toute la semaine. Des livres, j’en ai lu beaucoup.
  3. Pas d’accord si on a un verbe impersonnel : Quelle chaleur il a fait cet été !
  4. Pas d’accord avec les structures FAIRE + infinitif et LAISSER + infinitif : Ma voiture était cassée alors je l’ai fait réparer. Mes chaussures ? Je les ai laissé sécher dehors.
  5. Probablement la difficulté la plus difficile à saisir : quand on a les verbes VOIR, REGARDER, ENTENDRE, ECOUTER, SENTIR, ENVOYER + INFINITIF, le participe passé s’accorde avec le COD quand celui-ci est également le sujet de l’infinitif. Vous vous dites, hein ??? Pas de panique, moi aussi je me le dis souvent et c’est probablement la règle que j’ai le plus de mal à retenir et pour laquelle il faut que je me concentre le plus. Je reviens toujours aux exemples que j’avais appris il y a très longtemps :
  • L’actrice que j’ai vue jouer était géniale. (actrice = sujet de jouer et COD de voir : on accorde)
  • La pièce que j’ai vu jouer était de Molière. (la pièce = COD de jouer. Le sujet de jouer est sous-entendu = les acteurs)

Pour la première phrase, on se demande : j’ai vu quoi/qui ? l’actrice. Est-ce que c’est elle qui chantait ? Oui. = on accorde.

Pour la deuxième phrase, c’est plus ambigu. On se demande : j’ai vu quoi/qui ? On peut répondre la pièce. Mais est-ce que la pièce jouait ? Non. On n’accorde pas.

Comme cela commence à faire long, je garde l’accord du participe passé avec les verbes pronominaux pour la semaine prochaine !

Rectification orthographique : ajout d’un accent sur le E

Parlons aujourd’hui de la règle F3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous apprend qu’un accent a été ajouté dans quelques mots où il avait été omis ou dont la prononciation a changé.

Pourquoi écrire assener, alors que l’on prononce asséner, refréner alors que l’on prononce réfréner ou gelinotte alors que l’on prononce gélinotte ?

Le e devient donc é si l’on prononce é et peut aussi devenir è si l’on prononce è.

Cette règle a clarifié quelque chose d’important pour moi. J’adore les magasins où l’on peut acheter des cahiers, des crayons, des classeurs, des gommes, des agendas, etc. Vous voyez de quel magasin je parle sans aucun doute. Vous savez comment il s’appelle ? J’ai toujours eu des doutes sur comment l’écrire. Car je l’ai souvent vu orthographié papeterie, alors que je l’ai toujours prononcé papèterie ! Je l’ai aussi très souvent vu mal orthographié en anglais, mais c’est un autre sujet.

La règle F3 explique que certains mots ont deux prononciations acceptées. On peut apparemment dire gangreneux ou grangréneux, receleur ou recéleur, et selon notre prononciation, on mettra un accent aigu sur le e ou non. Pareil pour certains mots tels que papeterie ou papèterie, louveterie ou louvèterie, etc. On mettra un accent grave sur le e selon notre prononciation. La règle parle aussi spécifiquement du mot féerique, que j’ai longtemps écrit féérique, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je me trompais, mais en fait, je ne me trompais pas ! Je dis féérique, je peux donc écrire féérique. Les deux orthographes sont possibles.

Cette règle n’est pas évidente si le français n’est pas votre langue maternelle je suppose. Mais je dirais que la tendance est plutôt de mettre l’accent quand deux prononciations sont possibles car la plupart des gens, me semble-t-il, prononcent ces mots avec le son é ou è. Tous les mots que j’ai cités ici avec deux prononciations possibles, je les prononce avec l’accent et j’ai l’impressions que je les entends toujours avec l’accent aussi.

Criminal – France

Mini-série de trois épisodes, elle se passe dans le huis clos d’une salle d’interrogatoire. Dans chaque épisode, une nouvelle personne est accusée. Dans le premier, une jeune femme disant avoir été au Bataclan lors des attentats du 13 novembre est accusée de mentir. Dans le second, une femme chef d’entreprise est accusée d’avoir tenté de tuer un ouvrier rebelle. Et dans le troisième, un homme est accusé d’un crime haineux à caractère homophobe.

J’ai bien aimé la série, mais je ne l’ai pas adorée. Les trois acteurs qui jouent le rôle des accusés sont des acteurs connus et je les ai trouvés plutôt très bons, mais j’ai trouvé certains personnages de la police un peu agaçants. J’ai souvent l’impression que les acteurs français surjouent et que les dialogues manquent de naturel. Ou c’est peut-être que je n’ai aucune idée de comment se passent les choses dans un tel milieu…

Mais si vous aimez bien les histoires de flic et de justice, cette série se regarde bien et les sous-titres français sont bien faits. Il y a peu de différences avec ce que disent les acteurs.

La liberté de la presse en France

C’est un sujet que je traite régulièrement en cours, avec les étudiant·e·s qui s’y intéressent. Je dois avouer que jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, je ne me posais pas trop de questions à ce sujet. J’ai toujours pris avec des pincettes ce que les médias disaient, consciente que leur liberté était relative et que le profit était souvent la motivation première (même si je ne comprends toujours pas vraiment comment les groupes de presse gagnent autant d’argent). J’ai toujours pensé que la subjectivité des journalistes était un leurre et qu’il était impossible d’être objectif. On a tous une histoire, on a tous des opinions basées sur notre histoire et notre expérience personnelles, et je doute qu’avoir un diplôme de journaliste immunise contre la subjectivité.

Mais ce n’est qu’assez récemment que j’ai commencé à me poser beaucoup plus de questions à ce sujet. Avec la présidence de Trump et le mouvement Me too, j’ai commencé à m’intéresser beaucoup plus à l’actualité. J’ai longtemps cru que je ne verrais pas de changements importants de mon vivant, que le monde continuerait à être le même, un monde d’hommes, un monde rempli d’inégalités et de discriminations. Puis Me too a commencé et je suis devenue beaucoup moins pessimiste. Je ne vais pas dire que je suis super optimiste, mais je crois qu’il est possible que je voie de véritables changements un jour.

Je me suis mise à regarder beaucoup de documentaires. Souvent recommandés par mes élèves d’ailleurs. Le weekend dernier, j’ai regardé un documentaire sur Netflix intitulé Nobody speak : Trials of the free press. Je ne connaissais aucune des histoires traitées dans le documentaire. Je savais qui était Hulk Hogan, mais je n’avais jamais entendu parler de Gawker, je connaissais le visage de Sheldon Adelson, mais je n’avais aucune idée de qui il était. Je déteste la presse people et la presse à scandale. Mais je déteste encore plus le fait qu’un milliardaire puisse acheter la justice. Ou un journal. Ou un groupe de médias. Si vous n’avez pas vu ce documentaire, je vous le recommande vivement. J’ai aussi commencé à regarder Dirty Money, et l’épisode intitulé Cartel Bank fait vraiment froid dans le dos.

Le visionnage de ce programme m’a donné envie de vérifier qui étaient les médias libres en France. Je savais déjà que la France n’était pas très bien placée dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières, et que beaucoup de médias français appartenaient à de grands propriétaires ou à l’Etat français, mais j’ai été choquée de voir l’étendue du phénomène !

Vous pouvez jeter un œil à ce site qui présente une infographie très informative sur les relations de propriété entre les médias français et leurs principaux actionnaires. C’est tout simplement hallucinant !

Je ne connais pas tous les noms, mais certains me sont familiers. On a des milliardaires, des millionnaires, des banques, des noms associés à l’affaire des Panama papers, des qui ont eu affaire à la justice pour des affaires de fraude, ou même de proxénétisme, et qui ont été condamnés pour corruption, des qui font dans le commerce des armes, etc. Evidemment, nous avons en très grande majorité des hommes blancs, vieux, copains comme cochons avec les politiques. Si ce sont ces personnes qui contrôlent les médias français, qui peut croire une minute à la liberté de la presse française ?

Quelle blague !!!

Seule 5% de la presse française serait indépendante. Vous pouvez trouver une liste de médias indépendants ici. Bien sûr, certains ont une orientation politique marquée. La liste date de l’an dernier et je ne suis pas sure qu’elle ait été mise à jour récemment, car l’étudiant qui l’a compilée n’a pas l’air d’être très actif sur son blog, mais c’est néanmoins une liste intéressante.

Quand le second degré nous échappe…

J’ai à plusieurs reprises parlé du Gorafi sur ce blog, journal satirique qui m’amuse beaucoup. Je le consulte quand j’en ai marre de lire les actualités déprimantes, c’est-à-dire très régulièrement. Je suis aussi abonnée au compte Instagram du journal.

À l’occasion d’Halloween, ils ont posté un titre très drôle (à mon avis) : Les enfants de chômeurs méritent-ils des bonbons ?

Et cette semaine, ils ont posté ceci :

Si vous avez Instagram, vous savez qu’il s’agit d’un message personnel reçu par le Gorafi, qu’ils ont décidé de partager avec leurs abonnés.

Si vous faites une petite analyse de ce message, vous devriez pouvoir dire si c’est une femme ou un homme qui a écrit. Vous devriez aussi relever une faute de grammaire.

Vous pouvez aussi relever le vocabulaire :

  • tomber par inadvertance
  • être né avec une cuillère en argent dans la bouche

C’est un exemple de comment Instagram peut être utile à votre apprentissage et perfectionnement du français !

Je sais qu’il est très difficile d’étudier avec régularité et assiduité quand on est toujours sollicité·e à droite à gauche, mais Instagram est le format idéal pour les gens débordés ! Les posts ne sont jamais très longs, et s’ils ont plusieurs pages, on peut choisir de se limiter à une seule. Le Gorafi, c’est bien pour rigoler, mais on peut aussi suivre des comptes plus sérieux si l’on préfère (TV5 monde, France 24, RFI, etc.) et si l’on manque de temps pour lire un article entier ou que l’on ne peut pas consacrer beaucoup de temps à l’étude du français un jour, on peut toujours se pencher sur un post Instagram en français et en faire une petite analyse. Bien sûr, il faut choisir un post avec un minimum de texte. Ou avec une vidéo.

Un de mes posts préférés de la semaine : https://www.instagram.com/p/B4c6mQQnQcz/ et toute l’histoire derrière ce post, dont vous pouvez lire et voir un extrait ici, entre autres. L’enquête a été publiée sur Mediapart.

ça VS cela

Je me suis rendu compte que je n’avais jamais écrit de post à ce sujet et pourtant, c’est quelque chose que je répète continuellement à mes étudiant·e·s : on utilise ça à l’oral et cela à l’écrit !

Toutefois, est-ce aussi simple que cela ?

En fait, il y a un peu plus à dire à ce sujet, et nous allons nous pencher là-dessus aujourd’hui.

Quand je corrige des écrits, je vois souvent “ça”. Et je mets toujours une annotation pour signaler qu’à l’écrit on utilise plutôt “cela”, car les codes de l’écrit et de l’oral sont complètements différents en français et que nous sommes beaucoup plus formels à l’écrit qu’à l’oral. Et si vous êtes pressé·e et n’avez pas le temps de lire plus aujourd’hui, vous pouvez vous arrêtez là, et pensez simplement à ne plus employer “ça” dans vos écrits.

Si vous avez le temps, développons un peu plus l’emploi de ces pronoms. On peut utiliser cela à l’oral bien sûr, et parfois, on n’a pas d’autre choix que d’employer ça.

  • Dans certaines expressions, il faut utiliser ça : Ça va ? Comment ça va ? Ça y est. Comme-ci comme-ça. Impossible d’utiliser cela dans ces expressions.
  • Dans d’autres expressions, on ne peut utiliser que cela, car ça est impossible, même à l’oral : cela dit, cela seul suffit.
  • Lorsque l’on fait une opposition avec ceci, on préfère continuer avec cela, à l’oral aussi.
  • Selon la structure d’une question, on pourra employer cela ou ça : Comment cela se fait-il ? Comment ça se fait ? (ça n’est pas possible dans le premier exemple et cela n’est pas possible dans le second)
  • Avec le verbe être, ça et cela deviennent le plus souvent c’c’est compliqué – mais on peut employer cela, en langage soutenu. On peut dire “cela est compliqué“, mais on ne peut pas dire “*ça est compliqué
  • Mais attention, si ça est précédé de “tout”, vous pouvez alors le garder devant le verbe être : tout ça est compliqué.

Il est entendu que ça relève le plus souvent du langage familier et oral mais si vous souhaitez parler de façon plus soutenue, cela n’est pas interdit à l’oral : Je vous appelle demain, si cela vous convient.

Voyons maintenant d’autres utilisations de ça que vous ne connaissez peut-être pas très bien.

Comment comprenez-vous ces phrases ?

  • Les enfants, ça n’est pas très prudent.
  • Les enfants, cela n’est pas très prudent.

Les deux phrases peuvent vouloir dire la même chose. On s’adresse aux enfants et on leur dit que ce qu’ils font ou s’apprêtent à faire n’est pas très prudent. Mais la première phrase peut être interprétée autrement. En langage familier, “ça” reprend les enfants, et on affirme que les enfants ne sont pas très prudents. On pourrait également dire, “les enfants, c’est pas très prudent” dans le même registre.

Nous pouvons donc utiliser “ça” pour nous référer à des personnes, mais cela reste familier.

  • Les enfants, ça fait trop de bruit ! (= ils font trop de bruit)
  • C’est qui, ça ? (= cette personne)

Employer “ça” pour parler d’une personne peut être assez péjoratif.

  • Ça n’a que 15 ans et ça fume déjà comme un pompier !
  • Ça veut devenir millionnaire mais ça veut pas travailler dur !

On peut aussi utiliser “ça” à l’oral à la place du “il” impersonnel : ça a plu toute la journée hier. (= il a plu) C’est quelque chose que j’avais remarqué quand j’avais déménagé en Haute-Savoie. Les gens de là-bas utilisaient beaucoup “ça” pour parler de la météo : ça pleut, ça neige, ça fait soleil, ça fait beau, etc. Je trouvais cela très bizarre au début, puis je m’y suis habituée.

Un dernier point dont je voudrais parler : ç’

Je dois dire que je ne l’utilise jamais moi-même, mais il existe. Il n’est pas obligatoire, mais devant le verbe avoir et les auxiliaires être et aller, ça peut devenir ç’, tout comme cela peut devenir c’ devant le verbe être ou en par exemple.

  • Ç’a l’air sympa ce film. (= ça a)
  • Ç’aurait été difficile de faire autrement. (= ça aurait)
  • Si ç’avait été facile, tout le monde aurait réussi.
  • Ç’allait pas marcher de toutes façons.

Si vous écrivez de façon informelle, “ça” est tout à fait acceptable. Je l’utilise moi-même régulièrement et je le vois beaucoup dans des articles au ton détendu. Cependant, si vous écrivez une lettre formelle ou que vous écrivez pour le DELF ou le DALF, évitez d’utiliser ça et préférez cela !

Liaison obligatoire : entre un adjectif interrogatif ou exclamatif et un nom ou adjectif

Nous parlons ici de quels et quelles, bien sûr, car quel et quelle ne vont pas donner lieu à des liaisons, mais à des enchainements (où l’on enchaine les mots sans ajouter de son)

J’entends assez régulièrement les étudiant·e·s oublier de faire la liaison à la forme interrogative, et je crois que je ne les entends quasi jamais utiliser la forme exclamative.

Pourtant, si le nom ou l’adjectif qui suit quels ou quelles commence par une voyelle, il faut faire la liaison.

Entrainez-vous :

  • Quels ont été les résultats des tests ?
  • De quelles étudiantes parlez-vous ? (si vous ne faites pas la liaison ici, on croit que vous parlez au singulier)
  • Quelles histoires aimiez-vous quand vous étiez enfant ? (pareil)
  • À quels heureux évènements aimez-vous repenser ? (pareil)
  • Quels adorables bambins ! (pareil)
  • Quelles amies vous avez là ! (pareil)

Parties du corps : article défini VS adjectif possessif

Récemment, lors d’un cours, je me suis rendu compte qu’il fallait que je revoie cette règle car s’il est évident pour moi de choisir entre l’article défini et l’adjectif possessif, ce n’est pas toujours évident pour les apprenant·e·s, même les plus avancé·e·s.

En effet, on peut dire je me suis lavé les mains, j’ai lavé mes mains, j’ai mal au genou, mon genou me fait mal, j’ai teint mes cheveux, je me suis teint les cheveux en noir, etc.

Plusieurs choses doivent être prises en considération.

  • Sujet ou objet ?

Si la partie du corps est sujet, on emploie le possessif : mon genou me fait mal, mes yeux sont fatigués, mon nez a pris un coup de soleil… Cependant, souvenez-vous que nous sommes en français et qu’il n’est pas impossible que vous entendiez parfois l’article défini en sujet. Par exemple, si je dis “le genou me fait mal”, il est assez évident que je parle de mon genou, et l’article défini est donc possible. Dans ce cas, les deux sont possibles.

Si la partie du corps est object direct et que la relation de possession est évidente, on utilise l’article défini : j’ai mal à la tête (la mienne), elle a levé la main (la sienne), il a levé les yeux au ciel (les siens)… Il n’y a pas d’ambigüité sur le possesseur.

  • Qui fait l’action sur la partie du corps ?

Que vous fassiez l’action sur votre propre corps ou sur celui de quelqu’un d’autre, il faut utiliser l’article défini, mais quand c’est sur quelqu’un d’autre, vous devez également utiliser un pronom COI : je lui ai touché le bras (le sien), elle m’a attrapé la main (la mienne), il lui a écrasé le pied, etc.

Si vous dites : *J’ai touché le bras, on se demande le bras de qui ? *Elle a attrapé la main, la main de qui ? *Il a écrasé le pied, le pied de qui ?

  • Le nom est-il modifié par un adjectif (ou un équivalent) ?

Si le nom est modifié, il faut utiliser l’adjectif possessif : elle se brosse ses longs cheveux pendant 10 minutes tous les matins, il a écorché son dos musclé en faisant du sport (sans adjectif, on dirait plutôt : il s’est écorché le dos).

On utilisera l’article défini avec les adjectifs droit·e et gauche : il s’est écorché le genou gauche, j’ai mal à la main droite.

On pourrait en dire un peu plus à ce sujet et parler de l’article indéfini qui est également parfois adéquat, mais si vous savez cela, vous en savez déjà beaucoup. Une erreur assez fréquente que font les apprenant·e·s, c’est de calquer sur les structures anglaises et d’utiliser le possessif quand on doit plutôt utiliser le défini.