Jain : chanteuse française

J’ai découvert Jain en 2015 avec la chanson Come. Je l’ai aimée immédiatement. Elle chante en anglais, comme beaucoup d’artistes français de cette génération et pour cette raison, mes étudiants ne sont pas toujours intéressés quand je leur en parle. Ils veulent écouter des chanteurs, chanteuses et groupes français qui chantent en français. Ce que je peux comprendre, évidemment !

Cependant, je pense que la musique de Jain vaut la peine d’être écoutée ! J’adore sa voix, les mélodies de ces chansons, les vidéo-clips, et si on veut l’entendre parler français, elle vient de sortir son deuxième album, Souldier, et est actuellement invitée dans plein d’émissions de télé dont les vidéos sont postées sur YouTube.

Si j’ai une baisse d’énergie je mets cette chanson à fond et je repars !

La bise VS le hug

Si vous avez des amis français, vous savez certainement ce qu’est la bise. Et selon d’où vous venez, il est possible que cela ne vous plaise pas du tout.

Il y a quelques mois, j’ai eu une discussion avec une copine au sujet de la bise et du “hug” (qu’on pourrait traduire par une accolade). Nous étions toutes les deux en Espagne, elle anglaise et moi française. J’ai longtemps pensé que les Français étaient le peuple le plus adepte de la bise, mais les Espagnols nous surpassent grandement. En France, je ne fais la bise qu’aux personnes que je connais, voire aux personnes qui me sont présentées par des amis. En Espagne, tout le monde fait la bise à tout le monde et même pour moi, c’était très bizarre. Quand l’employée de l’agence immobilière chargée de nous aider à trouver un logement nous a donné rendez-vous pour la première fois, j’ai tendu la main pour serrer la sienne mais elle l’a ignorée et s’est approchée pour me faire la bise en me disant qu’en Espagne, c’était comme ça qu’on faisait. Une bise de chaque côté du visage. De mon point de vue, c’est un peu envahissant comme comportement parce que je n’aime vraiment pas faire la bise à des inconnus mais on ne me laissait jamais le choix. Ma copine anglaise était, elle, vraiment mal à l’aise avec cette pratique. Elle préfère l’accolade. 

Pour ma part, je suis terriblement mal à l’aise avec le hug. Je n’ai jamais compris comment ça marchait. Je crois que je n’avais même pas conscience de son existence avant de déménager aux Etats-Unis. Bien sûr, je l’avais vu dans les films, mais tout le monde sait que ce qu’on voit dans les films, c’est du cinéma, c’est exagéré, tout le monde s’aime et se prend dans les bras, ce n’est pas la vraie vie ! Il s’est avéré que dans la vraie vie, les gens faisaient ça aussi ! Et personne ne le fait exactement de la même façon ! Combien de temps doit-il durer ? Où faut-il mettre ses mains ? Sa tête ? Son corps ? Quelle distance faut-il respecter entre soi-même et l’autre personne ? Faut-il aussi faire un bisou en même temps ? Faut-il dire quelque chose ? Tellement de questions auxquelles je n’ai toujours pas de réponses 16 ans plus tard ! Je suis toujours tendue quand quelqu’un essaie de me faire un hug et ça me paraît toujours très maladroit. 

Je sais que beaucoup d’étrangers sont mal à l’aise avec la bise quand ils sont en France. Ne serait-ce que parce que les codes de la bise sont différents selon les régions. Combien faut-il en faire ? De quel côté doit-on commencer ? J’ai grandi dans une région où les gens se faisaient 4 bises pour se dire bonjour. Et au revoir ! Je vous laisse imaginer les réunions de famille quand on a une grande famille… Je trouvais ça vraiment ennuyeux quand j’étais enfant et adolescente. Puis j’ai déménagé et n’ai plus jamais eu à faire 4 bises ! J’ai connu des régions où les gens se font 3 bises et je préfère celles où l’on se fait 2 bises. A l’adolescence, par rébellion j’en faisais une seule à mes amis mais en fait, une seule me paraît un peu trop intime. Aujourd’hui, les seules personnes à qui je ne ferais qu’une seule bise sont les enfants (parce que c’est terriblement ennuyeux de faire la bise quand on est enfant, et je ne veux pas leur en imposer plus), et les adultes desquels je suis très proche. 

Je ne dirais pas que faire la bise est une obligation en France, mais si vous y vivez et que vous vous faites des amis, cela serait un peu étrange de ne pas leur faire la bise. Ceci étant dit, s’ils sont vos amis, ils peuvent certainement accepter que vous n’êtes pas à l’aise avec cette pratique et ne pas vous l’imposer. Personnellement, je ne forcerais pas une personne réticente à me faire la bise et je ne serais pas vexée non plus. Je détestais qu’on me force à embrasser les gens pour dire bonjour quand j’étais enfant et je n’ai jamais oublié ce sentiment ! 

En fait, je suis assez partisane du coucou avec la main, à distance ! Tellement plus simple !

Pour un petit exposé  humoristique sur la bise (en anglais, sous-titré en français et plein de gros mots), vous pouvez regarder cette vidéo

10 dictons français

Je viens de parcourir les articles de mon flux d’information de cette semaine et je dois dire que les nouvelles étaient peu réjouissantes, et je n’ai aucune envie de partager un article déprimant. Alors je suis allée sur Topito, et j’ai trouvé ça qui m’a fait sourire et un peu rire aussi. Le ton est humoristique et le registre est familier. Même si vous souhaitez parler un français plus soutenu et faire bonne impression de cette façon, si vous souhaitez atteindre un niveau avancé de français, il est essentiel de comprendre tous les registres de langues et de savoir s’adapter à ses interlocuteurs. Au quotidien, la majorité des Français ne parlent pas comme dans les livres, et je ne sais pas si c’est parce que je vieillis, mais j’ai l’impression qu’ils parlent de plus en plus familièrement (en me basant sur mes amis et les programmes français que je suis via Internet). Parfois, j’ai envie de dire qu’ils parlent de plus en plus mal, mais j’essaie de me raisonner et de me dire que c’est ça une langue, ça évolue à travers le temps et on ne peut pas parler au 21ème siècle comme on parlait au 17ème. De plus, je suis moi-même très capable de parler en insérant beaucoup d’argot et même quelques fautes de langage par-ci par-là. 

Cet article de Topito est très intéressant linguistiquement, à mon avis, car en plus de toutes les formules et du vocabulaire familier, il vous donne 10 dictons français couramment cités. Savez-vous ce qu’ils veulent dire ? : 

  • Il n’y a pas de fumée sans feu
  • A force de crier au loup
  • Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué
  • Après la pluie, le beau temps
  • On n’est jamais mieux que chez soi
  • Abondance de biens ne nuit pas
  • C’est en forgeant qu’on devient forgeron
  • Il n’y a pas de sot métier
  • Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs
  • Pas vu, pas pris

L’auteur s’est servi de ces dictons pour écrire un article humoristique, nous faisant remarquer que les temps avaient changé et que ces proverbes pourraient bénéficier d’une mise à jour pour qu’ils soient plus en adéquation avec le monde moderne. 

N’hésitez pas à rechercher le vocabulaire que vous ne comprenez pas très bien et essayez de noter les formulations que vous n’utilisez jamais ou presque pas pour essayer de les replacer dans vos conversations et vérifier si vous les utilisez bien.

La lettre formelle : les formules de congé

Comme pour les formules de salutations, les formules de congé que l’on retrouve à la fin des lettres formelles françaises diffèrent de celles qu’on utilise en anglais et si vous voulez faire bonne impression, il est important de savoir conclure une lettre. 

Dans un courriel, vous pouvez utiliser Cordialement, suivi de votre signature. Mais dans une lettre formelle, on attend plus que ça ! 

Il y a tout une liste de formules de congé que l’on peut écrire, mais je dis souvent à mes étudiants d’en mémoriser une ou deux et de les utiliser dans chaque lettre qu’ils écrivent pour que cela devienne un automatisme. Je suis moi-même moyennement à l’aise avec ces formules très françaises que je trouve un peu pompeuses, mais si je dois communiquer de façon officielle avec une administration française, par exemple, je les utilise sans me poser de questions. 

Il est évidemment important d’adapter la formule à la situation. On ne conclura pas exactement de la même façon une lettre de motivation, une lettre de réclamation ou une lettre adressée au Maire. 

Pour une lettre de motivation, vous pouvez écrire : Dans l’attente d’une réponse que j’espère positive, je vous prie de recevoir mes sincères / meilleures salutations. 

Pour un courrier administratif :

  • Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations respectueuses.
  • Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués. 

Pour une lettre plus solennelle :

  • Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à ma très haute considération.
  • Veuillez croire, Madame la Maire, à l’assurance de ma considération distinguée.

Toutes ces formules ne sont que des exemples. Il en existe beaucoup d’autres et si vous avez déjà vos habitudes et que vous êtes sûr de vous, ne changez rien ! Il m’est souvent arrivé de lire des formules un peu étranges (confusion entre expression et assurance, par exemple) mais à vrai dire, je ne suis pas certaine que ce soit un véritable problème car j’aurais tendance à penser que peu de gens s’en apercevraient. 

Bien prononcer le A français

Pour les anglophones, le a peut être assez difficile à bien prononcer constamment. En anglais, il est très fréquent de voir un a et de le prononcer /ǝ/. Mais en français, c’est la voyelle la plus ouverte. La bouche doit être bien ouverte, et je pousse les étudiants à l’ouvrir en exagérant pour qu’ils s’habituent à vraiment l’ouvrir. Mais la bonne nouvelle, c’est que c’est probablement la voyelle la plus facile à corriger si on y fait bien attention, si je me base sur les progrès de mes étudiants. Tous ceux qui ont commencé en prononçant des a trop fermés et qui ne sonnaient pas /a/ sont maintenant parfaitement capables de reproduire le son correctement. Il y a parfois des petits oublis, mais le son est là et me paraît assez facile à sortir. Il faut juste se souvenir d’ouvrir la bouche.

Vous pouvez essayer de prononcer ces titres de films (attention aux mots qui ressemblent aux mots anglais – il faut les prononcer à la française !) :

  • Un Américain à Paris
  • Apocalypse now
  • Au hasard Balthazar
  • Le Parrain
  • Fanny et Alexandre
  • Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban
  • La grande évasion
  • L’arnaqueur
  • Casablanca
  • La Strada

De l’argent ou d’argent ?

Très souvent, j’entends des phrases comme celles-ci : 

  • *Je gagne d’argent.
  • *Il faut dépenser d’argent pour faire ça.
  • *J’aimerais avoir d’argent pour voyager plus.

Elles sont toutes incorrectes. Il faut dire : 

  • Je gagne de l’argent.
  • Il faut dépenser de l’argent pour faire ça. 
  • J’aimerais avoir de l’argent pour voyager plus. 

D’argent peut se trouver à la suite des expression de quantité : 

  • Si j’avais beaucoup d’argent, j’achèterais un château. 
  • Elle a assez d’argent pour aller au restaurant toutes les semaines.
  • Il a un peu d’argent dans sa tirelire.

Ou dans les phrases négatives : 

  • Quand on n’a pas d’argent, la vie est plus dure. 
  • Nous n’avons plus d’argent car nous venons d’acheter une maison.
  • Je n’ai jamais d’argent à la fin du mois. 

Les familles de mots

Quand on apprend une langue étrangère, il est important d’enrichir son vocabulaire régulièrement. Mais ce n’est pas toujours facile de retenir tous les nouveaux mots qu’on rencontre, pour un tas de raisons. 

Certains manuels ont des listes de vocabulaire que je trouve très bien faites, mais si on lit une liste et qu’on ne se force pas à utiliser les nouveaux mots très vite et encore et encore, cela va être difficile de les mémoriser. 

Une alternative aux listes de mots : les familles de mots. Pour ma part, je trouve plus facile de retenir un nouveau mot quand je connais déjà un mot de la même famille. Et parfois, ça aide aussi pour l’orthographe. 

On part d’un radical ; prenons le nom terre en exemple. Quels autres mots vous viennent à l’esprit à partir du mot terre ? Ajoutez des préfixes ou des suffixes, ou les deux et vous pouvez obtenir une longue liste : un souterrain, une terrasse, un territoire, enterrer, déterrer, un enterrement, un terrier, une terrine, atterrir, la Méditerranée, un extraterrestre, etc. 

Essayez de faire la même chose à partir des mots dent, chant et camp !

Parfois, c’est un peu moins évident car il y a des variations orthographiques (homme / homicide), et une racine latine peut donner des radicaux différents en français à des mots de la même famille, mais cela reste une façon intéressante d’aborder le vocabulaire, surtout si vous vous intéressez à l’étymologie. 

Un début de conte bien connu

Mes étudiants me demandent souvent de leur recommander des livres (mais me disent aussi souvent qu’ils n’ont pas beaucoup de temps pour lire) et des podcasts (il y a peu de podcasts en français qui me plaisent vraiment dans ceux que je connais et aucun pour les petits niveaux).

J’ai dans l’idée de créer des podcasts à l’avenir, mais comme pour tout, il faut du temps et j’en manque souvent. 

Alors je vais essayer de mettre sur ce blog de temps à autre de courts enregistrements pour que vous pratiquiez votre compréhension orale quelques instants. En voici un, que je n’ai pas écrit moi-même, mais qui est le début d’un conte très célèbre qui a été adapté maintes fois au cinéma et sur scène. Le reconnaîtrez-vous ? : 

version rapide
version lente

C’est un conte du 18ème siècle, écrit par Madame Leprince de Beaumont. Il n’est pas très long et si vous souhaitez lire la transcription et la suite, vous les trouverez ici

Les fables de La Fontaine

Quand j’étais à l’école primaire, on devait régulièrement apprendre des poésies pour ensuite les réciter devant toute la classe. C’était un exercice que j’appréhendais terriblement. Pas parce que je trouvais difficile de les apprendre, mais parce que je détestais que tous les yeux de mes camarades soient fixés sur moi le temps que je récite. Par conséquent, autant j’adorais l’école, autant je détestais les heures dédiées à la poésie. C’est peut-être à ce moment-là que j’ai développé une certaine aversion envers la poésie en fait, et je ne l’ai jamais vraiment surmontée. 

Toutefois, il y avait des poésies que j’adorais apprendre. C’était les fables de Jean de la Fontaine, auteur du 17ème siècle. J’ai appris bien plus tard qu’il avait été inspiré par Ésope et si vous connaissez les fables d’Esope, celles de La Fontaine vous paraîtront familières. 

Je les trouvais faciles à retenir parce que les histoires qu’elles racontaient mettaient en scène, pour la plupart, des animaux anthropomorphes, elles étaient écrites en vers, et elles avaient toutes une morale. Le première que j’avais apprise était le Corbeau et le Renard, et 30 ans plus tard, je suis encore capable de la réciter par cœur. La morale “tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute” m’a très certainement fait comprendre qu’il fallait se méfier des flatteurs, ce que je n’ai jamais oublié ! 

Le Corbeau et le Renard

Pour la cigale et la fourmi, j’avais des sentiments partagés. J’avais de la peine pour la cigale et je trouvais la fourmi vraiment pas sympa, mais je me disais que la cigale aurait pu essayer d’être plus prévoyante et qu’elle s’était mise elle-même dans cette situation. 

La fable du loup et de l’agneau me rendait vraiment triste. Elle me paraissait tellement injuste. Ce pauvre petit agneau n’avait rien fait de mal ! Mais la raison du plus fort est toujours la meilleure

Celle du lion et du rat me plaisait beaucoup. Il faut autant qu’on peut obliger tout le monde, on a souvent besoin d’un plus petit que soi… C’est aussi à travers cette fable que j’avais appris le mot “rets“, qui veut dire filet (pas le bout de viande, un filet pour attraper les animaux, par exemple.) 

En plus des leçons de morale,  j’ai appris beaucoup de vocabulaire à travers les fables de la Fontaine. Elles sont facilement trouvables en ligne, et sont réunies dans un livre téléchargeable ici. Elles sont courtes, pleines de vocabulaire intéressant et pleines de passé simple aussi. 

La France serait le bonnet d’âne des langues étrangères

D’après un article paru dans Ouest France cette semaine, la France a des progrès à faire du côté de l’apprentissage des langues étrangères en Europe. Ce qui ne m’étonne guère. 

Je dis toujours à mes étudiants qu’il est important de lire la presse francophone régulièrement pour enrichir son vocabulaire et développer une meilleure compréhension de la culture. C’est aussi très utile pour observer les structures grammaticales et les figures de style. Tous les articles qu’on peut trouver dans la presse ne sont pas extraordinairement bien écrits, mais il y en a énormément qui sont assez bien, voire très bien écrits. 

Dans cet article, on peut relever du vocabulaire intéressant. Le connaissez-vous ? : 

  • dispenser (des cours)
  • bonnet d’âne
  • l’Hexagone
  • piètre
  • au plus haut sommet de l’Etat
  • le corps enseignant
  • infaisable
  • nos voisins nordiques
  • les tout-petits
  • un dessin animé
  • la VO
  • mettre en garde

Vous pouvez aussi remarquer les verbes déclaratifs utilisés dans l’article, qui sont des alternatives au verbe dire : réaffirmer, indiquer, supposer, estimer.

Finalement, vous pouvez relever le nom du ministre français de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et le nom de certains médias français (le journal Le Figaro, la radio RMC et la chaîne de télévision BFMTV).