DALF : parler d'Internet et de nouvelles technologies

Si vous étudiez pour le DALF, vous savez qu’il vous faut être capable de parler de tout et qu’il faut que vous soyez capable d’en parler en long en large et en travers avec aisance, fluidité, du vocabulaire varié et des structures grammaticales élaborées.

Vous devez parler autrement que quand vous discutez avec vos ami·e·s.

Pour bien vous préparer, il est important que vous lisiez régulièrement et écoutiez la radio ou des podcasts sur des sujets variés. Tout ceci de façon active, bien évidemment.

Sur le thème des nouvelles technologies et d’Internet, vous pouvez trouver des articles sur Slate, le journal du geek, Business Insider, entre autres et écouter des podcasts tels que Le rendez-vous tech (épisodes de 90 minutes), ou Studio 404 (qui n’est plus actif mais dont les 7 saisons sont disponibles à l’écoute).

Quand vous n’avez pas beaucoup de temps, rien de vous oblige à écouter les podcasts en entier ni à analyser les articles dans les moindres détails, mais si vous vous concentrez sur ce sujet pendant quelque temps, et faites un minimum d’analyse, vous remarquerez que le même vocabulaire revient tout le temps, vous vous familiariserez avec les tournures françaises et les problématiques françaises.

Parfois, les étudiant·e·s sont un peu déconcerté·e·s par les problématiques proposées au DALF car ce ne sont pas toujours des sujets auxquels ils et elles avaient beaucoup réfléchi auparavant, et aussi parfois parce que l’approche française est bien différente de celles d’autres pays. Alors plus vous vous familiariserez avec la culture française et la façon qu’ont les Français d’aborder certains thèmes, plus les documents que vous lirez auront du sens et plus vous développerez votre vocabulaire pour en parler !

Ce vocabulaire fait-il partie de votre vocabulaire actif ? :

  • le numérique
  • à l’ère du tout numérique
  • la reconnaissance faciale
  • la protection des données personnelles
  • traiter l’information
  • le ciblage publicitaire
  • les dérives d’Internet
  • les GAFAM
  • l’empreinte numérique
  • la toile

Et quels arguments apporteriez-vous à ces problématiques ? :

  • L’utilisation des réseaux sociaux par les politiques est-elle une bonne chose ?
  • Les élèves de primaire devraient-ils tous avoir une tablette ?
  • Internet doit-il rester gratuit ?
  • La vie était-elle plus simple avant Internet ?
  • Au 21e siècle, est-il nécessaire d’être sur les réseaux sociaux ?

Liaison facultative : nom pluriel + adjectif

Si la liaison entre un nom au singulier et l’adjectif qui le suit est interdite (voir ce post si vous avez des doutes), celle entre un nom au pluriel et l’adjectif qui le suit est facultative. En d’autres termes, libre à vous de la faire ou non !

Dans les phrases suivantes, vous pouvez décider de faire la liaison ou de ne pas la faire :

  • Je n’aime pas les biscuits américains.
  • Ce sont des personnes aimables.
  • Vous avez des enfants adorables.
  • Je vais bientôt rendre visite à mes amis indiens.
  • J’aime les chaussures élégantes.

En général, on dit que plus il y a de liaisons, plus le style est soutenu, et vice versa. Pour les phrases ci-dessus, personnellement, j’aurais tendance à ne pas faire la liaison, à part peut-être pour la deuxième. Je ferais peut-être plus facilement la liaison dans un contexte plus sérieux et formel, mais au quotidien, je ne fais pas ces liaisons.

La négation avec AUCUN

AUCUN est un déterminant indéfini qui exprime la négation absolue. Comme “none” en anglais. Mais si en anglais, il fonctionne tout seul, en français il a besoin d’être accompagné par NE.

Si vous oubliez le NE à l’oral, ce n’est pas très grave car les Français le font tout le temps et c’est tout a fait accepté de zapper le NE quand on parle. Par contre, je corrige régulièrement des phrases avec AUCUN dans les écrits de mes élèves, car il manque le NE.

  • Je n’ai regardé aucun film cette semaine.
  • Je n’ai aucune envie d’aller à cette soirée.
  • Aucuns frais n’ont été perçus pour ce service.
  • Elle n’a pris aucunes vacances cette année.

Si AUCUN, AUCUNE s’utilisent en général au singulier, il est possible de les trouver au pluriel lorsqu’ils déterminent des noms qui sont habituellement au pluriel (tels que frais et vacances dans les exemples).

Souvenez-vous donc qu’aucun fonctionne de paire avec ne. Par contre, n’essayez pas d’y ajouter un pas, la combinaison est impossible !

Rectification orthographique : bilan et recommandations générales

Depuis quelques mois, j’essaie d’expliquer les règles de la réforme de l’orthographe française qui a eu lieu en 1990 et qui n’est toujours pas vraiment appliquée en France. Les Français détestent les réformes et c’en est un exemple frappant.

J’ai utilisé le Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, pour être sure d’être aussi précise que possible et de ne rien oublier. Nous avons vu les règles A1 à F4. Si ce n’est pas évident pour vous, sachez que ce n’est pas toujours évident pour moi non plus. J’ai écrit d’une certaine façon pendant des années et je veux absolument utiliser la nouvelle orthographe, mais j’ai encore souvent des doutes et je consulte le vadémécum presque quotidiennement. Il confirme mes doutes pratiquement à chaque fois et je suis de plus en plus à l’aise avec toutes ces règles.

Mais il est bon de les revoir régulièrement. On n’apprend pas une règle en la lisant une seule fois.

Dans les semaines à suivre, je vais continuer à parler des règles de la nouvelle orthographe en y apportant des précisions. Le vadémécum comporte une section G en 24 points, qui précisent les recommandations générales.

Les recommandations générales sont les suivantes :

  • Lorsque plusieurs orthographes sont possibles, on choisit la plus simple ou la plus française : celle sans accent circonflexe, celle francisée, celle soudée, celle avec le n simple, celle avec le pluriel régulier, etc.
  • On francise certains mots : les terminaisons anglaises en –er deviennent -eur, par exemple.
  • Les néologismes s’écrivent de préférence avec un n simple : les nouveaux mots dérivés de -an et de -on, par exemple, ne prendront pas 2 n mais un seul.

Plus de précisions et rappel des règles dans les semaines à venir !

Série : Ad vitam

J’ai entendu parler de cette série pour la première fois cette semaine, car une de mes chères étudiantes m’en a parlé. Elle est sur Netflix, mais pas sur mon Netflix. Cela ne m’a pas empêchée de la regarder, grâce au pouvoir du VPN. 🙂

J’avais prévu de regarder le premier épisode, juste pour voir. Et j’ai regardé les 5 premiers épisodes d’une traite, malgré le fait que j’avais besoin de réviser pour mon examen de japonais.

J’étais trop fatiguée pour faire du japonais mais je n’ai pas besoin que mon cerveau soit parfaitement fonctionnel pour regarder des séries. Et j’aime ce genre de science-fiction. J’adore les dystopies. Et je n’ai aucun problème à faire abstraction des incohérences du scénario, typiques aux séries françaises.

Le personnage principal est un policier de 119 ans. On est loin dans le futur. La mort n’existe plus pour ceux qui choisissent de ne pas mourir. On n’est plus obligé de vieillir. On est mineur jusqu’à 30 ans. Les jeunes ne sont pas super heureux et se suicident en masse.

Il me reste un épisode à regarder alors je ne sais pas encore vraiment où tout ça va nous mener, mais ça me plait.

Si vous aimez les dystopies et pratiquer votre compréhension orale, essayez-la !

BD : S’enfuir – récit d’un otage

Cette BD (bande dessinée) m’a été recommandée par une de mes étudiantes il y a quelques mois, et un soir de cette semaine, j’avais envie de lire, mais je ne voulais pas me plonger dans un des livres sérieux que je suis en train de lire car j’étais trop fatiguée et j’avais peur de ne pas réussir à me concentrer. Je me suis donc dit qu’une BD serait une lecture idéale.

Je l’ai téléchargée et environ une heure et un peu plus de 400 pages plus tard, je l’avais terminée. En fait, je ne suis pas sure de combien de temps il m’a fallu pour terminer la lecture. Il y avait des pages avec très peu de bulles et je n’ai pas regardé l’heure à laquelle j’ai commencé. Il était trop tard et il était toujours trop tard quand j’ai terminé.

L’auteur québécois Guy Delisle a dessiné et raconté l’histoire de Christophe André, employé d’une ONG dans le Caucase dans les années 1990 et kidnappé par des hommes qui l’ont détenu pendant plusieurs mois, menotté à un radiateur.

Il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire, mais je ne pouvais pas m’arrêter de tourner les pages. On peut lire les pensées de l’otage, on ressent son angoisse, ses doutes, sa peur, et je pense qu’on s’identifie forcément. Je n’arrêtais pas de me demander si je réagirais pareil ou autrement dans une telle situation. Si les femmes otages sont traitées de la même façon. Et je n’arrêtais pas de penser à quel point ces jours, ces semaines, ces mois étaient d’un ennui mortel. Comment n’est-il pas devenu fou ? J’ai l’impression qu’à sa place, je serais devenue folle.

Je ne connaissais pas cet auteur mais il a aussi écrit des BD autobiographiques qui ont reçu des critiques très favorables , dont Chroniques de Jérusalem et Chroniques birmanes, ou encore Pyongyang. S’enfuir m’a donné envie de découvrir plus de ses œuvres.

Le conditionnel pour exprimer la probabilité

Je cours un peu après le temps cette semaine après avoir été malade en fin de semaine dernière et j’ai failli ne rien écrire aujourd’hui, mais j’ai pensé à un petit point de grammaire qui a laissé plusieurs de mes élèves perplexes récemment et comme c’était des élèves de niveau avancé, je me suis rendu compte que ce n’était probablement pas aussi évident que je l’imaginais.

Si vous lisez la presse française, il est probable que vous tombiez sur des phrases de ce genre :

  • L’homme aurait tué sa femme avec une arme à feu.
  • Le jeune homme a porté plainte. Les policiers l’auraient violemment agressé lors d’un contrôle d’identité alors qu’il n’avait pas résisté.
  • Trop de temps passé devant les écrans provoquerait une diminution de la vue.
  • Selon Edward Snowden, on serait espionnés en continu par Google et Amazon.
  • Le championnat devrait se terminer par une victoire des Espagnols.

On m’a demandé plusieurs fois ces derniers temps pourquoi les verbes étaient au conditionnel dans des phrases semblables.

Dans ces phrases, le conditionnel sert à exprimer la probabilité, à faire des suppositions.

Vous ne pouvez pas les traduire par “would” en anglais. La première phrase ne veut pas dire “the man would have killed his wife with a firearm“. Elle signifie “the man allegedly killed his wife with a firearm“. On suppose qu’il l’a tuée, il est très probable qu’il l’a tuée, plusieurs personnes affirment qu’il l’a tuée, mais on utilise le conditionnel par prudence car il n’a pas encore été reconnu officiellement coupable et qu’on n’est pas sûr·e à 100%, et probablement pour des raisons légales aussi.

Allegedly” peut être utilisé dans la traduction de ces phrases. Pour la dernière, “should” suffit.

Liaison entre le verbe et son complément

Normalement, on ne fait pas la liaison entre un verbe et son complément. J’entends parfois mes étudiant·e·s la faire et j’ai décidé de réviser un peu cette règle car j’avais des doutes. J’ai tendance à ne jamais la faire, mais apparemment, si elle est généralement interdite, elle est aussi facultative avec certains verbes. D’après certaines sources, elle serait même seulement interdite après un verbe conjugué à la deuxième personne du singulier (tu).

Mais prenons par exemple cette phrase très simple :

  • Il sort avec moi ce soir.

Si je fais la liaison, on va entendre : ils sortent avec moi ce soir.

Je serais donc d’avis à ne pas faire la liaison.

Elle serait facultative après certains verbes, tels que être, aller, avoir, devoir, vouloir, pouvoir, falloir, etc. C’est-à-dire que les phrases suivantes peuvent être prononcées avec ou sans liaison :

  • Nous sommes en sueur d’avoir trop couru.
  • Tu veux un dessert ?
  • Il faut accepter la critique si elle est constructive.
  • On doit étudier longtemps pour devenir médecin.

Faites donc comme bon vous semble ! Moi, je continuerai à ne pas la faire !

Se séparer et divorcer

Ces deux verbes veulent dire plus ou moins la même chose, mais ils ne fonctionnent pas pareil et cela semble poser problème aux apprenant·e·s. L’erreur que j’entends le plus souvent, c’est le verbe divorcer à la forme pronominale. Mais divorcer n’est jamais pronominal ! En tout cas, il ne l’est plus, même s’il l’a été par le passé, il y a bien longtemps.

Il ne peut pas non plus être utilisé comme en anglais. En anglais, you divorce someone. En français, on ne peut pas *divorcer quelqu’un. Mais nous avons plusieurs constructions possibles :

  • Elle est divorcée depuis l’année dernière.
  • Elle a divorcé en 2018.
  • Elle a divorcé avec son mari.
  • Elle a divorcé d’avec son mari.
  • Elle a divorcé de son mari.

On peut donc employer divorcer sans complément ou avec un complément introduit par avec, d’avec ou de.

Si l’on voulait dire la même chose avec le verbe (se) séparer, on pourrait dire :

  • Elle est séparée depuis l’année dernière.
  • Elle s’est séparée en 2018. (un peu étrange sans complément, quand je réfléchis trop, mais on le dit, sans aucun doute)
  • Elle s’est séparée de son mari.
  • Ils se sont séparés.

On ne devrait pas vraiment dire qu’*elle s’est séparée avec son mari, même si je suis certaine de l’avoir déjà entendu dans la bouche de Français, et je suis également certaine d’avoir entendu à maintes reprises : elle s’est séparée d’avec son mari, qui est considéré moins élégant que la tournure sans avec mais qui est accepté.