Film : Comment je suis devenu super-héros

J’avais besoin d’un break hier soir et j’ai regardé ce film, malgré la note pas très élevée sur imdb.com. J’aime les films de super-héros en général, j’aime l’acteur principal, et ça faisait un petit moment que je n’avais pas regardé de film français.

Eh bien, je n’ai pas regretté d’avoir regardé celui-ci !

C’était moins spectaculaire que les films de super-héros américains et mon mari m’a fait la remarque que ça lui rappelait un peu le film Project Power, que j’avais bien aimé mais un peu oublié, alors ça ne m’a pas dérangé. Mais après avoir regardé la bande-annonce, je me souviens de ce film maintenant, et en effet, les similarités sont indéniables.

Ceci étant dit, c’est un bon film pour pratiquer votre français. J’ai pris plein de notes ! Vous entendrez beaucoup d’expressions que vous n’avez peut-être pas l’habitude d’entendre. J’ai dû le regarder avec les sous-titres en anglais pour mon mari, alors je ne sais pas ce que valent les sous-titres en français, mais si vous mettez des sous-titres, mettez-les en français !! Et si vous avez aimé Project Power, celui-ci devrait vous plaire aussi !

Voici la bande-annonce. Je ne l’avais pas vue avant. Je viens tout juste de la regarder, et à mon avis, c’est mieux de regarder le film sans la regarder avant. Vous aurez plus de surprises comme ça car ils montrent trop de choses dans cette bande-annonce !

Documentaire : #salepute

Si vous êtes mon élève ou me suivez sur Instagram, je vous ai déjà parlé de ce documentaire. Si vous n’en avez pas entendu parler, je vous le recommande vivement.

C’est un documentaire réalisé par deux journalistes belges, Florence Hainaut et Myriam Leroy, dans lequel elles et de nombreuses femmes dénoncent le cyberharcèlement dont elles ont été et/ou sont encore aujourd’hui victimes.

J’ai décidé de le regarder après avoir écouté l’épisode du podcast Mansplaining du 9 juin, intitulé Le cyberharcèlement misogyne, outil d’éradication des femmes, dans lequel les deux journalistes étaient interviewées. Juste après avoir fini le podcast, j’ai fait une recherche pour voir s’il était disponible sans VPN. Il l’était. Sur Arte TV. J’ai commencé à le regarder un jeudi matin, et j’ai été absorbée immédiatement. J’ai dû le mettre en pause 2 fois pour reprendre mon souffle. J’ai pleuré en écoutant certains témoignages. De peine pour ces femmes et de rage contre ces hommes et ce système qui les autorisent à terroriser les femmes en toute impunité.

C’est la première fois que je vois ce sujet traité ainsi en français. Jusqu’ici, le seul endroit où j’en avais entendu parler en français, c’était sur Instagram. Si vous connaissez le travail de Laura Bates ou de Clementine Ford, entre autres, ce phénomène ne vous est pas étranger. Si vous êtes une femme, vous ne vous faites probablement pas d’illusion sur le monde dans lequel on vit. Vous savez. On le sait toutes. Ce monde est hostile pour les femmes. Et encore plus pour les femmes qui s’expriment publiquement. Qui “osent” avoir des opinions.

Plusieurs de mes étudiantes l’ont regardé et elles m’ont toutes dit que cela avait été extrêmement difficile à visionner. Alors soyez prévenu.e. Si vous décidez de le regarder, c’est violent. De tellement de façons. Mais c’est tellement important qu’on en parle, car trop de gens ignorent ce qui se passe vraiment autour d’eux.

Pour la version sous-titrée en français, c’est et pour la version sous-titrée en anglais, c’est .

Regardez ce documentaire et parlez-en autour de vous. Prenez conscience que ce qui se passe en ligne, c’est la vraie vie. Révoltez-vous contre le manque d’action des autorités et de la justice pour défendre les femmes. Internet est encore très nouveau. On va attendre combien de temps pour prendre cette nouvelle forme de violence contre les femmes au sérieux ?

Dans une façon ou d’une façon ?

Lequel est correct ?

Ce qui est sûr, c’est que j’entends et lis très souvent “*dans une façon amusante“, “*dans une façon rapide“, “*dans une façon négative“, etc. Je pense que c’est dû au fait que les étudiants copient la structure anglaise in a way et la traduisent littéralement : in = dans, a = une, way = façon

Dans un petit quiz que j’ai proposé sur Instagram hier, deux tiers des personnes se sont trompées. La majorité des participant.e.s ont pensé que “*c’est la façon dans laquelle je vois le monde” était la phrase correcte (parmi 4 propositions).

Et pourtant, on ne peut pas dire *dans une façon… Il faut dire d’une façon…, d’une manière…

Quelques exemples : 

  • Elle m’a parlé d’une façon un peu sèche ce matin.
  • Il danse d’une manière assez spéciale.
  • Ce texte n’est pas écrit d’une façon claire
  • Ils ont rigolé d’une façon stupide
  • D’une certaine façon, elle a réussi son examen. 
  • Il a menti d’une façon éhontée.

Par conséquent, vous ne devriez pas dire : *Je n’aime pas la façon dans laquelle il me parle. Dites : Je n’aime pas la façon dont il me parle. Et : c’est la façon dont je vois le monde.

On peut aussi penser à utiliser des adverbes. Ils permettent d’alléger le style. 

  • Elle m’a parlé sèchement. 
  • Ce texte n’est pas écrit clairement.
  • Ils ont rigolé stupidement.
  • Il a menti impudemment. (plus utilisé qu’éhontément)

Film : Oxygen

Ça faisait longtemps que j’avais regardé un film français. Ou un film de fiction en général en fait. Mais ce weekend, je souffrais des effets du manque de caféine, dû au fait que j’ai arrêté de boire du coca cola zéro d’un coup la semaine dernière, et je ne pouvais pas faire grand-chose d’autre que d’être affalée dans le canapé.

J’ai essayé de regarder une série thaïe, mais c’était trop douloureux de lire les sous-titres, alors je me suis tout d’abord rabattue sur Friends, que je n’ai même pas besoin de regarder car je connais tous les épisodes par cœur et je peux me contenter d’écouter, et quand j’en ai eu assez, j’ai cherché autre chose.

Et je suis tombée sur ce nouveau film : Oxygen. Au vu du titre, je n’aurais pas pensé que c’était un film français, mais j’ai reconnu l’actrice, Mélanie Laurent, alors j’ai cliqué.

Je ne sais pas si j’aurais fait ce choix si je n’avais pas eu de migraine, mais je l’ai regardé en entier et j’ai bien aimé. Là aussi, je ne sais pas si la migraine a influencé mon ressenti. Je me souviens d’être allée voir Gravity au cinéma à Londres et de m’être bien ennuyée (pour rester polie), alors que je suis en général bon public, surtout si George Clooney est à l’écran.

Oxygen est un film de science-fiction qui se passe dans un caisson de cryogénisation. Mélanie Laurent est la seule actrice, même si on voit et entend d’autres personnes par moments. Elle se réveille dans son caisson, ne sachant plus qui elle est, ni ce qu’elle fait dans cette boite. Son niveau d’oxygène est à 33% au début du film et j’ai stressé pendant 100 minutes, me demandant si elle allait s’en sortir.

Je ne vais pas spoiler la fin (ou divulgâcher, si l’on veut utiliser un mot français que pratiquement personne n’emploie en France, mais qui, je crois, est couramment utilisé au Québec), mais j’ai trouvé que le suspense était bon et je n’ai absolument pas vu venir le rebondissement.

Les dialogues ne sont pas très lourds, comme vous pouvez l’imaginer pour un film avec une seule actrice, mais elle parle en continu en fait. Toute seule, mais aussi avec son assistant virtuel et des gens au téléphone.

Être fini VS avoir fini

  • J’ai fini mes devoirs.
  • Je n’ai pas fait mes devoirs. Je suis finie. Ma prof va me tuer.

Très souvent, j’entends mes élèves dire “je suis fini.e”, alors que je sais qu’ils et elles veulent dire “j’ai fini”.

Pourquoi à votre avis ?

C’est tout simplement parce qu’ils et elles traduisent l’anglais “I’m done”, mais tout comme I’m hungry se traduit par j’ai faim ou I’m 40 se traduit par j’ai 40 ans, I’m done se traduit par j’ai fini !

Dans le deuxième exemple ci-dessus, la phrase est un peu dramatique, mais c’est une façon d’utiliser cette expression. Je suis fini.e veut dire qu’on est dans une situation fâcheuse.

Quelques exemples supplémentaires :

  • Son entreprise a fait faillite, il est fini (= il est ruiné)
  • Je viens de courir un marathon, je suis finie (= je n’ai plus d’énergie)
  • Il a trahi le chef des gangsters, il est fini. (= il est mort, il va se faire tuer)

Éventuellement

Voilà un faux ami que je retrouve très souvent. Ce n’est pas la traduction de eventually.

Si je vous dis qu’éventuellement, je viendrai à votre soirée, je ne vous fais pas la promesse d’y venir ! Je vous informe que j’y viendrai peut-être. Cela dépendra des circonstances.

Pour traduire eventually, vous direz finalement !

C’est + adjectif

Les apprenant.e.s ont souvent envie de mettre un adjectif féminin après c’est si ce qu’ils et elles disent se réfèrent à un nom féminin. C’est une erreur que je corrige constamment.

En parlant d’une histoire ou d’une série, entre autres, j’ai souvent entendu : *c’est amusante*c’est intéressante.

Mais, même si l’on parle d’une histoire intéressante, à partir du moment où l’on utilise c’est, il faut utiliser l’adjectif masculin.

ON NE DIT JAMAIS : *c’est bonne, *c’est géniale, *c’est belle

ON DIT : c’est bon (même si l’on parle d’une pizza), c’est génial (même si l’on parle d’une idée), c’est beau (même si l’on parle d’une statue)

Pour l’instant, c’est comme ça. Cela changera peut-être un jour, mais en attendant, essayez de vous rappeler qu’après C’EST, on emploie un adjectif masculin.

Pour que + subjonctif

Pour que est toujours suivi du subjonctif. À cause de l’influence de l’anglais cependant, j’entends souvent des phrases tournées  comme celles-ci :

  • *C’est fait pour les gens comprendre.
  • *J’ai dit ça pour lui réfléchir.
  • *Je viens pour toi ne pas être seule.

Ces trois phrases sont incorrectes et elles correspondent toutes à la structure de l’anglais “for + noun/pronoun + infinitive” traduite littéralement. Mais en français, on ne peut pas structurer les phrases ainsi !

Pour traduire It’s made for people to understand, I said that for him to think about it, I’m coming for you not to be alone, il faut utiliser “pour que + subjonctif”. On aura donc :

  • C’est fait pour que les gens comprennent.
  • J’ai dit ça pour qu’il réfléchisse.
  • Je viens pour que tu ne sois pas seule.

Quarantaine forcée

Je suis actuellement en vacances sur une petite ile dans le golfe de Thaïlande. Il fait beau, il fait chaud, mon hôtel est situé dans une baie très calme, j’ai fait du snorkeling et pour la première fois, j’ai aimé ça, grâce au nouveau masque que j’ai acheté et qui me permet de respirer par le nez. J’ai nagé avec une énorme tortue et avec un requin.

De plus, il y a plusieurs restaurants véganes avec des options sans gluten et c’est comme un rêve pour moi. Tout est moins cher qu’à Bangkok et tout semble plus sain. L’air est pur, et j’ai fait quelques petites balades sympas.

Génial, non ? Le rêve, vous dites-vous peut-être.

petit aperçu

Mais malheureusement, nous devons subir les conséquences des actions d’une connasse qui a apporté le covid avec elle sur l’ile.

Les bars ont rouvert à Bangkok il y a deux semaines. J’étais en ville un samedi soir pour diner avec une amie et j’avais halluciné de voir comment les gens se comportaient. On aurait pu penser qu’il n’y avait pas de pandémie globale. Tout le monde buvait, se soulait, très peu de personnes portaient un masque, les règles de distanciation sociale n’étaient pas du tout respectées. Du grand n’importe quoi. Et à ce moment-là, j’ai flippé. Je me suis dit “pourvu que mes vacances ne soient pas encore annulées !” J’étais sure qu’il allait y avoir de nouveaux cas après ça mais j’espérais que ce serait assez peu pour que les voyages soient permis. Et en effet, on a pu partir avant qu’un cluster soit découvert dans un quartier où se trouvent de nombreux bars et autres endroits à la mode.

Mon mari a fait un cours de plongée de lundi à mercredi. Et ça lui a tellement plu qu’il a décidé de s’inscrire au cours plus avancé pour les deux jours suivants. Mais jeudi matin, alors qu’il était en route vers le club de plongée, on l’a prévenu que c’était annulé. On lui a vaguement dit que c’était à cause d’un cas de covid qui avait été détecté sur l’ile, sans plus de détails.

Puis plus tard, il a reçu un message avec plus d’informations. Cette personne infectée était sur le même bateau que mon mari et de nombreuses autres personnes lundi. Comme elle ne parlait pas assez bien anglais, on lui a attribué un instructeur particulier, un Birman qui parle thaï. Elle n’a donc à priori pas été en contact proche avec les autres clients. Mais quand même, toutes les personnes présentes sur le bateau le même jour qu’elle ont été contactées, clients et instructeurs, doivent se faire tester pour le covid et sont supposés rester en quarantaine pendant 14 jours à compter de la date de contact. J’ai envie de dire plein de gros mots maintenant, mais je sais me contrôler.

Mais cette femme est une connasse et je la maudis. Elle était dans ce quartier de Bangkok où le cluster a été trouvé, où les gens buvaient dans les mêmes verres les uns que les autres. Elle a choisi d’agir de façon irresponsable et au lieu de s’auto-confiner, elle a choisi de voyager sans considérer les conséquences de ses actes et la merde que ça pourrait causer pour les autres. L’ile où nous sommes n’avait jamais eu de cas de covid. Toutefois, tous les habitants ont grandement souffert du manque de touristes, beaucoup de commerces ont fermé, y compris beaucoup d’hôtels. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi.

La semaine prochaine, c’est le nouvel an thaï. C’est la plus grosse semaine de l’année en termes de tourisme domestique. Tout le monde voyage à cette période. Tout le monde part en vacances, va en province rendre visite à sa famille, c’est une semaine de joie et de célébrations. Tout avait été annulé l’an dernier et il y a encore deux semaines, on pensait que tout se passerait bien cette année. Je n’ai pas compris le choix de rouvrir les bars juste avant les vacances. C’était évident que ça allait finir ainsi. Les gens sont des idiots partout.

Et maintenant, à cause d’une personne irresponsable et égoïste, cette petite ile qui a déjà bien souffert va souffrir encore plus. Il va sans aucun doute y avoir des annulations. Le centre de plongée va perdre énormément de business à cause des instructeurs en quarantaine et des clients qui vont se désister par peur du virus. Oh, en plus, ils ont détecté le variant anglais, celui qui se propage encore plus vite… Ce n’est pas encore clair si c’est celui qui a été détecté ici.

Du coup, je suis prisonnière dans mon hôtel 5 étoiles avec vue directe sur la baie. Je sais que ça pourrait être bien pire , mais je ne suis pas enchantée. L’hôtel était supposé être complet après notre départ lundi, mais comme on n’a pas le droit de sortir, ils sont obligés de nous garder. S’ils n’ont pas d’annulation, ils ne savent pas quoi faire. Personne ne sait quoi faire. L’hôpital a démandé que tout le monde coopère, mais ce n’est vraiment pas évident pour tous ces hôtels qui sortent à peine la tête de l’eau après cette année de pandémie.

Et n’oublions pas que je suis avec mon mari, que j’aime et que j’adore, mais 10 jours 24/7 avec lui qui aime la climatisation alors que j’aime la fenêtre ouverte, ça risque d’être long !

Mais ce qui m’énerve vraiment, c’est que depuis plus d’un an, beaucoup de personnes, dont moi, suivent les consignes, font super attention, portent des masques, modifient leur mode de vie, dans l’espoir de pouvoir continuer à vivre une vie plus ou moins normale. Et au final, ce sont toujours les mêmes qui pensent être au-dessus de tout et qui foutent le bordel. Cette fois, ils ne peuvent pas accuser les sales étrangers (tels que moi) ou les pauvres migrants qui travaillent pour une misère et vivent souvent dans des conditions insalubres. Ce sont les plus riches qui ont enfreint les règles et qui propagent le virus cette fois. Je vous laisse là-dessus, je vais aller regarder la mer.