Jean-Jacques Goldman

Ce chanteur était très populaire quand j’étais enfant et adolescente. Tout le monde le connaissait en France et même ceux qui n’étaient pas fans connaissaient les mélodies, voire les paroles de ses chansons.

Au collège, on avait appris une de ses chansons en cours de musique et même si je trouvais la musique française pas cool du tout, cette chanson me plaisait assez et j’avais même appris à jouer l’accompagnement au piano.

Puis, j’ai complètement oublié cet artiste. Il n’a jamais été le genre de célébrité qui aime se montrer dans les médias, mais il était très populaire et il était aussi engagé dans des oeuvres caritatives. Mais cela fait des années qu’il n’est plus vraiment médiatisé et je crois qu’il s’est retiré du monde public.

Jusqu’à récemment, il était impossible de l’écouter sur Spotify ou autres plateformes de streaming, mais depuis le mois dernier, on peut. Je l’avais un peu oublié mais je prends plaisir à le réécouter maintenant. Je me rends compte que je connais des dizaines de ses chansons alors que je ne l’ai jamais écouté activement comme je le fais maintenant et n’ai jamais possédé aucun de ses albums. Et je suis sure que je ne suis pas la seule Française de ma génération dans ce cas.

Je ne sais pas s’il existe une chanson plus connue que les autres, j’ai l’impression que toutes celles que je connais sont connues ! Mais j’aime particulièrement la période où il a collaboré avec Carole Fredericks et Michael Jones et je trouve cette chanson super touchante :

S’installer à Paris : récit et conseils d’une étudiante

En arrivant à Paris en 2018, je ne m’attendais pas à être toujours ici un an plus tard. J’avais prévu de rester dans cette très jolie ville pendant 3 mois pour apprendre le français. Mais après une semaine j’en suis tombée amoureuse et j’ai décidé de rester un peu plus longtemps. Paris, c’est une ville qui offre l’opportunité de faire d’innombrables activités. Vous pouvez visiter des musées, voir des expositions, vous balader dans de nombreux parcs, faire du shopping selon ce que vous permet votre portefeuille, etc. En outre, la nourriture et le vin sont extrêmement délicieux. C’est un vrai rêve pour les touristes ! Cependant, si vous voulez vous installer en France, c’est important de savoir certaines choses avant votre installation.

D’après mon expérience, les démarches administratives constituent les plus grands obstacles lorsque l’on décide de rester à Paris. Premièrement, il faut ouvrir un compte en banque pour vivre en France surtout lorsque vous travaillez ici. Quand j’habitais à Londres, il était possible d’ouvrir un compte en ligne sans aller à la banque – c’était toujours un processus simple qui prenait quelques jours tout au plus. Mais en France, j’ai eu l’impression d’être dans les années 80. J’ai dû organiser un rendez-vous avec un conseiller pour remplir le formulaire avec lui et fournir des pièces d’identité. Malheureusement, lors de l’ouverture du compte, j’ai eu quelques problèmes et j’ai été obligée d’aller à la banque pour voir mon conseiller à chaque fois (au total 4 fois en 4 semaines !) pour les résoudre. Finalement j’ai réussi à ouvrir un compte mais si j’ai des problèmes, je dois consulter mon conseiller, c’est-à-dire qu’il faut aller à la banque à chaque fois. La technologie semble inutile dans le secteur bancaire ou peut-être est-ce seulement la banque avec laquelle j’ai choisi de créer une relation.

Deuxièmement, comme je travaille à Paris, je dois avoir un numéro de sécurité sociale. Cependant, j’ai une situation unique, ce qui signifie que je n’ai pas d’acte de naissance. Je suis née au Laos et quand j’avais sept mois, mes parents ont dû quitter le pays à cause de la situation politique, sans papiers. J’ai grandi en Australie et j’ai habité à Londres pendant 16 ans. Cela ne m’a jamais posé de problème de toute ma vie mais en France il faut avoir un acte de naissance pour tout faire. Donc quand j’ai demandé un numéro de sécurité sociale, c’était compliqué. J’ai eu plusieurs discussions avec des employés de la Sécurité Sociale et tout le monde m’a dit que je n’obtiendrais pas de numéro sans acte de naissance. Il me semblait être entrée dans un cauchemar administratif sans aucune directive sur la façon de m’en sortir. J’avais peur d’aller dans leurs bureaux parce que j’avais entendu dire que c’était le pire. Vous pouvez le vérifier à travers les commentaires sur Google ! Finalement après de nombreuses conversations avec des amis au cours desquelles ils m’ont conseillé de leur envoyer une lettre avec toutes les pièces d’identité et une explication de ma situation, j’ai réussi à avoir une conversation avec un membre du personnel. Au début, elle a hésité à me donner le numéro et m’a dit qu’elle voulait avoir plus d’informations. Mais ce même jour elle m’avait laissé un message vocal dans lequel elle me disait qu’elle avait décidé de me permettre d’avoir un numéro – enfin ! Par contre, j’attends toujours un formulaire pour demander ma carte vitale depuis 2 mois…

De plus, je vous recommanderais d’apprendre la langue avant de vous installer en France. Au minimum, soyez capable de dire quelques phrases, de poser des questions et de connaitre les règles de politesse. J’ai visité Paris plusieurs fois avant mon arrivée l’année dernière et j’avais appris qu’il était commun que les gens ne parlent pas l’anglais. Donc si vous voulez effectuer des démarches administratives, il sera très utile d’avoir un bon niveau de français. Je connais des gens qui habitent ici sans vraiment parler la langue (seulement quelques mots) mais je trouve que c’est restrictif et que cela diminue votre indépendance. Si vous voulez vraiment vous intégrer à la société et vous faire des amis français, il sera essentiel de le parler. Néanmoins, la communauté des expatriés est grande et vous pouvez toujours passer un bon moment à rencontrer des gens du monde entier.

Je voudrais vous dire quelques petites choses sur la vie quotidienne. Je ne suis pas sure si cela s’applique partout en France mais cela a été mon expérience à Paris. Tout d’abord, si vous voulez garder vos chaussures propres, faites toujours attention en marchant sur les trottoirs. Les crottes de chiens sont partout ! C’est vraiment dégoutant et cela m’a étonnée quand je suis arrivée ici. La chose suivante, c’est les passages piétons. En Angleterre, dès que vous faites un pas sur le passage piétons, les véhicules s’arrêtent pour vous permettre de traverser. Mais à Paris, ces marques servent plutôt de décorations dans la rue. Ne vous attendez pas à ce qu’un véhicule s’arrête pour vous. Enfin, les Parisiens marchent sur les trottoirs comme s’il n’existait pas d’autres personnes – ça veut dire un peu agressivement surtout quand ils ne sont pas tout seuls. Au début, c’était agaçant parce que je devais constamment m’écarter pour me protéger. Cependant j’ai appris à adopter la même approche qu’eux et j’ai constaté qu’en fait, ils se déplacent à la dernière minute pour éviter une collision.

C’était donc quelques conseils pour quiconque souhaite s’installer en France, basés sur mon expérience. Avant de vous installer ici, préparez-vous psychologiquement aux démarches administratives. Sachez que vous devrez être patient et ferez probablement face à de longues attentes (quelques semaines ou mois). Pour vous aider, créez de bonnes relations avec des Français – cela améliorera votre français en même temps ! Sur ce sujet, comme je l’ai dit plus haut, à mon avis, c’est nécessaire d’apprendre le français pour avoir une vie plus facile ici. Alors prenez ces manuels de français et commencez à apprendre dès que vous le pouvez. Et finalement, quand vous arrivez, faites attention aux trottoirs – des choses dangereuses vous y attendent !

Julie Lee – www.borntobeyou.co.uk

Julie a réussi le DELF B2 l’an dernier et travaille maintenant le français à un niveau avancé. Elle progresse très rapidement car elle est très active dans son apprentissage, recherche la compagnie de Français et de Françaises, fait des échanges linguistiques, est ambassadrice de réunions meetup, et elle fait attention à tous les petits détails de la langue ! Et bien sûr, elle fait toujours ses devoirs et se pose toujours plein de questions pour comprendre le fonctionnement de la langue ! 🙂

Avions et animaux de soutien émotionnel

C’est un article de France info plutôt facile et pas très riche linguistiquement que je partage aujourd’hui. Vous pourrez observer les verbes déclaratifs en rose et faire attention au vocabulaire souligné que vous comprenez certainement mais que peut-être vous n’utiliseriez pas de vous-même.

Avec un article comme celui-ci, autre qu’un travail rapide d’analyse, vous pouvez faire un travail de production écrite. Comment réagissez-vous à la lecture d’un tel article ? Moi, personnellement, j’ai beaucoup de pensées qui me traversent l’esprit.

Je publie régulièrement des posts pour pratiquer la compréhension mais il est aussi très important de pratiquer la production. Qu’idéalement vous faites vérifier par un·e prof, ou si vous n’en avez pas, quelqu’un qui maitrise la langue française. Et si vous n’avez personne sous la main pour vous aider, relisez-vous à froid, quelques jours après avoir écrit. Vous aurez un nouveau regard sur votre écrit et vous pourrez probablement l’améliorer.

Quel type d’écrit pourriez-vous pratiquer à partir de cet article ? Si vous n’avez pas d’idées, je donne quelques exemples à la suite de l’article.

  • Une lettre adressée au journal pour réagir spécifiquement à cette histoire et dire que vous n’êtes pas d’accord avec cette pratique. 3 arguments accompagnés d’exemples.
  • Une lettre adressée au journal, toujours pour réagir à cette histoire, pour dire que vous êtes favorable à cette décision du DoT . 3 arguments accompagnés d’exemples.
  • Un article “pour ou contre les animaux de soutien émotionnel dans les avions”, en étant soit pour, soit contre, soit nuancé·e.
  • Un article sur les animaux dans les transports publics en général.
  • Un article qui compare les voyages en avion d’il y a 30 ans avec les voyages en avion d’aujourd’hui.
  • Etc.

Pour améliorer votre oral, il faut parler autant que possible. Pour améliorer votre écrit, il faut écrire autant que possible ! Sur tout et n’importe quoi, mais toujours en essayant d’être un minimum organisé·e, d’utiliser un vocabulaire varié, en essayant de réutiliser des mots qui sont sur votre liste de vocabulaire mal connu / peu utilisé si vous en avez une. Essayez de proposer des arguments et des exemples pour les justifier. Utilisez des connecteurs logiques. Relisez-vous. Vérifiez vos accords. Limitez votre utilisation des verbes être, avoir, faire, dire, aller. Utilisez un dictionnaire !

Enseigner le français langue étrangère : le DAEFLE

Il y a deux semaines, je parlais d’un MOOC dans ce post pour celles et ceux qui aimeraient un jour enseigner le français langue étrangère et aimeraient avoir un aperçu de ce que cela implique.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une formation que j’ai suivie il y a quelques années, quand je vivais à Londres : le DAEFLE (Diplôme d’Aptitude à l’Enseignement du Français Langue Étrangère). C’est une formation à distance qui se fait avec le CNED (Centre National d’Éducation à Distance).

Je dois dire que c’est une formation que je n’ai pas trouvée très intéressante car j’avais déjà suivi une formation en anglais en présentiel qui était plus courte, plus complète, et qui impliquait beaucoup de pratique et d’observation. En 10 mois de cours avec le CNED, je n’ai pas appris grand-chose, mais cela a confirmé que la France était vraiment en retard sur les pays anglo-saxons en matière d’éducation et de formation des enseignants.

Cependant, pour quiconque sans aucune expérience dans l’enseignement, ce n’est pas une formation totalement inintéressante. Elle comprend cinq modules obligatoires, à savoir : didactique et méthodologie générale du FLE, phonétique et méthodologie de la prononciation, enseigner la grammaire, l’évaluation, observation et guidage de classe. Et il faut choisir un module de spécialisation. J’avais opté pour la facilité et choisi enseigner le FLE aux enfants, car j’avais déjà pas mal d’expérience, mais si j’avais été moins paresseuse, j’aurais probablement choisi le module enseigner le français sur objet spécifique. On peut également choisir le numérique en classe de FLE ou enseigner le français à des adultes peu ou pas scolarisés.

Cela reste une formation très théorique et même si la théorie est très utile, on ne devient pas prof en lisant des livres. Tout comme on n’apprend pas à parler une langue sans jamais pratiquer l’oral.

C’est aussi une formation assez chère. Il faut tout d’abord passer un test d’accès qui vérifie votre aisance en français. Je l’avais trouvé assez facile, mais il m’avait couté cher en frais d’inscription et en billet de train car il avait fallu que j’aille à Manchester. Ensuite, il faut payer la formation, que l’on peut choisir de faire en 10 mois, ou plus lentement, module par module. Je ne sais plus quelle est la durée maximum autorisée pour terminer la formation. Mais elle est assez chère. C’était plus de 1000€ à l’époque et je suppose que les prix ont augmenté. Ensuite il faut encore payer pour se présenter à l’examen, et ça aussi, ce n’était pas donné. Je pense que le cout total avoisine les 2000€.

Ensuite, il faut y dédier du temps. Si vous avez déjà un peu d’expérience dans l’enseignement, vous pouvez lire certains cours en diagonale, mais sinon, beaucoup de concepts seront nouveaux. Il y a des forums en ligne pour chaque cours, sur lesquels les participants peuvent poser leurs questions et échanger, mais de ce que je me rappelle, tout le monde était très occupé en dehors de la formation et le forum n’était pas super actif. C’était toujours les mêmes personnes qui écrivaient et c’était rarement très profond.

À l’époque, j’avais reçu tous les cours par la poste, en version papier, mais je pouvais envoyer mes devoirs en ligne. Je ne sais pas s’ils envoient toujours les cours ou si tout a été numérisé. Chaque module exigeait une ou deux participations au forum et il fallait rendre deux devoirs.

C’était assez bien organisé mais les profs n’étaient pas toujours très disponibles pour répondre aux questions que se posaient les participants, dont beaucoup avaient l’air très stressés et le feedback pour les devoirs était maigre, voire inexistant. Moi, j’ai juste stressé pour l’examen parce que 1) je déteste les examens et 2) le format de cet examen est ridicule : une épreuve transversale de 3 heures, une autre épreuve d’1h30 sur la pédagogie de projet (si je me souviens bien) et une épreuve de spécialisation d’1h30. Donc 6 heures d’écrit théorique en une journée. Et si vous réussissez, vous obtenez un papier qui dit que vous pouvez enseigner le FLE. Même si vous n’avez jamais mis les pieds dans une salle de classe en tant que prof.

Ce qu’il faut toutefois savoir, c’est que ce diplôme n’est pas très reconnu et n’équivaut en rien à un master. Le CNED vous dit qu’il vous permettra d’enseigner dans des Alliances françaises, des centres de langues, des universités, mais ce n’est pas vrai dans beaucoup de pays. On m’a même dit qu’en France, les Alliances n’acceptaient pas ce diplôme dont elles sont pourtant partenaires…

Je n’ai pas détesté cette formation, mais je ne l’ai pas non plus adorée. Je n’ai pas passé l’examen directement après l’avoir suivie car je m’étais rendu compte que le diplôme ne me servirait pas à grand-chose, mais j’ai décidé de le passer avant de m’inscrire en master, histoire de l’avoir sur mon CV.

Prochainement, je parlerai du master, pour celles et ceux qui envisagent une carrière dans le FLE.

Les voyelles nasales

Peu d’apprenants trouvent la prononciation des voyelles nasales faciles. Certaines personnes ont la chance de pouvoir reproduire les sons tels qu’ils les entendent, même s’ils n’existent pas dans leur langue, mais ce n’est pas mon cas et ce n’est pas le cas de la majorité des étudiants avec lesquels j’ai travaillé.

Si vous trouvez la prononciation de un, an, et on difficile, vous faites partie de la majorité mais cela ne veut pas dire que vous n’y arriverez jamais. Si comme moi, vous êtes perfectionniste, c’est certainement frustrant, mais avec de la persévérance, vous finirez certainement par y arriver, même si ça prend longtemps. Après un an en Thaïlande, je suis à peine capable de prononcer quelques mots basiques correctement (et encore…) mais à force de prendre le métro et de répéter toutes les annonces faites à chaque arrêt, je crois que je peux prononcer correctement le nom d’une dizaine d’arrêts sur ma ligne. J’ai pris un taxi récemment et il ne comprenait pas où je voulais aller. Je me suis mise en mode “dame du métro”, j’ai fait appel à ma mémoire, et j’ai prononcé le nom du quartier comme je l’entends dans le métro et comme par magie, le chauffeur a compris ce que je disais. C’était seulement deux syllabes, mais pour moi c’était une grande victoire !

Faites des exercices de prononciation qui se concentrent sur les sons qui vous posent problème. Même si vos connaissances du français sont avancées, vous pouvez travailler avec des livres de phonétique pour débutants. Ce n’est pas évident de travailler la phonétique tout seul, mais c’est mieux que rien. Mettez des écouteurs, répétez les mêmes mots et les mêmes phrases régulièrement. Enregistrez-vous et écoutez-vous.

Il est très possible que vous n’ayez jamais vraiment fait de phonétique pendant vos cours de langues. Pour ma part, trois ans de cours particuliers d’anglais, sept ans d’anglais à l’école secondaire, quelques années d’anglais en plus à la fac, et pas un seul cours de phonétique. J’ai appris la phonétique anglaise quand j’ai fait une formation pour devenir prof d’anglais. J’ai fait deux formations d’ailleurs et c’est seulement lors de la deuxième que j’ai découvert les joies de la phonétique. Aucune mention de cet aspect de la langue pendant la première. Et malheureusement, il me semble que c’est un peu la même chose en français. La phonétique tient une toute petite place dans les cours collectifs, et parfois, elle n’a même pas de place. La majorité des élèves que j’ai eus en cours particuliers n’avaient jamais fait de phonétique avant que l’on en fasse ensemble.

C’est ainsi que des élèves arrivent à un niveau de connaissances grammaticales très élevé mais ne maitrisent pas vraiment la prononciation. Si c’est votre cas, vous pouvez y remédier si vous en avez envie, en reprenant les bases de la phonétique.

Une erreur que font beaucoup d’étudiants avec les voyelles nasales, c’est de prononcer le n. Le n se se prononce jamais ! Il est associé à une ou deux voyelles pour ne former qu’un seul son, qui passe par le nez.

Tous ces groupes de lettres ne forment qu’un seul son : on, om, en, em, an am, in, im, un, um, ein, ain, aim, yn, ym.

On n’entend ni le n, ni le m.

Par contre, si ces groupes de lettres sont suivis par une voyelle, les choses changent ! Nous ne sommes plus en présence d’un son nasal.

Observez :

  • par-fum : 2 syllabes / par-fu-mer : 3 syllabes
  • co-quin : 2 syllabes / co-qui-ne : 3 syllabes
  • sul-tan : 2 syllabes / sul-ta-ne : 3 syllabes

Dans les premiers mots, on a un son nasal. Dans les deuxièmes mots, le son nasal disparait car le m et le n font maintenant partie de la syllabe suivante et fonctionnent avec la voyelle qui suit. Si ceci n’est pas évident pour vous, il serait peut-être intéressant de commencer par essayer de comprendre le système syllabique français. J’écrirai à ce sujet bientôt.

Pour pratiquer un peu, comment prononcez-vous les paires suivantes ?

  • con – cône
  • nom – nominal
  • vent – venir
  • embaucher – semaine
  • plan – planifier
  • champ – caméra
  • matin – matinée
  • impossible – image
  • aucun – aucune
  • parfum – parfumer
  • frein – freiner
  • train – trainer
  • essaim – essaimer
  • lynx – misogyne
  • sympa – enzyme
  • chien – chienne

Le NE explétif

Avez-vous déjà remarqué que parfois, on emploie NE en français alors qu’il n’y a pas de négation ? On appelle ce NE le ne explétif. Il n’est pas obligatoire, il ne change pas le sens de la phrase, il est simplement le marqueur d’un niveau de langue plus soutenu. Il est surtout utilisé à l’écrit, mais rien ne vous empêche de l’utiliser à l’oral. Toutefois, vous ne pouvez pas l’utiliser n’importe quand !

Avec les verbes craindre, avoir peur, redouter, à la forme affirmative – et plus généralement dans les propositions dépendant d’un verbe à la forme affirmative exprimant la crainte

  • Je crains qu’il ne fasse une bêtise. (= qu’il fasse une bêtise)
  • J’ai bien peur qu’il ne pleuve demain. (= qu’il pleuve)
  • Je redoute qu’il ne soit déjà trop tard. (= qu’il soit)

Avec éviter que, empêcher que.

  • Débrouillez-vous pour éviter qu’il n’arrive en retard. (= qu’il arrive)
  • Les circonstances ont empêché qu’un drame ne se produise. (= qu’un drame se produise)

Avec les locutions conjonctives avant que, à moins que, sans que ; pour cette dernière, seulement si le verbe dont elle dépend est à la forme négative.

  • Tu devrais lui avouer la vérité avant qu’elle ne s’en rende compte toute seule. (= qu’elle s’en rende compte)
  • Je vais aller seule à ce concert… à moins que tu ne veuilles m’accompagner ? (= à moins que tu veuilles)
  • Je n’ai jamais pu discuter des droits des femmes avec lui sans qu‘il ne le prenne comme une attaque personnelle. (= sans qu’il le prenne)

Dans les propositions dépendant d’un verbe exprimant le doute ou la négation, à la forme négative ou interrogative.

  • Je ne doute pas qu’il ne soit un gentil garçon, mais je ne veux pas l’inviter à ma fête. (= qu’il soit)
  • Je ne nie pas que tes arguments ne soient solides. (= que tes arguments soient)

Avec les adverbes d’inégalité plus, moins, mieux, meilleur, pire, davantage, moindre, autre, suivis d’une subordonnée introduite par que.

  • Il est plus sympa qu’il n’en a l’air. (= qu’il en a l’air)
  • Elle est moins sévère qu’on ne le dit. (= qu’on le dit)
  • Cette soupe est meilleure que je ne l’avais imaginé. (= que j’avais imaginé)

Rectification orthographique : simplification des consonnes doubles dans les verbes en -ELER et -ETER

Règle D1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne les verbes tels que carreler, ficeler, breveter, voleter, etc., qui se conjuguent maintenant sur le modèle de geler et acheter.

Au lieu de se conjuguer avec une double consonne, comme par exemple je ficelle ou il volette, on écrit maintenant je ficèle et il volète. Comme pour je gèle et il achète.

Il y avait des irrégularités. La rectification orthographique les a corrigées.

Quelques exemples :

  • épeler : j’épelle devient j’épèle
  • grommeler : je grommelle devient je gromèle
  • étinceler : j’étincelle devient j’étincèle
  • cliqueter : il cliquette devient il cliquète
  • haleter : il halette devient il halète
  • décolleter : il décollette devient il décolète

La même règle s’applique aux noms dérivés de ces verbes : on écrira grommèlement, étincèlement, cliquètement, halètement, nivèlement, ruissèlement, etc. Et non –ellement ou –ettement.

EXCEPTIONS : Certains verbes très très communs conservent leur conjugaison traditionnelle : appeler et ses composés, interpeler, et jeter et ses composés. Ils conservent la consonne double dans leur conjugaison : j’appelle, tu rappelles, elle interpelle, je jette, tu rejettes, il projette…

Podcast : Miroir miroir

Hier, je parlais d’un podcast sur les représentations dans les livres pour enfants et d’une écrivaine en particulier.

Si le sujet des représentations vous intéresse, le podcast Miroir miroir devrait vous plaire.

On reste dans les sujets qui m’intéressent : le féminisme, l’intersectionnalité, le racisme, les discriminations sous toutes leurs formes, la société dans laquelle on vit, les diktats de la beauté, etc. J’ai écouté plusieurs épisodes cette année. J’ai commencé il y a quelques mois avec l’épisode sur les Asiatiques exotisées, que j’avais trouvé super intéressant. Et depuis, j’en ai écouté plus de la moitié. Ils durent de 20 à 50 minutes à peu près.

Bonne écoute !

Mrs Roots, blogueuse afroféministe

J’ai découvert l’autrice Laura Nsafou en écoutant un podcast parlant de livres pour enfants et de représentations, dans lequel elle parlait d’un livre qu’elle a écrit et qui a été publié l’an dernier : Comme un million de papillons noirs. Je n’ai pas encore lu le livre, mais j’espère le trouver à la bibliothèque de l’Alliance française.

Un très bon copain avec qui je parlais de divers sujets il y a quelques mois me disait qu’il n’avait jamais pensé à l’idée des représentations à la télé, au cinéma, dans les livres, etc. Qu’il n’en avait jamais souffert petit. Que ça n’avait jamais été un sujet pour lui. On pourrait penser qu’il est blanc et hétéro, et pourtant, il est à moitié asiatique (et a subi des discriminations à cause de sa moitié asiatique dans sa vie personnelle) et homosexuel. Mais il a grandi dans un contexte international, dans plusieurs pays, éduqué dans des écoles internationales, et a un côté très solitaire. Pour ma part, je ne sais pas quand j’ai commencé à réfléchir à tout ça, mais il est clair que ce n’est pas une question qui me tracassait quand j’étais enfant. Je m’identifiais sans souci aux princesses Disney, même si je m’identifiais plutôt aux dessins animés japonais en fait, dont les personnages étaient plutôt blancs avec les yeux clairs et les cheveux de toutes les couleurs. Mes yeux étaient clairs et j’attendais de grandir pour pouvoir me teindre les cheveux en violet ou en bleu (ce que j’ai fait évidemment). Mais je n’ai pas le souvenir d’un personnage de couleur ou issu d’une minorité. Ou tout simplement différent. Pour Pocahontas et Mulan, j’étais déjà un peu grande. Je me souviens vaguement d’une série avec un garçon atteint du syndrome de Down, aucun souvenir de personnages homosexuels, et à part dans le Cosby Show et le Prince de Bel Air, je ne crois pas qu’on voyait beaucoup de noirs à la télé. Bref, il n’y avait pas beaucoup de diversité à la télé dans le monde dans lequel j’ai grandi. J’ai déjà écrit un post pour dire qu’on étudiait peu de, voire aucune écrivaine au lycée, même en section littéraire, et en fait, je n’ai pas le souvenir d’avoir étudié d’auteurs de couleur non plus. J’ai lu Dumas, mais je n’ai appris que bien plus tard qu’il était noir. Et je ne l’ai même pas appris à l’école. Et en fait, comme on étudiait seulement des écrivains hommes et blancs, je n’ai jamais imaginé que Dumas pouvait être autrement.

Je faisais partie de la majorité et j’étais élevée avec les valeurs de la société sexiste française. Tout me semblait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pas tout à fait vrai, mais je ne souffrais pas du fait de ne pas être représentée dans les œuvres de fiction en tout cas. J’avais d’autres préoccupations. Et je n’y pensais pas vraiment.

Pour beaucoup de personnes en France, ce n’est toujours pas un problème. Elles ne veulent pas voir ou admettre qu’il y a un problème. Elles pensent qu’on ne devrait pas parler d’homosexualité à l’école, ni de racisme et d’inclusion. Les raisons varient. J’en ai entendu quelques-unes.

Sur son blog, Laura Nsafou se revendique comme dangereusement afroféministe. Son slogan : Ecrire. Pour qu’il ne soit plus possible de dire encore une fois : Je ne savais pas.

Elle publie sporadiquement. J’ai lu quelques articles. Je trouve qu’elle dit des choses intéressantes. Son article sur le Sensitivity Reader et le faux débat de la censure m’a beaucoup plu.

J’ai aussi remarqué que sur amazon.fr, pour son livre, le nom de l’illustratrice (blanche avec un nom très français) apparaissait avant le sien, celui de l’autrice, qualifiée de contributrice (!!) et sur la page des commentaires, il a complètement disparu !

Est-ce une erreur ou ont-ils peur que son nom ait l’air trop étranger pour donner envie au public français ? Cela nous donne-t-il de quoi juger Amazon ou nous pousse-t-il à nous poser des questions sur la société française qu’Amazon juge apparemment trop raciste pour vouloir lire à ses enfants un livre écrit par une noire ? On peut penser que je suis cynique, mais j’ai du mal à penser que ce soit une erreur.

L’enseignement du français à l’étranger

J’ai lu cet article car le sujet m’intéressait et j’ai choisi de le partager car il contient, entre autres, des temps du passé, point grammatical à travailler et retravailler régulièrement pour les étudiant·e·s avancé·e·s.

Prenez le temps d’observer les verbes surlignés en rose. Je ne vais pas les détailler mais vous pourrez remarquer des verbes déclaratifs variés (annoncer, déclarer, confirmer, promettre, estimer, développer), deux participes présents (évaluant, enseignant) et plusieurs verbes au plus-que-parfait (le passé dans le passé) à la voix active et à la voix passive. Observez attentivement l’alternance des temps et demandez-vous pourquoi on a le plus-que-parfait et pas un autre temps du passé. Observez les autres formes verbales et voyez si elles correspondent bien aux règles de la concordance des temps que vous connaissez. Si ce n’est pas le cas, revoyez ces règles !

Je ne vais pas non plus détailler les petits mots et structures surlignés en bleu. Vous les comprenez sans aucun doute. Demandez-vous si de vous-même, vous penseriez à écrire “parallèlement” (si non, que diriez-vous ?), “lors de” (même question), etc. Observez l’usage de “bien” dans “…bien plus…” et “…sont bien les nouveaux…”

Je vais commenter les mots soulignés et “ce qui” à la suite du texte.

  • débloquer : préfixe dé- que l’on retrouve dans de nombreux verbes (dérouter, déranger, déboucher, défaire, dénouer, etc.) qui a le sens de cessation, privation, négation, contraire…
  • les frais de scolarité : si vous payez pour l’école de vos enfants, la somme que vous payez s’appelle les frais de scolarité
  • rabaissés : encore un verbe avec un préfixe, ici “r”. On peut abaisser et on peut rabaisser. Le préfixe r- (ou re- ou ré-…) a le sens de de nouveau ou complètement
  • ce jeudi : remarquez le démonstratif. Notez aussi que selon le temps du verbe, on peut parler de jeudi dernier ou de jeudi prochain. Ici, on est au passé, mais si je dis que ce lundi, j’ai rendez-vous chez le coiffeur, je veux parler de lundi prochain.
  • le ministre des Affaires étrangères : c’est le titre du ministre qui s’occupe de la politique extérieure de la France
  • colonne vertébrale : au sens propre, c’est l’os central du dos ; au sens figuré, comme dans le texte, c’est l’élément essentiel de qqch
  • accroitre : croitre = grandir ; accroitre = rendre plus grand. Le préfixe a- n’est pas privatif ici. Connaissez-vous des mots de la même famille ? Un nom ? Un adjectif ? Remarquez aussi que l’auteur·e de l’article utilise encore l’accent circonflexe sur le i, alors qu’il n’est plus nécessaire.
  • un enseignant titulaire : c’est un enseignant qui a suivi le parcours d’études requis pour travailler dans l’éducation nationale. Il a obtenu son titre, il est fonctionnaire. Il existe aussi des enseignants vacataires, qui eux, ont un statut plus précaire.
  • détaché à l’étranger : envoyé pour travailler à l’étranger (généralement pour une période limitée)
  • des mesures d’austérité : ça ressemble assez à l’anglais pour être facilement compris si vous êtes anglophone, mais saviez-vous le dire ainsi ?
  • ce qui : le pronom neutre CE reprend toute l’idée contenue dans la proposition précédente, qui devient donc en quelque sorte le sujet du verbe suivant, d’où le pronom relatif QUI, qui reprend toute cette idée également. Pensez à ce qui comme à (la) chose qui.
  • un mouvement de grève : si vous vous intéressez à la France, vous savez ce qu’est la grève. On parle souvent de mouvements de grève
  • d’avant les coupes : les coupes ? quelles coupes ? de champagne ? de cheveux ? Evidemment, on parle de coupes budgétaires. son budget d’avant les coupes, c’est le budget dont elle disposait avant les coupes budgétaires, dues aux mesures d’austérité.
  • les quelque 500 lycées : vous n’avez probablement pas l’habitude de voir “quelque” devant un nombre. Ce mot a en fait une variété d’utilisations. Dans ce cas, il marque l’approximation. Il signifie qu’il y a à peu près 500 lycées.
  • communément : je ne me souviens pas d’avoir entendu une seule de mes étudiantes utiliser cet adverbe. L’utilisez-vous ?
  • les quelque deux millions d’expatriés : Un deuxième exemple de “quelque” qui a une valeur d’approximation.
  • le rayonnement culturel : le rayonnement, c’est le prestige, l’influence. On voit ici qu’il peut être culturel, linguistique, diplomatique. Et quoi d’autre ?
  • faire valoir : ici, défendre, justifier
  • les attributs : les symboles