Série : Into the night

Le titre est en anglais, mais c’est une série belge et francophone qui est sortie sur Netflix récemment.

Je l’ai regardée et j’ai trouvé qu’elle se regardait facilement.

Gardez en tête que je suis bon public et que je n’ai pas besoin que la science soit croyable pour être divertie par une série de science-fiction. Par contre, j’aime que les acteurs soient aussi naturels que possible, et c’est souvent mon problème avec les séries francophones. J’ai souvent du mal à croire à ce que me proposent les acteurs. Je me demande si c’est dû à la langue française ou aux acteurs. Quand ils parlent en articulant beaucoup trop ou avec du vocabulaire qui ne me parait pas tout à fait naturel dans une situation donnée, ça me dérange. Je ressens rarement la même chose avec les séries américaines et anglaises, et même les séries espagnoles ou hispanophones (autres que les telenovelas) me paraissent mieux jouées, plus naturelles.

J’ai fait la grimace plusieurs fois à cause du jeu des acteurs et actrices, mais j’ai quand même regardé les six épisodes et j’ai fini par m’habituer.

Le scénario n’est pas plausible pour une minute, mais j’adore les séries Marvel, alors je ne vais pas m’arrêter de regarder des séries sous prétexte qu’on ne peut pas croire au scénario. Si je peux croire que Daredevil existe et gagne toutes les bagarres dans lesquelles il s’engage, je peux croire que le soleil est devenu toxique et va tuer la planète entière.

Parce que c’est ça l’histoire. L’humanité entière est menacée d’extinction à cause du soleil qui tue tout le monde. Un Italien pas très sympa arrive en courant dans un avion à destination de Moscou et force le capitaine à voler vers l’ouest, après lui avoir tiré une balle dans la main. Il y a seulement quelques personnes à bord de l’avion car l’embarquement venait à peine de commencer. Elles passent beaucoup de temps à ne pas être d’accord et à se disputer. La langue principale est le français, mais on entend aussi de l’italien, du néerlandais, du russe, de l’arabe, du turc, de l’anglais, du polonais, etc.

Je ne dirais pas que c’est une série extraordinaire, mais elle se laisse regarder, elle nous tient en haleine, et pour pratiquer la compréhension orale, elle est très bien. Presque tout le monde parle français avec un accent différent.

Si vous êtes un peu angoissé·e à cause de la situation actuelle, vous pouvez peut-être attendre avant de la visionner.

La crise actuelle et la langue française

Comme je suis un peu débordée ces temps-ci, je n’ai pas vraiment le temps de proposer une analyse de texte, mais j’ai lu cet article paru dans The Conversation et écrit par l’excellente Éliane Viennot, dont le travail m’inspire énormément, et je me suis dit que j’allais le partager.

J’ai relevé assez rapidement en rouge, des verbes et expressions verbales (observez les associations de mots et les prépositions), en vert, du vocabulaire à observer, en bleu, les connecteurs et en jaune, les pronoms relatifs (certains m’ont peut-être échappé).

Le sujet de cet article me tient évidemment beaucoup à cœur et j’espère qu’ils vous interpellera également.

Le nouveau mot le plus long

Voici une petite info, pas très utile quand on y pense bien, mais pour celles et ceux qui aiment apprendre toutes sortes de choses, cela vous permettra peut-être de gagner au Trivial Pursuit français un jour.

J’ai reçu l’info sur mon téléphone l’autre jour : la langue française a un nouveau mot le plus long.

J’ai grandi en apprenant que le plus long mot de la langue française était anticonstitutionnellement, avec 25 lettres. Quand j’étais petite et l’intello de service, j’aimais être capable de réciter ce mot et de l’épeler. J’en étais même très fière.

Toutes ces années plus tard, je pense que je peux affirmer avec certitude que je n’ai jamais utilisé ce mot, ni à l’écrit, ni à l’oral, sauf pour dire que c’était le mot le plus long. On pourrait partir de là pour discuter tout ce qu’on met d’inutile dans la tête des enfants au lieu de leur apprendre des compétences et des valeurs vraiment utiles, mais ce n’est pas le sujet de ce post. (Je fais une petite pause pour rêver à si j’écrivais une thèse pour démontrer à quel point on apprend n’importe quoi aux enfants à l’école et sur le besoin de réformer complètement le système d’enseignement…)

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Donc le mot le plus long serait désormais INTERGOUVERNEMENTALISATIONS, qui contient donc 27 lettres au pluriel.

Je suis prête à parier que je n’utiliserai jamais ce mot, sauf pour étaler ma science et contredire quiconque qui me dira qu’anticonstitutionnellement est le mot le plus long de la langue française.

Je ne sais plus quel site m’a informée, mais il disait que l’Académie française avait décidé de valider ce mot. Je n’ai pas vérifié cette information, qui pourrait très bien être fausse, mais même si elle n’était pas exacte, l’Académie française n’est pas ma référence en ce qui concerne les mots qui existent. Si vous vous demandez pourquoi, rappelez-vous qu’il y a encore un an et quelques, elle ne reconnaissait pas les noms de métiers au féminin. Alors reconnu ou pas par l’Académie, ce mot est un mot qui me parait bien valide, et il est évidemment plus long qu’anticonstitutionnellement. Je ne l’ai pas non plus trouvé dans Le Petit Robert, mais tous les mots ne sont pas dans tous les dictionnaires, en particulier les néologismes.

Un exemple d’usage : “une tendance dangereuse vers l’intergouvernementalisation”

Si vous étudiez au niveau C, je vous fais confiance pour le décomposer et le comprendre !

Spectacle : Franglais

J’en avais déjà parlé l’an dernier, puis son spectacle complet avait été retiré de YouTube, pour des raisons que je n’avais pas tout à fait comprises, mais Paul Taylor l’a remis en ligne récemment, et vous pouvez donc vous divertir en le regardant et l’écoutant parler de la France et des Français.

Il parle un peu fort, il dit beaucoup de gros mots, mais il dit aussi beaucoup de vérités hilarantes. En anglais et en français.

Bon visionnage !

Pandémie et étudiants africains en France

J’évite en général de parler de la situation actuelle car on en entend parler partout, on n’entend plus parler que de ce virus et le climat est assez anxiogène sans que je m’y mette également.

Mais mon téléphone m’a suggéré de lire cet article de France 24 cette semaine et je me suis dit que j’allais le partager ici et le proposer pour une analyse. Ce n’est que le début de l’article et vous pouvez le lire en entier sur le site de France 24.

Je pense qu’il se passe de commentaires… Mais 520 euros pour un logement social de 12 m² ! 😲

J’ai trouvé cet article vraiment attristant et rageant.

Je n’ai pas le temps de développer l’analyse, mais j’ai mis en évidence quelques verbes, expressions verbales et combinaisons en rouge, du vocabulaire à observer en vert et j’ai surligné quelques connecteurs en bleu et des pronoms relatifs en jaune.

Prenez votre temps quand vous faites une analyse, ne précipitez pas l’exercice !

Y a pas que le français dans la vie, y a aussi la Zumba

Un post un peu différent aujourd’hui.

Le monde entier est plus ou moins confiné. Tout le monde a dû annuler ses vacances, ses projets, ses activités et je sais que pour moi, le plus dur a été quand les salles de sport ont fermé. J’ai un surplus d’énergie et de rage que j’ai besoin d’extérioriser et comme je suis plutôt pacifiste, je le fais en faisant du sport. CrossFit, course sur le tapis de course, Zumba, tout ce qui peut me faire me dépenser en transpirant beaucoup en fait.

Quand ma salle de sport a fermé, comme beaucoup, j’ai immédiatement commandé de l’équipement sportif, car j’ai la chance d’en avoir les moyens et d’avoir pu bouger mes meubles pour me constituer un petit espace sportif dans mon salon. Je fais de la muscu et grâce à YouTube et tous les super instructeurs et instructrices qui proposent des vidéos gratuites et variées, mes séances de sport ne sont jamais répétitives et c’est ce qui marche pour moi.

Par contre, j’aime aussi danser mais je ne suis pas très douée. J’adore la Zumba et avant cette crise, j’allais aux cours de mon amie Bea, qui vient du Guatemala et qui est prof de Zumba depuis de nombreuses années, pour adultes et pour enfants. Elle est aussi formatrice de profs. Elle a dû arrêter de donner des cours dans les salles de sport où elle travaille d’habitude et elle s’est organisée pour donner des cours en ligne. Après quelques petits couacs au début, elle maitrise maintenant très bien les outils qu’elle utilise et j’adore prendre part à ses cours.

Il paraitrait que les salles de sport vont rouvrir mi-juin, mais bien sûr, les choses peuvent encore changer, et en attendant, je vais continuer à retrouver Bea et les autres sur Zoom deux fois par semaine. Elle propose 5 cours collectifs chaque semaine et des cours pour les enfants.

Si vous aimez danser, essayez les cours de Bea ! Vous pouvez réserver ici. 5 dollars pour une heure, ce serait dommage de s’en priver ! Et si vous n’avez jamais fait de Zumba auparavant, ce n’est pas grave, on s’améliore avec la pratique ! Un peu comme le français ! Si on est comme moi et que l’on a du mal à coordonner ses bras et ses jambes, ça prend plus longtemps, mais ça reste très divertissant et très libérateur. Je me sens toujours vraiment positive après les cours.

Peut-être que l’on se croisera chez Bea 😉

Son Instagram : zjbeatriz

Film : La vie scolaire

Ce weekend, j’ai trouvé ce film très récent (2019) sur Netflix et je l’ai visionné. Je ne l’ai pas adoré, mais je ne l’ai pas non plus détesté. J’avais vu une interview des jeunes acteurs l’an dernier qui m’avait donné très envie de le voir, alors peut-être que j’ai été un peu déçue, je ne suis pas sure. Ou peut-être est-ce le réalisme du film qui m’a dérangée. Je pensais que ce serait une comédie, mais j’ai plus souvent eu la gorge nouée que j’ai rigolé. Et après toute la semaine à lire des chapitres et des articles sur l’état de l’éducation dans le monde, j’avais probablement envie de quelque chose qui m’aurait permis de m’échapper un peu plus de la réalité .

La plupart des scènes se passent dans un collège de banlieue parisienne, et comme je n’ai jamais vécu en banlieue ou fait l’expérience d’un tel établissement, je ne sais pas à quel point le film reflète la réalité de ces gosses au quotidien, mais je sais que la société a tendance à les exclure et qu’ils ne partent pas avec les mêmes chances dans la vie que les gamins des beaux quartiers. Je sais aussi que les réalisateurs sont issus de ces quartiers et qu’ils connaissent bien cette réalité.

On suit la vie de ce collège pendant toute une année scolaire. Le rôle principal est tenu par une actrice que j’aime beaucoup, Zita Hanrot. C’est la CPE (conseillère principale d’éducation), nouvellement arrivée à Paris d’une région plus calme, et contrairement à beaucoup de ses collègues, elle semble avoir à cœur d’aider ces ados à trouver leur voie. Est-ce parce qu’elle débute dans le métier ? Est-ce parce qu’elle a suivi une formation plus récente ? Sera-t-elle un jour aussi désabusée que ses collègues ? Qui sait…

J’ai trouvé les ados assez attachants mais les surveillants et certains profs super agaçants, pleins de préjugés, pleins de clichés, mais je sais aussi que ce n’est pas impossible de rencontrer de telles personnalités dans la vraie vie. Quand j’étais au lycée, un lycée bien bourgeois, j’étais en internat, et les surveillantes étaient à peine plus vieilles que les plus âgées de mes copines. Elles transgressaient les règles avec nous, en fumant dans les douches par exemple. Je trouvais ça très cool à l’époque. Mon regard a bien changé…

Bien que je n’aie pas été totalement emballée, je recommande ce film. Il est facile à regarder malgré les questions qui peuvent nous traverser l’esprit et il est très intéressant pour la langue et la culture.

10,000 cours gratuits du Collège de France

Depuis la semaine dernière, je suis un MOOC extrêmement intéressant de l’université de Stanford et je suis ébahie par la qualité du contenu, le CV de l’enseignante et l’organisation du cours. Cela m’oblige aussi à être organisée et disciplinée si je souhaite pouvoir concilier travail, études de japonais, lecture, sport, temps avec mon mari, prendre des nouvelles des amis, et maintenant, ce cours, et je vis la pandémie qui frappe la planète plutôt très bien en ce moment. Pourvu que ça dure !

Pour celles et ceux qui seraient intéressé·e·s par des cours gratuits en français, d’un établissement prestigieux, le Collège de France, réputé pour son enseignement et sa recherche, en propose un nombre incroyable que ce soit en sciences humaines en mathématiques, en histoire, en littérature, ou encore en physique et chimie.

Je n’en ai suivi aucun alors je ne peux pas vraiment commenter, mais j’avais écouté quelques cours en podcast, qui demandaient quand même une certaine concentration.

Après avoir jeté un œil aux enseignants de cet établissement, je déplore le manque de professeures. Elles sont très minoritaires et la majorité des profs se ressemblent beaucoup… J’ai compté vite fait sur leur site et j’ai trouvé 58 enseignants, dont 10 femmes. Ce qui fait 17%. J’en ai peut-être oublié, parce que je n’ai pas cliqué partout, mais je trouve ce fait un peu déprimant.

Ceci étant dit, si vous souhaitez vous cultiver en français sur des sujets divers et complexes, vous pouvez le faire gratuitement avec le Collège de France.

L’hypothèse avec SI

Commençons par rappeler que l’hypothèse exprime un fait ou un état imaginé, irréel, et que la conséquence est donc aussi imaginée.

  1. Si tu m’appelais, ça me ferait plaisir.
  2. Si j’étais riche, je passerais mon temps à voyager.
  3. Si tu m’avais appelée, ça m’aurait fait plaisir.
  4. Si j’avais réussi mon examen, je serais vraiment heureuse.
  5. Si j’avais réussi mon examen, j’aurais organisé une fête.
  6. Si tu étais plus attentif, tu ne perdrais pas tout le temps tes clés.
  7. Si tu étais plus attentif, tu n’aurais pas perdu tes clés.

Avant de lire la suite, analysez les phrases ci-dessus, observez les différents temps utilisés, et demandez-vous quand se situent l’hypothèse et la conséquence pour chaque phrase : passé ? présent ? futur ?

  1. L’hypothèse et la conséquence se situent toutes deux dans l’avenir. Si tu m’appelais un de ces jours, la semaine prochaine, le mois prochain, etc., ça me ferait plaisir alors. C’est une hypothèse réalisable.
  2. Si j’étais riche maintenant, je voyagerais maintenant. Nous sommes ici dans le présent mais comme je ne suis pas riche, c’est une hypothèse irréalisable.
  3. Nous sommes ici dans le passé. Si tu m’avais appelée hier, la semaine dernière, l’autre jour, ça m’aurait fait plaisir à ce moment-là. Mais tu ne m’as pas appelée et c’est trop tard. Hypothèse irréalisable.
  4. L’hypothèse est dans le passé, la conséquence est dans le présent. Je n’ai pas réussi mon examen quand je l’ai passé et je ne suis pas vraiment heureuse maintenant. Hypothèse irréalisable.
  5. L’hypothèse est dans le passé, la conséquence pourrait être dans le passé ou dans le présent, ou même le futur, cela dépend du contexte. Je n’ai pas réussi mon examen quand je l’ai passé et je n’ai pas organisé la fête que j’aurais aimé organiser la semaine dernière ou on peut être dans le contexte où je viens de recevoir mes résultats et j’imagine que s’ils avaient été meilleurs, j’aurais commencé à organiser une fête immédiatement ou plus tard. Hypothèse irréalisable.
  6. L’hypothèse et la conséquence sont ici intemporelles. Cet homme n’est pas attentif, c’est un trait de sa personnalité, et il perd sans arrêt ses clés. C’est une hypothèse irréalisable, dans la mesure où l’on suppose que l’homme ne changera jamais.
  7. L’hypothèse est intemporelle, comme pour la 6, mais ici, la conséquence est dans le passé. L’homme a perdu ses clés hier, avant-hier, la semaine dernière… C’est une hypothèse irréalisable sans machine à voyager dans le temps car il est trop tard pour qu’il ne perde pas ses clés.

Finissons par quelques exemples à observer de la condition avec SI.

  1. Si tu me laisses gouter ton plat, je te laisse gouter le mien.
  2. S’il ne pleut pas, on ira faire une randonnée.
  3. Si vous avez réussi votre examen, on ira boire un coup.
  4. Si vous avez réussi votre examen, allons boire un coup !

Je vous laisse faire vos propres analyses ! 🙂

Livre : Nord perdu

Extrait :

Certains monolingues croient ingénument que, pour passer d’une langue à l’autre, il suffit de disposer d’excellents manuels et dictionnaires. Que nenni ! Ces outils sont même à peu près inutiles pour la communication courante. La prochaine fois que vous prenez les transports en commun, imaginez qu’un étranger se trouve à vos côtés et qu’il vous incombe de lui traduire, mot à mot, tout ce que vous entendrez au cours du trajet. C’est une tâche pour ainsi dire impossible. Ecoutez bien les gens. Que marmonnent-ils dans leur barbe ? “Putain il fait beau !”, “Eh ben dis donc !”, “M’en fous”, “Pis quoi encore ?”, “Ras-le-bol à la fin”, “Bon ça y est, je me casse”, “N’importe quoi !”… C’est lorsque ces mille syntagmes opaques deviennent enfin transparents que l’on commence à connaître réellement une langue.

Et encore : on ne la connaîtra jamais comme les natifs la connaissent. Il m’arrive encore, non pas chaque jour mais plus souvent que je n’aime à me l’admettre, de tomber sur un mot en français que je jurerais n’avoir jamais vu… alors que mes enfants, eux, le connaissent parfaitement. Comment cela est-il possible ? La mémoire des enfants est une éponge (le savoir y pénètre et s’y accumule), celle des adultes, une passoire (le savoir la traverse) !

D’autre part, ce n’est pas parce qu’on a appris un mot qu’on est capable de s’en servir…

Dîner avec des amis monolingues l’autre soir, A. et S. : très étonnés de m’entendre dire qu’il existe dans la langue française des mots, des façons de parler dont je suis, moi étrangère, incapable de me servir dans une conversation. “Quoi par exemple ?

– Eh bien… le passé simple.

Oh, ça ne compte pas, il n’y a que les académiciens qui se servent du passé simple en parlant ! C’est grotesque. Quoi d’autre ?

– Eh bien…, par exemple… : Ça me gonfle. Ça je ne peux pas le dire. Ou certains termes d’argot : des anglicismes comme news, challenge, look ; des abréviations comme perso.

– Oh ça ne compte pas, ce n’est pas une question de langue mais de génération, de milieu…

– Alors le cas échéant, surtout avec la liaison : lecazéchéant. Ça, je ne peux pas le dire.

– Oh, ça ne compte pas, c’est une question de niveau de langue, c’est une expression légaliste…”

Et ainsi de suite. Ils ne me croyaient pas ! Il ne comprenaient pas !… Alors que, bien sûr, eux aussi. Et vous aussi. Tous, nous incluons certains mots et tournures dans notre vocabulaire actif et en excluons d’autres. Seulement, l’exilé linguistique le fait après mûre, ardue, obsessionnelle pour ne pas dire paranoïaque réflexion.

Nord Perdu, Nancy Huston, 1999

Nancy Huston est canadienne anglophone. Elle écrit en français et en anglais et traduit ses propres livres. Cela faisait une éternité que je voulais lire ce petit livre qu’est Nord perdu et j’ai enfin pris le temps de le faire un soir cette semaine. Il ne contient qu’une centaine de pages, je l’ai donc lu d’une traite, tout en prenant quelques notes. L’autrice y parle de son expérience d’exilée, de son expérience de bilingue, de sa quête d’identité, 25 ans après s’être installée en France, et tellement de ses réflexions ont résonné en moi.

Ce livre devrait parler à toute personne ayant appris une autre langue que sa langue maternelle et/ou s’étant exilée dans un pays où elle doit vivre dans une autre langue que la sienne.