Quiz sur la langue et la culture françaises

J’ai passé la majeure partie de la journée à lire un livre fascinant sur le féminin et le masculin dans la langue française. J’en parlerai très bientôt.

Ce week-end, c’est le nouvel an bouddhiste. J’avais prévu de rejoindre mon mari et des amis dans le nord de la Thaïlande, mais j’ai changé d’avis au dernier moment. Je ne me sentais pas très sociable et je n’avais aucune envie de me retrouver au milieu des batailles d’eau qui sévissent dans le pays. Alors j’en profite pour lire et me reposer et je ne sors pas de chez moi avant que les gens ne redeviennent normaux. A priori, lundi. Depuis la fenêtre de mon salon, j’ai pu voir toute la journée des personnes se faire asperger d’eau alors qu’elles étaient sur leur scooter ou leur vélo, par une petite bande de jeunes armés de seaux et autres récipients. Sur une route où il y a pas mal de passage. Cela me paraît incroyablement dangereux, mais c’est la tradition. Je n’ai jamais été très traditionnelle. 🙂

J’ai vraiment envie de parler de ce livre que j’ai lu aujourd’hui, mais je veux écrire un peu plus qu’un paragraphe et je n’ai pas envie de me lancer dans un long post. Je veux m’allonger sur le canapé et regarder le premier épisode d’une nouvelle série française. Les critiques ne sont pas très bonnes, mais je veux voir par moi-même.

Mais avant, je voulais vous donner un lien vers une page sur laquelle vous trouverez des quiz instructifs sur la langue française et des informations culturelles intéressantes sur la France et d’autres pays francophones.

https://langue-francaise.tv5monde.com/jouer/quiz

Amusez-vous bien !

Le phénomène des “Tanguy” – analyse d’un article

Cette semaine est sortie en France la suite d’un film qui avait été très populaire en 2001, à part peut-être chez les garçons et les hommes du nom de Tanguy. En 2001, Tanguy avait 28 ans, il vivait encore chez ses parents, qui n’en pouvaient plus de sa présence et commençaient à perdre la raison petit à petit. Ils ne savaient plus quoi inventer pour le pousser à partir, mais lui n’en avait absolument aucune envie ! J’avais beaucoup aimé ce film que j’avais trouvé très drôle.

Tanguy 2 est maintenant dans les salles en France, et vous pouvez voir la bande-annonce sur YouTube si vous le souhaitez.

Je ne vais pas discuter les “Tanguy” aujourd’hui, mais vous montrer comment vous devriez procéder quand vous lisez un texte en français, à partir d’un article de France Info qui mentionne le film pour ensuite parler de la triste réalité de certaines personnes qui ont dû retourner vivre chez leurs parents alors qu’elles avaient plus de 40 ans.

En lisant cet article, il est fort possible que vous compreniez tout. Même si vous n’êtes pas certain du sens de certains mots, dans le contexte, vous les comprenez. Et vous pourriez vous arrêtez là et vous dire que vous avez lu un article en français et que ça suffit pour aujourd’hui, c’est déjà pas mal. Mais vous en retirez quoi au niveau linguistique ? Que va-t-il vous rester ? Allez-vous mémoriser les mots que vous comprenez dans le contexte mais n’avez jamais prononcés vous-même ? Serez-vous capable d’écrire ainsi vous-même juste parce que vous avez lu cet article en 2 minutes ?

Il y a souvent, et par souvent je veux dire toujours, un décalage entre ce que l’on comprend d’une langue étrangère et ce que l’on est capable de produire nous-même. Si l’on ne passe pas plus de temps à analyser ce que l’on reçoit de la langue, on va avoir plus de mal à l’écrire et la parler avec une grammaire irréprochable et un vocabulaire élaboré, à combiner les mots de manière naturelle, à choisir le vocabulaire approprié pour chaque situation, etc.

Comme je le répète régulièrement, recevez la langue aussi activement que possible !

Dans le texte ci-dessous, j’ai relevé les verbes conjugués (en rose), les participes passés utilisés sans auxiliaire (en jaune), d’autres formes verbales (en vert, un participe présent et un infinitif passé), les articulateurs du discours (en bleu), des mots individuels et des groupes de mots (soulignés) et des prépositions qui suivent un verbe (en rouge dans le texte). Selon vos besoins, vos priorités, et le temps dont vous disposez, vous pouvez relever plus ou moins d’éléments.

trouvé sur : https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/on-se-dit-qu-on-a-rate-sa-vie-le-difficile-retour-des-tanguy-chez-leurs-parents-apres-40-ans_3241933.html
  • On peut remarquer la variété des verbes et les différents temps et modes utilisés : présent, imparfait, passé composé, plus-que-parfait, conditionnel, subjonctif, passif.
  • On peut vérifier si l’on comprend bien l’accord des participes passés et comment ils sont utilisés quand ils n’accompagnent pas un auxiliaire.
  • On peut analyser l’utilisation du participe présent (qui pourrait être remplacé par une relative dans ce cas) et de l’infinitif passé (à la suite de “après“)
  • On peut observer les articulateurs logiques, en particulier jusqu’à ce que, suivi du subjonctif.

Et on observe le vocabulaire attentivement !

  • dégager : Connaissez-vous le sens ? Savez-vous à quel registre ce mot appartient ? Sauriez-vous l’utiliser vous-même ?
  • lâcher : Dans ce contexte, que veut-il dire ? Quel est le registre ?
  • excédé : Ne veut pas dire “exceeded” dans ce contexte
  • le film éponyme : Formule très utilisée dans les articles parlant de films et de livres
  • un long-métrage : Savez-vous ce que c’est exactement ? L’avez-vous déjà utilisé ?
  • l’illustration : Oui, vous savez ce que ça veut dire, mais sauriez-vous l’utiliser de cette façon ?
  • quitter le cocon familial : Combinaison de mots très commune
  • un fiston : Synonyme de quel mot ? Registre ?
  • encombrant : Adjectif verbal. Synonyme de quels autres adjectifs ?
  • en salles : Formule très utilisée quand on parle de cinéma et de sorties de films
  • cocasse : Synonymes ?
  • souffler : Tout comme lâcher, vous connaissez ce verbe. Mais l’avez-vous déjà utilisé pour signifier ce qu’il veut dire ici ?
  • une galère : Synonymes ? Registre ?
  • un arrêt maladie : Expression figée, pas besoin de “de” pour les connecter. On observe aussi qu’on est en arrêt maladie pour + NOM (la raison de l’arrêt)
  • un licenciement : Synonymes ?
  • une spirale infernale : Combinaison de mots commune
  • cumuler : Ce mot revient plusieurs fois, est-il clair ?
  • acculé : Il est possible que vous ne connaissiez pas ce mot. Que faites-vous ? Vous le cherchez dans le dictionnaire ! Et vous essayer de faire des phrases avec !

Etc.

Si vous travaillez au niveau C, il est impératif que vous travailliez ainsi si vous visez une réelle maîtrise de la langue. Personne ne parle parfaitement à tout instant, même pas les natifs, mais on peut s’approcher de la perfection en étant appliqué, méthodique et actif dans son apprentissage.

Stress et examen

Cela fait quelques années que j’aide les étudiants à se préparer pour les examens du DELF et du DALF, et depuis que je suis examinatrice certifiée, j’ai très majoritairement travaillé avec des candidates au DALF C1. Nationalités diverses, histoires personnelles et expériences différentes, certaines vivaient en France ou avaient vécu en France, d’autres n’y avaient jamais mis les pieds. Certaines avaient besoin du diplôme pour pouvoir candidater à un programme universitaire en France, d’autres voulaient le passer pour se prouver qu’elles avaient atteint un certain niveau. Certaines avaient un niveau vraiment avancé (linguistique et culture), d’autres avaient un niveau de connaissances un peu plus faible. Ce qu’elles avaient toutes en commun : le stress !

Je pense qu’il est tout à fait normal de stresser pour un examen, mais le niveau de stress que génère le DALF est assez incroyable. Quelques-unes de ces candidates stressaient à un niveau raisonnable, de mon point de vue, mais c’était une toute petite minorité. La plupart étaient au bord de la panique. Plusieurs étaient tellement stressées qu’elles fondaient parfois en larmes pendant les cours de préparation car la pression qu’elles ressentaient était trop intense. J’essaie toujours de donner un feedback honnête et constructif, mais je ne pense pas être effrayante au point de faire pleurer les gens !

À la dernière session d’examen, le mois dernier, un de mes amis se présentait au DALF C1. Langue maternelle espagnole. Il a vécu en France pendant huit ans quand il était plus jeune. Je l’ai connu à Londres et on a toujours parlé français ensemble. Il a des amis français à Londres avec lesquels il parle français. Il a une connexion avec la langue et la culture depuis très très longtemps. Et quand il m’a dit qu’il avait décidé de passer le C1, je lui ai dit de bien se préparer car la méthodologie est importante mais que je n’avais aucun doute qu’il le réussirait. Cet ami a plus de 40 ans.

Une semaine avant l’examen (pour lequel il se préparait seul), il me contacte pour me dire qu’il pense ne pas s’y présenter car il est persuadé qu’il va échouer, c’est trop difficile, son français n’est pas assez bon, ça ne sert à rien. J’ai un peu rigolé, car je sais que son français est très bon et qu’il est impossible qu’il échoue. Bien sûr, vu qu’il vit à Londres depuis des années maintenant, son français n’est plus aussi précis qu’il l’était quand il vivait en France et quand il écrit, il fait des fautes d’orthographe car ce n’est pas une compétence qu’il pratique régulièrement. Mais il ne fait pas plus de fautes que certains Français. D’ailleurs, il en fait moins que beaucoup d’entre eux.

On s’est appelés sur Skype, on a discuté un peu et il m’a présenté l’introduction d’un exposé de PO qu’il avait commencé à préparer. C’était excellent. Méthodologiquement parfait et plein de vocabulaire avancé. Je lui ai dit qu’il n’avait aucun souci à se faire et qu’il fallait qu’il arrête de flipper comme ça. Après l’épreuve de PO, il m’a envoyé un message pour me dire que ça s’était bien passé, et après les épreuves collectives, la même chose ! Je suis sûre qu’il aura une très bonne note.

Mais j’ai pris conscience de quelque chose grâce à lui : cet examen rend les gens fous !

C’est un examen difficile, c’est vrai, et c’est pourquoi il est important de s’y présenter quand on a vraiment le niveau. Si l’on a tendance à stresser facilement et que l’on n’a pas un besoin urgent d’obtenir le diplôme, il faut prendre le temps de se préparer. Ce qui ne veut pas dire faire des examens blancs toutes les semaines, mais continuer à étudier le français avec régularité. Lire, écrire, écouter, parler, s’intéresser à la culture, enrichir son vocabulaire, perfectionner sa grammaire, prendre conscience de ses faiblesses et essayer de s’améliorer. Être actif dans son apprentissage. Être en contact régulier avec la langue. Développer ses connaissances en méthodologie de l’écrit et de l’oral et en argumentation.

Si vous voulez étudier en France et que vous avez besoin du C1 pour pouvoir vous inscrire à la fac, vous pouvez le réussir avec une bonne préparation même si votre niveau n’est pas exactement ce qu’il devrait être, car la note finale est la moyenne des 4 épreuves et si vous êtes bon en compréhension, vous pouvez atteindre les 50 points nécessaires pour obtenir le diplôme sans obtenir de très bons résultats en PO et en PE. Mais si vous ne faites rien pour perfectionner votre français ensuite, vos études risquent d’être douloureuses.

Cependant, si vous êtes déterminé et discipliné, tout est possible. Une de mes étudiantes a fait exactement ça. Elle savait que son niveau n’était pas exactement ce qu’il devait être pour commencer un master en France, mais elle a préparé le C1 sérieusement pour pouvoir candidater. Elle l’a réussi avec une note moyenne. Puis elle a continué à étudier la langue. Moins d’un an après, elle a obtenu d’excellents résultats à ses partiels de master, et moi je parierais gros sur elle si elle se présentait au C2.

Si vous considérez passer le DALF, réfléchissez bien avant de vous lancer. Déterminez tout d’abord les raisons pour lesquelles vous le voulez, ce bout de papier, et demandez-vous si c’est une urgence absolue. Si vous le voulez pour avoir une ligne de plus à mettre sur votre CV, alors peu importe votre note finale. Mais si c’est un défi personnel ou parce que vous désirez étudier en France, visez haut ! Et continuez à étudier après l’examen, car une langue qui n’est pas pratiquée se perd avec le temps.

Et pour finir, je dirais qu’aucun examen ne vaut la peine qu’on se rende malade ! Ce n’est pas facile sur le moment, mais il faut aussi apprendre à prendre du recul. Étant moi-même de nature très anxieuse, je n’applique pas toujours ce que je préconise, évidemment, mais avec le recul, je sais que c’était complètement ridicule de stresser comme je le faisais pendant mon master. Du grand n’importe quoi !

Alors, avant de vous inscrire, soyez conscient que ce sera difficile, engagez-vous à travailler suffisamment pour atteindre vos objectifs, quels qu’ils soient, et promettez-vous de rationaliser et de prendre du recul.

Pratiquer le son /a/ avec un texte farfelu qui parle d’un lama et d’un alpaga

Le son /a/ est parfois problématique pour les anglophones, qui même quand ils parlent très bien français, oublient parfois de bien ouvrir la bouche pour produire le son correct.

Je ne suis pas une grande amatrice de poésie, mais le format d’un poème est assez adéquat pour pratiquer la prononciation. Après trop de temps à en rechercher un qui me plaisait et qui contenait des /a/ sans être trop compliqué, j’ai décidé d’écrire moi-même un texte avec des /a/. Ce n’est pas un chef-d’oeuvre, mais il contient beaucoup de /a/ et si vous avez tendance à oublier de bien ouvrir vos voyelles, vous pouvez l’utiliser pour pratiquer votre /a/ !

Un lama, ça n’a pas de bras et ça adore le chocolat

Ça habite à la montagne et ça s’habille en parka

Un alpaga, ça ressemble à un lama et pas du tout à un rat

Ça attaque les amateurs qui s’aventurent en altitude

Ces animaux sont adorables

Mais prenez garde à leur crachat

an VS année

Comment choisir entre an et année, puisqu’ils signifient exactement la même chose ? C’est un mystère que nombre d’étudiants avancés n’ont toujours pas élucidé. 🙂

Pourtant, ce n’est pas sorcier, je vous le promets ! Lisez ce qui suit et vous ne direz plus jamais *toutes les quatre années 😉

On utilise an :

  • avec les nombres : un an, cinq ans, 30 ans, 100 ans, 596 ans, 1000 ans, 10 000 ans, 100 000 ans, 999 999 ans (mais à partir d’un million, on utilise années : un million d’années)
  • pour exprimer la fréquence : une fois par an, 10 fois par an
  • dans certaines expressions : le nouvel an, le premier de l’an, l’an 2000, l’an dernier, l’an prochain (on peut aussi dire l’année dernière et l’année prochaine)

On utilise année :

  • avec les expressions de quantité (autres que les nombres) : quelques années, plusieurs années, une vingtaine d’années, chaque année, combien d’années, des années, un grand nombre d’années, un millier d’années, trois millions d’années (millier et million sont des noms suivis de de, pas des nombres)
  • pour exprimer la fréquence : 1 année sur 2, 3 années sur 4…
  • après un adjectif : une bonne année, deux longues années, la quatrième année, une grande année, de belles années
  • avant un adjectif : une année formidable, une année interminable, des années inoubliables, une année difficile, une année mémorable
  • après certaines prépositions : dans l’année, en début d’année, en fin d’année, en cours d’année

Endroit, lieu

En anglais, on utilise beaucoup le mot “place“:

  • I went to a great place this weekend.
  • This park is my favourite place in the city.
  • She bought a new place in the suburbs.

En français, on a aussi le mot “place” et s’il peut parfois être traduire le mot anglais, ce n’est pas toujours le cas. Dans ces exemples, a place ne peut pas être traduit par une place en français. On dirait plutôt :

  • Je suis allée dans un super endroit ce week-end.
  • Ce parc est mon endroit préféré en ville.
  • Elle a acheté une nouvelle maison en banlieue.

Lieu est un synonyme d’endroit que les étudiants tendent à utiliser quand ils ont compris que place n’était pas correct, mais comme je l’explique souvent, on a tendance à utiliser endroit plus fréquemment que lieu. Lieu n’est pas incorrect, mais je dirais qu’endroit est plus naturel.

Cependant, on parle de lieu de travail, pour désigner l’endroit où l’on travaille.

7 jours sur la planète

Sur cette chaîne YouTube, vous pouvez trouver des vidéos en français, sous-titrées en français. Idéal pour pratiquer votre compréhension orale et l’écoute active.

Elle propose des interviews de moins 10 minutes sur des sujets variés : politique, société, culture, économie, éducation, histoire, écologie, sport, sciences, etc. Ces interviews ne concernent pas seulement le monde francophone. Il peut être question de racisme aux Etats-Unis, de femmes en Arabie Saoudite, ou de cannabis en Uruguay. Vous trouverez forcément quelque chose qui vous intéressera !

C’est toujours plus intéressant de travailler avec vidéos récentes, mais d’un point de vue linguistique, toutes ces vidéos valent la peine d’être regardées. Les sous-titres sont une béquille sur laquelle s’appuyer, mais vous n’êtes pas obligé de les lire. Prenez des notes sur ce que vous entendez et comme ce n’est jamais très long, vous pouvez les réécouter plusieurs fois.

La dernière personne interviewée est un politique, invité pour parler de démocratie et de souveraineté et présenter son livre, Imparfaites Démocraties.

L’humour sexiste

Selon notre culture et le pays où nous vivons, nous sommes confrontés au sexisme plus ou moins fréquemment. Dans toutes ses formes. Bien que je ne vive plus en France depuis de nombreuses années, j’ai gardé une certaine connexion avec le pays et la culture, en partie pour mon travail et aussi parce que j’ai des amis français, qui vivent en France et un peu partout dans le monde.

Après avoir rejeté tout ce qui était français pendant quelques années après mon départ, je me suis remise à écouter des émissions de radio françaises, je regarde des vidéos françaises en ligne, je lis des livres français, je lis les journaux français, je regarde des films français et j’essaie de me tenir au courant de ce qui s’y passe. Surtout pour le travail, mais aussi par curiosité. J’essaie de suivre l’évolution de cette culture qui me paraît parfois si étrangère et si familière à la fois.

Quand j’ai quitté la France, j’avais une multitude de raisons et je savais que je n’y revivrais jamais. Je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie, mais je savais que je ne voulais plus y vivre. Il y avait tellement de choses qui me déplaisaient que j’avais du mal à l’expliquer clairement aux autres. Bien sûr qu’il était préférable de vivre en France que dans des pays en guerre ou contrôlés par la mafia et les trafiquants de drogue, mais moi, j’étouffais en France. Et le sexisme ambiant était une de ces choses qui m’étouffaient horriblement.

Je vais généraliser ici, et bien sûr qu’ils ne sont pas tous pareils, mais de mon point de vue, l’homme français est très imbu de lui-même et quand il se comporte en gros lourd avec une femme, il pense qu’il est charmant et que s’il insiste, elle finira par être d’accord avec lui. Et il y a tous ces “humoristes” qui se trouvent hilarants en faisant des blagues sexistes pas du tout subtiles. Ils existaient alors et ils existent encore. Il suffit de voir tout ce que Brigitte Macron s’est pris dans la tête dès que son mari s’est retrouvé sur le devant de la scène. Et ça continue deux ans après. Puis il y a cette tribune ridicule publiée dans le Monde quand le mouvement #metoo a commencé. Je ne tenais pas ce blog à l’époque, mais mes étudiants en ont entendu parler ! J’étais furieuse ! Je me disais qu’il n’y a qu’en France qu’on ne veut pas voir la réalité en face et que des femmes écrivent dans un journal national pour défendre le droit des hommes à importuner les femmes. Où l’on pense que les frotteurs du métro, ce n’est pas un vrai problème. Où les médias défendent un agresseur sexuel (DSK, alors directeur du FMI et futur candidat à la présidentielle française), sous prétexte que c’est juste un Don Juan et que les Américains ne peuvent pas comprendre l’amour à la française. Aaaaaargh !

Je compare la France avec d’autres pays occidentaux seulement. Mais en même temps, je ne me suis jamais fait emmerder au Vietnam, au Cambodge ou en Thaïlande, comme j’ai pu me faire emmerder en France. Peut-être que le fait que je sois plus grande que la population locale aide, et bien que ce ne soit pas forcément des pays modèles en matière d’égalité, dans la sphère publique, je ressens une certaine sécurité que je ne ressentais pas et ne ressens toujours pas en France.

Ma perception de la France à travers mes amis, les podcasts, la radio, la télé, les journaux, les humoristes, et les quelques fois où j’y suis retournée (3 fois l’an passé quand même !) n’est toujours pas très positive. Il y a quelque chose de foncièrement dérangeant pour moi dans la mentalité française. Et j’en reparlerai sûrement un paquet de fois dans de futurs posts car la liste est longue et je ne sais pas si la journée suffirait à tout énumérer.

Mais cette semaine, j’ai écouté un épisode du podcast Les couilles sur la table, diffusé en février 2018, dans lequel Victoire Tuaillon interviewait Laurent Sciamma, humoriste dont je n’avais jamais entendu parler et dont j’aimerais entendre beaucoup plus parler ! Un homme qui reconnaît qu’il vit dans un monde dans lequel son statut d’homme (blanc) lui donne des avantages évidents et qui remet en cause l’ordre établi en se moquant gentiment du mâle alpha. Cela fait longtemps que les humoristes anglophones dénoncent le patriarcat, cela fait longtemps que le sexisme est mal vu dans le monde anglo-saxon (ce n’est pas pour ça qu’il n’existe pas, mais au moins, on le dénonce de plus en plus et de plus en plus fort) et j’espère que pour une fois, on n’attendra pas 10 ans pour faire comme les Américains et les Anglais !

Le podcast dure 38 minutes, si vous avez le temps. Et voici une petite vidéo de Laurent Sciamma qui se moque gentiment des réactions de certains hommes au mouvement #metoo :

Les anglicismes

Cette semaine, mon téléphone m’a suggéré cet article du journal suisse Le Temps.

Il y est question de tous ces mots anglais qui s’immiscent dans la langue française et de la relation qu’entretiennent les francophones avec ces anglicismes. Apparemment, le journal reçoit régulièrement des courriers de lecteurs outrés de trouver autant d’anglicismes dans ses pages.

Personnellement, ce qui me choque, c’est quand l’anglais est mal utilisé. Et ça m’agace un peu quand on calque la structure d’une expression anglaise, alors qu’on a pratiquement la même en français. L’article donne quelques exemples incluant faire sens, qui se dit de plus en plus au lieu d’avoir du sens. Je crois qu’au Canada, ils le disent vraiment comme ça. Mais en France, on dit que les choses ont du sens. Avec le verbe avoir. Ou peut-on dire que maintenant, on dit aussi faire sens, puisque de plus en plus de gens le disent ?

C’est compliqué.

Mais je le remarque de plus en plus. Quand j’écoute des podcasts français, il y a des tonnes d’anglicismes. Les Français ont aussi un truc pour le mot fuck. Le mot est bipé à la télé aux US dans la majorité des programmes. Je crois qu’il l’est aussi au Royaume-Uni avant une certaine heure le soir. Mais en France, il semble tout à fait acceptable de jurer à la télé ou à la radio, tant que c’est fait en anglais. Bizarre, non?

Après avoir dit tout ceci, je dois avouer que dans la vie de tous les jours, quand je parle avec mes amies françaises, j’ai tendance à mélanger mes langues et à écrire des textos en franglais, surtout à mes copines qui parlent les deux langues à un niveau avancé. Je le fais beaucoup moins avec celles qui parlent très peu anglais. Et c’est là que je me dis que ponctuer régulièrement son français d’anglicismes, c’est pas très sympa pour les Français qui ne parlent pas anglais. C’est une façon de les exclure. Une façon de leur dire qu’ils sont dépassés par le monde d’aujourd’hui. Que s’ils ne parlent pas anglais, il faudra qu’ils s’habituent à ne plus tout comprendre.

Parler et comprendre l’anglais est vu comme quelque chose de cool chez les Français (et Suisses francophones apparemment), comme le conclut cet article. Je suis plutôt d’accord avec la journaliste sur le fait que l’anglais est bien pratique et exprime plus simplement certains concepts, et c’est pour cela que je parle autant en franglais. Mais tant que l’anglais ne sera pas mieux enseigné à l’école à tous les Français, pas seulement aux plus riches qui ont les moyens d’être scolarisés dans de bonnes écoles, ce n’est pas très juste que les médias en fassent autant usage, sans éduquer la population avant. J’ai des amis qui ont très peu de connaissances en anglais et ils ne sont même pas si vieux que ça. Alors j’imagine que beaucoup de personnes plus âgées que mes amis sont un peu perdues à la lecture de certains articles et confuses en écoutant la radio. Si les journalistes tiennent tant à mettre de l’anglais dans leurs articles, ils pourraient y joindre un lexique peut-être…

Lire la presse francophone pour préparer le DELF et le DALF

Si vous avez l’intention de passer le DELF B2 ou le DALF un jour, il pourrait être très utile pour vous de vous familiariser avec la presse francophone dès maintenant, et de ne pas attendre la dernière minute.

Pour les épreuves de compréhension écrite et de production orale, la plupart des textes sont tirés de journaux et de sites Internet français. Habituez-vous au style journalistique ! De plus, si vous lisez régulièrement la presse, vous remarquerez que les mêmes mots et les mêmes structures reviennent régulièrement. Variez les rubriques que vous lisez. Prenez des notes quand vous lisez. Repérez le nouveau vocabulaire. Observez les structures des phrases et les techniques qu’utilisent les journalistes pour éviter les répétitions. Analyser les articles : Comment est structuré le texte? Quelle idée chaque paragraphe contient-il ? Y a-t-il des connecteurs logiques ? Quels sont-ils ?

J’ai créé un document dans lequel vous trouverez des liens vers des quotidiens et hebdomadaires français et francophones et des magazines spécialisés. Vous le trouverez ici.

J’essaie également de partager au moins un article chaque semaine sur ce blog.