Ces mots avec un s final qui se prononce

Quand on commence à étudier le français, nos profs ont tendance à nous répéter continuellement qu’on ne prononce pas certaines consonnes finales en français. On ne prononce généralement pas le t, le d, le p, le x, le z et le s quand ils sont en position finale d’un mot et qu’on prononce ce mot individuellement. J’ai tendance à beaucoup insister sur le s car on le retrouve souvent, ne serait-ce qu’avec les pluriels. 

Cependant, il y a évidemment certains mots pour lesquels il faut prononcer le s final ! Sinon ça ne serait pas drôle. 🙂 Et évidemment, les étudiants qui retiennent bien les règles tendent à appliquer la règle générale et à ne jamais prononcer le s final. 

Je ne vais pas en dresser toute la liste mais voici une petite compilation de mots communs pour lesquels il faut toujours prononcer le s final (je n’inclus pas les mots avec ss, tels que stress ou boss, car pour ceux-ci, la règle est de prononcer /s/ à la fin de toute façon) : 

  • un bus
  • un sens (je l’entends très souvent prononcé /sã/)
  • un fils
  • mars (et celui-ci /maʁ)
  • un ours
  • le tennis
  • un os
  • un as
  • un virus
  • un campus
  • une oasis
  • un couscous
  • une vis
  • un tournevis
  • hélas
  • jadis

Comme ou comment ?

Voici deux mots facilement confondus par mes étudiantes espagnoles, italiennes et brésiliennes. 

Quelques exemples entendus dernièrement, de quatre étudiantes : 

  • *J’aime comprendre comme les gens vivent.
  • *Je vais voir comme c’est dans l’autre cours.
  • * Je sais pas comme faire. 
  • *Je ne sais pas comme on en est arrivé là. 
  • *Elle sait comme faire.
  • *Je me demande comme ça va finir.

Ce qu’on peut remarquer, c’est que c’est toujours la même erreur. Elles font toutes la même, et utilise comme au lieu de comment dans les mêmes structures. Dans leurs langues, comme et comment se disent de la même façon et même quand on parle déjà bien français, il est commun de continuer à faire l’erreur de temps en temps. 

Comment peut être un adverbe interrogatif direct ou indirect ou un adverbe exclamatif.

  • Comment allez-vous ? (=how?)
  • Je ne sais pas comment dire ça. (=how)
  • Comment ! C’est ainsi que tu te tiens à table ! (=what!)

Comme peut être une conjonction de comparaison, une conjonction de manière, une conjonction de cause, une conjonction de temps, mais aussi un adverbe interrogatif et exclamatif.

  • Il se comporte comme un adolescent, malgré ses 30 ans. (=like)
  • Gentille comme elle est, je suis sûre qu’elle t’aidera. (=as)
  • Comme il n’aime pas les épinards, je lui ai fait des petits pois. (=since, as)
  • Il est arrivé comme je partais. (=as, when)
  • Regarde comme elle va vite. Je pense qu’elle va gagner la course ! (=how)
  • Tu le connais, tu sais comme il est ! (=how)

Dans les deux derniers exemples, on pourrait aussi dire comment, et c’est à mon avis ce qui rend la confusion facile. J’aurais alors tendance à conseiller d’utiliser plutôt comment. Personnellement, dans la dernière phrase, j’utiliserais indifféremment les deux. Dans l’avant-dernière par contre, j’utiliserais beaucoup moins facilement comment. Cependant, c’est seulement une question de registre de langue. Comme est plus soutenu que comment dans ce cas et je préfère la sonorité de la phrase avec comme.  

Mon dictionnaire (ce cher Robert) m’informe que la construction avec comme quand il est en concurrence avec comment est archaïque, sauf avec certains verbes. Il dit ceci : 

Source : Grand Robert en ligne (euphonie : harmonie des sons qui se succèdent)

Quelle galère !

Ces derniers temps, j’ai des petits soucis d’adaptation dans mon nouveau pays d’accueil. Quand mes amis me demandent comment ça va, je leur réponds que pour être honnête, je galère un peu. J’aime bien ce mot, et en ce moment, il est tout à fait adapté à ce que je ressens. 

Le premier sens du nom galère (fém.), c’est ça : 

une galère

Les hommes qui ramaient pour faire avancer la galère s’appelaient des galériens. Certains étaient des esclaves, d’autres des criminels. 

Evidemment, je n’ai pas de navire et je ne passe pas mes journées à ramer. Quand on dit qu’on galère, c’est qu’on est dans une situation difficile, que la vie n’est pas facile au jour le jour. Si on a des problèmes financiers par exemple, on peut dire qu’on galère ou qu’on est en galère. C’est très utilisé pour parler de problèmes d’argent, mais pas seulement. 

On peut aussi utiliser cette expression pour quelque chose de ponctuel ou une situation précise. On peut l’employer comme nom ou comme adjectif. Par exemple, je pourrais vous dire que c’est vraiment galère d’aller au supermarché de chez moi. Cela demande une organisation très précise car il faut que j’y aille en taxi et il faut que je calcule d’y aller en dehors des heures de pointe si je ne veux pas être coincée dans les embouteillages pendant une heure. C’est tellement galère que j’y vais le moins possible. Mais quand on s’est installés ici, il a fallu acheter des objets assez encombrants pour la maison et quelle galère pour tout transporter ! Alors il a fallu s’organiser et faire nos achats en plusieurs fois. Vivre en dehors du centre, c’est une vraie galère pour moi. Mais bon, j’ai connu des gens bien plus en galère que moi et j’essaie de relativiser.

Cependant, c’est difficile par moments parce que je galère aussi avec la langue. Comme je ne peux pas vraiment parler la langue du pays, je galère pour communiquer et par conséquent je galère avec la nourriture car je ne peux pas bien expliquer mes allergies. Je suis une galérienne, mais j’espère que ce n’est que temporaire !

Si vous souhaitez vivre en France, soyez plus sérieux que moi dans votre apprentissage de la langue et de la culture car c’est vraiment galère de vivre dans un pays où l’on ne comprend pas grand-chose ! 😬

Les malentendus, ça arrive aussi quand on parle la même langue

J’ai besoin de rire en ce moment, et YouTube m’aide pas mal. Cette semaine, il m’a suggéré plein de vidéos plus ou moins marrantes, dont celle-ci

Un peu de vocabulaire, majoritairement familier, tiré de la vidéo : 

  • la meuf : la femme (c’est du verlan, un type d’argot qui consiste à inverser les syllabes)
  • se faire draguer : quand on drague quelqu’un, on essaie de le/la séduire en espérant que ça débouche sur une relation amoureuse ou sexuelle. Si quelqu’un vous drague, vous pouvez dire que vous vous êtes fait draguer.
  • faire exprès de faire qqch : faire qqch intentionnellement
  • faire genre : faire comme si
  • une pompe : argot pour chaussure
  • le coup du/de… : on peut utiliser cette formule avec beaucoup d’actes qui sont plus ou moins habituels et reconnus comme une technique spécifique pour atteindre un but.
  • une bite : très familier, plutôt vulgaire, mais très utilisé pour dire pénis. 
  • carrément : selon le contexte, il pourra être traduit de différentes façons. Ici, ça veut dire complètement, vraiment. 
  • qu’est-ce que j’ai branlé ? : familier et vulgaire, mais aussi très utilisé, c’est une variation du familier, mais un peu moins vulgaire, qu’est-ce que j’ai foutu ?, ou en d’autres termes plus standards : qu’est-ce que j’ai fait ?
  • quel ringard ! : quel nul ! quel incapable ! qu’il est ridicule !
  • puer des pieds : sentir mauvais des pieds
  • le cul : les fesses
  • ça me fait chier de + infinitif : familier et vulgaire, et aussi très employé par les Français (moi incluse), on dit ça quand quelque chose nous emmerde (oups, ça aussi c’est familier et vulgaire). Quand on n’est pas content d’une situation, quand on n’a pas envie de faire quelque chose, quand on trouve quelque chose très agaçant, on va dire que ça nous fait chier. 
  • c’est une blague ! : on dit ça quand on trouve une situation ridicule, incroyable
  • un connard : familier et vulgaire pour qualifier un homme qu’on trouve très stupide. Pour une femme, on dit connasse. 
  • elle a l’air un peu ouf : encore du verlan. Ouf veut dire fou. Ou folle. 
  • un mec : argot pour dire un homme
  • prendre qqn pour qqch : elle dit tu m’as pris pour quoi ? (elle aurait dû dire prise, d’ailleurs) ce qui veut dire qu’elle se demande ce qu’il pense d’elle. On entend parfois : faut arrêter de prendre les gens pour des cons = il faut arrêter de penser que les gens sont stupides. 
  • une briseuse de couple : une femme qui essaie de faire rompre un couple
  • les couilles : familier et vulgaire pour dire testicules
  • se barrer : argot pour partir
  • terminer en beauté : elle le dit ironiquement ici, mais on peut dire ça d’un sportif par exemple. S’il termine la course en beauté, il a probablement gagné.
  • tu crois qu’on me l’a jamais fait, ce coup-là ? : tu crois que c’est la première fois que je vois ça, que je fais cette expérience ?
  • forcément : obligatoirement, nécessairement
  • taré : argot pour fou

La raclette

Cette semaine, mon mari est rentré du travail avec une surprise pour moi. Un marché de petits producteurs s’était tenu à son travail et il y avait un marchand suisse qui vendait de la raclette. Quand j’ai vu le récipient rempli de pommes de terre, raclette, et salade, j’étais comme une enfant à Disneyland. J’ai tout mangé en deux temps trois mouvements. Et je lui ai fait les yeux doux pour qu’il aille m’en chercher une autre. Tant pis pour le régime !

La raclette est originaire de Suisse, mais c’est aussi un plat régional en France. Quand je vivais dans les Alpes, tous mes amis avaient un appareil à raclette. Et beaucoup de Français vivant dans d’autres régions en ont un aussi. J’ai même vécu dans une maison à Londres où il y en avait un. 

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est la raclette, vous vous demandez peut-être de quoi je peux bien parler quand je parle d’un appareil à raclette. 

En voici un exemple

Quand on parle de faire une raclette, on a ça en tête. Il y a plusieurs façons d’accompagner la raclette. Moi, je l’ai toujours connue avec des pommes de terre, de la charcuterie, des cornichons et de la salade. Il faut brancher l’appareil et chaque personne dispose d’un poêlon individuel dans lequel on  place le fromage, qui fond sous le gril. Une fois qu’il est fondu comme on l’aime, on le verse dans notre assiette, sur les pommes de terre ou ailleurs, selon nos goûts.

Comme ça

Evidemment, ce n’est pas un plat de régime. C’est très lourd. Et si vous prévoyez une raclette chez vous, soyez conscient que cela risque de parfumer votre maison d’une odeur très forte de fromage et que c’est mieux de garder les portes fermées. Ou de l’organiser chez des copains 🙂

Allergies alimentaires et accent canadien

En faisant des recherches en ligne pour moi-même, je suis tombée sur cet extrait tiré d’une émission de radio canadienne et je me suis dit que j’allais le partager ici pour deux raisons : la première, c’est que quand on a des allergies ou des intolérances alimentaires et qu’on se trouve dans un pays étranger, c’est vraiment très utile de connaître un minimum de vocabulaire en rapport avec nos allergies (j’ai certaines intolérances et le fait de ne pas pouvoir expliquer clairement ce que je ne peux pas manger quand je suis au restaurant est très problématique !) ; la deuxième raison, c’est l’accent ! Pour ma part, j’ai longtemps trouvé certains accents anglophones difficiles à comprendre et encore maintenant, il y en a certains avec lesquels j’ai du mal. Et je sais que pour les apprenants de français, il est tout aussi difficile de comprendre certains accents. L’accent canadien est même parfois difficile à comprendre pour moi et pour beaucoup de Français. 

Ecoutez l’extrait et faites-vous un avis par vous-même. Il dure 6 minutes (il est indiqué 10 minutes mais le thème change après 6 minutes). Vous entendrez l’interview d’un allergologue qui donne son avis sur les tests de dépistages d’allergies alimentaires que l’on peut faire chez soi. Remarquez la prononciation de “pas”, “ça”, du “a” en général, et celle des voyelles nasales. 

Un peu de vocabulaire que vous entendrez, sur le thème des allergies : 

  • le système immunitaire
  • l’intolérance au lactose
  • un produit laitier
  • digérer
  • la sensibilité alimentaire
  • une maladie chronique
  • des maux de tête (pluriel de “un mal de tête)
  • l’insomnie
  • la léthargie
  • l’effet placebo
  • un déficit nutritionnel
  • une analyse de sang
  • le syndrome du côlon irritable
  • un test sanguin
  • un injecteur d’adrénaline

Un peu de vocabulaire sans rapport particulier avec les allergies : 

  • à portée de main
  • le flou artistique

Remarquez aussi que les deux hommes se saluent en ce disant “bon matin”, ce qui ne se dit pas en France. 

L’importance de se relire

J’essaie toujours d’encourager mes étudiants à écrire, même s’ils ne préparent pas d’examen. La majorité d’entre eux sont contents de le faire et se rendent compte que c’est important de travailler la langue de cette façon aussi. Ecrire permet de penser au langage et de le manipuler différemment. Et l’on se rend souvent compte que ce n’est pas une tâche très facile. Pourtant, plus on le fait, plus on est à l’aise avec l’écriture, même si parfois, c’est vraiment frustrant de ne pas arriver à formuler sa pensée clairement. 

Quand on parle, on peut se permettre de ne pas finir une phrase, on peut revenir en arrière, on peut être approximatif avec la grammaire, ce qu’on a dit fait déjà partie du passé. Il n’y a pas de trace. Quand on écrit, ça reste. Les erreurs sont là, noir sur blanc. Certains étudiants écrivent comme ils parlent, d’autres écrivent comme ils écriraient dans leur langue maternelle, en traduisant littéralement ce qu’ils veulent dire. Cela demande beaucoup de pratique de pouvoir écrire parfaitement. On a l’impression de ne pas voir les progrès qu’on fait. On ne sait pas par où commencer pour bien écrire. On peut facilement se sentir découragé. Mais chez mes étudiantes qui écrivent régulièrement, je vois le progrès.

On ne peut pas améliorer et corriger tout en même temps. Il faut être patient et il faut être méthodique. La première chose sur laquelle j’insiste, c’est la relecture. Je corrige plusieurs écrits par semaine, majoritairement de niveaux B2 et C1, tous écrits par des étudiantes qui ont des connaissances grammaticales assez solides. Et pourtant, je relève toujours beaucoup trop de verbes conjugués incorrectement et d’adjectifs mal accordés. Une fois que j’ai surligné les erreurs de ce type, elles sont toutes capables de se corriger car elles connaissent parfaitement les règles de conjugaison et d’accords. Mais cela ne les empêche pas de faire des fautes. 

 Je le dis et je le redis : il faut se relire attentivement. Pour chaque verbe, on se demande quel est le sujet et on vérifie si la conjugaison est correcte. Pour chaque adjectif, on se demande à quel nom il fait référence et on vérifie si l’accord est logique. Si l’on a un doute sur le genre d’un nom, on fait en sorte que le déterminant et l’adjectif coïncident. 

Ce n’est pas facile de se relire et de repérer ses erreurs quand on vient juste d’écrire un texte. C’est aussi pour ça que je conseille de se donner du temps, pour pouvoir relire à froid. Mais si l’on manque de temps, il faut vraiment s’arrêter à chaque verbe et à chaque adjectif et se poser la bonne question. C’est basique, mais c’est nécessaire ! Au bout d’un moment, ça deviendra naturel et vous y passerez moins de temps car vous y aurez déjà réfléchi en écrivant votre brouillon. Une fois les fautes basiques éliminées, on pourra se concentrer sur la structure des phrases et la variété du vocabulaire.  

Prononcer les nombres

Si vous êtes capable de lire ce que j’écris ici, vous êtes sans aucun doute capable de compter en français. Vous savez aussi très certainement prononcer les nombres de 1 à 20 correctement quand vous les prononcez individuellement ou en fin de phrase. L’erreur que j’entends le plus souvent, c’est avec le 7. Certains étudiants persistent à prononcer le p alors qu’il ne se prononce pas (sept : /sɛt/). Mais dans l’ensemble, il n’y a pas vraiment de problèmes.

Par contre, quand ils sont suivis d’un autre mot, ils peuvent se prononcer différemment et les étudiants ne sont pas toujours certains de la prononciation ou ne connaissent tout simplement pas les règles. 

Cela va concerner 5, 6, 8 et 10 (et donc 25, 36, 48, 70, etc. – tous les nombres se terminant par ces chiffres)

On dit : Elle a 35 ans /tʁãtsɛ̃kã/, mais 35% /tʁãtsɛ̃puʁsã/. Si 5 est suivi d’un mot commençant par une consonne, on ne prononce pas le /k/ final. Ceci dit, beaucoup de Français le prononcent, moi incluse de temps à autre. Cependant, on ne le prononce jamais dans 500 /sɛ̃sã/.

On dit : Elle a 6 ans /sizã/, mais 6 livres /silivʁ/ ou 6 chaises /siʃɛz/. Suivi d’une voyelle, on fait la liaison avec le /z/. Suivi d’une consonne, on ne prononce pas la consonne finale de six. 6 devient /si/

C’est pareil pour 10 : 
Elle a 10 ans /dizã/, mais 10 livres /dilivʁ/ ou 10 chaises /diʃɛz/. Suivi d’une voyelle, on fait la liaison avec le /z/. Suivi d’une consonne, on ne prononce pas la consonne finale de dix. 10 devient /di/

Il nous reste 8 : 
Elle a 8 ans /ɥitã/, mais 8 livres /ɥilivʁ/ ou 8 chaises /ɥiʃɛz/. Suivi d’une voyelle, on fait la liaison avec le /t/. Suivi d’une consonne, on ne prononce pas la consonne finale de huit. 8 devient /ɥi/

Je vais aussi mentionner le 20. Personnellement, je le prononce /vɛ̃/. Certains Français prononcent le t final /vɛ̃t/. Mais pour 22, 23, 24, etc., on prononce le t final de vingt (/vɛ̃tdø/, /vɛ̃ttʁwa/, /vɛ̃tkatʁ/…)

Comment prononceriez-vous ce qui suit ?

  • 25 pour cent
  • 685 élèves
  • 48 éléphants
  • 158 personnes
  • 36 balais
  • 536 habitants
  • 170 pays
  • 90 euros
  • 720 dollars
  • 823 euros

Quelque chose de…

  • J’ai envie de manger quelque chose de sucré. 
  • Je ne veux pas regarder quelque chose de triste.
  • Il m’a dit quelque chose d’intéressant. 
  • Je voudrais essayer quelque chose de différent. 

Ces quatre phrases sont correctes. Toutefois, mes étudiants font souvent une ou deux erreurs avec cette structure. A votre avis, quelles sont-elles ?

La première, c’est qu’ils oublient le de. En anglais, on traduirait par something sweet, something sad, something interesting, something different. Pas besoin d’une préposition. D’où l’oubli en français . La deuxième, c’est qu’ils mettent parfois l’adjectif au féminin. Soit parce qu’ils raisonnent que chose est un nom féminin, soit parce qu’ils se réfèrent à un nom féminin et pensent qu’il faut accorder l’adjectif.

Mais quelque chose de est toujours suivi de l’adjectif masculin, comme c’est !

Bof

Voici un petit mot bien français que j’utilise assez souvent. Je l’utilise en réponse à des questions telles que : “t’as aimé ce film ? – bof“, “t’as pensé quoi de ce restaurant ? – bof“, “ça te dit de te faire un ciné ce week-end ? – bof“, “ça va? – bof“. Je l’utilise aussi en cours de temps en temps pour commenter sur Skype quelque chose qu’un étudiant a dit. Cela va vite à écrire et ça dit bien ce que je veux dire.

J’ai regardé dans le dictionnaire pour voir quelle définition ils y donnaient : interjection exprimant le mépris, la lassitude, l’indifférence. 

J’ai envie de dire bof. Pour moi et pour la majorité des Français je pense, bof, ça veut dire ni oui ni non, ni bien ni mal. Pour le film, ça veut dire que je ne l’ai pas trouvé nul, mais pas terrible non plus (c’est pas terrible = c’est pas très bon). Pour le restaurant, c’est pareil. Si je le juge bof, c’est que j’ai connu pire, mais j’ai aussi et surtout connu mieux. Pour le ciné, ça veut dire que je n’ai pas vraiment envie, ça ne m’inspire pas comme projet. Et quand on me demande si ça va et que je dis bof, c’est que je ne suis pas au meilleur de ma forme, mais que ça pourrait être pire. 

Quand vous dites quelque chose que je reprends à l’écrit sur Skype avec bof en commentaire, c’est que ce n’est pas exactement faux, mais ce n’est pas non plus exactement juste. En général, c’est quand ça manque de naturel. Il est possible que la grammaire soit correcte, mais on n’exprimerait pas cette idée ainsi et il y a une meilleure façon de dire.