Être français

Je ne suis pas une personne très politique. Mais je suis une Française qui vit à l’étranger depuis 16 ans et je m’intéresse au monde et aux cultures de ce monde. Je ne peux pas m’empêcher de remarquer certaines différences entre les différentes cultures que j’ai eu l’occasion d’apprendre à connaître à travers les pays où j’ai vécu et les gens que j’ai rencontrés. Et il y a quelque chose qui m’a toujours paru très français et très agaçant. Ceci dit, il y a probablement d’autres pays où c’est pareil et beaucoup de pays où ce n’est pas idéal non plus…

Ce dont je parle, c’est d’identité. Ce que c’est d’être français. Ce qui fait qu’on est français. Je me trompe peut-être, et je ne parle que de mon ressenti, mais je me suis souvent fait la réflexion que c’était beaucoup plus difficile de se sentir et d’être considéré français en France qu’anglais en Angleterre si notre famille avait des origines hors de France ou d’Angleterre. J’ai aussi souvent eu l’impression qu’avoir une double culture en France pouvait être perçu comme négatif et qu’on demandait aux gens de choisir la culture française plutôt que leur autre culture pour être considéré français. Moi, j’ai plutôt tendance à penser que c’est un avantage d’avoir deux ou plusieurs cultures et que ça permet une certaine ouverture sur le monde et je trouve un peu absurde qu’on demande aux gens de renier une partie de leur identité. Je pense que c’est important de parler la langue du pays dans lequel on habite, de comprendre, respecter et s’adapter à la culture du pays, mais cela ne devrait pas vouloir dire qu’on doit renoncer à parler les autres langues qu’on connaît, à manger et cuisiner les plats qu’on aime, à passer du temps avec les gens desquels on se sent proche, et je ne sais quoi d’autre.

Moi-même, quand je vivais au Cambodge, j’avais des amis khmers mais je passais la majorité de mon temps libre avec des Français ou des anglophones, on pouvait souvent me trouver à l’Institut Français, je parlais français ou anglais et très peu khmer, j’allais régulièrement dans des restaurants occidentaux car même si j’aimais la cuisine locale, j’adorais retrouver le goût des plats avec lesquels j’avais grandi. Si j’étais restée plus longtemps, j’aime penser que j’aurais fait plus d’efforts pour apprendre la langue et que j’aurais été plus intégrée dans la société cambodgienne… Pendant mes huit années passées à Londres, j’allais à la boulangerie française et au restaurant français de mon quartier, j’étais toujours contente de rencontrer des Français pour papoter, j’allais voir tous les films français qui sortaient au cinéma, je regardais la télé française quand je faisais des babysittings pour des familles françaises… Cela ne m’empêchait pas d’être complètement intégrée dans la société anglaise, de travailler, de comprendre le fonctionnement du monde autour de moi et à part quelques racistes occasionnels, les Anglais ne m’ont jamais reprochée de ne pas être anglaise.

Je suis consciente que pour les Français issus de l’immigration, ce n’est pas tout à fait le même cas de figure, mais on leur reproche des comportements que pratiquement tous les immigrants occidentaux adoptent quand ils vivent à l’étranger et on les juge comme étant moins dignes d’être français à cause de ça. En Angleterre, on peut être noir sans que personne ne remette en cause notre nationalité anglaise même si l’on se sent proche d’une autre culture. En France, de mon point de vue et d’après mon expérience, c’est différent. Et ça me chiffonne un peu. J’ai du mal à comprendre pourquoi la double culture est perçue comme une menace et comment on peut demander à quelqu’un de choisir entre ses deux cultures.

A l’occasion de la victoire récente de la France, Trevor Noah a fait une blague dans son émission The Daily Show, qui a provoqué beaucoup de réactions hostiles et qui a poussé l’ambassadeur de la France à lui écrire une lettre. Il a répondu à cette lettre dans The Daily Show et j’ai trouvé ce qu’il a dit très pertinent. Voici la vidéo :

Why can’t they be both indeed ?

L’Eurostar

Je suis toujours un peu inquiète avant de voyager en France car j’ai toujours peur qu’il y ait des grèves (de contrôleurs aériens, de cheminots, etc.) Mais j’ai en fait rarement eu de problèmes. Un vol pour Bordeaux annulé à cause du volcan islandais il y a quelques années, et un autre pour Paris également annulé, il y a quelques mois à cause des grèves, mais j’ai pu prendre un vol le même jour à une heure différente.

Cette semaine, j’ai pris l’Eurostar de Calais à Londres et je dois dire que ça a été une expérience de voyage plutôt agréable. A la toute petite gare de Calais Fréthun, le personnel est très aimable, que ce soit celui de la gare, du café de la gare ou même les douaniers. J’ai trouvé l’atmosphère très différente de la plupart des gares internationales. J’ai du prendre deux trains avant d’y arriver (dont un TGV) et j’ai été un peu effarée par leur état (sièges sales, odeur de toilettes abominable). Mais l’Eurostar est bien entretenu, les sièges sont assez confortables en deuxième classe, les toilettes étaient propres, il y a assez d’espace pour les bagages, et j’ai réussi à dormir un peu. Ce n’est pas le shinkansen du Japon, mais c’est un train dans lequel on peut faire un voyage agréable. Je l’ai pris à plusieurs reprises ces 15 dernières années et j’en fait un bilan plutôt positif. St Pancras manque d’espace pour les départs à mon avis et la Gare du Nord à Paris ne me plaît pas beaucoup (il paraît qu’ils vont l’améliorer dans les années à venir…) mais l’Eurostar en lui-même est un bon train. Et même s’il faut passer par la sécurité et scanner les valises, c’est moins pénible qu’à l’aéroport et on n’a pas besoin d’arriver à la gare deux heures à l’avance. Ni de sortir ses liquides ! Une alternative à considérer pour les voyages entre la France et l’Angleterre (et la Belgique, mais je n’y suis jamais allée).

Le procès

Cela fait un moment que je veux écrire un post pour parler de ce mot. Pas une semaine ne passe sans que j’entende ‘le procès’ dans une phrase où il n’a aucun sens.

Un procès, c’est trial en anglais, juicio en espagnol, processo en italien. Ce n’est pas la traduction de process !

Process peut se traduire différemment selon les contextes. Il peut être un procédé, une procédure, un processus, et il pourra même être traduit par d’autres mots selon le contexte.

Par exemple :

  • The process to get a visa for China is very long and complicated. =  les démarches, la marche à suivre, la procédure
  • the digestive process, the learning process = le processus

Aller chez le médecin en France

Hier, une de mes étudiantes m’a raconté son expérience  d’une visite médicale en France. Ce qui m’a rappelé à quel point j’avais trouvé les visites médicales différentes aux USA et en Angleterre les premières fois.

Si vous venez d’un pays où vous avez l’habitude d’être examiné(e) par un médecin du même sexe pour les examens les plus intimes et où c’est la norme, vous risquez d’être surpris(e) en France. Peu importe quel type de visite médicale vous passez, peu importe si vous êtes un homme ou une femme, si le docteur vous dit de vous déshabillez, vous le faites et on n’imagine même pas que cela pourrait vous poser problème d’être complètement ou en partie nu(e) devant une personne de sexe opposé. Ni qu’un autre médecin entre dans la pièce pour papoter foot avec son collègue pendant que vous attendez de vous faire ausculter…

Je me souviens d’avoir trouvé que les docteurs anglophones perdaient beaucoup de temps à me proposer d’enlever mes vêtements derrière un rideau puis à me couvrir avant de m’examiner. Pour moi, les docteurs sont des spécialistes qui m’examinent parce que j’ai un problème et que je veux une solution. Ils examinent des gens tous les jours, toute la journée, et portent un regard clinique sur le corps de leurs patients. Cependant, je dois dire qu’après des années passées à l’étranger, j’apprécie le tact dont font preuve les médecins anglophones, la façon dont ils sont à l’écoute, et je peux comprendre que pour quelqu’un qui a l’habitude de cette considération, une visite médicale en France peut surprendre.

Alors si vous devez un jour passer un examen médical en France et que vous n’êtes pas à l’aise avec certaines pratiques, essayez de vous préparer le mieux possible pour que les choses se passent bien. Ceci étant dit, la seule fois où un docteur français m’a choquée par son comportement, ce n’était pas parce que c’était un homme et que je devais me déshabiller, mais juste parce que c’était une personne odieuse et très peu professionnelle qui, alors que j’étais en larmes à cause de la douleur, m’a dit que je faisais du cinéma. J’étais estomaquée d’entendre ça et je me suis dit que j’espérais ne plus jamais avoir à aller dans un hôpital français et j’ai aussi souhaité que cet homme périsse dans d’affreuses souffrances !

Youpi, le foot est fini !

Parce que je dois dire que j’en avais un peu marre de cette coupe du monde ! Je suis en France et j’ai regardé la finale plus ou moins attentivement chez des amis. C’était un moment sympa mais ce que je n’ai vraiment pas aimé dans la journée d’hier, c’était tous les bruits de klaxons dans les rues du matin au soir. Pourquoi ce besoin de klaxonner, de faire autant de bruit, d’imposer tout ça à ceux qui ne s’intéressent pas au foot et aimeraient passer une journée tranquille ? Je suis dans une petite ville du nord de la France et je n’ose pas imaginer ce que c’était dans les grandes villes. Pour ceux qui n’ont pas vu les images des Champs Elysées aujourd’hui voici une courte vidéo.

S’installer dans un nouveau pays

C’est quelque chose que j’ai fait à plusieurs reprises dans ma vie. Et pratiquement à chaque fois, j’ai eu quelques mauvaises surprises (à part peut-être en Suisse, où toutes les surprises étaient bonnes). J’ai fait l’erreur d’idéaliser certains pays, celle de ne pas assez me renseigner avant de partir, celle de supposer que les choses allaient forcément être comme je les imaginais, etc. Ce qui a résulté en beaucoup de frustrations, le dernier exemple en date étant l’Espagne. J’avais naïvement supposé que puisque c’était un pays européen appartenant à la communauté européenne, les choses se passeraient plus ou moins comme en France mais que ça serait encore mieux parce que les gens y sont moins râleurs et qu’en plus, le climat y est bien meilleur. On aurait pu penser qu’après plusieurs déménagements internationaux et qu’avec ma propension à me méfier de tout, j’aurais eu plus de jugeote, mais cette fois encore, je me suis fait avoir comme une débutante. J’étais très très mal préparée à la vie en Espagne. Je n’avais pas imaginé un instant qu’un pays de l’UE pouvait être si mal organisé, si ouvertement corrompu et que des entreprises pouvaient proposer des contrats illégaux dans le seul but de payer moins d’impôts. Je ne savais pas que les Espagnols étaient si bruyants, ni que les immeubles étaient si mal construits et isolés. J’étais persuadée qu’en tant qu’Européenne, je n’aurais aucun problème pour obtenir la documentation nécessaire à la vie en Espagne. Je n’avais pas du tout imaginé que le service clientèle pouvait être si mauvais dans un pays européen et que j’irais de frustration en frustration avec les banques, les compagnies téléphoniques, la compagnie ferroviaire nationale, les diverses entreprises de transports, etc. J’ai davantage eu l’impression de vivre dans un pays en voie de développement que dans un pays développé, mais sans les avantages de la vie dans un pays en voie de développement. La vie en Espagne était chère pour la qualité (quasi inexistante) des différents services proposés et j’ai quitté l’Espagne après trois ans avec un immense sentiment de soulagement. Je n’y ai pas été malheureuse, mais j’y ai été très en colère et j’espère ne jamais avoir à y revivre. Si j’avais su avant ce que je sais maintenant, les choix que j’ai faits à Madrid auraient été bien différents et je me serais évité bien du souci.

Plusieurs de mes étudiants rêvent de vivre en France ou ont le projet très concret de vivre en France dans un futur plus ou moins proche. N’ayant pas vécu en France depuis bientôt 16 ans, je ne suis probablement pas la meilleure personne pour en parler, mais je sais pourquoi je ne souhaite pas revivre en France. Certes, ce n’est pas le pays le pire au monde, mais si vous venez d’un pays où les magasins sont ouverts 24 heures sur 24 et où tout est informatisé et que vous n’imaginez pas que la France pourrait être différente… vous risquez d’avoir des surprises.

Une de mes étudiantes s’est récemment installée à Paris. Quand elle a voulu s’inscrire à la salle de sports, on lui a fait remplir un formulaire pour ensuite l’informer qu’il y avait une liste d’attente de deux semaines avant de pouvoir commencer. Même en Espagne, j’ai pu commencer à utiliser la salle de sports le jour où je me suis inscrite !!!

De passage en France (Haute-Savoie) il y a quatre ans, j’avais besoin de me faire faire une carte de transport, ce pour quoi il fallait me rendre à la gendarmerie. J’y suis allée et on m’a informée que la personne responsable des cartes de transport était en vacances et qu’il fallait que j’aille dans une autre commune pour m’en faire faire une. Une commune dans la montagne, accessible seulement par la route. Mais si j’avais besoin d’une carte de transport, c’est que je n’avais pas de véhicule, n’est-ce pas ? Une personne part en vacances et le service n’est pas accessible ! Mon mari, qui est anglais, n’en croyait pas ses yeux. Du coup, on a fraudé et utilisé les cartes de nos amis pendant notre séjour.

Un soir, dans cette même région, j’avais faim. Il était 22h30. Impossible de trouver quoi que ce soit d’ouvert !

Un autre jour, à Bordeaux, j’étais à la gare, j’avais un train à prendre et peu de temps pour déjeuner mais j’avais faim et je suis allée dans un restaurant juste à côté. J’ai demandé poliment et avec un sourire au serveur s’il serait possible d’être servie rapidement à cause de mon train et il m’a crié dessus. Je suis allée manger au restau d’à côté où ils ont été beaucoup plus aimables et m’ont assuré que je pourrais manger rapidement.

J’ai tout une série d’anecdotes sur mes expériences en France, mais je vais m’arrêter ici. Ce que je voulais expliquer à travers ce post, c’est que si vous voulez aller vous installer en France, assurez-vous de bien vous renseigner sur TOUT ce qui est important pour vous et d’obtenir des informations de plusieurs sources indépendantes. Peut-être que les choses que je trouve insupportables vous paraîtront anecdotiques et supportables, voire amusantes. Peut-être que les choses qui sont pour moi évidentes et normales le seront moins pour vous. Mais surtout, ne supposez pas !!

Ne pas être dans son assiette

Stéphanie : Salut, ça va ? T’as pas l’air dans ton assiette aujourd’hui.

Nathalie : Non, t’as raison. Je sais pas si c’est quelque chose que j’ai mangé ou si c’est la météo, mais je suis pas au top, en effet.

Quand on n’est pas dans son assiette, ça veut dire qu’on ne se sent pas très bien, qu’on n’est pas dans son état normal. En anglais, on dirait to be under the weather.

Ce n’est pas le Pérou

J’ai souvent entendu cette expression et je l’ai toujours comprise comme voulant dire que ce n’était pas super, mais je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir pourquoi on disait ça, d’où ça venait. Je pensais aussi que pérou devait absolument prendre une majuscule.

L’équipe de France a joué contre le Pérou hier et bien que je ne suive pas du tout le football, il est difficile d’y échapper complètement en période de coupe du monde. J’écoutais les informations ce matin ou hier, je ne sais plus, et quelqu’un a fait une blague utilisant cette expression.

Je suis donc allée vérifier dans mon dictionnaire et en effet, en plus d’être le nom d’un pays, un pérou (sans majuscule) signifie un trésor, une fortune. Et quand on dit ce n’est pas le pérou, on veut dire que ce n’est pas beaucoup d’argent, que ça rapporte peu d’argent. Selon les dictionnaires, pérou prend ou ne prend pas de majuscule – je me base sur le Grand Robert qui n’en met pas et indique “pérou” comme nom masculin archaïque. Je crois que je préfère le Pérou avec une majuscule.

  • Je peux te proposer de travailler pour moi comme assistant personnel quelques heures par semaine. C’est pas le Pérou, mais c’est mieux que rien !

Cette expression viendrait du fait que le Pérou était autrefois, avant l’arrivée des Espagnols, un pays plein de richesses naturelles (or, pierres précieuses, etc.)

Conseils pour les étudiants souhaitant passer le DALF à l’avenir

Ces deux dernières semaines ont été très chargées pour moi à cause des examens. Pour cette session, j’ai principalement travaillé avec des candidats au DALF C1.

Je l’ai déjà souligné auparavant, le C1 n’est pas un niveau facile et il est impératif d’être bien préparé. Si vous n’avez pas pratiqué le français depuis longtemps, n’avez pas un vocabulaire très étendu, avez du mal à comprendre la radio en français, et n’êtes pas à l’aise avec la grammaire et les écrits structurés, vous n’avez probablement pas le niveau C1 et deux semaines de préparation, aussi intensive soit-elle, ne vous permettront certainement pas d’atteindre le niveau requis.

Voici les estimations du CIEP quant au nombre d’heures d’apprentissage nécessaires pour atteindre chaque niveau :

Pour atteindre le niveau C1, il faut de la régularité et du travail. Il faut se familiariser avec la culture francophone (à travers les journaux, les radios, et une variété d’émissions). Il faut avoir un niveau de grammaire avancé car on n’a pas le choix, le français est une langue grammaticale et on ne peut pas prétendre à atteindre un niveau avancé si l’on ne maîtrise pas la grammaire. L’on peut faire de petites erreurs de temps à autre, mais elles restent rares. Un étudiant de niveau C1 parle avec spontanéité et beaucoup de fluidité. Il a aussi beaucoup de vocabulaire. Il est très facile à comprendre.

Sur le site du CIEP, il est expliqué que l’utilisateur de la langue au niveau C1 est autonome. Il est capable d’établir une communication aisée et spontanée. Il possède un répertoire lexical large et peut choisir une expression adéquate pour introduire ses commentaires. Il produit un discours clair, bien construit et sans hésitation qui montre l’utilisation maîtrisée des structures.

Je ne suis pas fan des examens en général. Je les trouve injustes. Mais j’aime aider les étudiants à préparer les examens. Je trouve la préparation très intéressante, particulièrement quand les étudiants se donnent assez de temps pour préparer.

Deux semaines de préparation, c’est suffisant seulement pour les étudiants qui ont déjà le niveau et qui ont juste besoin de s’entraîner un peu pour bien comprendre le format de l’examen. Sinon, je ne suis pas une magicienne. Si vous n’avez pas le niveau deux semaines avant l’examen, vous ne l’aurez pas le jour de l’examen.

Si l’on se base sur le tableau du CIEP, 850 à 900 heures sont nécessaires pour parvenir au niveau C1. Ce n’est qu’une estimation. Certains étudiants y parviendront plus vite, d’autres auront besoin de plus de temps. Mais si l’on compte un peu et que l’on suppose qu’un étudiant étudie 4 heures par semaine toute l’année, sans faire de pause (j’en connais peu qui arrivent à maintenir ce rythme), on arrive à 208 heures à la fin de l’année. Au bout de 4 ans, il en sera à 832 heures. Pour un étudiant qui n’étudie que 2 heures par semaines, il faudra donc 8 ans et quelques pour atteindre les 850 heures.

Le niveau C1 est un niveau très gratifiant. Il représente beaucoup de travail et beaucoup de temps et j’aimerais que les étudiants s’en rendent compte et le voient comme un défi à relever, peu importe le temps que cela pendra, plutôt que comme un bout de papier qui leur permettra de mettre sur leur CV qu’ils ont un niveau avancé de français. Pour certains, c’est la vérité. Pour d’autres, c’est plus ambigu.

Je discutais avec un collègue hier qui me disait que toute l’année, des étudiants viennent le voir en lui disant qu’il leur faut un niveau B2 dans 3 mois parce qu’ils ont décidé de faire un Erasmus en France. Ce sont en général de jeunes gens, étudiants universitaires, qui sont loin du niveau B2 et qui ne sont pas vraiment prêts à s’investir pour atteindre ce niveau. Ils pensent que prendre des cours de B2 sera suffisant. Mais même avec le meilleur prof du monde, si l’étudiant ne s’investit pas et ne fournit pas de travail personnel sérieux, on ne passe pas du A2 au B2 en allant en cours deux heures par semaine et en n’étudiant pas en dehors des cours.

Moi, je suis vraiment perplexe face à ce comportement et je tiens à dire ici que je préfère, de loin, travailler avec des étudiants qui s’investissent et qui veulent vraiment atteindre un certain niveau plutôt qu’obtenir un bout de papier. Avis aux candidats de la prochaine session…