Pour que + subjonctif

A cause de l’influence de l’anglais, j’entends souvent des phrases tournées  comme celles-ci :

*C’est fait pour les gens comprendre.

*J’ai dit ça pour lui réfléchir.

*Je viens pour toi ne pas être seule.

Ces trois phrases sont incorrectes et elles correspondent toutes à la structure de l’anglais “for + noun/pronoun + infinitive” traduite littéralement. Mais en français, on ne peut pas structurer les phrases ainsi !

Pour traduire It’s made for people to understand, I said that for him to think about it, I’m coming for you not to be alone, il faut utiliser “pour que + subjonctif”. On aura donc :

C’est fait pour que les gens comprennent.

J’ai dit ça pour qu’il réfléchisse.

Je viens pour que tu ne sois pas seule.

Entendre ou écouter ?

Pas une semaine ne se passe sans que j’aie à reprendre un étudiant ou une étudiante sur l’utilisation de ces deux verbes.

Tous les soirs, j’entends la musique de mes voisins. : Est-ce que c’est mon choix ? Suis-je active ou passive ?

Tous les matins, j’écoute la radio. : Est-ce que c’est mon choix ? Suis-je active ou passive?

Quand j’écoute quelque chose, c’est que je l’ai choisi. Je suis à l’instant en train d’écouter une chanson des Plain White T’s en écrivant ce post.

Quand j’entends quelque chose, je ne l’ai pas forcément choisi. Les immeubles espagnols sont très mal isolés. J’entends mes voisins même si je n’en ai aucune envie. J’entends quand ils tirent la chasse d’eau, j’entends quand l’enfant du dessus pleure, j’entends quand quelqu’un claque sa porte, j’entends tout, même si je n’écoute pas. Je n’ai pas le choix. Mais quand j’écoute ma musique, je n’entends plus les voisins et je retrouve le sourire.

Ou, on pourrait tout simplement traduire : “entendre”, c’est “to hear”, et “écouter”, c’est ‘to listen to”.

 

 

Quelques conseils pour améliorer son écrit

Tout d’abord, je dirais que la première chose à faire, c’est d’écrire le plus possible. Il n’est pas nécessaire d’écrire un long texte à chaque fois, un court paragraphe suffit. Les étudiants que je vois progresser le plus vite et le plus nettement sont ceux qui écrivent régulièrement.

Il faut ensuite essayer d’utiliser du vocabulaire nouveau, dont on n’est pas toujours sûr. Le reproche que je fais sûrement le plus à mes étudiantes de B2, c’est que leur vocabulaire n’est pas assez varié quand elles écrivent. Pourtant, elles comprennent toutes du vocabulaire bien plus soutenu que celui qu’elles utilisent. Je pense qu’elles n’osent pas, de peur de se tromper. Alors je lis souvent des textes truffés de “grand”, “petit”, “difficile”, “facile”, “être”, “avoir”, “faire”, “aller”, etc. Cela me fait moins d’effet que si je lis des adjectifs tels que “considérable”, “minuscule”, “ardu”, “aisé” et des verbes qui ne font pas partie des quatre verbes les plus utilisés par les étudiants !! J’aime lire des textes avec du vocabulaire un peu plus élaboré. Et s’il n’est pas utilisé adéquatement, c’est l’occasion d’en discuter et de mieux comprendre le sens d’un mot ou d’une expression pour pouvoir l’utiliser convenablement à l’avenir.

Cela s’applique également aux connecteurs logiques. Ces chers connecteurs ne sont pas toujours très aimés des étudiants. Ils les rendent un peu nerveux. Pourtant, ils rendent les textes tellement plus agréables à lire et à comprendre. Là encore, je conseille toujours aux étudiants de se forcer à en utiliser un minimum dans leurs écrits. Depuis le début de ce post, j’en ai déjà utilisé quelques-uns (tout d’abord, ensuite, pourtant, alors, et, également) dont il est aisé de comprendre le rôle et que n’importe quel étudiant de B2 est capable d’utiliser correctement, s’il pense à s’en servir ! Par contre, il faut faire attention à ne pas surcharger ses textes de connecteurs. On les utilise pour introduire une idée, ajouter une idée, opposer une idée à une autre, nuancer, cadrer ce qu’on écrit, donner un exemple, introduire une conséquence, une cause, une explication, et pour conclure.  Ils sont essentiels pour articuler ses idées et sont très importants dans les écrits du DELF et du DALF.

La dernière chose que je mentionnerai aujourd’hui, c’est l’importance de se relire ! Les erreurs les plus fréquentes, de loin, sont les fautes d’accord : les pluriels des noms et des adjectifs oubliés, les accords des adjectifs pas faits, les accords du participe passé incorrects… C’est acceptable chez les étudiants débutants et élémentaires, mais un peu moins chez les étudiants de niveau plus avancé ! Je peux comprendre une hésitation sur le genre d’un nom. Ce n’est pas évident de se souvenir du genre de tous les noms. Par contre, quand je lis “une chose important”, je fais la grimace.

D’ailleurs, je vais conclure avec quelque chose que je dis très souvent à mes étudiants : évitez le mot “chose” dans vos écrits et en général ! Dans 99,9% des cas, vous devriez pouvoir penser à un mot plus précis !  Et toute dernière chose : “ça” est à bannir de vos écrits formels !!! A l’oral, pas de problème, dans un écrit informel, pas de problème. Mais jamais dans vos écrits formels !

Les codes du français écrit sont difficiles. Même pour beaucoup de Français ! Alors avant de parvenir à écrire des chefs-d’oeuvre, il va falloir s’armer de patience, beaucoup pratiquer et apprendre de ses erreurs ! Et pour ceux qui visent le niveau C2 à l’écrit, c’est en pratiquant et en persévérant que vous y parviendrez.

Tout, tous, toute, toutes

Je tiens ce blog en français car je souhaite m’adresser ici aux étudiants qui ont déjà atteint un certain niveau.

J’ai beaucoup d’étudiants de niveaux intermédiaires et avancés. Ils sont tous capables d’avoir des conversations sur des sujets variés, ils regardent des films en français, écoutent des émissions de radio en français, lisent en français, mais ils font de temps à autre des erreurs sur des points de grammaire habituellement enseignés aux niveaux A1 et A2.

Ce dont j’aimerais parler aujourd’hui, c’est d’un point qui semble souvent causer problème. Et cette fois encore, je pense que l’influence de l’anglais y est sûrement pour quelque chose !

En anglais, on dit all my courage, all my friends, all my life, all my cups.  On retrouve le même ALL à chaque fois. Alors il arrive souvent qu’on veuille le traduire par TOUT, tout simplement. Mais en français, on dira tout mon courage, tous mes amis, toute ma vie et toutes mes tasses.

Il faut accorder tout avec le nom qui le suit. Et ça aide de connaître le genre des noms bien sûr !

Ensuite, il faut faire attention à bien le prononcer : dans tout mon courage et tous mes amis, on prononce /tu/ ; dans toute ma vie et toutes mes tasses, on prononce /tut/ 

Et pour ceux qui se demandent quand on prononce /tus/, c’est quand “tous” est pronom, comme dans, par exemple : Bonjour à tous ! (Hi everyone!), Les biscuits? Je les ai tous mangés (The biscuits, I ate them all),  Travaillons tous ensemble ! (Let’s all work together)

5 erreurs de verbes très fréquentes chez les étudiants anglophones

D’où qu’ils viennent, tous mes étudiants parlent anglais, langue maternelle ou langue seconde, ce qui fait qu’ils ont tendance à faire les mêmes erreurs. Car même si leur langue maternelle n’est pas l’anglais, ils s’en servent comme référence pour apprendre une autre langue étrangère. Je ne leur jette pas la pierre car je fais parfois la même chose quand je parle espagnol, bien que le français et l’espagnol aient bien plus en commun que l’anglais et l’espagnol. J’ai relevé cinq verbes qui sont très fréquemment utilisés par les étudiants sur le modèle des “phrasal verbs” anglais : to be interested in, to look for, to ask for, to wait for, to think about/of.

Ne dites pas : Je suis intéressé(e) dans l’histoire.

Dites: Je m’intéresse à l’histoire. Ou : Je suis intéressé(e) par l’histoire.

Ne dites pas : Je vais chercher pour mon stylo.

Dites : Je vais chercher mon stylo.

Ne dites pas : J’aimerais te demander pour un service.

Dites : J’aimerais te demander un service.

Ne dites pas : J’attends pour le bus.

Dites : J’attends le bus.

Ne dites pas : Je pense d’aller en vacances en France cet été.

Dites : Je pense à aller en vacances en France cet été.

Penser peut aussi être suivi de “de”.  Comme dans : Qu’est-ce que tu as pensé de ce livre ?

On pense à quelqu’un quand il nous manque. On pense à quelque chose quand on est perdu dans ses pensées. On pense quelque chose de quelqu’un quand on a un avis sur une personne. On pense quelque chose de quelque chose quand on à une opinion sur une chose (comme dans mon dernier exemple), on pense à faire quelque chose (toujours penser à + infinitif) et on peut aussi penser que le français n’est pas toujours très facile.

 

Films français

Mes étudiants me demandent souvent si je peux leur recommander des films français. Mais si j’essaie de me tenir au courant de ce qui se passe en France au niveau culturel, je passe quand même à côté de beaucoup de choses et peu de films français sortent dans les grandes salles à l’étranger. Cependant, grâce à Netflix, je peux regarder quelques films français/francophones, même si le Netflix espagnol n’est pas très fourni. Récemment, j’ai eu l’occasion d’en regarder quelques-uns. Tout d’abord, une comédie de Lucien Jean-Baptiste, qui a pour titre Il a déjà tes yeux. Je l’ai trouvée originale et drôle, mais profonde et émouvante en même temps. Trois de mes étudiantes l’ont regardée et beaucoup aimée aussi. Puis j’ai vu un thriller réalisé par Jalil Lespert, Iris. Atmosphère tendue, un rebondissement auquel je ne m’attendais pas, ce film m’a tenue en haleine et fait courir assez vite sur le treadmill. Ensuite j’ai regardé un film de Richard Berry dont je n’avais jamais entendu parler, L’immortel, avec Jean Reno.  Une histoire de gangsters qui se passe à Marseille. Une histoire pas très originale, mais je suis bon public en général et j’ai été captivée du début à la fin. Je n’ai pas vu le temps passer sur le treadmill encore une fois, mais j’ai dû détourner les yeux à plusieurs reprises car il y a des scènes assez violentes. Et le dernier en date, c’est Un peu, beaucoup, aveuglément, une comédie romantique un peu décalée. C’est un genre cinématographique qui a tendance à m’agacer un peu à cause de tous les clichés qu’on y retrouve constamment, mais la loufoquerie de ce film m’a bien plu.

Sur les conseils d’une étudiante cinéphile, j’en ai ajouté plusieurs à ma liste de films à regarder et je réécrirai un post à la fin du mois pour en parler.

Être lessivé

Quand je parle avec mes étudiants, j’aime beaucoup utiliser des expressions qu’ils sont peu susceptibles de connaître. Cela m’amuse beaucoup et ils peuvent ainsi enrichir leur vocabulaire d’expressions idiomatiques et/ou familières. Hier, je me suis fait une grande session à la salle de sport. A mon retour, une étudiante m’a envoyé un message et en lui répondant, j’en ai profité pour lui dire que j’étais lessivée.

J’aurais également pu lui dire que j’étais rincée. Que j’étais sur les rotules. Vannée. Vidée. Ereintée. Crevée. Claquée. Nase. Ou j’aurais pu lui dire d’une façon plus simple, pour qu’elle comprenne immédiatement : j’étais très fatiguée !

Nos chers voisins

Je vis en Espagne. Il y a certaines choses que j’aime beaucoup. Comme le climat et… J’ai du mal à trouver autre chose aujourd’hui, à vrai dire. Mais il y a d’autres choses que j’aime beaucoup moins, et je pourrais en dresser une liste un peu plus longue. Je m’en tiendrai aux voisins cependant. Mes chers voisins. Il y a ceux qui fument dans les couloirs de l’immeuble, l’acteur sans travail qui joue de la guitare à longueur de journée en chantant très mal et toujours la même chose (mais ouf, il a enfin déménagé), les personnes âgées un peu dures de la feuille qui tiennent des réunions dans les couloirs et parlent très fort, et il y a les voisins du dessus qui n’ont pas l’air d’avoir conscience d’avoir des voisins en dessous (ou qui s’en moquent éperdument) et qui déménagent leurs meubles tous les soirs vers minuit et tous les matins vers six heures. Que font-ils exactement ? Mystère. Mais en tout cas, ça fait beaucoup de bruit et c’est terriblement horripilant ! Du coup, je dors avec des écouteurs dans les oreilles, ça atténue le bruit. Je sais qu’il y a beaucoup de personnes qui comprennent mon irritation car tous les gens que je connais qui vivent ou ont vécu en immeuble ont subi des nuisances de voisinage. Partager nos histoires nous amuse et nous réconforte dans le fait que nous ne sommes pas seuls dans cette situation. J’essaie de me consoler en me disant que j’ai de la chance que ma voisine du dessus ne porte pas de talons hauts et qu’aucun de mes voisins n’ait de chien qui aboie nuit et jour. Et je rêve du jour où je pourrai vivre dans une maison, sans voisins du dessus !

Cela me détend aussi beaucoup de lire cette compilation de petits messages entre voisins. Je la partage toujours avec mes élèves quand nous abordons ce thème. Rires assurés !

 

Que feriez-vous pour un pot de Nutella ?

Moi, j’ai grandi avec du Nutella dans le placard de la cuisine. Je l’ai parfois mangé à la petite cuillère. Et je n’ai jamais aimé les autres pâtes à tartiner au chocolat. Aucune n’arrive à la cheville de ce cher Nutella. Mais quand j’ai entendu parler de ce qui s’était passé en France hier, j’en suis restée bouche-bée. Je sais que c’était dans les journaux en Angleterre, mais en avez vous entendu parler dans votre pays ? Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez lire cet article du Parisien.