Famille, police, équipe…

En anglais “family“, “police“, et “team” sont des noms collectifs qui sont parfois suivis du singulier et parfois du pluriel, selon le contexte. Les étudiants ont tendance à vouloir faire de même en français. Mais en français, ils sont toujours suivis du singulier s’ils sont au singulier. Quel que soit le contexte, on dira :

Ma famille vient tous les ans me rendre visite à Noël.

La police enquête sur cette affaire depuis des mois.

Mon équipe a gagné le match.

Travailler sa compréhension orale en chansons

J’écoute de la musique anglophone depuis toujours. J’ai commencé à vraiment comprendre ce que j’écoutais bien plus tard. Cela ne m’empêchait pas de chanter à tue-tête en écoutant mes chansons préférées. Il n’y avait pas Internet à l’époque. Je n’avais pas tous les CDs des chanteurs et groupes que j’aimais. Tous les CDs n’avaient pas les paroles à l’intérieur. Et l’ouïe n’est pas mon sens le plus développé. Du coup, je chantais beaucoup en yaourt. Ou je chantais les mots que je pensais entendre sans vraiment réfléchir au sens. Ou au non-sens… Une des chansons que je me rappelle particulièrement bien avoir écorchée, c’est I heard it through the grapevine, de Marvin Gaye. Je ne connaissais pas le mot “grapevine“, encore moins l’expression “hear through the grapevine“, et j’étais vaguement consciente du mot “through“. Dans ma tête, ça sonnait comme “I heard it to the big bang“. Cela n’a absolument aucun sens, et je le sais maintenant, mais pendant des années, j’ai chanté avec un grand sourire “I heard it to the big bang“.

Aujourd’hui grâce à Internet, il est facile de trouver les paroles des chansons que l’on aime. Mais je pense qu’il est toujours aussi difficile de les comprendre seulement en les écoutant ! Je peux comprendre pratiquement toutes les paroles des chansons en espagnol si je les lis. C’est une autre affaire quand je les écoute. Je me console en me disant que de toute façon, je ne comprends pas toutes les paroles des chansons en français. Mais il est indéniable que je comprends beaucoup plus de chansons en français et en anglais qu’en espagnol. Alors pour me tester, je vais parfois sur ce site. C’est à la fois super intéressant et super frustrant. Mais c’est un exercice très utile. On teste sa compréhension orale, et en même temps, il faut que ce que l’on pense entendre ait un minimum de sens. Du coup, si l’on réfléchit, on peut se rendre compte que même si l’on pense avoir entendu un mot, il est peu probable que ce soit juste. On entraîne son oreille au son d’une langue étrangère et aux différentes prononciations d’un même mot. On peut aussi réfléchir à l’utilisation de la grammaire, qui n’est pas toujours heureuse dans les chansons et cela aide à développer notre compréhension de la langue parlée et familière.

La mauvaise grammaire de certaines chansons anglophones a permis plus tard ma meilleure compréhension de séries telles que “The wire” par exemple !

Pour ceux qui aiment la musique et qui veulent améliorer leur compréhension orale, je recommande vivement de travailler avec ce site !

Vanessa Paradis

C’est une chanteuse avec laquelle j’ai grandi. Elle n’est pas beaucoup plus âgée que moi, et j’ai l’impression d’en avoir toujours entendu parlé. Elle a été connue très jeune et moi, je devais avoir 7 ans. J’ai commencé à écouter ses chansons dans les années 90, quand elle a fait un album avec Lenny Kravitz (que j’aime et que j’adore depuis toujours). J’ai aimé. J’ai écouté ce qu’elle avait fait avant. J’ai aimé également. J’ai écouté tout ce qu’elle a fait depuis. J’ai tout aimé. C’est une femme qui a été énormément critiquée, énormément détestée en France, et je n’ai jamais compris pourquoi. Même si maintenant, je pense que c’est parce que les Français ont un problème avec le succès, avec les gens qui réussissent en général, et c’est probablement pour cette raison qu’elle a été autant dénigrée. Elle n’était qu’une adolescente et il se disait des choses horribles sur elle, d’après mes souvenirs. Elle a fait son premier film quand elle avait 16 ans. J’étais trop jeune quand il est sorti, mais je l’ai vu de nombreuses fois depuis et je le trouve super, et sa performance excellente. Je ne suis pas quelqu’un qui achète les magazines people et la vie des célébrités m’intéresse peu, voire pas du tout. Cependant, il y en a quelques unes que je trouve particulièrement touchantes et Vanessa Paradis est l’une d’elles. Comme actrice, comme chanteuse, elle dégage quelque chose qui me plaît. Je crois que maintenant, elle est beaucoup plus appréciée qu’elle ne l’a été à ses débuts en France.

Comme objet linguistique, elle n’est pas la chanteuse la plus facile à comprendre quand elle chante. Même moi j’ai parfois du mal à comprendre ce qu’elle dit. Mais les mélodies sont souvent jolies et/ou entraînantes. Certains titres que j’adore : Il y a, Pourtant, Bliss (en anglais), La Seine, Love song, Divine Idylle, L’incendie, Chet Baker, Le tourbillon de la vie (reprise d’une chanson chantée par Jeanne Moreau), Natural high (en anglais), Marylin et John, Dis-lui toi que je t’aime, etc.

Je n’ai pas vu tous ses films, mais j’ai aimé tous les films que j’ai vus avec elle. Un qui plaît beaucoup à mes étudiantes, c’est L’arnacoeur. Pour ma part je l’ai vu deux fois au cinéma et plusieurs fois à la télé. J’ai rigolé et pleuré à chaque fois. Une comédie romantique qui n’a pas oublié d’être une comédie ! Et en plus de Vanessa Paradis, on y trouve Romain Duris, qui est aussi un acteur que je trouve formidable !

Gad Elmaleh

Je lis les journaux francophones et anglophones et je regarde des vidéos sur Youtube en anglais et en français, et même en espagnol et en japonais. Du coup, Google m’offre un flux assez  varié tous les jours sur mon téléphone. Cette semaine, Youtube m’a proposé cette vidéo de Gad Elmaleh dans une émission américaine qui m’a fait beaucoup sourire. J’aime bien cet homme car il a l’air vraiment sympa et je le trouve drôle en général. Bon acteur aussi. Très attendrissant dans Hors de prix, avec Audrey Tautou. Je ne connais pas tous les humoristes français, mais ce qui me plaît chez lui, c’est qu’il ne fait pas de politique, contrairement à beaucoup d’autres. Il me détend vraiment. Il essaie de se faire une place sur la scène des comédiens américains depuis plusieurs années, sans beaucoup de succès. Il y a une émission de radio américaine, This American Life, qui a raconté son histoire dans ce podcast. Très intéressant pour quiconque aime comparer et essayer de comprendre les différentes cultures. Un de ses sketches les plus connus, c’est celui de Brian. Il me fait beaucoup rire car il traite de l’enseignement de l’anglais à l’école française, et ce qu’il dit est tellement vrai !

 

Amélie Nothomb

C’est une auteure belge, pour ceux et celles qui n’ont jamais entendu parler d’elle. Wikipédia dit qu’elle a écrit 25 romans et une pièce de théâtre, en plus de contes, de paroles de chansons, de préfaces et d’articles. J’ai lu sa pièce de théâtre et 18 de ses romans. Je les ai tous aimés. Son style m’amuse beaucoup. Je la trouve facile à lire et ses livres sont assez courts dans l’ensemble, ce qui peut être intéressant pour un étudiant qui souhaite lire en français. J’ai adoré les livres plus ou moins autobiographiques dans lesquels elle parle du Japon, entre autres Stupeurs et tremblements et Ni d’Eve ni d’Adam. Elle en parle aussi dans Métaphysique des tubes et un peu dans Biographie de la faim.

Je l’ai découverte en 2001, en lisant Cosmétique de l’ennemi. J’ai aimé la noirceur du roman et le style de l’auteure. Je me souviens l’avoir prêté à une amie qui voulait arrêter de le lire avant de l’avoir fini, car elle le trouvait trop noir, mais que j’ai réussi à convaincre de continuer. Après l’avoir terminé, elle a reconnu que ça lui avait bien plu. Et moi, j’ai décidé de mettre la main sur tout ce qu’elle avait écrit avant. J’ai lu tous ses livres précédents, à part un, Péplum,  car le titre ne me donnait pas envie. Mais en lisant le résumé de l’histoire, j’ai maintenant envie de le lire. J’ai continué à lire presque tous ses livres au fur et  à mesure qu’ils sortaient, à part ces dernières années. Elle sort un livre par an et le dernier que j’ai lu, c’est celui de 2014, Pétronille, dans lequel elle boit beaucoup de champagne et parle d’amitié.

Elle donne des noms étranges à ses personnages. Elle paraît elle-même assez étrange et intrigante. Je l’aime beaucoup et je recommande à tous les étudiants qui ont envie de lire en français d’essayer un de ses livres. En plus de lire une histoire intéressante, vous apprendrez sans aucun doute du vocabulaire. Il y a souvent des dialogues dans ses livres, ce qui, à mon avis, rend la lecture plus facile quand on lit dans une langue étrangère.

tout ce que, tout ce qui

Voici encore quelque chose que je corrige régulièrement et qui est sûrement influencé par l’anglais. J’entends souvent “*tout que je veux” (all I want) “*tout que tu m’as dit” (everything you told me), “*tout qui s’est passé” (everything that happened), etc.

Et je répète régulièrement : on ne peut pas dire “*tout que“, “*tout qui” ou encore “*tout dont“. Il faut utiliser le petit pronom neutre “ce” entre tout et le pronom relatif.

Tout ce que je veux, c’est vivre au soleil.

Tout ce dont je rêve, c’est de vivre au soleil toute l’année.

Tout ce qui me plaît,  c’est la vie au soleil.

Journée internationale des droits des femmes

Lors de ma première formation pour devenir prof, on m’a enseigné qu’il y avait certains sujets qu’il valait mieux éviter en cours. On ne parle pas de religion, on ne parle pas de politique, on ne parle pas de football (dans certains pays), on ne parle pas de sexe et de sexualité, bref, on évite les sujets considérés comme sensibles. Je suis assez d’accord que pour le bien de tous, c’est mieux de ne pas évoquer certains sujets en salle de classe quand on travaille avec des groupes hétérogènes. On ne veut pas que les étudiants se sentent mal à l’aise. Cependant, dans le contexte des cours en ligne, les relations entre la prof et l’étudiant(e) sont différentes, beaucoup plus personnelles et souvent plus profondes. Tous les étudiants avec lesquels je travaille actuellement connaissent plus ou moins mes opinions sur divers sujets de société, tout comme je connais les leurs. Et un sujet qui a été inévitable ces derniers mois, c’est celui de la condition des femmes et du traitement qui leur est réservé dans ce monde.

Je me suis réjouie que le scandale éclate à Hollywood. Même si c’est un monde très éloigné du mien, grâce à toutes ces femmes qui ont enfin osé parler, un changement va enfin être possible, je veux y croire. Je reste réaliste et je ne m’attends pas à un changement radical du jour au lendemain, mais j’espère que dans un futur pas trop lointain, certains comportements vis-à-vis des femmes n’existeront plus. De plus en plus de femmes osent et vont oser parler et dénoncer les agressions plus ou moins importantes qu’elles subissent au quotidien. Et de plus en plus d’hommes vont ouvrir les yeux sur notre réalité. J’espère de tout mon coeur que ce monde va devenir un monde meilleur pour les femmes. Le dernier livre que j’ai lu en 2017 m’avait été recommandé par une des étudiantes les plus douées avec qui j’ai eu le plaisir de travailler. Je l’ai lu en anglais, mais il est ici en français : Lean in, de Sheryl Sandberg.

Si vous voulez lire des informations en français sur la journée internationale des femmes, pour enrichir votre vocabulaire, vous pouvez le faire sur ce site.

Et pour les anglophones qui s’intéresse à la condition des femmes j’ai écouté un podcast super intéressant cette semaine que je recommande vivement.

Un coup de…

COUP : voici un petit mot que l’on retrouve dans de nombreuses expressions. La première remarque que je ferai, c’est que le p final ne se prononce pas. La seconde, c’est que selon le mot qui suit de, COUP DE va se prononcer soit /kud/, soit /kut/.

Voyons maintenant quelques exemples d’expressions.

Passe-moi un coup de fil et je viendrai jeter un coup d’oeil pour voir si je peux te donner un coup de main.

un coup de fil /kutfil/ = un appel téléphonique

un coup d’oeil /kudœj/ : un regard bref

un coup de main /kudmɛ̃/ : de l’aide

On pourrait reformuler on disant : Téléphone-moi et je viendrai regarder vite fait si je peux t’aider.

 

Elle est passée me voir en coup de vent hier. Elle avait pris un coup de soleil sur la plage l’après-midi. Je lui ai proposé de rester dîner mais elle m’a expliqué qu’elle avait un coup de barre et qu’elle préférait rentrer chez elle.

en coup de vent /kudvã/ : très vite

un coup de soleil /kutsolɛj/ : une brûlure causée par le soleil

un coup de barre / kudbaʁ/ : une fatigue soudaine et intense (on peut aussi dire un coup de pompe /kutpõp/)

 

Le week-end dernier, il faisait gris et froid et j’ai ressenti un gros coup de cafard. Il y a eu un orage et il y a eu une panne de courant. En essayant de résoudre le problème, je me suis pris un coup de jus. J’ai alors décidé de demander de l’aide au voisin et là, coup de foudre ! Il est vraiment trop beau ! Je dîne avec lui ce soir.

un coup de cafard /kutkafaʁ/ : des idées noires, de la tristesse

un coup de jus /kutʒy/ : une décharge électrique

un coup de foudre /kudfudʁ/ : amour au premier regard

 

ça me fait VS ça me rend

  • ça me fait mal : it hurts me (physically or mentally)
  • ça me fait de la peine : it hurts me (mentally)
  • ça me fait du bien : it makes me feel good
  • ça me fait plaisir : it pleases me

 

  • ça me rend heureuse : it makes me happy
  • ça me rend triste : it makes me sad
  • ça me rend fou : it makes me crazy
  • ça me rend fière : it makes me proud
  • ça me rend malade : it makes me sick

Il est parfois difficile de saisir la différence entre FAIRE et RENDRE. Si vous observez ces phrases, quelle est-elle à votre avis ?

RENDRE a le sens de “faire devenir”. C’est un verbe d’état, et non un verbe d’action. Dans les phrases ci-dessus, “me” est le complément d’objet et les adjectifs sont des attributs du complément. Dans le premier groupe de phrases, “me” est complément d’objet indirect.

Comparer avec “même”

Quand il s’agit de comparer avec même, j’entends parfois des phrases telles que celles-ci :

  • *C’est le même mot comme en anglais.
  • *J’ai la même chemise comme toi.

Mais ce qu’il faudrait dire, c’est :

  • C’est le même mot qu’en anglais.
  • J’ai la même chemise que toi.

*Même comme = incorrect

Même que = correct

Quand vous voulez tout simplement dire “it’s the same for me“, vous pouvez en général dire “c’est la même chose pour moi” (et non pas “*c’est la même pour moi“). Vous pouvez aussi dire “c’est pareil pour moi” (les étudiants ont moins le réflexe de dire cette phrase , qui est pourtant très naturelle).