Le chalet

J’ai regardé les deux premiers épisodes de cette série française sur Netflix pendant que je courais sur le tapis à la salle de sports, et je suis curieuse de voir la suite. Il y a de la tension et du suspense et je n’ai pas encore tout compris, même si j’ai quelques idées. Le rythme est assez lent, ce qui en fait une bonne série à regarder pour les étudiants de français qui aiment les séries à l’atmosphère pesante et qui veulent en même temps pratiquer leur compréhension orale.

Je suis ravie de voir de plus en plus de séries françaises que j’apprécie car pendant longtemps, j’avais du mal à en recommander à mes étudiants. Celle-ci est une mini-série de six épisodes qui durent entre 50 minutes et une heure.

amener, emmener, apporter, emporter

Ces quatre verbes peuvent être traduits de la même façon en anglais : to bring ou to take, selon le contexte. Du coup, les étudiants sont souvent confus. Lequel faut-il utiliser ? Il y aurait beaucoup à dire sur ces verbes, mais je vais déjà essayer d’expliquer la base.

Amener et emmener s’emploient avec des êtres vivants, apporter et emporter avec des objets ou des êtres inanimés.

Dans emmener, ce qui compte, c’est le point de départ et dans amener, c’est la destination. De plus, si j’emmène quelqu’un quelque part, on comprend que je suis restée avec.

J’ai emmené les enfants au musée hier, c’était super. = je suis partie de la maison avec les enfants et nous sommes allés au musée ensemble.

J’ai amené les enfants au musée hier, puis je suis allée travailler. = je les ai accompagnés jusqu’au musée, je les y ai laissés et je suis allée au travail.

En anglais, on pourrait traduire les deux phrases par : I took the kids to the museum yesterday. Seul le contexte nous dirait si je suis restée avec eux ou non.

De même, dans emporter, l’accent est mis sur le point de départ, alors que dans apporter, c’est la destination qui compte.

J’emporte toujours une bouteille d’eau quand je sors de chez moi. = Je quitte toujours la maison avec une bouteille d’eau.

J’apporte toujours une bouteille d’eau au travail. = J’arrive toujours au travail avec une bouteille d’eau. Peut-être qu’elle vient de chez moi, peut-être que je l’ai achetée en route.

On pourrait traduire le premier exemple par : I always take a bottle of water with me when I leave the house, et le deuxième exemple par : I always bring a bottle of water to work / I always come to work with a bottle of water. 

Parler du temps qu’il fait

C’est quelque chose que l’on apprend au niveau A1 et pourtant, j’entends assez fréquemment des erreurs chez les étudiants qui préparent le B2. Au moins une fois par semaine. Souvent plus. Et ce n’est pas faute de le répéter et de le faire remarquer à chaque fois…

Pour parler des températures, on ne dit pas *c’est 20 degrés aujourd’hui. On dit il fait 20 degrés aujourd’hui.

Maintenant, pour parler des phénomènes météorologiques, on va employer “il fait”, “il y a” et “il impersonnel + verbe”.

IL FAIT

  • Il fait beau.
  • Il fait mauvais.
  • Il fait chaud.
  • Il faid froid.
  • Il fait un temps de chien.
  • Il fait grand beau.
  • Il fait grand soleil.

Il Y A

  • Il y a du soleil.
  • Il y a du vent.
  • Il y a de la pluie.
  • Il y a de l’orage.
  • Il y a de la neige.
  • Il y a de la grêle.
  • Il y a du brouillard.
  • Il y a des nuages.
  • Il y a une tempête.
  • Il y a du tonnerre.
  • Il y a un arc-en-ciel.

IL + VERBE

  • Il pleut.
  • Il neige.
  • Il vente.
  • Il grêle.

NB : Je ne dis pas “il fait soleil” ou “il fait du soleil“, mais beaucoup de gens le disent en France. Je ne dirais pas que c’est une erreur mais plutôt une façon de parler dans certaines régions. Je recommande toutefois à mes étudiants de dire “il y a du soleil” pour éviter les confusions et de commencer à dire “*il fait de la pluie“, qui en l’occurence ne se dit pas (à ma connaissance).

Quelques expressions courantes que j’aime bien pour parler de la météo :

  • Il caille / ça caille / on se les caille : familier pour dire qu’on a froid.
  • Il pèle / ça pèle / on se les pèle : familier pour dire qu’on a froid.
  • Je meurs de froid : expression que j’utilise dès qu’il fait moins de 20 degrés.
  • Je crève de chaud : expression que j’utilise dès qu’il fait plus de 40 degrés.
  • On étouffe : on peut dire ça quand il fait très chaud et qu’on a du mal à respirer.
  • Il pleut comme vache qui pisse (fam.) = il pleut des cordes : il pleut très fort.

Les premiers deux jours ou les deux premiers jours ?

Voilà une question que je pose très souvent car les étudiants ont tendance à traduire directement de l’anglais, the first two days, alors qu’en français, l’ordre doit être différent : on dit les deux premiers jours.

De même, pour dire the next two years, the past six months, the first three episodes, on ne dit pas :

  • *les prochaines deux années
  • *les derniers six mois
  • *les premiers trois épisodes

On dira :

  • Je vais passer les deux prochaines années à Tokyo.
  • Les six derniers mois ont été très pluvieux.
  • Les trois premiers épisodes de la série n’étaient pas vraiment intéressants.

NB : Cependant, il n’est pas impossible de dire les premiers deux jours, mais cela implique que l’on compte en tranche de deux jours. Par exemple, vous voulez suivre un programme de détox de 10 jours, et le prospectus dit : Vous commencerez par 2 jours de jus, suivis de 2 jours de soupe, puis 2 jours de salade, suivis de 2 jours de graines et finalement 2 jours de purée d’avocat**. Là, vous pouriez dire, les premiers deux jours risquent d’être difficiles,  car les jours sont comptés par groupes de deux.

** Je n’ai évidemment, et malheureusement, aucune formation en détox et nutrition 😉

To look forward to

J’adore ce verbe à particule en anglais. Malheureusement, comme pour beaucoup d’autres mots ou expressions, il n’y a pas de traduction qui me satisfasse complètement en français. Peut-être est-ce seulement un ressenti personnel, mais je sais que plusieurs de mes étudiants ont parfois la même impression.

Toutefois, il y a des équivalents qui fonctionnent bien, selon les situations.

I look forward to seeing you : J’ai hâte de te voir. / Je suis impatiente de te voir.

A la fin d’une lettre de motivation j’écrirais facilement “I look forward to hearing from you“, mais là, je ne le traduirais pas par “j’ai hâte d’avoir une réponse / de vos nouvelles” ou “je suis impatiente...” Cela fait trop familier. Je tournerais la phrase complètement différemment (par exemple : dans l’attente d’une réponse que j’espère favorable, je vous prie de recevoir mes sincères salutations)

En anglais, on peut aussi dire : I look forward to spring. En français, on ne peut pas le dire si simplement. On pourra dire, j’ai hâte d’être au printemps, ou encore, je suis impatiente que le printemps arrive, par exemple.

Je ne suis pas un homme facile

C’est le titre d’un film français produit par Netflix qui vient de sortir sur la plateforme. Je l’ai regardé et je dois dire qu’il m’a beaucoup plu. C’est une satire de la société patriarcale dans laquelle nous vivons.

Un homme, tout ce qu’il y a de plus macho et arrogant, se réveille dans un monde où les codes tels qu’il les connaît sont inversés. J’ai trouvé que c’était une façon très intelligente de pointer du doigt les dysfonctionnements de notre société et de nous faire réfléchir à toutes ces situations de sexisme ordinaire qui semblent si normales à beaucoup, mais contre lesquelles nous devrions lutter au quotidien.

Je ne savais pas à quoi m’attendre avant de regarder ce film, mais je pense sincèrement qu’il est impossible de le regarder sans réfléchir au monde qui nous entoure ensuite.

 

Je suis à la bourre

Célina : Allô, ça va?

Caroline : Oui, mais désolée, j’ai pas le temps de te parler,  je dois être au travail dans dix minutes et je suis à la bourre.

Célina : Ah ok. On se rappelle quand tu as plus de temps alors. Salut !

Ce que Caroline veut dire, c’est qu’elle est en retard. C’est une expression familière qu’on utilise communément en français pour exprimer cette idée.

J’en ai marre !

Est-ce qu’il vous arrive d’en avoir marre ? D’en avoir vraiment marre ? Moi, en ce moment, j’en ai plus que marre !! De quoi ? De la météo ! J’en ai ras la casquette d’avoir froid. Ras le bol ! On est mi-avril et je vis en écharpe du matin au soir et dès que je peux, je me colle les mains sur le radiateur. Je veux du soleil !!!

En avoir marre est une expression familière très courante pour dire qu’on en a assez. On dit en avoir marre de quelque chose. C’est l’équivalent de l’anglais “to be fed up with” et de l’espagnol “estar harto/a de“. Je me souviens de mon sentiment de frustration quand je venais d’arriver en Espagne car je ne connaissais pas cette expression pourtant bien utile. Je n’y avais jamais pensé avant de me rendre compte à plusieurs reprises que je ne savais pas le dire !

Il y a beaucoup de synonymes dans le registre familier comme en avoir ras la casquette ou ras le bol. On peut aussi dire qu’on en a plein le dos, plein les bottes ou qu’on en a sa claque. Plus vulgairement, on peut dire qu’on en a ras le cul ou plein le cul.

Dans un style plus soutenu, on pourra dire qu’on est excédé ou exaspéré.

Pour un style plus courant, plus neutre, on pourra dire qu’on en a assez.

L’analphabète

C’est un récit autobiographique d’Agota Kristof, une Hongroise contrainte de quitter son pays en guerre en 1956, occupé par l’armée soviétique. Après être passée par l’Autriche, elle se retrouve en Suisse avec son mari et son enfant, tout d’abord dans des centres de réfugiés, avant d’être envoyée en Suisse francophone. Elle ne parle pas un mot de français quand elle commence cette nouvelle vie mais elle écrira la plus grande partie de son oeuvre en français.

Ce livre est très court (58 pages) et se lit très facilement. Il est très émouvant et je le recommande vivement à tous ceux qui souhaitent lire en français et qui s’intéressent aux questions du langage et de l’identité.

Ecrire pour le DELF B2

Ecrire en français a tendance à faire peur aux étudiants. Mais avec une pratique régulière, on développe des automatismes et écrire devient de plus en plus facile.

Pour le DELF B2, on vous demande d’écrire un texte dans lequel vous devez défendre un point de vue à l’aide d’arguments et d’exemples précis et logiques.

La première chose à faire, c’est de bien lire le sujet pour s’assurer de bien répondre à la question. Il faut vous mettre dans la peau de la personne qu’on vous demande d’être et aborder tous les points de l’énoncé. S’il vous est demandé d’exprimer votre mécontentement et de proposer des solutions à un problème, n’oubliez pas de proposer des solutions ! Assurez-vous de bien comprendre la raison et le but pour lesquels vous écrivez.

Ensuite, il faut faire un plan et cette étape  est très importante quand vous écrivez en temps limité. Elle vous permettra de ne pas perdre de temps et de rester centrés sur votre sujet. Gardez en tête qu’on ne vous demande pas d’écrire une thèse de doctorat et que même si le sujet vous inspire et que vous avez beaucoup à dire, il va falloir faire des choix et vous y limiter, car vous avez seulement une heure pour préparer et écrire un texte cohérent de 250 mots minimum. Un certain nombre de mes chères étudiantes ont tendance à vouloir parler de tout ce que le sujet leur évoque et finissent par ne pas vraiment développer leurs arguments et oublient d’accompagner leurs arguments d’exemples. Avant de vous lancer dans l’écriture du texte, notez tout ce qui vous vient en tête en rapport avec votre sujet : le vocabulaire, les arguments, un exemple pour chaque argument, les connecteurs logiques qui expriment la relation entre vos différentes idées, etc. Puis, vous choisissez les arguments qui vous plaisent le plus, ceux pour lesquels vous avez un exemple précis et vous sentez à l’aise de développer un peu.

Une fois cette préparation terminée, vous pouvez commencer à rédiger. Si vous avez bien organisé vos notes, il vous sera plus aisé d’écrire votre texte car vous saurez déjà ce que vous voulez dire avant d’écrire.

Gardez 5 à 10 minutes à la fin pour vous relire ! Je trouve toujours des fautes d’accords et d’accents dans les écrits de mes étudiants qui connaissent pourtant les règles. Vérifiez que vous avez varié vos verbes (au niveau B2, on ne veut pas seulement voir “être”, “avoir” et “faire”), votre vocabulaire (pensez à des synonymes), que vos connecteurs logiques sont bien utilisés et variés, que vos verbes sont bien conjugués aux temps et aux modes adaptés (bien que + subjonctif, par exemple) et faites en sorte que votre écriture soit lisible et ne laisse aucun doute sur ce que vous avez écrit.

Plus vous pratiquerez avant l’examen, plus vous serez à l’aise le jour J.

Dernière chose : essayez autant que possible de ne pas rédiger des phrases entières dans votre langue pour ensuite les traduire en français. A votre niveau, vous êtes capable de penser directement en français et vous éviterez ainsi les tournures de phrases maladroites.