Être puni pour travailler trop, c’est possible en France

Il y a très longtemps, quand je vivais encore en France, je travaillais en intérim et j’avais travaillé quelques semaines au centre des impôts de la ville où je vivais. On était pré-Internet et j’avais été embauchée pour faire la saisie des déclarations de revenus, c’est-à-dire que je devais entrer dans le système informatique ce que les gens avaient déclaré sur papier. Contrairement à mes collègues qui se connaissaient toutes et passaient des heures à se raconter leurs vies, je passais tout mon temps à saisir. Et un jour, l’une d’entre elles m’a fait une réflexion voulant clairement dire que je travaillais trop et que ça la dérangeait. J’ai observé des comportements lors de mon court passage dans ces services qui m’ont fait comprendre pourquoi les fonctionnaires étaient tant critiqués en France. Bien sûr, il y en avait qui étaient très professionnels, mais une très grande partie passait beaucoup de temps à se tourner les pouces. J’étais très jeune et j’ai été vraiment choquée.

Et cette semaine, j’ai lu une histoire qui m’a fait écarquiller les yeux. L’ État français a refusé d’accorder la nationalité française à une infirmière étrangère sous prétexte qu’elle travaille trop. Dans le pays où la semaine de travail est de 35 heures, il est vraiment très mal vu de travailler plus de 50 heures. C’est même contre la loi apparemment. Incroyable !

Si le personnel soignant était mieux considéré et donc mieux payé, peut-être n’aurait-il pas besoin de travailler autant, non ? Il pourrait ainsi se conformer à la loi.

J’ai donc décidé de faire l’analyse d’un article relatant cette histoire. J’ai pris celui du Figaro, dans lequel j’ai corrigé les coquilles. En rose, des formes verbales, en bleu, des connecteurs, en vert, des prépositions, en jaune, des participes passés, soulignés, du vocabulaire à observer. Et en rouge, une erreur de la journaliste que je n’ai pas corrigée, mais que je vais expliquer, car c’est un point de grammaire qui pose souvent problème. Mes commentaires se trouvent à la suite du texte.

  • se voit refuser : structure passive. Si vous vous voyez refuser quelque chose, cela veut dire que vous avez demandé qqch et que qqn vous l’a refusé. Vous n’avez pas vraiment eu votre mot à dire, et c’est pour cela que l’on étudie cette structure quand on étudie le passif.
  • s’est vue refuser : où est l’erreur ? On a un verbe à l’infinitif qui suit un autre verbe, pronominal celui-ci. On a un sujet au féminin, une infirmière. On pourrait penser que logiquement, le participe passé de voir devrait être au féminin, puisqu’on a l’auxiliaire être. Mais non. Si l’action de l’infinitif “refuser” était effectuée par le sujet “infirmière”, alors oui, on accorderait. Mais ce n’est pas l’infirmière qui a refusé. C’est qqn d’autre. Par conséquent, on n’accorde pas le participe passé. (j’écrirai un poste de grammaire à ce sujet bientôt)
  • a suscité : verbe qui exprime la conséquence, construction directe. Qqch suscite qqch.
  • une vague d’indignation : vague a ici le sens de mouvement et peut être associé a beaucoup de noms. Un vague de colère, une vague de tendresse, une vague d’enthousiasme, une vague d’incompréhension (dans le texte également), etc. Pouvez-vous penser à d’autres ?
  • dépasser le temps de travail légal : auriez-vous penser à ce verbe ? Que peut-on dépasser d’autre ? Qu’est-ce qui peut dépasser ?
  • un motif solide : deux mots qui vont bien ensemble. Un motif, c’est une raison. Il peut aussi être officiel, valable, légitime, inavouable, etc. Quoi d’autre ?
  • préjudiciable : auriez-vous penser à cet adjectif ?
  • une demande de naturalisation : vocabulaire de l’immigration – quand on veut obtenir la nationalité d’un pays, on fait une demande de naturalisation
  • au motif de : à cause de
  • la lettre de refus : il existe aussi des lettres de motivation, de candidature, de démission, de remerciements, de recommandation, etc. Quoi d’autre ?
  • a provoqué : verbe qui exprime la conséquence
  • confrères : synonyme de collègues, très utilisé par les journalistes. Les docteurs et les avocats aussi.
  • a bien confirmé : qu’est ce petit “bien” ici ? Il est utilisé pour accentuer le fait que la préfecture a confirmé, il n’y a plus de doute possible. Si je dis que j’ai bien profité de mes vacances, je veux dire que j’ai vraiment profité de mes vacances. “bien” peut indiquer une certaine intensité.
  • cumuler : un bon synonyme d’avoir, plus précis, qui veut dire “avoir simultanément”.
  • effectue : un bon synonyme de faire
  • soit : c’est-à-dire
  • en infraction : être en infraction, c’est ne pas respecter la loi
  • au regard de : pour, selon
  • limitant à : observez le participe présent (= qui limite) et la construction verbale : limiter à qqch
  • la demandeuse déboutée : la demandeuse fait référence à l’infirmière qui a demandé qqch, déboutée signifie que sa demande a été rejetée
  • ne compte pas : ne prévoit pas – je compte faire qqch = j’ai l’intention de faire qqch
  • en rester là : s’arrêter
  • faire appel de la décision : vocabulaire de la justice – faire appel d’une décision = contester une décision
  • de nombreux : synonyme de beaucoup de
  • n’ont pas manqué de : ne pas négliger de, ne pas oublier de
  • le dépassement du temps de travail : après le verbe plus haut, nous avons maintenant le nom
  • une pratique courante : mots souvent associés. Des synonymes seraient : une pratique habituelle, répandue, usuelle, généralisée, en vigueur, etc. Une pratique peut aussi être ancestrale, peu orthodoxe, discutable, scandaleuse, déviante, etc. Pouvez-vous penser à d’autres adjectifs ?
  • le milieu hospitalier : quels autres milieux connaissez-vous ?

Je n’ai pas commenté la plupart des connecteurs, ni les prépositions. Mais il est toujours bon de les observer et de vous demander si pour vous, le sens et l’utilisation sont évidents.

Le racisme en France

Le weekend dernier, je mentionnais le podcast Kiffe ta race, et j’expliquais qu’en France, on est vite mal à l’aise quand on aborde le thème des races.

Diriez-vous que le racisme est systémique dans votre pays ? Est-il réservé à l’extrême-droite ?

Le mois dernier, j’ai fait travailler un étudiant avec cette vidéo, que j’avais trouvée très intéressante. Je ne connaissais pas cette autrice mais cela m’a donné très envie de lire son livre. Il n’est malheureusement pas disponible en version numérique. Il faudra que j’aille voir s’ils peuvent me le commander dans une librairie ici, ou que je me le fasse apporter par des amis qui viennent me rendre visite cette année.

Je n’ai évidemment pas la même expérience que Jo Güstin, car je suis blanche et la seule discrimination à laquelle j’ai été confrontée et le suis toujours, c’est le sexisme. Mais je n’ai aucun mal à comprendre ce qu’elle explique car j’ai des yeux et des oreilles et qu’ils fonctionnent très bien. J’ai grandi en France, et depuis que je travaille exclusivement comme prof de français, j’essaie de suivre les actualités françaises et de me tenir au courant de l’évolution de la société française. J’y suis retournée plusieurs fois depuis que j’ai quitté le pays et j’y ai des amis. Je le dis depuis toujours, le racisme est partout en France. Tout comme le sexisme.

Bien sûr, on trouve du racisme partout. J’ai vécu dans plusieurs pays, je l’ai remarqué partout. Mais est-ce une excuse ? Et la façon dont il est exprimé est-elle la même partout ? J’ai encore beaucoup à apprendre sur ce sujet, mais le peu de littérature que j’ai lue et mon expérience personnelle me poussent à croire qu’en France, le racisme est pire que dans beaucoup d’autres pays à majorité blanche. Ou peut-être que je regarde la France avec des yeux plus critiques car j’en viens. Mais comme l’explique le podcast Kiffe ta race, en France on veut nier la différence au nom d’un égalitarisme très français et par conséquent, on ne nomme pas les choses telles qu’elles sont et beaucoup se laissent endormir et choisissent de croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tout le monde est l’égal de son voisin en France, il n’y a pas de races, donc pas de racisme, et la vie est belle. Sauf que ce n’est pas du tout la réalité de la France ! Toutefois, ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ne s’instruisent pas et sont prêts à croire tout et n’importe quoi, tant que ça ne dérange pas leur petit confort, et finissent par laisser des commentaires sur YouTube tels que : “Tout cela est dans ça tête il ý à des gents qui sont mal dans leurs peaux partout dans le monde nous ne sommes pas plus racistes que les autres pays arrêter avec çà celà devien insupportable”. (J’ai laissé les fautes de français, vous pouvez vous amuser à les corriger)

Si le rythme de l’interview est un peu difficile pour vous, voici les questions de la journaliste pour vous aider. Essayez de comprendre les réponses !

  • Comment s’est passée votre intégration en France ?
  • Et tout ça est arrivé quand vous êtes arrivée en France ?
  • Alors, quand on lit votre livre, Sissi, votre personnage principal, elle a pour projet d’écrire un livre qu’elle intitulera « on est en France ici », une lettre d’adieu à la France. « J’irai à la rencontre de plusieurs Françaises non blanches et les interrogerai sur les rapports douloureux ou forcés qu’elles entretiennent avec l’institution France » Par rapport à ce que vous m’avez répondu à la première question que je vous ai posée, vous vous êtes donc inspirée de votre vécu pour écrire ce livre, mais quelle est la part d’autobiographie et de fiction dans ces cas-là ?
  • Vous vous attendiez à être racisée ? Je rappelle qu’une personne racisée est une personne qui subit le racisme systémique. Vous vous attendiez à ça ?
  • Tout ce qui vous a fait mal et tout ce sentiment de mal vivre en France dont vous parlez dans votre livre ?
  • Vous avez choisi, malgré tout ça, de vous faire naturaliser française. Comment réagissez-vous quand vous voyez ce qui s’est passé dimanche dernier, le rassemblement national qui arrive en tête des élections européennes, vous qui avez déjà vécu tout ça, qui avez quand même choisi de vous faire nationaliser française, vous en pensez quoi ?
  • Alors pourquoi finalement, vous avez choisi de vous faire naturaliser française ?
  • Vous avez mis du temps à accepter d’être lue par qqn d’autre que votre maman et que votre cousine. Qu’est-ce que qui a fait que vous avez eu ce déclic, que vous vous êtes dit, bon allez, ça y est maintenant je vais publier mes livres ?
  • Et par rapport à votre côté humoriste, vous parlez également de tous ces thèmes : le sexisme, l’homophobie, l’intégration, le racisme, vous avez l’impression que grâce à l’humour, certains messages passent mieux ? Vous le ressentez quand vous faites vos stand-ups ?
  • Vous avez envie de surprendre ?
  • C’était même pas voulu à la base ? Mais c’est grâce à l’humour que vous surprenez et que vous arrivez à faire passer des messages que vous voulez faire passer ?
  • Vous vouliez surprendre aussi avec votre couverture, cette mise en scène, c’était le but ?

Institutions européennes – analyse d’un article

Une fois n’est pas coutume, j’ai sélectionné un article économique et politique cette semaine. Pas mon sujet préféré, mais si vous étudiez à un niveau avancé, il faut pouvoir parler de tout ! Et si le sujet vous intéresse, vous serez pris·e plus au sérieux si vous en parlez correctement et avec précision, c’est-à-dire avec le vocabulaire qui correspond à la situation.

J’ai décidé de partager cet article, sur les institutions européennes et les récents changements. Un sujet qui me passe un peu au-dessus de la tête, mais je trouve immensément intéressant que deux femmes aient été nommées à la tête d’institutions aussi importantes que la Commission européenne et la Banque centrale européenne. J’avais prévu de poster tout l’article et de faire une analyse détaillée, mais malheureusement, le temps me manque cette semaine, alors je l’ai coupé et j’ai juste eu le temps de relever ce que j’aimerais que mes étudiant·es avancé·es observent s’ils ou elles faisaient cet exercice : en rose, des verbes, en jaune, des verbes déclaratifs, en bleu, des connecteurs logiques (j’ai inclus autant de, qui n’est pas exactement un connecteur, mais observez son utilisation quand même), et j’ai souligné du vocabulaire qui se retrouve particulièrement dans ce type d’articles et que je n’ai pratiquement jamais lu dans les écrits de mes étudiant·es, ou même entendu dans nos discussions.

Bonne analyse !

Les fausses informations

J’ai déjà parlé du Gorafi plusieurs fois, ce journal satirique qui me fait beaucoup rire. Apparemment, il est arrivé plus d’une fois que des médias supposés être plus sérieux, français ou étrangers, et des politiciens, relaient des informations lues dans le Gorafi.

Dans cette vidéo, Pablo Mira, co-créateur du journal, explique que selon lui, très souvent, les gens ne lisent que les titres, sans s’embêter à lire le contenu des articles et ne prennent pas le temps d’analyser ce qu’ils ont lu ou de recouper les informations. Si on lit les articles, il est évident que rien n’est sérieux dans ce journal. Et j’ai même du mal à comprendre comment qui que ce soit puisse croire aux titres. Si l’on se rend sur le site maintenant, on peut trouver des titres tels que “Permis de conduire : les auto-écoles autorisent les élèves à régler par don d’organes” (passer son permis coute très cher en France, si vous ne le saviez pas), ou encore “BFM TV contraint de licencier 120 journalistes en raison de la fin de la canicule” (BFM est une chaine d’infos en continu et d’après ce que j’ai cru comprendre, la qualité de l’information laisse à désirer.)

Dans la vidéo, il raconte, entre autres, que des gens ont véritablement cru qu’un homme s’était fait tué pour avoir demandé un pain au chocolat dans le sud de la France (ou cette viennoiserie s’appelle chocolatine) et c’est assez flippant. Nous vivons une drôle d’époque, non ?

Quelques erreurs se sont glissées dans les sous-titres, vous pouvez vous amuser à les retrouver 😉

Les soldes

Cela fait une éternité que je n’ai pas fait les soldes. Quand j’étais plus jeune, j’étais toujours fauchée (= sans argent) au moment des soldes, et quand j’ai commencé à pouvoir en profiter, je n’avais jamais vraiment besoin de rien au moment des soldes. Alors, aller affronter la foule pour acheter des choses à prix réduits juste parce que je peux le faire, très peu pour moi en fait. Je ne dis pas que je n’achète jamais rien dont je n’ai pas besoin, je ne suis pas une sainte, mais à vrai dire, je n’aime pas spécialement les soldes. Surtout que depuis de nombreuses années maintenant, j’ai l’impression qu’il y a des soldes toute l’année un peu partout. Des magasins comme H&M et Zara, par exemple, ont toujours des vêtements moins chers. C’était le cas à Londres en tout cas. Il m’est arrivé d’acheter une robe chez Zara pour la voir deux mois plus tard dans le même magasin 50% moins chère. Le secret n’est donc pas d’attendre les soldes si un vêtement nous plait et que nous aimerions faire une affaire. Attendre deux ou trois mois est parfois suffisant.

Je ne sais pas si les soldes existent dans tous les pays. Je ne sais pas s’ils sont tous à la même période. J’ai failli dire “elles” car j’ai longtemps pensé que les soldes étaient un nom féminin. Je ne sais pas pourquoi mais je sais que je suis loin d’être la seule. D’ailleurs, mon dictionnaire précise que ce nom est “abusivement employé au féminin”. Solde peut aussi être un nom féminin, avec un autre sens, c’est peut-être la raison. Pour ma part, je crois que tout le monde autour de moi le mettait au féminin et j’ai grandi pensant que c’était un nom féminin.

En France, il y a deux périodes de soldes : les soldes d’hiver, qui commencent généralement en janvier, et les soldes d’été, qui commencent vers juin/juillet. Je crois qu’en Angleterre, les soldes d’hiver comment le lendemain de Noël, et je me souviens d’avoir été en France à la période de Noël avec des Anglaises qui étaient choquées de découvrir que les soldes commençaient plus tard en France.

Ce que je ne savais pas, c’est qu’elles ne commencent pas toutes exactement le même jour. Dans cet article, vous pourrez trouver plus d’informations quant aux dates des soldes d’été qui ont commencé cette semaine dans certains départements. Vous pourrez aussi travailler un peu votre français 🙂 J’ai mis en évidence certains mots et certaines structures à observer. Je vous laisse faire votre propre analyse car c’est samedi et j’aimerais juste ne rien faire aujourd’hui. J’ai hésité à vous proposer cet article, mais j’ai choisi le plus récent. Vous pouvez le lire également et faire une petite analyse, repérer le vocabulaire et vous demander si vous savez situer sur une carte tous les endroits cités.

Les soldes durent six semaines, mais il parait que cela va bientôt changer et que la période va être réduite.

Grève des urgences – analyse d’un article

Avez-vous déjà eu besoin d’aller aux urgences ? Les services d’urgences sont-ils efficaces dans votre pays ?

Apparemment, en France, les urgences se sont dégradées. J’ai été surprise de lire qu’un tiers des Français était déjà allé aux urgences alors qu’il n’y avait pas d’urgence et qu’ils en étaient conscients. En fait, je suis sidérée. Je savais que c’était comme ça dans d’autres pays, supposés être moins efficaces que la France. Par exemple, je me souviens d’avoir passé un weekend au lit quand je vivais à Madrid, avec une fièvre carabinée et des douleurs à la gorge et aux oreilles. Je ne savais pas vers qui me tourner. Je ne savais pas qu’il y avait un service de garde le weekend et que l’information était affichée sur la porte de mon médecin habituel. Je l’ai appris le lundi matin quand j’ai pu voir ma docteure. Mais pendant que j’agonisais au fond de mon lit, j’ai envoyé des textos à des Espagnols que je connaissais pour savoir s’il y avait des médecins qui travaillaient le weekend. Personne ne savait rien et tous m’ont recommandé d’aller aux urgences. J’étais vraiment mal, mais je savais que mon cas n’était pas urgent. Je savais que je n’étais pas mourante et que j’avais seulement une otite. Je souffrais, mais le lundi matin, on m’a prescrit des antibiotiques et j’allais mieux dès le mardi. Je crois que j’aurais trop honte d’aller aux urgences en sachant que mon cas n’est pas une urgence.

L’abus des services n’est pas le seul problème, mais c’en est un important à mon avis. L’article mentionne d’autres problèmes.

Aujourd’hui, j’ai choisi de me concentrer sur ces quelques points : en rose, des verbes utiles, en jaune, des participes passés sans auxiliaires, en bleu, des connecteurs logiques, en rouge, de la grammaire à observer, et j’ai souligné du vocabulaire – soit des mots individuels, soit des groupes de mots.

  • les services d’urgences : on dit “aller aux urgences”, mais quand on parle de tous les services qu’on y trouve, on parle des services d’urgences.
  • massivement soutenue : penseriez-vous à dire ceci ? Je sais que beaucoup de mes étudiant·es seraient tenté·es de dire beaucoup/très supportée. Ce qui serait incorrect (to support = soutenir)
  • révéler : un synonyme de dire, avec une petite nuance. Révéler, c’est dire qqch qui n’était pas su avant (une information, un secret…)
  • un baromètre : au sens propre, c’est un appareil qui mesure la pression atmosphérique. Au sens figuré, c’est un indicateur d’une multitude de choses. Comme en anglais il me semble.
  • réalisé : synonyme de faire. Se réfère au baromètre. Je n’avais jamais fait attention qu’on pouvait réaliser un baromètre. Dans ce contexte, j’entends plus souvent que l’on peut réaliser une enquête, un sondage.
  • dévoiler : synonyme de révéler
  • en effet : connecteur qui permet de justifier ce qui vient d’être écrit.
  • les professionnels de santé : l’ensemble des personnes qui travaillent avec des patients
  • soutenir : on peut soutenir un mouvement, une cause
  • démarré = commencé
  • mi-mars : savez-vous que l’on dit ainsi ? (et non pas *la moitié de mars)
  • pour lequel : préposition + pronom relatif composé – comprenez-vous cette structure qui pose souvent problème aux étudiants ? Une nouvelle action est prévue pour ce mouvement = ce mouvement pour lequel une nouvelle action est prévue
  • est prévue : du verbe prévoir = to plan
  • les acteurs de la santé : toutes les personnes qui jouent un rôle dans le monde médical
  • interrogés : se réfère aux acteurs de la santé
  • d’accord sur : on est d’accord (avec qqn) sur qqch
  • le constat effectué : quand on fait un constat, c’est plus soutenu de dire qu’on l’effectue
  • un/une gréviste : une personne qui fait la grève
  • se détériorer : aller de plus en plus mal. Empirer est un autre synonyme.
  • n’hésitent pas à : remarquez la construction verbale. On hésite à faire qqch.
  • de leur faute : par extension, de ma faute, de ta faute, de sa faute, etc.
  • c’était plus facile que de trouver : auriez-vous mis le “de” ?
  • avancer les frais médicaux : les frais, c’est ce que l’on doit payer (fees), et avancer, cela veut dire qu’on doit payer. Avancer de l’argent, c’est prêter de l’argent et c’est aussi payer en avance. Ce qui sous-entend que si l’on va aux urgences, on ne paye pas.
  • à cause de : connecteur logique de cause
  • au sein des urgences : à l’intérieur des urgences
  • chez les soignants : les soignants sont les personnes qui soignent, qui prennent soin des patients, et chez les soignants ne veut pas dire chez eux, dans leur maison, mais parmi eux. L’auriez-vous dit ainsi ?
  • ainsi : connecteur logique de conséquence
  • le milieu hospitalier : la sphère des personnels de l’hôpital
  • soit : c’est-à-dire
  • chez l’ensemble des Français : comme pour chez les soignants, on ne parle pas des maisons des Français. Auriez-vous penser à l’expression l’ensemble des Français ? C’est plus soutenu que chez tous les Français.
  • des troubles : synonyme de problèmes, très utilisé dans le domaine de la santé
  • des maux de tête : pluriel d’un mal de tête
  • la santé morale : on a aussi la santé physique, la santé mentale, etc.
  • est touchée : se réfère à la santé morale. Elle est touchée, c’est-à-dire qu’elle est affectée
  • effectuer : synonyme de faire – effectuer un travail : plus soutenu
  • hausse constante : deux mots qui vont bien ensemble
  • a réagi : synonyme de dire.
  • infirmière aux urgences de l’hôpital… : auriez-vous utilisé les bonnes prépositions ?
  • membre du collectif : membre du groupe
  • dans les services : remarquez la préposition utilisée
  • le temps d’attente : le temps qu’il faut attendre
  • à ce que : on ne peut jamais JAMAIS dire *à que – pensez au pronom neutre CE
  • vers ce que : de même, *vers que est impossible. On a besoin du petit CE. Hmm, peut-être peut-on se demander si que peut suivre une préposition ou s’il faut toujours insérer CE.. Je vous laisse méditer là-dessus.
  • que l’on : version plus soutenue de qu’on – utilisez-la à l’écrit !
  • puisque : connecteur logique de cause

Les abandons d’animaux

J’adore les chats. J’aimerais tellement en avoir un. Ou plusieurs. Mais j’adore aussi les voyages. Et j’adore mon mari également, qui est allergique aux chats. Parfois, j’élabore des plans pour pouvoir avoir un chat malgré son allergie, mais il me rappelle toujours que ce n’est pas vraiment compatible avec mon besoin de partir plus ou moins loin régulièrement. Il est rabat-joie comme ça mon mari.

Mais je sais qu’il a raison. Il y a quelques mois, il m’a dit que la seule raison pour laquelle je voulais un chat, c’est parce que je n’avais pas d’amis. Il est aussi amusant comme ça mon mari.

Il avait un peu raison quand même. Je suis très isolée depuis qu’on s’est installés ici et un chat me tiendrait compagnie. Je pourrais lui parler, lui faire des câlins, regarder Netflix avec lui. Bon, peut-être que je me retrouverais veuve car mon mari arrêterait de respirer et ça ne serait pas idéal non plus. Mais j’aurais mon chat pour me consoler.

Je rigole, mais cette semaine j’ai lu un article qui ne m’a pas fait rigoler du tout. Je n’ai même pas pu regarder la vidéo car j’avais les larmes aux yeux dès le début (je n’ai pas pu l’ouvrir sur la page de l’article, mais j’ai pu le faire ici). C’est un article qui parle d’un phénomène que je n’ai jamais compris. Je ne le comprenais pas quand j’étais enfant et je ne le comprends toujours pas : l’abandon des animaux de compagnie quand on part en vacances. Et apparemment, la France est championne d’Europe. Quelle honte ! Et ça veut donner des leçons au reste du monde…

Je pense que l’article parle de lui-même et je vais me contenter de faire quelques commentaires sur le vocabulaire. J’ai principalement souligné des groupe de mots qu’on trouve souvent ensemble. Observez-les bien et essayez de les réutiliser dans des phrases bien à vous !

  • le palmarès de la honte : un palmarès a habituellement un sens positif. Le palmarès d’une compétition, c’est la liste des gagnants de cette compétition. On dit d’un champion qu’il a tant de victoires à son palmarès. Associé à honte, on a un oxymore, pour accentuer à quel point la position de la France est honteuse.
  • repartir en campagne : partir en campagne, c’est militer. Repartir en campagne, c’est militer à nouveau.
  • un film coup-de-poing : un film qui fait l’effet d’un coup de poing = un film qui choque
  • le triste record : là encore, on est en présence d’un oxymore. Souvent utilisé pour parler de situations tragiques.
  • une campagne de sensibilisation : une campagne publicitaire pour faire prendre conscience aux gens
  • taper du poing sur la table : expression qui veut dire se fâcher
  • NDLR : on voit souvent ce sigle dans les articles pour signaler une note de la rédaction, une note insérée dans le texte dont on n’est pas l’auteur, pour préciser ce qui a été écrit en général
  • réveiller les consciences : faire réagir les gens
  • un sursaut national : réaction de la nation, du pays
  • une source de fierté : qqch de quoi être fier
  • céder les droits : laisser qqn utiliser son œuvre gratuitement
  • un fervent défenseur : qqn qui défend vivement, avec passion
  • ne pas être l’apanage de : ne pas être réservé à
  • reconnu·e d’utilité publique : dont l’intérêt général est approuvé
  • dénoncer le fléau : pointer du doigt le phénomène néfaste

Commentateurs sportifs français

Je ne m’intéresse pas au foot. Je ne m’intéresse pas au sport à la télé en général à quelques exceptions près. Je ne suis donc pas vraiment au courant de ce qui se passe dans le milieu sportif. Mais en ce moment se déroule la coupe du monde féminine de football et aïe aïe aïe mes oreilles quand j’écoute des programmes français. Les commentaires sexistes sont récurrents, même de la part de journalistes et animateurs que je trouvais plutôt sympas avant cette semaine. J’en crois à peine mes oreilles et je me dis que ce genre de réflexions ne passeraient pas du tout en Angleterre. Parce que les Anglais sont conscients, en général, que ce genre de discours est inacceptable et nocif à la société.

Mais ce n’est pas exactement de la coupe du monde que je veux parler. Je veux parler d’une histoire qui a eu lieu la semaine dernière. Je ne sais pas si les médias en ont parlé en dehors de la France. Vous avez peut-être entendu parler de “l’affaire Neymar”, ce joueur de foot brésilien qui joue pour Paris, qui est payé des millions pour taper dans un ballon (et qui apparemment est toujours blessé donc joue très peu, mais encaisse quand même les millions). Ce jeune homme aurait rencontré sur les réseaux sociaux une jeune femme brésilienne, vivant au Brésil, et l’aurait invitée à venir le rejoindre à Paris pour quelques jours. Cette jeune femme l’aurait ensuite accusé de viol. Je ne vais pas parler en détail des commentaires que j’ai entendus à la radio française, d’hommes et de femmes, mais encore une fois, j’ai eu mal aux oreilles. En gros, personne n’y croit, car Neymar n’aurait jamais pu faire ça (parce qu’évidemment les violeurs ont le mot violeur écrit sur leur front, c’est plus facile pour les reconnaitre), les millionnaires ne violent pas, et si elle a fait tout ce trajet, tous frais payés, elle était obligée de coucher avec lui, donc c’est impossible qu’il y ait eu viol. Belle mentalité, cette mentalité française, non ? Je ne sais pas ce qui s’est passé, et peut-être qu’il y a eu viol, peut-être que cette femme est une grosse menteuse, mais je ne comprends pas comment on peut s’improviser juge et déclarer qu’il n’y a pas eu viol, sans preuves, sans rien savoir, juste parce que c’est un mec célèbre. C’est rageant !

Mais quelque chose de plus spécifique qui m’a vraiment dégoûtée, ce sont les commentaires dégueulasses de deux commentateurs sportifs. Les médias français en ont parlé et la ministre de l’égalité s’est assurée que cela ne passerait pas inaperçu et ne resterait pas impuni. Dans cette vidéo, vous pouvez voir ces deux porcs discuter du fait qu’ils trouvent la fille moche. Le physique de Neymar n’est jamais évoqué, évidemment, et pourtant, je suis sure que je ne suis pas la seule à le trouver vraiment très bof. Mais il est riche, peu importe qu’il ne soit pas top model, son argent suffit pour qu’on estime qu’il mérite (oui oui, mérite) de coucher avec des filles de type mannequin. Dans la vidéo, on voit un des types demander à l’autre s’il a vu “la nana” avec une expression qui en dit long sur ce qu’il pense d’elle. Il continue en disant que “si tu fais venir une nana du Brésil, je m’attendais à ce que ce soit un avion de chasse intersidéral, t’es vachement déçu”. Pourquoi ?? En quoi la vie sexuelle de Neymar le concerne et devrait le rendre fier ou peut le décevoir ? L’autre dit que c’est de la deuxième division, que Neymar peut avoir tout ce qu’il veut mais qu’il a pris une ligue 2, que quand tu t’appelles Neymar, t’as un minimum de qualités (qu’est-ce que ça veut dire ?????) puis il continue avec des comparaisons de mauvais goût entre les femmes et le football. L’autre reprend en disant “tu vois ça débarquer et à l’arrivée tu te retrouves dans la merde…” Déjà, il parle d’une femme en disant “ça”, et donc, si elle avait été à leur goût, ça vaudrait la peine de se retrouver accusé de viol parce qu’au moins il se serait tapé une femme acceptable ???? Une femme “moche” ne peut pas être violée ? Si un homme couche avec elle, c’est un service qu’il lui rend et elle devrait dire merci ? C’est à vomir !

Ces hommes se trouvent malins, drôles, mais ce sont des porcs comme il en existe beaucoup et quand on voit les commentaires en ligne de tout le monde qui soutient Neymar et insulte cette jeune femme, c’est terrifiant. Peut-être a-t-elle menti et aucun des scénarios possibles ne me surprendraient. Comme le dit une de mes étudiantes brésiliennes, Neymar est un jeune idiot qui devrait apprendre à mieux protéger sa vie privée et s’il est innocent, que ça lui serve de leçon. Mais le traitement médiatique de cette histoire par les médias français est insupportable à mes yeux. Et à mes oreilles. Quand on voit ça, on se dit que le sexisme a encore de beaux jours devant lui en France, et heureusement que Marlène Schiappa veille au grain, malgré tout ce qu’elle se prend constamment dans la tête par… les médias, encore une fois. C’est la secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Elle ne laisse rien passer et elle est énormément critiquée, mais moi, elle me plait et j’espère qu’elle restera longtemps à ce poste et qu’elle continuera à se battre pour les droits des femmes et des minorités !

Le choix d’une crèche – analyse rapide d’un court article

J’ai beaucoup à faire aujourd’hui. Probablement comme vous. Je rabâche sans cesse qu’il est important de faire un peu de français chaque jour pour progresser. Mais je suis tout à fait consciente que ce n’est pas toujours évident de trouver du temps chaque jour. Si votre vie ressemble à la mienne, il y a toujours quelque chose qui se met en travers de nos projets !

Mais faire du français tous les jours ne veut pas dire en faire une heure par jour, même si ce serait idéal. Si vous avez seulement 5 ou 10 minutes, choisissez un article pas trop long et faites-en une analyse très courte. Aujourd’hui, j’ai choisi un texte sur slate.fr, lui-même traduit ou tiré d’un texte du Telegraph. Je l’ai lu une fois, j’ai choisi de souligner des expressions peu voire pas du tout utilisées par mes étudiantes, des combinaisons de mots fréquentes et j’ai surligné en bleu les connecteurs. J’étais pressée, j’en ai peut-être oublié, ce n’est pas grave. Puis, je suis revenue sur ce que j’avais relevé et j’ai approfondi un peu. En me mettant dans la peau d’une apprenante avancée qui n’a pas beaucoup de temps. Commentaires après le texte.

  • pour le moins : to say the least – souvent associé à surprenant.
  • en matière de : concernant – une autre façon de dire regarding, when it comes to
  • en tout cas : connecteur, anyway
  • pour + infinitif : exprime le but
  • confirmer ses dires : hmm, le verbe dire au pluriel ? Il peut donc être également un nom. (Vérifie dans le dictionnaire) Le dire = la parole, l’affirmation, la déclaration. Au dire de… = selon, d’après… Au dire de l’expert.
  • s’appuyer sur qqch : ici, s’appuyer sur l’examen de données = se baser sur
  • Contrairement à : connecteur d’opposition
  • une idée reçue : croyance populaire – common preconception
  • Outre-Manche : la Manche = la mer entre la France et l’Angleterre – outre-Manche = en Angleterre (outre-Atlantique = aux Etats-Unis)
  • attribuer des résultats à : on attribue qqch à qqch/qqn
  • pour eux : according to them, variante de selon eux, d’après eux
  • à travers : through (utile si on a tendance à trop utiliser par)
  • bien que + subjonctif : rappel !
  • lancer une initiative : mettre en marche (start, not throw)
  • notamment : connecteur = par exemple
  • un facteur déterminant : décisif – mots souvent associés

Quand on a peu de temps, faire une analyse rapide comme celle-ci est toujours mieux que de ne pas faire de français du tout ! Puis on peut revenir dessus plus tard et essayer de réutiliser le vocabulaire en faisant des phrases pour soi-même.

Système de santé français : analyse d’un article

Cette semaine, j’ai sélectionné un court article de France Info parlant de santé et comparant le système français au système américain – sans aller en profondeur du tout, mais ce n’est pas grave, car il nous intéresse linguistiquement avant tout.

Dans cet article, j’ai choisi de relever en jaune le vocabulaire de la santé, en vert, certains verbes, en bleu, des participes passés sans auxiliaire, et j’ai souligné des mots, expressions et tournures de phrases intéressantes à observer. Je vous laisse le soin de faire une analyse de tous ces éléments, car je ferai seulement quelques commentaires en dessous du texte.

  • Si vous ne vivez pas en France, vous ne savez peut-être pas ce qu’est une carte Vitale. C’est une carte d’assurance maladie du même format qu’une carte bleue (= carte de crédit) mais elle est verte et contient des informations relatives à la santé. La plupart des Français en ont une et je pense que les personnes résidant en France y ont également droit.
  • Savez-vous que l’Hexagone désigne la France ? Si vous observez la forme du pays sur une carte, vous pouvez distinguer six côtés.
  • Observez que l’on peut dire qu’un congrès s’est tenu quelque part, ce qui signifie qu’il a eu lieu quelque part.
  • Leary salue le système français. Cela veut-il dire qu’elle lui dit bonjour ?
  • Les cancérologues ont lancé une alerte : vous comprenez certainement cette expression, mais auriez-vous pensé à l’utilisé de vous-même ?
  • exercer : au lieu de dire qu’un docteur travaille à l’hôpital, vous pouvez dire qu’un docteur exerce à l’hôpital, car on peut “exercer la médecine”, et plus généralement “exercer un métier”.
  • plus… plus… et moins… : observez bien cette structure – plus + S + V, plus + S + V et moins + S + V – dans cet ordre !