Enseigner le français langue étrangère : le master FLE

Après avoir parlé du MOOC du Cavilam, d’un autre MOOC avec l’université de Liège, du DAEFLE de l’Alliance française, et du DU FLE, je vais aujourd’hui parler du master FLE.

Si vous voulez enseigner le français langue étrangère dans des institutions sérieuses, il est en général exigé. Cela ne veut pas dire que vous serez beaucoup mieux payé·e, mais vous trouverez plus facilement un travail de prof de FLE et les conditions pourront être meilleures que dans beaucoup d’institutions.

Je ne vivais pas en France quand j’ai commencé le master. Je vivais en Espagne où les conditions de travail pour les profs de langues sont abominables (très mal payé, contrats bidons, très peu de ressources disponibles, pas de possibilité de développement professionnel, etc.) J’avais déjà considéré travailler en ligne, mais j’avais quelques réserves. J’avais du temps, et je me suis dit que j’allais regarder quelles étaient les options pour faire un master. J’ai découvert que je pouvais le faire à distance, sans avoir besoin de me déplacer en France, même pas pour les examens. J’avais fait ma licence en Angleterre, je connaissais le prix des études en Angleterre et aux États-Unis, et quand j’ai vu le prix des masters en France, je me suis dit que ce serait bête de ne pas le faire.

Au final, le prix était la seule chose de vraiment intéressante…

J’ai plusieurs amis qui ont fait leur master à distance avec des universités anglaises, j’ai aussi pas mal recherché les possibilités avec les universités anglaises, et disons que c’est très différent. L’organisation est complètement différente. Le prix aussi. Un master en Angleterre, c’est très très cher.

J’ai détesté mon année de master. Je ne regrette pas de l’avoir faite car je me suis fait trois super copines pour la vie. Sans elles, je ne sais pas si j’aurais terminé cette année. On était dans la même galère et on s’est vraiment soutenues. Par rapport à elles, je l’avais facile en fait. Une travaillait 40 heures par semaine comme conseillère d’éducation dans un collège, une autre était institutrice à temps plein avec un trajet d’une heure en voiture pour aller au travail tous les matins et rentrer le soir, et l’autre avait deux jeunes enfants et donnait aussi des cours. Moi, j’avais commencé à travailler en ligne, je gérais mon emploi du temps comme je le voulais, je n’avais pas d’enfants, je vivais dans un pays où la vie n’était pas très chère et je pouvais me permettre de ne pas trop travailler. De plus, j’avais déjà suivi des formations pour enseigner, ce qui n’était pas le cas d’une de mes copines. Malgré cela, je manquais terriblement de temps. Je ne sais pas comment elles faisaient de leur côté !

Déjà, j’aurais dû me méfier au moment de l’inscription. Après avoir envoyé ma candidature par voie postale, j’ai dû faire mon inscription de la même façon ! J’allais commencer une formation à distance, dans laquelle, à priori, Internet allait avoir une place centrale, mais il n’était pas possible de s’inscrire en ligne !

Puis, l’année universitaire a commencé avec trois semaines de retard pour nous, à cause d’un souci administratif. On n’a jamais su ce qui s’était passé, mais on a eu accès aux cours avec trois semaines de retard. Le premier semestre était en fait un court trimestre. On a eu les cours en octobre, la plupart des devoirs étaient à rendre avant Noël. Certains profs ont bien voulu nous accorder un délai mais cela les dérangeait clairement. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y avait 8 cours à suivre par “semestre”. Le programme pour les étudiants à distance était exactement le même que celui pour les étudiants en présentiel ! Il n’était tenu aucun compte que la plupart des étudiants à distance travaillaient. Le format de la plupart des cours était ennuyeux à mourir, pas du tout adapté à l’enseignement à distance. C’était tout simplement les cours que les profs proposaient à leurs étudiants en présentiel. Chaque cours nous proposait une bibliographie, évidemment, mais à l’étranger, nous n’avions pas accès aux bibliothèques universitaires et il n’y avait pas de bibliothèque virtuelle où nous aurions pu avoir accès aux livres recommandés ! C’était 2016. Je me souviens d’avoir étudié aux US en 2003 et d’avoir eu accès à une base de données fantastique. Après on se demande pourquoi je dis toujours que la France a du retard…

Il y avait plusieurs cours parmi lesquels choisir. J’ai oublié si certains étaient obligatoires. J’avais choisi les cours suivants au premier semestre : enseigner la grammaire, méthodologies et pratiques d’enseignement, littérature et enseignement, la langue vue par les écrivains, linguistique : grammaire et orthographe, phonologie et système graphique, anglais, et il y avait un atelier de préparation au stage obligatoire. J’aurais pu choisir de ne pas faire le stage car j’avais déjà quelques années d’enseignement derrière moi, mais c’est le côté pratique qui m’intéressait le plus et je voulais voir comment se passaient les choses à l’Institut français où j’espérais faire mon stage (et où je l’ai fait). Parmi ces cours, j’ai adoré celui de la langue vue par les écrivains car il était non seulement super intéressant mais la prof était aussi vraiment bienveillante, contrairement à d’autres. Le prof de linguistique était horrible, vieux, apparemment réputé dans le monde de la linguistique, mais évidemment pas du tout intéressé par nos questions, ni par la possibilité de proposer des cours plus interactifs. La prof de phonétique ignorait également nos questions et ils ont tous les deux réussi à me dégouter de ces matières pendant quelque temps. Car on avait un forum, sur lequel on pouvait communiquer et poser des questions. Sauf que la majorité des profs n’intervenaient pas sur les forums et ne répondaient jamais aux questions. Ni aux emails contenant des questions. Ni aux emails signalant des erreurs factuelles dans leurs cours.

Il y a une partie de moi qui pense que ce n’est pas entièrement la faute des profs. Il y a très certainement une question de budget derrière tout ça. La plupart sont aussi chercheurs et probablement plus intéressés par leur recherche que par leurs étudiant·e·s, surtout celles et ceux qu’ils ne voient jamais. Mais je ne comprends pas pourquoi ces programmes sont proposés aux étudiants. Ils sont mal conçus, pas du tout pensés pour l’enseignement à distance et apparemment, les ressources ne sont pas suffisantes pour proposer un service de qualité. Mais bon, à moins de 300€ le master, j’aurais dû m’y attendre. Et pourtant, il y avait une minorité de profs qui étaient vraiment sympas et bienveillant·e·s, un peu plus à l’anglaise ou à l’américaine. Mais dans l’ensemble, les universitaires français sont beaucoup plus hautains que leurs homologues anglophones. C’est une tout autre mentalité et même pour moi qui suis française, cela a été très dur à gérer.

Puis il y a aussi les cours proposés qui ne sont pas toujours en rapport avec notre domaine. Au deuxième semestre, je me suis retrouvée à prendre un cours d’anthropologie. Très intéressant, mais on avait déjà très peu de temps pour lire les cours, ne parlons même pas d’approfondir car c’était quasi-impossible, alors devoir lire un cours d’introduction à l’anthropologie et faire un devoir recherché et documenté sur un sujet d’anthropologie, alors que moi, ce qui m’intéresse, c’est les langues en général et le français en particulier, ça m’a vraiment gonflée. Si on avait pu faire ce master à temps partiel, avec un rythme moins soutenu, moins de cours simultanément, comme ils font en Angleterre, j’aurais eu le temps de lire beaucoup plus et d’approfondir chaque sujet, mais là, on n’avait simplement le temps de rien. Tout ce qui semblait compter, c’était la note finale. La plupart des profs n’étaient en contact que pour nous parler des devoirs à rendre et pour nous faire passer les examens oraux. La plupart d’entre nous étions des adultes, beaucoup avec déjà quelque expérience dans l’enseignement, mais tout le monde flippait au moment des examens et à mon avis, l’attitude des profs y était pour beaucoup.

Mes trois copines et moi-même avons obtenu des résultats très satisfaisants, mais si deux d’entre elles ont ensuite décidé de faire la deuxième année de master et d’écrire un mémoire, et de revivre une année de stress intense, l’une d’elles et moi-même avons décidé de nous en tenir là pour le moment ! Je continue à regarder de temps en temps si les choses ont progressé, si de nouveaux programmes sont disponibles, mais je n’ai encore rien trouvé d’intéressant. Et en fait, ce que j’aimerais faire maintenant, c’est des études de genre, mais ce n’est pas du tout développé en France et les universités américaines et canadiennes (qui proposent des cours qui m’intéressent) sont chères ! Alors en attendant qu’un inconnu généreux me lègue sa fortune, je lis des livres sur le sujet.

Je me suis un peu éparpillée, mais en gros, si vous décidez de faire un master à distance avec une université française et que vous avez étudié dans une université anglophone auparavant, attendez-vous à ce que ce soit très très différent à tous les niveaux. Si vous voulez enseigner le français dans des conditions décentes, le master vous ouvrira des portes, sans aucun doute, mais vous allez probablement souffrir pendant un an (ou deux si vous êtes courageux·se). J’ai fait le mien avec Paris 3 Sorbonne Nouvelle, master Didactique des langues. Il y a d’autres universités qui proposent un programme de master FLE, mais il me semble qu’elles exigent toutes de se rendre en France pour les examens une fois par semestre et selon où l’on vit, ça ajoute pas mal au budget, surtout quand les examens s’étalent sur une semaine, voire plus. Si étudier en France vous intéresse, vous pouvez consulter Campus France. Vous pouvez aussi faire une recherche sur ce site pour les formations à distance.

D’après certaines personnes que je connais et certaines de mes étudiantes qui ont étudié en France, l’étonnement et la frustration sont aussi garantis si vous étudiez en présentiel. En Angleterre et aux US (les deux seuls autres pays où j’ai étudié à l’université), les profs sont vraiment bienveillants dans l’ensemble et vous traitent comme des égaux. J’ai vraiment de super souvenirs de mes profs américains et anglais. De mon master, je retiens deux profs géniales sur quinze, qui non seulement étaient bienveillantes et présentes mais qui proposaient aussi des cours bien présentés et adaptés au système d’enseignement à distance, avec des devoirs intéressants à faire, qui exigeaient une certaine réflexion et une certaine analyse, plutôt que de réciter le cours par cœur comme à l’école primaire (comme en linguistique et en phonologie par exemple…)

Enseigner le français langue étrangère : le DU FLE

Après avoir parlé d’un MOOC dans ce post et d’une formation en partenariat avec l’Alliance française dans ce post, j’ai demandé à une amie avec qui j’ai fait mon master si elle pouvait nous parler d’une formation qu’elle a suivie avant le master : le DU FLE.

Caroline a initialement fait des études de commerce en France et en Angleterre puis a poursuivi une carrière dans la finance à Londres pendant plusieurs années. Puis, elle a déménagé en Inde où elle a ouvert un centre de langue en 2012. Elle y enseigne depuis en collaboration avec l’Alliance française du Bengale pour les passations du DELF.

Trois ans plus tard, elle a décidé de reprendre des études pour valider ses acquis et être reconnue comme enseignante qualifiée. Elle a fini par trouver le DU FLE qui pouvait se faire entièrement à distance avec l’université de Caen. DU signifie diplôme universitaire. Ce diplôme s’adresse aux personnes titulaires d’une licence et qui, dans le cadre d’une reprise d’études, souhaitent compléter leur formation universitaire par un diplôme attestant d’une formation en didactique du Français Langue Étrangère.

Voici ce qu’elle a à en dire :

Les enseignements du DU FLE de l’université de Caen reprennent l’intégralité des cours qui sont à la fois dispensés dans le cadre de l’enseignement présentiel et dans le cadre de l’offre de formation en L3 (3ème année de licence) de Sciences du langage parcours FLE du CEMU (Centre d’Enseignement Multimédia Universitaire). Il s’agit d’une formation de 144 h répartie en deux semestres et proposée en présentiel ou à distance.

Les cours pour cette formation étaient répartis sur deux semestres :

Pour le premier semestre : Phonétique, phonologie et interface écrit-oral, Didactique du FLE et variations linguistiques, Didactique de la civilisation, Ingénierie pédagogique I

Pour le deuxième semestre : Francophonie et dialectologie, Didactique de la littérature, Grammaire pour l’enseignement du FLE, Ingénierie pédagogique II

Pour chaque cours, il y avait une évaluation à envoyer par e-mail, voire même parfois deux comme pour « Grammaire pour l’enseignement », « Didactique de la civilisation », « Ingénierie pédagogique » avec aussi pour ce dernier cours une évaluation en web conférence au deuxième semestre pour la soutenance d’un projet.

Les cours que j’ai préférés étaient la « Didactique de la civilisation » avec notamment la prise en compte de l’interculturalité dans une classe de FLE, j’ai d’ailleurs tellement aimé ce cours que l’interculturel est devenu le sujet de mon mémoire. Un autre cours intéressant dispensé par une enseignante motivée et bienveillante était « Ingénierie pédagogique » qui incluait l’apprentissage de l’utilisation des TICE en classe de langue. Ce que j’ai le plus apprécié avec ce cours, c’était qu’il y avait des projets à réaliser en groupe, cela m’a permis d’échanger avec d’autres étudiants et ainsi réduire le sentiment d’isolation qui peut parfois devenir pesant dans les cours à distance.

Le cours que j’ai le moins aimé était celui de « Phonétique, phonologie et interface écrit-oral » car il était dispensé par des professeurs qui n’étaient pas du tout formés à la pédagogie de l’enseignement à distance, leurs cours n’étaient pas adaptés et vraiment très techniques avec même des courbes d’étude de mesure en hertz pour la partie phonétique !

Pour ce qui est du temps consacré à ces cours je me souviens qu’à l’époque mon investissement personnel m’avait semblé énorme mais si je compare avec les années de master, ce n’était en fait pas si intensif. Il est quand même important de souligner que, se remettre dans les études après plusieurs années dans la vie professionnelle demande un certain effort et une bonne dose de motivation personnelle (surtout dans le cadre de cours à distance).

Le coût total de cette formation s’élevait à l’époque à environ 400 euros, ce qui reste très raisonnable je pense pour la qualité des cours dispensés et avec à la fin l’acquisition d’un diplôme universitaire.

Les débouchés professionnels après le DU FLE sont les suivants :

Métiers de l’enseignement dans le domaine du Français Langue Étrangère :

 – à l’étranger : écoles, lycées, universités, instituts (sous contrat ou non avec la France). Recrutement local ou en détachement de l’Éducation nationale (pour les personnes titulaires d’un concours de l’enseignement primaire ou secondaire).

 – en France : centres de langues pour étudiants étrangers dans les universités, centres de formation pour migrants, entreprises privées, associations, cours du soir…

Ce DU constitue notamment un complément de formation pour des personnes titulaires d’un concours de l’enseignement primaire (professorat des écoles) ou secondaire (agrégation, CAPES, CAPET, CAPLP) qui souhaitent occuper un poste à l’étranger dans des lycées français ou dans des établissements sous contrat avec l’Éducation nationale. Cette spécialisation est également nécessaire et bien souvent requise lors du recrutement des enseignants de français dans les établissements étrangers (assistant et lecteur de français).

Pour conclure, je ne regrette pas d’avoir suivi cette formation, elle m’a permis de vraiment évoluer dans ma maitrise personnelle de l’enseignement du FLE avec une acquisition de connaissances théoriques qui me manquaient, et la capacité à mettre en œuvre des projets pédagogiques.

Caroline enseigne maintenant en présentiel et en ligne. Elle est également examinatrice du A1 au B2. Elle peut être contactée à cette adresse pour des cours en ligne : caroheubert (at) gmail.com

Enseigner le français langue étrangère : le DAEFLE

Il y a deux semaines, je parlais d’un MOOC dans ce post pour celles et ceux qui aimeraient un jour enseigner le français langue étrangère et aimeraient avoir un aperçu de ce que cela implique.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une formation que j’ai suivie il y a quelques années, quand je vivais à Londres : le DAEFLE (Diplôme d’Aptitude à l’Enseignement du Français Langue Étrangère). C’est une formation à distance qui se fait avec le CNED (Centre National d’Éducation à Distance).

Je dois dire que c’est une formation que je n’ai pas trouvée très intéressante car j’avais déjà suivi une formation en anglais en présentiel qui était plus courte, plus complète, et qui impliquait beaucoup de pratique et d’observation. En 10 mois de cours avec le CNED, je n’ai pas appris grand-chose, mais cela a confirmé que la France était vraiment en retard sur les pays anglo-saxons en matière d’éducation et de formation des enseignants.

Cependant, pour quiconque sans aucune expérience dans l’enseignement, ce n’est pas une formation totalement inintéressante. Elle comprend cinq modules obligatoires, à savoir : didactique et méthodologie générale du FLE, phonétique et méthodologie de la prononciation, enseigner la grammaire, l’évaluation, observation et guidage de classe. Et il faut choisir un module de spécialisation. J’avais opté pour la facilité et choisi enseigner le FLE aux enfants, car j’avais déjà pas mal d’expérience, mais si j’avais été moins paresseuse, j’aurais probablement choisi le module enseigner le français sur objet spécifique. On peut également choisir le numérique en classe de FLE ou enseigner le français à des adultes peu ou pas scolarisés.

Cela reste une formation très théorique et même si la théorie est très utile, on ne devient pas prof en lisant des livres. Tout comme on n’apprend pas à parler une langue sans jamais pratiquer l’oral.

C’est aussi une formation assez chère. Il faut tout d’abord passer un test d’accès qui vérifie votre aisance en français. Je l’avais trouvé assez facile, mais il m’avait couté cher en frais d’inscription et en billet de train car il avait fallu que j’aille à Manchester. Ensuite, il faut payer la formation, que l’on peut choisir de faire en 10 mois, ou plus lentement, module par module. Je ne sais plus quelle est la durée maximum autorisée pour terminer la formation. Mais elle est assez chère. C’était plus de 1000€ à l’époque et je suppose que les prix ont augmenté. Ensuite il faut encore payer pour se présenter à l’examen, et ça aussi, ce n’était pas donné. Je pense que le cout total avoisine les 2000€.

Ensuite, il faut y dédier du temps. Si vous avez déjà un peu d’expérience dans l’enseignement, vous pouvez lire certains cours en diagonale, mais sinon, beaucoup de concepts seront nouveaux. Il y a des forums en ligne pour chaque cours, sur lesquels les participants peuvent poser leurs questions et échanger, mais de ce que je me rappelle, tout le monde était très occupé en dehors de la formation et le forum n’était pas super actif. C’était toujours les mêmes personnes qui écrivaient et c’était rarement très profond.

À l’époque, j’avais reçu tous les cours par la poste, en version papier, mais je pouvais envoyer mes devoirs en ligne. Je ne sais pas s’ils envoient toujours les cours ou si tout a été numérisé. Chaque module exigeait une ou deux participations au forum et il fallait rendre deux devoirs.

C’était assez bien organisé mais les profs n’étaient pas toujours très disponibles pour répondre aux questions que se posaient les participants, dont beaucoup avaient l’air très stressés et le feedback pour les devoirs était maigre, voire inexistant. Moi, j’ai juste stressé pour l’examen parce que 1) je déteste les examens et 2) le format de cet examen est ridicule : une épreuve transversale de 3 heures, une autre épreuve d’1h30 sur la pédagogie de projet (si je me souviens bien) et une épreuve de spécialisation d’1h30. Donc 6 heures d’écrit théorique en une journée. Et si vous réussissez, vous obtenez un papier qui dit que vous pouvez enseigner le FLE. Même si vous n’avez jamais mis les pieds dans une salle de classe en tant que prof.

Ce qu’il faut toutefois savoir, c’est que ce diplôme n’est pas très reconnu et n’équivaut en rien à un master. Le CNED vous dit qu’il vous permettra d’enseigner dans des Alliances françaises, des centres de langues, des universités, mais ce n’est pas vrai dans beaucoup de pays. On m’a même dit qu’en France, les Alliances n’acceptaient pas ce diplôme dont elles sont pourtant partenaires…

Je n’ai pas détesté cette formation, mais je ne l’ai pas non plus adorée. Je n’ai pas passé l’examen directement après l’avoir suivie car je m’étais rendu compte que le diplôme ne me servirait pas à grand-chose, mais j’ai décidé de le passer avant de m’inscrire en master, histoire de l’avoir sur mon CV.

Prochainement, je parlerai du master, pour celles et ceux qui envisagent une carrière dans le FLE.

Enseigner le français langue étrangère : un MOOC

Avant d’être prof de français, j’ai été prof d’anglais. Quand j’ai commencé, j’avais peur. Très peur. Je craignais toujours qu’un élève me pose une question à laquelle je ne saurais pas répondre et qu’il pense que j’étais une fraude. Par conséquent, j’étais toujours hyper préparée pour mes cours. Je passais des heures à préparer et à m’inquiéter. Mais en fait, j’en ai toujours su plus que mes élèves et avec le temps, j’ai appris à accepter que je n’étais pas obligée d’être une encyclopédie vivante et que j’avais le droit de ne pas tout savoir et même de faire des erreurs. J’ai enseigné l’anglais à des enfants, à des ados et aussi à des adultes. Même des adultes de niveau avancé. Ils étaient bons, ils avaient beaucoup de connaissances, mais j’en avais plus qu’eux. Et je les ai développées en travaillant avec eux. La seule fois où je n’ai pas aimé enseigner l’anglais, c’est quand on m’a confié des classes de Business English. Je n’y connais pas grand-chose au monde des affaires, il m’intéresse très peu, voire pas du tout, et je ne serais pas plus à l’aise en français qu’en anglais. Cela m’ennuie de parler de finance, d’entreprises, de pétrole, etc. J’ai vite demandé à l’école de me remplacer car je passais beaucoup trop de temps à apprendre des concepts qui ne m’intéressaient pas pour les enseigner à des personnes qui les comprenaient bien dans leur langue, mais qui n’étaient pas à l’aise en anglais. J’étais bien trop en dehors de ma zone de confort et je n’étais tout simplement pas compétente pour ce poste. Mais à part ça, j’ai adoré enseigner l’anglais et mes élèves m’ont toujours vue comme une source de connaissances et ne m’ont jamais donné l’impression de ne pas avoir confiance en ce que je leur disais. J’ai même travaillé comme tutrice auprès de jeunes anglais qui préparaient des examens en anglais et les parents m’adoraient ! Mon accent n’a jamais semblé poser problème à qui que ce soit. Sauf peut-être à une école au Vietnam qui m’avait demandé de mentir à mes élèves et de dire que j’étais américaine, ha ha ha. Mes étudiantes qui lisez ça, vous devez bien rigoler !

Bref, tout ça pour dire que si vous êtes passionné·e par le français comme je l’étais (et le suis toujours) par l’anglais et que vous aimeriez l’enseigner un jour, et que vous vous dites que vous ne serez jamais assez bon·ne ou je ne sais quoi d’autre, je vous dis STOP !

Si vous avez un niveau avancé de français, vous en savez plus que les étudiants de A1, A2, B1, et B2. Et les cours, ça se prépare !! Vous n’arrivez jamais devant vos élèves sans savoir ce que vous allez leur faire faire. Vous avez des objectifs, vous avez du matériel et avec le temps, vous améliorerez votre pratique, vous saurez ce qui fonctionne bien pour expliquer tel ou tel concept, comment faire travailler les élèves en groupes tout en vous assurant qu’ils sont productifs et concentrés, etc. Vous développerez des techniques et vous continuerez à améliorer vos compétences linguistiques jusqu’à ce qu’un jour, vous vous retrouviez à faire cours à des étudiants plus avancés, si cela fait partie de vos objectifs.

Pour pouvoir travailler dans des écoles ou des structures officielles, il vous faudra suivre une formation, voire plusieurs. Le DALF C1 ou C2 est un bon diplôme pour prouver vos compétences et vous donner confiance en vous. Mieux vaut l’obtenir avec une bonne note cependant, car 50%, ça veut rarement dire que les compétences du candidat ou de la candidate sont idéales. Ensuite, vous avez plusieurs options de formation.

Celle dont je veux vous parler aujourd’hui est un MOOC proposé par le CAVILAM (centre d’approches vivantes des langues et des médias), qui est un centre de référence en FLE (français langue étrangère) et fait partie des Alliances françaises. Ce MOOC a été proposé plusieurs fois déjà et je m’y étais inscrite une fois pour voir ce qu’ils proposaient exactement, mais je n’ai malheureusement pas vraiment eu le temps de m’impliquer car je fais déjà beaucoup pour le travail et comme j’enseigne depuis un bon moment et que j’ai déjà un master qui m’a pourri une année entière de ma vie, j’aime profiter de mes weekends maintenant !

Ce que j’en ai vu m’a toutefois semblé intéressant et le CAVILAM est un gage de qualité. Des professeurs qualifiés et expérimentés vous proposent une formation complètes avec des vidéos, des fiches pédagogiques, des quiz, etc., tout en ligne. Vous pouvez suivre la formation à votre rythme et échanger avec d’autres participants sur un forum. La formation de base est gratuite. Elle dure 5 semaines. Si vous le souhaitez, vous pouvez ensuite acheter un certificat de suivi pour 35 € et suivre le parcours avancé qui lui dure 6 semaines.

La prochaine session commence le 10 septembre.

Pour plus d’informations, rendez-vous directement sur le site du CAVILAM.

Changements dans les examens du DELF et du DALF

Samedi dernier, je me baladais dans les rues de Kyoto quand mon téléphone, qui m’espionne constamment et me connait si bien, m’a envoyé une notification pour m’alerter qu’un article était susceptible de m’intéresser : Les épreuves des diplômes DELF et DALF évoluent.

En effet, le titre m’a tout de suite plu. Je ne l’ai pas lu immédiatement car c’était le weekend et j’avais plein de choses à faire et à voir à Kyoto et je ne voulais pas penser au travail. Mais j’ai quand même eu des réflexions qui m’ont très vite traversé la tête. Je me suis dit : “j’espère qu’ils ont changé le format du DALF et que les candidats seront plus évalués sur leurs compétences linguistiques que leurs compétences académiques” ; “peut-être qu’il vont proposer un DALF académique et un DALF général, comme pour le IELTS en anglais, car ça aurait beaucoup de sens de ne pas demander aux candidats ne souhaitant pas s’inscrire en fac de rédiger une synthèse et de faire des présentations orales exigeant 15 minutes de monologue, situation dans laquelle les candidats ne se trouveront probablement jamais s’ils ne comptent pas faire d’études supérieures en langue française” ; “peut-être qu’ils vont proposer une partie similaire à celle intitulée Use of English dans les examens d’anglais, dans laquelle les candidats pourront démontrer qu’ils connaissent la grammaire et ont du vocabulaire”, etc., mais en gros, j’espérais que le format du DALF changerait et serait moins intimidant, moins stressant, moins académique, plus axé sur la linguistique. Je me suis aussi demandé s’il allait falloir que je refasse une formation pour me mettre à jour, aller à Paris, et oh la la la, combien ça allait me couter toute cette histoire !

Un de mes amis a passé le C1 d’anglais l’an dernier et le C1 de français en mars de cette année. Il a été choqué de voir la différence entre les deux. Il a trouvé le C1 d’anglais beaucoup moins intimidant. Il s’en est bien sorti en français, mais jusqu’au dernier moment, il était dans un état de stress incroyable, qu’il n’avait pas ressenti avec le CAE (C1 d’anglais). Et il parle et comprend très bien le français depuis de nombreuses années ! Pour moi, il est évident qu’il faut changer le format du DALF et proposer quelque chose de plus semblable aux examens Advanced et Proficiency en anglais pour que ce soit plus juste. J’avais aperçu la première ligne de l’article qui disait quelque chose à propos des normes européennes. J’avais bon espoir.

Quand j’ai fait une pause pour déjeuner, j’ai lu l’article et j’ai été un peu (beaucoup) déçue. Les changements sont minimes et concernent principalement les niveaux A2, B1 et B2 : il n’y aura plus de questions à réponse ouverte, il y aura plus de questions à choix multiple, il y aura plus d’exercices mais moins de questions par exercice et la CE de B1 passera de 35 à 45 minutes. Et voilà. C’est ce que dit l’article en tout cas et comme il a été publié sur le site du ciep, je suppose que c’est exact.

En ce qui concerne le DALF, il y a un changement. Un seul : il n’y aura plus de domaines de spécialité. Les candidats ne pourront plus choisir entre Lettres et Sciences Humaines et Sciences.

Apparemment, les changements affectant le DELF vont nécessiter une période de transition… de 3 ans. C’est-à-dire que les formats actuels et les nouveaux formats vont coexister pendant 3 ans. C’est une estimation, donc cela pourrait être plus court… ou plus long je suppose. Hmmm.

Pour le DALF, le changement sera effectif dès mars 2020.

Je suis ravie de voir qu’ils essaient de changer le format des examens, mais j’aurais vraiment aimé plus de changement pour le DALF. De vrais changements. Je rêve d’un DALF moins académique pour les candidats ne souhaitant pas faire d’études supérieures en langue française. Qu’il reste tel quel pour celles et ceux qui souhaitent aller en fac, je trouve cela assez utile en fait. Si un·e candidat·e souhaite étudier en français, il ou elle devra maitriser les codes académiques français. Sinon, ses études risquent d’en pâtir. Et il est important d’avoir un niveau de correction linguistique très élevé. Cela va sans dire. Même si j’ai personnellement eu une prof en master qui faisait beaucoup de fautes de français. Elle était étrangère et experte dans son domaine, mais sa maitrise du français n’était pas parfaite du tout ! Parfois, certaines phrases dans ses cours me laissaient perplexe. Mais je m’égare. Ce que j’aimerais voir un jour, c’est un DALF général qui permettrait aux étudiants d’écrire des textes plus en adéquation avec la vie réelle et qui permettrait plus de créativité. Et aussi qui génèrerait beaucoup moins de stress.

La grippe

J’ai découvert cette chanson aujourd’hui. Elle est en anglais, mais son titre est en français et c’est le nom du mal qui m’affecte depuis 4 jours. J’en ai marre !

J’ai une vie sociale assez limitée dans l’ensemble, ce qui me protège efficacement des virus en fait, et pour une fois que je vais à un concert, voilà le résultat. Le seul côté positif, c’est que j’ai pu regarder une série française sur Netflix pendant que je comatais sur le canapé car je n’étais pas en état de travailler. J’en parlerai bientôt car je l’ai adorée !