Nouveau site – nouveaux cours de français avancé

Cela fait maintenant quelques mois que je travaille sur un nouveau projet et il est bientôt prêt à être mis en marche.

Comme je travaille principalement avec des élèves de niveau avancé, qui me disent depuis des années que c’est quasi-impossible de trouver du bon matériel adapté à leur niveau, qui les aiderait à progresser plus vite et que j’ai moi-même souvent eu du mal à trouver du matériel adapté au niveau de mes élèves, j’ai décidé que j’allais en créer moi-même.

J’ai mis du temps à trouver un format qui pourrait marcher. J’ai fait pas mal de recherches, j’ai fait quelques essais, et je suis arrivée à quelque chose qui me plait bien et qui correspond au niveau des élèves avec qui je travaille, et aussi à leur personnalité. J’ai testé le format avec cinq élèves : une a compris qu’elle n’avait pas tout à fait le niveau requis et ce que voulait dire le niveau C1 et a décidé de passer le B2 à la place ; une a trouvé que c’était trop intense et qu’elle aurait du mal à suivre le rythme ; deux (que j’avais accompagnées dans leur préparation du DALF C1, qu’elles ont toutes deux obtenu) ont préféré suivre une version allégée du cours et ont pu acquérir certains automatismes et se rendre compte des points qu’elles avaient besoin de continuer à travailler ; et la dernière a suivi le cours pendant à peu près 6 mois de façon assidue et a sans aucun doute amélioré certaines compétences et enrichi son vocabulaire tout en approfondissant ses connaissances grammaticales. Elle travaille à plein temps, elle a un poste à responsabilité, mais le français a une place importante dans sa vie et elle y consacre du temps chaque jour. Elle pose des questions quand elle ne comprend pas quelque chose clairement. Elle s’interroge quand elle s’exprime pour savoir si c’est la meilleure façon de dire ce qu’elle veut dire. Elle observe la langue. Elle fait des rapprochements entre les mots. Elle ne reste pas en surface. Elle prend son temps. Elle comprend que l’acquisition de certains concepts prend du temps et nécessite du travail et de l’investissement personnel.

J’ai adoré travailler avec elle car même si ça me prenait beaucoup de temps, c’était extrêmement enrichissant pour moi aussi. Je pouvais ressentir sa passion, son intérêt, son envie d’apprendre, sa soif de tout comprendre. Et c’est pour les apprenant.e.s un peu comme elle que j’ai créé ces nouveaux cours. La majorité de mes élèves sont un peu comme ça aussi. Vraiment passionné.e.s par les langues et le français en particulier et avec une véritable envie d’approfondir et de mieux comprendre la langue, son fonctionnement, ses subtilités. Je crois qu’aucun.e d’entre eux/elles ne trouve le français facile. Je crois aussi que je me méfierais grandement de quiconque me dirait trouver le français facile. Le français est une langue extrêmement compliquée, complètement illogique, et très élitiste aussi. Je suis presque sure que personne ne la maitrise à 100%.

Dès le 5 septembre, mon cours de perfectionnement sera disponible, avec deux niveaux d’intensité : un plus intense, avec 4 séries d’activités par mois (abonnement premium), et un moins intense avec 2 séries d’activités par mois (abonnement light). Les descriptions détaillées sont disponibles sur le site. Il y aura également des podcasts et un blog accessible aux abonné.e.s. Les abonné.e.s premium auront également la possibilité de participer à des sessions sur Zoom (places limitées). Je superviserai les commentaires, répondrai aux questions et corrigerai les erreurs des abonné.e.s au cours de perfectionnement. Dans la limite du raisonnable bien entendu.

Cela fait maintenant plus de trois ans que je tiens ce blog, destiné au départ à mes élèves, et j’y ai passé beaucoup de temps. Je poste aussi sur Instagram régulièrement depuis plus de deux ans. Tout ce travail gratuit me prend beaucoup de temps et peu de gens semblent prêts à le soutenir, alors que je peux voir qu’il est lu par un certain nombre de personnes à travers le monde. Et je refuse de mettre de la publicité sur mon site. Mais nous vivons dans un monde où les gens semblent ne plus vouloir payer pour des informations / du contenu de qualité… Je trouve ça triste et dangereux, mais ainsi va le monde, et je ne suis qu’une petite personne qui ne pourra probablement rien y changer. Mais je peux arrêter de passer mon temps à travailler pour des prunes.

Je ne veux pas totalement arrêter de proposer du contenu gratuit, car je sais qu’il y a des gens qui n’ont vraiment pas les moyens de payer pour du contenu de qualité, mais ce blog ne sera plus une priorité. Mon nouveau site et mes élèves régulier.ère.s seront ma priorité professionnelle, et je ferai d’autres choses que de travailler gratuitement dans mon temps libre.

Mon nouveau blog, qui sera connecté au cours de perfectionnement sera sur mon nouveau site, ici, à partir du mois de septembre et sera réservé aux abonné.e.s.

Je n’accepte plus de nouveaux élèves pour des cours individuels mais si vous recherchez des cours de français pour niveaux avancés, que vous avez envie de continuer à progresser, que vous aimez travailler à votre rythme, tout en ayant la possibilité de poser des questions à une prof compétente, ou si vous avez besoin d’aide pour préparer le DALF C1, allez faire un tour sur mon nouveau site !

Nouveau projet

Peu active sur le blog en ce moment, car je travaille sur un nouveau projet pour lequel j’ai besoin de temps et d’énergie pour créer et rechercher. J’espère pouvoir commencer à l’expérimenter d’ici à cet été et continuer à le développer jusqu’à ce qu’il soit ce que je voudrais qu’il soit. C’est un projet pour apprenant.e.s avancé.e.s et j’ai plein d’idées géniales, mais le temps passe très vite et j’ai aussi mes cours à préparer et à donner, et ma vie à vivre aussi.

Comme je n’ai pas de secrétaire et que je fais tout toute seule pour le moment, je ne peux pas être au four et au moulin en même temps et je refuse d’être esclave de mon travail. La vie est bien trop courte pour cela, même quand on aime ce qu’on fait, comme moi.

J’étais en congé la semaine dernière et j’ai lu un livre recommandé par une de mes chères étudiantes. En anglais. Dying To Be Me, écrit par Anita Moorjani. Je l’ai trouvé extrêmement intéressant. Fascinant même. Je l’ai écouté car il était lu par l’autrice. Son histoire est extraordinaire car elle a vécu une expérience de mort imminente, et le récit qu’elle en fait est des plus intéressants. Tout cela m’a bien fait réfléchir et je l’ai recommandé à tout mon entourage. Mon mari est en train de le lire ainsi qu’une de mes amies. Qui elle m’a recommandé une série documentaire sur Netflix sur le même sujet. Dès que j’aurai un moment, je la regarderai !

J’ai aussi écouté pas mal de podcasts, mais je parlerai de ça une prochaine fois !

Plateforme de streaming en français

Cela fait un petit moment que je veux vous parler de cette plateforme mais je voulais avoir le temps d’y faire un tour avant de la recommander.

La vérité, c’est que je n’ai pas vraiment eu le temps de le faire. Je ne sais même plus comment j’ai été informée. C’était il y a quelques semaines je crois. Par email. Ou peut-être sur Instagram.

J’y ai fait un mini tour et comme c’est TV5 monde qui propose cette plateforme, j’aurais tendance à vous encourager à faire de même. Vous y trouverez des films, des séries, des documentaires, des podcasts, etc., tout ça en français bien évidemment, et chose intéressante, pas seulement du français de France.

Message à mes élèves : je compte sur vous pour me dire ce que vous en pensez ! 😉

Congés d’été

J’ai été beaucoup moins active sur ce blog cette année que les précédentes. Ecrire quotidiennement prend du temps (et ne me rapporte pas d’argent) et cette année, j’ai surtout envie de lire (ça ne me rapporte pas d’argent non plus, mais j’apprends beaucoup !)

Je n’ai pas quitté Bangkok cette année. Tous mes projets de voyage sont tombés à l’eau. Toutefois, je m’estime chanceuse de vivre où je vis car on n’a pas été affectés par la pandémie comme beaucoup d’autres pays. On a eu peu de cas, peu de morts, et on a repris une vie plus ou moins normale dès le mois de juin. Si je reste dans mon quartier, je n’ai pas l’impression que le monde est en crise. Par contre, je suis allée en centre-ville un soir récemment, et c’était assez choquant de voir une rue d’ordinaire très animée complètement silencieuse, sans touristes. Beaucoup de bars et restaurants étaient fermés. La rue principale était pratiquement déserte. Il n’y avait que les prostituées du quartier, qui se fondent habituellement dans la masse. C’était étrange.

Je ne sais pas ce que je vais faire de ma semaine de congés. Je ne prévois plus de déplacements à l’avance. Si la plupart des hôtels et des compagnies aériennes m’ont remboursée, j’attends toujours qu’une certaine compagnie aérienne me rembourse les quatre vols qu’elle a annulés. Si vous voyagez en Asie, évitez Air Asia ! Quand tout va bien, ils sont assez efficaces mais en cas de problème, ne comptez pas sur eux pour reconnaitre vos droits en tant que consommateur. Vous n’en avez tout simplement pas à leurs yeux. À l’avenir, je prendrai moins l’avion et je paierai un peu plus cher pour voler avec des compagnies qui respectent les droits de leurs clients. J’ai menacé mon mari de ne plus lui parler s’il réservait un seul vol avec cette compagnie.

Je vais peut-être aller quelques jours au bord de la mer la semaine prochaine. Je prendrai cette décision à la dernière minute. Tout peut changer tellement vite maintenant que je préfère attendre.

Je ne suis pas super sereine ces jours-ci. J’ai postulé pour une place en master auprès d’une université européenne. J’adore mon travail, j’adore enseigner le français et j’adore mes élèves, mais j’ai envie de faire quelque chose qui a plus de sens à mes yeux.

J’ai toujours été en colère contre les injustices. J’ai géré cette colère à ma façon au cours des années. Parfois silencieusement, parfois en faisant beaucoup de bruit, mais j’ai rarement été entendue. On m’a souvent dit que je n’avais pas de quoi me plaindre, que j’exagérais. Je suis née dans un pays riche, dans une famille qui n’était pas dans le besoin. Je n’ai pas compté le nombre de fois où mes parents m’ont dit “De quoi tu te plains ? T’as tout pour être heureuse !” Ils n’ont jamais compris ma colère, ma révolte. Ils n’ont jamais voulu la comprendre. Si bien que j’ai quitté le nid familial très jeune et que j’ai coupé les ponts avec ma famille il y a très longtemps. Aux yeux de beaucoup, ma révolte signifiait que j’étais une personne difficile. Comme toutes les femmes qui refusent les standards que veut leur imposer la société, n’est-ce pas ?

J’ai toujours su que j’étais une fille, puis une femme, et j’ai toujours détesté comment on me traitait à cause de ma condition féminine. Je l’ai déjà dit sur ce blog à maintes reprises. Mais pour rien au monde je ne voudrais être un homme. Ce n’est que quand le mouvement Me Too a commencé que je suis devenue consciemment féministe. Car pour la première fois, je voyais une lueur d’espoir. Et depuis, je veux être activement féministe. Je veux vivre une vie féministe. Je suis en train de lire Living a Feminist Life de Sara Ahmed. Je prends mon temps pour le lire car je le savoure. Je me reconnais tellement dans ce qu’elle écrit et j’admire son écriture.

À travers mon féminisme conscient et mes lectures de ces dernières années, j’ai aussi pris conscience du fait que malgré ma colère contre le système patriarcal, j’avais bénéficié de ce système en tant que personne blanche, hétéro, avec un corps dans la norme. J’étais tellement focalisée sur mes propres problèmes que je n’avais pas prêté beaucoup attention aux problèmes de ceux qui subissaient le système encore plus que moi. Et je ne sais pas encore exactement comment je vais pouvoir m’impliquer et être plus active contre les injustices de ce monde, mais je ne veux plus seulement m’indigner et pleurer de rage. Je veux agir. Je veux défendre et me battre pour les personnes opprimées, je veux être sur le terrain et faire quelque chose qui a le potentiel d’améliorer les vies des laissé.e.s-pour-compte.

Alors c’est dans cet esprit que je prends mes congés. J’espère avoir une réponse de l’université bientôt et s’ils ne m’offrent pas une place pour ce master, il faudra que je trouve un autre moyen de me créer un réseau et de m’engager.

Je vais continuer à enseigner en ligne quelques années encore et je vais essayer de continuer à publier des posts sur la langue française, sur ce blog et sur Instagram, mais j’ai encore beaucoup de choses à apprendre et à analyser en matière d’injustices, et j’ai l’intention de lire énormément en attendant de réaliser mon objectif à long terme, qui est de m’engager à plein temps pour une cause qui me tient vraiment à cœur. Très probablement celle des femmes.

Y a pas que le français dans la vie, y a aussi la Zumba

Un post un peu différent aujourd’hui.

Le monde entier est plus ou moins confiné. Tout le monde a dû annuler ses vacances, ses projets, ses activités et je sais que pour moi, le plus dur a été quand les salles de sport ont fermé. J’ai un surplus d’énergie et de rage que j’ai besoin d’extérioriser et comme je suis plutôt pacifiste, je le fais en faisant du sport. CrossFit, course sur le tapis de course, Zumba, tout ce qui peut me faire me dépenser en transpirant beaucoup en fait.

Quand ma salle de sport a fermé, comme beaucoup, j’ai immédiatement commandé de l’équipement sportif, car j’ai la chance d’en avoir les moyens et d’avoir pu bouger mes meubles pour me constituer un petit espace sportif dans mon salon. Je fais de la muscu et grâce à YouTube et tous les super instructeurs et instructrices qui proposent des vidéos gratuites et variées, mes séances de sport ne sont jamais répétitives et c’est ce qui marche pour moi.

Par contre, j’aime aussi danser mais je ne suis pas très douée. J’adore la Zumba et avant cette crise, j’allais aux cours de mon amie Bea, qui vient du Guatemala et qui est prof de Zumba depuis de nombreuses années, pour adultes et pour enfants. Elle est aussi formatrice de profs. Elle a dû arrêter de donner des cours dans les salles de sport où elle travaille d’habitude et elle s’est organisée pour donner des cours en ligne. Après quelques petits couacs au début, elle maitrise maintenant très bien les outils qu’elle utilise et j’adore prendre part à ses cours.

Il paraitrait que les salles de sport vont rouvrir mi-juin, mais bien sûr, les choses peuvent encore changer, et en attendant, je vais continuer à retrouver Bea et les autres sur Zoom deux fois par semaine. Elle propose 5 cours collectifs chaque semaine et des cours pour les enfants.

Si vous aimez danser, essayez les cours de Bea ! Vous pouvez réserver ici. 5 dollars pour une heure, ce serait dommage de s’en priver ! Et si vous n’avez jamais fait de Zumba auparavant, ce n’est pas grave, on s’améliore avec la pratique ! Un peu comme le français ! Si on est comme moi et que l’on a du mal à coordonner ses bras et ses jambes, ça prend plus longtemps, mais ça reste très divertissant et très libérateur. Je me sens toujours vraiment positive après les cours.

Peut-être que l’on se croisera chez Bea 😉

Son Instagram : zjbeatriz

Les vacances sont presque finies

Ça y est, on est enfin en janvier et cela me réjouit. Je n’aime pas du tout la période des fêtes de fin d’année et le côté quasi obligatoire de faire “quelque chose” pour fêter ça.

Passer Noël en Inde avec des amis hindous était idéal pour moi. Il faisait beau, on était en bonne compagnie, et je me suis à peine rendu compte que c’était Noël. Le jour de l’an était plus évident car l’événement se reflétait dans le prix des logements. Payer 60€ une chambre d’hôtel qui en coute d’habitude 6 ne me disait rien, surtout que le nouveau prix ne voulait pas dire que la chambre serait différente, plus propre, sans insectes, etc. Pour 10 fois le prix habituel, vous pouviez avoir exactement la même chambre. Du coup, comme je n’avais aucune envie de payer 200€ pour une nuit d’hôtel et que j’avais réservé des billets d’avion flexibles, j’ai avancé mon retour et j’étais de retour à Bangkok pour le 31, que je n’ai évidemment pas fêté dans un bar cool, où il aurait fallu payer au moins 100€ pour avoir le privilège de boire des cocktails avec des inconnus qui m’auraient sans aucun doute bousculée, marché sur les pieds, renversé leur bière dessus, tout en remuant sur de la musique trop forte.

Au lieu de cela, je suis allée diner assez tôt avec mon mari dans un restaurant indien, car la cuisine indienne me manquait déjà et est parfaite si vous ne pouvez pas manger de gluten et qu’en plus vous êtes végane.

Puis on a passé la soirée chez nous, rien que nous deux, et c’était super. J’ai fini pompette et c’était très drôle.

Je ne prends jamais de résolutions pour la nouvelle année parce que ce n’est pas un concept qui marche pour moi (j’avais essayé l’an dernier, je n’en ai tenu aucune), mais cette année, je veux lire encore plus de livres qui parlent de femmes, de droit des femmes, de l’histoire des femmes, d’expériences de femmes, je veux lire plus d’écrivaines, découvrir plus de femmes exceptionnelles et j’espère voir le mouvement Me Too continuer à évoluer dans la bonne direction, plus de femmes puissantes prendre la parole pour dénoncer les injustices faites aux femmes et les injonctions impossibles de la société, et plus d’hommes prendre conscience de leurs privilèges et agir en véritables alliés des femmes. Je veux aussi lire et apprendre plus sur toutes les autres formes de discriminations dont j’avais en fait si peu conscience jusqu’à récemment, ou plutôt dont mes connaissances étaient très limitées et par conséquent la reconnaissance de mes propres privilèges également. J’espère que les mentalités françaises vont enfin évoluer mais quand je vois la première affaire qui fait scandale en France cette année, je me dis que la route va être longue. Voyez pour vous-même en lisant cet article de France Info. Il y est question de pédocriminalité et “d’artistes”. À vomir.

Je continuerai à partager mes lectures en français, les podcasts français que j’écoute, des articles, des artistes, et évidemment, je continuerai à m’inspirer de mes formidables étudiant·e·s pour vous parler de grammaire, de vocabulaire et de phonétique, entre autres.

Pour mes étudiant·e·s : je serai en Europe cet été et mes horaires seront donc différents pendant quelques semaines.

Bonne année 2020 !

Vacances et changements à venir

Aujourd’hui, je pars en vacances et je vais me déconnecter pendant deux semaines.

D’habitude, je n’aime pas cette période de l’année, mais l’année dernière, j’ai passé de super vacances avec mon mari dans le nord de l’Inde, dont j’avais parlé dans un post à notre retour. Nous avions rendu visite à une amie française qui vit là-bas et qui nous avait conseillé d’aller à Majuli, où nous nous étions fait des amis assamais.

Ces amis nous ont rendu visite à Bangkok il y a quelques mois, et nous allons les retrouver aujourd’hui dans le sud de l’Inde. J’ai hâte de me détendre et de découvrir de nouveaux endroits. Je suis sure que les paysages qui nous attendent vont me donner des frissons. Mon amie nous a organisé une petite aventure par la route, on va faire beaucoup de kilomètres et beaucoup de découvertes et j’espère rentrer détendue, reposée, la tête remplie d’images magnifiques et de souvenirs fantastiques.

J’ai décidé d’effectuer quelques changements à la rentrée car j’ai besoin de temps pour travailler sur un projet qui me tient à cœur. Je ne sais pas si je vais parvenir à mener ce projet à bout, mais je veux essayer. C’est un projet qui nécessite du temps et de l’énergie pour que ma créativité puisse se mettre en oeuvre.

Et comme je n’ai envie de me débarrasser d’aucun·e de mes élèves, cela signifie que je vais être moins active sur ce blog. Je vais continuer à écrire des articles, mais moins souvent, pas tous les jours. Je republierai peut-être d’anciens posts avec quelques améliorations. Je continuerai à partager des articles que j’estime intéressants (pour le contenu ou pour la langue), des podcasts, des séries, etc., et je suis sure que mes élèves continueront à être une source d’inspiration pour mes posts de grammaire. Les suggestions sont les bienvenues, bien sûr ! Et si vous voulez écrire quelque chose sur votre expérience avec la langue française ou la France (ou un autre pays francophone en fait) que vous aimeriez partager, je serai ravie de le corriger et de le partager sur ce blog. Niveau avancé exigé !

Je vais continuer à poster sur Instagram quotidiennement car créer ces posts me prend un peu moins de temps qu’écrire des articles.

Et si je parviens à mener mon projet à bout, je devrais avoir quelque chose d’intéressant à proposer aux apprenant·es de niveau avancé un jour.

Joyeuses fêtes de fin d’année si vous les fêtez. Bon courage si vous travaillez. Et à l’année prochaine !

Enseigner le français langue étrangère : le master FLE

Après avoir parlé du MOOC du Cavilam, d’un autre MOOC avec l’université de Liège, du DAEFLE de l’Alliance française, et du DU FLE, je vais aujourd’hui parler du master FLE.

Si vous voulez enseigner le français langue étrangère dans des institutions sérieuses, il est en général exigé. Cela ne veut pas dire que vous serez beaucoup mieux payé·e, mais vous trouverez plus facilement un travail de prof de FLE et les conditions pourront être meilleures que dans beaucoup d’institutions.

Je ne vivais pas en France quand j’ai commencé le master. Je vivais en Espagne où les conditions de travail pour les profs de langues sont abominables (très mal payé, contrats bidons, très peu de ressources disponibles, pas de possibilité de développement professionnel, etc.) J’avais déjà considéré travailler en ligne, mais j’avais quelques réserves. J’avais du temps, et je me suis dit que j’allais regarder quelles étaient les options pour faire un master. J’ai découvert que je pouvais le faire à distance, sans avoir besoin de me déplacer en France, même pas pour les examens. J’avais fait ma licence en Angleterre, je connaissais le prix des études en Angleterre et aux États-Unis, et quand j’ai vu le prix des masters en France, je me suis dit que ce serait bête de ne pas le faire.

Au final, le prix était la seule chose de vraiment intéressante…

J’ai plusieurs amis qui ont fait leur master à distance avec des universités anglaises, j’ai aussi pas mal recherché les possibilités avec les universités anglaises, et disons que c’est très différent. L’organisation est complètement différente. Le prix aussi. Un master en Angleterre, c’est très très cher.

J’ai détesté mon année de master. Je ne regrette pas de l’avoir faite car je me suis fait trois super copines pour la vie. Sans elles, je ne sais pas si j’aurais terminé cette année. On était dans la même galère et on s’est vraiment soutenues. Par rapport à elles, je l’avais facile en fait. Une travaillait 40 heures par semaine comme conseillère d’éducation dans un collège, une autre était institutrice à temps plein avec un trajet d’une heure en voiture pour aller au travail tous les matins et rentrer le soir, et l’autre avait deux jeunes enfants et donnait aussi des cours. Moi, j’avais commencé à travailler en ligne, je gérais mon emploi du temps comme je le voulais, je n’avais pas d’enfants, je vivais dans un pays où la vie n’était pas très chère et je pouvais me permettre de ne pas trop travailler. De plus, j’avais déjà suivi des formations pour enseigner, ce qui n’était pas le cas d’une de mes copines. Malgré cela, je manquais terriblement de temps. Je ne sais pas comment elles faisaient de leur côté !

Déjà, j’aurais dû me méfier au moment de l’inscription. Après avoir envoyé ma candidature par voie postale, j’ai dû faire mon inscription de la même façon ! J’allais commencer une formation à distance, dans laquelle, à priori, Internet allait avoir une place centrale, mais il n’était pas possible de s’inscrire en ligne !

Puis, l’année universitaire a commencé avec trois semaines de retard pour nous, à cause d’un souci administratif. On n’a jamais su ce qui s’était passé, mais on a eu accès aux cours avec trois semaines de retard. Le premier semestre était en fait un court trimestre. On a eu les cours en octobre, la plupart des devoirs étaient à rendre avant Noël. Certains profs ont bien voulu nous accorder un délai mais cela les dérangeait clairement. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y avait 8 cours à suivre par “semestre”. Le programme pour les étudiants à distance était exactement le même que celui pour les étudiants en présentiel ! Il n’était tenu aucun compte que la plupart des étudiants à distance travaillaient. Le format de la plupart des cours était ennuyeux à mourir, pas du tout adapté à l’enseignement à distance. C’était tout simplement les cours que les profs proposaient à leurs étudiants en présentiel. Chaque cours nous proposait une bibliographie, évidemment, mais à l’étranger, nous n’avions pas accès aux bibliothèques universitaires et il n’y avait pas de bibliothèque virtuelle où nous aurions pu avoir accès aux livres recommandés ! C’était 2016. Je me souviens d’avoir étudié aux US en 2003 et d’avoir eu accès à une base de données fantastique. Après on se demande pourquoi je dis toujours que la France a du retard…

Il y avait plusieurs cours parmi lesquels choisir. J’ai oublié si certains étaient obligatoires. J’avais choisi les cours suivants au premier semestre : enseigner la grammaire, méthodologies et pratiques d’enseignement, littérature et enseignement, la langue vue par les écrivains, linguistique : grammaire et orthographe, phonologie et système graphique, anglais, et il y avait un atelier de préparation au stage obligatoire. J’aurais pu choisir de ne pas faire le stage car j’avais déjà quelques années d’enseignement derrière moi, mais c’est le côté pratique qui m’intéressait le plus et je voulais voir comment se passaient les choses à l’Institut français où j’espérais faire mon stage (et où je l’ai fait). Parmi ces cours, j’ai adoré celui de la langue vue par les écrivains car il était non seulement super intéressant mais la prof était aussi vraiment bienveillante, contrairement à d’autres. Le prof de linguistique était horrible, vieux, apparemment réputé dans le monde de la linguistique, mais évidemment pas du tout intéressé par nos questions, ni par la possibilité de proposer des cours plus interactifs. La prof de phonétique ignorait également nos questions et ils ont tous les deux réussi à me dégouter de ces matières pendant quelque temps. Car on avait un forum, sur lequel on pouvait communiquer et poser des questions. Sauf que la majorité des profs n’intervenaient pas sur les forums et ne répondaient jamais aux questions. Ni aux emails contenant des questions. Ni aux emails signalant des erreurs factuelles dans leurs cours.

Il y a une partie de moi qui pense que ce n’est pas entièrement la faute des profs. Il y a très certainement une question de budget derrière tout ça. La plupart sont aussi chercheurs et probablement plus intéressés par leur recherche que par leurs étudiant·e·s, surtout celles et ceux qu’ils ne voient jamais. Mais je ne comprends pas pourquoi ces programmes sont proposés aux étudiants. Ils sont mal conçus, pas du tout pensés pour l’enseignement à distance et apparemment, les ressources ne sont pas suffisantes pour proposer un service de qualité. Mais bon, à moins de 300€ le master, j’aurais dû m’y attendre. Et pourtant, il y avait une minorité de profs qui étaient vraiment sympas et bienveillant·e·s, un peu plus à l’anglaise ou à l’américaine. Mais dans l’ensemble, les universitaires français sont beaucoup plus hautains que leurs homologues anglophones. C’est une tout autre mentalité et même pour moi qui suis française, cela a été très dur à gérer.

Puis il y a aussi les cours proposés qui ne sont pas toujours en rapport avec notre domaine. Au deuxième semestre, je me suis retrouvée à prendre un cours d’anthropologie. Très intéressant, mais on avait déjà très peu de temps pour lire les cours, ne parlons même pas d’approfondir car c’était quasi-impossible, alors devoir lire un cours d’introduction à l’anthropologie et faire un devoir recherché et documenté sur un sujet d’anthropologie, alors que moi, ce qui m’intéresse, c’est les langues en général et le français en particulier, ça m’a vraiment gonflée. Si on avait pu faire ce master à temps partiel, avec un rythme moins soutenu, moins de cours simultanément, comme ils font en Angleterre, j’aurais eu le temps de lire beaucoup plus et d’approfondir chaque sujet, mais là, on n’avait simplement le temps de rien. Tout ce qui semblait compter, c’était la note finale. La plupart des profs n’étaient en contact que pour nous parler des devoirs à rendre et pour nous faire passer les examens oraux. La plupart d’entre nous étions des adultes, beaucoup avec déjà quelque expérience dans l’enseignement, mais tout le monde flippait au moment des examens et à mon avis, l’attitude des profs y était pour beaucoup.

Mes trois copines et moi-même avons obtenu des résultats très satisfaisants, mais si deux d’entre elles ont ensuite décidé de faire la deuxième année de master et d’écrire un mémoire, et de revivre une année de stress intense, l’une d’elles et moi-même avons décidé de nous en tenir là pour le moment ! Je continue à regarder de temps en temps si les choses ont progressé, si de nouveaux programmes sont disponibles, mais je n’ai encore rien trouvé d’intéressant. Et en fait, ce que j’aimerais faire maintenant, c’est des études de genre, mais ce n’est pas du tout développé en France et les universités américaines et canadiennes (qui proposent des cours qui m’intéressent) sont chères ! Alors en attendant qu’un inconnu généreux me lègue sa fortune, je lis des livres sur le sujet.

Je me suis un peu éparpillée, mais en gros, si vous décidez de faire un master à distance avec une université française et que vous avez étudié dans une université anglophone auparavant, attendez-vous à ce que ce soit très très différent à tous les niveaux. Si vous voulez enseigner le français dans des conditions décentes, le master vous ouvrira des portes, sans aucun doute, mais vous allez probablement souffrir pendant un an (ou deux si vous êtes courageux·se). J’ai fait le mien avec Paris 3 Sorbonne Nouvelle, master Didactique des langues. Il y a d’autres universités qui proposent un programme de master FLE, mais il me semble qu’elles exigent toutes de se rendre en France pour les examens une fois par semestre et selon où l’on vit, ça ajoute pas mal au budget, surtout quand les examens s’étalent sur une semaine, voire plus. Si étudier en France vous intéresse, vous pouvez consulter Campus France. Vous pouvez aussi faire une recherche sur ce site pour les formations à distance.

D’après certaines personnes que je connais et certaines de mes étudiantes qui ont étudié en France, l’étonnement et la frustration sont aussi garantis si vous étudiez en présentiel. En Angleterre et aux US (les deux seuls autres pays où j’ai étudié à l’université), les profs sont vraiment bienveillants dans l’ensemble et vous traitent comme des égaux. J’ai vraiment de super souvenirs de mes profs américains et anglais. De mon master, je retiens deux profs géniales sur quinze, qui non seulement étaient bienveillantes et présentes mais qui proposaient aussi des cours bien présentés et adaptés au système d’enseignement à distance, avec des devoirs intéressants à faire, qui exigeaient une certaine réflexion et une certaine analyse, plutôt que de réciter le cours par cœur comme à l’école primaire (comme en linguistique et en phonologie par exemple…)

Enseigner le français langue étrangère : le DU FLE

Après avoir parlé d’un MOOC dans ce post et d’une formation en partenariat avec l’Alliance française dans ce post, j’ai demandé à une amie avec qui j’ai fait mon master si elle pouvait nous parler d’une formation qu’elle a suivie avant le master : le DU FLE.

Caroline a initialement fait des études de commerce en France et en Angleterre puis a poursuivi une carrière dans la finance à Londres pendant plusieurs années. Puis, elle a déménagé en Inde où elle a ouvert un centre de langue en 2012. Elle y enseigne depuis en collaboration avec l’Alliance française du Bengale pour les passations du DELF.

Trois ans plus tard, elle a décidé de reprendre des études pour valider ses acquis et être reconnue comme enseignante qualifiée. Elle a fini par trouver le DU FLE qui pouvait se faire entièrement à distance avec l’université de Caen. DU signifie diplôme universitaire. Ce diplôme s’adresse aux personnes titulaires d’une licence et qui, dans le cadre d’une reprise d’études, souhaitent compléter leur formation universitaire par un diplôme attestant d’une formation en didactique du Français Langue Étrangère.

Voici ce qu’elle a à en dire :

Les enseignements du DU FLE de l’université de Caen reprennent l’intégralité des cours qui sont à la fois dispensés dans le cadre de l’enseignement présentiel et dans le cadre de l’offre de formation en L3 (3ème année de licence) de Sciences du langage parcours FLE du CEMU (Centre d’Enseignement Multimédia Universitaire). Il s’agit d’une formation de 144 h répartie en deux semestres et proposée en présentiel ou à distance.

Les cours pour cette formation étaient répartis sur deux semestres :

Pour le premier semestre : Phonétique, phonologie et interface écrit-oral, Didactique du FLE et variations linguistiques, Didactique de la civilisation, Ingénierie pédagogique I

Pour le deuxième semestre : Francophonie et dialectologie, Didactique de la littérature, Grammaire pour l’enseignement du FLE, Ingénierie pédagogique II

Pour chaque cours, il y avait une évaluation à envoyer par e-mail, voire même parfois deux comme pour « Grammaire pour l’enseignement », « Didactique de la civilisation », « Ingénierie pédagogique » avec aussi pour ce dernier cours une évaluation en web conférence au deuxième semestre pour la soutenance d’un projet.

Les cours que j’ai préférés étaient la « Didactique de la civilisation » avec notamment la prise en compte de l’interculturalité dans une classe de FLE, j’ai d’ailleurs tellement aimé ce cours que l’interculturel est devenu le sujet de mon mémoire. Un autre cours intéressant dispensé par une enseignante motivée et bienveillante était « Ingénierie pédagogique » qui incluait l’apprentissage de l’utilisation des TICE en classe de langue. Ce que j’ai le plus apprécié avec ce cours, c’était qu’il y avait des projets à réaliser en groupe, cela m’a permis d’échanger avec d’autres étudiants et ainsi réduire le sentiment d’isolation qui peut parfois devenir pesant dans les cours à distance.

Le cours que j’ai le moins aimé était celui de « Phonétique, phonologie et interface écrit-oral » car il était dispensé par des professeurs qui n’étaient pas du tout formés à la pédagogie de l’enseignement à distance, leurs cours n’étaient pas adaptés et vraiment très techniques avec même des courbes d’étude de mesure en hertz pour la partie phonétique !

Pour ce qui est du temps consacré à ces cours je me souviens qu’à l’époque mon investissement personnel m’avait semblé énorme mais si je compare avec les années de master, ce n’était en fait pas si intensif. Il est quand même important de souligner que, se remettre dans les études après plusieurs années dans la vie professionnelle demande un certain effort et une bonne dose de motivation personnelle (surtout dans le cadre de cours à distance).

Le coût total de cette formation s’élevait à l’époque à environ 400 euros, ce qui reste très raisonnable je pense pour la qualité des cours dispensés et avec à la fin l’acquisition d’un diplôme universitaire.

Les débouchés professionnels après le DU FLE sont les suivants :

Métiers de l’enseignement dans le domaine du Français Langue Étrangère :

 – à l’étranger : écoles, lycées, universités, instituts (sous contrat ou non avec la France). Recrutement local ou en détachement de l’Éducation nationale (pour les personnes titulaires d’un concours de l’enseignement primaire ou secondaire).

 – en France : centres de langues pour étudiants étrangers dans les universités, centres de formation pour migrants, entreprises privées, associations, cours du soir…

Ce DU constitue notamment un complément de formation pour des personnes titulaires d’un concours de l’enseignement primaire (professorat des écoles) ou secondaire (agrégation, CAPES, CAPET, CAPLP) qui souhaitent occuper un poste à l’étranger dans des lycées français ou dans des établissements sous contrat avec l’Éducation nationale. Cette spécialisation est également nécessaire et bien souvent requise lors du recrutement des enseignants de français dans les établissements étrangers (assistant et lecteur de français).

Pour conclure, je ne regrette pas d’avoir suivi cette formation, elle m’a permis de vraiment évoluer dans ma maitrise personnelle de l’enseignement du FLE avec une acquisition de connaissances théoriques qui me manquaient, et la capacité à mettre en œuvre des projets pédagogiques.

Caroline enseigne maintenant en présentiel et en ligne. Elle est également examinatrice du A1 au B2. Elle peut être contactée à cette adresse pour des cours en ligne : caroheubert (at) gmail.com