Le choix d’une crèche – analyse rapide d’un court article

J’ai beaucoup à faire aujourd’hui. Probablement comme vous. Je rabâche sans cesse qu’il est important de faire un peu de français chaque jour pour progresser. Mais je suis tout à fait consciente que ce n’est pas toujours évident de trouver du temps chaque jour. Si votre vie ressemble à la mienne, il y a toujours quelque chose qui se met en travers de nos projets !

Mais faire du français tous les jours ne veut pas dire en faire une heure par jour, même si ce serait idéal. Si vous avez seulement 5 ou 10 minutes, choisissez un article pas trop long et faites-en une analyse très courte. Aujourd’hui, j’ai choisi un texte sur slate.fr, lui-même traduit ou tiré d’un texte du Telegraph. Je l’ai lu une fois, j’ai choisi de souligner des expressions peu voire pas du tout utilisées par mes étudiantes, des combinaisons de mots fréquentes et j’ai surligné en bleu les connecteurs. J’étais pressée, j’en ai peut-être oublié, ce n’est pas grave. Puis, je suis revenue sur ce que j’avais relevé et j’ai approfondi un peu. En me mettant dans la peau d’une apprenante avancée qui n’a pas beaucoup de temps. Commentaires après le texte.

  • pour le moins : to say the least – souvent associé à surprenant.
  • en matière de : concernant – une autre façon de dire regarding, when it comes to
  • en tout cas : connecteur, anyway
  • pour + infinitif : exprime le but
  • confirmer ses dires : hmm, le verbe dire au pluriel ? Il peut donc être également un nom. (Vérifie dans le dictionnaire) Le dire = la parole, l’affirmation, la déclaration. Au dire de… = selon, d’après… Au dire de l’expert.
  • s’appuyer sur qqch : ici, s’appuyer sur l’examen de données = se baser sur
  • Contrairement à : connecteur d’opposition
  • une idée reçue : croyance populaire – common preconception
  • Outre-Manche : la Manche = la mer entre la France et l’Angleterre – outre-Manche = en Angleterre (outre-Atlantique = aux Etats-Unis)
  • attribuer des résultats à : on attribue qqch à qqch/qqn
  • pour eux : according to them, variante de selon eux, d’après eux
  • à travers : through (utile si on a tendance à trop utiliser par)
  • bien que + subjonctif : rappel !
  • lancer une initiative : mettre en marche (start, not throw)
  • notamment : connecteur = par exemple
  • un facteur déterminant : décisif – mots souvent associés

Quand on a peu de temps, faire une analyse rapide comme celle-ci est toujours mieux que de ne pas faire de français du tout ! Puis on peut revenir dessus plus tard et essayer de réutiliser le vocabulaire en faisant des phrases pour soi-même.

Que faire après le DALF ?

Si votre but est de maitriser le français à un haut niveau, vous savez déjà certainement qu’avoir obtenu le DALF ne signifie pas que vous avez atteint votre but. Si vous arrêtez vos études de français après avoir reçu votre diplôme, il y a de grandes chances que vous ne progressiez plus, voire que vous régressiez, au risque de tout oublier un jour. Si vous avez réussi le DALF avec 50 points, ce n’est pas la même chose que si vous en aviez obtenu 90. Si vous étiez super bien préparé·e, il est possible que vous ayez réussi grâce à vos compétences méthodologiques et pas tant grâce à vos compétences linguistiques.

Il fut un temps où je parlais bien italien. Je pense que j’aurais pu réussir l’examen C1 à l’époque. Je lisais en italien et je regardais des films sans sous-titres. Je parlais avec pas mal de fluidité et je pouvais écrire correctement. Cela fait à peu près 7 ans que je ne le pratique plus. Je comprends encore pas mal de choses, mais je suis incapable d’avoir une conversation en italien aujourd’hui. Et si je ne me remets pas à l’espagnol très vite, j’ai peur qu’il ne m’arrive la même chose. Je le pratique encore occasionnellement, mais depuis mon départ d’Espagne il y a bientôt un an, je l’ai très peu pratiqué. J’ai regardé quelques films et séries en espagnol, j’ai dû prendre deux cours, je n’ai lu aucun livre, peut-être un article ou deux, et j’ai échangé quelques textos avec une copine espagnole. Je me donne l’excuse que cette année d’adaptation a été assez difficile, mais il faudrait vraiment que je m’y remette avant que cela ne me demande trop d’efforts.

Je travaille avec plusieurs étudiantes que j’ai connues avant le DALF. J’aime beaucoup travailler avec des étudiant·es qui ont vraiment envie de maitriser la langue et pour qui le DALF n’est pas une fin en soi. Vivre ou passer une longue période dans un pays francophone peut faire une grande différence dans l’apprentissage d’une langue mais ce n’est pas suffisant.

Cela fait 10 mois que je vis en Thaïlande. Vous croyez que je parle thaï ? Vous vous tromperiez ! Je le parle probablement moins bien qu’à mon arrivée car j’ai arrêté les cours il y a 6 mois, quand ma prof est partie en congé maternité et je n’ai pas encore eu envie de les reprendre pour diverses raisons. J’ai essayé de parler aux gens d’ici mais comme personne ne me comprenait, j’ai abandonné. Je n’ai pas essayé de faire d’échange linguistique. Je ne regarde pas de programmes thaïs. Je n’écoute pas de musique thaïe. Bref, je ne fais rien de ce qu’il faudrait que je fasse pour développer mes compétences linguistiques. Après l’été, je change d’attitude, je me le suis promis !

Tout ça pour dire qu’il est très facile de vivre dans un pays et de ne pas parler la langue ou de comprendre la culture. J’ai eu des étudiantes ayant vécu à Genève plusieurs mois, voire plusieurs années, qui avaient un niveau de français très basique. J’ai connu des étudiantes qui vivaient en France et qui ne parlaient pas du tout français. J’en connais aussi qui vivent en France et qui progressent continuellement. Et d’autres qui ne vivent même pas en France mais qui m’impressionnent avec leur progrès constant et leur implication. Elles sont vraiment très inspirantes.

Tout est dans l’attitude et le temps que l’on est prêt·e à consacrer à la langue. Une fois le DALF en poche, C1 ou C2, il est essentiel de continuer à étudier. Il faut que le français fasse partie de votre vie quotidienne. Il faut revoir les règles de grammaire régulièrement, il faut lire, écrire, écouter la radio, des podcasts, regarder des films ou autres, parler (se parler à soi-même marche aussi s’il n’y a personne à qui parler), prendre des notes, observer, remarquer, se faire des listes, réutiliser les nouveaux mots, les nouvelles expressions, s’interroger, consulter des livres, lire des blogs, surfer sur Internet, et, si on peut se le permettre, prendre des cours n’est jamais superflu. Les livres, c’est bien, mais ça ne répond pas à tout. La radio, c’est bien, mais le français parlé est en général truffé de fautes grammaticales. Ou du moins, les codes de l’oral sont très différents des codes de l’écrit et la grammaire ne ressemble pas toujours à ce que vous avez appris. Ni la prononciation. Et un prof de temps en temps, ça permet de dissiper vos doutes. Trouvez un·e prof qui correspond à votre personnalité, au type d’apprenant·e que vous êtes et avec qui vous aurez plaisir à apprendre.

Mais surtout, ne pensez pas qu’avoir obtenu le DALF veuille dire que vous parlerez toujours français et le comprendrez toujours ! Le diplôme est valide à vie mais si vous ne continuez pas à étudier, un jour, vous pourriez avoir avec la même relation avec le français que moi avec l’italien. Tous ces efforts, toutes ces heures passées à étudier, pour qu’il en reste si peu, c’est un peu frustrant quand même !

Système de santé français : analyse d’un article

Cette semaine, j’ai sélectionné un court article de France Info parlant de santé et comparant le système français au système américain – sans aller en profondeur du tout, mais ce n’est pas grave, car il nous intéresse linguistiquement avant tout.

Dans cet article, j’ai choisi de relever en jaune le vocabulaire de la santé, en vert, certains verbes, en bleu, des participes passés sans auxiliaire, et j’ai souligné des mots, expressions et tournures de phrases intéressantes à observer. Je vous laisse le soin de faire une analyse de tous ces éléments, car je ferai seulement quelques commentaires en dessous du texte.

  • Si vous ne vivez pas en France, vous ne savez peut-être pas ce qu’est une carte Vitale. C’est une carte d’assurance maladie du même format qu’une carte bleue (= carte de crédit) mais elle est verte et contient des informations relatives à la santé. La plupart des Français en ont une et je pense que les personnes résidant en France y ont également droit.
  • Savez-vous que l’Hexagone désigne la France ? Si vous observez la forme du pays sur une carte, vous pouvez distinguer six côtés.
  • Observez que l’on peut dire qu’un congrès s’est tenu quelque part, ce qui signifie qu’il a eu lieu quelque part.
  • Leary salue le système français. Cela veut-il dire qu’elle lui dit bonjour ?
  • Les cancérologues ont lancé une alerte : vous comprenez certainement cette expression, mais auriez-vous pensé à l’utilisé de vous-même ?
  • exercer : au lieu de dire qu’un docteur travaille à l’hôpital, vous pouvez dire qu’un docteur exerce à l’hôpital, car on peut “exercer la médecine”, et plus généralement “exercer un métier”.
  • plus… plus… et moins… : observez bien cette structure – plus + S + V, plus + S + V et moins + S + V – dans cet ordre !

Le secret de la mémoire

Cette semaine, pour éviter de déprimer suite aux résultats des élections européennes, j’ai décidé de ne pas lire d’articles parlant de politique. À la place, j’ai lu des articles de journaux satiriques pour rigoler un peu et d’autres de quotidiens dont les titres m’ont interpelée, dont un article du Monde, intitulé “Le vrai secret de la mémoire, c’est d’apprendre plusieurs fois la même information”.

Il fallait que je lise cet article ! C’est le compte-rendu de questions posées à un neurologue et de ses réponses. À la lecture du titre, je me suis dit que j’étais aussi intelligente qu’un neurologue parce que c’est quelque chose que j’ai dit de nombreuses fois à mes étudiantes ! Apprendre une règle de grammaire est une chose. C’est possible qu’on la comprenne facilement, mais si on ne la met pas en application, on l’oublie ! Alors il faut la réapprendre. Encore et encore. Par exemple, si l’on pense à l’opposition passé composé/imparfait qu’on apprend en A2, combien d’entre vous peuvent dire avec certitude que vous maitrisez la règle ? C’est une règle qu’il faut apprendre plusieurs fois et qu’il faut pratiquer. Plus on apprend une règle, plus on est susceptible de la retenir.

Quand j’étais plus jeune, je savais énormément de choses sur les animaux et sur l’espace. Je connaissais les noms latins de certains papillons, je connaissais le nom des races de chiens, je reconnaissais les constellations dans le ciel et je pouvais parler de la lune avec beaucoup de confiance en moi. Aujourd’hui, je ne sais presque plus rien de tout ça. J’ai oublié. Il faudrait que je réapprenne toutes ces informations pour les mémoriser à nouveau. Et c’est pareil avec les langues. Il fut un temps où mon allemand était plutôt bon. Je pouvais converser, je comprenais beaucoup de choses. J’ai continué à comprendre assez longtemps après avoir arrêté d’apprendre, mais maintenant, ma compréhension est devenue assez basique et ne me demandez pas de parler ! Et cela fait plus de deux ans que j’apprends le japonais et grâce à ma prof qui me fait réapprendre régulièrement les mêmes règles, je parviens à en mémoriser quelques-unes. Parfois, je me souviens d’avoir déjà étudié une règle, mais je suis incapable de l’utiliser. Alors je réapprends !

Voici l’article dans lequel j’ai surligné ce que je ressasse régulièrement à mes étudiantes ! 🙂

Libre à vous de relever le vocabulaire que vous ne connaissez pas ou connaissez mal.

Lire et écrire des textos en français

Je n’ai jamais aimé écrire en langage texto. Même à l’époque des petits portables Nokia, à l’époque pré-smartphones, où c’était beaucoup plus difficile d’écrire des textos et où on essayait d’économiser de l’espace pour pas que ça nous coute trop cher, j’écrivais les mots en entier. Aujourd’hui, avec les smartphones, je ne comprends pas vraiment l’utilité d’écrire en langage texto mais beaucoup de gens le font. Pour être honnête il y a certains mots que j’abrège aussi de temps en temps, sur papier et dans mes textos ou mes emails, par souci de gagner quelques secondes. 🙂

J’ai repris des textos de mes ami·es et voici une petite liste de langage SMS que je reçois régulièrement mais que je n’utilise pas moi-même (mes ami·es ont plus de 30 ans, et je suppose que les plus jeunes en utilisent d’autres, que je n’ai pas spécialement envie d’apprendre – et j’ai vraiment du mal avec les lettres et les chiffres mélangés !) :

  • tkt = t’inquiète (qui veut en fait dire, ne t’inquiète pas !)
  • chui = je suis
  • ché = je sais
  • chépa = je sais pas
  • mdr = mort de rire (équivalent de lol)
  • slt = salut
  • c = c’est
  • c t = c’était
  • g = j’ai
  • g t = j’étais
  • pkoi = pourquoi
  • jtm = je t’aime
  • dsl = désolé
  • mnt = maintenant
  • psk = parce que
  • ptn = putain (l’utilisation de ce mot est expliqué ici)

Et une petite liste de ceux que j’utilise moi-même :

  • bcp = beaucoup
  • tjs = toujours
  • qqn = quelqu’un
  • qqch = quelque chose
  • stp = s’il te plait
  • tt = tout
  • tps = temps
  • ds = dans
  • pr = pr
  • dc = donc
  • ms = mais
  • qd = quand

Richesse et confiance en soi – analyse d’un article

Je suis tombée sur cet article hier et je ne peux pas dire qu’il m’ait énormément surprise. Néanmoins, je trouve le sujet intéressant. Quand je pense au nombre d’idiots que j’ai rencontrés dans ma vie qui occupaient des postes à responsabilité et qui étaient terriblement incompétents et condescendants, je me dis que les résultats de cette étude ont beaucoup de sens !

J’ai mis quelques couleurs dans cet article, mais moins que d’habitude, pour vous expliquer quelque chose. Je vous encourage régulièrement à pratiquer la lecture active, mais je sais que ce n’est pas toujours un exercice facile et qu’il est parfois difficile de trouver le temps. Puis aussi, on ne sait pas toujours par où commencer, comment analyser un texte, sur quoi se concentrer, etc.

Vous n’êtes pas obligé·e de tout analyser. Vous pouvez choisir un point de grammaire spécifique, ou vous pouvez avoir comme objectif de repérer 5 à 10 nouveaux mots ou expressions. Que vous ne connaissez pas ou que vous connaissez mal. Vous pouvez vous concentrer sur les connecteurs. Vous pouvez vous concentrer sur les verbes. Vous pouvez vous concentrer sur les prépositions. Etc.

Avec ce texte, j’ai choisi de me limiter à 3 points :

  • En rose, j’ai surligné les participes présents et un gérondif. Ce sont des formes verbales peu utilisées par mes étudiantes. Elles préfèrent utiliser des pronoms relatifs (ex : les personnes venant = les personnes qui viennent). Pourtant, le participe présent est une forme verbale qui permet d’alléger son style. Le gérondif pose moins de problèmes en général, mais il n’est pas toujours utilisé à bon escient.
  • En bleu, j’ai surligné les articulateurs de discours (connecteurs logiques) et la structure plus…, plus…, sur laquelle mes étudiantes font régulièrement des erreurs (car elles traduisent la structure de leur langue maternelle en générale).
  • Et j’ai souligné du vocabulaire, pour la plupart des combinaisons de mots qui fonctionnent souvent ensemble et sur lesquelles je vais m’étendre un peu plus après le texte.
  • classe sociale élevée : avec le mot “classe” vous trouverez également la classe ouvrière, la classe populaire, la classe moyenne, la classe supérieure, …
  • étude menée sur… et publiée dans… : c’est ainsi que l’on présente une étude – elle est menée sur un certain nombre de personnes et elle est publiée dans un journal
  • à tort : utilisez-vous cette expression ? Mes étudiantes ont plutôt tendance à utiliser le verbe “se tromper“. Par exemple : je me suis trompée car je croyais qu’on accordait avec le sujet = j’ai cru à tort qu’on accordait avec le sujet. On retrouve à tort, dans des expressions telles que à tort ou à raison, à tort et à travers, etc.
  • engendrer : une autre façon de dire créer, produire, causer, entrainer, etc.
  • excès de confiance en soi : quand on a trop confiance en soi, on parle d’un excès de confiance en soi. À l’inverse, quand on n’a pas assez de confiance en soi, on parle d’un manque de confiance en soi.
  • un entretien d’embauche : expression souvent ignorée. J’entends régulièrement parler d’entrevue de travail. Quand vous avez “a job interview“, en français, c’est un entretien d’embauche !
  • sures d’elles : je suis sure de moi, tu es sure de toi, il est sûr de lui, elle est sure d’elle, on est sûr de soi, etc. Êtes-vous sûr·e de vous ? Quand on est sûr de soi, on a confiance en soi, on ne doute pas.
  • de tels résultats : je ne crois pas avoir lu une telle formule dans les écrits de mes étudiantes récemment. Pourtant, c’est une bonne formule ! Je n’ai aucun doute que mes étudiantes avancées comprennent toutes ce que ça veut dire, mais elles ne sont pas sures d’elles quand il s’agit de l’utiliser. (= such results)
  • une perception faussée : notre perception peut être correcte, exacte, juste, aigüe, etc., mais elle peut être aussi floue, biaisée, déformée, tronquée, erronée, c’est-à-dire faussée.

Plus de comptes Instagram en français

Il y a deux semaines, je donnais une petite liste de comptes Instagram en français que je trouvais intéressants. Depuis, j’ai commencé à en suivre d’autres. Si vous aimez le format Instagram, recevoir du français à petites doses, et pas toujours lire un livre entier ou regarder tout un film, jetez-y un oeil !

  • Coucou Les Girls : Compte tenu par Juliette Katz, féministe qui dénonce ce qui cloche dans notre société avec beaucoup d’humour. Elle poste des vidéos parfois et a une chaine YouTube.
  • oliviamooreinsta : comédienne que je trouve hilarante. Elle parle de parents, d’enfants, de réseaux sociaux, poste des vidéos super drôles ET sous-titrées !
  • _causette_ : compte du magazine Causette, magazine qui parle de femmes et de sujets pas souvent traités dans les autres magazines.
  • noemie.de.lattre : actrice féministe et engagée. J’aime beaucoup. (elle m’a été recommandée par une étudiante)
  • pepitesexiste : compte qui dénonce le sexisme et les stéréotypes dans la publicité.
  • douzefevrier : jeune femme grande brulée. J’ai lu un article qui parlait d’elle et je l’ai recherchée. Elle poste surtout des photos, mais elle a une chaine YouTube sur laquelle elle a posté des vidéos qui parlent de son accident et de sa reconstruction. Inspirante !
  • gardetesconseils : une collection de remarques et de conseils donnés à des parents ou futurs parents, par leur famille, leur médecin, leurs collègues, leurs voisins, etc. Hallucinant de bêtise ! Un exemple récent qu’une femme a entendu de sa belle-mère : Ta fille n’a pas de cheveux… tu ne dois pas lui donner assez d’eau.” On rigole, mais on est terrifié par la bêtise humaine en même temps.

Vous aurez bien compris que les comptes que je suis tournent tous autour de thématiques concernant les femmes, et je suis ravie de voir de plus en plus de solidarité féminine et que les femmes soient de plus en plus vocales. Il faut continuer à faire du bruit, beaucoup de bruit, si l’on veut voir de vrais changements dans la façon dont les femmes sont traitées dans le monde. Quand j’étais plus jeune, je croyais qu’on était tous égaux. Plus je vieillis, et plus je me rends compte que la route et encore bien longue pour que les femmes soient considérées comme les égales des hommes. On vit toujours dans un monde où les hommes décrètent des lois mettant des restrictions à ce que peuvent faire les femmes de leur propre corps. Nos droits sont si fragiles… Je suis très en colère mais tous ces comptes que je suis sur Instagram me font beaucoup de bien et me donne de l’espoir. Alors si comme moi, vous êtes en colère et que vous voulez vous sentir proches d’autres femmes qui refusent de se plier au système patriarcal, en français, ces comptes sont susceptibles de vous intéresser.

Journaliste et féministe tuée

J’essaie de sélectionner des articles plutôt rigolos d’habitude, mais cette semaine, il y a eu beaucoup de nouvelles plutôt terribles pour les femmes, et je ne parlerai pas du retour en arrière des Etats-Unis en ce qui concerne l’avortement (bien que cela me rende furieuse) mais du premier article que j’ai lu, qui parlait d’une femme assassinée en plein jour et même si je ne la connaissais pas et n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant, ça m’a fait beaucoup de peine. Les raisons de son meurtre ne sont pas très claires à la lecture de l’article, mais il semble vraisemblable que son activisme féministe y soit pour quelque chose.

Je ne vais pas commenter l’article, il parle de lui-même. Mais j’ai fait un peu de surlignage pour vous guider dans une lecture active de ce texte : en rose, les verbes conjugués ; en vert, les verbes à la voix passive ; en jaune, les participes passés qui ne sont pas accompagnés par un auxiliaire ; en bleu, les connecteurs logiques; en gris, des prépositions, pour attirer votre attention sur leur utilisation : observez bien comment elle sont utilisées, ce qu’elles veulent dire, quel verbe elles accompagnent quand elle font partie d’une construction verbale. J’ai aussi souligné quelques mots ou expressions que vous comprenez probablement, mais est-ce que vous les utilisez vous-mêmes ? Est-ce que la combinaison provoquer + l’indignation vous vient naturellement ? Est-ce que quand vous pensez à un sujet d’actualité dont tout le monde parle, vous pensez à l’expression au cœur des préoccupations ?

Ce n’est pas grave si vous ne retenez pas tout après avoir analysé un article, mais si vous parvenez à retenir certains points, à comprendre comment fonctionne un verbe, une structure, etc., vous enrichissez votre connaissance de la langue et c’est très bien !

Un pigeon hors-la-loi

Hier, je suis tombée sur cet article du Point que j’ai trouvé assez amusant. Il est court, mais il contient un peu de vocabulaire que vous ne connaissez peut-être pas.

En jaune, j’ai surligné les différentes façons utilisées par le/la journaliste pour désigner le pigeon. En bleu, j’ai surligné des expressions, des collocations, ou autrement dit, des combinaisons de mots communes.

  • se faire flasher pour excès de vitesse : se faire prendre en photo par le radar parce qu’on allait trop vite sur la route. Quand le radar prend la photo, il y a un flash. On se fait donc flasher.
  • une amende (à ne pas confondre avec une amande, qui est un fruit à coque) : on remarque dans le texte que l’on peut écoper d’une amende (= recevoir une amende) et s’acquitter d’une amende (= payer son amende)
  • passer entre les mailles du filet : échapper à la loi, à une obligation
  • à ses dépens : au détriment de, par une expérience douloureuse
  • relatent nos confrères : quand des journalistes se servent du travail d’autres journalistes pour rapporter une information, ils écrivent parfois cela (= disent nos collègues)
  • la loi est formelle : on dit ceci quand on veut dire que la loi est claire et précise sur un sujet et que ce n’est pas la peine de la remettre en question.
  • une situation kafkaïenne : une situation qui rappelle l’atmosphère absurde et oppressante des romans de Kafka. Dans ce cas, surtout absurde !
  • rappeler qqn à l’ordre : dire à qqn ce qu’il convient de faire dans une situation donnée
  • relayer une image : retransmettre, diffuser une image
  • en vain : je suis sûre que vous comprenez cette expression mais l’utilisez-vous parfois ?

Pour ce qui est des expressions utilisées pour parler du pigeon, le ton se veut humoristique. Un contrevenant est une personne qui ne respecte pas les règles, la loi. Si on lui ajoute des plumes, il est évident qu’on ne parle plus d’une personne mais probablement d’un type d’oiseau. Un piaf est un mot argotique, familier, qui désigne un petit oiseau. L’adjectif impétueux donne un ton cocasse à cette description.

Comptes Instagram en français

Cela ne fait pas très longtemps que j’utilise Instagram. Je ne suis pas une grande fan de réseaux sociaux car j’ai toujours pensé que c’était trop superficiel et ça ne m’a jamais intéressée d’avoir des amis Facebook ou d’étaler ma vie en ligne. Je ne savais même pas vraiment ce qu’était Instagram jusqu’à l’été dernier, quand mon mari s’est créé un compte et qu’un de ses amis a commencé à l’utiliser – et à en parler beaucoup trop pour que j’aie envie d’en créer un moi-même. Cet ami, que j’aime beaucoup par ailleurs et que je considère plutôt intelligent, me paraissait un peu fou à être tout excité quand il recevait des “likes”. Je ne parle pas d’un adolescent, mais d’un homme adulte. Je me suis gentiment moqué de lui à cette époque et on s’est mis d’accord pour ne pas être d’accord.

Je ne sais pas si c’est le fait d’être à nouveau loin de tout le monde qui m’a fait changer d’avis, mais je me suis créé un compte il y a quelques mois sur lequel je poste quand je voyage ou fais quelque chose qui sort de l’ordinaire. Mais surtout, je fais des “stories” amusantes pour amuser la galerie. Dans lesquelles je taquine beaucoup mon mari car je n’ai pas de vie sociale ici, et en attendant de me faire des copines, je rigole comme je peux. J’ai 20 “followers” que je connais personnellement et mon compte est privé. J’aime le format des “stories” qui disparaissent après 24 heures.

Puis, en janvier, j’ai créé un autre compte, professionnel celui-ci. J’avais envie de faire quelque chose de nouveau, quelque chose qui pourrait être utile à mes étudiantes de niveau avancé. Peu m’importe les “likes”, mais quand il y en a, je suis contente de penser que mon travail bénéficie non seulement à mes étudiantes, mais aussi à d’autres apprenants de français. Je bloque les personnes qui commencent à me suivre et qui ont des comptes que je trouve offensants. Une fois, il y a eu un type qui avait une bio en français à laquelle je n’ai pas tout compris tellement c’était truffé de fautes d’orthographe, mais il y avait des propos tellement grossiers que je n’ai pas réfléchi, je l’ai bloqué direct. Je n’ambitionne pas de devenir une influenceuse, alors peu m’importe le nombre de gens qui choisissent de me suivre, tant qu’il y a quelques personnes qui perfectionnent leur français grâce à mes posts !

Petit à petit, j’ai découvert les avantages que pouvait avoir Instagram. J’ai commencé à suivre des comptes de japonais. J’aime recevoir des informations à petites doses comme ça. C’est plus facile à lire et à retenir ! Et comme je ne suis pas à un niveau très avancé, il y a pléthore de comptes pour petits niveaux, j’adore ça. C’est souvent les mêmes informations qui reviennent, mais pour moi, c’est parfait, j’ai besoin de cette répétition. J’ai jeté un œil à certains comptes de français de gens qui ont “liké” mes posts et là pareil, il y a énormément de comptes pour débutants. Il y a aussi beaucoup de comptes qui m’ont fait mal aux yeux avec toutes leurs fautes d’orthographe. J’ai été sidérée de tomber sur un compte un jour où le langage utilisé pour enseigner le français était vraiment très grossier, repoussant et misogyne, en plus d’être plein de fautes, et de voir que le type avait des milliers d’abonnés. J’ai du mal à comprendre comment c’est possible, mais bon… Il avait “liké” un de mes posts et je crois que je l’ai bloqué, je ne suis plus très sure.

Donc, il y a du bon et du moins bon, comme partout, mais ce que je trouve très bon personnellement, c’est la digestibilité du format Instagram. Et aussi, certains comptes que j’ai commencé à suivre, comme celui de Jameela Jamil et son autre compte i_weigh, que je trouve extraordinaire et nécessaire à ce monde.

Et il y a aussi certains comptes en français, qui ne ciblent pas les apprenants de français mais qui sont écrits en français, que j’ai commencé à suivre, que je trouve intéressants et qui pourraient être une ressource à utiliser si vous voulez intégrer plus de français dans votre vie mais que vous n’avez pas beaucoup de temps. Un petit post par jour, c’est mieux que rien ! 😉

Voici donc quelques comptes que je trouve intéressants :

  • bordel.de.meres : un compte que je trouve génial, sur la charge mentale autour de la maternité. Pour toutes les femmes, avec ou sans enfants. On a toutes vécu des situations comme celles décrites dans les vrais témoignages de femmes postés sur ce compte. Il était grand temps qu’on en parle !
  • dans_la_bouche_dune_fille : un post = une phrase (témoignage d’une femme différente à chaque fois, à priori)
  • wondher : compte féministe – Les photos postées ne contiennent pas toujours de texte, mais la personne qui poste commente ses posts en dessous et c’est bien écrit.
  • artefr : compte Instagram de la chaine de télévision Arte, chaîne culturelle européenne – on y trouve des vidéos et des podcasts aussi.
  • france24 : l’actualité internationale en français – avec des vidéos également
  • franceculture : actualité et culture
  • lemotrocain : compte humoristique sur lequel la personne publie des photos prises par diverses personnes (au Maroc il me semble) sur lesquelles l’orthographe est douteuse, voire très douteuse. Le jour où j’ai découvert ce compte, j’étais dans un taxi et j’ai lu presque tous les posts, pliée de rire.

Il y a bien sûr plein d’autres comptes intéressants et adaptés à vos centres d’intérêts (les miens sont assez bien reflétés par ces comptes) mais je vais m’en tenir à ceux-ci pour aujourd’hui. N’hésitez pas à faire quelques recherches si vous pensez que ce format peut être intéressant pour votre apprentissage !

Bon weekend !