Comment vous sentiriez-vous si votre gouvernement vous interdisait de chanter ?

L’idée me paraît absurde. Mais on sait tous que dans certaines parties du monde, des personnes sont opprimées à tel point qu’on préfère souvent ne pas y penser. Il me semble. Sinon, comment pourrait-on continuer à rire ? Comment pourrait-on être serein ?

Moi, je ne suis pas sereine. Je suis constamment en colère. Mais j’arrive à réprimer cette colère la plupart du temps car j’ai la chance d’avoir une vie plutôt agréable et que je me sens aussi libre qu’on puisse se sentir libre dans ce monde absurde. La plupart du temps.

Mais quand je lis un article comme celui-ci, j’ai du mal à ne pas exploser. J’ai du mal à me sentir libre. Je ressens tellement de rage. Parce que ces femmes à qui l’on interdit de chanter en solo (selon l’article), ça pourrait être moi. Mes amies. Les petites filles que je connais et que j’adore. Ça pourrait être nous toutes. S’il y a des hommes qui sont assez tarés pour inventer de telles lois dans certains pays, comment peut-on être sûres qu’il n’y a pas d’hommes dans nos pays “développés” qui pourraient avoir la même idée un jour. Les Iraniennes étaient libres à une époque. L’Iran était un pays où il faisait bon vivre. Et regardez maintenant…

Quand on oppresse une femme pour la seule raison qu’elle est femme, n’importe où dans le monde, je le prends personnellement. Et je sais que je ne suis pas la seule. Mais ce que j’ai du mal à comprendre, c’est que si peu de femmes, et d’hommes aussi en fait, crient au scandale. Il y en a de plus en plus je crois, mais c’est loin d’être suffisant et ça va bien trop lentement. On a été capables de révolutionner le monde avec les nouvelles technologies en si peu de temps. Le monde a vu tellement de changements ces dernières décennies, changements impossibles à imaginer au siècle dernier. Et tout le monde s’est adapté. Mais accorder les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes, il faudrait encore patienter ??? Combien de temps ? Et pourquoi donc ?

Ce chanteur iranien qui a soutenu sa musicienne est le genre d’hommes comme j’aimerais qu’il y en ait plus. Parce que si plus d’hommes se révoltaient contre le traitement réservé aux femmes et refusaient de souscrire à l’absurdité du système patriarcal, on pourrait espérer une vraie égalité. Si plus d’hommes osaient remettre en cause leur petit confort, on pourrait espérer beaucoup de choses.

On pourrait déjà commencer à espérer que les femmes soient traitées comme des êtres humains. Pas comme des objets.

Qu’est-ce que le niveau C2 ?

https://www.eaquals.org/wp-content/uploads/Inventaire_ONLINE_full.pdf

Au niveau C2, l’apprenant :

Pour arriver à ce niveau, il faut des heures, des semaines, des années et un certain sérieux dans son apprentissage, une certaine constance, et l’envie de comprendre la langue et la culture dans tous ses détails.

Je ne dis pas qu’il est impossible d’atteindre un niveau C2 sans avoir vécu dans un pays francophone, mais je pense que c’est beaucoup plus difficile et que cela demande beaucoup plus de temps. Tous les étudiants que j’ai connus et qui avaient atteint ce niveau avaient passé du temps en France. Ils connaissaient et comprenaient la culture, ils avaient une certaine passion pour tout ce qui était français, francophone, ils avaient remarqué ces petites choses qu’on ne peut que remarquer en passant du temps dans un pays au contact des natifs de la langue.

Petit rappel :

Quand on étudie le français au niveau C2, on est en phase de perfectionnement. Si vous avez obtenu le C1 ou que vos compétences équivalent aux compétences du C1, il n’existe plus beaucoup de manuels de FLE pour vous accompagner dans votre apprentissage.

Mais vous avez Internet (sur lequel le français est la 4ème langue) et un nombre incalculable de ressources écrites ou orales. Il faut lire et écouter autant que possible, observer, analyser le langage, et le réutiliser à l’oral et à l’écrit. Même si vous n’aimez pas l’argot et le langage familier, il faut en comprendre les subtilités. Pareil pour le langage soutenu. Et l’humour aussi. Même si l’humour français est très différent de ce que vous connaissez, il faut que vous puissiez comprendre pourquoi ça peut être drôle pour les Français. Et ceci demande une connaissance approfondie de la culture française.

Passer du temps dans un pays francophone est un atout incomparable, sous réserve que vous ne passiez pas votre temps avec des gens avec lesquels vous ne parlerez pas français. J’ai passé trois ans en Espagne et je ne suis pas fière de dire que mon niveau d’espagnol est au mieux un petit B2, tirant sur le B1, maintenant que je ne pratique plus. J’aurais pu être tellement meilleure si j’avais fait l’effort de passer du temps avec des Espagnols, si j’avais pris part à des activités qui me poussaient à parler espagnol, etc. Mais j’ai principalement parlé anglais dans ma vie quotidienne, et français pour le travail. Au contraire, pour l’anglais, je me suis immergée le plus possible. Pendant mes 6 premiers mois aux US, je n’ai pas parlé un mot de français. J’ai regardé des films à la pelle, j’analysais toutes les chansons que j’aimais, je passais du temps avec des gens qui ne parlaient qu’anglais, j’ai eu un copain américain, etc, et après avoir quitté les US, j’ai continué à absorber de l’anglais le plus possible, même quand j’ai vécu dans des pays non anglophones. J’aime m’endormir en écoutant quelque chose, ça me berce. En Suisse, je m’endormais en écoutant un épisode de Friends tous les soirs. Je les connais tous par cœur et j’ai appris un tas d’expressions avec cette série. Encore maintenant, je repère les mots que je ne connais pas quand je lis ou quand je regarde une série ou un film en anglais. Il y en a de temps en temps et j’adore ça.

Si vous pensez vous présenter à l’examen du DALF C2, pensez-vous que vos compétences correspondent aux compétences exigées en C2 ? Pensez-vous saisir les subtilités de la langue dans tous les registres ? Êtes-vous à l’aise avec les expressions idiomatiques ? Pensez-vous comprendre la culture française au point de comprendre l’humour français ? Êtes-vous à l’aise avec tous les styles de littérature ? Vous exprimez-vous clairement et sans hésitation ? Si vous n’êtes pas sûr, peut-être devriez-vous vous donner plus de temps. Surtout que le DALF C2 est très académique et que beaucoup de Français ne le réussiraient pas ! Mais si vous êtes sûr de vous, alors foncez ! Mais préparez-vous quand même un peu, parce qu’avoir le niveau n’est pas suffisant. Il faut bien connaître le format de l’examen et la méthodologie.

Connaissez-vous le plus grand des voleurs…

… qui est aussi un gentleman cambrioleur ?

Je veux parler d’Arsène Lupin. Je pensais qu’il existait vraiment quand j’étais petite. Je le voyais à la télé et j’espérais que toutes ces histoires étaient vraies, tellement je trouvais ce personnage fascinant.

Mais c’était seulement un personnage sorti de l’imagination de Maurice Leblanc au début du 20ème siècle.

Il était charmant, charmeur, beau parleur et terriblement intelligent. Il se déguisait et changeait d’identité pour arnaquer les gens qui n’y voyaient que du feu.

Si ça vous dit de lire ses aventures, elles sont disponibles en ligne et les chapitres sont courts. Très bon pour pratiquer la lecture active. Ne vous arrêtez pas trop sur le passé simple et l’imparfait du subjonctif. L’essentiel est de les comprendre, et c’est bien si vous savez les identifier, mais vous n’avez pas vraiment besoin de savoir les utiliser (sauf si vous avez un projet spécifique qui implique une connaissance parfaite du français, jusqu’à l’imparfait du subjonctif !)

https://bibliothequenumerique.tv5monde.com/livre/88/Arsene-Lupin-gentleman-cambrioleur

Et voici une chanson sur ce cher Arsène :

Pourquoi passer le DALF C2 ?

J’ai travaillé avec beaucoup d’étudiants qui souhaitaient passer le C1, mais j’en ai connu beaucoup moins qui voulaient se préparer pour le C2. Pourtant, certaines étudiantes avec lesquelles j’ai travaillé à la préparation du C1 auraient pu le réussir, sans aucun doute.

Je pense que c’est le format de l’examen qui rebute les étudiants. En même temps, je n’ai jamais connu d’étudiant disant aimer l’exercice de synthèse du C1…

Mais il est vrai que le C1 est exigé pour s’inscrire à l’université en France dans la plupart des filières et que l’on pourrait se demander pourquoi s’embêter à préparer l’examen le plus difficile alors qu’il nous est seulement demandé de réussir le deuxième plus difficile et qu’un résultat de 50% est suffisant.

Même si je n’approuve pas vraiment le format des examens du DALF, je pense que réussir le C1 avec une note de 50/100 ne présage rien de très bon pour des études universitaires en France, à moins d’ensuite vraiment étudier la langue en long, en large et en travers avant d’attaquer l’année universitaire. Plus vous vous rapprochez du niveau C2, mieux c’est.

J’ai passé le C2 d’anglais il y a des années et d’après moi, il est beaucoup plus facile que celui de français. J’ai eu l’impression d’être vraiment évaluée sur mes connaissances de la langue anglaise, et non pas sur une quelconque méthodologie étrangère qui n’aurait eu que très peu de sens pour moi à l’époque. Je voulais me prouver que j’avais atteint un niveau d’anglais très avancé. Je me souviens d’avoir écrit un texte très personnel en production écrite. La production orale se faisait en binôme et pas du tout à partir d’un texte. Il y avait des exercices de grammaire et de vocabulaire (cette partie s’appelait Use of English). Et l’examen était beaucoup plus court.

En attendant que le format du DALF soit repensé (ne sait-on jamais ?), le C2 de français est ce qu’il est, et tout candidat qui le réussit peut se sentir vraiment fier. Beaucoup de Français ne le réussiraient pas. D’où mon scepticisme quant au format de cet examen…

Je ne connais pas de situations dans lesquelles on exige le C2, alors si vous décidez de le passer, c’est très probablement un défi personnel.

Je détaillerai le format des épreuves dans de futur posts, mais ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que les épreuves de compréhension et de production écrites sont regroupées. De même pour les épreuves de compréhension et de production orales. Les épreuves écrites durent 3 heures et 30 minutes. Les orales durent 2 heures au total. Comme pour le C1, on peut choisir Lettres et Sciences Humaines ou Sciences.

Des exemples de sujets peuvent être trouvés ici.

Courir 7 marathons en 1 semaine – Le feriez-vous ?

Moi non, c’est pour sûr. Déjà un, ça me fatigue, rien que d’y penser. Alors sept, non merci. Je peux regarder 7 épisodes d’une série en une journée par contre. Est-ce que ça compte comme un exploit aussi ?

Je parcourais les journaux en ligne et je suis tombée sur cet article parlant de coureurs extrêmes. Une cinquantaine d’entre eux ont décidé de courir 7 marathons, un sur chaque continent. Cela me paraît tellement insensé que j’ai du mal à être admirative. Je ne suis pas scientifique et je ne comprends pas tout à fait l’impact qu’un tel rythme peut avoir sur le corps humain, mais j’ai du mal à imaginer que ce soit très bon. Non seulement vont-ils courir 42 km par jour mais en plus ils vont devoir gérer le décalage horaire et courir dans des conditions météorologiques extrêmes. Froid extrême en Antarctique et grosse chaleur en Afrique du Sud, par exemple.

Parmi les participants, on trouve une Française de 36 ans. Je pense que je vais essayer de suivre un peu pour voir s’ils relèvent tous le défi jusqu’au bout et s’en sortent indemnes.

Vocabulaire tiré de l’article :

  • corser = compliquer
  • mordus = (familier) passionnés
  • inédit = nouveau
  • supporter = tolérer
  • en un rien de temps = très rapidement
  • forcément = obligatoirement
  • ingérer = avaler
  • récolter = rassembler
  • encaisser = (familier) supporter, tolérer

Le prince de Motordu

Le Prince de Motordu est un personnage qui a accompagné mon enfance et que je trouvais absolument fascinant. Je l’avais un peu oublié et je ne sais pour quelle raison, j’ai repensé à lui récemment.

C’est le personnage principal d’une série de livres pour enfants et ses mots sont complètement tordus. Il vit dans un chapeau, normal, c’est un prince. Il mange du boulet rôti et de la purée de petit bois dans la salle à danger. Il repasse son singe, a un troupeau de boutons et voyage en toiture.

Le premier livre de la série s’intitule La belle lisse poire du Prince de Motordu. Il y rencontre la princesse Dézécolle, qui est institutrice.

Les illustrations de ces livres sont très amusantes car les jeux de mots se retrouvent dans les images.

J’ai trouvé cette vidéo sur YouTube, de la première histoire lue par quelqu’un avec le livre, comme quand on lit à un enfant.

Une avancée en droits humains

Voici un article paru hier sur France Info que j’ai eu envie de partager parce que déjà, c’est une bonne nouvelle, et qu’ensuite, il contient du vocabulaire que l’on retrouve souvent dans les articles de journaux.

Vocabulaire tiré de l’article :

  • dépénaliser : supprimer le caractère pénal de qqch et donc ne plus punir
  • décriminaliser : ne plus considérer qqch comme un crime
  • le code pénal : la loi, les textes de loi
  • une clause : une disposition particulière (ici, dans la loi)
  • d’antan : d’autrefois, du temps passé
  • saluée : (dans le contexte) approuvée
  • se réjouir : éprouver de la joie, de la satisfaction
  • un communiqué : une annonce faite au public par un service compétent
  • encourir : risquer
  • une réforme : un changement
  • un vestige : un reste, une trace
  • faire l’objet de : subir
  • archaïque : ancien
  • congédier : renvoyer
  • un baron : (dans le contexte) un homme puissant,

Flamants roses amoureux

Cette semaine, je suis tombée sur cet article que j’ai trouvé plutôt intéressant. Je suis allée en Camargue il y a quelques années, région que j’ai trouvée magnifique, mais je n’avais pas entendu parler du parc ornithologique du pont de Gau. J’ai vu beaucoup de vaches, taureaux et chevaux, mais pas vraiment d’oiseaux. Pourtant, j’étais à 20 minutes du parc en voiture. Je n’avais pas de smartphone, c’est sûrement pour ça…

D’après cet article, c’est la saison de la parade nuptiale des flamants roses et elle va durer quelques semaines. Ils dansent pour se séduire, mâles et femelles. Apparemment, plus un flamant rose danse bien, plus il a de chance de trouver un ou une partenaire pour se reproduire.

Ce n’est pas dans l’article mais les bébés des flamants s’appellent des poussins, comme pour les poules. J’ai même lu quelque part que “poussin” désignait le petit de tout oiseau. Je ne le savais pas. Je pensais que l’on disait seulement “oisillon“. Mais le dictionnaire confirme, on dit un poussin d’aigle, un poussin de pingouin, etc.

Les thèmes du DALF

Quand vous vous inscrivez au à l’examen du DALF, vous devez choisir entre deux domaines : Lettres et Sciences Humaines (LSH) ou Sciences.

Voici donc une liste des grands thèmes du DALF, avec quelques exemples.

Dans le domaine des LSH, on retrouve :

  • la langue française (la réforme de l’orthographe, la francophonie…)
  • le travail (le bonheur au travail…)
  • l’éducation (les études en France, l’enseignement de l’histoire à l’école…)
  • l’environnement (la pollution de l’air, le vélo en ville…)
  • la nourriture et l’alimentation (le véganisme…)
  • la lecture et littérature (les livres numériques…)
  • les nouvelles technologies (le téléphone portable à l’école, Internet et les jeunes, les réseaux sociaux…)
  • l’apparence et la mode (l’obésité…)
  • les problèmes sociétaux (l’égalité hommes-femmes, le bien-être animal, la démocratie…)
  • le bonheur et le bien-être (l’équilibre vie privée, vie professionnelle…)
  • les voyages et le tourisme (l’écotourisme, les voyages de luxe…)
  • les âges de la vie (vieillir dans notre société jeuniste…)
  • la société de consommation (le gaspillage…)
  • la santé (le handicap…)

Les thèmes se recoupent souvent, comme par exemple le handicap dans le monde du travail (travail et santé), le téléphone portable à l’école (technologie et éducation), l’écotourisme (environnement, tourisme, société de consommation) et très souvent, chaque thème peut être abordé d’un point de vue sociétal.

Dans le domaine des Sciences, on retrouve :

  • l’écologie (la guerre mondiale de l’eau…)
  • la recherche médicale (les nouveaux virus…)
  • le progrès scientifique (l’innovation technologique dans les transports…)
  • les dangers de la science (le clonage…)
  • la recherche spatiale (le voyage spatial touristique…)

Récit de voyage

Une fois n’est pas coutume. Au lieu de sélectionner un article, j’ai décidé de vous raconter un peu de mes vacances en Inde. C’était la troisième fois que je me rendais dans ce pays, mais je n’étais jamais allée en Assam, région du Nord-Est de l’Inde. Sur les trois fois, ce voyage a été, de loin, mon préféré. J’ai visité plusieurs endroits de la région mais je voudrais surtout vous parler de l’île de Majuli, la plus grande île de rivière au monde.

J’ai passé quatre jours à Majuli. En arrivant, j’avais un plan bien précis : ne rien faire ! Je voulais juste lire et me reposer. Oublier le monde. J’étais logée dans un bungalow très simple, sans chauffage, mais par chance, avec de l’eau chaude (pas toujours très chaude). Les journées étaient ensoleillées et très agréables, mais dès que le soleil se couchait, vers 16h, il commençait à faire froid et les nuits étaient vraiment très froides. Pour moi en tout cas. Le soir, il était possible de se réchauffer au coin du feu, où la cuisinière préparait à manger, et ensuite de dîner près du feu.

Les deux premiers jours, je n’ai rien fait, comme prévu. J’ai lu un livre que j’ai adoré (Eleanor Oliphant is completely fine) et j’ai dormi. J’ai été réveillée les deux nuits par des concerts d’aboiements, mais ce n’était pas bien grave, je pouvais dormir autant que je voulais. J’ai aussi fait deux heures de vélo le deuxième jour, mais conduire sur les routes indiennes, c’est vraiment dangereux. Entre les scooters qui se mettaient à ma hauteur pour discuter, les vaches et les chèvres au milieu de la route et les bruits de klaxons incessants, j’étais un peu stressée et j’ai décidé de retourner lire.

Le deuxième soir, mon mari est moi avons sympathisé avec un jeune couple indien qui nous a proposé de nous joindre à eux le lendemain pour une visite plus poussée de l’île. Nous avons accepté avec plaisir, même si ça contrariait mon projet de ne rien faire. Et nous n’avons pas regretté. Il y a énormément de temples hindouistes sur l’île et nous avons visité un de ces temples ce jour-là. Les moines nous ont invités à boire le thé. Deux fois. Deux moines différents. Nous avons appris beaucoup de leur histoire et de leur mode de vie. Dans les monastères hindouistes, on ne portent pas de chaussures. Pas seulement à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur. J’ai gardé mes chaussettes ! Ce jour-là, je me suis aussi baladée dans un champ de riz pendant la moisson, au milieu des ouvrières et des vaches et j’ai accompagné mes amis au KFC (Krishna Fried Chicken), où je ne pouvais rien manger à cause de mes allergies, mais où nous avons continué à discuter. C’est une expérience complètement différente de visiter un pays étranger en compagnie de personnes qui parlent la langue locale. Tout est facile !

Le jour suivant, nous pensions pouvoir assister à un spectacle de danse mais une fois arrivés sur place, où on nous avait dit qu’on pourrait voir quelque chose, il n’y avait rien. Si on avait été seuls, nous n’aurions pas su quoi faire, mais comme on était avec nos amis assamais, on a vite été renseignés sur la situation. Il y avait eu un changement de dernière minute et le spectacle avait été reporté à plus tard. Avant de repartir, j’ai pu discuter avec un jeune moine qui avait entendu dire que j’étais française et qui est venu me saluer en français. J’ai été plutôt impressionnée par sa prononciation qui était très bonne, même s’il savait dire peu de choses en fin de compte. Mais il comprenait beaucoup de choses !

Nous sommes ensuite allés nous balader avec notre amie pendant que son mari était au monastère. Les gens n’étaient pas habitués à voir des étrangers où nous étions et tout le monde nous regardait avec insistance. Certaines personnes plus culottées venaient nous parler. En général, elles étaient curieuses de savoir d’où nous venions et surtout, elles voulaient pratiquer leur anglais. Elles nous approchaient toujours avec bienveillance.

Nous nous sommes tous retrouvés après quelque temps et notre ami nous a informés qu’on était invités à voir un spectacle de danse le soir au monastère et ensuite à dîner. Quel privilège ! On a accepté sans hésiter.

Nous avons ensuite déjeuné dans un restaurant local et pour conclure le repas, nos amis nous ont fait essayer un paan, spécialité indienne qui ne ressemble à rien que j’ai essayé avant. Je suis aventureuse avec la nourriture, mais j’ai mes limites. Je ne mangerais jamais d’insectes par exemple. Mais c’était végétarien et ça sentait plutôt bon. Mais beurk ! Je ne voulais pas être malpolie alors j’ai essayé, mais je n’ai pas pu tout manger et j’ai fini par recracher. Mon mari a trouvé très drôle de filmer l’expérience. J’ai l’air tour à tour apeurée, paniquée, puis écœurée. Je suis contente de l’avoir fait quand même. Maintenant je sais que je n’aime pas le paan !

Nous avons ensuite continué à nous balader dans un autre coin de l’île, dans des villages tribaux. On trouve différentes tribus à Majuli, et nous n’y avons pas passé assez de temps pour tout apprendre et comprendre, mais l’histoire de l’île et de ses peuples est fascinante. Et un peu triste aussi. Comme nous étions avec nos amis assamais, nous avons pu communiquer avec les gens indirectement. Nous avons été invités à visiter une maison. J’ai tenu un agneau de 4 mois dans mes bras. Et mille pensées me sont passées par la tête. Ces gens n’ont rien. Leur maisons sont vides. Ils vivent au milieu des crottes de cochons, de vaches, de chèvres, de chiens, dans une puanteur infernale. Ils font des bébés. Il fait froid en hiver. Ils sont inondés en été. Et je ne veux pas déballer tout mon ressenti ici, mais je vous laisse imaginer ce que vous pourriez ressentir. Pour moi, c’est un grand mélange de sentiments et comme une grosse claque qui m’a remise d’aplomb. J’allais pas super bien avant les vacances pour plein de raisons plus ou moins futiles, mais là, ça va. Très bien. Et après ça, nous avons donc eu le privilège de goûter chez les moines, de les voir danser et jouer de la musique pour nous et de manger un délicieux dîner qu’ils avaient cuisiné exclusivement pour nous et nos amis.

J’aurais aimé rester plus longtemps à Majuli. J’aurais aimé passer plus de temps avec nos nouveaux amis. J’aurais aimé apprendre plus de l’histoire de l’île et des peuples. Mais le lendemain, il était temps de partir. J’ai chaud au cœur quand je repense à ces moments et j’espère vraiment pouvoir retourner à Majuli un jour. Peut-être dans 5 ans. Peut-être dans 10. Je suis sûre que l’île va beaucoup changer mais j’espère que pas trop en fait. J’avais l’impression d’être dans un autre monde, un autre temps… J’aimerais que les gens de là-bas vivent mieux, qu’ils ne manquent de rien. Mais j’espère que la mondialisation ne va pas détruire l’authenticité des paysages et des habitants. On peut encore rêver !