Interviews dans un taxi belge

YouTube m’a suggéré de regarder un extrait d’émission belge récemment et comme Stromae était dedans, j’ai pensé que c’était une bonne idée. J’adore Stromae. Je l’ai écouté en boucle à certaines périodes de ma vie et je trouve que c’est un artiste exceptionnel.

J’ai trouvé le concept de l’émission assez sympa. Les vidéos sont assez courtes alors si vous voulez quelque chose de plus léger que les podcasts de France Culture, vous pouvez y jeter un œil. L’émission s’appelle Hep Taxi ! et est diffusée sur la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone). Les artistes sont interviewés par un chauffeur de taxi (je ne suis pas certaine que ce soit réellement son métier, il est probablement plutôt journaliste) dans un taxi, tout en roulant.

J’ai aussi regardé l’interview d’Anémone, actrice française décédée l’an dernier, car le titre de la vidéo m’a interpelée : être mère a ruiné mon existence. Une interview sans langue de bois. La première partie, qui présente l’actrice au début, est ici. Elle dit des choses qu’on n’a pas vraiment l’habitude d’entendre dans la bouche des gens connus.

Si vous connaissez peu ou mal les célébrités françaises et francophones et que vous aimeriez enrichir vos connaissances de ce côté-là, cette émission pourra vous en faire découvrir pas mal.

L'affaire du petit Grégory

Si vous n’avez jamais vécu en France, cette affaire ne vous dira probablement rien. J’ai grandi en France, et j’ai l’impression que j’ai entendu parler de cette affaire toute ma vie. J’étais toute petite quand cet enfant de 4 ans a été retrouvé noyé et ligoté, et je ne regardais pas les informations à l’époque, mais je me souviens qu’ils en ont parlé à la télé pendant des années.

Je n’ai pas de souvenirs très précis, mais je me souviens assez clairement que la mère de l’enfant avait été mise en cause à un moment, qu’il y avait des lettres anonymes, et à ce jour, 35 ans plus tard, le meurtre n’a toujours pas été élucidé.

Netflix en a fait une série documentaire, sortie au mois de novembre. Je n’avais pas l’intention de la regarder, mais comme plusieurs élèves m’en ont parlé et m’ont dit la trouver bien, je me suis dit que j’allais la regarder aussi.

Dès le début, je l’ai trouvée malaisante au possible. L’attitude de la presse est à peine croyable. Un enfant est mort, des parents souffrent, mais les journalistes ne pensent qu’à une chose : vendre une histoire, vendre des photos, sans aucun respect pour la souffrance de la famille.

Puis on a l’attitude du juge, de la police et des avocats qui ne vaut pas mieux.

À un moment, un journaliste, ou peut-être était-ce un flic, je ne sais plus, confie qu’un journaliste lui avait dit que ce serait une sacrée histoire si la mère était impliquée, une histoire que les gens aimeraient lire dans les journaux. J’ai cru que mes oreilles allaient se mettre à saigner.

Et au milieu du troisième épisode, on a un policier qui témoigne et qui raconte sa première rencontre avec les parents de l’enfant assassiné. Ceci se passe après que le juge a décidé de retirer l’affaire à la gendarmerie et de la confier à la police nationale. Ce flic explique donc que lui et ses collègues ont trouvé le père sympa et qu’ils ont immédiatement accroché avec lui. Par contre, la mère, elle portait un pull moulant et elle était attirante, et ça, ça lui donnait vraiment pas l’air innocent. Et là j’ai mis l’épisode en pause. Je résume ce qu’il a dit, mais je n’exagère rien. Troisième épisode, vers 26/27 minutes de la fin si vous voulez vérifier. J’étais en train de déjeuner et j’avais mis Netflix sur mon téléphone pendant que je me préparais à manger et j’avais continué à regarder en mangeant. J’étais en train de manger un brownie vegan et sans gluten plutôt délicieux et j’ai cru que j’allais le vomir.

J’ai fini l’épisode un peu après, mais je ne m’en souviens pas très bien. Je crois qu’ils accusaient la mère d’être tombée enceinte pour éviter la prison.

Bref, je n’ai aucune envie de continuer à regarder cette série, c’est juste beaucoup trop aberrant pour moi et comme je n’avais pas super envie de la regarder au départ, je ne vais pas me forcer. Je ne supporte plus d’écouter ces hommes débiter ces horreurs misogynes.

Je sais que je critique beaucoup la France et la mentalité française et que les gens en sont souvent surpris. Les Français un peu chauvins s’en vexent, comme si c’était personnel (si mes raisonnements les dérangent, c’est surement un peu personnel en fait). Les hommes français s’en offusquent beaucoup plus que les femmes en général, même si certaines femmes persistent à dire que j’exagère et continue à défendre une certaine “séduction à la française”. Les étrangers qui adorent, voire idéalisent la France s’en étonnent. Les étrangers qui ont vécu en France et/ou ont une connaissance solide de la culture française me comprennent mieux.

On pourrait dire que cette affaire date, mais pas tant que ça quand on y pense et le flic qui témoigne dans la vidéo, il dit ça aujourd’hui !! Pas il y a 35 ans. Comme si cela justifiait ce qu’ils ont fait subir à cette pauvre femme et à son mari.

Entre ça et l’affaire Matzneff (préparez un sac à vomi si vous regardez cette vidéo datant de 1990), 2020 commence bien ! Mais tout ceci confirme tout ce que je dis depuis toujours : le sexisme et la misogynie règnent en France depuis bien trop longtemps. Cela m’insupporte depuis toujours. Quand je vivais en France, on minimisait toujours ce que je disais, on ne me prenait jamais au sérieux quand je faisais remarquer des actes ou des paroles sexistes et misogynes. C’était toujours pour rire, c’était jamais méchant, je manquais d’humour, etc. Moi, j’étouffais dans ce pays. Il est temps que les choses changent ! Si vous regardez cette vidéo, vous verrez que la seule personne qui réagit différemment des autres est canadienne. Sur un plateau de télévision française, la seule personne qui trouve abject le fait qu’un homme de 50 ans couche avec des adolescent·e·s et en plus le raconte dans des livres n’est pas française. Les autres le trouvent formidables. Et encore aujourd’hui, des personnes le défendent !!!

Cette interview récente sur le cas Matzneff est intéressante et donne un peu d’espoir :

Et voici un article de la génialissime Fiona Schmidt qui nous fait remarquer que certaines choses sont quand même mieux maintenant qu’avant et je suis bien d’accord !

Pessimistes, les Français ?

Mon mari m’a dit un jour avoir lu un article disant que les Français était le peuple le plus malheureux et pessimiste au monde. Cela ne m’a pas surprise. Je dis toujours que les Français sont très négatifs.

On entend souvent dire que les Français sont râleurs. Et ce n’est pas l’actualité qui contredit cette affirmation.

Mon mari dit aussi que je suis aussi râleuse que mes compatriotes. Il n’a pas complètement tort, mais il ne parle pas français et ne comprend pas que je ne râle pas du tout à propos des mêmes choses ! Et si j’étais très pessimiste sur l’avenir du monde avant le mouvement Me Too, je le suis beaucoup moins maintenant. Mon pessimisme vient du fait que j’ai grandi dans un monde qui ne me plaisait pas. Trop macho, trop sexiste, trop misogyne, trop injuste, trop plein d’injonctions irréalistes pour les filles et les femmes. Petite, je pensais que ce serait différent en grandissant. Ado, je trouvais que le temps ne passait pas assez vite et je mourais d’impatience de devenir enfin adulte et libre pour pouvoir faire ce que je voulais dans un monde plus juste. Mais le monde était le même. Toujours sexiste et misogyne, et ma colère ne s’est jamais atténuée. Jusqu’à Me Too. Je suis toujours furieuse du traitement réservé aux femmes dans ce monde mais les choses ont commencé à changer, les discours ont changé, et la France va devoir suivre.

J’ai toujours aimé dire que j’étais à la fois pessimiste, optimiste, idéaliste et réaliste. Je crois que c’est toujours vrai. J’ai toujours détesté qu’on me colle dans une case. Je ne suis pas une seule chose, je ne ressens pas qu’une émotion, je suis pleine de contradictions comme tout être humain normalement constitué il me semble. Et j’ai toujours été à l’aise avec mes contradictions. C’est aux autres qu’elles ont toujours posé problème. Particulièrement en France. J’ai toujours été plus à l’aise dans le monde anglo-saxon où j’ai rarement eu l’impression d’être jugée comme en France et où la pensée m’a toujours semblé plus complexe et nuancée.

Alors oui, je râle beaucoup, parce que je refuse d’accepter qu’on traite les femmes comme des êtres inférieurs et ne rien dire, ça revient à accepter la situation, de mon point de vue. Et maintenant, je râle aussi pour qu’on arrête de traiter les personnes de couleur, les LGBT+, les gros, les handicapés, et toute personne qui ne correspond pas à la norme de ce monde dirigé par des hommes et façonné par des hommes blancs en grande majorité, comme des êtres inférieurs. J’ai pas fini de râler, mais je ne suis plus pessimiste comme j’ai pu l’être par le passé. Mon niveau d’optimisme n’a jamais été aussi élevé en fait.

Voici une petite vidéo (en anglais) qui traite du pessimisme des Français :

Où est le respect ?

Comme je suis un peu débordée cette semaine car je pars en vacances et que j’ai encore pas mal de travail à terminer, je vais me contenter de partager une vidéo sur laquelle je suis tombée hier et que j’ai trouvée intéressante.

J’avais déjà parlé d’Haroun, dont l’humour me plait beaucoup, ici.

Avant d’écouter, connaissez-vous ce vocabulaire ?

  • une oraison funèbre
  • un assassinat
  • chacun y va de sa théorie
  • prendre un coup dans l’aile
  • les phrases assassines
  • les lois liberticides
  • pleurer qqn
  • se dresser contre qqch
  • les recherches effrénées de clics
  • un cercueil
  • le recueillement

Bonne écoute !

Série : Mytho

Netflix m’a suggéré de regarder cette série récemment. Il a mis du temps, mais je crois qu’il a enfin compris que j’avais tendance à regarder tout ce qui sortait de France ou de la francophonie.

J’ai donc commencé à regarder cette série un vendredi soir et elle m’a plu dès le premier épisode. Mais contrairement à d’autres séries, je n’ai pas pu la regarder d’une traite, bien qu’elle ne contienne que 6 épisodes. C’était trop intense pour moi. J’ai dû étaler le visionnage sur plusieurs jours.

On voit cette femme, mère de 3 enfants, qui exerce un travail ennuyeux à mourir, avec un patron horrible, et qui vit la vie de beaucoup de femmes quand elle rentre chez elle, où elle commence son deuxième travail non rémunéré, pour lequel elle n’est évidemment pas appréciée : cuisine, rangement, ménage, etc. Elle est épuisée et au bord du burnout. Pour couronner le tout, le père de ses enfants la trompe et elle s’en doute. Et un jour, elle décide de lui dire qu’elle est malade. Un petit mensonge qu’elle n’avait ni prévu ni l’intention de faire durer. Mais à partir de là, tout change et son mensonge va lui échapper.

J’ai trouvé les acteurs plutôt très bons et crédibles. Et bien que je n’approuve pas son mensonge, je comprends tellement comment elle a pu en arriver là et perdre le contrôle. J’avais de la peine pour elle et vu comment le dernier épisode s’est terminé, j’imagine qu’il y aura une deuxième saison.

6 épisodes d’environ 45 minutes pour pratiquer votre compréhension orale.

Podcast : Programme B

J’écoute presque tous les épisodes de ce podcast. Il est diffusé du lundi au vendredi et chaque épisode dure 20 minutes. C’est un autre podcast de Binge Audio (comme Kiffe ta race, Les Couilles sur la table, Parler comme jamais, etc.)

Cette semaine, j’ai écouté le premier épisode d’une enquête menée dans le milieu du sport qui a révélé des affaires d’abus sexuels sur enfants, et qui, comme de nombreuses affaires, me fait vraiment douter de la justice. Quand j’entends les témoignages des personnes concernées et leur impuissance face à des prédateurs et un système de justice qui parait tout sauf juste, ça me met en rage. Cette série d’épisodes s’intitule Le revers de la médaille.

Tous les épisodes de Programme B ne sont pas pas sur des sujets aussi sensibles et graves, mais c’est un podcast que je recommande vivement. Vous avez le choix entre de nombreux thèmes et 20 minutes, ça se trouve facilement pour pratiquer son écoute !

Podcast : le journal de l’éco

N’étant pas passionnée d’économie, j’écoute peu de podcasts et lis peu d’articles parlant d’économie. Quand je veux essayer de mieux comprendre certaines choses, je demande à mon mari, qui lui s’y intéresse, mais en général, je décroche au bout de 5 minutes et j’arrête de l’écouter 🙂

Et la semaine dernière, je suis tombée sur ce podcast de France Culture qui aborde des thèmes liés à l’économie et dont chaque épisode dure moins de 5 minutes. J’en ai écouté un et j’ai réussi à rester concentrée du début à la fin.

Alors que vous vous intéressiez à l’économie ou que vous ne vous y intéressiez pas tant que ça mais ne seriez pas contre enrichir votre vocabulaire dans ce domaine, allez jeter un œil à la liste d’épisodes disponibles et voyez si certains sujets vous intéressent !

DALF : parler d'Internet et de nouvelles technologies

Si vous étudiez pour le DALF, vous savez qu’il vous faut être capable de parler de tout et qu’il faut que vous soyez capable d’en parler en long en large et en travers avec aisance, fluidité, du vocabulaire varié et des structures grammaticales élaborées.

Vous devez parler autrement que quand vous discutez avec vos ami·e·s.

Pour bien vous préparer, il est important que vous lisiez régulièrement et écoutiez la radio ou des podcasts sur des sujets variés. Tout ceci de façon active, bien évidemment.

Sur le thème des nouvelles technologies et d’Internet, vous pouvez trouver des articles sur Slate, le journal du geek, Business Insider, entre autres et écouter des podcasts tels que Le rendez-vous tech (épisodes de 90 minutes), ou Studio 404 (qui n’est plus actif mais dont les 7 saisons sont disponibles à l’écoute).

Quand vous n’avez pas beaucoup de temps, rien de vous oblige à écouter les podcasts en entier ni à analyser les articles dans les moindres détails, mais si vous vous concentrez sur ce sujet pendant quelque temps, et faites un minimum d’analyse, vous remarquerez que le même vocabulaire revient tout le temps, vous vous familiariserez avec les tournures françaises et les problématiques françaises.

Parfois, les étudiant·e·s sont un peu déconcerté·e·s par les problématiques proposées au DALF car ce ne sont pas toujours des sujets auxquels ils et elles avaient beaucoup réfléchi auparavant, et aussi parfois parce que l’approche française est bien différente de celles d’autres pays. Alors plus vous vous familiariserez avec la culture française et la façon qu’ont les Français d’aborder certains thèmes, plus les documents que vous lirez auront du sens et plus vous développerez votre vocabulaire pour en parler !

Ce vocabulaire fait-il partie de votre vocabulaire actif ? :

  • le numérique
  • à l’ère du tout numérique
  • la reconnaissance faciale
  • la protection des données personnelles
  • traiter l’information
  • le ciblage publicitaire
  • les dérives d’Internet
  • les GAFAM
  • l’empreinte numérique
  • la toile

Et quels arguments apporteriez-vous à ces problématiques ? :

  • L’utilisation des réseaux sociaux par les politiques est-elle une bonne chose ?
  • Les élèves de primaire devraient-ils tous avoir une tablette ?
  • Internet doit-il rester gratuit ?
  • La vie était-elle plus simple avant Internet ?
  • Au 21e siècle, est-il nécessaire d’être sur les réseaux sociaux ?

Série : Ad vitam

J’ai entendu parler de cette série pour la première fois cette semaine, car une de mes chères étudiantes m’en a parlé. Elle est sur Netflix, mais pas sur mon Netflix. Cela ne m’a pas empêchée de la regarder, grâce au pouvoir du VPN. 🙂

J’avais prévu de regarder le premier épisode, juste pour voir. Et j’ai regardé les 5 premiers épisodes d’une traite, malgré le fait que j’avais besoin de réviser pour mon examen de japonais.

J’étais trop fatiguée pour faire du japonais mais je n’ai pas besoin que mon cerveau soit parfaitement fonctionnel pour regarder des séries. Et j’aime ce genre de science-fiction. J’adore les dystopies. Et je n’ai aucun problème à faire abstraction des incohérences du scénario, typiques aux séries françaises.

Le personnage principal est un policier de 119 ans. On est loin dans le futur. La mort n’existe plus pour ceux qui choisissent de ne pas mourir. On n’est plus obligé de vieillir. On est mineur jusqu’à 30 ans. Les jeunes ne sont pas super heureux et se suicident en masse.

Il me reste un épisode à regarder alors je ne sais pas encore vraiment où tout ça va nous mener, mais ça me plait.

Si vous aimez les dystopies et pratiquer votre compréhension orale, essayez-la !