Vos profs de français vous ont-ils déjà dit que le masculin l’emportait sur le féminin ?

J’étais à l’école primaire dans les années 80 et à l’école secondaire dans les années 90. J’ai entendu pendant toute ma scolarité, pendant les cours de français, et de grammaire en particulier, cette phrase : le masculin l’emporte sur le féminin. C’est comme ça, c’est la règle. J’étais bonne élève, très bonne en grammaire et en orthographe et j’aimais les règles. Je les comprenais, je les acceptais telles qu’on me les donnait, sans les questionner, et j’avais toujours la meilleure note en dictée et de très bonnes notes en français. Quand j’ai commencé à enseigner le français, je répétais la même chose à mes élèves : le masculin l’emporte sur le féminin, c’est comme ça en français, c’est la règle. Si l’on a un groupe de personnes et qu’il y a 99 femmes et un homme, on doit dire ils, et s’il y a un adjectif ou un participe passé qui se réfèrent à l’ensemble de ces personnes, ils doivent être accordés au masculin pluriel.

Moi, pourtant si rebelle, je n’ai jamais remis en question cette règle. Je ne me suis jamais demandé si elle avait toujours été en vigueur. Je l’ai appliquée et je l’ai transmise maintes fois, de la même façon que je l’avais reçue.

Ce n’est que récemment que j’ai commencé à m’interroger et à creuser un peu. Avec l’évènement récent de la féminisation des noms de métiers enfin reconnue par l’Académie française, j’ai écouté des podcasts et lu des articles sur le sujet. J’ai recherché certain·es linguistes dont le discours m’intéressait et j’ai profité de la visite d’amis pour me faire apporter quelques livres que j’avais vraiment envie de lire et qui n’était pas disponibles sur Kindle.

Et la semaine dernière, j’ai lu ce livre qui m’a scotchée : non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! d’Éliane Viennot, historienne et professeure de littérature française, sous-titré : petite histoire des résistances de la langue française, et dans lequel j’ai appris plein de choses que je n’avais jamais apprises à l’école et qui sont pourtant extrêmement intéressantes et essentielles si l’on veut vraiment comprendre l’histoire de la langue française et des règles qui la régissent. Quand je pense au nombre de choses inutiles qu’on nous apprenait à l’école… Mais je me demande si mes profs savaient tout ce qu’il y a dans ce livre en fait. Il est fort possible que non.

C’est un petit livre de 130 pages que je vous recommande vivement si le sujet vous intéresse. Il se lit facilement et il est fascinant. L’autrice nous explique à quel point la domination du masculin dans la langue est politique. Elle ne préconise pas une féminisation de la langue, mais elle estime qu’il faudrait mettre un terme à sa masculinisation.

J’ai appris que le masculin n’avait pas toujours dominé la langue et que le féminin était autrefois bien plus visible qu’il ne l’est aujourd’hui, que ce soit dans le vocabulaire ou dans la grammaire. Avant que certains hommes et plus particulièrement ceux de l’Académie française ne s’en mêlent, les femmes étaient des autrices, des professeuses, des inventrices, des jugesses, des financières, etc. Et en fait, elles ont longtemps résisté aux règles que les hommes s’évertuaient à inventer pour les écarter de la langue, règles qu’ils déclaraient légitimes pour telle ou telle raison, sans réel fondement.

J’ai été abasourdie en lisant tout ça, et puis très vite, je me suis demandé pourquoi j’étais si surprise.

Je dis souvent que la France est un pays hyper sexiste, et bien qu’évidemment ce ne soit pas le pire pays au monde pour les femmes, je le trouve beaucoup plus étouffant que d’autres pays occidentaux. Et là, j’apprends que la France a été “pionnière dans les progrès de la domination masculine.” (p.24) À travers des lois telles que la loi salique, interdisant aux femmes de monter sur le trône, et à travers la langue, en déclarant le masculin le genre le plus noble et en éliminant de la langue les féminins des fonctions pour lesquelles les hommes ont estimé qu’elles devraient être désormais réservées aux hommes ! Aussi, en commençant à désigner les femmes comme le sexe faible.

À la page 58, elle nous parle de Sylvain Maréchal, militant politique et poète, qui, en 1801 a écrit un projet de loi pour interdire aux femmes d’apprendre à lire !!! Elle le cite : “Pas plus que la langue française, la raison ne veut qu’une femme soit auteur. Ce titre, sous toutes ses acceptions, est le propre de l’homme seul.”

La perniciosité de tout ça me fait vraiment bouillir à l’intérieur, mais en même temps, je suis enchantée que des livres comme celui-ci existent et que l’on parle de cette situation, que l’on y réfléchisse, que l’on comprenne pourquoi on en est arrivé là, et que l’on envisage l’évolution de la langue allant dans un sens plus égalitaire.

J’ai adoré lire ce livre, que je veux déjà relire, et j’ai beaucoup aimé la dernière partie qui parlent des enjeux actuels. Elle aborde dans le livre la question des accords, en nous expliquant que non, le masculin ne l’a pas toujours emporté sur le féminin et que la règle de proximité avait longtemps était de mise. C’est-à-dire que l’adjectif s’accordait avec le nom le plus proche dans la phrase, en cas de groupes contenant plusieurs noms de genres différents. Comme dans un exemple qu’elle cite page 108 : les coteaux et montagnes voisines. La règle d’aujourd’hui veut que l’on écrive “voisins”, mais elle tire cet exemple d’un livre publié en 1896 et nous rappelle que durant des siècles, on s’est exprimé ainsi, et qu’il serait donc facile d’y revenir car cela sonne juste à l’oreille. Je suis absolument d’accord. On pourrait alors écrire : des coteaux et montagnes voisines, ou des montagnes et des coteaux voisins.

Elle préconise plus de flexibilité dans l’usage de la langue, et pense que cela aiderait grandement à la simplifier. Elle m’a convaincue. J’applique la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin mais j’ai envie d’expérimenter un peu. Cependant, pour mes étudiantes qui passent les examens de DELF et de DALF, je dois faire attention dans le cadre de mon travail. Mais depuis quelque temps déjà, je parle de mes étudiantes au féminin, même si j’ai quelques étudiants de sexe masculin. La grande majorité de mes étudiants sont des étudiantes, alors quand je parle de l’ensemble, j’utilise le féminin. Mes étudiants hommes sont féministes de toute façon et soutiennent l’égalité à 100%. J’ai aussi envie d’essayer d’utiliser le point médian un peu plus souvent, même si c’est un peu compliqué avec mon clavier. Je dois faire du copier-coller en le trouvant sur Internet. Et c’est marrant, car quand j’ai commencé à entendre parler du point médian, je n’étais pas vraiment emballée. Mais plus je découvre l’histoire de l’évolution de la langue, plus j’ai envie de l’utiliser. Je ne suis pas sure de bien savoir m’en servir encore, mais je vais apprendre !

Je parlerai bientôt de la réforme de l’orthographe, aussi mentionnée dans le livre. Je sais qu’elle existe depuis 1990. Je venais de commencer le collège et je me souviens qu’une prof l’avait mentionnée, mais aucun prof ne me l’a jamais enseignée. Et je vous expliquerai pourquoi bientôt 20 ans plus tard, je ne la connais pas vraiment. Mais d’ici une semaine, je compte bien l’avoir assimilée et je vais m’appliquer à l’utiliser de façon régulière et constante. Et je vais commencer à écrire des posts à ce sujet pour vous informer et pour que vous puissiez vous aussi utiliser cette orthographe plus logique si vous ne le faites pas déjà.

Série : Osmosis

Hier soir, j’ai regardé les deux premiers épisodes d’une nouvelle série française qui s’appelle Osmosis. Sur Netflix bien sûr.

J’avais envie que ça me plaise. Je voulais vraiment en dire du bien. Et avoir une série de plus à recommander à mes étudiantes. Mais le fait est que je me suis pratiquement endormie tellement c’était lent et qu’il y avait peu de dialogues. Je regarde toujours les séries et films français avec un cahier et un crayon pour prendre des notes quand j’entends des expressions intéressantes, qu’à mon avis mes étudiantes avancées ne connaissent pas. Ça me donne des idées. J’ai noté un mot en deux épisodes…

J’aime quand les dialogues sont riches et intelligents. Là, j’ai envie de dire pfffff. Je n’ai vraiment pas accroché. J’aime bien la science-fiction dystopique, et j’avais adoré Transferts, que j’ai regardé deux fois en une semaine le mois dernier, car je trouvais le thème, aussi bien que les dialogues, très intéressant.

Là, on nous parle d’une application qui permet de trouver l’âme sœur mais pour que ça marche, il faut avaler un implant. Les concepteurs de l’application ont accès à votre cerveau une fois que vous êtes implanté et je n’ai pas très bien compris sur quoi ils se basaient pour déterminer quelles personnes étaient des âmes sœurs. Si comme moi vous ne croyez pas aux âmes sœurs, vous aurez probablement du mal à être emballé par l’histoire. Par ailleurs, 7 milliards de personnes sur Terre, et les premiers implantés trouvent tous leur âme sœur dans la ville où ils vivent ? Hmmm…

L’histoire se passe évidemment dans le futur, mais c’est un futur assez bizarre. Je ne connais pas très bien Paris, mais les quelques images qu’on en voit laissent paraître une ville assez déserte. J’ai trouvé super difficile de rentrer dans l’histoire. J’ai persisté avec le deuxième épisode, mais j’ai trouvé tout ça trop brouillon et n’ayant pas beaucoup de sens, alors j’ai arrêté. J’étais à moitié endormie et j’ai considéré aller me coucher mais il était encore assez tôt, alors je me suis dit que j’allais pratiquer mon espagnol pour voir si je comprenais encore quelque chose. J’ai regardé deux épisodes d’une série mexicaine et celle-ci, je vais la continuer ! Beaucoup plus captivante que la série française, avec énormément de dialogues, et je comprends toujours l’espagnol, hourra ! Elle s’appelle La casa de las flores, si vous étudiez aussi l’espagnol. 🙂

Quiz sur la langue et la culture françaises

J’ai passé la majeure partie de la journée à lire un livre fascinant sur le féminin et le masculin dans la langue française. J’en parlerai très bientôt.

Ce week-end, c’est le nouvel an bouddhiste. J’avais prévu de rejoindre mon mari et des amis dans le nord de la Thaïlande, mais j’ai changé d’avis au dernier moment. Je ne me sentais pas très sociable et je n’avais aucune envie de me retrouver au milieu des batailles d’eau qui sévissent dans le pays. Alors j’en profite pour lire et me reposer et je ne sors pas de chez moi avant que les gens ne redeviennent normaux. A priori, lundi. Depuis la fenêtre de mon salon, j’ai pu voir toute la journée des personnes se faire asperger d’eau alors qu’elles étaient sur leur scooter ou leur vélo, par une petite bande de jeunes armés de seaux et autres récipients. Sur une route où il y a pas mal de passage. Cela me paraît incroyablement dangereux, mais c’est la tradition. Je n’ai jamais été très traditionnelle. 🙂

J’ai vraiment envie de parler de ce livre que j’ai lu aujourd’hui, mais je veux écrire un peu plus qu’un paragraphe et je n’ai pas envie de me lancer dans un long post. Je veux m’allonger sur le canapé et regarder le premier épisode d’une nouvelle série française. Les critiques ne sont pas très bonnes, mais je veux voir par moi-même.

Mais avant, je voulais vous donner un lien vers une page sur laquelle vous trouverez des quiz instructifs sur la langue française et des informations culturelles intéressantes sur la France et d’autres pays francophones.

https://langue-francaise.tv5monde.com/jouer/quiz

Amusez-vous bien !

7 jours sur la planète

Sur cette chaîne YouTube, vous pouvez trouver des vidéos en français, sous-titrées en français. Idéal pour pratiquer votre compréhension orale et l’écoute active.

Elle propose des interviews de moins 10 minutes sur des sujets variés : politique, société, culture, économie, éducation, histoire, écologie, sport, sciences, etc. Ces interviews ne concernent pas seulement le monde francophone. Il peut être question de racisme aux Etats-Unis, de femmes en Arabie Saoudite, ou de cannabis en Uruguay. Vous trouverez forcément quelque chose qui vous intéressera !

C’est toujours plus intéressant de travailler avec vidéos récentes, mais d’un point de vue linguistique, toutes ces vidéos valent la peine d’être regardées. Les sous-titres sont une béquille sur laquelle s’appuyer, mais vous n’êtes pas obligé de les lire. Prenez des notes sur ce que vous entendez et comme ce n’est jamais très long, vous pouvez les réécouter plusieurs fois.

La dernière personne interviewée est un politique, invité pour parler de démocratie et de souveraineté et présenter son livre, Imparfaites Démocraties.

L’humour sexiste

Selon notre culture et le pays où nous vivons, nous sommes confrontés au sexisme plus ou moins fréquemment. Dans toutes ses formes. Bien que je ne vive plus en France depuis de nombreuses années, j’ai gardé une certaine connexion avec le pays et la culture, en partie pour mon travail et aussi parce que j’ai des amis français, qui vivent en France et un peu partout dans le monde.

Après avoir rejeté tout ce qui était français pendant quelques années après mon départ, je me suis remise à écouter des émissions de radio françaises, je regarde des vidéos françaises en ligne, je lis des livres français, je lis les journaux français, je regarde des films français et j’essaie de me tenir au courant de ce qui s’y passe. Surtout pour le travail, mais aussi par curiosité. J’essaie de suivre l’évolution de cette culture qui me paraît parfois si étrangère et si familière à la fois.

Quand j’ai quitté la France, j’avais une multitude de raisons et je savais que je n’y revivrais jamais. Je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie, mais je savais que je ne voulais plus y vivre. Il y avait tellement de choses qui me déplaisaient que j’avais du mal à l’expliquer clairement aux autres. Bien sûr qu’il était préférable de vivre en France que dans des pays en guerre ou contrôlés par la mafia et les trafiquants de drogue, mais moi, j’étouffais en France. Et le sexisme ambiant était une de ces choses qui m’étouffaient horriblement.

Je vais généraliser ici, et bien sûr qu’ils ne sont pas tous pareils, mais de mon point de vue, l’homme français est très imbu de lui-même et quand il se comporte en gros lourd avec une femme, il pense qu’il est charmant et que s’il insiste, elle finira par être d’accord avec lui. Et il y a tous ces “humoristes” qui se trouvent hilarants en faisant des blagues sexistes pas du tout subtiles. Ils existaient alors et ils existent encore. Il suffit de voir tout ce que Brigitte Macron s’est pris dans la tête dès que son mari s’est retrouvé sur le devant de la scène. Et ça continue deux ans après. Puis il y a cette tribune ridicule publiée dans le Monde quand le mouvement #metoo a commencé. Je ne tenais pas ce blog à l’époque, mais mes étudiants en ont entendu parler ! J’étais furieuse ! Je me disais qu’il n’y a qu’en France qu’on ne veut pas voir la réalité en face et que des femmes écrivent dans un journal national pour défendre le droit des hommes à importuner les femmes. Où l’on pense que les frotteurs du métro, ce n’est pas un vrai problème. Où les médias défendent un agresseur sexuel (DSK, alors directeur du FMI et futur candidat à la présidentielle française), sous prétexte que c’est juste un Don Juan et que les Américains ne peuvent pas comprendre l’amour à la française. Aaaaaargh !

Je compare la France avec d’autres pays occidentaux seulement. Mais en même temps, je ne me suis jamais fait emmerder au Vietnam, au Cambodge ou en Thaïlande, comme j’ai pu me faire emmerder en France. Peut-être que le fait que je sois plus grande que la population locale aide, et bien que ce ne soit pas forcément des pays modèles en matière d’égalité, dans la sphère publique, je ressens une certaine sécurité que je ne ressentais pas et ne ressens toujours pas en France.

Ma perception de la France à travers mes amis, les podcasts, la radio, la télé, les journaux, les humoristes, et les quelques fois où j’y suis retournée (3 fois l’an passé quand même !) n’est toujours pas très positive. Il y a quelque chose de foncièrement dérangeant pour moi dans la mentalité française. Et j’en reparlerai sûrement un paquet de fois dans de futurs posts car la liste est longue et je ne sais pas si la journée suffirait à tout énumérer.

Mais cette semaine, j’ai écouté un épisode du podcast Les couilles sur la table, diffusé en février 2018, dans lequel Victoire Tuaillon interviewait Laurent Sciamma, humoriste dont je n’avais jamais entendu parler et dont j’aimerais entendre beaucoup plus parler ! Un homme qui reconnaît qu’il vit dans un monde dans lequel son statut d’homme (blanc) lui donne des avantages évidents et qui remet en cause l’ordre établi en se moquant gentiment du mâle alpha. Cela fait longtemps que les humoristes anglophones dénoncent le patriarcat, cela fait longtemps que le sexisme est mal vu dans le monde anglo-saxon (ce n’est pas pour ça qu’il n’existe pas, mais au moins, on le dénonce de plus en plus et de plus en plus fort) et j’espère que pour une fois, on n’attendra pas 10 ans pour faire comme les Américains et les Anglais !

Le podcast dure 38 minutes, si vous avez le temps. Et voici une petite vidéo de Laurent Sciamma qui se moque gentiment des réactions de certains hommes au mouvement #metoo :

Les anglicismes

Cette semaine, mon téléphone m’a suggéré cet article du journal suisse Le Temps.

Il y est question de tous ces mots anglais qui s’immiscent dans la langue française et de la relation qu’entretiennent les francophones avec ces anglicismes. Apparemment, le journal reçoit régulièrement des courriers de lecteurs outrés de trouver autant d’anglicismes dans ses pages.

Personnellement, ce qui me choque, c’est quand l’anglais est mal utilisé. Et ça m’agace un peu quand on calque la structure d’une expression anglaise, alors qu’on a pratiquement la même en français. L’article donne quelques exemples incluant faire sens, qui se dit de plus en plus au lieu d’avoir du sens. Je crois qu’au Canada, ils le disent vraiment comme ça. Mais en France, on dit que les choses ont du sens. Avec le verbe avoir. Ou peut-on dire que maintenant, on dit aussi faire sens, puisque de plus en plus de gens le disent ?

C’est compliqué.

Mais je le remarque de plus en plus. Quand j’écoute des podcasts français, il y a des tonnes d’anglicismes. Les Français ont aussi un truc pour le mot fuck. Le mot est bipé à la télé aux US dans la majorité des programmes. Je crois qu’il l’est aussi au Royaume-Uni avant une certaine heure le soir. Mais en France, il semble tout à fait acceptable de jurer à la télé ou à la radio, tant que c’est fait en anglais. Bizarre, non?

Après avoir dit tout ceci, je dois avouer que dans la vie de tous les jours, quand je parle avec mes amies françaises, j’ai tendance à mélanger mes langues et à écrire des textos en franglais, surtout à mes copines qui parlent les deux langues à un niveau avancé. Je le fais beaucoup moins avec celles qui parlent très peu anglais. Et c’est là que je me dis que ponctuer régulièrement son français d’anglicismes, c’est pas très sympa pour les Français qui ne parlent pas anglais. C’est une façon de les exclure. Une façon de leur dire qu’ils sont dépassés par le monde d’aujourd’hui. Que s’ils ne parlent pas anglais, il faudra qu’ils s’habituent à ne plus tout comprendre.

Parler et comprendre l’anglais est vu comme quelque chose de cool chez les Français (et Suisses francophones apparemment), comme le conclut cet article. Je suis plutôt d’accord avec la journaliste sur le fait que l’anglais est bien pratique et exprime plus simplement certains concepts, et c’est pour cela que je parle autant en franglais. Mais tant que l’anglais ne sera pas mieux enseigné à l’école à tous les Français, pas seulement aux plus riches qui ont les moyens d’être scolarisés dans de bonnes écoles, ce n’est pas très juste que les médias en fassent autant usage, sans éduquer la population avant. J’ai des amis qui ont très peu de connaissances en anglais et ils ne sont même pas si vieux que ça. Alors j’imagine que beaucoup de personnes plus âgées que mes amis sont un peu perdues à la lecture de certains articles et confuses en écoutant la radio. Si les journalistes tiennent tant à mettre de l’anglais dans leurs articles, ils pourraient y joindre un lexique peut-être…

Lire la presse francophone pour préparer le DELF et le DALF

Si vous avez l’intention de passer le DELF B2 ou le DALF un jour, il pourrait être très utile pour vous de vous familiariser avec la presse francophone dès maintenant, et de ne pas attendre la dernière minute.

Pour les épreuves de compréhension écrite et de production orale, la plupart des textes sont tirés de journaux et de sites Internet français. Habituez-vous au style journalistique ! De plus, si vous lisez régulièrement la presse, vous remarquerez que les mêmes mots et les mêmes structures reviennent régulièrement. Variez les rubriques que vous lisez. Prenez des notes quand vous lisez. Repérez le nouveau vocabulaire. Observez les structures des phrases et les techniques qu’utilisent les journalistes pour éviter les répétitions. Analyser les articles : Comment est structuré le texte? Quelle idée chaque paragraphe contient-il ? Y a-t-il des connecteurs logiques ? Quels sont-ils ?

J’ai créé un document dans lequel vous trouverez des liens vers des quotidiens et hebdomadaires français et francophones et des magazines spécialisés. Vous le trouverez ici.

J’essaie également de partager au moins un article chaque semaine sur ce blog.

Poisson d’avril

Aujourd’hui, c’est le jour du poisson d’avril. Vous avez peut-être une journée similaire dans votre pays, avec ou sans poisson. Le 1er avril en France, c’est le jour où c’est acceptable de faire des farces.

Je dois avouer que je ne suis pas une grande fan de cette tradition. Enfant, je me souviens que je trouvais amusant de découper des poissons en papier et d’essayer de les coller dans le dos des autres, mais après un ou deux ans (peut-être plus, ma mémoire n’est pas très claire là-dessus), je crois que j’ai commencé à trouver cela ennuyeux à mourir. Et encore aujourd’hui, j’ai du mal à voir ce qu’il y a de drôle à coller un poisson en papier dans le dos des autres.

Bien sûr, ça c’est le poisson d’avril des enfants. C’est assez innocent. Les adultes sont un peu plus créatifs, mais justement, c’est ce qui m’inquiète, car chacun a des limites différentes et certaines personnes sont prêtes à pousser la plaisanterie assez loin. Et moi, je n’ai pas confiance en tous ces gens. Je n’ai déjà pas confiance et je commence à stresser quand je suis assise dans l’avion et que la personne a côté de moi commande une boisson, alors je ne peux pas être calme si je sais que les gens autour de moi sont susceptibles d’agir comme des idiots pour essayer d’être originaux et amuser la galerie.

Les médias font également des canulars ce jour-là. C’est parfois très drôle, mais avec toutes les mauvaises nouvelles que les journalistes nous assènent jour après jour, je ne sais pas si c’est très approprié de faire des blagues dans un journal dans lequel on nous parle du sort des Syriens qui se font bombarder. Que les médias légers s’adonnent à ce petit jeu, pourquoi pas, mais les médias perçus comme sérieux, je ne suis pas sûre…

Voilà, c’était un message de la rabat-joie du premier avril 🙂

Burn out

Non, ce n’est pas l’état dans lequel je me trouve ! C’est le titre d’un film français que j’ai regardé récemment sur Netflix quand j’étais malade.

Ce n’est pas un grand film avec un scénario extraordinaire, mais ça se regarde facilement et bien sûr, c’est intéressant au niveau linguistique. C’est une histoire de voyous, de drogue, de moto, etc. qui se passe en banlieue parisienne et la façon de parler des personnages est très familière. Vous entendrez des mots tels que bécane, came, taré, ordure, gerber, caillera (ça, c’est du verlan), condé, blaze, daron, etc.

Dans le contexte, on peut parfois deviner ce qu’ils signifient. Sinon, vous pouvez faire comme moi et prendre des notes pendant que vous regardez. Parfois, quand je suis assise, j’ai mon petit cahier, mais quand je regarde Netflix au lit ou allongée dans le canapé, je les note sur mon téléphone. Quand un mot vous interpelle, quand vous entendez une expression que vous ne connaissez pas, notez-la et cherchez sa signification plus tard.

Burn out, c’est l’histoire d’un jeune homme, Tony, passionné de moto qui espère devenir professionnel. Un type sympa. Et très mignon aussi. 🙂 Il a un fils mais il n’est plus avec la mère. Elle, elle a de mauvaises fréquentations et se retrouve dans une situation très dangereuse. Elle est menacée de mort par des trafiquants de drogue. Tony décide de l’aider et il se retrouve à devoir transporter de la drogue entre la France et les Pays-Bas à moto pendant deux mois.

Comme je l’ai dit plus haut, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, mais le film ne demande pas une activité cérébrale extrême, vous pouvez facilement vous concentrer sur la langue sans avoir à faire trop d’efforts pour comprendre l’histoire.

Donnez-vous un objectif avant de regarder le film. Cela peut être : apprendre 10/15/20 nouveaux mots, repérer 5 subjonctifs, repérer un certain type de structure grammaticale, repérer les liaisons, etc., selon votre humeur.