Criminal – France

Mini-série de trois épisodes, elle se passe dans le huis clos d’une salle d’interrogatoire. Dans chaque épisode, une nouvelle personne est accusée. Dans le premier, une jeune femme disant avoir été au Bataclan lors des attentats du 13 novembre est accusée de mentir. Dans le second, une femme chef d’entreprise est accusée d’avoir tenté de tuer un ouvrier rebelle. Et dans le troisième, un homme est accusé d’un crime haineux à caractère homophobe.

J’ai bien aimé la série, mais je ne l’ai pas adorée. Les trois acteurs qui jouent le rôle des accusés sont des acteurs connus et je les ai trouvés plutôt très bons, mais j’ai trouvé certains personnages de la police un peu agaçants. J’ai souvent l’impression que les acteurs français surjouent et que les dialogues manquent de naturel. Ou c’est peut-être que je n’ai aucune idée de comment se passent les choses dans un tel milieu…

Mais si vous aimez bien les histoires de flic et de justice, cette série se regarde bien et les sous-titres français sont bien faits. Il y a peu de différences avec ce que disent les acteurs.

La liberté de la presse en France

C’est un sujet que je traite régulièrement en cours, avec les étudiant·e·s qui s’y intéressent. Je dois avouer que jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, je ne me posais pas trop de questions à ce sujet. J’ai toujours pris avec des pincettes ce que les médias disaient, consciente que leur liberté était relative et que le profit était souvent la motivation première (même si je ne comprends toujours pas vraiment comment les groupes de presse gagnent autant d’argent). J’ai toujours pensé que la subjectivité des journalistes était un leurre et qu’il était impossible d’être objectif. On a tous une histoire, on a tous des opinions basées sur notre histoire et notre expérience personnelles, et je doute qu’avoir un diplôme de journaliste immunise contre la subjectivité.

Mais ce n’est qu’assez récemment que j’ai commencé à me poser beaucoup plus de questions à ce sujet. Avec la présidence de Trump et le mouvement Me too, j’ai commencé à m’intéresser beaucoup plus à l’actualité. J’ai longtemps cru que je ne verrais pas de changements importants de mon vivant, que le monde continuerait à être le même, un monde d’hommes, un monde rempli d’inégalités et de discriminations. Puis Me too a commencé et je suis devenue beaucoup moins pessimiste. Je ne vais pas dire que je suis super optimiste, mais je crois qu’il est possible que je voie de véritables changements un jour.

Je me suis mise à regarder beaucoup de documentaires. Souvent recommandés par mes élèves d’ailleurs. Le weekend dernier, j’ai regardé un documentaire sur Netflix intitulé Nobody speak : Trials of the free press. Je ne connaissais aucune des histoires traitées dans le documentaire. Je savais qui était Hulk Hogan, mais je n’avais jamais entendu parler de Gawker, je connaissais le visage de Sheldon Adelson, mais je n’avais aucune idée de qui il était. Je déteste la presse people et la presse à scandale. Mais je déteste encore plus le fait qu’un milliardaire puisse acheter la justice. Ou un journal. Ou un groupe de médias. Si vous n’avez pas vu ce documentaire, je vous le recommande vivement. J’ai aussi commencé à regarder Dirty Money, et l’épisode intitulé Cartel Bank fait vraiment froid dans le dos.

Le visionnage de ce programme m’a donné envie de vérifier qui étaient les médias libres en France. Je savais déjà que la France n’était pas très bien placée dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières, et que beaucoup de médias français appartenaient à de grands propriétaires ou à l’Etat français, mais j’ai été choquée de voir l’étendue du phénomène !

Vous pouvez jeter un œil à ce site qui présente une infographie très informative sur les relations de propriété entre les médias français et leurs principaux actionnaires. C’est tout simplement hallucinant !

Je ne connais pas tous les noms, mais certains me sont familiers. On a des milliardaires, des millionnaires, des banques, des noms associés à l’affaire des Panama papers, des qui ont eu affaire à la justice pour des affaires de fraude, ou même de proxénétisme, et qui ont été condamnés pour corruption, des qui font dans le commerce des armes, etc. Evidemment, nous avons en très grande majorité des hommes blancs, vieux, copains comme cochons avec les politiques. Si ce sont ces personnes qui contrôlent les médias français, qui peut croire une minute à la liberté de la presse française ?

Quelle blague !!!

Seule 5% de la presse française serait indépendante. Vous pouvez trouver une liste de médias indépendants ici. Bien sûr, certains ont une orientation politique marquée. La liste date de l’an dernier et je ne suis pas sure qu’elle ait été mise à jour récemment, car l’étudiant qui l’a compilée n’a pas l’air d’être très actif sur son blog, mais c’est néanmoins une liste intéressante.

Quand le second degré nous échappe…

J’ai à plusieurs reprises parlé du Gorafi sur ce blog, journal satirique qui m’amuse beaucoup. Je le consulte quand j’en ai marre de lire les actualités déprimantes, c’est-à-dire très régulièrement. Je suis aussi abonnée au compte Instagram du journal.

À l’occasion d’Halloween, ils ont posté un titre très drôle (à mon avis) : Les enfants de chômeurs méritent-ils des bonbons ?

Et cette semaine, ils ont posté ceci :

Si vous avez Instagram, vous savez qu’il s’agit d’un message personnel reçu par le Gorafi, qu’ils ont décidé de partager avec leurs abonnés.

Si vous faites une petite analyse de ce message, vous devriez pouvoir dire si c’est une femme ou un homme qui a écrit. Vous devriez aussi relever une faute de grammaire.

Vous pouvez aussi relever le vocabulaire :

  • tomber par inadvertance
  • être né avec une cuillère en argent dans la bouche

C’est un exemple de comment Instagram peut être utile à votre apprentissage et perfectionnement du français !

Je sais qu’il est très difficile d’étudier avec régularité et assiduité quand on est toujours sollicité·e à droite à gauche, mais Instagram est le format idéal pour les gens débordés ! Les posts ne sont jamais très longs, et s’ils ont plusieurs pages, on peut choisir de se limiter à une seule. Le Gorafi, c’est bien pour rigoler, mais on peut aussi suivre des comptes plus sérieux si l’on préfère (TV5 monde, France 24, RFI, etc.) et si l’on manque de temps pour lire un article entier ou que l’on ne peut pas consacrer beaucoup de temps à l’étude du français un jour, on peut toujours se pencher sur un post Instagram en français et en faire une petite analyse. Bien sûr, il faut choisir un post avec un minimum de texte. Ou avec une vidéo.

Un de mes posts préférés de la semaine : https://www.instagram.com/p/B4c6mQQnQcz/ et toute l’histoire derrière ce post, dont vous pouvez lire et voir un extrait ici, entre autres. L’enquête a été publiée sur Mediapart.

Laurie Peret

Je suis tombée sur cette humoriste par hasard sur YouTube et je l’ai trouvée très drôle, alors j’ai regardé quelques-unes de ses vidéos et j’ai immédiatement pensé à partager avec vous. Si Katherine Ryan (que je trouve hilarante) vous plait en anglais, il y a des chances que Laurie Peret vous plaise en français. Moi, j’aime son style et cette vidéo m’a fait pleurer de rire.

Podcast : parler comme jamais

Certain·e·s de mes étudiant·e·s ont déjà découvert ce nouveau podcast, et je me suis réjouis quand je l’ai appris ! Le premier épisode avait été diffusé sur Programme B que j’écoute régulièrement et qui est un podcast intéressant qui traitent de différent sujets à chaque épisode. Je ne savais pas alors que Parler comme jamais deviendrait un podcast régulier.

C’est un très bon podcast qui déconstruit les clichés autour de la langue française. Je me disais hier en écoutant le dernier épisode que si ces discours avaient existé quand j’étais à l’école, je pense que les choses auraient été bien différentes pour bien des enfants. Le dernier épisode parle des fautes de français et de comment elles sont traitées en France et l’une des invitées est une institutrice vraiment bienveillante qui devrait être, à mon avis, un modèle pour les jeunes instits qui débutent. J’aime me dire qu’il y a beaucoup d’instits comme elle maintenant, mais je suis quand même un peu sceptique… S’il y a tant de programmes qui parlent de la langue française et des fautes de langage, c’est bien que l’on a affaire à un véritable sujet de société. Ce qui me plait énormément, c’est que le discours change et que l’on appelle de plus en plus à s’éloigner de la stigmatisation !

Peut-on imaginer une France où les enfants ne seraient pas traités comme des bons à rien s’ils ont du mal en orthographe et les adultes pas constamment stigmatisés parce qu’ils ne maitrisent pas très bien la grammaire ? Et une école où l’on prendrait en compte que tout le monde n’apprend pas de la même façon et où on ne laisserait personne derrière ? J’en rêve !

Être auto-entrepreneur en France

Voici un article dont le titre m’a immédiatement interpelée. Je me suis demandé si mes étudiant·e·s comprendraient facilement de quoi il s’agissait ou s’ils et elles seraient perplexes.

Si vous connaissez le verbe abattre, uniquement au sens de tuer, il se peut que vous soyez un peu déstabilisé·e (observez le é de la première syllabe, devant deux consonnes 😉 ).

L’article est court et je vais me concentrer sur le vocabulaire qui, à mon avis, pourrait poser problème à mes étudiant·e·s avancé·e·s ou qu’ils et elles n’utiliseraient pas forcément naturellement. Et quelques formes verbales.

  • un abattement : on parle ici d’une réduction du cout de qqch. On entend souvent parler d’abattement fiscal, qui est une réduction d’impôts.
  • raboté : raboter qqch, au sens propre, c’est le rendre plat avec un outil qui s’appelle un rabot (rebate plane en anglais). Ici, nous sommes évidemment au sens figuré, et raboté veut dire diminué.
  • un dispositif d’exonération : des mesures pour dispenser, exempter
  • cotisation sociales : ce sont les impôts prélevés sur les salaires qui, techniquement, servent à contribuer à la société
  • être revu à la baisse : revoir qqch à la baisse signifie que l’on avait fait une estimation qu’il va falloir diminuer. On peut l’utiliser dans d’autres contextes qu’en parlant d’argent. On peut revoir ses ambitions à la baisse par exemple. Je voulais obtenir 100% des points à mon examen de japonais, mais je pense que je vais revoir mes ambitions à la baisse et viser les 70%.
  • se sont élevés contre : ils se sont fait entendre, ils ont fait entendre leurs voix qui allaient à l’encontre de la décision
  • atteinte au pouvoir d’achat : le pouvoir d’achat, c’est notre capacité pécuniaire à dépenser ; une atteinte, ici, c’est une agression, une attaque, le fait de causer un dommage.
  • un projet de décret : un décret, c’est un acte réglementaire, officiel, un peu comme une loi
  • l’alignement : même si c’est un peu comme en anglais, vous auriez pensé à l’utiliser de vous-même ?
  • a-t-elle justifié : observez la structure
  • serait maintenue : observez l’utilisation du conditionnel pour exprimer la probabilité
  • nouvellement : vous le comprenez facilement, mais utilisez-vous cet adverbe ? Je ne crois pas l’avoir entendu chez mes étudiants dernièrement, si jamais…
  • passerait : encore un conditionnel pour la probabilité
  • ce projet de refonte : refonte, vient de fondre (to melt). La refonte, c’est l’action de remanier afin d’améliorer (en théorie)
  • dans un communiqué : expression très courante dans les articles de journaux – un communiqué est une information, un rapport, un renseignement transmis officiellement au public.

Enseigner le français langue étrangère : le master FLE

Après avoir parlé du MOOC du Cavilam, d’un autre MOOC avec l’université de Liège, du DAEFLE de l’Alliance française, et du DU FLE, je vais aujourd’hui parler du master FLE.

Si vous voulez enseigner le français langue étrangère dans des institutions sérieuses, il est en général exigé. Cela ne veut pas dire que vous serez beaucoup mieux payé·e, mais vous trouverez plus facilement un travail de prof de FLE et les conditions pourront être meilleures que dans beaucoup d’institutions.

Je ne vivais pas en France quand j’ai commencé le master. Je vivais en Espagne où les conditions de travail pour les profs de langues sont abominables (très mal payé, contrats bidons, très peu de ressources disponibles, pas de possibilité de développement professionnel, etc.) J’avais déjà considéré travailler en ligne, mais j’avais quelques réserves. J’avais du temps, et je me suis dit que j’allais regarder quelles étaient les options pour faire un master. J’ai découvert que je pouvais le faire à distance, sans avoir besoin de me déplacer en France, même pas pour les examens. J’avais fait ma licence en Angleterre, je connaissais le prix des études en Angleterre et aux États-Unis, et quand j’ai vu le prix des masters en France, je me suis dit que ce serait bête de ne pas le faire.

Au final, le prix était la seule chose de vraiment intéressante…

J’ai plusieurs amis qui ont fait leur master à distance avec des universités anglaises, j’ai aussi pas mal recherché les possibilités avec les universités anglaises, et disons que c’est très différent. L’organisation est complètement différente. Le prix aussi. Un master en Angleterre, c’est très très cher.

J’ai détesté mon année de master. Je ne regrette pas de l’avoir faite car je me suis fait trois super copines pour la vie. Sans elles, je ne sais pas si j’aurais terminé cette année. On était dans la même galère et on s’est vraiment soutenues. Par rapport à elles, je l’avais facile en fait. Une travaillait 40 heures par semaine comme conseillère d’éducation dans un collège, une autre était institutrice à temps plein avec un trajet d’une heure en voiture pour aller au travail tous les matins et rentrer le soir, et l’autre avait deux jeunes enfants et donnait aussi des cours. Moi, j’avais commencé à travailler en ligne, je gérais mon emploi du temps comme je le voulais, je n’avais pas d’enfants, je vivais dans un pays où la vie n’était pas très chère et je pouvais me permettre de ne pas trop travailler. De plus, j’avais déjà suivi des formations pour enseigner, ce qui n’était pas le cas d’une de mes copines. Malgré cela, je manquais terriblement de temps. Je ne sais pas comment elles faisaient de leur côté !

Déjà, j’aurais dû me méfier au moment de l’inscription. Après avoir envoyé ma candidature par voie postale, j’ai dû faire mon inscription de la même façon ! J’allais commencer une formation à distance, dans laquelle, à priori, Internet allait avoir une place centrale, mais il n’était pas possible de s’inscrire en ligne !

Puis, l’année universitaire a commencé avec trois semaines de retard pour nous, à cause d’un souci administratif. On n’a jamais su ce qui s’était passé, mais on a eu accès aux cours avec trois semaines de retard. Le premier semestre était en fait un court trimestre. On a eu les cours en octobre, la plupart des devoirs étaient à rendre avant Noël. Certains profs ont bien voulu nous accorder un délai mais cela les dérangeait clairement. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y avait 8 cours à suivre par “semestre”. Le programme pour les étudiants à distance était exactement le même que celui pour les étudiants en présentiel ! Il n’était tenu aucun compte que la plupart des étudiants à distance travaillaient. Le format de la plupart des cours était ennuyeux à mourir, pas du tout adapté à l’enseignement à distance. C’était tout simplement les cours que les profs proposaient à leurs étudiants en présentiel. Chaque cours nous proposait une bibliographie, évidemment, mais à l’étranger, nous n’avions pas accès aux bibliothèques universitaires et il n’y avait pas de bibliothèque virtuelle où nous aurions pu avoir accès aux livres recommandés ! C’était 2016. Je me souviens d’avoir étudié aux US en 2003 et d’avoir eu accès à une base de données fantastique. Après on se demande pourquoi je dis toujours que la France a du retard…

Il y avait plusieurs cours parmi lesquels choisir. J’ai oublié si certains étaient obligatoires. J’avais choisi les cours suivants au premier semestre : enseigner la grammaire, méthodologies et pratiques d’enseignement, littérature et enseignement, la langue vue par les écrivains, linguistique : grammaire et orthographe, phonologie et système graphique, anglais, et il y avait un atelier de préparation au stage obligatoire. J’aurais pu choisir de ne pas faire le stage car j’avais déjà quelques années d’enseignement derrière moi, mais c’est le côté pratique qui m’intéressait le plus et je voulais voir comment se passaient les choses à l’Institut français où j’espérais faire mon stage (et où je l’ai fait). Parmi ces cours, j’ai adoré celui de la langue vue par les écrivains car il était non seulement super intéressant mais la prof était aussi vraiment bienveillante, contrairement à d’autres. Le prof de linguistique était horrible, vieux, apparemment réputé dans le monde de la linguistique, mais évidemment pas du tout intéressé par nos questions, ni par la possibilité de proposer des cours plus interactifs. La prof de phonétique ignorait également nos questions et ils ont tous les deux réussi à me dégouter de ces matières pendant quelque temps. Car on avait un forum, sur lequel on pouvait communiquer et poser des questions. Sauf que la majorité des profs n’intervenaient pas sur les forums et ne répondaient jamais aux questions. Ni aux emails contenant des questions. Ni aux emails signalant des erreurs factuelles dans leurs cours.

Il y a une partie de moi qui pense que ce n’est pas entièrement la faute des profs. Il y a très certainement une question de budget derrière tout ça. La plupart sont aussi chercheurs et probablement plus intéressés par leur recherche que par leurs étudiant·e·s, surtout celles et ceux qu’ils ne voient jamais. Mais je ne comprends pas pourquoi ces programmes sont proposés aux étudiants. Ils sont mal conçus, pas du tout pensés pour l’enseignement à distance et apparemment, les ressources ne sont pas suffisantes pour proposer un service de qualité. Mais bon, à moins de 300€ le master, j’aurais dû m’y attendre. Et pourtant, il y avait une minorité de profs qui étaient vraiment sympas et bienveillant·e·s, un peu plus à l’anglaise ou à l’américaine. Mais dans l’ensemble, les universitaires français sont beaucoup plus hautains que leurs homologues anglophones. C’est une tout autre mentalité et même pour moi qui suis française, cela a été très dur à gérer.

Puis il y a aussi les cours proposés qui ne sont pas toujours en rapport avec notre domaine. Au deuxième semestre, je me suis retrouvée à prendre un cours d’anthropologie. Très intéressant, mais on avait déjà très peu de temps pour lire les cours, ne parlons même pas d’approfondir car c’était quasi-impossible, alors devoir lire un cours d’introduction à l’anthropologie et faire un devoir recherché et documenté sur un sujet d’anthropologie, alors que moi, ce qui m’intéresse, c’est les langues en général et le français en particulier, ça m’a vraiment gonflée. Si on avait pu faire ce master à temps partiel, avec un rythme moins soutenu, moins de cours simultanément, comme ils font en Angleterre, j’aurais eu le temps de lire beaucoup plus et d’approfondir chaque sujet, mais là, on n’avait simplement le temps de rien. Tout ce qui semblait compter, c’était la note finale. La plupart des profs n’étaient en contact que pour nous parler des devoirs à rendre et pour nous faire passer les examens oraux. La plupart d’entre nous étions des adultes, beaucoup avec déjà quelque expérience dans l’enseignement, mais tout le monde flippait au moment des examens et à mon avis, l’attitude des profs y était pour beaucoup.

Mes trois copines et moi-même avons obtenu des résultats très satisfaisants, mais si deux d’entre elles ont ensuite décidé de faire la deuxième année de master et d’écrire un mémoire, et de revivre une année de stress intense, l’une d’elles et moi-même avons décidé de nous en tenir là pour le moment ! Je continue à regarder de temps en temps si les choses ont progressé, si de nouveaux programmes sont disponibles, mais je n’ai encore rien trouvé d’intéressant. Et en fait, ce que j’aimerais faire maintenant, c’est des études de genre, mais ce n’est pas du tout développé en France et les universités américaines et canadiennes (qui proposent des cours qui m’intéressent) sont chères ! Alors en attendant qu’un inconnu généreux me lègue sa fortune, je lis des livres sur le sujet.

Je me suis un peu éparpillée, mais en gros, si vous décidez de faire un master à distance avec une université française et que vous avez étudié dans une université anglophone auparavant, attendez-vous à ce que ce soit très très différent à tous les niveaux. Si vous voulez enseigner le français dans des conditions décentes, le master vous ouvrira des portes, sans aucun doute, mais vous allez probablement souffrir pendant un an (ou deux si vous êtes courageux·se). J’ai fait le mien avec Paris 3 Sorbonne Nouvelle, master Didactique des langues. Il y a d’autres universités qui proposent un programme de master FLE, mais il me semble qu’elles exigent toutes de se rendre en France pour les examens une fois par semestre et selon où l’on vit, ça ajoute pas mal au budget, surtout quand les examens s’étalent sur une semaine, voire plus. Si étudier en France vous intéresse, vous pouvez consulter Campus France. Vous pouvez aussi faire une recherche sur ce site pour les formations à distance.

D’après certaines personnes que je connais et certaines de mes étudiantes qui ont étudié en France, l’étonnement et la frustration sont aussi garantis si vous étudiez en présentiel. En Angleterre et aux US (les deux seuls autres pays où j’ai étudié à l’université), les profs sont vraiment bienveillants dans l’ensemble et vous traitent comme des égaux. J’ai vraiment de super souvenirs de mes profs américains et anglais. De mon master, je retiens deux profs géniales sur quinze, qui non seulement étaient bienveillantes et présentes mais qui proposaient aussi des cours bien présentés et adaptés au système d’enseignement à distance, avec des devoirs intéressants à faire, qui exigeaient une certaine réflexion et une certaine analyse, plutôt que de réciter le cours par cœur comme à l’école primaire (comme en linguistique et en phonologie par exemple…)

Marianne

Avec Halloween qui approche, si vous aimez vous faire peur, je vous recommande vivement de regarder Marianne, série française sur Netflix.

Je ne savais pas à quoi m’attendre, et j’ai été agréablement surprise. J’ai regardé toute la série toute seule car mon mari n’aime pas trop les films d’horreur donc je ne lui ai pas proposé de regardé une série du même genre, mais j’ai bien flippé toute seule dans le canapé. J’ai crié plusieurs fois, je me suis caché les yeux à plusieurs reprises et j’ai même pleuré un peu, surtout aux derniers épisodes. Ça faisait longtemps que je n’avais pas regardé quelque chose qui m’avait fait peur à ce point-là.

On a une jeune écrivaine de livres d’horreur, Emma, célèbre et alcoolique, assez antipathique au début, un village loin de tout et plutôt glauque, une sorcière, de la magie, des morts, du sang, etc. J’ai beaucoup aimé l’épisode où l’on comprend enfin la connexion entre le passé et le présent et pourquoi Emma a quitté le village si jeune.

Maintenant, je ne pense qu’à une chose : me faire couper les cheveux comme l’actrice principale ! J’étais coiffée un peu comme ça plus jeune et c’était pratique. Mais là, j’ai juste peur de montrer sa photo à une coiffeuse, qu’elle me dise qu’elle peut le faire et que le résultat ne ressemble pas du tout à ce que je veux. Mais si j’obtiens quelque chose d’aussi horrible que l’an dernier à Halloween (mèches tellement ratées que j’en ai pleuré toute la journée), je pourrai peut-être penser à me présenter au casting de la prochaine série d’horreur de Netflix…

Femmes voilées et sorties scolaires

J’ai écouté ce podcast la semaine dernière, un matin où je m’étais réveillée trop tôt et espérais me rendormir en écoutant quelque chose, mais je l’ai trouvé si triste et si révoltant que je n’ai pas pu retrouver le sommeil.

Trois mères témoignent du traitement qui leur est réservé par les écoles de leurs enfants. On leur interdit d’accompagner leurs enfants en sorties scolaires parce qu’elles portent un foulard sur la tête. On leur dit qu’elles peuvent venir si elles enlèvent leur foulard. Jusqu’au ira la bêtise de ce pays ? Si une mère ayant perdu ses cheveux suite à une chimio ou autre condition médicale portait un foulard sur la tête, lui interdirait-on d’accompagner ses mômes ? Lui demanderait-on de retirer son foulard ?Probablement pas. Si une femme blanche portait un foulard car c’est la mode, lui demanderait-on de l’enlever ? Probablement pas non plus. Qu’est-ce que ça peut bien leur faire si une femme porte un foulard sur la tête. Cette interdiction est du pur racisme et je ne comprends pas que les gens ne se révoltent pas plus que ça en France. Je ne comprends pas non plus les personnes qui soutiennent cette décision sous prétexte que le foulard opprime les femmes. Ne voient-elles pas l’ironie de leur argument ?

Je ne suis pas croyante et je ne comprends pas vraiment les religions. Mais je suis absolument contre l’oppression des femmes et contre le fait qu’on dicte aux femmes ce qu’elles doivent faire, comment elles doivent se comporter, comment elles doivent s’habiller. Je suis contre le fait qu’on traite ainsi des mères et leurs enfants. C’est juste effarant.

Il y a eu un incident récemment lors d’une sortie scolaire, durant lequel un politicien d’extrême-droite a fait un scandale car une des mères accompagnatrices portait un foulard. Il semblerait que tous les médias ait reporté cette histoire et c’est devenu un débat national. Il y a des débats à la radio, à la télé, et bien sûr, aucune femme qui porte le foulard n’est jamais invitée à s’exprimer (telle est la situation au moment où j’écris ce post)…

Quand vont-ils foutre la paix aux femmes et s’occuper des vrais problèmes de ce pays ??? Aaaaaargh !

Les témoignages de ces femmes sont poignants. Si vous avez 30 minutes devant vous, écoutez le podcast !

Candide, de Voltaire

Si vous vous intéressez à la culture française, vous avez probablement entendu parler de Voltaire, philosophe des Lumières dont les œuvres les plus connues sont probablement Candide et le Dictionnaire philosophique.

Si vous n’avez jamais lu Candide, c’est un petit livre que je vous recommande. Je l’ai lu plusieurs fois et comme j’ai un peu oublié les détails, je vais surement le relire bientôt.

Vous pouvez le télécharger gratuitement ici.

Voici le premier chapitre que vous pouvez vous amuser à analyser si vous en avez envie. Vous pourrez observer l’utilisation des différents temps du passé, du vocabulaire que vous ne rencontrez probablement pas très souvent (palefreniers, précepteur, souffletée…) et remarquer le ton ironique de ce premier chapitre, qui vous donnera peut-être envie de lire les suivants.

C’est un livre très court. Il contient 29 chapitres qui tiennent sur 83 pages. Candide a été publié en 1759 et bien sûr, la langue française a évolué depuis et personne n’écrirait ainsi aujourd’hui, mais cela n’empêche pas qu’il soit facile à lire et très divertissant. Et si les temps du passé vous laissent toujours des doutes, c’est 83 pages de matériel utile à analyser !