Série : Dérapages

J’ai regardé cette série sur Netflix récemment, d’une seule traite car je voulais vraiment savoir ce qui allait se passer après chaque épisode.

C’est une série adaptée d’un livre de Pierre Lemaitre, auteur dont j’ai lu deux livres qui m’avaient beaucoup plu et que j’avais eu du mal à poser. Il sait tenir ses lecteurs en haleine !

Le scénario peut paraitre un peu tiré par les cheveux, mais les thèmes évoqués restent bien ancrés dans la réalité. On a Alain, cinquantenaire qui a perdu son emploi de directeur des ressources humaines quelques années auparavant à cause de son âge, et qui s’est retrouvé obligé d’exercer des petits boulots dans lesquels il est parfois humilié par ses supérieurs. Il a sombré dans la déprime, il s’inquiète constamment de savoir s’il va pouvoir payer ses factures et garder son appartement. Jusqu’au jour où une opportunité de travail se présente. Ce qu’il doit faire pour obtenir ce travail est un peu hors normes. Il doit participer à une simulation de prise d’otages, dans laquelle les otages ne sont pas conscients qu’il s’agit d’une mise en scène. Alain a tellement envie de croire à cette chance qu’il prend des décisions irrationnelles pour se préparer à cet entretien et tout finit par déraper.

Dans le rôle principal, on retrouve Eric Cantona, ancien footballeur devenu acteur. Meilleur acteur que beaucoup d’acteurs en fait !

J’ai été agréablement surprise par le jeu des acteurs dans l’ensemble. Suzanne Clément, qui joue sa femme, est très bonne aussi.

Je l’ai regardé avec les sous-titres français et ils correspondent à ce qui est dit par les personnages.

Un bonne série pour pratiquer votre français !

Les élections municipales en France

Non, je ne vais pas parler de politique française. J’ai simplement sélectionné un article qui parle des élections récentes qui ont eu lieu en France, dans cette période d’après confinement où les gens en ont ras-le-bol je crois. Je sais que moi, je serais au bord de la crise de nerf si je vivais dans ce pays où la politique me parait être un grand cirque.

Mais je dois dire que je suis ravie que les écolos soient les grands vainqueurs de ces élections.

J’ai trouvé cet article sur The Conversation, et si vous voulez le lire en entier, c’est ici.

Ce n’est pas que le sujet me passionne, mais le style de cet article devrait intéresser certain.e.s d’entre vous. Vous y trouverez une variété de structures et pas mal de vocabulaire que vous ne connaissez peut-être pas et que, je parierais, vous n’utilisez jamais vous-mêmes.

J’ai mis en rouge tous les verbes conjugués pour faciliter l’analyse. Vous savez que les phrases sont articulées autour des verbes et qu’un verbe = une proposition. À vous de déterminer quels sont les propositions principales, les subordonnées, les différents compléments, etc. J’ai mis en vert le vocabulaire autour du thème des élections, mais il y a d’autres mots et expressions que vous voudrez peut-être examiner. J’ai mis en bleu la plupart des connecteurs qui articulent le discours. Et en jaune, les pronoms relatifs. Vous pouvez bien sûr vous amuser à repérer les autres subordonnants.

Bonne analyse !

Philosophie du mardi

Oui, c’est mercredi, mais je l’ai écoutée hier. Et je la partage aujourd’hui. Ce n’est pas la première fois que je partage une chronique de Marina Rollman, probablement pas la dernière fois non plus. Je la trouve super drôle et intelligente. Elle ne me déçoit jamais.

Lotti Latrous, une femme extraordinaire

Quand je vivais en Suisse, je lisais beaucoup. Je vivais en Suisse italienne, et j’avais un libraire qui me donnait beaucoup de livres qu’il recevait de ses éditeurs. Je ne me souviens pas très bien pourquoi, mais je crois que comme il ne parlait pas anglais, il me demandait toujours si les livres en anglais m’intéressaient. Et en général, ils m’intéressaient et je les acceptais volontiers. J’achetais aussi beaucoup de livres et j’étais une cliente appréciée je pense.

Je ne me souviens pas s’il m’avait donné ce premier livre qui m’avait fait découvrir Lotti Latrous ou si je l’avais acheté. On était en 2005 ou 2006. J’avais été extrêmement émue par l’histoire de cette femme suisse et j’avais lu un deuxième livre qui parlait de ce qu’elle faisait en Côte d’Ivoire. J’avais dû les acheter, car ils étaient en français et mon libraire ne me donnait que des livres en anglais en fait. Je n’ai plus ces livres, je les ai probablement donné, je ne sais plus à qui, et c’est dommage car j’ai essayé de les retrouver, mais on dirait qu’ils n’existent qu’en allemand et que la version française n’est plus éditée. Le premier livre s’intitulait Lotti la Blanche.

Seriez-vous prêt.e à abandonner votre confort et votre vie facile pour aider les plus démuni.e.s, celles et ceux dont tout le monde se moque, à qui personne ne pense et qu’on laisse mourir sans pitié ?

J’aimerais dire que moi, je pourrais. Mais la vérité, c’est que si je le pouvais, je l’aurais déjà fait. Ce n’est pas comme si je ne savais pas qu’il existait des gens dans la misère. J’ai choisi la voie du confort et je ne suis pas toujours fière de moi quand j’y réfléchis. Je pique aussi des colères sur des choses tellement futiles parfois que j’en ai honte. Je m’énerve parce que le livreur m’apporte mes courses commandées en ligne trop tôt ou trop tard. Je m’énerve parce que le voisin du dessus fait un trou dans son mur avec une perceuse et que ça fait du bruit pendant 30 secondes. Je m’énerve parce que les gens marchent trop lentement devant moi et bloquent le trottoir. Bref, je nage dans le privilège et je l’oublie beaucoup trop souvent.

Lotti, elle, a choisi d’utiliser tout ce que la vie lui a offert pour aider les autres. Elle a renoncé à une vie de luxe, elle a fait le choix difficile de ne pas vivre avec son mari et ses enfants pour pouvoir continuer à aider des personnes qui, de son point de vue, avaient plus besoin de son aide qu’eux.

Si vous parlez allemand, je vous recommande vivement de lire les livres écrits sur Lotti Latrous par la journaliste Gabriella Baumann-von Arx.

Sinon, regardez cette interview en français : https://www.rts.ch/play/tv/toute-une-vie/video/toute-une-vie-avec-lotti-latrous?id=9930940

Elle dure 45 minutes et si vous êtes sensible, ayez des mouchoirs à disposition. Si vous ne pouvez pas la voir dans votre pays, je l’ai mise à disposition ici.

Le français n’est pas la langue maternelle de Lotti Latrous, mais elle le parle presque parfaitement. Je rêve d’un monde plein de Lotti. J’aimerais être capable de faire ce qu’elle a fait de sa vie. En attendant de trouver une voie sur laquelle je pourrai m’engager, je puise mon inspiration dans des femmes extraordinaires.

Dénoncer la bêtise par l’humour

Paru dans le Gorafi du 4 juin, cet article m’a fait marrer. Je le copie ici (après avoir corrigé les fautes).

Le gouvernement affirme que le nuage du racisme systémique s’est arrêté à la frontière française

Paris – Souhaitant désamorcer la crise qui s’étend à travers le monde, le gouvernement a tenu à rassurer en expliquant que le nuage du racisme systémique s’était arrêté à la frontière française, de même que toutes formes de racismes, les inégalités sociales et tous les types de discriminations raciales, ainsi que les violences policières. Reportage.

« Toutes nos datas le prouvent, l’anticyclone, courageusement, repousse et ce depuis toujours le racisme systémique au-delà de la frontière française, on a vraiment de la chance » a souligné l’expert lors de la remise du rapport à Matignon. Selon lui, tous les autres pays du monde sont touchés par ce problème à l’exception fantastique et incroyable de la France qui n’a ainsi jamais rencontré le moindre problème de racisme systémique sur son territoire et ce depuis l’époque gallo-romaine. « J’irai même plus loin, en rappelant que le mot « systémique » n’existe pas dans la langue française, vous pouvez vérifier par vous-même. Dès lors, cela prouve que nous n’avons jamais été confrontés à ce problème sociétal ».

Une fois ce point établi comme un fait authentique, la plupart des manifestants demandant la fin des violences policières et du racisme systémique se sont platement excusés et sont rentrés chez eux. « Je suis rassurée de savoir qu’il n’y a jamais eu de racisme systémique en France, je me faisais des idées pour rien, c’est incroyable quand même » a expliqué une jeune fille tout en voyant son dossier logement refusé pour la 18e fois en raison de la couleur de sa peau juste avant d’être contrôlée tout à fait par hasard par des policiers qui l’ont courageusement maîtrisée pour outrage envers agents après qu’elle a demandé son chemin.

Sans commentaire

J’admire Rokhaya Diallo et le travail qu’elle fait. J’admire sa capacité à rester calme, alors qu’elle est constamment confrontée à des idiots ignorants qui puent le privilège et qui ont vraiment peur que le système dont ils bénéficient s’écroule pour faire place à une société plus juste, plus égalitaire, plus humaine.

Cette vidéo, que j’ai découverte à travers un extrait posté par Rokhaya Diallo sur son compte Instagram, se passe de commentaires. Mais 🤮.

Maboula Soumahoro

Je suis fan.

Je l’ai découverte l’an dernier dans le deuxième épisode du podcast Kiffe ta Race, dans lequel elle discutait avec Rokhaya Diallo et Grace Ly du fait que le mot “race” est tabou en France. Et ce qu’elle disait alors m’avait paru tellement évident, tellement sensé, et pourtant, je n’y avais jamais réfléchi comme cela avant.

Elle était également l’une des invitées de Lauren Bastide pour un épisode spécial de La Poudre sur la France et les féminismes plus récemment, au mois de mars, et ce qu’elle avait à dire était comme toujours très instructif.

Je n’ai pas grand-chose à ajouter au débat actuel sur le racisme. J’ai toujours su que le racisme existait. J’ai toujours pensé que la France était un pays extrêmement raciste. J’ai découvert ailleurs qu’il y avait les mêmes problèmes. J’ai vu le racisme aux Etats-Unis, je l’ai vu à Londres, je l’ai trouvé très décomplexé en Espagne, il est présent en Asie du Sud-Est, il est plus qu’évident en Afrique du Sud, etc. Mais c’est à travers mon féminisme que j’ai commencé à m’y intéresser de plus près, à me poser énormément de questions et à examiner mon propre comportement.

Le racisme est systémique, tout comme le sexisme est systémique. Et je suis tellement en colère quand j’entends quelqu’un qui réduit l’expérience des femmes à des anecdotes, des incidents isolés, et qui dit “pas tous les hommes”, “tu exagères”, “mais les femmes ont les mêmes droits que les hommes”, etc. Je n’en peux plus de cette oppression, de ce refus de voir la réalité en face et de tous ces systèmes qui ignorent les violences faites aux femmes. Et la colère des Noir.e.s et de toutes les personnes victimes de racisme me parait venir de la même place. C’est intolérable de se sentir constamment en danger et réduit.e au silence, dans une société qui refuse de se regarder en face. C’est intolérable de subir des discriminations et des violences dans une société qui nous dit que nous sommes tous égaux en droits mais qui nous traitent différemment si nous sommes femme, noir.e, arabe, asiatique, LGBTI, handicapé.e, gros.se, etc., et encore pire si nous accumulons plusieurs de ces caractéristiques. De la même façon que je pense que les hommes doivent être activement féministes pour faire avancer la cause des femmes, j’ai compris à travers mes lectures de ces deux, trois dernières années, qu’il était essentiel que les Blancs soient antiracistes et pas seulement non racistes. L’oppression des personnes de couleur devrait tous nous révolter, et se taire, c’est effectivement être complice, comme je l’ai lu maintes fois sur les comptes Instagram d’activistes que je suis.

J’espère que la colère qui s’est emparée des citoyen.ne.s du monde entier cette dernière semaine va continuer. Moi, je n’arrêterai pas d’être en colère tant qu’il y aura des injustices et des discriminations. Je suis née en colère et je mourrai probablement en colère, mais j’espère voir les choses évoluer dans le bon sens et pouvoir participer au changement d’une façon ou d’une autre.

Si vous ne connaissez pas Maboula Soumahoro, voici une courte vidéo d’une interview de la semaine dernière. J’ai acheté son livre Le Triangle et l’Hexagone, et je compte le lire ce mois-ci. J’en parlerai certainement ici.

Mais qu’est-ce que tu fabriques ?

Vous connaissez cette expression ?

J’ai dit ça à quelqu’un récemment. Quelqu’un dont la langue maternelle n’est pas le français mais qui parle très bien français. Elle m’a regardée d’une drôle de façon et j’ai compris qu’elle ne comprenait pas ce que je lui disais !

C’est tout simplement une façon un peu familière de demander à quelqu’un ce qu’il ou elle est en train de faire !

  • Moins familier : qu’est-ce que tu fais ?
  • Plus soutenu : que fais-tu ?
  • Plus familier : qu’est-ce que tu fiches ?
  • Encore plus familier : qu’est-ce que tu fous ?
  • Vulgaire : qu’est-ce que tu branles ?

Pour développer votre vocabulaire, vous pouvez parfois vous demander si vous êtes capable de dire la même chose dans différents registres de langues. Et bien sûr, quand vous parlez et écrivez, vous adaptez votre langage à votre public !

Commencer la semaine en chanson

J’ai décidé de reprendre les cours de thaï aujourd’hui et c’est ainsi que j’ai commencé ma semaine. Je crois que j’ai trouvé une prof compétente et très sympa.

Je suis de bonne humeur et cette crise sanitaire qui m’a forcée à rester à la maison ces dernières semaines m’a permis de faire le point et de me concentrer sur certaines choses qui étaient importantes pour moi.

Je sais que j’ai beaucoup de chance et que tout le monde n’est pas dans le même cas que moi.

Voici une chanson pour celles et ceux qui seraient bien resté.e.s au lit ce matin et qui y resteraient bien toute la semaine.

Mots inventés

Pour celles et ceux qui aiment les nouveaux mots, qu’ils soient ou non reconnus par l’Académie française, présents ou non dans les dictionnaires, ce compte Instagram pourrait vous plaire : https://www.instagram.com/lesneonogismes/?hl=fr

Je suis tombée dessus par hasard et je le trouve génial !

Vous y trouverez des expressions telles que “un froid de connard”, “être coroné”, “huile était une fois”, et des mots tels que “comédire”, “imajouinatif”, “frigolade” ou encore mémémoire”. Vous pouvez faire des suppositions sur les définitions et aller vérifier. Certains mots et expressions requièrent une connaissance solide de la langue et de la culture françaises.