Séries françaises

Mes étudiants me demandent souvent si je peux leur recommander des séries françaises et je n’ai en général pas grand-chose à répondre, tout simplement parce que je ne suis pas vraiment une grande fan de séries françaises. J’ai toujours préféré ce qui se faisait outre-Atlantique et quand j’étais plus jeune, je pensais que les séries françaises étaient on ne peut plus ringardes. Mais, j’ai récemment regardé une mini-série française que j’ai beaucoup aimée : La mante. J’étais accro dès le premier épisode et comme je ne m’autorise à regarder des films et des séries qu’en faisant du sport, j’ai fait six séances de tapis de course en une semaine pour pouvoir la regarder en entier. Si vous aimez les séries policières et que vous supportez les histoires de tueurs en série et la vue du sang, je pense que c’est une bonne série à regarder pour des étudiants de français. L’atmosphère est tendue, mais le rythme n’est pas trop soutenu et on a le temps de comprendre ce qui se passe. Une de mes étudiantes (niveau B2) a commencé à la regarder et m’a dit qu’elle la trouvait assez facile à suivre. Elle est disponible sur Netflix en Espagne, en Angleterre, aux USA et sûrement dans beaucoup d’autres pays.

Plusieurs étudiants m’ont dit aimer la série Engrenages. J’ai regardé les deux ou trois premières saisons il y a une dizaine d’années, alors je ne m’en souviens pas très bien, mais je me souviens l’avoir bien aimée. Par contre, les étudiants la trouvent en général plus difficile à comprendre. Beaucoup de vocabulaire de la justice, de la police et beaucoup d’argot, en plus d’un rythme très soutenu.

Toujours dans le genre policier, j’avais regardé Braquo sur Netflix il y a quelques années. J’avais bien aimé les deux premières saisons, mais beaucoup moins la troisième et j’avais arrêté avant de la terminer. C’est une série assez violente mais intéressante pour ceux qui veulent développer leur vocabulaire de tout ce qui est police, corruption, justice, etc.

Une série que je mentionne parfois dans un tout autre genre : un gars, une fille. Elle existe dans plusieurs pays et vous la connaissez peut-être dans votre langue. Chaque épisode est très court (environ 5 minutes) et ce sont des suites de sketches dans la vie d’un couple aux traits caricaturaux. Lui, Loulou, est très macho et assez insupportable, et elle, Chouchou, est très jalouse et tout aussi insupportable. Ce que j’aime avec cette série, c’est que grâce à la courte durée des épisodes, il est facile de regarder le même épisode plusieurs fois pour bien comprendre et absorber le langage.

Et finalement, pour rester dans le genre humoristique, il y a Scènes de ménages, série dont j’ai vu des bribes ici et là et qui peut être assez amusante. On y voit plusieurs couples d’âges, de personnalités et d’horizons différents dans des situations de vie diverses. C’est une série apparemment très populaire en France. Comme pour un gars, une fille, il n’est pas nécessaire de tout regarder pour tout comprendre car ce sont des petits sketches les uns à la suite des autres. Idéal quand on a seulement 5 minutes pour travailler sa compréhension !

La cuisine savoyarde

Si vous visitez la région, il est préférable d’oublier votre régime. Certes, vous pouvez passez vos journées à faire du sport (ski en hiver, randonnée en été, entre autres) mais quand vous passez à table, bonjour les calories !

Entre la raclette, la tartiflette et la fondue, dur de garder la ligne ! Ces trois repas à base de fromage et/ou de pommes de terre sont généralement assez connus des touristes, et j’ai même mangé de la tartiflette dans un restaurant londonien il y a quelques années. Mais il y a quelques spécialités régionales un peu moins connues.

Pour les adeptes du sucré salé, il y a le farcement.  Encore un plat à base de pommes de terre, avec du lard et des pruneaux.

Si vous n’avez jamais mangé de pâtes carrées, vous en trouverez facilement ici. Elles s’appellent “crozets” et sont souvent cuisinées en accompagnement de diots, saucisses savoyardes.

Et en dessert, vous pouvez essayer le gâteau de Savoie. C’est un gâteau assez simple, et d’après mon amie, c’est facile de s’enjoquer avec. C’est-à-dire de s’étouffer !

Bon appétit !

 

Les parlers régionaux

Je suis en France aujourd’hui, en Haute-Savoie exactement, dernière région de France où j’ai vécu. Je suis chez des amis qui sont nés ici et j’ai sans cesse envie de corriger leur français !

Quand je suis venue m’installer dans cette région il y a très longtemps, je ne comprenais pas toujours tout. En visite, plus de 15 ans après être partie, il y a encore des moments où je ne suis pas sûre du sens d’un mot, et comme je le disais, je brûle de corriger ce qui sonne comme des fautes de grammaire à mes oreilles, mais qui sont simplement leur façon de parler.

Aujourd’hui, je n’ai pas pu m’empêcher de corriger mon amie quand elle m’expliquait qu’elle faisait du yoga entre midi. J’ai dit entre midi et quoi? Je savais ce qu’elle voulait dire, mais c’était très bizarre pour moi. J’avais envie qu’elle finisse sa phrase !!! Elle voulait parler de l’heure du déjeuner bien sûr, et m’a expliqué qu’ils disaient comme ça ici.

Quand ils parlent de “peuf“, ils parlent de poussière ou de neige poudreuse.

Si l’on vous dit que ça va roiller demain, évitez de sortir, ça veut dire qu’il va pleuvoir très fort.

Si l’on vous demande “ça va ou bien ?“, on veut juste savoir comment vous allez, rien d’autre en particulier !

Et si vous entendez des “y” partout, ce n’est pas un effet de votre imagination, ils mettent vraiment des “y” partout !! Comme par exemple, “j’y sais” au lieu de “je sais”, “j’y fais” au lieu de “je fais”, etc.

Je vais essayer de relever d’autres mots qui sont étranges pour moi demain.

 

Films français

Mes étudiants me demandent souvent si je peux leur recommander des films français. Mais si j’essaie de me tenir au courant de ce qui se passe en France au niveau culturel, je passe quand même à côté de beaucoup de choses et peu de films français sortent dans les grandes salles à l’étranger. Cependant, grâce à Netflix, je peux regarder quelques films français/francophones, même si le Netflix espagnol n’est pas très fourni. Récemment, j’ai eu l’occasion d’en regarder quelques-uns. Tout d’abord, une comédie de Lucien Jean-Baptiste, qui a pour titre Il a déjà tes yeux. Je l’ai trouvée originale et drôle, mais profonde et émouvante en même temps. Trois de mes étudiantes l’ont regardée et beaucoup aimée aussi. Puis j’ai vu un thriller réalisé par Jalil Lespert, Iris. Atmosphère tendue, un rebondissement auquel je ne m’attendais pas, ce film m’a tenue en haleine et fait courir assez vite sur le treadmill. Ensuite j’ai regardé un film de Richard Berry dont je n’avais jamais entendu parler, L’immortel, avec Jean Reno.  Une histoire de gangsters qui se passe à Marseille. Une histoire pas très originale, mais je suis bon public en général et j’ai été captivée du début à la fin. Je n’ai pas vu le temps passer sur le treadmill encore une fois, mais j’ai dû détourner les yeux à plusieurs reprises car il y a des scènes assez violentes. Et le dernier en date, c’est Un peu, beaucoup, aveuglément, une comédie romantique un peu décalée. C’est un genre cinématographique qui a tendance à m’agacer un peu à cause de tous les clichés qu’on y retrouve constamment, mais la loufoquerie de ce film m’a bien plu.

Sur les conseils d’une étudiante cinéphile, j’en ai ajouté plusieurs à ma liste de films à regarder et je réécrirai un post à la fin du mois pour en parler.

Nos chers voisins

Je vis en Espagne. Il y a certaines choses que j’aime beaucoup. Comme le climat et… J’ai du mal à trouver autre chose aujourd’hui, à vrai dire. Mais il y a d’autres choses que j’aime beaucoup moins, et je pourrais en dresser une liste un peu plus longue. Je m’en tiendrai aux voisins cependant. Mes chers voisins. Il y a ceux qui fument dans les couloirs de l’immeuble, l’acteur sans travail qui joue de la guitare à longueur de journée en chantant très mal et toujours la même chose (mais ouf, il a enfin déménagé), les personnes âgées un peu dures de la feuille qui tiennent des réunions dans les couloirs et parlent très fort, et il y a les voisins du dessus qui n’ont pas l’air d’avoir conscience d’avoir des voisins en dessous (ou qui s’en moquent éperdument) et qui déménagent leurs meubles tous les soirs vers minuit et tous les matins vers six heures. Que font-ils exactement ? Mystère. Mais en tout cas, ça fait beaucoup de bruit et c’est terriblement horripilant ! Du coup, je dors avec des écouteurs dans les oreilles, ça atténue le bruit. Je sais qu’il y a beaucoup de personnes qui comprennent mon irritation car tous les gens que je connais qui vivent ou ont vécu en immeuble ont subi des nuisances de voisinage. Partager nos histoires nous amuse et nous réconforte dans le fait que nous ne sommes pas seuls dans cette situation. J’essaie de me consoler en me disant que j’ai de la chance que ma voisine du dessus ne porte pas de talons hauts et qu’aucun de mes voisins n’ait de chien qui aboie nuit et jour. Et je rêve du jour où je pourrai vivre dans une maison, sans voisins du dessus !

Cela me détend aussi beaucoup de lire cette compilation de petits messages entre voisins. Je la partage toujours avec mes élèves quand nous abordons ce thème. Rires assurés !

 

Savez-vous ce qu’est un mobile multifunction ?

Je dis souvent à mes élèves que j’adore les Québécois et leur volonté de préserver la langue française qui fait qu’ils essaient toujours de trouver un équivalent francophone aux mots et expressions anglophones. De mon point de vue de Française vivant à l’étranger, j’ai par contre souvent l’impression que les Français mettent de plus en plus d’anglais dans leurs conversations. Même pour moi qui adore l’anglais, c’est un peu trop parfois.

J’ai lu dans la presse dernièrement qu’une commission d’enrichissement de la langue française (!!) avait publié une liste de termes francophones à utiliser pour remplacer des mots anglophones. Parmi lesquels “mobile multifonction”…

Je suis un peu puzzled. Oups, pardon, je voulais dire perplexe. Qu’y avait-il de problématique avec “téléphone portable” ou “portable” ? J’ai toujours appelé mon mobile multifonction (je grince des dents en l’écrivant) mon portable. Mais “mobile multifonction” est supposé remplacer “smartphone”.  Je ne suis pas sûre que les gens vont accrocher. Pour ma part, je continuerai à dire “mon portable”.

Pourquoi apprendre le français ?

D’après l’Organisation Internationale de la Francophonie, il y a 274 millions de locuteurs francophones dans le monde. C’est une des langues les plus parlées au monde, la 5ème selon l’OIF et elle est langue officielle dans plus de 30 pays. Pour ceux qui, comme moi, aiment voyager et vivre dans différents pays, le français peut être une langue très utile.

Pour ceux qui aiment lire, il est toujours très intéressant de pouvoir lire un livre en version originale. Il existe une multitude d’auteurs français et francophones, classiques et contemporains, de tous genres. Cela permet de s’immerger dans la langue et la culture d’une autre façon.

Pour ceux qui aiment le cinéma, voir un film en version originale  est souvent une expérience différente que de le voir doublé. Pour ma part, j’aime le cinéma français. Cependant, j’ai connu beaucoup d’étudiants qui n’étaient pas impressionnés par ce que le cinéma français a à offrir. Je reste persuadée que les bonnes comédies françaises peuvent toucher un public international, mais malheureusement, l’humour se traduit très mal. Quand on a atteint un niveau de français avancé, que l’on connaît bien la langue et la culture françaises, je pense que l’on prend beaucoup plus de plaisir à regarder des films français.

Selon moi, apprendre une langue, quelle qu’elle soit, c’est s’ouvrir au monde, c’est essayer de mieux le comprendre et de mieux l’accepter tel qu’il est.

Et vous, pourquoi apprenez-vous le français ?