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La mienne ! 🙂

J’y partage des prĂ©sentations en français sur des points de grammaire ou autres, qui posent encore souvent problĂšme au niveau avancĂ©.

Certaines de ces prĂ©sentations seront accessibles Ă  tout le monde, en gĂ©nĂ©ral sur des points de grammaire appris assez tĂŽt dans notre parcours d’apprentissage mais oubliĂ©s parce que rarement rĂ©visĂ©s et approfondis.

D’autres prĂ©sentations seront exclusives aux abonnĂ©.e.s de mon nouveau site et/ou seront connectĂ©es aux cours de perfectionnement et au blog.

J’ai fait une sĂ©rie de 10 vidĂ©os sur l’accord du participe passĂ© entre autres et si vous avez du mal avec toutes ces rĂšgles, j’espĂšre qu’elles vous aideront Ă  y voir plus clair !

J’ai mis cette vidĂ©o sur les prĂ©positions et les pays sur la page d’accueil, car tout le monde continue Ă  se tromper de temps en temps avec cette rĂšgle, mĂȘme avec le C1 en poche, voire le C2 !

Dans une façon ou d’une façon ?

Lequel est correct ?

Ce qui est sĂ»r, c’est que j’entends et lis trĂšs souvent “*dans une façon amusante“, “*dans une façon rapide“, “*dans une façon nĂ©gative“, etc. Je pense que c’est dĂ» au fait que les Ă©tudiants copient la structure anglaise in a way et la traduisent littĂ©ralement : in = dans, a = une, way = façon. 

Dans un petit quiz que j’ai proposĂ© sur Instagram hier, deux tiers des personnes se sont trompĂ©es. La majoritĂ© des participant.e.s ont pensĂ© que “*c’est la façon dans laquelle je vois le monde” Ă©tait la phrase correcte (parmi 4 propositions).

Et pourtant, on ne peut pas dire *dans une façon
 Il faut dire d’une façon
, d’une maniĂšre


Quelques exemples : 

  • Elle m’a parlĂ© d’une façon un peu sĂšche ce matin.
  • Il danse d’une maniĂšre assez spĂ©ciale.
  • Ce texte n’est pas Ă©crit d’une façon claire
  • Ils ont rigolĂ© d’une façon stupide
  • D’une certaine façon, elle a rĂ©ussi son examen. 
  • Il a menti d’une façon Ă©hontĂ©e.

Par consĂ©quent, vous ne devriez pas dire : *Je n’aime pas la façon dans laquelle il me parle. Dites : Je n’aime pas la façon dont il me parle. Et : c’est la façon dont je vois le monde.

On peut aussi penser Ă  utiliser des adverbes. Ils permettent d’allĂ©ger le style. 

  • Elle m’a parlĂ© sĂšchement. 
  • Ce texte n’est pas Ă©crit clairement.
  • Ils ont rigolĂ© stupidement.
  • Il a menti impudemment. (plus utilisĂ© qu’éhontĂ©ment)

Être fini VS avoir fini

  • J’ai fini mes devoirs.
  • Je n’ai pas fait mes devoirs. Je suis finie. Ma prof va me tuer.

TrĂšs souvent, j’entends mes Ă©lĂšves dire “je suis fini.e”, alors que je sais qu’ils et elles veulent dire “j’ai fini”.

Pourquoi Ă  votre avis ?

C’est tout simplement parce qu’ils et elles traduisent l’anglais “I’m done”, mais tout comme I’m hungry se traduit par j’ai faim ou I’m 40 se traduit par j’ai 40 ans, I’m done se traduit par j’ai fini !

Dans le deuxiĂšme exemple ci-dessus, la phrase est un peu dramatique, mais c’est une façon d’utiliser cette expression. Je suis fini.e veut dire qu’on est dans une situation fĂącheuse.

Quelques exemples supplémentaires :

  • Son entreprise a fait faillite, il est fini (= il est ruinĂ©)
  • Je viens de courir un marathon, je suis finie (= je n’ai plus d’Ă©nergie)
  • Il a trahi le chef des gangsters, il est fini. (= il est mort, il va se faire tuer)

C’est + adjectif

Les apprenant.e.s ont souvent envie de mettre un adjectif fĂ©minin aprĂšs c’est si ce qu’ils et elles disent se rĂ©fĂšrent Ă  un nom fĂ©minin. C’est une erreur que je corrige constamment.

En parlant d’une histoire ou d’une sĂ©rie, entre autres, j’ai souvent entendu : *c’est amusante*c’est intĂ©ressante.

Mais, mĂȘme si l’on parle d’une histoire intĂ©ressante, Ă  partir du moment oĂč l’on utilise c’est, il faut utiliser l’adjectif masculin.

ON NE DIT JAMAIS : *c’est bonne, *c’est gĂ©niale, *c’est belle

ON DIT : c’est bon (mĂȘme si l’on parle d’une pizza), c’est gĂ©nial (mĂȘme si l’on parle d’une idĂ©e), c’est beau (mĂȘme si l’on parle d’une statue)

Pour l’instant, c’est comme ça. Cela changera peut-ĂȘtre un jour, mais en attendant, essayez de vous rappeler qu’aprĂšs C’EST, on emploie un adjectif masculin.

Pour que + subjonctif

Pour que est toujours suivi du subjonctif. À cause de l’influence de l’anglais cependant, j’entends souvent des phrases tournĂ©es  comme celles-ci :

  • *C’est fait pour les gens comprendre.
  • *J’ai dit ça pour lui rĂ©flĂ©chir.
  • *Je viens pour toi ne pas ĂȘtre seule.

Ces trois phrases sont incorrectes et elles correspondent toutes Ă  la structure de l’anglais “for + noun/pronoun + infinitive” traduite littĂ©ralement. Mais en français, on ne peut pas structurer les phrases ainsi !

Pour traduire It’s made for people to understand, I said that for him to think about it, I’m coming for you not to be alone, il faut utiliser “pour que + subjonctif”. On aura donc :

  • C’est fait pour que les gens comprennent.
  • J’ai dit ça pour qu’il rĂ©flĂ©chisse.
  • Je viens pour que tu ne sois pas seule.

Brésil et végétarisme

Un petit article facile de Courrier International pour commencer l’annĂ©e en douceur.

Étant vĂ©gane depuis plus d’un an maintenant, ce genre d’information m’intĂ©resse Ă©normĂ©ment. L’article n’est Ă  priori pas trĂšs difficile, mais si vous n’ĂȘtes ni vĂ©gĂ©tarien.ne, ni vĂ©gane, il est possible que vous connaissiez mal le vocabulaire autour de ce thĂšme (en vert dans le texte).

En plus du vocabulaire, j’ai mis en Ă©vidence des verbes (parfois accompagnĂ©s de prĂ©positions) en rouge, des connecteurs (surlignĂ©s en bleu), une litote trĂšs courante en gras et en bleu, et j’ai surlignĂ© en jaune deux pronoms relatifs et un pronom complĂ©ment.

Observez en prenant votre temps !

Un village qui change de nom

Les vacances approchent Ă  grand pas, et dans le souci d’ĂȘtre Ă  jour dans mon travail, je dĂ©laisse un peu le blog.

Mais voici un petit article dont vous pouvez faire l’analyse que j’ai prĂ©parĂ©e, et bien sĂ»r, vous pouvez en faire plus (ou moins – mais quoi que vous fassiez, faites-le de façon appliquĂ©e, en toute conscience, sans vous presser !)

En rouge, quelques verbes Ă  observer, en jaune, quelques prĂ©positions ou locutions. SurlignĂ©es en rose, des collocations, c’est-Ă -dire des mots qui sont souvent combinĂ©s, que l’on retrouve souvent ensemble. Pour les mots en vert, je vous suggĂšre de rĂ©flĂ©chir Ă  des synonymes. En violet, 6 pronoms relatifs (point de grammaire qui reste souvent sensible chez les Ă©tudiant.e.s avancĂ©.e.s). Et en bleu, deux expressions frĂ©quemment utilisĂ©es par les natifs, mais beaucoup moins par mes Ă©lĂšves.

Bonne analyse !

Avancées sociales en Suisse

J’ai vĂ©cu en Suisse entre 2004 et 2007. J’ai adorĂ© ma vie en Suisse. J’y ai trouvĂ© une certaine stabilitĂ©. J’ai travaillĂ© pour des gens adorables qui ont restaurĂ© ma foi en l’humanitĂ© et qui m’ont permis d’avancer. Ce qui fait que j’ai longtemps tenu la Suisse pour le pays le plus chouette d’Europe.

Et je pense toujours que c’est un pays magnifique, avec des paysages Ă©poustouflants. Mais j’ai aussi beaucoup appris sur la Suisse ces derniĂšres annĂ©es, Ă  travers ma soif d’apprendre grandissante sur toutes les questions fĂ©ministes. Et j’ai dĂ©couvert un pays trĂšs Ă  la traine sur les questions sociĂ©tales. J’ai suivi d’assez prĂšs (mĂȘme si je suis loin) les grĂšves des femmes en juin 2019. J’ai appris, entre autres, que les femmes avaient pu voter seulement Ă  partir de 1971 et que dans un certain canton, elles n’avaient obtenu le droit de vote qu’en 1991. đŸ˜Č

Je vivais dans une bulle quand je vivais en Suisse. C’est un pays riche. Je ne voyais pas la pauvretĂ©. Je pensais naĂŻvement qu’il n’y en avait pas vraiment. On pourrait dire que je n’Ă©tais pas fute-fute. Ou plutĂŽt que je ne m’intĂ©ressais pas au monde comme je m’y intĂ©resse maintenant. J’avais des problĂšmes Ă  rĂ©gler avec moi-mĂȘme avant de pouvoir trouver l’espace mental pour m’intĂ©resser aux autres je pense. Et c’est en fait en Suisse que j’ai trouvĂ© cet espace. Alors ce pays aura toujours une place spĂ©ciale dans mon coeur.

Toutefois, je ne suis pas sure que j’aimerais y vivre Ă  nouveau, sachant maintenant ce que je sais (et aussi, la vie y est vraiment trĂšs chĂšre !) J’ai eu un certain nombre d’Ă©tudiant.e.s basĂ©.e.s en Suisse depuis que j’enseigne en ligne. Les cours de français sont si chers lĂ -bas que je suis une affaire apparemment !

Beaucoup de ces Ă©lĂšves m’ont confirmĂ© qu’en effet, les mentalitĂ©s pouvaient ĂȘtre un peu rĂ©trogrades, et parfois trĂšs sexistes, et que c’Ă©tait particuliĂšrement visible dans le monde du travail. J’avoue que j’ai Ă©tĂ© trĂšs déçue quand j’ai appris tout ça.

Mais hier, un de mes formidables Ă©tudiants ayant vĂ©cu et Ă©tudiĂ© en Suisse a partagĂ© avec moi un article du Temps, que j’ai copiĂ© et colorĂ© ici pour que vous puissiez le lire de façon active, tout en vous rĂ©jouissant du progrĂšs social que cette nouvelle reprĂ©sente !

SurlignĂ©s en bleu, des connecteurs et en jaune, des prĂ©positions (demandez-vous Ă  quoi elles sont rattachĂ©es et si vous auriez utilisĂ© les mĂȘmes). En rouge, des verbes et expressions verbales, en vert, du vocabulaire sur le thĂšme du vote, et en violet, le pronom relatif QUI, aprĂšs un pronom dĂ©monstratif et aprĂšs une prĂ©position (ces structures sont souvent mal maitrisĂ©es – si vous les trouvez difficiles, prenez le temps de les relever dans vos lectures et de les analyser).

Bonne analyse !

Retourner, rentrer ou revenir ?

  • J’avais prĂ©vu de retourner au Japon cette annĂ©e, mais je n’ai pas pu Ă  cause de la pandĂ©mie.
  • Je n’ai aucune envie de retourner en Chine.
  • Cette robe est trop grande. Il faut que je retourne au magasin pour l’Ă©changer.
  • Mon mari rentre du travail vers 17h tous les jours.
  • Je suis rentrĂ©e de vacances hier soir.
  • Je rentre Ă  Londres tous les Ă©tĂ©s.
  • Elle a vĂ©cu 10 ans en Inde avant de dĂ©cider de rentrer en France.
  • Je vais acheter du pain, je reviens dans cinq minutes.

Suffisamment d’Ă©lĂšves confondent ces verbes pour que j’en fasse enfin un post.

Retourner quelque part, c’est aller Ă  nouveau dans un endroit oĂč l’on est dĂ©jĂ  allĂ©, sans l’idĂ©e de faire un mouvement inverse.

Rentrer quelque part, c’est revenir dans un endroit oĂč l’on vit ou que l’on considĂšre comme son lieu d’attache, aprĂšs une absence. Par exemple, Londres est la ville oĂč j’ai passĂ© le plus d’annĂ©es de ma vie d’adulte, alors quand j’y vais, je dis que je rentre Ă  Londres, qui pourtant n’est pas la ville oĂč j’ai grandi.

Revenir quelque part, c’est l’idĂ©e qu’on quitte un point de dĂ©part et qu’on fait le chemin inverse.

Ces 3 verbes ont d’autres traductions possibles, que vous pouvez chercher dans un dictionnaire, mais les erreurs des apprenant.e.s se retrouvent surtout quand ils expriment un mouvement concret, dans les traductions de go back, go again, come back, etc.

Forcément

On pourrait penser que forcĂ©ment veut dire “de maniĂšre forcĂ©e”. Et aprĂšs vĂ©rification pour ĂȘtre sure de ne pas dire de bĂȘtise, il peut en effet vouloir dire ça. Techniquement. Mais c’est une utilisation vieillie. Tellement vieillie que je ne le savais pas. Par consĂ©quent, je vous recommenderais de ne pas l’utiliser ainsi.

Forcément, dans la langue moderne, ça veut dire inévitablement, fatalement, nécessairement, automatiquement, etc.

Quelques exemples :

  • Tu as forcĂ©ment entendu ses chansons, toutes les radios les jouent Ă  longueur de temps.
  • Le vaccin efficace Ă  70% est-il forcĂ©ment moins bon que les autres ?
  • Pour ĂȘtre heureux en couple, doit-on forcĂ©ment partager les mĂȘmes valeurs ?
  • Les chefs ne sont pas forcĂ©ment les plus intelligents.
  • Aimer les desserts ne veut pas forcĂ©ment dire qu’on aime le chocolat.