Probable

Parfois j’entends des phrases de ce genre :

  • *Ils sont probables de ne pas être contents.
  • *Je suis probable d’aller à la montagne ce weekend.
  • *Elle est probable de dire oui.

Ces phrases vous paraissent-elles correctes ? Diriez-vous ceci vous-même ?

Si c’est le cas, je dois vous informer que vous vous trompez ! Il est très probable que vous faites cette erreur car vous traduisez l’anglais “likely”. Et peut-être aussi car vous savez que l’on peut dire “il est probable que…”

Dans “il est probable”, “il” est toujours impersonnel. C’est-à-dire qu’il ne représente pas une personne. C’est “it” en anglais.

On peut dire :

  • Il est probable qu’ils ne seront pas contents.
  • Il est probable que j’irai à la montagne ce weekend.
  • Il est probable qu’elle dira oui.

On peut aussi dire :

  • Ils sont susceptibles de ne pas être contents.
  • J’irai probablement à la montagne ce weekend.
  • Il y a de fortes chances qu’elle dira oui.

Attention aussi au mode utilisé. Si avec “il est possible que” on utilise le subjonctif, avec “il est probable que”, on emploie l’indicatif. Beaucoup de Français ne font pas très attention à cette règle. Même moi, il m’arrive de m’entendre utiliser un subjonctif quand j’exprime la probabilité. Personne n’est parfait.e !

Pour résumer : attention de ne pas traduire l’anglais “likely” directement par “probable” si votre sujet est une personne !

Les élections municipales en France

Non, je ne vais pas parler de politique française. J’ai simplement sélectionné un article qui parle des élections récentes qui ont eu lieu en France, dans cette période d’après confinement où les gens en ont ras-le-bol je crois. Je sais que moi, je serais au bord de la crise de nerf si je vivais dans ce pays où la politique me parait être un grand cirque.

Mais je dois dire que je suis ravie que les écolos soient les grands vainqueurs de ces élections.

J’ai trouvé cet article sur The Conversation, et si vous voulez le lire en entier, c’est ici.

Ce n’est pas que le sujet me passionne, mais le style de cet article devrait intéresser certain.e.s d’entre vous. Vous y trouverez une variété de structures et pas mal de vocabulaire que vous ne connaissez peut-être pas et que, je parierais, vous n’utilisez jamais vous-mêmes.

J’ai mis en rouge tous les verbes conjugués pour faciliter l’analyse. Vous savez que les phrases sont articulées autour des verbes et qu’un verbe = une proposition. À vous de déterminer quels sont les propositions principales, les subordonnées, les différents compléments, etc. J’ai mis en vert le vocabulaire autour du thème des élections, mais il y a d’autres mots et expressions que vous voudrez peut-être examiner. J’ai mis en bleu la plupart des connecteurs qui articulent le discours. Et en jaune, les pronoms relatifs. Vous pouvez bien sûr vous amuser à repérer les autres subordonnants.

Bonne analyse !

Femmes soldates, agentes de la paix

Cette semaine, mes lectures se sont focalisées sur le sort des femmes en temps de guerre et particulièrement sur l’horreur des violences sexuelles qu’elles subissent inévitablement (ce fut une semaine très intense) et mon cher téléphone qui m’espionne du matin au soir m’a donc proposé des articles plus ou moins connectés à ce sujet, dont celui-ci.

J’ai surligné en jaune les participes passés et en bleu la plupart des connecteurs. J’ai mis en rouge quelques verbes et expressions verbales à observer et en vert, 2 pronoms très souvent confondus par les apprenant.e.s.

Finir l’université à 70 ans

Quand je recherche des articles qui ne parlent pas de virus et de confinement, je tombe parfois sur des histoires assez insolites.

En voici une trouvée dans Courrier International cette semaine. Je suis encore un peu trop débordée pour avoir le temps de faire une analyse plus poussée, mais j’ai mis en évidence plusieurs éléments. Vous pourrez remarquer en jaune les différentes manières employées pour désigner la même personne. En rouge, observez les verbes et expressions verbales et les prépositions qui les accompagnent s’il y en a. Surlignés en bleu, quelques connecteurs. En vert, un peu de vocabulaire à observer. Est-ce du vocabulaire que vous connaissez bien et qui fait partie de votre vocabulaire actif ? En bleu et en gras, quelques prépositions.

J’ai souligné une préposition et un article, car de mon point de vue, ce sont des erreurs. Les articles de Courrier International sont des articles plus ou moins traduits d’articles de journaux étrangers (ici, le journal italien La Repubblica) et j’aurais tendance à penser que la personne qui a traduit l’article est soit de langue maternelle autre que le français (tout en ayant un niveau très avancé), soit de langue maternelle française mais ayant l’habitude de jongler avec plusieurs langues et par conséquent faisant inévitablement de petites erreurs de temps à autre. Plus on parle de langues, plus c’est difficile de ne pas se tromper. Personnellement, j’ai très souvent des doutes ! Beaucoup plus que quand je parlais seulement français…

J’écrirais “dans ses colonnes”, plutôt que “sur ses colonnes”, et je ne mettrais pas d’article devant “chef d’entreprise” : il est devenu chef d’entreprise.

Passer du temps, avoir le temps, avoir du temps

  • J’ai passé le weekend à fêter mon anniversaire.
  • Il a passé son temps à se plaindre.
  • Elle a passé la semaine à essayer de résoudre ce problème.
  • Je n’ai pas eu le temps de faire mes devoirs.
  • J’ai n’ai pas eu assez de temps pour faire mes devoirs.
  • Je pense que j’aurai le temps de te téléphoner demain.
  • Je ne sais pas si j’aurai du temps pour te téléphoner demain.
  • Je n’ai jamais le temps de regarder la télé.
  • Je n’ai jamais de temps pour regarder la télé.

Toutes ces phrases sont correctes. Observez-les attentivement. Si vous vous dites que le français, c’est décidément compliqué, je n’irai pas vous contredire.

Mes élèves font régulièrement des fautes avec les prépositions dans ce type de structures, même les plus avancé·e·s.

Retenir :

  • passer du temps à + infinitif
  • avoir le temps de + infinitif
  • avoir du temps pour + infinitif

La crise actuelle et la langue française

Comme je suis un peu débordée ces temps-ci, je n’ai pas vraiment le temps de proposer une analyse de texte, mais j’ai lu cet article paru dans The Conversation et écrit par l’excellente Éliane Viennot, dont le travail m’inspire énormément, et je me suis dit que j’allais le partager.

J’ai relevé assez rapidement en rouge, des verbes et expressions verbales (observez les associations de mots et les prépositions), en vert, du vocabulaire à observer, en bleu, les connecteurs et en jaune, les pronoms relatifs (certains m’ont peut-être échappé).

Le sujet de cet article me tient évidemment beaucoup à cœur et j’espère qu’ils vous interpellera également.

Pandémie et étudiants africains en France

J’évite en général de parler de la situation actuelle car on en entend parler partout, on n’entend plus parler que de ce virus et le climat est assez anxiogène sans que je m’y mette également.

Mais mon téléphone m’a suggéré de lire cet article de France 24 cette semaine et je me suis dit que j’allais le partager ici et le proposer pour une analyse. Ce n’est que le début de l’article et vous pouvez le lire en entier sur le site de France 24.

Je pense qu’il se passe de commentaires… Mais 520 euros pour un logement social de 12 m² ! 😲

J’ai trouvé cet article vraiment attristant et rageant.

Je n’ai pas le temps de développer l’analyse, mais j’ai mis en évidence quelques verbes, expressions verbales et combinaisons en rouge, du vocabulaire à observer en vert et j’ai surligné quelques connecteurs en bleu et des pronoms relatifs en jaune.

Prenez votre temps quand vous faites une analyse, ne précipitez pas l’exercice !

L’hypothèse avec SI

Commençons par rappeler que l’hypothèse exprime un fait ou un état imaginé, irréel, et que la conséquence est donc aussi imaginée.

  1. Si tu m’appelais, ça me ferait plaisir.
  2. Si j’étais riche, je passerais mon temps à voyager.
  3. Si tu m’avais appelée, ça m’aurait fait plaisir.
  4. Si j’avais réussi mon examen, je serais vraiment heureuse.
  5. Si j’avais réussi mon examen, j’aurais organisé une fête.
  6. Si tu étais plus attentif, tu ne perdrais pas tout le temps tes clés.
  7. Si tu étais plus attentif, tu n’aurais pas perdu tes clés.

Avant de lire la suite, analysez les phrases ci-dessus, observez les différents temps utilisés, et demandez-vous quand se situent l’hypothèse et la conséquence pour chaque phrase : passé ? présent ? futur ?

  1. L’hypothèse et la conséquence se situent toutes deux dans l’avenir. Si tu m’appelais un de ces jours, la semaine prochaine, le mois prochain, etc., ça me ferait plaisir alors. C’est une hypothèse réalisable.
  2. Si j’étais riche maintenant, je voyagerais maintenant. Nous sommes ici dans le présent mais comme je ne suis pas riche, c’est une hypothèse irréalisable.
  3. Nous sommes ici dans le passé. Si tu m’avais appelée hier, la semaine dernière, l’autre jour, ça m’aurait fait plaisir à ce moment-là. Mais tu ne m’as pas appelée et c’est trop tard. Hypothèse irréalisable.
  4. L’hypothèse est dans le passé, la conséquence est dans le présent. Je n’ai pas réussi mon examen quand je l’ai passé et je ne suis pas vraiment heureuse maintenant. Hypothèse irréalisable.
  5. L’hypothèse est dans le passé, la conséquence pourrait être dans le passé ou dans le présent, ou même le futur, cela dépend du contexte. Je n’ai pas réussi mon examen quand je l’ai passé et je n’ai pas organisé la fête que j’aurais aimé organiser la semaine dernière ou on peut être dans le contexte où je viens de recevoir mes résultats et j’imagine que s’ils avaient été meilleurs, j’aurais commencé à organiser une fête immédiatement ou plus tard. Hypothèse irréalisable.
  6. L’hypothèse et la conséquence sont ici intemporelles. Cet homme n’est pas attentif, c’est un trait de sa personnalité, et il perd sans arrêt ses clés. C’est une hypothèse irréalisable, dans la mesure où l’on suppose que l’homme ne changera jamais.
  7. L’hypothèse est intemporelle, comme pour la 6, mais ici, la conséquence est dans le passé. L’homme a perdu ses clés hier, avant-hier, la semaine dernière… C’est une hypothèse irréalisable sans machine à voyager dans le temps car il est trop tard pour qu’il ne perde pas ses clés.

Finissons par quelques exemples à observer de la condition avec SI.

  1. Si tu me laisses gouter ton plat, je te laisse gouter le mien.
  2. S’il ne pleut pas, on ira faire une randonnée.
  3. Si vous avez réussi votre examen, on ira boire un coup.
  4. Si vous avez réussi votre examen, allons boire un coup !

Je vous laisse faire vos propres analyses ! 🙂

Assis ou accroupi ?

Difficile de trouver des articles sans aucun rapport avec le virus dernièrement et depuis que j’ai décidé de réduire le temps que je passe sur Internet, je n’ai pas vraiment lu d’articles en fait. Je lis plutôt des livres ces temps-ci. Deux ou trois en même temps de préférence. Et ça me fait beaucoup de bien.

Les médias sont trop anxiogènes. Même les émissions humoristiques me stressent. Alors je vis sans savoir combien de cas de virus ont été détectés dans le monde et combien de morts ont été recensées. Et je ne m’en porte que mieux.

Cependant, je me suis dit que ce serait bien de faire une petite analyse cette semaine alors je suis allée faire un tour sur le site de Sciences et Vie, et j’ai trouvé ce court article, qui prouve que l’on peut travailler sa lecture active à partir de deux paragraphes seulement, quand on ne dispose pas d’énormément de temps.

  • mieux vaut = c’est préférable de – on retrouve cette formule dans plusieurs expressions, telles que “mieux vaut tard que jamais”, ou encore “mieux vaut prévenir que guérir”. En connaissez-vous d’autres ?
  • accroupi : comment expliquer accroupi sans passer par la traduction ? C’est une position du corps que les enfants prennent très naturellement quand ils se baissent, mais que beaucoup d’adultes (surtout en occident) ont du mal à garder sans lever les talons. On a les jambes pliées et on se tient assis sur ses talons (ou avec les talons levés). C’est la position que l’on doit tenir si l’on utilise des toilettes à la turque.
  • n’est pas le propre de : ce n’est pas seulement l’homme moderne occidental qui est inactif
  • en suivant : gérondif utilisé pour exprimer la manière
  • vivant : participe présent, qui pourrait être remplacé par une relative : “qui vivent”
  • ceux-ci : pronom reprenant “chasseurs-cueilleurs”
  • soit : connecteur, synonyme de “c’est-à-dire”
  • adoptent : fonctionne avec “positions” – adopter une position : collocation fréquente
  • diffèrent : observez l’accent grave qui indique que nous n’avons pas affaire à l’adjectif “différent” mais au verbe “différer” à la troisième personne du pluriel. Êtes-vous capable d’expliquer pourquoi l’accent aigu de l’infinitif est devenu un accent grave ? Sinon, il est temps de revoir la règle ! (Mon post Instagram d’hier en parle)
  • agenouillés : position à genoux, les jambes totalement repliées sous soi
  • or : connecteur, synonyme de “cependant”, “toutefois”
  • mobilisée : observez l’utilisation du participe passé (beaucoup d’étudiants auraient tendance à écrire “qui est mobilisée”, ce qui alourdit un peu le style)
  • ce n’est pas tant : observez l’utilisation de cette structure
  • délétère : dangereux, nocif, toxique

C’est… qui/que/dont, pour parler du passé

Laquelle de ces deux phrases est correcte selon vous ? :

  • C’était le président qui a nommé ses ministres hier.
  • C’est le président qui a nommé ses ministres hier.

Le titre de ce post vous aura probablement aidé·e à faire un choix si vous n’étiez pas sur·e, mais si vous aviez un doute, sachez que la première phrase n’est jamais correcte.

Ce procédé s’appelle la mise en relief, au cas où vous ne le saviez pas. On l’utilise pour mettre en relief un élément de la phrase, c’est a dire attirer l’attention sur cet élément. Au lieu de dire simplement que le président a nommé ses ministres hier, j’encadre le président de c’est et de qui, pour mettre en évidence que c’est lui, et non pas quelqu’un d’autre, qui a nommé les ministres.

Il est probable que vous utilisez souvent cette structure sans y penser.

  • C’est le garçon qui me plait.
  • C’est le livre que j’aime lire tous les ans.
  • C’est l’amie dont je te parle tout le temps.

Mais une erreur que je vois et entends assez régulièrement, c’est quand on parle au passé. Les apprenant·e·s ont parfois des doutes et en suivant le raisonnement que l’on est au passé, ont souvent envie de dire c’était plutôt que c’est. Mais non, même au passé, on garde c’est… qui/que/dont.