Forcément

On pourrait penser que forcément veut dire “de manière forcée”. Et après vérification pour être sure de ne pas dire de bêtise, il peut en effet vouloir dire ça. Techniquement. Mais c’est une utilisation vieillie. Tellement vieillie que je ne le savais pas. Par conséquent, je vous recommenderais de ne pas l’utiliser ainsi.

Forcément, dans la langue moderne, ça veut dire inévitablement, fatalement, nécessairement, automatiquement, etc.

Quelques exemples :

  • Tu as forcément entendu ses chansons, toutes les radios les jouent à longueur de temps.
  • Le vaccin efficace à 70% est-il forcément moins bon que les autres ?
  • Pour être heureux en couple, doit-on forcément partager les mêmes valeurs ?
  • Les chefs ne sont pas forcément les plus intelligents.
  • Aimer les desserts ne veut pas forcément dire qu’on aime le chocolat.

Bien utiliser AVANT et APRÈS

Je n’en finis pas d’être débordée, et j’ai aussi eu une migraine carabinée cette semaine qui m’a un peu fait perdre mon élan, d’où le peu de posts écrits dernièrement.

Alors je me suis dit que j’allais poster quelque chose d’utile aujourd’hui. Quelque chose sur quoi j’ai déjà écrit il y a plus de 2 ans. Un post que je continue à partager régulièrement avec les élèves qui semblent avoir besoin de réviser cette règle régulièrement.

Je ne recopie pas le post ici, mais voici la même chose, en plus colorée, que j’avais tenté de condenser dans un post pour Instagram.

L’emploi erroné de l’une de ces structures est une des erreurs que je corrige le plus souvent. Plusieurs fois par semaine. Voire tous les jours. Dans les écrits et à l’oral. Pourtant, mes élèves sont principalement de niveau avancé et dans l’ensemble plutôt fantastiques et très doué.e.s pour le français, avec des compétences grammaticales souvent impressionnantes. Mais cela montre bien que la répétition fréquente est essentielle et que corriger des fautes que l’on fait depuis longtemps peut prendre du temps. Des semaines, des mois, parfois des années, selon le contexte d’apprentissage et un tas d’autres facteurs.

Si vous faites des erreurs avec ces deux prépositions, essayez de vous concentrer dessus quelque temps, faites attention à chaque fois que vous les utilisez (on les utilise tout le temps, et remarquez quels sont vos réflexes. Essayez aussi d’analyser vos erreurs. Vous trompez-vous parce que vous traduisez de votre langue maternelle ? Ou parce que vous confondez les deux structures ? Ou pour une autre raison ? Abordez vos erreurs en étant pleinement conscient.e de ce qui se passe, cela vous aidera à les corriger plus facilement.

Pour info, j’essaie de me concentrer autant que possible sur un point particulier dans les posts que je crée pour Instagram, d’où l’absence du NE explétif dans la phrase avec “avant que”. Histoire de ne pas embrouiller plus les apprenant.e.s qui me suivent.

Promeneur de chien à Londres

Je ne sais pas vous, mais moi, cette semaine m’a paru interminable. J’ai passé la journée de mercredi à actualiser mon téléphone, plusieurs de mes élèves avaient CNN allumé avec le son coupé pendant les cours, et beaucoup avaient du mal à se concentrer. Jeudi et vendredi sont passés très lentement aussi.

J’étais complètement dépitée mercredi en voyant que tant de personnes étaient encore prêtes à soutenir un idiot misogyne et raciste et même si la victoire des Démocrates me laisse un gout amer car je l’aurais aimée écrasante, je suis tout de même vraiment soulagée. Après avoir lu l’excellent livre de Laura Bates, Men Who Hate Women la semaine dernière, je m’étais dit qu’il n’était vraiment pas impossible d’assister à la réélection de cet abruti, mais on n’est jamais vraiment préparé au pire je pense, même si l’on essaie. La vue des chiffres m’a totalement déprimée. Mais ouf, le pire a été évité et une femme est devenue vice-présidente des États-Unis, et ça, c’est vraiment bon.

Je ne vais pas proposer d’analyse politique car plein de gens beaucoup plus qualifiés que moi pour ça le font déjà. Je ne vais pas parler de COVID non plus car tout le monde le fait déjà aussi.

Je vais vous proposer un court article pour faire une petite analyse des prépositions. J’ai aussi mis en évidence les participes passés adjectifs. À priori, pas trop difficile, mais n’allez pas trop vite quand même. Demandez-vous si vous auriez bien utilisé ces prépositions et essayez d’énoncer les règles pour chacune. Par exemple, pourquoi dit-on AU Royaume-Uni, et pas EN ou À ? (qui sont des prépositions parfois utilisées par les apprenant.e.s) Auriez-vous écrit “plus DE 30,000 euros“, ou auriez-vous écrit “*plus QUE 30,000 euros” ? (erreur très très fréquente) Etc.

Par ailleurs, si vous êtes à Londres et à la recherche d’un emploi… 😉

Interférences au Pays de Galles

Comme je n’avais pas très envie de parler de COVID ou de politique, et que je ne disposais pas de beaucoup de temps, j’ai recherché un article court dans la rubrique “Insolites” pour une petite analyse, et je suis tombée sur cet article. Petite information locale atterrie dans Courrier International… Ce n’est pas vraiment intéressant à mon avis, mais même avec les articles les moins fascinants, on peut réfléchir à la langue et perfectionner son français.

On peut prêter attention au vocabulaire et/ou à la grammaire, aux connecteurs, aux prépositions, aux pronoms compléments, aux pronoms relatifs, etc.

Ici, j’ai choisi de mettre en évidence du vocabulaire autour du thème de l’article (en vert), des expressions fréquentes (en bleu), des verbes / formes verbales (en rouge), des connecteurs (surlignés en bleu) et la préposition “à” 2 fois pour vous forcer à vous demander à quoi elle correspond (ce n’est pas rare que les apprenant.e.s la remplacent par “de” ou “pour” dans leurs productions, ce qui est incorrect).

Le but de cet exercice est de vous forcer à ralentir et à observer la langue plus attentivement. Je vois trop de précipitation chez les apprenant.e.s avancé.e.s, ce qui cause souvent des malentendus et/ou qui leur fait commettre les mêmes erreurs pendant des semaines, des mois, voire des années. Si vous faites parfois des erreurs basiques alors que vous étudiez au niveau avancé, ralentissez ! Prenez votre temps et interrogez-vous sur ce que vous observez.

Les débats autour du changement de titre d’un livre

Je continue à être débordée, d’où l’absence de nouveaux posts depuis 2 semaines. J’écris ceci au son de la perceuse qui fait des trous dans un appartement voisin. Cela fait maintenant une semaine que je vis dans le bruit quasi constant et que j’écoute des playlists de relaxation à fond dans mon casque antibruit quand je ne suis pas en cours. Et en fait, cette situation m’a poussée à agir et j’ai décidé de déménager. Je voulais le faire dans quelques mois de toutes façons et il s’est avéré que maintenant était le moment idéal pour le faire : beaucoup de logements disponibles et prix cassés pour cause de COVID, combo idéal.

J’ai trouvé un appartement à mon gout et je vais pouvoir me remettre bientôt à écrire pour ce blog un peu plus régulièrement j’espère.

Je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers temps, mais j’ai créé pas mal de nouvelles ressources pour un nouveau projet et j’ai beaucoup lu. En anglais principalement, mais je vais me remettre à lire en français très bientôt et j’espère pouvoir recommander quelques livres avant la fin de l’année.

Je n’ai pas été très connectée au monde extérieur non plus, en tout cas moins intensément que d’habitude, et ça fait du bien de faire une petite pause. Mais les podcasts ont repris après la pause estivale et j’ai recommencé à en écouter. J’ai entendu parler d’une nouvelle polémique bien française, le pays où les gens veulent conserver leur droit à être racistes (et sexistes, etc. mais ce n’est pas le sujet du jour) et j’ai trouvé cet article de Rokhaya Diallo sur le sujet, que je vous propose d’analyser ci-dessous. Depuis la publication de cet article, il semblerait que le débat ait continué en France, et que Sarkozy, l’ancien président de la France, ait tenu des propos bien racistes sur un plateau de télévision. Rokhaya Diallo et Grace Ly en parlent avec Thomas Rozec dans l’épisode 407 de Programme B.

Je ne suis pas vraiment surprise, mais je continue à me demander quand tout ceci prendra enfin fin.

Voici l’article avec en rouge des verbes, des constructions verbales, des collocations contenant des verbes, en vert, du vocabulaire, et en bleu, des connecteurs. Libre à vous d’analyser plus d’éléments, ou de vous concentrer sur un seul en particulier, selon vos besoins, vos envies, votre humeur, etc. Tout nouveau mot appris, toute nouvelle expression, toute nouvelle réalisation est un progrès !

Porter un masque ou ne pas porter de masque ?

Je fais partie des personnes qui n’étaient pas emballées à l’idée de porter un masque quand la pandémie a commencé. Mais je vis dans un pays où cela fait partie de la culture de porter un masque quand on est malade, dans le souci de ne pas contaminer les autres. Ce qui est très civil quand on y pense, non ?

Comme je n’aimais pas le masque, j’ai passé trois semaines sans sortir au début du printemps. Puis j’en ai eu marre et je me suis adaptée. J’ai commencé par porter des masques jetables, car les masques en tissu me donnaient l’impression que je ne pourrais pas respirer. Je déteste avoir le nez obstrué. Et en fait, après quelque temps, c’est devenu normal. Les marchands de masques pullulent à Bangkok et moi, je leur achète des masques régulièrement. 🙂 C’est devenu un accessoire de mode et tout le monde en porte. Dans les transports publics et les magasins, le port du masque est obligatoire. On vous refuse l’entrée si vous venez sans masque. Et dans la rue, la grande majorité des gens en portent un.

Je ne sais pas pour sûr si cela a contribué au fait que le COVID ne s’est pas propagé ici alors que la Thaïlande est le premier pays où un cas avait été recensé en dehors de la Chine. Mais quand je vois l’attitude de certaines populations par rapport au port du masque et que je compare les données, je me dis qu’il est fort probable que le masque nous a protégés de l’épidémie ici.

De plus en plus d’articles sont écrits sur ce sujet. En voici un que vous pouvez analyser. Des verbes en rouge, du vocabulaire en vert, des prépositions en jaune, des connecteurs en bleu. Je n’ai pas tout relevé dans chaque catégorie. Seulement ce à quoi je recommanderais à mes étudiant.e.s avancé.e.s de prêter attention.

Bulles de voyage

Ma semaine de congé s’est bien passée, même si je dois avouer que c’était trop court et que j’aurais dû prendre un peu plus de temps pour me reposer. J’ai pris le train pour la première fois en Thaïlande. Bilan : la climatisation y est bien trop forte ! La prochaine fois, soit je mets un bonnet et une écharpe, soit je réserve une place dans un wagon non climatisé, si c’est possible. Même problème à l’hôtel. J’ai eu beau passer mon temps à éteindre la climatisation pendant la journée et à la régler sur 27 le soir, elle redémarrait automatiquement et changeait de température au cours de la nuit, ce qui signifie que je me réveillais chaque matin dans une chambre-frigo. Pas cool !

Mais à part ça, mon court séjour à Hua Hin a été plutôt plaisant. L’hôtel et la ville en général était plutôt déserts, et si cela n’était pas pour me déplaire, ça m’a aussi fait de la peine pour les commerçants locaux. Sans touristes, la vie est dure pour beaucoup de Thaïlandais.

J’ai lu ce court article hier, qui parle de bulles de voyage dont j’avais vaguement entendu parler. Je pensais que ce n’était pas une bonne idée et je suis assez contente qu’ils y aient renoncé pour l’instant. La Thaïlande a été le premier pays à détecter officiellement un cas de coronavirus en dehors de la Chine, mais le pays a plutôt bien géré la crise en fermant très rapidement ses frontières. Il y a aussi le fait que les gens sont habitués à porter des masques ici et que la majorité des gens l’ont fait dès le début, et les autres (comme moi) se sont vite adaptés.

J’ai décidé de partager l’article car il contient des collocations intéressantes, qui se retrouvent assez fréquemment dans la presse si vous y prêtez attention. La plupart de mes élèves qui travaillent au niveau C sont capables de très bien écrire, ont des connaissances avancées de la grammaire, mais ce qui leur fait souvent défaut, c’est le vocabulaire adéquat. Elles et ils disposent d’un vocabulaire étendu, connaissent un tas de synonymes, mais ce n’est pas toujours évident pour elles/eux de choisir le mot le plus adapté à la situation.

Je vous propose un petit exercice. J’ai effacé le verbe (ou le participe passé) dans chaque groupe en vert. Essayez de remplir les trous avec un mot qui vous parait adéquat. Et comparez ensuite avec l’original, plus bas.

J’ai aussi mis en évidence, en jaune, les pronoms relatifs et en bleu, les articulateurs logiques.

Comparez maintenant :

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Questions et inversion

Vous savez probablement qu’il y a plusieurs façons de poser des questions en français. On apprend ça en A1. Mais, étonnamment, beaucoup d’étudiant.e.s avancé.e.s semblent avoir du mal à former un certain type de questions : les plus formelles, celles avec l’inversion du sujet, quand le sujet est un groupe nominal.

Exemples :

  • Ta sœur est-elle venue ce weekend ?
  • Pourquoi tes voisins font-ils autant de bruit ?

Bien sûr, ces questions peuvent être formulées autrement, et à l’oral, on utilise souvent des formulations moins formelles. On utilise beaucoup “est-ce que”, ou tout simplement l’intonation montante, qui signale une question.

Pour la première question, on pourrait aussi dire : Est-ce que ta sœur est venue ce weekend ? ou encore : Ta sœur est venue ce weekend ? (intonation montante) Par contre, on ne peut pas faire l’inversion sans la reprise du groupe nominal sujet par un pronom personnel. On ne peut pas dire *Est venue ta sœur ce weekend ? Pourtant, c’est une erreur que j’ai retrouvée à plusieurs reprises dans des écrits.

Pour la deuxième question, on pourrait dire : Pourquoi est-ce que tes voisins font autant de bruit ? Pourquoi tes voisins font autant de bruit ? (intonation montante) Mais on ne peut pas dire *Pourquoi font tes voisins autant de bruit ?

Il y aurait évidemment beaucoup plus à dire sur ce point de grammaire et si vous voulez approfondir la question, recherchez l’inversion complexe. Préférez toujours le langage soutenu quand vous écrivez, surtout pour les examens et les écrits formels de la vraie vie.

Tout simplement noir

C’est le titre d’un film sorti en France la semaine dernière. J’ai hâte qu’il soit disponible en VOD car ce que j’en ai lu et entendu me donne très envie de le voir.

L’un des réalisateurs était l’invité du dernier épisode de Kiffe ta Race.

J’ai aussi trouvé cet article dont je partage ici le début. Cliquez pour lire la suite. L’article est non seulement intéressant de par son contenu mais aussi linguistiquement. Il se prête tout à fait à une analyse pour étudiant.e.s avancé.e.s. J’ai mis en évidence le vocabulaire du cinéma en vert et le vocabulaire des discriminations et de l’actualité récente en bleu. Les verbes en rouge sont intéressants à observer autant pour les temps que pour les constructions. Demandez-vous aussi si ce sont des verbes que vous auriez employés vous-même et si vous les auriez bien utilisés. J’ai surligné en jaune les pronoms relatifs et en bleu quelques connecteurs.

Prenez le temps de faire des analyses de temps en temps. C’est un exercice très enrichissant ! Cela vous force à ralentir, à approfondir, et à aborder la langue plus consciemment.

Probable

Parfois j’entends des phrases de ce genre :

  • *Ils sont probables de ne pas être contents.
  • *Je suis probable d’aller à la montagne ce weekend.
  • *Elle est probable de dire oui.

Ces phrases vous paraissent-elles correctes ? Diriez-vous ceci vous-même ?

Si c’est le cas, je dois vous informer que vous vous trompez ! Il est très probable que vous faites cette erreur car vous traduisez l’anglais “likely”. Et peut-être aussi car vous savez que l’on peut dire “il est probable que…”

Dans “il est probable”, “il” est toujours impersonnel. C’est-à-dire qu’il ne représente pas une personne. C’est “it” en anglais.

On peut dire :

  • Il est probable qu’ils ne seront pas contents.
  • Il est probable que j’irai à la montagne ce weekend.
  • Il est probable qu’elle dira oui.

On peut aussi dire :

  • Ils sont susceptibles de ne pas être contents.
  • J’irai probablement à la montagne ce weekend.
  • Il y a de fortes chances qu’elle dira oui.

Attention aussi au mode utilisé. Si avec “il est possible que” on utilise le subjonctif, avec “il est probable que”, on emploie l’indicatif. Beaucoup de Français ne font pas très attention à cette règle. Même moi, il m’arrive de m’entendre utiliser un subjonctif quand j’exprime la probabilité. Personne n’est parfait.e !

Pour résumer : attention de ne pas traduire l’anglais “likely” directement par “probable” si votre sujet est une personne !