Récit d’une étudiante qui a réussi le DALF C1

Récemment, une de mes chères étudiantes avait préparé une PO pour son cours de français et je l’ai trouvée super. L’exposé était très clair et très bien organisé, agréable à écouter, et Lucy paraissait très à l’aise, comme si elle avait fait cela toute sa vie. Cependant, quand je l’ai connue, elle n’était pas aussi à l’aise que ça. Elle était en pleine préparation du DALF C1 et elle ressentait une pression qu’elle ne ressent plus à présent. Je lui ai donc demandé si elle accepterait d’écrire un texte pour parler de son expérience de l’examen et donner quelques conseils aux futur.e.s candidat.e.s. Malgré son stress, elle l’a réussi avec un très bon score. Et elle continue à perfectionner son français au quotidien. Voici son récit :

Il pleuvait lorsque j’ai quitté le bureau à midi pile pour aller à l’Institut Français. J’avais l’estomac noué et les mots “pourquoi, mais vraiment pourquoi ?” qui tournaient sans cesse dans ma tête. Deux heures plus tard j’étais dans une pièce sombre avec deux autres étudiants et une surveillante qui, sans dire un mot, m’a donné un choix de trois dossiers sur des sujets variés, le stimulus pour la production orale. Le lendemain j’y suis retournée pour un examen de quatre heures et demie. Le soleil brillait ; j’avais toujours l’estomac noué. Pourquoi, mais vraiment pourquoi ?

Trois ans plus tôt j’avais décidé de passer l’examen du DELF B2 – pour me prouver à moi-même, et aux autres, que j’en étais capable. Lors de mes préparations pour passer le DELF B2, je suis tombée amoureuse non seulement de la langue mais également du processus d’apprentissage. J’ai découvert que je pense différemment en français, que j’écris avec un plaisir qui me manque en anglais – même si jusqu’à présent je ne réussis guère à m’exprimer avec l’élégance, la légèreté et la simplicité que je recherche. Lire des romans ou des articles en français me fait plaisir ; écouter des podcasts français ouvre un nouveau monde dans lequel je plonge avec enthousiasme. En apprenant le français, je m’échappe et je me découvre, j’échappe au quotidien et je le découvre.

Cependant, la question se pose toujours : pourquoi passer l’examen du DALF C1 ? En fait, je n’avais aucune raison pour le faire : je n’avais pas besoin d’une attestation ni pour étudier ni pour travailler et il y avait peu de chances que je déménage en France. Donc, pourquoi me soumettais-je à la torture d’un examen qui, tout le monde s’accorde là-dessus, pose un grand défi, même pour ceux qui s’immergent chaque jour dans la langue ? J’ai besoin de défis ? Peut-être. Je suis masochiste ? Sans doute !

Franchement, je ne sais toujours pas pourquoi. Sauf que, pensais-je, peut être que le but de passer un examen exigeant me forcerait à prendre mes études de français au sérieux, à voler un peu de temps au quotidien pour l’étudier.

Étant donné que je n’ai jamais vécu en France, comment me suis-je préparée pour passer – et réussir – l’examen ? Puis, maintenant, comment va la continuation de mes études ? Ce que j’ai appris après avoir réussi le DALF C1, c’est qu’il y a encore beaucoup à apprendre, il y a encore plus à améliorer – et il y a beaucoup de choses que j’oublierais si je ne continuais pas à les pratiquer ! En fait, je dirais que plus j’apprends, plus je me rends compte de tout ce qu’il reste à apprendre !

Tout d’abord, j’ai suivi un cours qui vise à aider les étudiants à préparer cet examen. (Je n’avais pas encore eu la chance de tomber sur le site web de Manon ! Heureusement, je l’ai trouvé juste avant l’examen et j’ai vraiment mis à profit les deux cours durant lesquels j’ai pratiqué la production orale.) Selon moi, il est essentiel d’en suivre un car les quatre épreuves sont très particulières, voire bizarres pour les apprenant·e·s ! De plus, je suis une étudiante qui apprend quelque chose en le pratiquant. Mémoriser du vocabulaire et comprendre les règles de grammaire, sans les utiliser, c’est presque impossible pour moi.

Je veux discuter ici principalement les deux épreuves de production. Pourtant, avant que je ne les aborde, quelques idées sur la compréhension orale et la compréhension écrite : pour réussir ces épreuves il faut sans aucun doute beaucoup écouter et lire. C’est l’une des choses qui m’a beaucoup apporté, au-delà des exigences de l’examen : j’ai lu – et je continue à lire – des articles de science vulgarisée, d’économie, de culture française, de questions variées de société ; j’ai écouté – et je continue à écouter – des podcasts qui traitent de racisme, de féminisme, des grèves, du système de santé, de philosophie, du quotidien, etc. Grâce à mes études de français ma vie est vraiment enrichie.

De surcroit, cela m’a beaucoup aidée pour l’examen : c’est plus facile de répondre aux questions d’un examen si le sujet et le format de l’émission sont familiers. Pourtant, on doit aussi apprendre à comprendre les nuances du texte et à répondre aux questions. Utilisez les ressources en ligne. Même si l’on est très à l’aise avec le français, capable de comprendre globalement tout ce qu’on lit ou qu’on écoute, on doit apprendre ce qui est requis pour l’examen. J’ai fait tous les exercices proposés par TV5 et je pense que cela m’a été vraiment bénéfique.

En outre, la lecture d’articles vous aide également dans les épreuves de production. La production écrite comprend un essai et une synthèse – cette dernière est un exercice à la fois précis, exigeant et, selon moi, satisfaisant. Le contenu étant donné, la synthèse offre la possibilité de pratiquer la manipulation du langage. De plus, en la pratiquant, vous développerez la capacité d’apprécier ce qu’est un argument efficace – quelque chose dont vous avez besoin si vous voulez réussir l’examen du DALF C1.

L’essai argumenté est une discipline particulière : en seulement 250 mots on doit construire un argument clair, concis, écrit avec un vocabulaire sophistiqué et varié et bien structuré avec des connecteurs logiques. (Il faut que les connecteurs soient logiques ! On ne peut pas utiliser n’importe quelle sorte de connecteur !)

D’après moi, la meilleure méthode pour s’entrainer à cette épreuve est …écrire, écrire, écrire toujours plus : pas seulement des essais, mais aussi des plans. Entrainez-vous à écrire trois phrases différentes pour ouvrir un essai ou pour le conclure. Essayez d’écrire des phrases qui lient vos paragraphes (et donc vos points différents). Faites un jeu avec le langage. Mettez en œuvre la grammaire que vous venez d’apprendre. Au moment de l’examen on veut ressentir une certaine aisance à utiliser de nombreuses expressions variées, qui démontrent nos connaissances avancées mais qui conviennent aussi à l’argument (y compris la forme que l’essai prend). J’ai tendance à utiliser le subjonctif lorsque cela rend la phrase trop lourde et peu naturelle, maladroite (même si en théorie l’utilisation est correcte). Je voudrais désormais m’exprimer avec plus de clarté et de simplicité, développer ma compétence à manipuler la langue et faire plus attention au style.

Selon moi, pour la production orale on a besoin d’une structure claire, de points substantiels et exemplifiés et, dans l’idéal, d’un peu de spontanéité – une combinaison tellement exigeante ! De plus, une heure passe vite quand on a plusieurs articles à lire avant que l’on ne puisse commencer à organiser son discours.

Pour préparer une production orale, j’ai besoin d’une structure de base en tête. Je la note sur le papier pendant que je pense au sujet et que je réfléchis aux articles que je viens de lire. Cela me calme et donne également une forme à mes idées. Ce que je voudrais souligner, c’est que cette structure n’est pas rigide. En fait, elle me permet l’inverse : de me détendre, de prendre une respiration profonde, de penser plus clairement – et d’être plus fluide, plus naturelle quand je commence à parler.

L’aspect que j’ai trouvé le plus difficile, c’est la formulation d’une problématique, c’est-à-dire la question que l’on veut aborder. Après avoir éprouvé beaucoup d’anxiété, je me suis rendu compte qu’une question claire et simple qui me permet de traiter le sujet sous plusieurs angles marche bien. En fait, je pense qu’il est plus important de décider d’une question que de trouver la question parfaite. Je l’écris au centre d’une feuille de papier. Ensuite je me concentre sur le développement de mon argument, en utilisant ma structure. J’essaie d’inclure des exemples de ma vie ou de ce que j’ai lu et parfois de citer des articles du dossier. La tentation est de rédiger la production orale entière : essayez d’y résister ! Après tout, ce n’est pas une production écrite. Je crois qu’une partie importante de la production orale est la façon dont on interagit avec nos auditeurs – en les regardant dans les yeux, en souriant (oui, vraiment !), en faisant des gestes, même en hésitant. C’est un jeu. Dans la production écrite il faut jouer le jeu, en écrivant une lettre, un blog, un article. Pour la production orale, c’est la même chose : nous devons prétendre que nous sommes experts sur un sujet et très à l’aise pour en faire une présentation. Même si c’est loin d’être le cas !

Si je préparais l’examen à nouveau, je passerais plus de temps à pratiquer la deuxième partie de l’épreuve orale. Lors de l’examen lui-même, je garderais un peu de temps pour réfléchir aux questions que les examinateurs pourraient me poser.

Comme Manon le sait très bien, il y a un tas de choses sur lesquelles j’ai besoin de me concentrer pour consolider et développer mes connaissances en langue française, y compris des choses assez basiques sur lesquelles j’ai encore des doutes.

Lucy Webster, étudiante de FLE, niveau C1

Merci Lucy !

Accents aigu, grave, circonflexe et tréma

Si je vous demande sur quelles lettres on peut trouver chaque accent, êtes-vous capable de répondre avec certitude ?

Je remarque régulièrement que ce n’est pas forcément évident pour les étudiant·e·s avancé·e·s alors si vous n’êtes pas sûr.e, continuez à lire.

L’ACCENT AIGU

Il ne se trouve que sur le E – éléphant, marché, bébé…

L’ACCENT GRAVE

  • sur le A, dans la préposition à et dans l’adverbe là
  • sur le U, uniquement dans le pronom où
  • sur le E – mère, collège, progrès, succès…

L’ACCENT CIRCONFLEXE

  • Avec les rectifications orthographiques de 1990, l’accent circonflexe n’est plus nécessaire sur le I et le U dans beaucoup de mots, mais il est maintenu dans certains mots pour distinguer les homophones : boite VS boîte, croit VS croît, du VS dû, jeune VS jeûne, etc. Il est aussi maintenu au passé simple, au passé antérieur, au subjonctif imparfait et au subjonctif plus-que-parfait.
  • sur le A – tâche, gâteau, château…
  • sur le O – hôtel, hôpital, côté…
  • sur le E – fenêtre, forêt, bête…

LE TRÉMA

  • sur le E – Israël, Raphaël, Gaël…
  • sur le I – maïs, coïncidence, haïr, astéroïde…
  • sur le U – la réforme de l’orthographe recommande de mettre l’accent sur le U dans les suites güe, güi, ainsi que geü quand on prononce /ʒy/. Quelques exemples : aigüe, ambigüe, exigüité, argüer, gageüre

DALF C1 : planifier l'essai argumentatif

Il est important d’apprendre à gérer son temps pour l’épreuve de PE car même si vous disposez de 2 heures et 30 minutes et que cela vous parait long avant de commencer, elles vont en fait passer très vite car il faut que vous produisiez deux textes après avoir lu et analysé des articles pour faire la synthèse.

Il est essentiel d’avoir un plan avant de se mettre à écrire car il faut que vos textes soient structurés et cohérents. Une façon efficace de planifier est de faire une carte mentale.

Prenons par exemple un sujet assez bateau sur le thème de l’environnement, que j’ai croisé plusieurs fois dans les livres de préparation du DALF au cours des dernières années : Vous êtes insatisfait·e de la politique environnementale menée par le maire de votre ville et vous lui écrivez pour lui faire part de votre mécontentement et lui faire des propositions.

Vous savez que vous voulez une introduction, un développement en trois parties avec des sous-parties et des exemples, et une conclusion. Une carte mentale vous permet de commencer à écrire très rapidement une fois que vous avez trouvé vos idées. Il ne vous reste plus qu’à ajouter des connecteurs logiques et à articuler vos idées de façon cohérente tout en utilisant des structures variées et en peaufinant votre grammaire.

Essayez d’écrire la lettre formelle en suivant ce plan et voyez combien de temps cela vous prend !

Pour revoir la présentation d’une lettre formelle, vous pouvez lire ce post, dans lequel vous trouverez également des liens vers des posts sur les formules de politesse.

Vidéo – accord ou pas d'accord au pluriel ?

Vidéo peut être nom ou adjectif.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre avec ce mot, c’est quand il est nom et que les apprenant·e·s le mettent au masculin. Vidéo est un nom féminin !

Quand c’est un nom, on suit les règles régulières de l’accord des noms au pluriel et on ajoute un s : J’ai regardé des vidéos toute la nuit.

Quand c’est un adjectif, on a le choix. Selon l’ancienne orthographe, il restait invariable. Avec la réforme de l’orthographe, le pluriel s’est régularisé. Vous pouvez donc choisir d’ajouter un s ou non au pluriel, mais comme je le répète depuis des mois, essayez au maximum d’appliquer les règles de la réforme de l’orthographe car même si l’orthographe française reste compliquée, les rectifications recommandées la simplifie quand même un peu !

Écrivez donc :

  • Quand j’étais ado, je jouais beaucoup aux jeux vidéos.
  • Les cassettes vidéos n’existent plus vraiment.
  • On n’a plus besoin de caméras vidéos depuis qu’on a des smartphones.

Finalement, comme expliqué dans ce post, les mots composés avec vidéo- sont désormais soudés : une vidéocassette, un vidéoclip, une vidéoanimation, une vidéoconférence, une vidéoformation, un vidéoprojecteur, etc. On ne fera pas la soudure si le deuxième élément commence par un i ou un u, pour éviter la confusion en ce qui concerne la prononciation, et on formera le pluriel selon les règles d’accord générales.

Rectification orthographique : circonflexe, accent étranger et tréma

Depuis la réforme de l’orthographe, beaucoup de mots peuvent s’écrire de deux façons. C’est le cas de nombreux termes avec un accent circonflexe et de termes avec un accent étranger inutile ou un tréma inutile. Par inutile, on entend “qui ne modifie pas la prononciation”.

Il est probable que vous verrez encore ces mots orthographiés selon l’ancienne orthographe, car c’est toujours accepté et beaucoup de Français n’ont pas l’air de connaitre les règles de la réforme ou de vouloir les appliquer, mais si vous en êtes conscient·e, essayez de privilégier la nouvelle orthographe autant que possible.

J’ai peu de mots avec des accents étrangers qui me viennent à l’esprit, mais le livre nous donne l’exemple de caló (écriture espagnole) qu’il faut maintenant plutôt choisir d’écrire calo. Préférez aussi allo à allô, et iambe à ïambe.

DALF : parler d'Internet et de nouvelles technologies

Si vous étudiez pour le DALF, vous savez qu’il vous faut être capable de parler de tout et qu’il faut que vous soyez capable d’en parler en long en large et en travers avec aisance, fluidité, du vocabulaire varié et des structures grammaticales élaborées.

Vous devez parler autrement que quand vous discutez avec vos ami·e·s.

Pour bien vous préparer, il est important que vous lisiez régulièrement et écoutiez la radio ou des podcasts sur des sujets variés. Tout ceci de façon active, bien évidemment.

Sur le thème des nouvelles technologies et d’Internet, vous pouvez trouver des articles sur Slate, le journal du geek, Business Insider, entre autres et écouter des podcasts tels que Le rendez-vous tech (épisodes de 90 minutes), ou Studio 404 (qui n’est plus actif mais dont les 7 saisons sont disponibles à l’écoute).

Quand vous n’avez pas beaucoup de temps, rien de vous oblige à écouter les podcasts en entier ni à analyser les articles dans les moindres détails, mais si vous vous concentrez sur ce sujet pendant quelque temps, et faites un minimum d’analyse, vous remarquerez que le même vocabulaire revient tout le temps, vous vous familiariserez avec les tournures françaises et les problématiques françaises.

Parfois, les étudiant·e·s sont un peu déconcerté·e·s par les problématiques proposées au DALF car ce ne sont pas toujours des sujets auxquels ils et elles avaient beaucoup réfléchi auparavant, et aussi parfois parce que l’approche française est bien différente de celles d’autres pays. Alors plus vous vous familiariserez avec la culture française et la façon qu’ont les Français d’aborder certains thèmes, plus les documents que vous lirez auront du sens et plus vous développerez votre vocabulaire pour en parler !

Ce vocabulaire fait-il partie de votre vocabulaire actif ? :

  • le numérique
  • à l’ère du tout numérique
  • la reconnaissance faciale
  • la protection des données personnelles
  • traiter l’information
  • le ciblage publicitaire
  • les dérives d’Internet
  • les GAFAM
  • l’empreinte numérique
  • la toile

Et quels arguments apporteriez-vous à ces problématiques ? :

  • L’utilisation des réseaux sociaux par les politiques est-elle une bonne chose ?
  • Les élèves de primaire devraient-ils tous avoir une tablette ?
  • Internet doit-il rester gratuit ?
  • La vie était-elle plus simple avant Internet ?
  • Au 21e siècle, est-il nécessaire d’être sur les réseaux sociaux ?

Rectification orthographique : bilan et recommandations générales

Depuis quelques mois, j’essaie d’expliquer les règles de la réforme de l’orthographe française qui a eu lieu en 1990 et qui n’est toujours pas vraiment appliquée en France. Les Français détestent les réformes et c’en est un exemple frappant.

J’ai utilisé le Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, pour être sure d’être aussi précise que possible et de ne rien oublier. Nous avons vu les règles A1 à F4. Si ce n’est pas évident pour vous, sachez que ce n’est pas toujours évident pour moi non plus. J’ai écrit d’une certaine façon pendant des années et je veux absolument utiliser la nouvelle orthographe, mais j’ai encore souvent des doutes et je consulte le vadémécum presque quotidiennement. Il confirme mes doutes pratiquement à chaque fois et je suis de plus en plus à l’aise avec toutes ces règles.

Mais il est bon de les revoir régulièrement. On n’apprend pas une règle en la lisant une seule fois.

Dans les semaines à suivre, je vais continuer à parler des règles de la nouvelle orthographe en y apportant des précisions. Le vadémécum comporte une section G en 24 points, qui précisent les recommandations générales.

Les recommandations générales sont les suivantes :

  • Lorsque plusieurs orthographes sont possibles, on choisit la plus simple ou la plus française : celle sans accent circonflexe, celle francisée, celle soudée, celle avec le n simple, celle avec le pluriel régulier, etc.
  • On francise certains mots : les terminaisons anglaises en –er deviennent -eur, par exemple.
  • Les néologismes s’écrivent de préférence avec un n simple : les nouveaux mots dérivés de -an et de -on, par exemple, ne prendront pas 2 n mais un seul.

Plus de précisions et rappel des règles dans les semaines à venir !

Le conditionnel pour exprimer la probabilité

Je cours un peu après le temps cette semaine après avoir été malade en fin de semaine dernière et j’ai failli ne rien écrire aujourd’hui, mais j’ai pensé à un petit point de grammaire qui a laissé plusieurs de mes élèves perplexes récemment et comme c’était des élèves de niveau avancé, je me suis rendu compte que ce n’était probablement pas aussi évident que je l’imaginais.

Si vous lisez la presse française, il est probable que vous tombiez sur des phrases de ce genre :

  • L’homme aurait tué sa femme avec une arme à feu.
  • Le jeune homme a porté plainte. Les policiers l’auraient violemment agressé lors d’un contrôle d’identité alors qu’il n’avait pas résisté.
  • Trop de temps passé devant les écrans provoquerait une diminution de la vue.
  • Selon Edward Snowden, on serait espionnés en continu par Google et Amazon.
  • Le championnat devrait se terminer par une victoire des Espagnols.

On m’a demandé plusieurs fois ces derniers temps pourquoi les verbes étaient au conditionnel dans des phrases semblables.

Dans ces phrases, le conditionnel sert à exprimer la probabilité, à faire des suppositions.

Vous ne pouvez pas les traduire par “would” en anglais. La première phrase ne veut pas dire “the man would have killed his wife with a firearm“. Elle signifie “the man allegedly killed his wife with a firearm“. On suppose qu’il l’a tuée, il est très probable qu’il l’a tuée, plusieurs personnes affirment qu’il l’a tuée, mais on utilise le conditionnel par prudence car il n’a pas encore été reconnu officiellement coupable et qu’on n’est pas sûr·e à 100%, et probablement pour des raisons légales aussi.

Allegedly” peut être utilisé dans la traduction de ces phrases. Pour la dernière, “should” suffit.

Rectification orthographique : -illier et -illière deviennent -iller et -illère

Règle F4 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, concerne les terminaisons de mots en -illier et -illière. Quand le i qui suit les deux l ne s’entend pas, on ne l’écrit pas !

La prononciation de-ill pose souvent problème. Doit-on prononcer comme ville ou comme fille ? Et d’ailleurs, pourquoi prononce-t-on ces deux-là différemment ? 🤔

Dans tous les mots affectés par la règle F4, le -ill se prononce comme dans fille. Le mot millier, par exemple, n’est pas concerné par la règle car –ill se prononce comme dans ville.

Quelques exemples de mots : joailler, joaillère, quincailler, quincaillère, serpillère, cheviller, etc.

À noter que les arbres, arbustes et autres végétaux gardent le i, par analogie avec les autres noms en botanique se terminant par -ier, tels que pommier, poirier, framboisier, etc. On continuera donc à écrire groseillier, vanillier, etc.

DALF C1 : essai argumentatif – cerner le sujet

Les examens de décembre approchent et les candidat·e·s au DALF commencent à être un peu stressé·e·s . La plupart des candidat·e·s avec lesquel·le·s je travaille sont en général un peu plus inquiet·e·s pour les épreuves de production, en particulier la PO et la synthèse.

Mais il est important de ne pas négliger l’essai lors de votre préparation, car cet exercice est, à mon avis, un exercice qui peut vous rapporter beaucoup de point sans trop d’efforts, à condition de bien répondre au sujet.

J’ai déjà écrit un post sur les différents types de plans possibles pour l’essai argumentatif et un autre plus général sur l’exercice et la démarche à suivre.

Depuis, plusieurs sessions de DALF ont eu lieu et j’ai eu l’occasion de travailler avec de nouvelles personnes pour qui l’exercice de l’essai n’était pas une évidence. Je vais donc essayer aujourd’hui d’ajouter quelques éléments à ce que j’ai précédemment écrit.

  • Gardez en tête que l’épreuve totale de PE dure 2 heures et 30 minutes, durant lesquelles vous devez lire des textes, faire une synthèse de ces textes, puis écrire un essai sur le même thème, sans référencer les textes (c’est possible de s’en inspirer, mais pas trop !), en apportant de nouvelles idées. L’essai peut être une lettre formelle, une lettre moins formelle, un article, une réaction sur un forum, etc. Vous n’avez donc pas énormément de temps pour écrire cet essai et par conséquent, vous n’allez pas pouvoir développer vos idées comme vous le ferez lors de l’épreuve de production orale.
  • Lisez attentivement le sujet, c’est impératif pour être certain·e d’avoir bien compris ce qu’on attend de vous. Qui êtes-vous ? En tant que qui écrivez-vous ? À qui écrivez-vous ? Pour quelles raisons écrivez-vous ? Dans quel but écrivez vous ? Quel type d’écrit dois-je produire ?
  • Une fois que vous avez déterminé tout ceci, partez du plus simple. Vous devez argumenter et convaincre, et pour convaincre, il faut que vous soyez cohérent·e et que vous arguments soient logiques et directement en rapport avec la question. Si vos idées sont intéressantes mais que l’on a du mal à voir comment elles sont liées avec le sujet, cela va affecter votre score au niveau de l’argumentation et de la cohérence.

Prenons un exemple de sujet, tiré du manuel Réussir le DALF C1-C2 (Editions Didier, 2007) :

  • Qui suis-je ? Quelqu’un vivant dans un pays francophone (disons la France), touché par cette décision
  • J’écris en tant que qui ? En tant que mère qui a des enfants à l’école primaire
  • J’écris à qui ? Au courrier des lecteurs de mon journal habituel
  • J’écris pour quelles raisons ? Je m’inquiète pour l’avenir de mes enfants et je trouve cette décision ridicule
  • J’écris dans quel but ? pour exprimer mon désaccord et argumenter contre cette décision

Quels sont mes arguments ?

  • Mon premier argument serait de dire qu’avec la mondialisation, il est plus que jamais nécessaire de parler plusieurs langues. Le bilinguisme ne suffit plus. Si nos enfants n’apprennent qu’une seule langue étrangère alors que les enfants des autres pays d’Europe en apprennent plusieurs et qui plus est, beaucoup plus tôt, ils ne seront pas du tout compétitifs sur le marché du travail et auront beaucoup moins de choix de carrières quand ils entreront dans la vie active. Restreindre l’enseignement des langues ferment des portes à nos enfants.
  • Mon deuxième argument serait de dire que sur le plan personnel, parler plusieurs langues est une richesse qui permet de s’ouvrir au monde et de mieux le comprendre. Comprendre d’autres systèmes linguistiques permet de mieux comprendre des cultures totalement différentes des nôtres et devient ainsi un outil de tolérance autant que d’épanouissement personnel. On est toujours mieux accueilli à l’étranger quand on fait l’effort de parler quelques mots du pays et de comprendre la culture.
  • Mon troisième et dernier argument serait de dire que selon une étude que j’ai lue récemment, il a été prouvé que parler plusieurs langues avaient de nombreux bénéfices pour le cerveau et la santé mentale. Non seulement, cela aide le cerveau à aborder les problèmes sous des angles différents plus rapidement et donc à les résoudre plus facilement, mais aussi, selon les chercheurs, à un âge avancé, le cerveau des personnes parlant plusieurs langues se détériore bien moins vite que celui des personnes monolingues.

Pour ce qui est de mon troisième argument, je n’ai pas lu d’étude sur le sujet. Comme beaucoup, j’ai entendu certaines informations, mais je n’ai jamais approfondi. Les examinateurs vont-ils vérifier ? Bien sûr que non !

Il n’y a rien de bien exceptionnel dans cette argumentation. Mais en une heure et quelques, vous n’aurez pas le temps d’écrire une thèse de doctorat ! Les étudiant·e·s me donnent souvent l’impression qu’ils et elles croient que leurs idées sont trop simples mais ce que l’on veut voir, c’est de la cohérence, du vocabulaire élaboré, des structures grammaticales variées, des connecteurs logiques bien utilisés, en bref, un écrit bien structuré avec des idées qui tiennent la route. Oubliez que vous êtes en examen et écrivez quelque chose de crédible, qui pourrait être écrit dans la vraie vie !