Exprimer l’opposition

Si vous vous préparez à passer le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important de bien connaître les connecteurs logiques et de bien les utiliser pour articuler votre discours, autant à l’écrit qu’à l’oral.

Si vous préparez le DELF B2 ou le DALF, il faut que vous montriez que vous savez connecter vos idées avec d’autres connecteurs que et, mais, pourtant, parce que, donc, etc. Et quelle chance vous avez ! Le français est plein de connecteurs logiques qui expriment la cause, la conséquence, le but, la concession, l’opposition, etc. 🙂

Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’expression de l’opposition et voir comment exprimer la même idée avec des structures variées.

Situation : On a un frère et une sœur. Paul et Virginie. Deux caractères opposés. Le frère est fêtard. La sœur est studieuse.

  • Paul est fêtard tandis que Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard alors que Virginie est studieuse.
  • Autant Paul est fêtard, autant Virginie est studieuse.
  • Si Paul est fêtard, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Au contraire, Virginie est studieuse.
  • Contrairement à Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Par contre, Virginie est studieuse. (plutôt à l’oral)
  • Paul est fêtard. En revanche, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. À l’opposé, Virginie est studieuse.
  • À l’opposé de Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Quant à Virginie, elle est studieuse.
  • Paul est fêtard. Virginie, elle, est studieuse.

Il y a quelques autres procédés pour exprimer l’opposition, mais avec cette situation, j’ai choisi de me limiter à ceux-ci. Je suis sûre que vous en connaissez quelques-uns, mais il est probable que vous ne les connaissez pas tous. Essayez de ne pas utiliser toujours les mêmes et réservez par contre pour l’oral et évitez-le dans vos PE d’examens et vos écrits formels. Dans la vie de tous les jours, utilisez par contre comme bon vous semblera, à l’oral comme à l’écrit. Moi, je ne m’en prive pas !

Stress et examen

Cela fait quelques années que j’aide les étudiants à se préparer pour les examens du DELF et du DALF, et depuis que je suis examinatrice certifiée, j’ai très majoritairement travaillé avec des candidates au DALF C1. Nationalités diverses, histoires personnelles et expériences différentes, certaines vivaient en France ou avaient vécu en France, d’autres n’y avaient jamais mis les pieds. Certaines avaient besoin du diplôme pour pouvoir candidater à un programme universitaire en France, d’autres voulaient le passer pour se prouver qu’elles avaient atteint un certain niveau. Certaines avaient un niveau vraiment avancé (linguistique et culture), d’autres avaient un niveau de connaissances un peu plus faible. Ce qu’elles avaient toutes en commun : le stress !

Je pense qu’il est tout à fait normal de stresser pour un examen, mais le niveau de stress que génère le DALF est assez incroyable. Quelques-unes de ces candidates stressaient à un niveau raisonnable, de mon point de vue, mais c’était une toute petite minorité. La plupart étaient au bord de la panique. Plusieurs étaient tellement stressées qu’elles fondaient parfois en larmes pendant les cours de préparation car la pression qu’elles ressentaient était trop intense. J’essaie toujours de donner un feedback honnête et constructif, mais je ne pense pas être effrayante au point de faire pleurer les gens !

À la dernière session d’examen, le mois dernier, un de mes amis se présentait au DALF C1. Langue maternelle espagnole. Il a vécu en France pendant huit ans quand il était plus jeune. Je l’ai connu à Londres et on a toujours parlé français ensemble. Il a des amis français à Londres avec lesquels il parle français. Il a une connexion avec la langue et la culture depuis très très longtemps. Et quand il m’a dit qu’il avait décidé de passer le C1, je lui ai dit de bien se préparer car la méthodologie est importante mais que je n’avais aucun doute qu’il le réussirait. Cet ami a plus de 40 ans.

Une semaine avant l’examen (pour lequel il se préparait seul), il me contacte pour me dire qu’il pense ne pas s’y présenter car il est persuadé qu’il va échouer, c’est trop difficile, son français n’est pas assez bon, ça ne sert à rien. J’ai un peu rigolé, car je sais que son français est très bon et qu’il est impossible qu’il échoue. Bien sûr, vu qu’il vit à Londres depuis des années maintenant, son français n’est plus aussi précis qu’il l’était quand il vivait en France et quand il écrit, il fait des fautes d’orthographe car ce n’est pas une compétence qu’il pratique régulièrement. Mais il ne fait pas plus de fautes que certains Français. D’ailleurs, il en fait moins que beaucoup d’entre eux.

On s’est appelés sur Skype, on a discuté un peu et il m’a présenté l’introduction d’un exposé de PO qu’il avait commencé à préparer. C’était excellent. Méthodologiquement parfait et plein de vocabulaire avancé. Je lui ai dit qu’il n’avait aucun souci à se faire et qu’il fallait qu’il arrête de flipper comme ça. Après l’épreuve de PO, il m’a envoyé un message pour me dire que ça s’était bien passé, et après les épreuves collectives, la même chose ! Je suis sûre qu’il aura une très bonne note.

Mais j’ai pris conscience de quelque chose grâce à lui : cet examen rend les gens fous !

C’est un examen difficile, c’est vrai, et c’est pourquoi il est important de s’y présenter quand on a vraiment le niveau. Si l’on a tendance à stresser facilement et que l’on n’a pas un besoin urgent d’obtenir le diplôme, il faut prendre le temps de se préparer. Ce qui ne veut pas dire faire des examens blancs toutes les semaines, mais continuer à étudier le français avec régularité. Lire, écrire, écouter, parler, s’intéresser à la culture, enrichir son vocabulaire, perfectionner sa grammaire, prendre conscience de ses faiblesses et essayer de s’améliorer. Être actif dans son apprentissage. Être en contact régulier avec la langue. Développer ses connaissances en méthodologie de l’écrit et de l’oral et en argumentation.

Si vous voulez étudier en France et que vous avez besoin du C1 pour pouvoir vous inscrire à la fac, vous pouvez le réussir avec une bonne préparation même si votre niveau n’est pas exactement ce qu’il devrait être, car la note finale est la moyenne des 4 épreuves et si vous êtes bon en compréhension, vous pouvez atteindre les 50 points nécessaires pour obtenir le diplôme sans obtenir de très bons résultats en PO et en PE. Mais si vous ne faites rien pour perfectionner votre français ensuite, vos études risquent d’être douloureuses.

Cependant, si vous êtes déterminé et discipliné, tout est possible. Une de mes étudiantes a fait exactement ça. Elle savait que son niveau n’était pas exactement ce qu’il devait être pour commencer un master en France, mais elle a préparé le C1 sérieusement pour pouvoir candidater. Elle l’a réussi avec une note moyenne. Puis elle a continué à étudier la langue. Moins d’un an après, elle a obtenu d’excellents résultats à ses partiels de master, et moi je parierais gros sur elle si elle se présentait au C2.

Si vous considérez passer le DALF, réfléchissez bien avant de vous lancer. Déterminez tout d’abord les raisons pour lesquelles vous le voulez, ce bout de papier, et demandez-vous si c’est une urgence absolue. Si vous le voulez pour avoir une ligne de plus à mettre sur votre CV, alors peu importe votre note finale. Mais si c’est un défi personnel ou parce que vous désirez étudier en France, visez haut ! Et continuez à étudier après l’examen, car une langue qui n’est pas pratiquée se perd avec le temps.

Et pour finir, je dirais qu’aucun examen ne vaut la peine qu’on se rende malade ! Ce n’est pas facile sur le moment, mais il faut aussi apprendre à prendre du recul. Étant moi-même de nature très anxieuse, je n’applique pas toujours ce que je préconise, évidemment, mais avec le recul, je sais que c’était complètement ridicule de stresser comme je le faisais pendant mon master. Du grand n’importe quoi !

Alors, avant de vous inscrire, soyez conscient que ce sera difficile, engagez-vous à travailler suffisamment pour atteindre vos objectifs, quels qu’ils soient, et promettez-vous de rationaliser et de prendre du recul.

Les épreuves écrites du DALF C2

Comme pour les épreuves orales, les épreuves écrites sont réunies en une seule épreuve, qui dure 3 heures et 30 minutes. 😲 Si vous n’êtes pas découragé par ce petit détail , continuez donc à lire !

Là encore, vous avez le choix entre Lettres et Sciences Humaines (exemple de sujet ici ) et Sciences (exemple de sujet ici). Quel que soit le domaine que vous choisissez, deux sujets vous seront proposés et vous pourrez choisir celui que vous préférez.

La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas de synthèse à écrire ! Comme la plupart des candidats au C1 ont l’air de détester la synthèse, je pense vraiment que c’est une bonne nouvelle, non ?

Pour le C2, vous devez écrire un seul texte, de 700 mots minimum. Ce texte sera un essai argumentatif que vous devrez construire à partir d’un dossier de documents divers (textes, graphiques, images). Cet essai pourra prendre la forme d’une lettre formelle, d’un article ou autre.

Dans la consigne, il vous sera indiqué quel rôle à tenir. Dans les exemples proposés sur le site du CIEP, vous êtes soit un parent d’élève qui doit rédiger un article pour le bulletin de l’association dont vous faites partie, soit un étudiant qui doit rédiger un article pour une publication de votre université, dans les sujets de LSH, et vous êtes soit étudiant en sciences technologiques qui doit envoyer une contribution à une revue scientifique, soit ancien employé d’une société qui doit envoyer un article à un magazine scientifique, dans les sujets de Sciences. Dans les 4 sujets, on vous demande d’adopter un style approprié et un ton convaincant.

Vous devez absolument utiliser les documents du dossier pour construire votre argumentation et vous devez également ajouter des arguments personnels.

Si vous décidez de passer le C2, j’aime à penser que vous avez le niveau. Donc, en 3h30, il suffit de bien vous organiser. Vous pouvez passer la première heure, voire 90 minutes, à analyser les documents, relever les idées essentielles, les mots-clés, etc et à faire un plan détaillé qui répondra au sujet – dans lequel vous aurez inclus des idées personnelles. Il vous reste ensuite 2h / 2h30 pour rédiger votre texte et vous relire. Il faut que votre écrit soit clair, précis, bien articulé et montre un degré elevé de maîtrise de la langue française et de ses nuances.

Tout à fait faisable ! 😁

Exercice : où sont passés les accents ?

Voilà un article paru hier sur slate.fr, et je me suis dit que ce serait amusant de vous le présenter sans accents (et sans fautes, alors j’ai corrigé celles que j’ai trouvées, en espérant ne pas en avoir oublié). Vous pouvez vous amuser à replacer les accents partout où ils manquent – pas seulement sur les e :

Quelques onomatopees suffisent a faire passer nos emotions

Un cri de terreur, un «ohhh» attendri, un «baaaah» degoute ou un soupir fatigue, depuis des millenaires l’etre humain communique a travers des sons et des exclamations. Bien loin des discours construits, ces onomatopees a l’impulsion primitive en disent long sur ce que nous ressentons. La preuve grace a cette carte interactive mise au point par des universitaires americains, qui repertorie l’ensemble des sons utilises pour traduire ce que nous eprouvons (a parcourir avec le son allume). «Nos recherches montrent que la voix est un outil de communication bien plus puissant pour exprimer nos emotions que nous ne l’imaginions», explique Alan Cowen, co-auteur et instigateur de l’etude.

En enregistrant les bruits emis par des volontaires a la lecture d’histoires tantot tristes, tantot droles, puis en demandant a un autre groupe de cobayes de les categoriser, les chercheurs sont parvenus a cartographier les emotions humaines. Pour l’explorer, il suffit de faire glisser sa souris sur les differentes regions de la carte. On entend ainsi les sons associes aux vingt-quatre emotions repertoriees par l’etude: l’embarras, l’allegresse, le triomphe, la tristesse, l’amusement, l’adoration, le mepris, la deception, le degout, le desir, la douleur, l’extase, la sympathie, la colere, la detresse, le soulagement, la prise de conscience, le contentement, l’interet, la confusion, l’admiration, la surprise positive, la surprise negative et la peur. A titre de comparaison, les precedentes etudes menees sur ce sujet ne faisaient etat que de treize emotions.

En naviguant sur la carte, on perçoit comment les sons sont vecteurs d’informations et nous permettent de communiquer entre nous en quelques fractions de secondes. «Ces resultats montrent que les expressions emotionnelles et vocales colorent nos interactions sociales a travers de vives declarations de nos sentiments les plus intimes. Ce sont sur ces signaux que se basent nos proches ou nos collegues pour decrypter nos intentions les plus sinceres», affirme Alan Cowen.

Outre son aspect ludique, selon ses auteurs, cette carte peut egalement servir a faire progresser les robots et autres intelligences artificielles dans leur comprehension de l’etre humain grace a la technique du deep learning. Dans un autre secteur, elle pourrait aussi aider des soignants et soignantes a mieux comprendre ce que souhaitent exprimer des personnes souffrant d’autisme ou de troubles mentaux.

Vous pouvez écouter le texte lu (par moi). Ma langue a fourché à un moment, mais j’ai décidé que ce n’était pas grave car notre langue fourche occasionnellement et c’est normal, même quand c’est notre langue maternelle !

L’article original peut être trouvé ici (il contient quelques fautes).

L’exercice peut être téléchargé ici. (sans les fautes)

La correction peut être téléchargée ici.

Les fautes d’orthographe

Vous trouvez l’orthographe française difficile ? Vous n’êtes pas seul !

Beaucoup de Français ont des lacunes considérables en orthographe. C’est quelque chose que j’observe depuis longtemps et encore plus depuis que je passe une grande partie de mon temps en ligne et que je me suis mise un peu aux réseaux sociaux. Je vois des fautes partout sur Internet. Régulièrement dans des articles de journaux “sérieux”. Quand c’est une seule faute, je me dis que cela peut être une faute de frappe, ça arrive à tout le monde, et quand on a les yeux rivés sur l’écran toute la journée, ce n’est pas toujours évident de garder sa concentration. Mais souvent, j’en repère beaucoup plus. Et je me dis qu’on se relit avant de publier dans un journal qui a une certaine réputation, non ? On se fait relire par un collègue peut-être ? Je ne sais pas comment ça marche, et je suppose qu’avec le besoin de publier sans arrêt dans ce monde qui ne dort jamais, la relecture n’est pas une priorité. Mais personnellement, je juge sévèrement les journalistes qui font des fautes d’orthographe et je perçois le journal comme pas si sérieux que ça s’il autorise la publication d’articles avec des fautes. Parce que ça ne fait pas sérieux. Ça fait négligé, bâclé et donne l’impression que la personne qui a écrit manque de respect pour ses lecteurs. Je prends note des noms des journalistes récidivistes, et je ne lis plus leurs articles. Je suis moins sévère avec les Français dont l’écriture n’est pas un outil de travail, mais je reste quand même choquée par le niveau d’orthographe et le niveau d’expression de beaucoup de Français. Il m’est arrivé de lire des commentaires sur Facebook et YouTube et de ne rien comprendre à ce que je lisais car l’orthographe était tellement mauvaise que ça n’avait absolument aucun sens. Même en lisant à voix haute, la phonétique n’aide pas toujours car il semblerait que les règles ne soient pas toujours connues.

Cette semaine en France, il est ressorti d’un sondage que les fautes d’orthographe étaient un critère de sélection à l’embauche et pouvaient même conduire au licenciement d’un employé. Les employeurs ne veulent pas d’employés qui risquent de donner une mauvaise image de leur entreprise. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez trouver plusieurs articles en ligne. Entre autres, ici, ici, et ici.

J’ai une amie en France qui me racontait récemment qu’ils avaient embauché une nouvelle employée à son travail. Une jeune diplômée, fraîchement sortie de l’université avec un master en communication. Elle est, entre autres, chargée du site web de l’entreprise. Apparemment, elle fait des fautes d’orthographe plus grosses qu’elle (ne comprend pas la différence entre ce et se ou ça et sa, par exemple), ce que son employeur a vite remarqué. La solution proposée : ses collègues vérifient tout ce qu’elle écrit avant que ce ne soit publié en ligne. Je pense que si je faisais partie de cette équipe, cette situation ne tiendrait pas longtemps. D’ailleurs, je me demande combien de temps cela sera tenable pour tous les partis concernés.

C’est en partie pour ça que je suis exigeante avec mes étudiants qui souhaitent passer le DALF dans le but de pouvoir étudier à l’université en France. Il est vrai que postuler à un emploi et candidater pour une place à l’université sont deux choses différentes. Pour un employeur, vous devez être rentable. Les universités, elles, ont besoin d’étudiants et que vous réussissiez ou non votre année, vous paierez le même prix. Je n’ai pas fait de recherches sur le sujet, mais ça me paraît logique dans le monde dans lequel on vit, non ?

Mais je suis exigeante avec mes étudiantes car je sais que si elles ne maîtrisent pas les codes de l’écrit en français et qu’elles conjuguent mal leurs verbes, accordent mal leurs adjectifs et utilisent peu d’autres verbes qu’être, avoir et faire, elles risquent de souffrir à l’université. Réussir le C1 est une chose. Réussir un master en est une autre. Avec une bonne préparation, quand la méthodologie est bien comprise, c’est possible, même en faisant encore beaucoup de fautes, de réussir le DALF C1. Tous les étudiants que j’ai préparés à cet examen l’ont réussi, et pourtant, il y en a quelques-uns qui, à mon avis, n’avaient pas le niveau requis et à qui j’ai recommandé de vraiment se mettre à niveau avant de commencer l’année universitaire. Parce qu’un master, ça n’a pas grand-chose à voir avec le DALF. Vous aurez plusieurs profs, avec des niveaux d’exigence différents. Des profs français très probablement. Vous serez évalué à l’écrit dans plusieurs modules. Et si votre expression et votre orthographe ne sont pas au point, vous aurez des problèmes. C’est inévitable. Et si vous voulez travailler pour une entreprise française ensuite et occuper un poste pour lequel le français sera votre langue de communication, il sera dans votre intérêt de bien maîtriser l’orthographe et la grammaire françaises !

J’ai tendance à être beaucoup plus tolérante avec les personnes dont la langue maternelle n’est pas le français, et j’aurais tendance à penser que la plupart des Français le sont aussi, mais dans le monde du travail, je ne suis pas sûre que ça vaille.

« La Servante Écarlate » et les droits des femmes dans le monde

Ce texte a été écrit par une de mes étudiantes qui travaille au niveau C1 mais qui ne souhaite pas passer le DALF. Elle apprend le français pour le plaisir depuis 2015. J’ai corrigé quelques petites erreurs et l’ai aidée à reformuler une ou deux phrases, mais c’est elle qui a fait le plus gros du travail ! On pourrait encore l’améliorer en variant un peu plus les verbes et les structures, et en utilisant des synonymes pour les mots un peu simples, mais je trouve que c’est déjà plutôt très bien comme ça, non ? Êtes-vous capable d’écrire ainsi ?

O nome dela é Jennifer / Eu encontrei ela no Tinder / Mas ela faz umas paradas / Que eu não faço com você

« Son prénom est Jennifer/ Je l’ai trouvée sur Tinder/ Mais elle fait des choses/ Que je ne fais pas avec vous »

Ah, le Carnaval ! Tous les ans c’est la même chose !  Il y a une chanson, une mélodie qui a beaucoup de succès. Cette année, on a ce petit bijou de la musique, « O nome dela é Jennifer ». À travers les paroles, on peut déduire que l’homme a une copine, mais qu’il s’est inscrit sur Tinder parce qu’apparemment sa femme refuse de faire « des choses ». Le compositeur, dans une interview, a raconté que cette idée lui était venue parce qu’un de ses amis était avec une femme grosse et, honteux, a justifié qu’il l’avait trouvée sur Tinder. Et qu’elle n’était pas belle, mais faisait des choses que les autres refusaient de faire. Quelle poésie !

Les musiques du Carnaval sont habituellement sexistes. Les gens disent que ce n’est pas important, qu’elles servent à s’amuser, à divertir. Alors, où est le problème? À mon avis, il y a un véritable problème !

Mais quelle est la relation entre les chansons sexistes et le livre « The Handmaid’s Tale » (« La Servante Écarlate » en français), écrit en 1985 par Margaret Atwood ? Ce livre, une dystopie, décrit une théocratie fondamentaliste chrétienne dans laquelle les femmes ont perdu tous leurs droits et appartiennent aux hommes. Elles ont des rôles spécifiques, ne peuvent pas sortir librement, ne peuvent pas parler aux gens. Elles s’habillent avec des couleurs spécifiques selon leurs fonctions et sont constamment surveillées. Les femmes sont des objets pour les hommes et n’ont pas le droit d’utiliser leurs prénoms. Elles s’appellent OF plus le nom de leurs propriétaires, cela signifiant qu’elles leur appartiennent.

Les droits des femmes sont très récents dans l’histoire de l’humanité. Le droit de vote, par exemple, est une conquête de moins de 100 ans. Ce sont des droits très fragiles. On a tendance à croire que les droits des femmes vont durer pour l’éternité, mais comment peut-on en être persuadé ? On est loin d’une situation d’égalité. Les femmes sont considérées inférieures aux hommes dans beaucoup de situations. Elles gagnent moins d’argent que les hommes. Elles se considèrent coupables quand elles se font violer. Et on parle seulement de notre partie du monde où les femmes ont des droits ou peuvent lutter pour eux. Parce que dans de nombreux pays, les femmes sont des objets et appartiennent aux hommes de leurs vies d’une manière qui n’est pas très différente de la servante écarlate.

Ce sont de petites choses qui peuvent changer tout. Comme dans l’histoire de la servante écarlate, l’acceptation vient petit à petit, les droits sont perdus sans que l’on s’en rende compte. Alors, quand on considère que c’est amusant de danser sur une chanson qui utilise les femmes comme objet de plaisir pour les hommes, on participe à un certain retour en arrière dans ce que l’on a si durement acquis.

Ecrit par Cristiane, étudiante brésilienne

Qu’est-ce que le niveau C2 ?

https://www.eaquals.org/wp-content/uploads/Inventaire_ONLINE_full.pdf

Au niveau C2, l’apprenant :

Pour arriver à ce niveau, il faut des heures, des semaines, des années et un certain sérieux dans son apprentissage, une certaine constance, et l’envie de comprendre la langue et la culture dans tous ses détails.

Je ne dis pas qu’il est impossible d’atteindre un niveau C2 sans avoir vécu dans un pays francophone, mais je pense que c’est beaucoup plus difficile et que cela demande beaucoup plus de temps. Tous les étudiants que j’ai connus et qui avaient atteint ce niveau avaient passé du temps en France. Ils connaissaient et comprenaient la culture, ils avaient une certaine passion pour tout ce qui était français, francophone, ils avaient remarqué ces petites choses qu’on ne peut que remarquer en passant du temps dans un pays au contact des natifs de la langue.

Petit rappel :

Quand on étudie le français au niveau C2, on est en phase de perfectionnement. Si vous avez obtenu le C1 ou que vos compétences équivalent aux compétences du C1, il n’existe plus beaucoup de manuels de FLE pour vous accompagner dans votre apprentissage.

Mais vous avez Internet (sur lequel le français est la 4ème langue) et un nombre incalculable de ressources écrites ou orales. Il faut lire et écouter autant que possible, observer, analyser le langage, et le réutiliser à l’oral et à l’écrit. Même si vous n’aimez pas l’argot et le langage familier, il faut en comprendre les subtilités. Pareil pour le langage soutenu. Et l’humour aussi. Même si l’humour français est très différent de ce que vous connaissez, il faut que vous puissiez comprendre pourquoi ça peut être drôle pour les Français. Et ceci demande une connaissance approfondie de la culture française.

Passer du temps dans un pays francophone est un atout incomparable, sous réserve que vous ne passiez pas votre temps avec des gens avec lesquels vous ne parlerez pas français. J’ai passé trois ans en Espagne et je ne suis pas fière de dire que mon niveau d’espagnol est au mieux un petit B2, tirant sur le B1, maintenant que je ne pratique plus. J’aurais pu être tellement meilleure si j’avais fait l’effort de passer du temps avec des Espagnols, si j’avais pris part à des activités qui me poussaient à parler espagnol, etc. Mais j’ai principalement parlé anglais dans ma vie quotidienne, et français pour le travail. Au contraire, pour l’anglais, je me suis immergée le plus possible. Pendant mes 6 premiers mois aux US, je n’ai pas parlé un mot de français. J’ai regardé des films à la pelle, j’analysais toutes les chansons que j’aimais, je passais du temps avec des gens qui ne parlaient qu’anglais, j’ai eu un copain américain, etc, et après avoir quitté les US, j’ai continué à absorber de l’anglais le plus possible, même quand j’ai vécu dans des pays non anglophones. J’aime m’endormir en écoutant quelque chose, ça me berce. En Suisse, je m’endormais en écoutant un épisode de Friends tous les soirs. Je les connais tous par cœur et j’ai appris un tas d’expressions avec cette série. Encore maintenant, je repère les mots que je ne connais pas quand je lis ou quand je regarde une série ou un film en anglais. Il y en a de temps en temps et j’adore ça.

Si vous pensez vous présenter à l’examen du DALF C2, pensez-vous que vos compétences correspondent aux compétences exigées en C2 ? Pensez-vous saisir les subtilités de la langue dans tous les registres ? Êtes-vous à l’aise avec les expressions idiomatiques ? Pensez-vous comprendre la culture française au point de comprendre l’humour français ? Êtes-vous à l’aise avec tous les styles de littérature ? Vous exprimez-vous clairement et sans hésitation ? Si vous n’êtes pas sûr, peut-être devriez-vous vous donner plus de temps. Surtout que le DALF C2 est très académique et que beaucoup de Français ne le réussiraient pas ! Mais si vous êtes sûr de vous, alors foncez ! Mais préparez-vous quand même un peu, parce qu’avoir le niveau n’est pas suffisant. Il faut bien connaître le format de l’examen et la méthodologie.

Pourquoi passer le DALF C2 ?

J’ai travaillé avec beaucoup d’étudiants qui souhaitaient passer le C1, mais j’en ai connu beaucoup moins qui voulaient se préparer pour le C2. Pourtant, certaines étudiantes avec lesquelles j’ai travaillé à la préparation du C1 auraient pu le réussir, sans aucun doute.

Je pense que c’est le format de l’examen qui rebute les étudiants. En même temps, je n’ai jamais connu d’étudiant disant aimer l’exercice de synthèse du C1…

Mais il est vrai que le C1 est exigé pour s’inscrire à l’université en France dans la plupart des filières et que l’on pourrait se demander pourquoi s’embêter à préparer l’examen le plus difficile alors qu’il nous est seulement demandé de réussir le deuxième plus difficile et qu’un résultat de 50% est suffisant.

Même si je n’approuve pas vraiment le format des examens du DALF, je pense que réussir le C1 avec une note de 50/100 ne présage rien de très bon pour des études universitaires en France, à moins d’ensuite vraiment étudier la langue en long, en large et en travers avant d’attaquer l’année universitaire. Plus vous vous rapprochez du niveau C2, mieux c’est.

J’ai passé le C2 d’anglais il y a des années et d’après moi, il est beaucoup plus facile que celui de français. J’ai eu l’impression d’être vraiment évaluée sur mes connaissances de la langue anglaise, et non pas sur une quelconque méthodologie étrangère qui n’aurait eu que très peu de sens pour moi à l’époque. Je voulais me prouver que j’avais atteint un niveau d’anglais très avancé. Je me souviens d’avoir écrit un texte très personnel en production écrite. La production orale se faisait en binôme et pas du tout à partir d’un texte. Il y avait des exercices de grammaire et de vocabulaire (cette partie s’appelait Use of English). Et l’examen était beaucoup plus court.

En attendant que le format du DALF soit repensé (ne sait-on jamais ?), le C2 de français est ce qu’il est, et tout candidat qui le réussit peut se sentir vraiment fier. Beaucoup de Français ne le réussiraient pas. D’où mon scepticisme quant au format de cet examen…

Je ne connais pas de situations dans lesquelles on exige le C2, alors si vous décidez de le passer, c’est très probablement un défi personnel.

Je détaillerai le format des épreuves dans de futur posts, mais ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que les épreuves de compréhension et de production écrites sont regroupées. De même pour les épreuves de compréhension et de production orales. Les épreuves écrites durent 3 heures et 30 minutes. Les orales durent 2 heures au total. Comme pour le C1, on peut choisir Lettres et Sciences Humaines ou Sciences.

Des exemples de sujets peuvent être trouvés ici.

Reformulation : mettre

Comme j’en avais parlé dans un post il y a quelque temps, la reformulation est une compétence que vous devez travailler sérieusement si vous souhaitez passer les examens du DALF. Et aussi si vous voulez parler le français à un niveau vraiment avancé.

Reformuler, c’est exprimer un énoncé avec d’autres mots, d’autres structures, sans en modifier le sens.

Les verbes avoir, être, faire et dire sont parmi ceux les plus utilisés par les étudiants. C’est aussi le cas du verbe mettre.

Récemment, une étudiante me disait que c’était difficile de trouver une place où mettre sa voiture. Elle n’a pas encore un niveau très avancé, alors elle ne connaissait pas le verbe garer. Mais au niveau DALF, on s’attend à ce que vous connaissiez un tel verbe.

Voici quelques exemples de reformulation du verbe mettre :

  • J’ai mis la voiture devant la maison. = Je me suis garée devant la maison.
  • Je suis allée mettre de l’argent à la banque hier. = J’ai déposé de l’argent à la banque hier.
  • J’ai mis de l’argent dans sa nouvelle entreprise. = J’ai investi dans sa nouvelle entreprise.
  • Elle a mis les draps dans le placard. = Elle a rangé les draps dans le placard.
  • Il a mis discrètement 20€ dans la main du serveur. = Il a glissé 20€ dans la main du serveur.
  • J’ai mis des lumières partout dans le jardin. = J’ai installé des lumières partout dans le jardin.
  • Mets un pull et viens dehors avec moi deux minutes ! = Enfile un pull !
  • Elle a mis le trouble dans mon esprit. = Elle a semé le trouble dans mon esprit.
  • Elle a mis quatre ans pour faire sa recherche. = Elle a consacré quatre ans à sa recherche.
  • Tu peux mettre tes affaires ailleurs s’il te plaît ? = Tu peux déplacer tes affaires ?

Connecteurs logiques : d’ailleurs / par ailleurs

Si vous préparez le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important d’articuler votre discours avec ces mots et structures que l’on appelle “connecteurs logiques” ou “mots de liaison”. Ils permettent de structurer ce que vous avez à dire, de montrer le lien logique entre vos idées. Vous les utilisez sans y penser dans votre langue maternelle, sans aucun doute. Je les mentionne régulièrement car toutes les semaines, voire tous les jours, une étudiante me pose des questions à leur sujet ou je dois expliquer pourquoi tel connecteur n’a pas vraiment de sens dans un certain contexte même si parfois il se traduit exactement comme l’étudiante le pense, mais dans un contexte différent.

Bref, pour parvenir à une maîtrise totale des connecteurs logiques, c’est du boulot ! Et passer par la traduction ne suffit pas toujours. Commencez par comprendre ce qu’ils expriment (une nuance ? une opposition ? une explication ? la cause ? la conséquence ? etc.) Observez comment ils sont utilisés et essayez de les utiliser le plus possible. N’oubliez pas que c’est en vous trompant que vous finirez par comprendre !

Aujourd’hui, je souhaite parler de deux connecteurs qui posent souvent problème : d’ailleurs et par ailleurs. On les utilise tous les deux pour ajouter des éléments supplémentaires, mais d’ailleurs sert à renforcer l’idée de départ, à rebondir dessus, alors que par ailleurs ajoute une idée nouvelle mais pas totalement déconnectée de l’idée de départ.

J’ai remarqué que les étudiants les évitaient. Et quand je les oblige à les utiliser, ils ne sont pas à l’aise. Alors observez quelques exemples :

  • J’ai envie de manger des pâtes pour le déjeuner. D’ailleurs, c’est ce que je vais faire ! (I want to eat pasta for lunch. That’s exactly what I’m going to do!)
  • “Vous avez bien reçu les devoirs pour le cours de demain ?” “Oui ! Je voulais vous remercier d’ailleurs !” (Have you received the homework for tomorrow’s class? Yes, I wanted to thank you actually!)
  • “J’ai envie de lui téléphoner. Elle me manque.” “Moi, à ta place, j’attendrais un peu. D’ailleurs elle m’a dit qu’elle ne voulait pas te parler.” (I want to call her. – If I were you, I’d wait a bit. Actually, she’s told me she didn’t want to talk to you.)
  • Il faut que je lui envoie un texto. D’ailleurs, tu peux me donner son numéro ? (I need to send him a text message. Actually, can you give me his number?)
  • Je trouve Paris très sale. Par ailleurs, les gens ne sont pas très aimables. (I find Paris very dirty. Moreover, people aren’t very friendly.)
  • On travaillera sur le subjonctif au prochain cours. Par ailleurs, j’aimerais qu’on parle un peu de votre dernier écrit. (We’ll work on the subjunctive in the next class. I’d also like to talk a bit about your last written work.)
  • Nous aimerions vous offrir le poste. Par ailleurs, vous êtes invité au dîner de fin d’année la semaine prochaine. (We would like to offer you the position. In addition, you’re invited to the end-of-year dinner next week.)