Indicatif VS subjonctif

Une fois le niveau C atteint, les étudiant·e·s ont en général bien compris quand il fallait utiliser le subjonctif et l’indicatif, malgré quelques petits écarts occasionnels.

Cependant, des doutes persistent avec certains verbes et quand je corrige le subjonctif pour un indicatif et vice-versa dans certains écrits, la raison n’est pas toujours claire pour mes élèves.

En effet, il y a certains verbes qui peuvent être suivis du subjonctif ou de l’indicatif selon leur sens. C’est le cas de verbes comme dire, admettre, supposer, demander, comprendre, etc.

Observez :

  • Je ne l’aime pas beaucoup, mais j’admets qu’il est beau gosse.
  • Elle admet que son fils ne veuille pas faire d’études.

Dans la première phrase, le verbe admettre est synonyme de reconnaitre. Il a une valeur d’affirmation. Dans la seconde, admettre est synonyme d’accepter, avec donc une valeur d’acceptation.

  • Je comprends que c’est difficile pour toi.
  • Je comprends que ce soit difficile pour toi.

Dans la première, je fais un constat, je tiens pour vrai le fait que c’est difficile. Dans la seconde, j’accepte, je tiens pour possible le fait que ce soit difficile.

Un dernier exemple ?

  • Dis à ta sœur que je l’attends.
  • Dis à ta sœur qu’elle attende.

Dans la première, dire est un verbe déclaratif. Dans la deuxième, il introduit un ordre.

Rectification orthographique : ajout d’un accent sur le E

Parlons aujourd’hui de la règle F3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous apprend qu’un accent a été ajouté dans quelques mots où il avait été omis ou dont la prononciation a changé.

Pourquoi écrire assener, alors que l’on prononce asséner, refréner alors que l’on prononce réfréner ou gelinotte alors que l’on prononce gélinotte ?

Le e devient donc é si l’on prononce é et peut aussi devenir è si l’on prononce è.

Cette règle a clarifié quelque chose d’important pour moi. J’adore les magasins où l’on peut acheter des cahiers, des crayons, des classeurs, des gommes, des agendas, etc. Vous voyez de quel magasin je parle sans aucun doute. Vous savez comment il s’appelle ? J’ai toujours eu des doutes sur comment l’écrire. Car je l’ai souvent vu orthographié papeterie, alors que je l’ai toujours prononcé papèterie ! Je l’ai aussi très souvent vu mal orthographié en anglais, mais c’est un autre sujet.

La règle F3 explique que certains mots ont deux prononciations acceptées. On peut apparemment dire gangreneux ou grangréneux, receleur ou recéleur, et selon notre prononciation, on mettra un accent aigu sur le e ou non. Pareil pour certains mots tels que papeterie ou papèterie, louveterie ou louvèterie, etc. On mettra un accent grave sur le e selon notre prononciation. La règle parle aussi spécifiquement du mot féerique, que j’ai longtemps écrit féérique, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je me trompais, mais en fait, je ne me trompais pas ! Je dis féérique, je peux donc écrire féérique. Les deux orthographes sont possibles.

Cette règle n’est pas évidente si le français n’est pas votre langue maternelle je suppose. Mais je dirais que la tendance est plutôt de mettre l’accent quand deux prononciations sont possibles car la plupart des gens, me semble-t-il, prononcent ces mots avec le son é ou è. Tous les mots que j’ai cités ici avec deux prononciations possibles, je les prononce avec l’accent et j’ai l’impressions que je les entends toujours avec l’accent aussi.

ça VS cela

Je me suis rendu compte que je n’avais jamais écrit de post à ce sujet et pourtant, c’est quelque chose que je répète continuellement à mes étudiant·e·s : on utilise ça à l’oral et cela à l’écrit !

Toutefois, est-ce aussi simple que cela ?

En fait, il y a un peu plus à dire à ce sujet, et nous allons nous pencher là-dessus aujourd’hui.

Quand je corrige des écrits, je vois souvent “ça”. Et je mets toujours une annotation pour signaler qu’à l’écrit on utilise plutôt “cela”, car les codes de l’écrit et de l’oral sont complètements différents en français et que nous sommes beaucoup plus formels à l’écrit qu’à l’oral. Et si vous êtes pressé·e et n’avez pas le temps de lire plus aujourd’hui, vous pouvez vous arrêtez là, et pensez simplement à ne plus employer “ça” dans vos écrits.

Si vous avez le temps, développons un peu plus l’emploi de ces pronoms. On peut utiliser cela à l’oral bien sûr, et parfois, on n’a pas d’autre choix que d’employer ça.

  • Dans certaines expressions, il faut utiliser ça : Ça va ? Comment ça va ? Ça y est. Comme-ci comme-ça. Impossible d’utiliser cela dans ces expressions.
  • Dans d’autres expressions, on ne peut utiliser que cela, car ça est impossible, même à l’oral : cela dit, cela seul suffit.
  • Lorsque l’on fait une opposition avec ceci, on préfère continuer avec cela, à l’oral aussi.
  • Selon la structure d’une question, on pourra employer cela ou ça : Comment cela se fait-il ? Comment ça se fait ? (ça n’est pas possible dans le premier exemple et cela n’est pas possible dans le second)
  • Avec le verbe être, ça et cela deviennent le plus souvent c’c’est compliqué – mais on peut employer cela, en langage soutenu. On peut dire “cela est compliqué“, mais on ne peut pas dire “*ça est compliqué
  • Mais attention, si ça est précédé de “tout”, vous pouvez alors le garder devant le verbe être : tout ça est compliqué.

Il est entendu que ça relève le plus souvent du langage familier et oral mais si vous souhaitez parler de façon plus soutenue, cela n’est pas interdit à l’oral : Je vous appelle demain, si cela vous convient.

Voyons maintenant d’autres utilisations de ça que vous ne connaissez peut-être pas très bien.

Comment comprenez-vous ces phrases ?

  • Les enfants, ça n’est pas très prudent.
  • Les enfants, cela n’est pas très prudent.

Les deux phrases peuvent vouloir dire la même chose. On s’adresse aux enfants et on leur dit que ce qu’ils font ou s’apprêtent à faire n’est pas très prudent. Mais la première phrase peut être interprétée autrement. En langage familier, “ça” reprend les enfants, et on affirme que les enfants ne sont pas très prudents. On pourrait également dire, “les enfants, c’est pas très prudent” dans le même registre.

Nous pouvons donc utiliser “ça” pour nous référer à des personnes, mais cela reste familier.

  • Les enfants, ça fait trop de bruit ! (= ils font trop de bruit)
  • C’est qui, ça ? (= cette personne)

Employer “ça” pour parler d’une personne peut être assez péjoratif.

  • Ça n’a que 15 ans et ça fume déjà comme un pompier !
  • Ça veut devenir millionnaire mais ça veut pas travailler dur !

On peut aussi utiliser “ça” à l’oral à la place du “il” impersonnel : ça a plu toute la journée hier. (= il a plu) C’est quelque chose que j’avais remarqué quand j’avais déménagé en Haute-Savoie. Les gens de là-bas utilisaient beaucoup “ça” pour parler de la météo : ça pleut, ça neige, ça fait soleil, ça fait beau, etc. Je trouvais cela très bizarre au début, puis je m’y suis habituée.

Un dernier point dont je voudrais parler : ç’

Je dois dire que je ne l’utilise jamais moi-même, mais il existe. Il n’est pas obligatoire, mais devant le verbe avoir et les auxiliaires être et aller, ça peut devenir ç’, tout comme cela peut devenir c’ devant le verbe être ou en par exemple.

  • Ç’a l’air sympa ce film. (= ça a)
  • Ç’aurait été difficile de faire autrement. (= ça aurait)
  • Si ç’avait été facile, tout le monde aurait réussi.
  • Ç’allait pas marcher de toutes façons.

Si vous écrivez de façon informelle, “ça” est tout à fait acceptable. Je l’utilise moi-même régulièrement et je le vois beaucoup dans des articles au ton détendu. Cependant, si vous écrivez une lettre formelle ou que vous écrivez pour le DELF ou le DALF, évitez d’utiliser ça et préférez cela !

Rectification orthographique : suppression des anomalies

Nous allons voir la règle F2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous explique que quelques anomalies ont été supprimées.

Cette règle a beaucoup fait parler d’elle car c’est celle qui a supprimé le i de oignon pour en faire ognon, sur le modèle de rognon et trognon, et qui a rectifié le ph de nénuphar en f pour en faire nénufar. Il y a eu beaucoup de mécontents ! Je ne sais pas vraiment pourquoi…

Cette règle n’a pas touché énormément de mots. Le livre donne les exemples suivants (en plus d’ognon et nénufar) :

  • absous (participe passé du verbe absoudre) devient absout (logique car le féminin est absoute), et dissous (de dissoudre) devient dissout (comme le féminin dissoute)
  • levraut (jeune lièvre) devient levreau, comme agneau
  • relais devient relai, comme balai, essai
  • eczéma devient exéma, comme exécuter
  • asseoir devient assoir, rasseoir devient rassoir, etc.
  • appas devient appâts
  • cuissot devient cuisseau
  • douceâtre devient douçâtre
  • le h disparait dans saccharine, saccharose, saccharifier, etc. Ils deviennent donc saccarine, saccarose et saccarifier, etc.

Les deux orthographes de chaque mot sont toujours acceptées, mais il est préférable d’utiliser la nouvelle orthographe. Plus de gens l’utiliseront, plus elle deviendra normale.

À savoir que les rectifications sont en fait des corrections et que ceux qui ont crié au scandale quand il a été suggéré d’écrire nénufar au lieu de nénuphar, qui ont accusé les réformateurs de vouloir assassiner la langue française en faisant disparaitre son étymologie, n’étaient pas vraiment bien renseignés. Ce mot vient de l’arabe avec un f et non du grec avec un ph. L’étymologie est donc bien respectée. Il était écrit avec un f à l’origine, avant que quelqu’un fasse une erreur et qu’il se retrouve avec ph dans les dictionnaires, faisant ainsi oublier la graphie d’origine.

Comme expliqué dans le podcast dont j’ai parlé il y a deux jours, l’orthographe française n’est pas logique, et son manque de logique tient souvent à des erreurs…

Rectification orthographique : harmonisation des familles de mots

Nous arrivons à la règle F1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, grâce à laquelle quelques familles de mots ont été harmonisées.

Par famille de mots, on entend des mots qui sont construits sur le même radical. Par exemple : terre, terrestre, territoire, atterrir, déterrer, enterrement, etc. On peut observer le double R dans tous ces mots construits à partir de TERRE.

Ils existaient des anomalies dans certaines familles de mots selon lesquelles on écrivait par exemple imbécile, mais imbécillité, combattre, mais combatif, bonhomme, mais bonhomie, etc.

La réforme de 1990 a corrigé ces anomalies. On écrit maintenant imbécilité, comme imbécile, combattif, comme combattre et bonhommie, comme bonhomme.

On n’oublie pas de prendre en compte les règles D1, D2 et D3, et ensuite, pour les mots qui ont deux orthographes possibles, on choisit la graphie qui est le plus en harmonie avec sa famille, si le mot appartient à une famille.

Savoir reconnaitre et apprécier ses propres efforts

Comme je l’ai déjà écrit à maintes reprises, atteindre un niveau de langue semblable à un·e locuteur·trice de langue maternelle prend du temps. Beaucoup plus de temps que d’atteindre un niveau de communication décent.

J’ai travaillé avec des étudiant·e·s de tous niveaux et quand on me demandait autrefois quel niveau je préférais, je ne savais pas vraiment, je trouvais difficile de choisir. Aujourd’hui, je sais. Je préfère travailler avec les étudiant·e·s avancé·e·s. D’un côté, c’est plus difficile, mais d’un autre côté, je trouve ça plus intéressant. J’aime aussi les vrai·e·s débutant·es, celles et ceux qui n’ont jamais eu d’autres profs avant moi. C’est moins intéressant au début, mais c’est facile et on voit le progrès très vite. Et surtout, je suis sure qu’ils apprendront à maitriser le passé composé avant d’apprendre le subjonctif. Et quand ces étudiant·e·s peuvent enfin tenir des conversations en français, c’est vraiment satisfaisant !

Aujourd’hui, la majorité de mes élèves sont de niveau avancé. Certaines ont réussi le C1, ce qui n’est pas une mince affaire, et les autres le réussiraient sans aucun doute. Mais ce qu’ils et elles ont tout·e·s en commun, c’est cette frustration de ne pas parvenir à parler ou écrire sans faire d’erreurs. Et cela leur donne en plus l’impression d’être nul·le·s. Ils et elles sont tout·e·s très intelligent·e·s mais adorent tout·e·s se dénigrer quand il s’agit de leurs compétences linguistiques en français.

Je suis une ancienne snob du langage. J’étais du genre à juger sévèrement les autres (Français) quand ils faisaient des fautes d’orthographe ou s’exprimaient avec une grammaire douteuse. Quand j’ai vécu à Londres, je jugeais tout aussi sévèrement les Français et autres Européens qui y vivaient depuis des années mais qui ne maitrisaient pas du tout la grammaire anglaise.

J’ai radicalement changé et c’est un changement assez récent en fait. Je suis toujours assez exigeante avec moi-même mais j’ai compris qu’on n’était pas tous égaux devant les langues, l’orthographe, la grammaire, etc. Et si ça m’agace toujours un peu de voir des fautes dans les journaux ou dans la bouche des journalistes, qui sont des personnes supposées maitriser la langue, cela ne me dérange plus venant d’autres personnes, et encore moins de locuteurs non natifs. J’ai des amis qui sont fâchés avec l’orthographe de leur propre langue. Avec la grammaire aussi. Je ne vais pas arrêter de les aimer et de les fréquenter, ce serait dommage quand même !

Mais il y a un certain stigma attaché aux fautes de langage. On juge les autres qui en font, on se croit moralement supérieur si on fait moins d’erreurs, on s’offusque des fautes des autres, comme si elles étaient impardonnables, on dit des choses comme, “Ah, moi, ce que je supporte pas, c’est quand les gens écrivent ses au lieu de ces !” ou “je supporte pas quand les gens disent malgré que !” Comme si on était irréprochable nous-même. Et comme si ça affectait notre bien-être. Et oh, ce qu’on aime faire la leçon aux autres pour démontrer notre supériorité ! 🤮 Alors qu’en fait, la plupart de ces critiques ne viennent pas de linguistes, que la plupart de ces personnes ont très peu de connaissances linguistiques, et ne sont même pas conscientes, entre autres, que malgré que est devenu plus ou moins acceptable (certains livres de grammaire le mentionnent) et que les langues évoluent avec le temps et que leur complexe de supériorité n’y changera rien.

Tout ceci fait qu’on est facilement complexé de faire des fautes. On sait que l’on en fait, on sait que l’on est jugé et pour beaucoup d’entre nous, c’est une source de malaise. D’où ce sentiment de ne jamais être assez bon quand on apprend une langue et qu’on fait quelques erreurs par-ci par-là.

Beaucoup de mes étudiant·e·s avancé·e·s parlent plus de deux langues. Il y a une Anglaise qui en plus d’apprendre le français apprend le sanskrit (coucou si tu me lis !), deux Brésiliennes qui parlent un anglais très avancé en plus d’un très bon français, un Américain qui parle couramment russe et espagnol en plus d’avoir un excellent niveau de français et une prononciation presque sans accent, une Espagnole qui passe du français à l’espagnol et à l’anglais sans effort apparent, une Saoudienne (👋) qui parle très bien anglais et très bien français, un Américain qui parle espagnol et qui a atteint un niveau de français avancé en un an seulement, etc. Il y a aussi un anglais qui est peut-être un peu moins avancé mais quand même très bon, qui lui, apprend, en parallèle du français, l’italien, l’espagnol, le portugais, le russe, et je crois qu’il s’est mis au polonais aussi. Il étudie différemment des autres car ce qui lui importe, c’est de parler et de pouvoir communiquer quand il est à l’étranger. Il a appris d’autres langues par le passé et a une attitude très détendue. Il ne se soucie pas trop de faire des fautes mais il essaie de se corriger sur ses erreurs les plus fréquentes. Les autres, et d’autres que je n’ai pas mentionnés ici, ont tendance à être très sévères avec eux-mêmes. Peut-être que l’étudiant américain qui parle espagnol et l’étudiante saoudienne sont un peu plus détendus, et ce qu’ils ont en commun, c’est qu’ils sont plus jeunes que tous les autres. Je viens juste de me rendre compte que cela pourrait avoir une incidence sur leur façon d’aborder les erreurs.

Mais moi, quand je les écoute parler et/ou quand je les lis, je les trouve formidables. Eux, et elles, voient principalement leurs erreurs (et évidemment, c’est ce que je leur fais remarquer le plus pour qu’ils apprennent à se corriger), mais moi, je vois à quel point ils et elles sont doué·e·s, je les vois progresser avec constance, et j’aimerais qu’ils et elles soient moins dans le jugement envers eux·elles-mêmes.

Donc, si comme mes chers·ères élèves, vous avez un niveau de français avancé mais avez souvent l’impression de ne pas être à la hauteur, si vous vous sentez frustré·e car vous avez l’impression que vous n’y arriverez jamais, commencez déjà par reconnaitre tout le travail que vous avez fourni jusqu’ici et admettre que votre niveau de français est tout à fait honorable ! Si vous lisez ce blog régulièrement et le comprenez sans effort, votre niveau est sans aucun doute honorable 😉 Si quelqu’un parlait votre langue comme vous parlez français, vous penseriez quoi de cette personne ? Lui adresseriez-vous toutes les critiques que vous vous infligez ou vous diriez-vous qu’elle est vraiment douée ?

L’étude d’une langue est un projet qui peut durer toute une vie. On peut apprendre quelque chose de nouveau tous les jours. Personne ne connait tous les mots du dictionnaire. Personne ne fait jamais de fautes. À chaque fois que vous apprenez un nouveau mot, une nouvelle expression, que vous comprenez enfin pourquoi vous faites cette erreur depuis des années et travaillez pour la corriger, c’est du progrès. Vous ne pouvez pas apprendre tout ce que vous ne savez pas en une heure, un mois, un an. Vous pouvez apprendre beaucoup de choses mais il y aura toujours des choses que vous ne saurez pas. Si vous êtes sérieusement perfectionniste comme certaines de mes élèves, je peux le comprendre car je suis un peu pareille pour moi-même, mais dans ce cas-là, il faut se donner les moyens de son ambition. Autrement dit, il faut travailler méthodiquement et y passer du temps. Beaucoup de temps ! Et si vous faites les mêmes erreurs depuis des années car personne ne vous a jamais corrigé·e, il faudra probablement avoir recours à des exercices pas toujours super amusants, mais cela vaudra la peine au final. En linguistique, ces erreurs s’appelle “fossilisation”. Ce sont des erreurs très difficiles à corriger, c’est un processus qui prend du temps, mais en travaillant méthodiquement, tout peut se corriger. Pour ce type d’erreurs, je recommande de faire appel à un·e prof qui vous aidera à identifier vos erreurs et vous guidera pour les corriger.

Quelques règles de typographie

Si je me base sur les écrits de mes élèves, il semblerait que les règles de typographie en français ne soient pas bien connues des apprenant·e·s.

Je ne vais pas toutes les énumérer, mais je vais parler des plus utilisées. Il s’agit des règles par rapport à la ponctuation quand vous écrivez sur votre ordinateur ou autre appareil. Avez-vous remarqué qu’elles n’étaient pas toujours les mêmes en français qu’en anglais ?

  • . – le point : pas d’espace avant, une espace après
  • , – la virgule : pas d’espace avant, une espace après
  • ? – le point d’interrogation : une espace avant, une espace après
  • ! – le point d’exclamation : une espace avant, une espace après
  • ; – le point-virgule : une espace avant, une espace après
  • : – les deux points : une espace avant, une espace après
  • «  » – les guillemets (à la française) : une espace avant chaque, une espace après chaque
  • ” “ – les guillemets (à l’anglaise) : une espace avant et pas d’espace après le premier, pas d’espace avant et une espace après le deuxième
  • ( ) – les parenthèses : une espace avant et pas d’espace après la première, pas d’espace avant et une espace après la deuxième
  • … – les points de suspension : pas d’espace avant, une espace après

Mon mari se moque souvent gentiment de moi car quand je lui écris des messages en anglais, je ne fais pas toujours attention à la ponctuation et je laisse des espaces avant les points d’interrogation et d’exclamation par automatisme. Il ne comprend pas non plus pourquoi sur le clavier français, il faut “shifter” pour obtenir un point. Il trouve cela ridicule et je suis bien d’accord. Le point et le point-virgule sont sur la même touche. Le point-virgule est ce qu’on obtient en tapant sur cette touche. Pour le point, il faut appuyer sur shift avant.

J’avais entendu parler de nouveaux claviers il y a quelques mois, mais je ne sais pas si cela s’est ou va se concrétiser. Je pense que le clavier français (de type AZERTY) est un peu ridicule. On ne peut pas accentuer les majuscules. On doit shifter pour le point. Le ù n’apparait que dans un mot (où) mais il a sa touche (pas besoin de shifter). Il faut shifter pour les numéros. Et je suis sure qu’il y a d’autres spécificités aberrantes mais celles-ci sont celles qui me sont venues à l’esprit sans réfléchir.

Rectification orthographique : les mots en -olle et -otter et leurs dérivés

Règle D3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne les mots anciennement en -olle et leurs dérivés et les verbes anciennement en -otter et leurs dérivés.

  • Les noms tels que girolle et corolle s’écrivent maintenant girole et corole, et comme je ne le savais pas, il faut que je m’y habitue, mais il n’y a pas beaucoup de mots concernés et les noms monosyllabiques tels que colle, folle et molle ne sont pas affectés car ils sont bien implantés dans l’usage.
  • Les verbes formés sur une base en -ot, tel greloter formé sur grelot, s’écrivent avec un seul t, tandis que les verbes formés sur une base en -otte, tel botter formé sur botte, gardent les deux t. Quelques exemples de verbes et de dérivés affectés par cette règle : greloter, grelotement, balloter, ballotage, bécoter, bécotage, cocoter, baisoter, cliquoter, glavioter, etc.

Rectification orthographique : consonne simple après un e muet

Règle D2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle recommande d’employer une consonne simple et non une consonne double après un e instable, aussi appelé e muet.

Cela permet que la graphie soit logique avec la prononciation.

On écrira donc prunelier (au lieu de prunellier) car il se prononce /pʁynəlje/ et dentelier (au lieu de dentellier) car il se prononce /dɑ̃təlje/, même si l’on écrit prunelle et dentelle, dont le son final est /ɛl/.

Certains mots ont plusieurs prononciations possibles. On les écrira donc comme on choisit de les prononcer, ce qui est évidemment plus ambigu si le français n’est pas votre langue maternelle. Déjà que ce n’est pas évident pour les francophones natifs… C’est le cas de lunetier, que l’on peut également écrire lunettier.

Ce n’est pas une règle très facile à appliquer quand on ne connait pas bien la prononciation des mots, mais il me semble que cette règle touche peu de mots et que ce ne sont pas des mots que l’on utilise tous les jours.

Exprimer la cause

Quel est le connecteur de cause que vous utilisez le plus ? Je parie que c’est parce que. Et je pense que moi aussi ! À l’oral en tout cas. A l’écrit, j’essaie d’être un peu plus variée.

Je vais vous donner une petite liste non exhaustive d’autres possibilités, d’autres connecteurs que l’on peut employer pour exprimer la cause. Ils ne sont pas tous parfaitement interchangeables, mais ils expriment tous la cause.

Situation : Je sors. C’est la saison des pluies. Il risque de pleuvoir.

  • Je prends un parapluie parce qu’il risque de pleuvoir.
  • Je prends un parapluie car il risque de pleuvoir.
  • Je prends un parapluie. En effet, en cette saison, il risque fortement de pleuvoir.
  • Puisqu’il risque de pleuvoir à tout moment en cette saison, je vais prendre un parapluie.
  • Comme c’est la saison des pluies, je ne sors jamais sans mon parapluie.
  • Étant donné qu’il pleut presque tous les jours en ce moment, je vais prendre mon parapluie avec moi.
  • Je prends mon parapluie à cause du risque de pluie.
  • Je prends mon parapluie en raison du risque de pluie.
  • Vu qu’il pleut souvent en ce moment, je prends mon parapluie.

Je pense que ces connecteurs ne vous sont pas inconnus.

Maintenant, si je vous parle de connecteurs de cause tels que sous prétexte que/de, d’autant plus que, d’autant moins que, faute de, à force de, ce n’est pas que… mais, du fait de, etc., savez-vous les utiliser correctement ?

Quelques exemples :

  • Sous prétexte qu’il a trop de travail, il ne m’appelle jamais.
  • Sous prétexte d’avoir trop de travail, il ne m’appelle jamais

= Je n’y crois pas. Il dit qu’il a trop de travail et que c’est la raison pour laquelle il ne l’appelle pas, mais je ne le crois pas !

  • Elle a été d’autant plus déçue de ne pas te voir qu’elle était restée à la maison tous les autres soirs de la semaine à t’attendre.
  • J’ai d’autant moins de chances de gagner la course que mes adversaires sont tous médaillés olympiques.

= une cause se rajoute à une autre cause

  • Ce n’est pas que je ne voulais pas venir, mais j’étais malade !
  • Du fait de mon état de santé, je n’ai pas pu venir.
  • Faute de réponse de ta part, je suis allée seule au concert (= cause manquante : comme tu ne m’a pas répondu…)
  • À force de travailler comme un forcené, il a fini par tomber malade. (= cause répétée avec insistance : comme il a trop travaillé…)

Il existe une vaste quantité d’autres procédés pour exprimer la cause. D’autres connecteurs, des verbes, des noms… Ce n’est pas un problème d’utiliser parce que très souvent, mais si vous préparez le DALF, assurez-vous de maitriser quelques autres connecteurs de cause !