Qu’est-ce que le niveau C2 ?

https://www.eaquals.org/wp-content/uploads/Inventaire_ONLINE_full.pdf

Au niveau C2, l’apprenant :

Pour arriver à ce niveau, il faut des heures, des semaines, des années et un certain sérieux dans son apprentissage, une certaine constance, et l’envie de comprendre la langue et la culture dans tous ses détails.

Je ne dis pas qu’il est impossible d’atteindre un niveau C2 sans avoir vécu dans un pays francophone, mais je pense que c’est beaucoup plus difficile et que cela demande beaucoup plus de temps. Tous les étudiants que j’ai connus et qui avaient atteint ce niveau avaient passé du temps en France. Ils connaissaient et comprenaient la culture, ils avaient une certaine passion pour tout ce qui était français, francophone, ils avaient remarqué ces petites choses qu’on ne peut que remarquer en passant du temps dans un pays au contact des natifs de la langue.

Petit rappel :

Quand on étudie le français au niveau C2, on est en phase de perfectionnement. Si vous avez obtenu le C1 ou que vos compétences équivalent aux compétences du C1, il n’existe plus beaucoup de manuels de FLE pour vous accompagner dans votre apprentissage.

Mais vous avez Internet (sur lequel le français est la 4ème langue) et un nombre incalculable de ressources écrites ou orales. Il faut lire et écouter autant que possible, observer, analyser le langage, et le réutiliser à l’oral et à l’écrit. Même si vous n’aimez pas l’argot et le langage familier, il faut en comprendre les subtilités. Pareil pour le langage soutenu. Et l’humour aussi. Même si l’humour français est très différent de ce que vous connaissez, il faut que vous puissiez comprendre pourquoi ça peut être drôle pour les Français. Et ceci demande une connaissance approfondie de la culture française.

Passer du temps dans un pays francophone est un atout incomparable, sous réserve que vous ne passiez pas votre temps avec des gens avec lesquels vous ne parlerez pas français. J’ai passé trois ans en Espagne et je ne suis pas fière de dire que mon niveau d’espagnol est au mieux un petit B2, tirant sur le B1, maintenant que je ne pratique plus. J’aurais pu être tellement meilleure si j’avais fait l’effort de passer du temps avec des Espagnols, si j’avais pris part à des activités qui me poussaient à parler espagnol, etc. Mais j’ai principalement parlé anglais dans ma vie quotidienne, et français pour le travail. Au contraire, pour l’anglais, je me suis immergée le plus possible. Pendant mes 6 premiers mois aux US, je n’ai pas parlé un mot de français. J’ai regardé des films à la pelle, j’analysais toutes les chansons que j’aimais, je passais du temps avec des gens qui ne parlaient qu’anglais, j’ai eu un copain américain, etc, et après avoir quitté les US, j’ai continué à absorber de l’anglais le plus possible, même quand j’ai vécu dans des pays non anglophones. J’aime m’endormir en écoutant quelque chose, ça me berce. En Suisse, je m’endormais en écoutant un épisode de Friends tous les soirs. Je les connais tous par cœur et j’ai appris un tas d’expressions avec cette série. Encore maintenant, je repère les mots que je ne connais pas quand je lis ou quand je regarde une série ou un film en anglais. Il y en a de temps en temps et j’adore ça.

Si vous pensez vous présenter à l’examen du DALF C2, pensez-vous que vos compétences correspondent aux compétences exigées en C2 ? Pensez-vous saisir les subtilités de la langue dans tous les registres ? Êtes-vous à l’aise avec les expressions idiomatiques ? Pensez-vous comprendre la culture française au point de comprendre l’humour français ? Êtes-vous à l’aise avec tous les styles de littérature ? Vous exprimez-vous clairement et sans hésitation ? Si vous n’êtes pas sûr, peut-être devriez-vous vous donner plus de temps. Surtout que le DALF C2 est très académique et que beaucoup de Français ne le réussiraient pas ! Mais si vous êtes sûr de vous, alors foncez ! Mais préparez-vous quand même un peu, parce qu’avoir le niveau n’est pas suffisant. Il faut bien connaître le format de l’examen et la méthodologie.

Pourquoi passer le DALF C2 ?

J’ai travaillé avec beaucoup d’étudiants qui souhaitaient passer le C1, mais j’en ai connu beaucoup moins qui voulaient se préparer pour le C2. Pourtant, certaines étudiantes avec lesquelles j’ai travaillé à la préparation du C1 auraient pu le réussir, sans aucun doute.

Je pense que c’est le format de l’examen qui rebute les étudiants. En même temps, je n’ai jamais connu d’étudiant disant aimer l’exercice de synthèse du C1…

Mais il est vrai que le C1 est exigé pour s’inscrire à l’université en France dans la plupart des filières et que l’on pourrait se demander pourquoi s’embêter à préparer l’examen le plus difficile alors qu’il nous est seulement demandé de réussir le deuxième plus difficile et qu’un résultat de 50% est suffisant.

Même si je n’approuve pas vraiment le format des examens du DALF, je pense que réussir le C1 avec une note de 50/100 ne présage rien de très bon pour des études universitaires en France, à moins d’ensuite vraiment étudier la langue en long, en large et en travers avant d’attaquer l’année universitaire. Plus vous vous rapprochez du niveau C2, mieux c’est.

J’ai passé le C2 d’anglais il y a des années et d’après moi, il est beaucoup plus facile que celui de français. J’ai eu l’impression d’être vraiment évaluée sur mes connaissances de la langue anglaise, et non pas sur une quelconque méthodologie étrangère qui n’aurait eu que très peu de sens pour moi à l’époque. Je voulais me prouver que j’avais atteint un niveau d’anglais très avancé. Je me souviens d’avoir écrit un texte très personnel en production écrite. La production orale se faisait en binôme et pas du tout à partir d’un texte. Il y avait des exercices de grammaire et de vocabulaire (cette partie s’appelait Use of English). Et l’examen était beaucoup plus court.

En attendant que le format du DALF soit repensé (ne sait-on jamais ?), le C2 de français est ce qu’il est, et tout candidat qui le réussit peut se sentir vraiment fier. Beaucoup de Français ne le réussiraient pas. D’où mon scepticisme quant au format de cet examen…

Je ne connais pas de situations dans lesquelles on exige le C2, alors si vous décidez de le passer, c’est très probablement un défi personnel.

Je détaillerai le format des épreuves dans de futur posts, mais ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que les épreuves de compréhension et de production écrites sont regroupées. De même pour les épreuves de compréhension et de production orales. Les épreuves écrites durent 3 heures et 30 minutes. Les orales durent 2 heures au total. Comme pour le C1, on peut choisir Lettres et Sciences Humaines ou Sciences.

Des exemples de sujets peuvent être trouvés ici.

Reformulation : mettre

Comme j’en avais parlé dans un post il y a quelque temps, la reformulation est une compétence que vous devez travailler sérieusement si vous souhaitez passer les examens du DALF. Et aussi si vous voulez parler le français à un niveau vraiment avancé.

Reformuler, c’est exprimer un énoncé avec d’autres mots, d’autres structures, sans en modifier le sens.

Les verbes avoir, être, faire et dire sont parmi ceux les plus utilisés par les étudiants. C’est aussi le cas du verbe mettre.

Récemment, une étudiante me disait que c’était difficile de trouver une place où mettre sa voiture. Elle n’a pas encore un niveau très avancé, alors elle ne connaissait pas le verbe garer. Mais au niveau DALF, on s’attend à ce que vous connaissiez un tel verbe.

Voici quelques exemples de reformulation du verbe mettre :

  • J’ai mis la voiture devant la maison. = Je me suis garée devant la maison.
  • Je suis allée mettre de l’argent à la banque hier. = J’ai déposé de l’argent à la banque hier.
  • J’ai mis de l’argent dans sa nouvelle entreprise. = J’ai investi dans sa nouvelle entreprise.
  • Elle a mis les draps dans le placard. = Elle a rangé les draps dans le placard.
  • Il a mis discrètement 20€ dans la main du serveur. = Il a glissé 20€ dans la main du serveur.
  • J’ai mis des lumières partout dans le jardin. = J’ai installé des lumières partout dans le jardin.
  • Mets un pull et viens dehors avec moi deux minutes ! = Enfile un pull !
  • Elle a mis le trouble dans mon esprit. = Elle a semé le trouble dans mon esprit.
  • Elle a mis quatre ans pour faire sa recherche. = Elle a consacré quatre ans à sa recherche.
  • Tu peux mettre tes affaires ailleurs s’il te plaît ? = Tu peux déplacer tes affaires ?

Connecteurs logiques : d’ailleurs / par ailleurs

Si vous préparez le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important d’articuler votre discours avec ces mots et structures que l’on appelle “connecteurs logiques” ou “mots de liaison”. Ils permettent de structurer ce que vous avez à dire, de montrer le lien logique entre vos idées. Vous les utilisez sans y penser dans votre langue maternelle, sans aucun doute. Je les mentionne régulièrement car toutes les semaines, voire tous les jours, une étudiante me pose des questions à leur sujet ou je dois expliquer pourquoi tel connecteur n’a pas vraiment de sens dans un certain contexte même si parfois il se traduit exactement comme l’étudiante le pense, mais dans un contexte différent.

Bref, pour parvenir à une maîtrise totale des connecteurs logiques, c’est du boulot ! Et passer par la traduction ne suffit pas toujours. Commencez par comprendre ce qu’ils expriment (une nuance ? une opposition ? une explication ? la cause ? la conséquence ? etc.) Observez comment ils sont utilisés et essayez de les utiliser le plus possible. N’oubliez pas que c’est en vous trompant que vous finirez par comprendre !

Aujourd’hui, je souhaite parler de deux connecteurs qui posent souvent problème : d’ailleurs et par ailleurs. On les utilise tous les deux pour ajouter des éléments supplémentaires, mais d’ailleurs sert à renforcer l’idée de départ, à rebondir dessus, alors que par ailleurs ajoute une idée nouvelle mais pas totalement déconnectée de l’idée de départ.

J’ai remarqué que les étudiants les évitaient. Et quand je les oblige à les utiliser, ils ne sont pas à l’aise. Alors observez quelques exemples :

  • J’ai envie de manger des pâtes pour le déjeuner. D’ailleurs, c’est ce que je vais faire ! (I want to eat pasta for lunch. That’s exactly what I’m going to do!)
  • “Vous avez bien reçu les devoirs pour le cours de demain ?” “Oui ! Je voulais vous remercier d’ailleurs !” (Have you received the homework for tomorrow’s class? Yes, I wanted to thank you actually!)
  • “J’ai envie de lui téléphoner. Elle me manque.” “Moi, à ta place, j’attendrais un peu. D’ailleurs elle m’a dit qu’elle ne voulait pas te parler.” (I want to call her. – If I were you, I’d wait a bit. Actually, she’s told me she didn’t want to talk to you.)
  • Il faut que je lui envoie un texto. D’ailleurs, tu peux me donner son numéro ? (I need to send him a text message. Actually, can you give me his number?)
  • Je trouve Paris très sale. Par ailleurs, les gens ne sont pas très aimables. (I find Paris very dirty. Moreover, people aren’t very friendly.)
  • On travaillera sur le subjonctif au prochain cours. Par ailleurs, j’aimerais qu’on parle un peu de votre dernier écrit. (We’ll work on the subjunctive in the next class. I’d also like to talk a bit about your last written work.)
  • Nous aimerions vous offrir le poste. Par ailleurs, vous êtes invité au dîner de fin d’année la semaine prochaine. (We would like to offer you the position. In addition, you’re invited to the end-of-year dinner next week.)

Les thèmes du DALF

Quand vous vous inscrivez au à l’examen du DALF, vous devez choisir entre deux domaines : Lettres et Sciences Humaines (LSH) ou Sciences.

Voici donc une liste des grands thèmes du DALF, avec quelques exemples.

Dans le domaine des LSH, on retrouve :

  • la langue française (la réforme de l’orthographe, la francophonie…)
  • le travail (le bonheur au travail…)
  • l’éducation (les études en France, l’enseignement de l’histoire à l’école…)
  • l’environnement (la pollution de l’air, le vélo en ville…)
  • la nourriture et l’alimentation (le véganisme…)
  • la lecture et littérature (les livres numériques…)
  • les nouvelles technologies (le téléphone portable à l’école, Internet et les jeunes, les réseaux sociaux…)
  • l’apparence et la mode (l’obésité…)
  • les problèmes sociétaux (l’égalité hommes-femmes, le bien-être animal, la démocratie…)
  • le bonheur et le bien-être (l’équilibre vie privée, vie professionnelle…)
  • les voyages et le tourisme (l’écotourisme, les voyages de luxe…)
  • les âges de la vie (vieillir dans notre société jeuniste…)
  • la société de consommation (le gaspillage…)
  • la santé (le handicap…)

Les thèmes se recoupent souvent, comme par exemple le handicap dans le monde du travail (travail et santé), le téléphone portable à l’école (technologie et éducation), l’écotourisme (environnement, tourisme, société de consommation) et très souvent, chaque thème peut être abordé d’un point de vue sociétal.

Dans le domaine des Sciences, on retrouve :

  • l’écologie (la guerre mondiale de l’eau…)
  • la recherche médicale (les nouveaux virus…)
  • le progrès scientifique (l’innovation technologique dans les transports…)
  • les dangers de la science (le clonage…)
  • la recherche spatiale (le voyage spatial touristique…)

Quels connecteurs utiliser ?

Voici un article dans lequel j’ai enlevé quelques connecteurs logiques. Essayez de réfléchir à ce que vous pourriez écrire aux endroits où il manque des mots. Il faut que ce soit logique au niveau du sens et au niveau de la grammaire. Amusez-vous bien !

Le tourisme en vélo se développe en Europe

Les régions transfrontalières bénéficient de fonds européens pour aménager des voies cyclables et favoriser le tourisme vert.

Des Pays-Bas à la région Grand Est, les balades en vélo le long des fleuves, rivières, canaux sont nombreuses en Europe. Tous les ans, de plus en plus de familles européennes optent pour des vacances en prise directe avec la nature et à la découverte d’une région. L’Ardenne est à ce titre une région exemplaire avec deux grands itinéraires ceinturant la région, l’EuroVélo 5 et La Meuse à vélo.

Avec « la Meuse à vélo », ce sont 1152 km de routes balisées par lesquelles il est possible de relier les sources du fleuve, sur le plateau de Langres, à son embouchure à proximité de La Haye aux Pays-Bas. L’Euro-vélo 5 et ses 3300 km de Londres à Brindisi, vous emmène sur les traces des pèlerins qui se rendaient à Jérusalem. Cette route traverse six pays différents et relie de nombreuses cathédrales, églises, monuments et musées qui rappellent l’importance de ce pèlerinage. Elle relie ________ une partie des sièges des principales institutions européennes : Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg ________ Rome, lieu de naissance de l’Union européenne à la suite de la signature du Traité de Rome en 1957.

_________, les liaisons entre ces deux grands itinéraires sont quasiment inexistantes, ce qui les rend imperméables l’un à l’autre.

Une grande enquête a été lancée auprès des usagers, _______ les plus jeunes, qu’ils soient fréquents, habitants locaux pour leurs déplacements quotidiens, ou occasionnels, touristes voyageant sur de plus longues distances et souvent en groupe. C’est en se basant sur leurs remarques et constatations que la région, appuyée par la Fédération européenne des Cyclistes (ECF), a élaboré le projet « Ardenne Cyclo ».

Soutenu par le programme de coopération transfrontalière Interreg, et tout particulièrement celui de la région France – Wallonie – Vlaanderen (Flandre), il vise à créer deux nouvelles vélo-routes touristiques transfrontalières à travers le massif ardennais, à cheval entre la France et la Belgique.

  • Une boucle de 170 km reliant La Meuse à Vélo et la Voie Verte Trans-Ardennes de Givet à Monthermé en France.
  • Un itinéraire de 110 km reliant l’EuroVélo 5 et La Meuse à vélo du Luxembourg belge et à travers la Vallée de la Semois, l’itinéraire passant par une mosaïque de paysages variés, ________ par des sites patrimoniaux emblématiques de l’Ardenne, comme le viaduc de Conques.

Les objectifs du projet sont clairs : encourager l’écotourisme, favoriser une mobilité transfrontalière douce, améliorer la connexion de tronçons isolés et la résorption de passages dangereux et ______ faciliter les déplacements sur des axes bien structurés dans des environnements variés (campagne, forêt, ville et villages, lacs, rivières).

Et ce sont _____ près de 2,18 millions d’euros (le coût total du projet dépasse les 4,3 millions d’euros), financés par le FEDER, que le programme Interreg V investit dans l’amélioration de l’expérience du tourisme à vélo et pour la sécurité des cyclistes. ________ les données statistiques sont peu fiables, le cyclotourisme en Europe représenterait 5 à 7 % du tourisme global (chiffres de 2012) avec une croissance attendue de 10 à 15 % par an. __________ cette croissance est très irrégulière entre le Nord et le Sud du continent.

Un projet qui veut s’élargir à toute la région France / Bénélux

_____________ Ardenne cyclo, le projet Eurocyclo se développe parallèlement _______ attirer plus d’Européens à faire usage de leur bicyclette. C’est une tradition bien ancrée aux Pays-Bas et de plus en plus encouragée dans les grandes métropoles. Lui ______ financé par le programme Interreg V, le projet permettra de réaliser une boucle de découverte de l’Euro-région toujours ________ d’encourager l’utilisation du vélo et faciliter les déplacements en toute sécurité (création de sections manquantes entre les voies existantes et multiplication des connexions transfrontalières).

Connaissez-vous Euro-vélo ?

EuroVelo est né d’une rencontre entre la Fédération européenne de Cyclistes (ECF) et ses partenaires britanniques et danois (Sustrans et de Frie Fugle) en 1995. L’idée originale était la création d’un réseau de douze routes longue-distance qui traverseraient le continent. L’engagement d’ECF veut permettre l’augmentation de l’utilisation du vélo pour le développement de la mobilité durable et du bien-être public. _____ atteindre ces objectifs, ECF cherche à changer les attitudes, la politique et les budgets au niveau européen. L’achèvement du réseau de 70 000 km est prévu pour 2020. Leur site internet, très bien fait, propose une carte interactive des 15 routes existantes, détaillant les étapes, les visites à faire, des circuits avec hébergement ainsi qu’un calendrier des évènements (__________ les marchés de Noël au mois de décembre)

Si c’est un peu difficile sans choix, essayez de replacer les connecteurs suivants dans le texte : dans le but de, même si, également, en complément de, ainsi que (x2), afin de, pour, cependant (x2), y compris, par exemple, enfin, donc

Pour comparer vos réponses avec le texte original, cliquez ici. Il est possible que vos réponses soient correctes même si vos choix sont différents de ceux de l’auteure. Si vous avez écrit cependant et l’auteure toutefois, par exemple, votre choix est valide. Les deux adverbes expriment une concession et s’utilisent de la même façon. Par contre, si vous avez écrit de plus, et l’auteur cependant, ce n’est pas correct, car avec de plus, on ajoute une idée qui va dans le même sens que l’idée précédente, alors qu’avec cependant, on exprime une concession.

Faire des dictées

Les dictées permettent non seulement d’améliorer son écrit mais aussi sa compréhension orale, sa grammaire et son vocabulaire.

J’encourage tous mes étudiants à faire des dictées régulièrement. On en fait ensemble en cours de temps en temps et beaucoup d’entre eux utilisent ce site pour en faire plus. Vous pouvez l’utiliser sans créer de compte et commencer immédiatement. Vous pouvez aussi vous créer un compte gratuit et garder une trace de ce que vous avez fait.

Ce site est formidable car il propose une variété de dictées de différents niveaux, sur différents thèmes, avec des corrections en vidéo qui expliquent les points difficiles et vous permet de prendre conscience de ce que vous ne maîtrisez pas encore et que vous aurez peut-être envie de retravailler plus en détail. Ce sont pour la plupart des extraits de livres, très courts.

Ecrire en français n’est pas facile. J’ai rencontré peu d’étudiants qui pensaient le contraire. Il faut faire attention à tout quand on écrit. Ai-je bien conjugué mon verbe, accordé mon participe passé, accordé mon adjectif ? Ai-je bien choisi mes mots pour exprimer précisément les idées que je voulais transmettre ? Ai-je bien structuré mes phrases ?

Quand on fait une dictée, on travaille :

  • l’orthographe : bien sûr, c’est le but de cet exercice. Quand j’étais en primaire, on faisait des dictées toutes les semaines. Peut-être même tous les jours, je ne m’en souviens pas très bien. Si pour certaines personnes, l’orthographe est évidente, pour d’autres, c’est différent. Plus on voit/utilise les mots, plus on a de chance de les mémoriser. L’orthographe française n’est pas facile, mais on peut devenir très bon si on la travaille régulièrement. Les consonnes finales qui ne se prononcent pas et les doubles consonnes pourront un jour n’avoir aucun secret pour vous !
  • la grammaire : quand on fait une dictée, on se concentre sur la grammaire. Les dictées courtes sont plus faciles à relire et à analyser que les textes plus longs qu’on écrit parfois. L’exercice nous rend aussi plus conscient de la grammaire. C’est une des raisons pour lesquelles on le fait ! On vérifie que chaque verbe est bien conjugué, chaque adjectif bien accordé et on applique les règles de l’accord du participe passé !
  • le vocabulaire : parfois on ne comprend pas certains mots et quand on fait une dictée on doit tout écrire. Est-ce que ce mot nous rappelle un autre mot ? Peut-être sont-ils de la même famille. Si vous n’avez pas la moindre idée, essayez au moins d’écrire quelque chose qui soit phonétiquement logique. Puis, quand vous voyez le texte original, recherchez ce nouveau mot et empressez-vous de le réutiliser pour ne pas l’oublier !
  • la compréhension orale : il faut écouter avec attention. Entend-on un pluriel ou pas ? Si petit et petits se prononcent de la même façon quand ils sont seuls, il seront prononcés différemment dans “petit éléphant” et “petits éléphants“. Il faut prêter attention aux liaisons, aux pauses, à l’intonation pour être sûr de bien comprendre. Parfois, on a du mal à différencier les mots. Ai-je entendu Jean porte des livres ou j’emporte des livres ?

Quand vous préparez le B2, le C1 ou le C2, c’est un bon site à visiter régulièrement.

Arguments et exemples

Quand vous écrivez un essai argumentatif, il est très important que vous justifiiez vos arguments avec des exemples. Beaucoup d’étudiants semblent avoir du mal à le faire. Je lis souvent des essais qui présentent des arguments sans aucune justification. 

J’avais le même problème quand j’étais plus jeune. Mes profs de français me répétaient tout le temps que je devais développer mes idées car je donnais des réponses aux questions posées en un minimum de mots. Pour moi, cela suffisait à répondre à la question. J’aime les choses concises. J’étais d’ailleurs très bonne pour faire des résumés. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait faire cinq phrases quand, de mon point de vue, on pouvait dire la même chose en une seule. J’avais aussi ce petit côté rebelle qui pensait que j’avais le droit de penser ce que je voulais sans avoir à me justifier. Evidemment, je passais complètement à côté du but de l’exercice. Je ne saurais dire si ce but n’était pas clair parce que je n’avais pas été attentive ou si parce que les profs de l’époque ne s’embêtaient pas trop à nous expliquer pourquoi on faisait ce qu’on faisait en classe.

Aujourd’hui, je comprends beaucoup mieux pourquoi il importe de justifier ce que l’on dit et j’essaie de le faire comprendre à mes étudiants aussi. Plus vous expliquez pourquoi vous dites ce que vous dites, plus vous serez convaincant ! Et c’est ce qu’on vous demande : soyez convaincant !

Prenons un exemple : si l’on vous demande d’écrire un essai sur le thème de l’économie collaborative et de réagir à un article que vous avez lu dans un magazine qui critiquait durement ce type d’économie pour donner votre opinion, qu’allez-vous écrire ?

Vous pourriez écrire que vous comprenez que certaines personnes n’apprécient pas l’économie collaborative, surtout les hôteliers et les chauffeurs de taxis car ils gagnent moins d’argent maintenant, mais que pour les gens ne disposant pas d’un gros budget, Airbnb et Uber, c’est vraiment super. 

Voilà, votre opinion est donnée. 

Mais est-ce que vous m’avez convaincue de quoi que ce soit ? Est-ce que je vous prends au sérieux si c’est tout ce que vous avez à me proposer comme arguments ? Non, et non !

À chaque fois que mes étudiants affirment quelque chose, je demande pourquoi. Puis si leur réponse ne me satisfait pas totalement, je redemande pourquoi. Je pousse le pourquoi jusqu’à ce que j’ai vraiment compris pourquoi ils pensent comme ils pensent. Et c’est le raisonnement qu’il faut avoir quand on écrit pour convaincre. 

Parfois, c’est difficile de penser à des arguments et à des exemples quand le sujet ne nous touche pas de près. Il y a plein de sujets sur lesquels je n’ai pas d’opinion tranchée. Il y a plein de thèmes dont je me moque totalement. Et je sais que cela se passe avec mes étudiants aussi. Je suggère toujours de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre. Si l’on vous demande d’écrire au maire de votre ville pour protester contre un projet, mais que dans la vie, vous ne feriez jamais une telle chose, mettez-vous dans la peau d’un citoyen très militant, inventez-vous un personnage le temps d’un essai et imaginez ce que cette personne pourrait avoir à dire. Ce n’est pas toujours évident à faire, mais si vous le faites régulièrement, c’est comme tout, ça devient plus facile !

Si l’on retourne au sujet de l’économie collaborative, un des mes arguments est que c’est très bien pour les gens qui n’ont pas beaucoup de moyens. Pourquoi je pense ça ? Je peux m’appuyer sur ma propre expérience, sur celle de personnes que je connais, sur des situations que je connais ou je peux m’inventer un personnage. Et de cette façon, développer mon argumentation. Par exemple : si le seul choix qui s’offraient aux gens pour se loger en vacances étaient les hôtels, beaucoup de gens ne pourraient pas se permettre d’aller en vacances. Les hôtels coûtent cher et quand on loge à l’hôtel, il faut aussi calculer qu’on devra probablement manger au restaurant. Si un couple de Français moyens sans enfant peut probablement l’envisager, cela devient beaucoup plus difficile pour une famille avec deux enfants, même si les parents travaillent et surtout s’ils ne touchent que le salaire minimum. Par conséquent, les plateformes communautaires telles qu’Airbnb sont une alternative bienvenue pour beaucoup de familles. Elles permettent de réduire les dépenses et de mieux profiter de ses vacances. 

Et voilà. J’ai développé un argument. 

Dans vos essais argumentatifs, il faut essayer d’en développer trois. Selon le sujet, deux peuvent parfois suffire, mais en général, c’est trois. 

Pratiquez en vous demandant parfois pourquoi vous pensez ce que vous pensez et développez une petite argumentation dans votre tête ou à l’écrit.

Les connecteurs logiques

Si vous étudiez le français depuis un moment, vous avez probablement entendu parler des connecteurs logiques et de leur importance dans le discours, que ce soit à l’écrit ou à l’oral. 

On en parle beaucoup quand on prépare un examen et j’ai déjà entendu des étudiants me dire qu’ils détestaient les connecteurs logiques. Pourtant, ils sont nécessaires et vous les utilisez régulièrement sans même vous en rendre compte. Ce sont ces petits mots qui servent à connecter vos idées et à articuler votre discours de façon cohérente. 

Ce qui est vrai, c’est qu’il y en a énormément en français et que quand vous atteignez un certain niveau, on attend de vous que vous utilisiez des connecteurs un peu plus élaborés que et, mais, parce que, donc, etc.

Je crois que la raison pour laquelle les étudiants ne sont pas toujours à l’aise avec les connecteurs logiques, c’est que bien souvent, des connecteurs exprimant la même idée s’utilisent complètement différemment. Certains vont exiger le subjonctif, d’autres l’indicatif. Certains vont se placer en début de phrase, d’autres en fin de phrase. Et même quand ils expriment la même idée, ils ne sont pas toujours interchangeables. Il y a en effet de quoi s’arracher les cheveux.

Cependant, je pense que si l’on y va petit à petit et que l’on s’efforce d’utiliser ces connecteurs pour tester comment ils fonctionnent, ce qui marche, ce qui ne marche pas, on finit par les trouver assez faciles en fait. J’ai vu beaucoup d’étudiants prendre confiance en eux avec les connecteurs à force de pratiquer. 

Ce qui peut être intéressant à faire aussi, c’est de relever tous les connecteurs qu’on observe quand on lit un texte et de se demander ce qu’ils expriment et ce qu’ils permettent de faire. Expriment-ils la cause, la conséquence, le but, l’opposition, la concession, le temps ? Servent-ils à introduire une idée, ajouter une idée similaire à la précédente, ajouter une idée nouvelle, renforcer une idée, préciser sa pensée, conclure ? Puis on peut observer s’ils sont suivis de l’indicatif, du subjonctif ou de l’infinitif et où ils sont placés dans la phrase. 

Vous savez tous utiliser parce que, mais savez-vous utiliser puisque, comme, sous prétexte que, en effet, étant donné, en raison de, pour, à force de, faute de, grâce à, dès lors que, etc., pour exprimer la cause ? Et je lis beaucoup d’écrit contenant des donc pour exprimer la conséquence, mais savez-vous utiliser par conséquent, c’est pourquoi, d’où, de sorte que, de ce fait, en conséquence, au point de, ainsi, aussi, etc. pour exprimer la même idée ?

J’ai parfois l’impression que les étudiants sont un peu dépassés par les connecteurs car bien souvent, on essaie d’en apprendre trop d’un seul coup. Et quand on se retrouve avec une longue liste de connecteurs qu’on a jamais vraiment utilisés auparavant, ça peut être décourageant. On se demande aussi à quoi ça sert d’en connaître autant s’ils expriment tous la même chose. On pourrait probablement communiquer sans véritable souci en en connaissant seulement quelques-uns. Pas faux, mais si vous limitez votre connaissance des connecteurs, vous allez énormément limiter vos compétences en français, car vous serez incapable de nuancer vos propos et d’adopter le ton adéquat à chaque situation. Vous risquez aussi de mal comprendre ce que vous écoutez ou lisez. Cela prend du temps mais vaut vraiment la peine ! 

À chaque fois que vous apprenez un nouveau connecteur, efforcez-vous de l’utiliser autant que possible jusqu’à ce que vous soyez à l’aise avec lui, puis passez au suivant. Faites des listes de connecteurs, avec des exemples pour chacun. Quand vous préparez un examen, assurez-vous d’être à l’aise avec une grande variété de connecteurs, surtout pour le DALF. 

J’essaierai d’écrire des posts plus spécifiques sur les connecteurs à l’avenir. 

DALF C1 – Essai argumentatif : quel type de plan choisir ?

L’essai du DALF C1 est évalué ainsi : 

source : http://www.ciep.fr/delf-dalf

Comme vous pouvez l’observer, votre capacité à argumenter, la cohérence et la cohésion de votre discours pèsent plus lourd dans la note finale que les compétences linguistiques. Elles ne sont toutefois pas à négliger car si votre vocabulaire est pauvre et votre grammaire douteuse, vous aurez du mal à argumenter clairement. 

Vous savez qu’il vous faut écrire selon un plan qui contient toujours une introduction, un développement (généralement en 3 parties) et une conclusion. Si vous en êtes arrivé là, vous ne pouvez pas ignorer ceci. 

Maintenant, votre développement peut prendre plusieurs formes et plusieurs plans sont possibles. Selon le sujet, vous en choisirez un plutôt qu’un autre. 

  • le plan causes / conséquences / solutions : ce plan est souvent adapté aux questions de société dans lesquels on perçoit un problème. Par exemple, si l’on vous demandait d’écrire sur le phénomène des cours particuliers qui s’est amplifié au cours de la dernière décennie, vous pourriez avoir une première partie qui fait le constat de la situation (de plus en plus de parents payent, parfois des fortunes, pour des tuteurs, dans le but de voir leur enfant obtenir les meilleures notes et une place dans les meilleures écoles) tout en analysant les causes (monde globalisé, compétition accrue, peur de l’avenir, mentalités modernes, etc.) Dans une deuxième partie, vous pourriez parler des conséquences engendrées par ce phénomène (élèves et étudiants incapables de travailler seuls et de penser par eux-mêmes, stress et santé mentale en danger, inégalités qui s’accroissent encore plus, etc.) Dans une troisième partie, vous pourriez proposer des solutions (plus de personnel dans les écoles et plus de soutien pour les élèves en difficultés, mise en place de nouveaux systèmes d’évaluation sur le long-terme plutôt qu’un examen final, inculquer des valeurs aux enfants dès le plus jeune âge pour qu’ils aient une perception du monde plus libre, etc. : vous pouvez être créatif, tant que vous justifiez vos arguments !) 
  • le plan suggéré par l’énoncé : parfois, on vous demande d’adopter un point de vue précis et le plan vous est clairement suggéré. Par exemple, on pourrait rester sur le sujet des cours particuliers mais l’aborder d’une autre façon. Si le plan vous dit, “vous venez de lire un article sur le fait que de plus en plus de parents payent des tuteurs pour aider leurs enfants à faire leurs devoirs dès l’école primaire, dans le but de les voir obtenir les meilleures notes. Vous réagissez sur un forum pour exprimer votre mécontentement par rapport à ce phénomène récent et vous proposez des solutions.” Ici, on vous demande clairement d’adopter un angle particulier et vous devez trouver assez d’arguments pour justifier que vous désapprouvez (2 ou 3), tout en proposant des solutions (2 ou 3). 
  • le plan dialectique : aussi appelé le plan thèse / antithèse / synthèse. Idéal pour les dissertations philosophiques. Dans ce type de plan, vous allez démontrer que vous pouvez aborder un sujet sous différents angles, que vous êtes capable d’être nuancé. Dans votre première partie, vous défendrez un point de vue, dans la deuxième partie, vous défendrez un point de vue opposé et dans la troisième partie, vous irez au-delà du débat. Par exemple, on pourrait avoir un sujet sur Internet : “Vous venez de lire un article affirmant qu’Internet avait compliqué nos vies. Vous réagissez à cette affirmation sur un forum.” Vous avez sans doute un avis sur la question, ce qui signifie que si vous suivez un plan dialectique, vous trouverez plus facile de trouver des arguments pour  une partie plutôt que l’autre. Mais si vous essayez de comprendre le point de vue opposé au vôtre, vous aurez beaucoup à dire.  Dans votre première partie, vous affirmez qu’Internet a compliqué nos vies. Dans votre deuxième partie, vous affirmez qu’Internet a simplifié nos vies. Dans la troisième partie vous équilibrer vos arguments et vous pouvez pousser le débat dans le sens de votre propre opinion. 
  • le plan comparatif : comme son nom l’indique, vous allez faire des comparaisons, vous allez faire ressortir des différences et des similitudes autour d’un thème donné. On parlera facilement d’avantages et d’inconvénients dans ce type d’essai. Gardez en tête que le thème de l’essai sera le même que celui de la synthèse et que vous aurez eu le temps de vous imprégner du sujet au moment où vous arriverez à l’essai. Si le thème était l’éducation et que vous aviez un sujet tel que : “Vous avez décidé d’aller étudier une année à l’étranger et vous hésitez entre un pays francophone et un pays anglophone. Ecrivez une lettre à un ami français qui a étudié en France et à l’étranger pour lui faire part de vos hésitations et lui demander conseil.” Ici, je vous conseillerais de choisir d’entrée un pays francophone et un pays anglophone pour en faire la comparaison et pour que votre lettre soit plus naturelle. Vous pouvez choisir de faire une première partie sur les avantages et inconvénients d’un pays et la deuxième partie sur l’autre pays, ou vous pouvez choisir trois points précis qui sont importants pour vous et vous comparez chaque pays pour chaque point. 
  • le plan thématique : dans ce plan, on analyse un sujet selon les aspects qu’on juge essentiels. Par exemple, si notre sujet était la mondialisation, on pourrait l’aborder d’un point de vue économique, puis politique, puis culturel. Première partie : quels sont les enjeux économiques de la mondialisation? Deuxième partie : quels sont les enjeux politiques de la mondialisation ? Troisième partie : quels sont les enjeux culturels de la mondialisation ?

Un petit tuyau : ces plans sont aussi valables pour l’exposé de la PO ! Pratiquez, pratiquez, pratiquez ! Avant que les choses deviennent faciles, elles sont souvent difficiles…