Exprimer l’opposition

Si vous vous préparez à passer le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important de bien connaître les connecteurs logiques et de bien les utiliser pour articuler votre discours, autant à l’écrit qu’à l’oral.

Si vous préparez le DELF B2 ou le DALF, il faut que vous montriez que vous savez connecter vos idées avec d’autres connecteurs que et, mais, pourtant, parce que, donc, etc. Et quelle chance vous avez ! Le français est plein de connecteurs logiques qui expriment la cause, la conséquence, le but, la concession, l’opposition, etc. 🙂

Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’expression de l’opposition et voir comment exprimer la même idée avec des structures variées.

Situation : On a un frère et une sœur. Paul et Virginie. Deux caractères opposés. Le frère est fêtard. La sœur est studieuse.

  • Paul est fêtard tandis que Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard alors que Virginie est studieuse.
  • Autant Paul est fêtard, autant Virginie est studieuse.
  • Si Paul est fêtard, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Au contraire, Virginie est studieuse.
  • Contrairement à Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Par contre, Virginie est studieuse. (plutôt à l’oral)
  • Paul est fêtard. En revanche, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. À l’opposé, Virginie est studieuse.
  • À l’opposé de Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Quant à Virginie, elle est studieuse.
  • Paul est fêtard. Virginie, elle, est studieuse.

Il y a quelques autres procédés pour exprimer l’opposition, mais avec cette situation, j’ai choisi de me limiter à ceux-ci. Je suis sûre que vous en connaissez quelques-uns, mais il est probable que vous ne les connaissez pas tous. Essayez de ne pas utiliser toujours les mêmes et réservez par contre pour l’oral et évitez-le dans vos PE d’examens et vos écrits formels. Dans la vie de tous les jours, utilisez par contre comme bon vous semblera, à l’oral comme à l’écrit. Moi, je ne m’en prive pas !

Stress et examen

Cela fait quelques années que j’aide les étudiants à se préparer pour les examens du DELF et du DALF, et depuis que je suis examinatrice certifiée, j’ai très majoritairement travaillé avec des candidates au DALF C1. Nationalités diverses, histoires personnelles et expériences différentes, certaines vivaient en France ou avaient vécu en France, d’autres n’y avaient jamais mis les pieds. Certaines avaient besoin du diplôme pour pouvoir candidater à un programme universitaire en France, d’autres voulaient le passer pour se prouver qu’elles avaient atteint un certain niveau. Certaines avaient un niveau vraiment avancé (linguistique et culture), d’autres avaient un niveau de connaissances un peu plus faible. Ce qu’elles avaient toutes en commun : le stress !

Je pense qu’il est tout à fait normal de stresser pour un examen, mais le niveau de stress que génère le DALF est assez incroyable. Quelques-unes de ces candidates stressaient à un niveau raisonnable, de mon point de vue, mais c’était une toute petite minorité. La plupart étaient au bord de la panique. Plusieurs étaient tellement stressées qu’elles fondaient parfois en larmes pendant les cours de préparation car la pression qu’elles ressentaient était trop intense. J’essaie toujours de donner un feedback honnête et constructif, mais je ne pense pas être effrayante au point de faire pleurer les gens !

À la dernière session d’examen, le mois dernier, un de mes amis se présentait au DALF C1. Langue maternelle espagnole. Il a vécu en France pendant huit ans quand il était plus jeune. Je l’ai connu à Londres et on a toujours parlé français ensemble. Il a des amis français à Londres avec lesquels il parle français. Il a une connexion avec la langue et la culture depuis très très longtemps. Et quand il m’a dit qu’il avait décidé de passer le C1, je lui ai dit de bien se préparer car la méthodologie est importante mais que je n’avais aucun doute qu’il le réussirait. Cet ami a plus de 40 ans.

Une semaine avant l’examen (pour lequel il se préparait seul), il me contacte pour me dire qu’il pense ne pas s’y présenter car il est persuadé qu’il va échouer, c’est trop difficile, son français n’est pas assez bon, ça ne sert à rien. J’ai un peu rigolé, car je sais que son français est très bon et qu’il est impossible qu’il échoue. Bien sûr, vu qu’il vit à Londres depuis des années maintenant, son français n’est plus aussi précis qu’il l’était quand il vivait en France et quand il écrit, il fait des fautes d’orthographe car ce n’est pas une compétence qu’il pratique régulièrement. Mais il ne fait pas plus de fautes que certains Français. D’ailleurs, il en fait moins que beaucoup d’entre eux.

On s’est appelés sur Skype, on a discuté un peu et il m’a présenté l’introduction d’un exposé de PO qu’il avait commencé à préparer. C’était excellent. Méthodologiquement parfait et plein de vocabulaire avancé. Je lui ai dit qu’il n’avait aucun souci à se faire et qu’il fallait qu’il arrête de flipper comme ça. Après l’épreuve de PO, il m’a envoyé un message pour me dire que ça s’était bien passé, et après les épreuves collectives, la même chose ! Je suis sûre qu’il aura une très bonne note.

Mais j’ai pris conscience de quelque chose grâce à lui : cet examen rend les gens fous !

C’est un examen difficile, c’est vrai, et c’est pourquoi il est important de s’y présenter quand on a vraiment le niveau. Si l’on a tendance à stresser facilement et que l’on n’a pas un besoin urgent d’obtenir le diplôme, il faut prendre le temps de se préparer. Ce qui ne veut pas dire faire des examens blancs toutes les semaines, mais continuer à étudier le français avec régularité. Lire, écrire, écouter, parler, s’intéresser à la culture, enrichir son vocabulaire, perfectionner sa grammaire, prendre conscience de ses faiblesses et essayer de s’améliorer. Être actif dans son apprentissage. Être en contact régulier avec la langue. Développer ses connaissances en méthodologie de l’écrit et de l’oral et en argumentation.

Si vous voulez étudier en France et que vous avez besoin du C1 pour pouvoir vous inscrire à la fac, vous pouvez le réussir avec une bonne préparation même si votre niveau n’est pas exactement ce qu’il devrait être, car la note finale est la moyenne des 4 épreuves et si vous êtes bon en compréhension, vous pouvez atteindre les 50 points nécessaires pour obtenir le diplôme sans obtenir de très bons résultats en PO et en PE. Mais si vous ne faites rien pour perfectionner votre français ensuite, vos études risquent d’être douloureuses.

Cependant, si vous êtes déterminé et discipliné, tout est possible. Une de mes étudiantes a fait exactement ça. Elle savait que son niveau n’était pas exactement ce qu’il devait être pour commencer un master en France, mais elle a préparé le C1 sérieusement pour pouvoir candidater. Elle l’a réussi avec une note moyenne. Puis elle a continué à étudier la langue. Moins d’un an après, elle a obtenu d’excellents résultats à ses partiels de master, et moi je parierais gros sur elle si elle se présentait au C2.

Si vous considérez passer le DALF, réfléchissez bien avant de vous lancer. Déterminez tout d’abord les raisons pour lesquelles vous le voulez, ce bout de papier, et demandez-vous si c’est une urgence absolue. Si vous le voulez pour avoir une ligne de plus à mettre sur votre CV, alors peu importe votre note finale. Mais si c’est un défi personnel ou parce que vous désirez étudier en France, visez haut ! Et continuez à étudier après l’examen, car une langue qui n’est pas pratiquée se perd avec le temps.

Et pour finir, je dirais qu’aucun examen ne vaut la peine qu’on se rende malade ! Ce n’est pas facile sur le moment, mais il faut aussi apprendre à prendre du recul. Étant moi-même de nature très anxieuse, je n’applique pas toujours ce que je préconise, évidemment, mais avec le recul, je sais que c’était complètement ridicule de stresser comme je le faisais pendant mon master. Du grand n’importe quoi !

Alors, avant de vous inscrire, soyez conscient que ce sera difficile, engagez-vous à travailler suffisamment pour atteindre vos objectifs, quels qu’ils soient, et promettez-vous de rationaliser et de prendre du recul.

DELF B2 : la production orale

Cette épreuve dure 50 minutes au total : 30 minutes de préparation et 20 minutes de passation pendant lesquelles vous commencerez par parler tout seul avant d’avoir un débat avec l’examinateur ou l’examinatrice.

Vous allez tirez au sort deux sujets et vous pourrez choisir celui qui vous inspire le plus.

Vous devez préparer un exposé à partir d’un court texte. Donc, pendant la préparation, vous commencez par lire le texte, puis vous prenez des notes et vous organisez un plan.

Le but de l’exercice est de défendre un point de vue argumenté. Vous devrez tout d’abord présenter le thème du texte et en dégager une problématique, c’est-à-dire une question, à laquelle vous allez répondre en 3 parties en présentant des arguments que vous appuierez avec des exemples précis. Vous commencerez par une introduction claire dans laquelle vous présenterez le texte puis vous terminerez par une conclusion claire dans laquelle vous ferez un bilan des arguments que vous avez avancés.

Il faut que vous donniez votre opinion. Il est donc important de savoir donner son avis et exprimer ses sentiments. Ne vous limitez pas à répéter “je pense que…” à chaque fois que vous donnez votre avis.

Après votre exposé, l’examinateur vous posera des questions auxquelles vous devrez répondre en étant aussi convaincant que possible.

Pour bien préparer cette épreuve, il est très utile de lire la presse régulièrement.

Vous serez évalué de cette façon :

Les épreuves orales du DALF C2

La grande différence entre les épreuves orales du C1 et du C2 est que pour le C2, elles sont réunies en une seule épreuve. La production dépend de la compréhension et consiste en 3 parties : un compte-rendu objectif, un développement personnel et un débat.

Si vous avez déjà passé le C1, rien ne devrait vraiment vous surprendre au niveau de la méthodologie car on retrouve les compétences exigées pour la synthèse et celles pour l’exposé oral et le débat.

Vous pouvez trouver des exemples de sujets sur le site du ciep. Comme pour le C1, vous avez le choix entre Lettres et Sciences Humaines ou Sciences. Le jour de l’examen, vous pourrez lire ceci sur la feuille qui vous aura été distribuée :

Même si vous parlez très bien français et pensez comprendre tout ce que vous écoutez, cet exercice n’est pas évident. Surtout si comme moi, vous pouvez avoir du mal à vous concentrer dans ce genre de situation et avez une mémoire à court terme un peu vacillante. C’est pourquoi, il est important de bien se préparer avant l’examen.

La première chose à pratiquer est la prise de notes. Régulièrement, écoutez la radio, des podcasts, Youtube, Netflix, etc., pendant 15 minutes et prenez des notes. Plus vous le ferez et plus ce sera facile d’écrire tout en continuant à écouter ce qui se dit.

Essayez toujours de cerner QUI parle, QUEL TON est employé, QUELLES IDÉES sont défendues : quelle est l’idée principale ? quelles sont les idées secondaires ?

Après avoir écouté le document sonore deux fois, vous aurez donc une heure pour préparer les deux premiers exercices : le compte-rendu et le développement personnel.

  • Le compte-rendu doit être objectif et neutre, sans idées personnelles (un peu comme la synthèse en PE de C1). Il dure entre 5 et 10 minutes. Vous devez mettre en relief l’idée principale et les idées secondaires, sans pour autant suivre l’ordre du document.
  • Pour le développement personnel, vous aurez deux sujets au choix sur la même thématique que le document sonore. Vous devrez faire un exposé clair et structuré (un peu comme la PO de C1) et défendre votre point de vue personnel. Cela durera environ 10 minutes.

Finalement, vous arriverez à la dernière partie de l’épreuve qui consiste en un débat avec les examinateurs, auquel vous devrez participer de manière active, pendant 10 à 15 minutes. Ils vous poseront des questions en relation avec votre exposé et vous devrez continuer à être convaincant et à défendre votre position de manière pertinente. N’hésitez pas à élargir le débat dans cette partie.

Qu’est-ce que le niveau C2 ?

https://www.eaquals.org/wp-content/uploads/Inventaire_ONLINE_full.pdf

Au niveau C2, l’apprenant :

Pour arriver à ce niveau, il faut des heures, des semaines, des années et un certain sérieux dans son apprentissage, une certaine constance, et l’envie de comprendre la langue et la culture dans tous ses détails.

Je ne dis pas qu’il est impossible d’atteindre un niveau C2 sans avoir vécu dans un pays francophone, mais je pense que c’est beaucoup plus difficile et que cela demande beaucoup plus de temps. Tous les étudiants que j’ai connus et qui avaient atteint ce niveau avaient passé du temps en France. Ils connaissaient et comprenaient la culture, ils avaient une certaine passion pour tout ce qui était français, francophone, ils avaient remarqué ces petites choses qu’on ne peut que remarquer en passant du temps dans un pays au contact des natifs de la langue.

Petit rappel :

Quand on étudie le français au niveau C2, on est en phase de perfectionnement. Si vous avez obtenu le C1 ou que vos compétences équivalent aux compétences du C1, il n’existe plus beaucoup de manuels de FLE pour vous accompagner dans votre apprentissage.

Mais vous avez Internet (sur lequel le français est la 4ème langue) et un nombre incalculable de ressources écrites ou orales. Il faut lire et écouter autant que possible, observer, analyser le langage, et le réutiliser à l’oral et à l’écrit. Même si vous n’aimez pas l’argot et le langage familier, il faut en comprendre les subtilités. Pareil pour le langage soutenu. Et l’humour aussi. Même si l’humour français est très différent de ce que vous connaissez, il faut que vous puissiez comprendre pourquoi ça peut être drôle pour les Français. Et ceci demande une connaissance approfondie de la culture française.

Passer du temps dans un pays francophone est un atout incomparable, sous réserve que vous ne passiez pas votre temps avec des gens avec lesquels vous ne parlerez pas français. J’ai passé trois ans en Espagne et je ne suis pas fière de dire que mon niveau d’espagnol est au mieux un petit B2, tirant sur le B1, maintenant que je ne pratique plus. J’aurais pu être tellement meilleure si j’avais fait l’effort de passer du temps avec des Espagnols, si j’avais pris part à des activités qui me poussaient à parler espagnol, etc. Mais j’ai principalement parlé anglais dans ma vie quotidienne, et français pour le travail. Au contraire, pour l’anglais, je me suis immergée le plus possible. Pendant mes 6 premiers mois aux US, je n’ai pas parlé un mot de français. J’ai regardé des films à la pelle, j’analysais toutes les chansons que j’aimais, je passais du temps avec des gens qui ne parlaient qu’anglais, j’ai eu un copain américain, etc, et après avoir quitté les US, j’ai continué à absorber de l’anglais le plus possible, même quand j’ai vécu dans des pays non anglophones. J’aime m’endormir en écoutant quelque chose, ça me berce. En Suisse, je m’endormais en écoutant un épisode de Friends tous les soirs. Je les connais tous par cœur et j’ai appris un tas d’expressions avec cette série. Encore maintenant, je repère les mots que je ne connais pas quand je lis ou quand je regarde une série ou un film en anglais. Il y en a de temps en temps et j’adore ça.

Si vous pensez vous présenter à l’examen du DALF C2, pensez-vous que vos compétences correspondent aux compétences exigées en C2 ? Pensez-vous saisir les subtilités de la langue dans tous les registres ? Êtes-vous à l’aise avec les expressions idiomatiques ? Pensez-vous comprendre la culture française au point de comprendre l’humour français ? Êtes-vous à l’aise avec tous les styles de littérature ? Vous exprimez-vous clairement et sans hésitation ? Si vous n’êtes pas sûr, peut-être devriez-vous vous donner plus de temps. Surtout que le DALF C2 est très académique et que beaucoup de Français ne le réussiraient pas ! Mais si vous êtes sûr de vous, alors foncez ! Mais préparez-vous quand même un peu, parce qu’avoir le niveau n’est pas suffisant. Il faut bien connaître le format de l’examen et la méthodologie.

Pourquoi passer le DALF C2 ?

J’ai travaillé avec beaucoup d’étudiants qui souhaitaient passer le C1, mais j’en ai connu beaucoup moins qui voulaient se préparer pour le C2. Pourtant, certaines étudiantes avec lesquelles j’ai travaillé à la préparation du C1 auraient pu le réussir, sans aucun doute.

Je pense que c’est le format de l’examen qui rebute les étudiants. En même temps, je n’ai jamais connu d’étudiant disant aimer l’exercice de synthèse du C1…

Mais il est vrai que le C1 est exigé pour s’inscrire à l’université en France dans la plupart des filières et que l’on pourrait se demander pourquoi s’embêter à préparer l’examen le plus difficile alors qu’il nous est seulement demandé de réussir le deuxième plus difficile et qu’un résultat de 50% est suffisant.

Même si je n’approuve pas vraiment le format des examens du DALF, je pense que réussir le C1 avec une note de 50/100 ne présage rien de très bon pour des études universitaires en France, à moins d’ensuite vraiment étudier la langue en long, en large et en travers avant d’attaquer l’année universitaire. Plus vous vous rapprochez du niveau C2, mieux c’est.

J’ai passé le C2 d’anglais il y a des années et d’après moi, il est beaucoup plus facile que celui de français. J’ai eu l’impression d’être vraiment évaluée sur mes connaissances de la langue anglaise, et non pas sur une quelconque méthodologie étrangère qui n’aurait eu que très peu de sens pour moi à l’époque. Je voulais me prouver que j’avais atteint un niveau d’anglais très avancé. Je me souviens d’avoir écrit un texte très personnel en production écrite. La production orale se faisait en binôme et pas du tout à partir d’un texte. Il y avait des exercices de grammaire et de vocabulaire (cette partie s’appelait Use of English). Et l’examen était beaucoup plus court.

En attendant que le format du DALF soit repensé (ne sait-on jamais ?), le C2 de français est ce qu’il est, et tout candidat qui le réussit peut se sentir vraiment fier. Beaucoup de Français ne le réussiraient pas. D’où mon scepticisme quant au format de cet examen…

Je ne connais pas de situations dans lesquelles on exige le C2, alors si vous décidez de le passer, c’est très probablement un défi personnel.

Je détaillerai le format des épreuves dans de futur posts, mais ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que les épreuves de compréhension et de production écrites sont regroupées. De même pour les épreuves de compréhension et de production orales. Les épreuves écrites durent 3 heures et 30 minutes. Les orales durent 2 heures au total. Comme pour le C1, on peut choisir Lettres et Sciences Humaines ou Sciences.

Des exemples de sujets peuvent être trouvés ici.

Connecteurs logiques : d’ailleurs / par ailleurs

Si vous préparez le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important d’articuler votre discours avec ces mots et structures que l’on appelle “connecteurs logiques” ou “mots de liaison”. Ils permettent de structurer ce que vous avez à dire, de montrer le lien logique entre vos idées. Vous les utilisez sans y penser dans votre langue maternelle, sans aucun doute. Je les mentionne régulièrement car toutes les semaines, voire tous les jours, une étudiante me pose des questions à leur sujet ou je dois expliquer pourquoi tel connecteur n’a pas vraiment de sens dans un certain contexte même si parfois il se traduit exactement comme l’étudiante le pense, mais dans un contexte différent.

Bref, pour parvenir à une maîtrise totale des connecteurs logiques, c’est du boulot ! Et passer par la traduction ne suffit pas toujours. Commencez par comprendre ce qu’ils expriment (une nuance ? une opposition ? une explication ? la cause ? la conséquence ? etc.) Observez comment ils sont utilisés et essayez de les utiliser le plus possible. N’oubliez pas que c’est en vous trompant que vous finirez par comprendre !

Aujourd’hui, je souhaite parler de deux connecteurs qui posent souvent problème : d’ailleurs et par ailleurs. On les utilise tous les deux pour ajouter des éléments supplémentaires, mais d’ailleurs sert à renforcer l’idée de départ, à rebondir dessus, alors que par ailleurs ajoute une idée nouvelle mais pas totalement déconnectée de l’idée de départ.

J’ai remarqué que les étudiants les évitaient. Et quand je les oblige à les utiliser, ils ne sont pas à l’aise. Alors observez quelques exemples :

  • J’ai envie de manger des pâtes pour le déjeuner. D’ailleurs, c’est ce que je vais faire ! (I want to eat pasta for lunch. That’s exactly what I’m going to do!)
  • “Vous avez bien reçu les devoirs pour le cours de demain ?” “Oui ! Je voulais vous remercier d’ailleurs !” (Have you received the homework for tomorrow’s class? Yes, I wanted to thank you actually!)
  • “J’ai envie de lui téléphoner. Elle me manque.” “Moi, à ta place, j’attendrais un peu. D’ailleurs elle m’a dit qu’elle ne voulait pas te parler.” (I want to call her. – If I were you, I’d wait a bit. Actually, she’s told me she didn’t want to talk to you.)
  • Il faut que je lui envoie un texto. D’ailleurs, tu peux me donner son numéro ? (I need to send him a text message. Actually, can you give me his number?)
  • Je trouve Paris très sale. Par ailleurs, les gens ne sont pas très aimables. (I find Paris very dirty. Moreover, people aren’t very friendly.)
  • On travaillera sur le subjonctif au prochain cours. Par ailleurs, j’aimerais qu’on parle un peu de votre dernier écrit. (We’ll work on the subjunctive in the next class. I’d also like to talk a bit about your last written work.)
  • Nous aimerions vous offrir le poste. Par ailleurs, vous êtes invité au dîner de fin d’année la semaine prochaine. (We would like to offer you the position. In addition, you’re invited to the end-of-year dinner next week.)

DALF C1 – PO : l’introduction de l’exposé

Les étudiants qui se préparent au DALF rencontrent souvent les mêmes soucis. Pour la production orale, ils me disent régulièrement que ça ne leur paraît pas naturel comme exercice (je suis bien d’accord), et qu’ils trouvent difficile de parler seul pendant aussi longtemps sur un sujet qui ne les inspire pas toujours (je comprends très bien) et qu’ils ont l’impression de parler dans le vide. Ajoutez à tout ceci le stress du jour de l’examen, et on comprend que ce puisse être un examen qui inquiète. Même si l’on comprend bien l’exercice, on ne sait pas toujours quoi dire sur l’écotourisme ou la mode, et on n’a pas toujours d’opinion sur le sujet en question.

Lors des cours de préparation, il est fréquent que les étudiants aient préparé un exposé un peu trop court. Parler 5 minutes n’est pas suffisant. D’où l’intérêt de se préparer bien à l’avance et de s’entraîner à partir de sujets variés.

L’exposé est évalué ainsi :

http://www.ciep.fr

En 5 minutes, vous n’aurez pas l’occasion d’élaborer une réflexion et de faire une présentation claire, organisée et pertinente. Vous resterez en surface.

Je l’ai déjà dit par le passé, on ne vous demande pas de faire un résumé ou une synthèse des textes mais appuyez-vous sur ces textes pour développer vos idées. Ils contiendront forcément des exemples et des réflexions qui pourront entrer dans votre réflexion. Cela vous sera rappelé le jour de l’examen :

http://www.ciep.fr/sites/default/files/atoms/files/demo-dalf-c1-candidat-individuel-lsh-sc-po-tp.pdf

Aujourd’hui, je voudrais essayer de vous montrer à partir de l’exemple de Lettres et Sciences Humaines sur le site du CIEP comment on pourrait répondre à la question : Le travail est-il nécessaire au bonheur ?

Je ne vais pas faire tout l’exposé, mais je vais faire une introduction. J’ai fait un plan. J’ai mis sur papiers les arguments que j’aimerais développer. J’ai écrit des exemples. Je sais plus ou moins où je veux aller avec mon exposé. Dans mon introduction, je fais une petite mise en contexte puis j’annonce mon plan. Elle dure 1min45. Parfois j’hésite, parfois je me reprends, n’ayez pas peur de faire la même chose. Quand on parle naturellement, il est très fréquent de ne pas terminer ses phrases et de revenir sur ce que l’on vient de dire. Si cela vous arrive pendant l’examen, ne laissez pas un bafouillage vous déstabiliser, restez concentré !

Mon plan n’est pas le seul valide. J’en aurais probablement fait un autre hier et demain. Il n’y a pas une seule façon d’aborder un sujet. Il suffit d’être cohérent, de vite choisir un type de plan (j’ai choisi thèse, antithèse, synthèse), de rester dans le sujet et d’avancer petit à petit vers une réponse claire à la question de départ et à une conclusion logique.

Les thèmes du DALF

Quand vous vous inscrivez au à l’examen du DALF, vous devez choisir entre deux domaines : Lettres et Sciences Humaines (LSH) ou Sciences.

Voici donc une liste des grands thèmes du DALF, avec quelques exemples.

Dans le domaine des LSH, on retrouve :

  • la langue française (la réforme de l’orthographe, la francophonie…)
  • le travail (le bonheur au travail…)
  • l’éducation (les études en France, l’enseignement de l’histoire à l’école…)
  • l’environnement (la pollution de l’air, le vélo en ville…)
  • la nourriture et l’alimentation (le véganisme…)
  • la lecture et littérature (les livres numériques…)
  • les nouvelles technologies (le téléphone portable à l’école, Internet et les jeunes, les réseaux sociaux…)
  • l’apparence et la mode (l’obésité…)
  • les problèmes sociétaux (l’égalité hommes-femmes, le bien-être animal, la démocratie…)
  • le bonheur et le bien-être (l’équilibre vie privée, vie professionnelle…)
  • les voyages et le tourisme (l’écotourisme, les voyages de luxe…)
  • les âges de la vie (vieillir dans notre société jeuniste…)
  • la société de consommation (le gaspillage…)
  • la santé (le handicap…)

Les thèmes se recoupent souvent, comme par exemple le handicap dans le monde du travail (travail et santé), le téléphone portable à l’école (technologie et éducation), l’écotourisme (environnement, tourisme, société de consommation) et très souvent, chaque thème peut être abordé d’un point de vue sociétal.

Dans le domaine des Sciences, on retrouve :

  • l’écologie (la guerre mondiale de l’eau…)
  • la recherche médicale (les nouveaux virus…)
  • le progrès scientifique (l’innovation technologique dans les transports…)
  • les dangers de la science (le clonage…)
  • la recherche spatiale (le voyage spatial touristique…)

DALF C1 : la production orale – le débat

Le débat est la deuxième partie de l’examen oral du DALF C1. Une fois votre exposé terminé, les examinateurs, restés silencieux pendant votre monologue, vont engager une conversation avec vous. Ils vont vous poser des questions en rapport avec le thème de votre exposé.

Ils peuvent vous demander d’éclaircir un point de votre argumentation que vous avez peu développé. Ils peuvent remettre en question un argument que vous avez défendu pour vous pousser au débat. Et vous, vous devez démontrer que vous êtes capable de défendre votre point de vue et de préciser votre pensée de façon spontanée et naturelle. 

A moins d’avoir une opinion très tranchée sur un sujet que vous êtes prêt à défendre envers et contre tout, je vous conseillerais d’être aussi nuancé que possible. Essayez de toujours voir le pour et le contre, les côtés positifs et les côtés négatifs. Même si vous avez une opinion assez claire, démontrez que vous êtes capable de comprendre des points de vue différents.

Si l’examinateur contredit un de vos arguments, vous pouvez répondre : bien sûr, je vois pourquoi certaines personnes pourraient être de cet avis car il est évident que…, mais de mon point de vue et d’après mon expérience, j’aurais plutôt tendance à penser que…

Si l’examinatrice vous demande de préciser un point de votre argumentation, vous pouvez dire : c’est vrai, j’aurais pu expliquer plus clairement ce que je voulais dire ici. Quand j’ai parlé de… je voulais dire que…

Ce sont des choses qui nous viennent naturellement dans notre propre langue, sans avoir besoin d’y penser ou de se préparer, mais dans une langue étrangère et si on est sujet au stress, il est utile de se préparer de cette façon. 

N’hésitez pas à relancer les examinateurs avec des questions aussi, comme dans une conversation normale. Quand vous exprimez votre opinion sur un sujet, il est tout à fait légitime de vous assurez que votre interlocuteur suit ce que vous racontez et de vérifier s’il est d’accord avec vous ou non. Ne soyez pas trop familier, mais soyez aussi naturel que possible, tout en étant précis et soigné avec votre français !