Livre de préparation au DALF

Si l’on compare le matériel qui existe pour l’anglais langue étrangère avec ce que l’on peut trouver pour le français langue étrangère, on voit bien que ce n’est pas la même chose. J’ai été prof d’anglais avant d’être prof de français et j’adorais la multitude de matériel à ma disposition. J’ai aussi été étudiante d’anglais et j’ai passé le C2 à un moment de ma vie. Cela avait été très facile de trouver du matériel de préparation à l’examen vraiment intéressant et très clairement structuré.

Quand je suis passée de l’enseignement de l’anglais à l’enseignement du français, j’ai tout de suite remarqué qu’il y avait moins de ressources disponibles pour les profs et pour les étudiants. Pour les petits niveaux, ça va, il y a pas mal de matériel. Mais dès qu’on arrive au niveau C1, c’est beaucoup moins évident, et ne parlons même pas du C2.

Pour la préparation d’examen, il y a peu de manuels. Souvent, les étudiant·es qui me contactent pour préparer le DALF n’ont soit aucun matériel, soit des manuels qui datent de 2007, voire 2005. Pas idéal.

Un livre plus récent et spécifiquement conçu pour la préparation du DALF que je trouve très bien est celui de la collection 100% réussite, aux Editions Didier.

Voici la couverture :

ISBN-10: 2278087940
ISBN-13: 978-2278087945

Il contient beaucoup de conseils pratiques, de nombreux exercices guidés, des exemples, des épreuves blanches et des corrigés. Pour l’avoir beaucoup utilisé, je pense pouvoir dire avec assurance qu’il contient très peu d’erreurs. Il y a quelques coquilles, mais dans l’ensemble, si vous avez le niveau requis, vous devriez être capable de les remarquer.

Si vous êtes indépendant·e et discipliné·e, vous pouvez travailler seul·e avec ce livre. Un peu de préparation avec un·e prof ne fait jamais de mal et vous aidera à prendre confiance en vous, mais tout le monde n’a pas les moyens ou le temps pour des cours et il n’est pas impossible de se préparer seul·e. J’avais préparé le C2 d’anglais seule avec des livres, sans prof, car je n’avais pas d’argent pour me payer des cours à l’époque, et ça s’était très bien passé. Par contre, j’avais des facilités à l’écrit (l’anglais est bien plus facile que le français à mon avis), et je n’ai rien fait d’autre que bosser et étudier pendant les trois mois précédant l’examen. Et j’étais hyper stressée le jour de l’examen oral. Mais je l’ai réussi avec une note décente.

Ce n’est pas un livre pour travailler la grammaire ou le vocabulaire. C’est un livre pour vous aider à travailler la méthodologie de l’examen. Il est entendu que vous avez déjà le niveau, que vous maitrisez la grammaire et que vous avez un vocabulaire avancé. Si ce n’est pas le cas et que vous n’avez pas un besoin urgent du diplôme, prenez le temps d’approfondir votre apprentissage avant d’envisager l’examen ! Lisez, écrivez, écoutez, parlez, enrichissez votre vocabulaire, perfectionnez votre grammaire, apprenez à dominer la langue, pour que si un jour vous décidez de passer l’examen, vous puissiez le faire les doigts dans le nez. Car si vous n’en avez pas absolument besoin, que vous apportera d’obtenir le diplôme avec 50% des points ? De plus, soyez bien conscient que cet examen est bien plus qu’un examen de langue. C’est un examen qui reste très académique et qui donne des cheveux blancs à la plupart des candidat·es.

Que faire après le DALF ?

Si votre but est de maitriser le français à un haut niveau, vous savez déjà certainement qu’avoir obtenu le DALF ne signifie pas que vous avez atteint votre but. Si vous arrêtez vos études de français après avoir reçu votre diplôme, il y a de grandes chances que vous ne progressiez plus, voire que vous régressiez, au risque de tout oublier un jour. Si vous avez réussi le DALF avec 50 points, ce n’est pas la même chose que si vous en aviez obtenu 90. Si vous étiez super bien préparé·e, il est possible que vous ayez réussi grâce à vos compétences méthodologiques et pas tant grâce à vos compétences linguistiques.

Il fut un temps où je parlais bien italien. Je pense que j’aurais pu réussir l’examen C1 à l’époque. Je lisais en italien et je regardais des films sans sous-titres. Je parlais avec pas mal de fluidité et je pouvais écrire correctement. Cela fait à peu près 7 ans que je ne le pratique plus. Je comprends encore pas mal de choses, mais je suis incapable d’avoir une conversation en italien aujourd’hui. Et si je ne me remets pas à l’espagnol très vite, j’ai peur qu’il ne m’arrive la même chose. Je le pratique encore occasionnellement, mais depuis mon départ d’Espagne il y a bientôt un an, je l’ai très peu pratiqué. J’ai regardé quelques films et séries en espagnol, j’ai dû prendre deux cours, je n’ai lu aucun livre, peut-être un article ou deux, et j’ai échangé quelques textos avec une copine espagnole. Je me donne l’excuse que cette année d’adaptation a été assez difficile, mais il faudrait vraiment que je m’y remette avant que cela ne me demande trop d’efforts.

Je travaille avec plusieurs étudiantes que j’ai connues avant le DALF. J’aime beaucoup travailler avec des étudiant·es qui ont vraiment envie de maitriser la langue et pour qui le DALF n’est pas une fin en soi. Vivre ou passer une longue période dans un pays francophone peut faire une grande différence dans l’apprentissage d’une langue mais ce n’est pas suffisant.

Cela fait 10 mois que je vis en Thaïlande. Vous croyez que je parle thaï ? Vous vous tromperiez ! Je le parle probablement moins bien qu’à mon arrivée car j’ai arrêté les cours il y a 6 mois, quand ma prof est partie en congé maternité et je n’ai pas encore eu envie de les reprendre pour diverses raisons. J’ai essayé de parler aux gens d’ici mais comme personne ne me comprenait, j’ai abandonné. Je n’ai pas essayé de faire d’échange linguistique. Je ne regarde pas de programmes thaïs. Je n’écoute pas de musique thaïe. Bref, je ne fais rien de ce qu’il faudrait que je fasse pour développer mes compétences linguistiques. Après l’été, je change d’attitude, je me le suis promis !

Tout ça pour dire qu’il est très facile de vivre dans un pays et de ne pas parler la langue ou de comprendre la culture. J’ai eu des étudiantes ayant vécu à Genève plusieurs mois, voire plusieurs années, qui avaient un niveau de français très basique. J’ai connu des étudiantes qui vivaient en France et qui ne parlaient pas du tout français. J’en connais aussi qui vivent en France et qui progressent continuellement. Et d’autres qui ne vivent même pas en France mais qui m’impressionnent avec leur progrès constant et leur implication. Elles sont vraiment très inspirantes.

Tout est dans l’attitude et le temps que l’on est prêt·e à consacrer à la langue. Une fois le DALF en poche, C1 ou C2, il est essentiel de continuer à étudier. Il faut que le français fasse partie de votre vie quotidienne. Il faut revoir les règles de grammaire régulièrement, il faut lire, écrire, écouter la radio, des podcasts, regarder des films ou autres, parler (se parler à soi-même marche aussi s’il n’y a personne à qui parler), prendre des notes, observer, remarquer, se faire des listes, réutiliser les nouveaux mots, les nouvelles expressions, s’interroger, consulter des livres, lire des blogs, surfer sur Internet, et, si on peut se le permettre, prendre des cours n’est jamais superflu. Les livres, c’est bien, mais ça ne répond pas à tout. La radio, c’est bien, mais le français parlé est en général truffé de fautes grammaticales. Ou du moins, les codes de l’oral sont très différents des codes de l’écrit et la grammaire ne ressemble pas toujours à ce que vous avez appris. Ni la prononciation. Et un prof de temps en temps, ça permet de dissiper vos doutes. Trouvez un·e prof qui correspond à votre personnalité, au type d’apprenant·e que vous êtes et avec qui vous aurez plaisir à apprendre.

Mais surtout, ne pensez pas qu’avoir obtenu le DALF veuille dire que vous parlerez toujours français et le comprendrez toujours ! Le diplôme est valide à vie mais si vous ne continuez pas à étudier, un jour, vous pourriez avoir avec la même relation avec le français que moi avec l’italien. Tous ces efforts, toutes ces heures passées à étudier, pour qu’il en reste si peu, c’est un peu frustrant quand même !

Tuyau pour candidat·es au DALF stressé·es

Si comme moi et beaucoup de mes étudiantes vous avez tendance à stresser en situation d’examen, il y a certaines choses que vous pouvez faire le jour J pour être sûr·e que vous n’oublierez pas tout ce que vous savez. Tellement de facteurs entrent en jeu, certains totalement hors de votre contrôle, et le résultat que vous obtiendrez ne reflètera pas forcément votre niveau de français. Mais si vous vous présentez au DALF, que vous avez le niveau, que vous vous êtes bien préparé·e et que vous êtes au point avec la méthodologie, seul le stress pourra vous mettre des bâtons dans les roues !

Vous savez qu’au DALF, vous devez démontrer que vous avez un niveau avancé de français, beaucoup de vocabulaire et de solides connaissances grammaticales. En plus d’être capable de produire des écrits et un exposé selon une méthodologie assez académique assez rigide.

Dans la vie de tous les jours, on ne parle généralement pas comme quand on fait un exposé de DALF et on n’écrit pas comme dans un essai de DALF. On omet les “ne” de la négation. On saute d’une idée à l’autre sans forcément utiliser de connecteurs logiques et sans même que nos idées aient un rapport logique. On utilise du langage familier. On ne relit pas ses emails. On écrit “ça“. On utilise toujours les mêmes mots. On peut consulter Internet quand on a des doutes. On peut faire des fautes sans que ça ne gêne la communication. Bref, la vraie vie est moins exigeante que le DALF quand il s’agit de communiquer et de s’exprimer. Ceci dit, si vous écrivez une lettre formelle dans la vraie vie ou étudiez à l’université, il est quand même recommandé de répondre aux exigences du DALF !

Une chose toute simple que vous pouvez faire le jour de l’examen, à la fois pour la PE et la PO, c’est de tout de suite faire sur votre brouillon une petite liste de structures et de formules que vous essaierez de placer dans votre essai et votre exposé et qui vous permettront de démontrer que vous avez des connaissances avancées. Cela vous prendra 2 minutes si vous la préparez avant l’examen et la mémorisez !

Quelques suggestions :

  • Formules pour exprimer votre opinion : à mon avis, selon moi, d’après moi, en ce qui me concerne, il me semble que, je partage l’avis du journaliste, on ne peut pas dire que, quant à moi, je ne suis pas certaine que, de mon point de vue, etc.
  • Connecteurs logiques : en revanche, toutefois, néanmoins, même si, quoique + SUBJ, bien que + SUBJ, pour que + SUBJ, d’un autre côté, ceci étant dit, en d’autres termes, etc.
  • Formules impersonnelles : il est important de…, il est nécessaire que…, il est primordial de…, on entend souvent dire que…, on pourrait penser que…, cela ne fait aucun doute que…, il est inacceptable que…, on pourrait regretter que…, etc.
  • Hypothèse : si + imparfait, conditionnel / si + plus-que-parfait, conditionnel passé, etc
  • Passif
  • Conditionnel
  • Subjonctif (structures + SUBJ)
  • Pronoms relatifs composés

Faites ce genre de liste au préalable. Faites votre propre liste avec des structures que vous savez bien utiliser mais qui ne vous viennent pas forcément naturellement. Si vous avez tendance à donner votre avis en disant tout le temps “je pense que…“, assurez-vous d’avoir d’autres options, par exemple. Si vous avez tendance à oublier d’utiliser le subjonctif après des structures qui exigent le subjonctif, alors que vous connaissez la théorie, écrivez-vous un rappel dès le début.

DALF C1 – PO : la problématique

Le jour de l’examen, vous aurez une heure pour préparer votre exposé. Je n’a jamais connu d’étudiant·e qui trouvait que c’était trop long. Et c’est pourquoi il est important d’apprendre à organiser son temps.

À la lecture des titres des articles que vous aurez à lire, vous devriez être capable de saisir le thème de votre exposé assez facilement. D’ailleurs, le thème est habituellement clairement spécifié et c’est ainsi que vous ferez votre choix entre les deux sujets que vous aurez tirés au sort. Ensuite il faudra définir une problématique.

Mais qu’est-ce qu’une problématique ?

Ce n’est pas toujours clair pour les étudiant·es qui préparent l’examen. Et pourtant, il est essentiel d’avoir une problématique claire et précise car cela vous permettra de mettre des limites à votre exposé, de construire un plan et donc d’organiser vos idées de façon cohérente

La problématique, c’est votre angle de réflexion. C’est la question à laquelle vous allez essayer de répondre à travers votre exposé. Il n’y a pas un seul exposé possible pour chaque thème. Deux étudiantes peuvent proposer deux exposés très différents et obtenir toutes deux une très bonne note. Si leurs exposés sont différents, c’est probablement parce qu’elles auront choisi des problématiques différentes, c’est-à-dire deux angles de réflexion différents. Il est probable qu’elle auront également choisi des plans différents.

Prenons par exemple le thème de l’enseignement des langues étrangères à l’école. J’aurais peut-être d’autres idées si j’avais lu des articles sur ce thème, mais sans articles, je peux déjà penser à plusieurs problématiques et plusieurs plans.

  • Quels sont les enjeux de l’enseignement des langues étrangères à l’école? = plan thématique (1. enjeux politiques – 2. enjeux économiques – 3. enjeux culturels)
  • Pourquoi est-il essentiel d’enseigner les langues étrangères à l’école ? = plan thèse/antithèse/synthèse (1. il faut absolument enseigner les langues étrangères – 2. il n’y a pas que les langues qui comptent – 3. les langues sont essentielles dans notre monde globalisé)
  • Quel est l’avenir des langues étrangères à l’école ? = plan état des lieux / conséquences / solutions (1. quelle est la situation actuelle de l’enseignement des langues à l’école ? – 2. quelles sont les conséquences ? – 3. solutions pour améliorer la situation)

Vous connaissez les grands thèmes du DALF. Vous pouvez vous entrainer à formuler des problématiques et à penser à des plans qui leur correspondent. Rares sont les étudiant·es qui trouvent cet exercice facile au début. Mais après plusieurs tentatives, tout devient plus clair, je vous le promets ! J’ai vu des étudiantes qui préparaient leur examen plusieurs mois à l’avance faire cet exercice les doigts dans le nez (= très facilement) avant l’examen.

Connecteurs logiques : ajouter une idée

Parlons aujourd’hui de connecteurs qui permettent d’introduire une nouvelle idée. Parmi les plus communs, ceux avec lesquels les étudiants sont très à l’aise, on trouve et, aussi, ensuite, après, de plus, mais ils sont loin d’être les seuls et quand vous écrivez pour le DALF, on s’attend à en voir de plus variés. Je vais donc vous en donner quelques-uns de plus aujourd’hui. La liste ne sera pas exhaustive.

Imaginons que vous écrivez cet essai argumentatif proposé en exemple sur le site du ciep :

Je ne vais pas écrire d’essai, mais voici quelques phrases qui pourraient apparaitre dans un essai répondant à cette question. Ces phrases surviendraient après une ou plusieurs idées déjà soumises. Elles ne seraient pas toutes dans le même essai !

  • En outre, il me semble que proposer moins de langues en option aux élèves français quand nos voisins européens ne cessent d’en proposer plus leur portera préjudice une fois qu’ils seront confrontés au monde du travail et des entreprises.
  • De surcroit, de nombreuses études ont prouvé que l’apprentissage des langues étrangères à un jeune âge permettait au cerveau de mieux se développer et qu’ils avaient la capacité d’en apprendre six à la fois. Pourquoi limiter nos enfants ?
  • Sans compter que nous vivons dans une société multiculturelle, et que limiter le choix des élèves à certaines langues, toujours les mêmes, est une façon de leur faire comprendre qu’il y a des langues et des cultures, les leurs très souvent, qui ne valent pas la peine d’être enseignées et étudiées.
  • Qui plus est, il ne vous aura pas échappé que nous vivons dans un monde globalisé dans lequel le bilinguisme n’est plus l’exception. Pour pouvoir prétendre à une carrière internationale, ce à quoi de nombreux jeunes aspirent, il faut aujourd’hui être capable de parler trois langues minimum, voire quatre ou cinq ou même plus.
  • Nous pourrions également parler des avantages de l’apprentissage d’une variété de langues pour la société entière. Être confronté dès l’enfance à différentes cultures est une façon merveilleuse d’ouvrir les enfants au monde qui les entoure et de promouvoir la tolérance.
  • Quant à ceux qui pensent que seul l’anglais mérite d’être enseigné sous prétexte que tout le monde le parle, j’ai envie de leur dire que c’est justement parce que tout le monde le parle qu’il faut offrir d’autres choix !

Exprimer le but

J’entends régulièrement des structures un peu déformées quand il s’agit d’exprimer le but. En général calquées sur les structures de l’anglais. Et comme pour l’opposition et la concession, j’entends souvent les mêmes structures !

Essayons donc aujourd’hui d’exprimer une situation avec des structures variées : Marianne est française. Elle veut que ses enfants étudient en Angleterre plus tard. Elle leur paie des cours particuliers d’anglais avec un tuteur.

Voici maintenant quelques façons d’exprimer ceci avec des connecteurs de but. Observez si elles sont suivies du subjonctif ou de l’infinitif. :

  • Marianne a embauché un tuteur pour que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard. (J’entends souvent cela : *pour ses enfants pouvoir étudier.)
  • Marianne a embauché un tuteur afin que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de sorte que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de manière que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de façon que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur dans le but denvoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur pour envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur afin d’envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur dans le but d‘envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur en vue d’envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de façon à envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de manière à envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.

Il existe d’autres structures, mais elles n’iraient pas bien avec cette situation.

Au lieu d’un but à réaliser, pensons à un but à éviter. Véronique est une mère anxieuse qui ne laisse pas ses enfants sortir à cause de ses angoisses.

  • Véronique ne laisse pas ses enfants sortir de peur qu’ils soient exposés à des dangers.
  • Véronique ne laisse pas ses enfants sortir de crainte qu’ils soient exposés à des dangers.

Dans une situation plus légère, et plutôt à l’oral, on peut aussi utiliser la structure : histoire de.

  • Je vais appeler mes parents ce soir, histoire de leur signaler que je suis encore vivante !

Il y a aussi des structures qui peuvent être suivies d’un nom :

  • Envoyez-moi vos devoirs pour correction.
  • Je mets de l’argent de côté en vue d’un voyage.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais si vous parvenez à alterner toutes ces structures, c’est déjà pas mal !

Exprimer la concession

Après l’opposition la semaine dernière, je vais maintenant parler de la concession et de divers connecteurs qui l’exprime. Mais et pourtant, c’est bien, mais il y a de nombreux autres connecteurs que l’on préférerait entendre et lire dans vos PO et PE du DELF et du DALF.

Voici donc une situation : Lucas est beau. Il ne me plaît pas.

Comment pourriez-vous connecter ces deux idées ? Voici quelques exemples :

  • Lucas est beau mais il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Pourtant, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Cependant, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Toutefois, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Néanmoins, il ne me plaît pas.
  • Bien que Lucas soit beau, il ne me plaît pas.
  • Quoique Lucas soit beau, il ne me plaît pas.
  • Tout beau qu’il soit, Lucas ne me plaît pas.
  • Même s’il est beau, Lucas ne me plaît pas.
  • Malgré sa beauté, Lucas ne me plaît pas.
  • En dépit de sa beauté, Lucas ne me plaît pas.
  • Lucas, par ailleurs très beau, ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Or, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Il n’en reste pas moins qu’il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Il n’empêche qu’il ne me plaît pas.
  • Lucas a beau être très beau, il ne me plaît pas.

En modifiant un peu, on pourrait aussi dire :

  • Quand bien même Lucas serait le seul homme disponible aux alentours, je ne sortirais pas avec lui.
  • Quoi que les autres en pensent, Lucas ne me plaît pas.

Utilisez-vous toutes ces structures ? Savez-vous quand utiliser l’indicatif, le subjonctif, un verbe, un nom ?

Efforcez-vous de varier vos connecteurs quand vous vous préparez aux examens. Il y en a certainement qui vous plairont plus que d’autres et ce n’est pas un problème, mais assurez-vous de ne pas utiliser toujours les mêmes et de ne pas vous limiter à mais et pourtant.

Exprimer l’opposition

Si vous vous préparez à passer le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important de bien connaître les connecteurs logiques et de bien les utiliser pour articuler votre discours, autant à l’écrit qu’à l’oral.

Si vous préparez le DELF B2 ou le DALF, il faut que vous montriez que vous savez connecter vos idées avec d’autres connecteurs que et, mais, pourtant, parce que, donc, etc. Et quelle chance vous avez ! Le français est plein de connecteurs logiques qui expriment la cause, la conséquence, le but, la concession, l’opposition, etc. 🙂

Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’expression de l’opposition et voir comment exprimer la même idée avec des structures variées.

Situation : On a un frère et une sœur. Paul et Virginie. Deux caractères opposés. Le frère est fêtard. La sœur est studieuse.

  • Paul est fêtard tandis que Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard alors que Virginie est studieuse.
  • Autant Paul est fêtard, autant Virginie est studieuse.
  • Si Paul est fêtard, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Au contraire, Virginie est studieuse.
  • Contrairement à Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Par contre, Virginie est studieuse. (plutôt à l’oral)
  • Paul est fêtard. En revanche, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. À l’opposé, Virginie est studieuse.
  • À l’opposé de Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Quant à Virginie, elle est studieuse.
  • Paul est fêtard. Virginie, elle, est studieuse.

Il y a quelques autres procédés pour exprimer l’opposition, mais avec cette situation, j’ai choisi de me limiter à ceux-ci. Je suis sûre que vous en connaissez quelques-uns, mais il est probable que vous ne les connaissez pas tous. Essayez de ne pas utiliser toujours les mêmes et réservez par contre pour l’oral et évitez-le dans vos PE d’examens et vos écrits formels. Dans la vie de tous les jours, utilisez par contre comme bon vous semblera, à l’oral comme à l’écrit. Moi, je ne m’en prive pas !

Stress et examen

Cela fait quelques années que j’aide les étudiants à se préparer pour les examens du DELF et du DALF, et depuis que je suis examinatrice certifiée, j’ai très majoritairement travaillé avec des candidates au DALF C1. Nationalités diverses, histoires personnelles et expériences différentes, certaines vivaient en France ou avaient vécu en France, d’autres n’y avaient jamais mis les pieds. Certaines avaient besoin du diplôme pour pouvoir candidater à un programme universitaire en France, d’autres voulaient le passer pour se prouver qu’elles avaient atteint un certain niveau. Certaines avaient un niveau vraiment avancé (linguistique et culture), d’autres avaient un niveau de connaissances un peu plus faible. Ce qu’elles avaient toutes en commun : le stress !

Je pense qu’il est tout à fait normal de stresser pour un examen, mais le niveau de stress que génère le DALF est assez incroyable. Quelques-unes de ces candidates stressaient à un niveau raisonnable, de mon point de vue, mais c’était une toute petite minorité. La plupart étaient au bord de la panique. Plusieurs étaient tellement stressées qu’elles fondaient parfois en larmes pendant les cours de préparation car la pression qu’elles ressentaient était trop intense. J’essaie toujours de donner un feedback honnête et constructif, mais je ne pense pas être effrayante au point de faire pleurer les gens !

À la dernière session d’examen, le mois dernier, un de mes amis se présentait au DALF C1. Langue maternelle espagnole. Il a vécu en France pendant huit ans quand il était plus jeune. Je l’ai connu à Londres et on a toujours parlé français ensemble. Il a des amis français à Londres avec lesquels il parle français. Il a une connexion avec la langue et la culture depuis très très longtemps. Et quand il m’a dit qu’il avait décidé de passer le C1, je lui ai dit de bien se préparer car la méthodologie est importante mais que je n’avais aucun doute qu’il le réussirait. Cet ami a plus de 40 ans.

Une semaine avant l’examen (pour lequel il se préparait seul), il me contacte pour me dire qu’il pense ne pas s’y présenter car il est persuadé qu’il va échouer, c’est trop difficile, son français n’est pas assez bon, ça ne sert à rien. J’ai un peu rigolé, car je sais que son français est très bon et qu’il est impossible qu’il échoue. Bien sûr, vu qu’il vit à Londres depuis des années maintenant, son français n’est plus aussi précis qu’il l’était quand il vivait en France et quand il écrit, il fait des fautes d’orthographe car ce n’est pas une compétence qu’il pratique régulièrement. Mais il ne fait pas plus de fautes que certains Français. D’ailleurs, il en fait moins que beaucoup d’entre eux.

On s’est appelés sur Skype, on a discuté un peu et il m’a présenté l’introduction d’un exposé de PO qu’il avait commencé à préparer. C’était excellent. Méthodologiquement parfait et plein de vocabulaire avancé. Je lui ai dit qu’il n’avait aucun souci à se faire et qu’il fallait qu’il arrête de flipper comme ça. Après l’épreuve de PO, il m’a envoyé un message pour me dire que ça s’était bien passé, et après les épreuves collectives, la même chose ! Je suis sûre qu’il aura une très bonne note.

Mais j’ai pris conscience de quelque chose grâce à lui : cet examen rend les gens fous !

C’est un examen difficile, c’est vrai, et c’est pourquoi il est important de s’y présenter quand on a vraiment le niveau. Si l’on a tendance à stresser facilement et que l’on n’a pas un besoin urgent d’obtenir le diplôme, il faut prendre le temps de se préparer. Ce qui ne veut pas dire faire des examens blancs toutes les semaines, mais continuer à étudier le français avec régularité. Lire, écrire, écouter, parler, s’intéresser à la culture, enrichir son vocabulaire, perfectionner sa grammaire, prendre conscience de ses faiblesses et essayer de s’améliorer. Être actif dans son apprentissage. Être en contact régulier avec la langue. Développer ses connaissances en méthodologie de l’écrit et de l’oral et en argumentation.

Si vous voulez étudier en France et que vous avez besoin du C1 pour pouvoir vous inscrire à la fac, vous pouvez le réussir avec une bonne préparation même si votre niveau n’est pas exactement ce qu’il devrait être, car la note finale est la moyenne des 4 épreuves et si vous êtes bon en compréhension, vous pouvez atteindre les 50 points nécessaires pour obtenir le diplôme sans obtenir de très bons résultats en PO et en PE. Mais si vous ne faites rien pour perfectionner votre français ensuite, vos études risquent d’être douloureuses.

Cependant, si vous êtes déterminé et discipliné, tout est possible. Une de mes étudiantes a fait exactement ça. Elle savait que son niveau n’était pas exactement ce qu’il devait être pour commencer un master en France, mais elle a préparé le C1 sérieusement pour pouvoir candidater. Elle l’a réussi avec une note moyenne. Puis elle a continué à étudier la langue. Moins d’un an après, elle a obtenu d’excellents résultats à ses partiels de master, et moi je parierais gros sur elle si elle se présentait au C2.

Si vous considérez passer le DALF, réfléchissez bien avant de vous lancer. Déterminez tout d’abord les raisons pour lesquelles vous le voulez, ce bout de papier, et demandez-vous si c’est une urgence absolue. Si vous le voulez pour avoir une ligne de plus à mettre sur votre CV, alors peu importe votre note finale. Mais si c’est un défi personnel ou parce que vous désirez étudier en France, visez haut ! Et continuez à étudier après l’examen, car une langue qui n’est pas pratiquée se perd avec le temps.

Et pour finir, je dirais qu’aucun examen ne vaut la peine qu’on se rende malade ! Ce n’est pas facile sur le moment, mais il faut aussi apprendre à prendre du recul. Étant moi-même de nature très anxieuse, je n’applique pas toujours ce que je préconise, évidemment, mais avec le recul, je sais que c’était complètement ridicule de stresser comme je le faisais pendant mon master. Du grand n’importe quoi !

Alors, avant de vous inscrire, soyez conscient que ce sera difficile, engagez-vous à travailler suffisamment pour atteindre vos objectifs, quels qu’ils soient, et promettez-vous de rationaliser et de prendre du recul.

DELF B2 : la production orale

Cette épreuve dure 50 minutes au total : 30 minutes de préparation et 20 minutes de passation pendant lesquelles vous commencerez par parler tout seul avant d’avoir un débat avec l’examinateur ou l’examinatrice.

Vous allez tirez au sort deux sujets et vous pourrez choisir celui qui vous inspire le plus.

Vous devez préparer un exposé à partir d’un court texte. Donc, pendant la préparation, vous commencez par lire le texte, puis vous prenez des notes et vous organisez un plan.

Le but de l’exercice est de défendre un point de vue argumenté. Vous devrez tout d’abord présenter le thème du texte et en dégager une problématique, c’est-à-dire une question, à laquelle vous allez répondre en 3 parties en présentant des arguments que vous appuierez avec des exemples précis. Vous commencerez par une introduction claire dans laquelle vous présenterez le texte puis vous terminerez par une conclusion claire dans laquelle vous ferez un bilan des arguments que vous avez avancés.

Il faut que vous donniez votre opinion. Il est donc important de savoir donner son avis et exprimer ses sentiments. Ne vous limitez pas à répéter “je pense que…” à chaque fois que vous donnez votre avis.

Après votre exposé, l’examinateur vous posera des questions auxquelles vous devrez répondre en étant aussi convaincant que possible.

Pour bien préparer cette épreuve, il est très utile de lire la presse régulièrement.

Vous serez évalué de cette façon :