Liaison avec les prépositions CHEZ, EN, SANS

Il fut un temps où la liaison était automatiquement obligatoire après ces trois prépositions, mais avec le temps, elle est devenue facultative dans un certain nombre de cas. En d’autres termes, vous pouvez choisir de faire la liaison ou non. Faire la liaison indique généralement un langage plus soutenu.

Mais attention, dans certains cas, la liaison est toujours obligatoire (jusqu’à ce qu’elle devienne facultative un jour probablement).

Elle est, à ce jour, encore obligatoire dans les cas suivants :

  • chez + pronom
  • en + pronom
  • en + nom
  • sans + nom

Entrainez-vous :

  • Je suis allée chez eux la semaine dernière.
  • Elle a ça en elle, c’est inné.
  • Elle habite en Espagne en été et en Australie en hiver.
  • Ils sont dans une relation sans amour.

Rectification orthographique : ajout d’un accent sur le E

Parlons aujourd’hui de la règle F3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous apprend qu’un accent a été ajouté dans quelques mots où il avait été omis ou dont la prononciation a changé.

Pourquoi écrire assener, alors que l’on prononce asséner, refréner alors que l’on prononce réfréner ou gelinotte alors que l’on prononce gélinotte ?

Le e devient donc é si l’on prononce é et peut aussi devenir è si l’on prononce è.

Cette règle a clarifié quelque chose d’important pour moi. J’adore les magasins où l’on peut acheter des cahiers, des crayons, des classeurs, des gommes, des agendas, etc. Vous voyez de quel magasin je parle sans aucun doute. Vous savez comment il s’appelle ? J’ai toujours eu des doutes sur comment l’écrire. Car je l’ai souvent vu orthographié papeterie, alors que je l’ai toujours prononcé papèterie ! Je l’ai aussi très souvent vu mal orthographié en anglais, mais c’est un autre sujet.

La règle F3 explique que certains mots ont deux prononciations acceptées. On peut apparemment dire gangreneux ou grangréneux, receleur ou recéleur, et selon notre prononciation, on mettra un accent aigu sur le e ou non. Pareil pour certains mots tels que papeterie ou papèterie, louveterie ou louvèterie, etc. On mettra un accent grave sur le e selon notre prononciation. La règle parle aussi spécifiquement du mot féerique, que j’ai longtemps écrit féérique, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je me trompais, mais en fait, je ne me trompais pas ! Je dis féérique, je peux donc écrire féérique. Les deux orthographes sont possibles.

Cette règle n’est pas évidente si le français n’est pas votre langue maternelle je suppose. Mais je dirais que la tendance est plutôt de mettre l’accent quand deux prononciations sont possibles car la plupart des gens, me semble-t-il, prononcent ces mots avec le son é ou è. Tous les mots que j’ai cités ici avec deux prononciations possibles, je les prononce avec l’accent et j’ai l’impressions que je les entends toujours avec l’accent aussi.

Liaison obligatoire : entre un adjectif interrogatif ou exclamatif et un nom ou adjectif

Nous parlons ici de quels et quelles, bien sûr, car quel et quelle ne vont pas donner lieu à des liaisons, mais à des enchainements (où l’on enchaine les mots sans ajouter de son)

J’entends assez régulièrement les étudiant·e·s oublier de faire la liaison à la forme interrogative, et je crois que je ne les entends quasi jamais utiliser la forme exclamative.

Pourtant, si le nom ou l’adjectif qui suit quels ou quelles commence par une voyelle, il faut faire la liaison.

Entrainez-vous :

  • Quels ont été les résultats des tests ?
  • De quelles étudiantes parlez-vous ? (si vous ne faites pas la liaison ici, on croit que vous parlez au singulier)
  • Quelles histoires aimiez-vous quand vous étiez enfant ? (pareil)
  • À quels heureux évènements aimez-vous repenser ? (pareil)
  • Quels adorables bambins ! (pareil)
  • Quelles amies vous avez là ! (pareil)

Liaison interdite : nom sujet + verbe

Si la liaison est obligatoire entre le pronom sujet et le verbe, elle est interdite entre le nom sujet et le verbe. 🤷

Là encore, les étudiant·e·s avancé·e·s en sont généralement conscient·e·s, mais j’entends parfois des petits écarts. Si vous ne faites pas cette erreur, est-ce parce que vous connaissez la règle ou parce qu’à force d’être exposé·e au français, vous avez pris de bonnes habitudes ?

Comment prononcez-vous ces phrases ?

  • Mon chien a faim.
  • Mes amis arrivent demain.
  • Le boulanger a commencé à travailler à 4 heures.
  • L’enfant a pleuré toute la nuit.
  • Son coup de poing est dangereux.
  • Le loup a mangé la brebis.

Savoir reconnaitre et apprécier ses propres efforts

Comme je l’ai déjà écrit à maintes reprises, atteindre un niveau de langue semblable à un·e locuteur·trice de langue maternelle prend du temps. Beaucoup plus de temps que d’atteindre un niveau de communication décent.

J’ai travaillé avec des étudiant·e·s de tous niveaux et quand on me demandait autrefois quel niveau je préférais, je ne savais pas vraiment, je trouvais difficile de choisir. Aujourd’hui, je sais. Je préfère travailler avec les étudiant·e·s avancé·e·s. D’un côté, c’est plus difficile, mais d’un autre côté, je trouve ça plus intéressant. J’aime aussi les vrai·e·s débutant·es, celles et ceux qui n’ont jamais eu d’autres profs avant moi. C’est moins intéressant au début, mais c’est facile et on voit le progrès très vite. Et surtout, je suis sure qu’ils apprendront à maitriser le passé composé avant d’apprendre le subjonctif. Et quand ces étudiant·e·s peuvent enfin tenir des conversations en français, c’est vraiment satisfaisant !

Aujourd’hui, la majorité de mes élèves sont de niveau avancé. Certaines ont réussi le C1, ce qui n’est pas une mince affaire, et les autres le réussiraient sans aucun doute. Mais ce qu’ils et elles ont tout·e·s en commun, c’est cette frustration de ne pas parvenir à parler ou écrire sans faire d’erreurs. Et cela leur donne en plus l’impression d’être nul·le·s. Ils et elles sont tout·e·s très intelligent·e·s mais adorent tout·e·s se dénigrer quand il s’agit de leurs compétences linguistiques en français.

Je suis une ancienne snob du langage. J’étais du genre à juger sévèrement les autres (Français) quand ils faisaient des fautes d’orthographe ou s’exprimaient avec une grammaire douteuse. Quand j’ai vécu à Londres, je jugeais tout aussi sévèrement les Français et autres Européens qui y vivaient depuis des années mais qui ne maitrisaient pas du tout la grammaire anglaise.

J’ai radicalement changé et c’est un changement assez récent en fait. Je suis toujours assez exigeante avec moi-même mais j’ai compris qu’on n’était pas tous égaux devant les langues, l’orthographe, la grammaire, etc. Et si ça m’agace toujours un peu de voir des fautes dans les journaux ou dans la bouche des journalistes, qui sont des personnes supposées maitriser la langue, cela ne me dérange plus venant d’autres personnes, et encore moins de locuteurs non natifs. J’ai des amis qui sont fâchés avec l’orthographe de leur propre langue. Avec la grammaire aussi. Je ne vais pas arrêter de les aimer et de les fréquenter, ce serait dommage quand même !

Mais il y a un certain stigma attaché aux fautes de langage. On juge les autres qui en font, on se croit moralement supérieur si on fait moins d’erreurs, on s’offusque des fautes des autres, comme si elles étaient impardonnables, on dit des choses comme, “Ah, moi, ce que je supporte pas, c’est quand les gens écrivent ses au lieu de ces !” ou “je supporte pas quand les gens disent malgré que !” Comme si on était irréprochable nous-même. Et comme si ça affectait notre bien-être. Et oh, ce qu’on aime faire la leçon aux autres pour démontrer notre supériorité ! 🤮 Alors qu’en fait, la plupart de ces critiques ne viennent pas de linguistes, que la plupart de ces personnes ont très peu de connaissances linguistiques, et ne sont même pas conscientes, entre autres, que malgré que est devenu plus ou moins acceptable (certains livres de grammaire le mentionnent) et que les langues évoluent avec le temps et que leur complexe de supériorité n’y changera rien.

Tout ceci fait qu’on est facilement complexé de faire des fautes. On sait que l’on en fait, on sait que l’on est jugé et pour beaucoup d’entre nous, c’est une source de malaise. D’où ce sentiment de ne jamais être assez bon quand on apprend une langue et qu’on fait quelques erreurs par-ci par-là.

Beaucoup de mes étudiant·e·s avancé·e·s parlent plus de deux langues. Il y a une Anglaise qui en plus d’apprendre le français apprend le sanskrit (coucou si tu me lis !), deux Brésiliennes qui parlent un anglais très avancé en plus d’un très bon français, un Américain qui parle couramment russe et espagnol en plus d’avoir un excellent niveau de français et une prononciation presque sans accent, une Espagnole qui passe du français à l’espagnol et à l’anglais sans effort apparent, une Saoudienne (👋) qui parle très bien anglais et très bien français, un Américain qui parle espagnol et qui a atteint un niveau de français avancé en un an seulement, etc. Il y a aussi un anglais qui est peut-être un peu moins avancé mais quand même très bon, qui lui, apprend, en parallèle du français, l’italien, l’espagnol, le portugais, le russe, et je crois qu’il s’est mis au polonais aussi. Il étudie différemment des autres car ce qui lui importe, c’est de parler et de pouvoir communiquer quand il est à l’étranger. Il a appris d’autres langues par le passé et a une attitude très détendue. Il ne se soucie pas trop de faire des fautes mais il essaie de se corriger sur ses erreurs les plus fréquentes. Les autres, et d’autres que je n’ai pas mentionnés ici, ont tendance à être très sévères avec eux-mêmes. Peut-être que l’étudiant américain qui parle espagnol et l’étudiante saoudienne sont un peu plus détendus, et ce qu’ils ont en commun, c’est qu’ils sont plus jeunes que tous les autres. Je viens juste de me rendre compte que cela pourrait avoir une incidence sur leur façon d’aborder les erreurs.

Mais moi, quand je les écoute parler et/ou quand je les lis, je les trouve formidables. Eux, et elles, voient principalement leurs erreurs (et évidemment, c’est ce que je leur fais remarquer le plus pour qu’ils apprennent à se corriger), mais moi, je vois à quel point ils et elles sont doué·e·s, je les vois progresser avec constance, et j’aimerais qu’ils et elles soient moins dans le jugement envers eux·elles-mêmes.

Donc, si comme mes chers·ères élèves, vous avez un niveau de français avancé mais avez souvent l’impression de ne pas être à la hauteur, si vous vous sentez frustré·e car vous avez l’impression que vous n’y arriverez jamais, commencez déjà par reconnaitre tout le travail que vous avez fourni jusqu’ici et admettre que votre niveau de français est tout à fait honorable ! Si vous lisez ce blog régulièrement et le comprenez sans effort, votre niveau est sans aucun doute honorable 😉 Si quelqu’un parlait votre langue comme vous parlez français, vous penseriez quoi de cette personne ? Lui adresseriez-vous toutes les critiques que vous vous infligez ou vous diriez-vous qu’elle est vraiment douée ?

L’étude d’une langue est un projet qui peut durer toute une vie. On peut apprendre quelque chose de nouveau tous les jours. Personne ne connait tous les mots du dictionnaire. Personne ne fait jamais de fautes. À chaque fois que vous apprenez un nouveau mot, une nouvelle expression, que vous comprenez enfin pourquoi vous faites cette erreur depuis des années et travaillez pour la corriger, c’est du progrès. Vous ne pouvez pas apprendre tout ce que vous ne savez pas en une heure, un mois, un an. Vous pouvez apprendre beaucoup de choses mais il y aura toujours des choses que vous ne saurez pas. Si vous êtes sérieusement perfectionniste comme certaines de mes élèves, je peux le comprendre car je suis un peu pareille pour moi-même, mais dans ce cas-là, il faut se donner les moyens de son ambition. Autrement dit, il faut travailler méthodiquement et y passer du temps. Beaucoup de temps ! Et si vous faites les mêmes erreurs depuis des années car personne ne vous a jamais corrigé·e, il faudra probablement avoir recours à des exercices pas toujours super amusants, mais cela vaudra la peine au final. En linguistique, ces erreurs s’appelle “fossilisation”. Ce sont des erreurs très difficiles à corriger, c’est un processus qui prend du temps, mais en travaillant méthodiquement, tout peut se corriger. Pour ce type d’erreurs, je recommande de faire appel à un·e prof qui vous aidera à identifier vos erreurs et vous guidera pour les corriger.

Liaison interdite : nom singulier + adjectif

Nous avons vu la semaine dernière que la liaison entre l’adjectif et le nom était obligatoire. À l’inverse, la liaison entre un nom singulier et l’adjectif qui le suit est interdite.

Si les étudiant·e·s débutant·e·s ont tendance à faire cette erreur très régulièrement, les étudiant·e·s avancé·e·s la font beaucoup moins, mais des doutes peuvent subsister et j’entends parfois des liaisons entre nom et adjectif qui ne devraient pas avoir lieu.

Entrainez-vous avec ces phrases et soyez attentif·ve quand vous pratiquez votre écoute.

  • C’est un enfant adorable.
  • J’ai une souris amusante.
  • C’est un boulanger exceptionnel.
  • Il a un chien intelligent.

Liaison obligatoire : adjectif + nom

Voici une autre liaison que les Français font sans y penser et cela n’échappe pas à leurs oreilles si vous ne la faites pas.

Quand vous avez un groupe nominal avec un adjectif suivi d’un nom, vous devez faire la liaison si l’adjectif se termine par une consonne de liaison et le nom commence par une voyelle.

Rappel : faire la liaison signifie que l’on ajoute un son entre 2 mots alors qu’il n’existe pas quand on prononce les deux mots séparément.

Entrainez-vous avez ces phrases :

  • C’est le petit ami de ma fille.
  • Elle n’a jamais oublié son premier amour.
  • Tu as toujours de bonnes idées.
  • C’est un très bon avocat.
  • J’ai lu un long extrait de ce livre.

Liaison obligatoire : après un nombre ou un indéfini

Je reprends assez souvent mes élèves sur cette liaison car ils ont tendance à l’oublier. Les nombres, c’est assez évident, ce sont les mots tels que un, deux, trois, dix, vingt, cent, etc., qui se terminent avec une consonne de liaison. Pour les indéfinis, on parle des mots tels que plusieurs, quelques, certains, certaines, aucun, tout, toutes, autres, etc., qui se terminent par une consonne de liaison.

Quand ils sont suivis d’un nom ou d’un adjectif commençant par une voyelle, il faut faire la liaison. Les Français la font naturellement, sans y penser, même si l’on peut remarquer des oublis de temps à autre, particulièrement avec le mot euros. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai entendu cet oubli un paquet de fois dans des émissions françaises.

Je crois que je corrige le plus souvent mes élèves avec les indéfinis plusieurs et quelques.

Entrainez-vous à prononcer ces phrases :

  • J’ai quelques amis en Suisse.
  • Certaines étudiantes veulent devenir ingénieures.
  • Il m’a fallu plusieurs années pour comprendre.
  • J’ai deux autres affaires à régler avant de pouvoir me reposer.
  • Ce bracelet coute deux-cents euros.
  • Deux élégantes femmes discutent.
  • Cet arbre a cent-vingt ans.
  • Vingt-six éléphants vivent dans cette forêt.

Liaison obligatoire : très et trop

Vous le savez sans aucun doute, en français, il faut souvent faire la liaison entre deux mots. Ce dont vous êtes peut-être mois sûr·e, c’est de quand il faut absolument la faire, ne pas la faire, ou qu’elle est facultative.

Tout d’abord, un petit rappel. Qu’est-ce qu’une liaison ? Savez-vous l’expliquer clairement ?

Une liaison, c’est quand on ajoute un son entre deux mots pour les relier. Un son qui n’existe pas quand on prononce chaque mot individuellement, mais qui apparait quand on les associe. Ce son est déterminé par la consonne finale du premier mot. Les sons de liaison sont : [z], [t], [n], [ʁ], [p] et [g], par ordre de fréquence ([z] étant la liaison la plus commune, [g] la moins commune]).

Les liaisons obligatoires sont des liaisons que vous devez faire. Ne pas les faire revient à faire une faute. Il y en a tout une liste, mais au lieu d’essayer de la mémoriser d’un coup et de stresser, on va y aller petit à petit, car même si vous êtes impatient·e de connaitre tous les petits secrets de la langue française, vous les retiendrez probablement plus facilement si vous les travaillez petit à petit.

Donc, aujourd’hui, parlons des adverbes très et trop. Quand ils sont suivis d’un adjectif qui commence par une voyelle, il faut faire la liaison. Et c’est tout ce qu’il y a à en dire en fait 😉 Facile, non ?

Ceci étant dit, s’il est peu probable que vous entendiez des Français ne pas faire la liaison entre très et l’adjectif qui suit, il n’est pas impossible que vous les entendiez ne pas la faire avec trop. Je le remarque si souvent que je me demande si les règles ne vont pas finir par changer.

Amusez-vous à prononcez les phrases suivantes en suivant les règles de liaison :

  • Ce livre est très intéressant.
  • Elle m’a donné des conseils très utiles.
  • Son chien n’est pas très obéissant.
  • C’est très américain, cette façon de penser.
  • Ce bâtiment est très ancien.
  • Vous êtes trop aimable.
  • Je suis trop impatiente de retourner au Japon.
  • J’ai dû annuler mon voyage car la situation politique est trop instable à Hong Kong.

La syllabe en français

La première chose à savoir sur les syllabes françaises, c’est qu’elles sont toutes formées autour d’une voyelle, qui est le noyau de la syllabe.

La deuxième chose à savoir, c’est qu’il faut différencier la syllabe phonétique (celle qu’on entend) de la syllabe graphique (celle que l’on voit). Par exemple, “une étudiante” contient 4 syllabes phonétiques /y-ne-ty-djãt/ mais 6 syllabes graphiques u-ne-é-tu-dian-te

En français, il y a 6 voyelles graphiques : a, e, i, o, u, y mais il y a 16 voyelles phonétiques (personnellement, je n’en utilise que 14 car je ne différencie ni /ɛ̃/ et /œ̃/ ni /a/ et /ɑ/).

Les 16 voyelles phonétiques que vous pouvez rencontrer dans les transcriptions phonétiques sont les suivantes :

  • [i] – mille, pays
  • [e] – été, parler
  • [ɛ] – peine, mère
  • [a] – amour, chat
  • [ɑ] – pâte, bas
  • [ɔ] – sport, homme
  • [o] – moto, eau
  • [u] – fou, toujours
  • [y] – rue, musique
  • [ø] – bleu, deux
  • [œ] – heure, sœur
  • [ǝ] – le, que
  • [ɛ̃] – pain, vin
  • [œ̃] – lundi, brun
  • [ã] – enfant, temps
  • [õ] – bonbon, pompier

Il existe deux types de syllabes en français : ouverte (qui se termine par un son de voyelle) et fermée (se terminant par un son de consonne). Le type de syllabe que l’on retrouve le plus en français est la syllabe ouverte. Les syllabes ouvertes représentent 80% des syllabes du français, contre 72% pour l’espagnol, 40% pour l’anglais et 37% pour l’allemand (d’après mes cours de phonétique de master).

On peut trouver ces schémas de syllabes, pour lesquels je noterai C pour un son de consonne et V pour un son de voyelle :

  • V (une voyelle seule) : eau [o], an [ã], un [ɛ̃], on [õ]
  • CV : tout [tu], pas [pa]
  • CCV : clou [klu], gras [gʁa]
  • CCCV : trois [tʁwa], strie [stʁi]
  • VC : art [aʁ], os [ɔs], une [yn]
  • VCC : tarte [taʁt], poste [pɔst]
  • CVC : pomme [pɔm], mare [maʁ]
  • CCVC : tranche [tʁãʃ], crabe [kʁab]
  • CCVCC : gloups [glups], tract [tʁakt]
  • CCCVC : strophe [stʁɔf], stress [stʁɛs]
  • CCCVCC : strict [stʁikt]

Il y a autant de syllabes phonétiques dans un mot qu’il y a de sons de voyelles.

Pour ce qui est des syllabes graphiques, on découpe les mots autrement, comme vu plus haut avec l’exemple de “une étudiante”. Mais il y aura autant de syllabes graphiques dans un mot que de voyelles ou groupes de voyelles qui forme un seul son. En plus de a, e, i, o, u, y, il faut considérer les combinaisons de lettres qui ne forment qu’un seul son telles que : ai, au, ay, ei, eu, ey, œu, et, eau, oi, oy, an, ain, en, ein, um, un, on, om, etc. Pour les combinaisons qui représentent un son de voyelle nasale, voir ce post pour plus de détails.

Qu’ont en commun les mots une, tarte, poste, pomme, mare, crabe, tranche, strophe donnés en exemple ci-dessus ?

Ils représentent tous une syllabe phonétique, mais ils contiennent tous deux syllabes graphiques : u-ne, tar-te, pos-te, pom-me, ma-re, cra-be, tran-che, stro-phe. Dans chaque syllabe graphique, on a une voyelle (ou un groupe représentant un son de voyelle), et le e muet compte quand on découpe les syllabes graphiques. On ne l’entend pas, mais il fait partie d’une syllabe graphique, qu’il soit en fin de mot comme dans ces exemples ou en milieu de mot, comme dans évènement qui contient 4 syllabes graphiques (é-vè-ne-ment) mais 3 syllabes phonétiques : [e-vɛn-mã]

On parle peu, voire pas du tout, des syllabes en cours de français langue étrangère, et pourtant, il me semble que c’est utile d’en avoir quelques notions de base et que cela peut aider pour la prononciation et pour l’orthographe. Si vous étudiez avec moi et que vous n’êtes pas canadienne, je vous répète régulièrement d’ouvrir votre bouche un peu plus pour prononcer les voyelles. Si ce n’était pas encore clair, vous pouvez surement mieux comprendre pourquoi après la lecture de ce post ! Les voyelles ont une place centrale dans la langue française !