Les différentes graphies du son /õ/

Après /ɛ̃/ et /ã/, parlons aujourd’hui de /õ/. Vous allez voir, celui-ci est plutôt simple.

Il y a seulement deux façons d’écrire le son /õ/ : on et om. En grande majorité, on écrit on, mais on écrit om devant un b ou un p, à quelques exception près.

  • on : maison, long, bonté, concis, situation, mission
  • om : sombre, combat, pompier, compter, nom, prénom
  • exceptions : bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint

Petite dictée pour vous tester :

Pour vérifier, c’est ici.

Les différentes graphies du son /ã/

Continuons avec l’orthographe des voyelles nasales. La semaine dernière, on a vu les différentes façons d’écrire le son /ɛ̃/. Il y en avait beaucoup. Le son /ã/ a moins de possibilités. Seulement 4 en fait.

  • an : anthropologie, orange, effrayant
  • en : entendre, mentir, pertinent
  • am : ambulance, crampe, champ
  • em : embaucher, temps, novembre

Ce n’est pas toujours évident de savoir si l’on doit mettre un a ou un e, beaucoup de Français n’en sont pas toujours sûrs, mais il y a des petites astuces que l’on peut apprendre pour mémoriser l’orthographe.

Notamment, que les participes présents se terminent toujours par -ant, et les adverbes par -ment (pas tous les adverbes bien sûr, mais ceux qui se terminent par /mã/) . Et il est toujours utile de connaitre d’autres mots de la même famille. Par exemple, comment savoir qu’on écrit pertinent et non *pertinant ? Peut-être connaissez-vous la pertinence, l’impertinence ou pertinemment. On retrouve le e dans tous ces mots.

Pour ce qui est du n ou du m, savez-vous que devant un m, un b, ou un p, le n devient m ? Vous pouvez le voir dans les exemples ci-dessus : ambulance, crampe, champ, embaucher, temps, novembre, mais encore dans emmitouflé, embêter, empoté, chambre, champagne, etc. Il y a bien sûr des exceptions, comme néanmoins, mais il y en a très peu.

Petite dictée pour pratiquer le son /ã/ :

Pour vérifier, c’est ici.

Les différentes graphies du son /ɛ̃/

Beaucoup de gens trouvent l’orthographe française difficile, en commençant par les Français eux-mêmes. Contrairement à l’italien et l’espagnol (et certainement d’autres langues), le français ne se prononce pas toujours comme il s’écrit et un même son peut s’orthographier de plusieurs façons.

Je me suis dit que cela pourrait vous intéresser d’observer le son /ɛ̃/ pour commencer. Résistez à l’envie de vous arracher les cheveux 😉

Je tiens tout d’abord à préciser que comme beaucoup de Français aujourd’hui, je ne fais pas la différence entre /ɛ̃/ et /œ̃/. Pour moi, brin et brun se prononcent pareil, par exemple.

  • in : fin, inculte, intéressant
  • im : impossible, simple, imbu
  • ain : main, copain, ainsi
  • aim : faim, daim, essaim
  • ein : rein, peintre, ceinture
  • en : examen, chien, moyen
  • un : aucun, emprunt, lundi
  • um : parfum, lumbago, lump
  • yn : lynx, syntaxe, syndicat
  • ym : thym, sympa, symbole

Voici une petite dictée avec le son /ɛ̃/ :

Pour vérifier, c’est ici.

Les mots qui commencent par IN-, IM-

Je veux parler des mots tels que : incapable, indécis, information, ingérer, insipide, intéressant, intermédiaire, invoquer, imbattable, impossible, etc.

La première syllabe de tous ces mots se prononce exactement de la même façon : /ɛ̃/. C’est un son nasal. C’est un seul son. On n’entend pas /i/ et on n’entend pas /n/ ou /m/.

C’est une petite erreur de prononciation que j’entends… tout le temps !

Si après in- et im- vous avez une consonne autre qu’un autre n après in- ou un autre m après im-, il faut prononcer /ɛ̃/, comme dans pain, main, fin, etc. Sauf si c’est un h (inhérent se prononce /inerã/ : on entend le i et on entend le n).

Dans le cas d’une double consonne comme pour immigrant, immature, immense, immobile, immunité, etc., on prononce le i et le m. Il y a des mots commençant imm- pour lesquels im- se prononce /ɛ̃/, mais il y en a très peu : immangeable, immanquable, immettable.

Pour inn- : inné, innocent, innovateur, innommable, etc., on prononce le i et le n.

Quelques exemples pour pratiquer :

  • À cet instant, il m’est impossible de vous informer.
  • L’inscription indique qu’un incendie a eu lieu ici.
  • Ces statues impressionnantes sont importées d’Indonésie.
  • C’est un imbécile indiscret et imprudent.
  • Son amie indienne est incroyablement implacable.

/o/, /ɔ/, /ø/, /œ/

Si vous ne comprenez pas bien l’écriture phonétique, voici quelques exemples pour chaque son :

  • /o/ : beau, automobile, dos, cadeau
  • /ɔ/ : sport, mort, bord, métaphore
  • /ø/ : demander, petit, cela, nœud
  • /œ/ : sœur, peur, beurre, chaleur

Pour beaucoup d’étudiants, ces sons ne sont pas évidents à distinguer. Si c’est votre cas, il faut les pratiquer régulièrement.

Voici donc un texte dans lequel j’ai enlevé la plupart de ces sons. Je les ai laissés dans les mots grammaticaux (de, se, le, etc.). Essayez de compléter les mots avec les lettres manquantes. Si vous avez des doutes, vous pouvez écouter le texte pour vous aider. J’ai trouvé le texte sur slate.fr et vous pourrez trouver le pdf de l’exercice ici, et le texte original .

Prononcer le W

C’est une lettre que l’on retrouve dans peu de mots en français. Parfois elle se prononce /v/, comme un V, d’autres fois, elle se prononce /w/ comme le son de oui /wi/.

La majorité des mots avec un W viennent d’autres langues.

Des mots tels que whisky, weekend, twist, waterproof, sandwich vont se prononcer comme en anglais, avec un accent français. Par exemple en anglais, c’est la première syllabe de sandwich qui est accentuée. En français, c’est la dernière.

Dans d’autres mots, plutôt d’origine allemande, le W va se prononcer /v/ : wagon, wagnérien, wisigoth, rottweiler, etc. En fait, peu de mots me viennent en tête sans trop réfléchir en dehors de ces cinq là, et après une petite recherche, j’ai trouvé une liste faite de mots que je n’ai jamais prononcés de ma vie, mais qui semblent assez germaniques en effet.

Dans des mots tels que show, crawl, clown, cowboy, le W ne s’entend pas du tout, mais il affecte parfois la prononciation de la voyelle à côté de laquelle il se trouve. Clown est prononcé cloune, crawl est prononcé crôle. Show se prononce comme chaud, et cowboy, coboye. Les Français prononcent New York nouillorque. 🙂

Essayez de prononcer ces phrases si ça vous amuse :

  • On voit rarement des clowns dans les westerns.
  • Wendy vient du Rwanda et travaille dans le show-business.
  • Winnie l’ourson ne veut pas jouer au bowling.
  • William mange un sandwich avant son interview.
  • Willy va passer le weekend à Hawaï avec son rottweiler.

u VS ou

J’ai déjà parlé de ces deux sons dans un post, pour expliquer que la différence dans la prononciation tenait principalement à la position de la langue.

Le savoir n’est pas toujours suffisant et il est important de pratiquer régulièrement ces sons de façon consciente et active s’ils vous posent problème.

Voici un petit exercice : un texte (trouvé sur www.slate.fr et dont j’ai corrigé les coquilles) dans lequel j’ai enlevé les u et les ou. Pour certains mots, c’est évident et vous saurez immédiatement s’il faut ajouter u ou ou, mais même si c’est évident, prononcez les mots incluant ces sons et appliquez-vous ! Certains mots seront peut-être moins évidents. Vous pouvez écouter le texte pour vous aider.

Vous pouvez trouver cet exercice en pdf ici et le texte original ici.

Que faire après le DALF ?

Si votre but est de maitriser le français à un haut niveau, vous savez déjà certainement qu’avoir obtenu le DALF ne signifie pas que vous avez atteint votre but. Si vous arrêtez vos études de français après avoir reçu votre diplôme, il y a de grandes chances que vous ne progressiez plus, voire que vous régressiez, au risque de tout oublier un jour. Si vous avez réussi le DALF avec 50 points, ce n’est pas la même chose que si vous en aviez obtenu 90. Si vous étiez super bien préparé·e, il est possible que vous ayez réussi grâce à vos compétences méthodologiques et pas tant grâce à vos compétences linguistiques.

Il fut un temps où je parlais bien italien. Je pense que j’aurais pu réussir l’examen C1 à l’époque. Je lisais en italien et je regardais des films sans sous-titres. Je parlais avec pas mal de fluidité et je pouvais écrire correctement. Cela fait à peu près 7 ans que je ne le pratique plus. Je comprends encore pas mal de choses, mais je suis incapable d’avoir une conversation en italien aujourd’hui. Et si je ne me remets pas à l’espagnol très vite, j’ai peur qu’il ne m’arrive la même chose. Je le pratique encore occasionnellement, mais depuis mon départ d’Espagne il y a bientôt un an, je l’ai très peu pratiqué. J’ai regardé quelques films et séries en espagnol, j’ai dû prendre deux cours, je n’ai lu aucun livre, peut-être un article ou deux, et j’ai échangé quelques textos avec une copine espagnole. Je me donne l’excuse que cette année d’adaptation a été assez difficile, mais il faudrait vraiment que je m’y remette avant que cela ne me demande trop d’efforts.

Je travaille avec plusieurs étudiantes que j’ai connues avant le DALF. J’aime beaucoup travailler avec des étudiant·es qui ont vraiment envie de maitriser la langue et pour qui le DALF n’est pas une fin en soi. Vivre ou passer une longue période dans un pays francophone peut faire une grande différence dans l’apprentissage d’une langue mais ce n’est pas suffisant.

Cela fait 10 mois que je vis en Thaïlande. Vous croyez que je parle thaï ? Vous vous tromperiez ! Je le parle probablement moins bien qu’à mon arrivée car j’ai arrêté les cours il y a 6 mois, quand ma prof est partie en congé maternité et je n’ai pas encore eu envie de les reprendre pour diverses raisons. J’ai essayé de parler aux gens d’ici mais comme personne ne me comprenait, j’ai abandonné. Je n’ai pas essayé de faire d’échange linguistique. Je ne regarde pas de programmes thaïs. Je n’écoute pas de musique thaïe. Bref, je ne fais rien de ce qu’il faudrait que je fasse pour développer mes compétences linguistiques. Après l’été, je change d’attitude, je me le suis promis !

Tout ça pour dire qu’il est très facile de vivre dans un pays et de ne pas parler la langue ou de comprendre la culture. J’ai eu des étudiantes ayant vécu à Genève plusieurs mois, voire plusieurs années, qui avaient un niveau de français très basique. J’ai connu des étudiantes qui vivaient en France et qui ne parlaient pas du tout français. J’en connais aussi qui vivent en France et qui progressent continuellement. Et d’autres qui ne vivent même pas en France mais qui m’impressionnent avec leur progrès constant et leur implication. Elles sont vraiment très inspirantes.

Tout est dans l’attitude et le temps que l’on est prêt·e à consacrer à la langue. Une fois le DALF en poche, C1 ou C2, il est essentiel de continuer à étudier. Il faut que le français fasse partie de votre vie quotidienne. Il faut revoir les règles de grammaire régulièrement, il faut lire, écrire, écouter la radio, des podcasts, regarder des films ou autres, parler (se parler à soi-même marche aussi s’il n’y a personne à qui parler), prendre des notes, observer, remarquer, se faire des listes, réutiliser les nouveaux mots, les nouvelles expressions, s’interroger, consulter des livres, lire des blogs, surfer sur Internet, et, si on peut se le permettre, prendre des cours n’est jamais superflu. Les livres, c’est bien, mais ça ne répond pas à tout. La radio, c’est bien, mais le français parlé est en général truffé de fautes grammaticales. Ou du moins, les codes de l’oral sont très différents des codes de l’écrit et la grammaire ne ressemble pas toujours à ce que vous avez appris. Ni la prononciation. Et un prof de temps en temps, ça permet de dissiper vos doutes. Trouvez un·e prof qui correspond à votre personnalité, au type d’apprenant·e que vous êtes et avec qui vous aurez plaisir à apprendre.

Mais surtout, ne pensez pas qu’avoir obtenu le DALF veuille dire que vous parlerez toujours français et le comprendrez toujours ! Le diplôme est valide à vie mais si vous ne continuez pas à étudier, un jour, vous pourriez avoir avec la même relation avec le français que moi avec l’italien. Tous ces efforts, toutes ces heures passées à étudier, pour qu’il en reste si peu, c’est un peu frustrant quand même !

Deux courts articles sans accents

Pour aujourd’hui, j’ai sélectionné deux courts articles du Gorafi, dans lesquels j’ai enlevé tous les accents (pas seulement sur les e). J’ai apporté des modifications aux textes originaux qui comportaient quelques erreurs. Si vous avez tendance à oublier les accents ou à en mettre là où il n’y en a pas, ces exercices sont faits pour vous ! Je les ai enregistrés, si vous souhaitez les écouter pour vérifier. Vous pouvez imprimer le premier texte sans accents ici et la correction . Pour le deuxième texte sans accent, c’est ici, et la correction .

Prononcer les mots en -ISME

Comment prononcez-vous les mots suivants : féminisme, tourisme, socialisme, anglicisme, égoïsme, exotisme, bouddhisme, vandalisme, etc. ?

Pour certaines de mes étudiantes, en particulier les anglophones, c’est un petit défi. Tout simplement parce que c’est souvent difficile de prononcer des mots qui ressemblent aux mots de notre langue quand on les écrit mais qui sont très différents quand on les prononce.

En anglais, quand vous avez -ism à la fin d’un mot, vous prononcez /izǝm/. En français, quand on a -isme à la fin d’un mot, on prononce /ism/. Pas tout à fait la même chose !

Cependant, il est assez commun d’entendre /izm/ pour -isme, tout simplement parce que le /s/ est placé entre /i/ et /m/, deux sons sonores, c’est-à-dire deux sons pour lesquels les cordes vocales vibrent (toutes les voyelles sont sonores, mais pas toutes les consonnes). Le /s/ est une consonne sourde, pour laquelle les cordes vocales ne vibrent pas, mais à cause de sa position entre deux sons sonores, il devient facilement un /z/. Si cela peut vous aider à ne plus prononcer le /ǝ/ de l’anglais, prononcer /z/ au lieu de /s/ ! Beaucoup de francophones le font sans s’en rendre compte.

Personnellement, je prononce /ism/ quand je suis consciente de ma prononciation, mais je suis sure qu’il y a des moments où je prononce /izm/ sans y penser.

Voici quelques mots en -isme, prononcés des deux façons :

  • féminisme
  • tourisme
  • prisme
  • communisme
  • bouddhisme
  • anglicisme
  • rationalisme
  • romantisme
  • alcoolisme
  • cyclisme