Réagir avec naturel : ça va pas la tête !

Quand quelqu’un agit d’une façon que nous jugeons absurde, on peut réagir avec de nombreuses expressions. En voici un petit florilège :

  • Ça va pas la tête !
  • Mais tu te prends pour qui ?
  • Non mais tu rêves !
  • N’importe quoi !
  • Non mais tu te crois où ?

Si vous voulez les pratiquer avec une intonation naturelle, vous pouvez les écouter et les répéter. Evidemment, votre intonation peut varier un peu selon le contexte. J’ai imaginé que j’avais affaire à quelqu’un qui faisait quelque chose d’absolument inacceptable. :

E + deux consonnes : vérification

J’ai choisi cet article car il contenait un exemple dans le titre, et plein d’autres dans le texte. Vous pouvez ainsi vérifier la règle que j’ai énoncée hier, avec les exemples surlignés en jaune.

Cependant, j’ai aussi surligné deux <e> en rose. Vous pourrez remarquer qu’ils sont suivis de deux consonnes et que la règle voudrait qu’on les prononce /ε/. Pourtant, dans recherche, comme dans reprendre, reclasser, reproduire, rechange, regrouper, etc, le <e> du préfixe <re> se prononce /ø/ ou /ə/. Parce que c’est un préfixe et qu’il se prononce ainsi. Il signifie “encore”, “à nouveau”. On le retrouve dans plein de mots (dont beaucoup de verbes), sans qu’il soit suivi de deux consonnes : relire, relecture, redire, refaire, report, repasser, remettre, etc.

J’ai par ailleurs souligné en vert 3 <ex>, pour attirer votre attention sur le fait que le <e> devant un <x> ne prend pas d’accent non plus, bien qu’il se prononce /ε/. D’autres exemples : exemple, excuse, export, exercice, sexe, index, exiger, exode, réflexe, exact, etc.

C’est une autre façon de travailler la langue à partir d’un article de journal…

E + deux consonnes

Récemment, j’ai eu la même conversation avec plusieurs élèves par rapport à l’accentuation du <e>.

J’ai relevé dans plusieurs écrits des mots orthographiés ainsi : *résponsable, *èspérer, *réstituer, *cértifier, *etc.

Pourtant, je ne vois jamais des mots tels que belle, échelle, recette, tablette, terre, verre, princesse, duchesse, etc., mal orthographiés. Ils sont également bien prononcés dans l’ensemble.

Ce qui signifie que les apprenant.e.s sont capables de concevoir que le <e> devant 2 <l>, 2 <t>, etc., se prononce /ε/ (è) même s’il n’a pas d’accent.

Selon votre langue maternelle, il est possible que les accents sur le <e> soit un véritable casse-tête pour vous. Mais il y a des règles qui peuvent s’apprendre et s’appliquer !

Quand le <e> est suivi de 2 consonnes, vous n’avez pas besoin de lui mettre un accent pour qu’il se prononce /ε/. Et oui, je sais, cela contredit la règle de phonétique qui dit que le <e> sans accent se prononce /ø/ ou /ə/.

Observez les mots suivants, ils suivent tous cette règle : espace, respect, escale, certifier, vert, inertie, delta, celte, lesbienne, festin…

Maintenant, parlons des exceptions à la règle 🙂 (Vous vous y attendiez, non ?)

Cette règle ne s’applique pas quand la deuxième consonne est un <l> (sauf si c’est un double <l>) ou un <r> (sauf si c’est un double <r>). Dans ce cas, vous devez mettre un accent sur le <e> s’il se prononce /e/ ou /ε/.

Observez : règle, espiègle, siècle, trèfle, pègre, intègre, cèdre, mètre, intégration, dégrader, mépris, régler, réplique, éplucher

Observez bien ces mots quand vous lisez pour voir si la règle se vérifie !

Pratiquer les nasales

Comme plus de la moitié de mes élèves rencontrent des difficultés avec la prononciation des voyelles nasales, je me suis dit qu’aujourd’hui, je proposerais quelques phrases à pratiquer. H, si tu lis ce post, tu peux enregistrer ces phrases pour le prochain cours, histoire de changer un peu.

  • Mon tonton tond le gazon devant la maison.
  • Ma maman range les pansements dans la chambre blanche.
  • Un bambin malin invente des contes pleins de pingouins et de babouins.
  • Martin peint un enfant dont les mains sont gantées.

Gardez bien en tête que pour prononcer un, in, ein, ain, etc., vos lèvres doivent être très étirées. Si vous avez du mal avec ce son, exagérez-le ! Utilisez un miroir et essayez d’avoir une bouche de Joker.

Le on/om est le son avec les lèvres les plus arrondies et les plus en avant.

Le son an, am, etc. est entre les deux et c’est souvent celui qui pose le plus de problèmes. Le truc, c’est de trouver avec quelles consonnes vous arrivez à mieux le prononcer. Trouvez quels mots sont plus faciles à prononcer pour vous. Essayez le son avec toutes les consonnes de l’alphabet et servez-vous de vos points forts pour améliorer vos points faibles. Enregistrez-vous et réécoutez-vous le lendemain.

Cela peut prendre du temps pour arriver à bien prononcer les nasales, mais avec de la persévérance, tout est possible ! Et surtout, ne vous comparez pas aux autres. Nous ne sommes pas tous égaux devant la prononciation !

Prononcer parfaitement n’est pas ce qui compte le plus à mon avis. Je comprends tout à fait l’envie de s’améliorer, mais si vous êtes capable de vous faire comprendre quand vous parlez la langue du pays étranger où vous voyagez ou vivez, soyez fier·ère de vous et ne soyez pas trop dur·e avec vous-même. Surtout si vous étudiez la langue depuis seulement 4 ou 5 ans et n’avez jamais vécu dans un pays francophone ! 😉

Vous finirez par y arriver mais ce n’est en général pas un chemin sans embuches !

Liaison facultative : nom pluriel + adjectif

Si la liaison entre un nom au singulier et l’adjectif qui le suit est interdite (voir ce post si vous avez des doutes), celle entre un nom au pluriel et l’adjectif qui le suit est facultative. En d’autres termes, libre à vous de la faire ou non !

Dans les phrases suivantes, vous pouvez décider de faire la liaison ou de ne pas la faire :

  • Je n’aime pas les biscuits américains.
  • Ce sont des personnes aimables.
  • Vous avez des enfants adorables.
  • Je vais bientôt rendre visite à mes amis indiens.
  • J’aime les chaussures élégantes.

En général, on dit que plus il y a de liaisons, plus le style est soutenu, et vice versa. Pour les phrases ci-dessus, personnellement, j’aurais tendance à ne pas faire la liaison, à part peut-être pour la deuxième. Je ferais peut-être plus facilement la liaison dans un contexte plus sérieux et formel, mais au quotidien, je ne fais pas ces liaisons.

Liaison entre le verbe et son complément

Normalement, on ne fait pas la liaison entre un verbe et son complément. J’entends parfois mes étudiant·e·s la faire et j’ai décidé de réviser un peu cette règle car j’avais des doutes. J’ai tendance à ne jamais la faire, mais apparemment, si elle est généralement interdite, elle est aussi facultative avec certains verbes. D’après certaines sources, elle serait même seulement interdite après un verbe conjugué à la deuxième personne du singulier (tu).

Mais prenons par exemple cette phrase très simple :

  • Il sort avec moi ce soir.

Si je fais la liaison, on va entendre : ils sortent avec moi ce soir.

Je serais donc d’avis à ne pas faire la liaison.

Elle serait facultative après certains verbes, tels que être, aller, avoir, devoir, vouloir, pouvoir, falloir, etc. C’est-à-dire que les phrases suivantes peuvent être prononcées avec ou sans liaison :

  • Nous sommes en sueur d’avoir trop couru.
  • Tu veux un dessert ?
  • Il faut accepter la critique si elle est constructive.
  • On doit étudier longtemps pour devenir médecin.

Faites donc comme bon vous semble ! Moi, je continuerai à ne pas la faire !

Rectification orthographique : -illier et -illière deviennent -iller et -illère

Règle F4 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, concerne les terminaisons de mots en -illier et -illière. Quand le i qui suit les deux l ne s’entend pas, on ne l’écrit pas !

La prononciation de-ill pose souvent problème. Doit-on prononcer comme ville ou comme fille ? Et d’ailleurs, pourquoi prononce-t-on ces deux-là différemment ? 🤔

Dans tous les mots affectés par la règle F4, le -ill se prononce comme dans fille. Le mot millier, par exemple, n’est pas concerné par la règle car –ill se prononce comme dans ville.

Quelques exemples de mots : joailler, joaillère, quincailler, quincaillère, serpillère, cheviller, etc.

À noter que les arbres, arbustes et autres végétaux gardent le i, par analogie avec les autres noms en botanique se terminant par -ier, tels que pommier, poirier, framboisier, etc. On continuera donc à écrire groseillier, vanillier, etc.

Liaison: expressions avec plus, moins, tout

Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’entends régulièrement des erreurs de prononciation dans ces expressions, et plus précisément des oublis de liaison.

La liaison est pourtant obligatoire dans des expressions telles que de plus en plus, de moins en moins, plus ou moins, tout à coup, tout à l’heure, tout à fait, à tout âge, tout à gagner, tout au bout, tout autant, tout autre, etc.

Entrainez-vous :

  • J’ai de plus en plus de mal à comprendre le monde.
  • Elle a de moins en moins peur du noir.
  • Il est plus ou moins intéressé par ta proposition.
  • On se voit tout à l’heure !
  • Elle habite tout au bout de la rue.

Liaison avec les prépositions CHEZ, EN, SANS

Il fut un temps où la liaison était automatiquement obligatoire après ces trois prépositions, mais avec le temps, elle est devenue facultative dans un certain nombre de cas. En d’autres termes, vous pouvez choisir de faire la liaison ou non. Faire la liaison indique généralement un langage plus soutenu.

Mais attention, dans certains cas, la liaison est toujours obligatoire (jusqu’à ce qu’elle devienne facultative un jour probablement).

Elle est, à ce jour, encore obligatoire dans les cas suivants :

  • chez + pronom
  • en + pronom
  • en + nom
  • sans + nom

Entrainez-vous :

  • Je suis allée chez eux la semaine dernière.
  • Elle a ça en elle, c’est inné.
  • Elle habite en Espagne en été et en Australie en hiver.
  • Ils sont dans une relation sans amour.

Rectification orthographique : ajout d’un accent sur le E

Parlons aujourd’hui de la règle F3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous apprend qu’un accent a été ajouté dans quelques mots où il avait été omis ou dont la prononciation a changé.

Pourquoi écrire assener, alors que l’on prononce asséner, refréner alors que l’on prononce réfréner ou gelinotte alors que l’on prononce gélinotte ?

Le e devient donc é si l’on prononce é et peut aussi devenir è si l’on prononce è.

Cette règle a clarifié quelque chose d’important pour moi. J’adore les magasins où l’on peut acheter des cahiers, des crayons, des classeurs, des gommes, des agendas, etc. Vous voyez de quel magasin je parle sans aucun doute. Vous savez comment il s’appelle ? J’ai toujours eu des doutes sur comment l’écrire. Car je l’ai souvent vu orthographié papeterie, alors que je l’ai toujours prononcé papèterie ! Je l’ai aussi très souvent vu mal orthographié en anglais, mais c’est un autre sujet.

La règle F3 explique que certains mots ont deux prononciations acceptées. On peut apparemment dire gangreneux ou grangréneux, receleur ou recéleur, et selon notre prononciation, on mettra un accent aigu sur le e ou non. Pareil pour certains mots tels que papeterie ou papèterie, louveterie ou louvèterie, etc. On mettra un accent grave sur le e selon notre prononciation. La règle parle aussi spécifiquement du mot féerique, que j’ai longtemps écrit féérique, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je me trompais, mais en fait, je ne me trompais pas ! Je dis féérique, je peux donc écrire féérique. Les deux orthographes sont possibles.

Cette règle n’est pas évidente si le français n’est pas votre langue maternelle je suppose. Mais je dirais que la tendance est plutôt de mettre l’accent quand deux prononciations sont possibles car la plupart des gens, me semble-t-il, prononcent ces mots avec le son é ou è. Tous les mots que j’ai cités ici avec deux prononciations possibles, je les prononce avec l’accent et j’ai l’impressions que je les entends toujours avec l’accent aussi.