Décade ou décennie ?

Ces 2 mots sont des paronymes, c’est-à-dire qu’il sont presque homonymes, et par conséquent, sont assez souvent confondus, même par les locuteurs natifs.

Je me suis surprise à dire décade au lieu de décennie plus d’une fois, à cause de l’anglais. Je sais qu’une période de 10 ans se dit décennie en français !

Quant à une décade, elle désigne une période de 10 jours, même si à cause de l’influence de l’anglais, il n’est pas impossible que vous entendiez un.e francophone natif.ve dire décade quand elle ou il veut en fait dire décennie…

On peut voir les 2 n de “année” dans décennie, ça peut aider à mémoriser. Personnellement, je n’utilise jamais le mot décade en fait. J’ai tendance à juste dire 10 jours. Mais il est intéressant de savoir que ces 2 mots à la même racine (10) désignent tous deux une période de 10… jours ou années, et qu’il y a donc une différence. Même si certains dictionnaires signalent l’anglicisme et l’usage de décade pour signifier 10 ans.

Brésil et végétarisme

Un petit article facile de Courrier International pour commencer l’année en douceur.

Étant végane depuis plus d’un an maintenant, ce genre d’information m’intéresse énormément. L’article n’est à priori pas très difficile, mais si vous n’êtes ni végétarien.ne, ni végane, il est possible que vous connaissiez mal le vocabulaire autour de ce thème (en vert dans le texte).

En plus du vocabulaire, j’ai mis en évidence des verbes (parfois accompagnés de prépositions) en rouge, des connecteurs (surlignés en bleu), une litote très courante en gras et en bleu, et j’ai surligné en jaune deux pronoms relatifs et un pronom complément.

Observez en prenant votre temps !

Raccrocher au nez

Expression utile.

  • Comme il ne la laissait pas parler, elle lui a raccroché au nez.
  • Ce n’est pas très poli de raccrocher au nez des gens.
  • J’essaie d’appeler le service client depuis 2 jours mais ils me raccrochent au nez à chaque fois.
  • Quelqu’un a décroché mais nous a raccroché au nez immédiatement.

On décroche son téléphone quand il sonne et on raccroche quand la conversation est terminée.

Raccrocher au nez de quelqu’un, c’est raccrocher avant que la conversation ne soit terminée. Ce n’est pas très agréable quand cela nous arrive, mais personnellement, je l’ai fait des dizaines de fois à des téléprospecteurs quand je vivais en Espagne. Ils appelaient constamment, c’était insupportable ! Jusqu’au jour où j’ai décidé de débrancher mon téléphone fixe, sur lequel personne d’autre n’appelait de toute façon, et de ne plus répondre aux numéros inconnus sur mon portable.

Depuis, j’évite de raccrocher au nez des gens qui m’appellent.

Un village qui change de nom

Les vacances approchent à grand pas, et dans le souci d’être à jour dans mon travail, je délaisse un peu le blog.

Mais voici un petit article dont vous pouvez faire l’analyse que j’ai préparée, et bien sûr, vous pouvez en faire plus (ou moins – mais quoi que vous fassiez, faites-le de façon appliquée, en toute conscience, sans vous presser !)

En rouge, quelques verbes à observer, en jaune, quelques prépositions ou locutions. Surlignées en rose, des collocations, c’est-à-dire des mots qui sont souvent combinés, que l’on retrouve souvent ensemble. Pour les mots en vert, je vous suggère de réfléchir à des synonymes. En violet, 6 pronoms relatifs (point de grammaire qui reste souvent sensible chez les étudiant.e.s avancé.e.s). Et en bleu, deux expressions fréquemment utilisées par les natifs, mais beaucoup moins par mes élèves.

Bonne analyse !

Avancées sociales en Suisse

J’ai vécu en Suisse entre 2004 et 2007. J’ai adoré ma vie en Suisse. J’y ai trouvé une certaine stabilité. J’ai travaillé pour des gens adorables qui ont restauré ma foi en l’humanité et qui m’ont permis d’avancer. Ce qui fait que j’ai longtemps tenu la Suisse pour le pays le plus chouette d’Europe.

Et je pense toujours que c’est un pays magnifique, avec des paysages époustouflants. Mais j’ai aussi beaucoup appris sur la Suisse ces dernières années, à travers ma soif d’apprendre grandissante sur toutes les questions féministes. Et j’ai découvert un pays très à la traine sur les questions sociétales. J’ai suivi d’assez près (même si je suis loin) les grèves des femmes en juin 2019. J’ai appris, entre autres, que les femmes avaient pu voter seulement à partir de 1971 et que dans un certain canton, elles n’avaient obtenu le droit de vote qu’en 1991. 😲

Je vivais dans une bulle quand je vivais en Suisse. C’est un pays riche. Je ne voyais pas la pauvreté. Je pensais naïvement qu’il n’y en avait pas vraiment. On pourrait dire que je n’étais pas fute-fute. Ou plutôt que je ne m’intéressais pas au monde comme je m’y intéresse maintenant. J’avais des problèmes à régler avec moi-même avant de pouvoir trouver l’espace mental pour m’intéresser aux autres je pense. Et c’est en fait en Suisse que j’ai trouvé cet espace. Alors ce pays aura toujours une place spéciale dans mon coeur.

Toutefois, je ne suis pas sure que j’aimerais y vivre à nouveau, sachant maintenant ce que je sais (et aussi, la vie y est vraiment très chère !) J’ai eu un certain nombre d’étudiant.e.s basé.e.s en Suisse depuis que j’enseigne en ligne. Les cours de français sont si chers là-bas que je suis une affaire apparemment !

Beaucoup de ces élèves m’ont confirmé qu’en effet, les mentalités pouvaient être un peu rétrogrades, et parfois très sexistes, et que c’était particulièrement visible dans le monde du travail. J’avoue que j’ai été très déçue quand j’ai appris tout ça.

Mais hier, un de mes formidables étudiants ayant vécu et étudié en Suisse a partagé avec moi un article du Temps, que j’ai copié et coloré ici pour que vous puissiez le lire de façon active, tout en vous réjouissant du progrès social que cette nouvelle représente !

Surlignés en bleu, des connecteurs et en jaune, des prépositions (demandez-vous à quoi elles sont rattachées et si vous auriez utilisé les mêmes). En rouge, des verbes et expressions verbales, en vert, du vocabulaire sur le thème du vote, et en violet, le pronom relatif QUI, après un pronom démonstratif et après une préposition (ces structures sont souvent mal maitrisées – si vous les trouvez difficiles, prenez le temps de les relever dans vos lectures et de les analyser).

Bonne analyse !

Retourner, rentrer ou revenir ?

  • J’avais prévu de retourner au Japon cette année, mais je n’ai pas pu à cause de la pandémie.
  • Je n’ai aucune envie de retourner en Chine.
  • Cette robe est trop grande. Il faut que je retourne au magasin pour l’échanger.
  • Mon mari rentre du travail vers 17h tous les jours.
  • Je suis rentrée de vacances hier soir.
  • Je rentre à Londres tous les étés.
  • Elle a vécu 10 ans en Inde avant de décider de rentrer en France.
  • Je vais acheter du pain, je reviens dans cinq minutes.

Suffisamment d’élèves confondent ces verbes pour que j’en fasse enfin un post.

Retourner quelque part, c’est aller à nouveau dans un endroit où l’on est déjà allé, sans l’idée de faire un mouvement inverse.

Rentrer quelque part, c’est revenir dans un endroit où l’on vit ou que l’on considère comme son lieu d’attache, après une absence. Par exemple, Londres est la ville où j’ai passé le plus d’années de ma vie d’adulte, alors quand j’y vais, je dis que je rentre à Londres, qui pourtant n’est pas la ville où j’ai grandi.

Revenir quelque part, c’est l’idée qu’on quitte un point de départ et qu’on fait le chemin inverse.

Ces 3 verbes ont d’autres traductions possibles, que vous pouvez chercher dans un dictionnaire, mais les erreurs des apprenant.e.s se retrouvent surtout quand ils expriment un mouvement concret, dans les traductions de go back, go again, come back, etc.

Forcément

On pourrait penser que forcément veut dire “de manière forcée”. Et après vérification pour être sure de ne pas dire de bêtise, il peut en effet vouloir dire ça. Techniquement. Mais c’est une utilisation vieillie. Tellement vieillie que je ne le savais pas. Par conséquent, je vous recommenderais de ne pas l’utiliser ainsi.

Forcément, dans la langue moderne, ça veut dire inévitablement, fatalement, nécessairement, automatiquement, etc.

Quelques exemples :

  • Tu as forcément entendu ses chansons, toutes les radios les jouent à longueur de temps.
  • Le vaccin efficace à 70% est-il forcément moins bon que les autres ?
  • Pour être heureux en couple, doit-on forcément partager les mêmes valeurs ?
  • Les chefs ne sont pas forcément les plus intelligents.
  • Aimer les desserts ne veut pas forcément dire qu’on aime le chocolat.

Très peu pour moi

Vous pouvez dire cela dans un contexte où, par exemple, on sert du gâteau et quand c’est votre tour, vous dites très peu pour moi s’il vous plait, car vous voulez une toute petite part.

Mais vous c’est aussi une expression avec un sens un peu moins littéral.

Quelques exemples :

  • Travailler pour un homme, très peu pour moi.
  • Vivre dans un pays froid, très peu pour moi.
  • Les gens d’extrême-droite, très peu pour moi.
  • Les maths et les sciences, très peu pour moi.
  • Les soirées où tout le monde se soule, très peu pour moi.
  • Les films de guerre, très peu pour pour moi.
  • Les chansons qui insultent les femmes, très peu pour moi.

Si vous me connaissez, vous devriez comprendre assez facilement ce que cela signifie. Je pourrais aussi dire, non merci ou c’est pas mon truc. C’est une façon de dire que l’on n’aime pas, que l’on ne ne souhaite pas, ou encore que l’on refuse quelque chose. Cela reste poli, tout en pouvant contenir une petite touche de sarcasme.

Interférences au Pays de Galles

Comme je n’avais pas très envie de parler de COVID ou de politique, et que je ne disposais pas de beaucoup de temps, j’ai recherché un article court dans la rubrique “Insolites” pour une petite analyse, et je suis tombée sur cet article. Petite information locale atterrie dans Courrier International… Ce n’est pas vraiment intéressant à mon avis, mais même avec les articles les moins fascinants, on peut réfléchir à la langue et perfectionner son français.

On peut prêter attention au vocabulaire et/ou à la grammaire, aux connecteurs, aux prépositions, aux pronoms compléments, aux pronoms relatifs, etc.

Ici, j’ai choisi de mettre en évidence du vocabulaire autour du thème de l’article (en vert), des expressions fréquentes (en bleu), des verbes / formes verbales (en rouge), des connecteurs (surlignés en bleu) et la préposition “à” 2 fois pour vous forcer à vous demander à quoi elle correspond (ce n’est pas rare que les apprenant.e.s la remplacent par “de” ou “pour” dans leurs productions, ce qui est incorrect).

Le but de cet exercice est de vous forcer à ralentir et à observer la langue plus attentivement. Je vois trop de précipitation chez les apprenant.e.s avancé.e.s, ce qui cause souvent des malentendus et/ou qui leur fait commettre les mêmes erreurs pendant des semaines, des mois, voire des années. Si vous faites parfois des erreurs basiques alors que vous étudiez au niveau avancé, ralentissez ! Prenez votre temps et interrogez-vous sur ce que vous observez.

Les débats autour du changement de titre d’un livre

Je continue à être débordée, d’où l’absence de nouveaux posts depuis 2 semaines. J’écris ceci au son de la perceuse qui fait des trous dans un appartement voisin. Cela fait maintenant une semaine que je vis dans le bruit quasi constant et que j’écoute des playlists de relaxation à fond dans mon casque antibruit quand je ne suis pas en cours. Et en fait, cette situation m’a poussée à agir et j’ai décidé de déménager. Je voulais le faire dans quelques mois de toutes façons et il s’est avéré que maintenant était le moment idéal pour le faire : beaucoup de logements disponibles et prix cassés pour cause de COVID, combo idéal.

J’ai trouvé un appartement à mon gout et je vais pouvoir me remettre bientôt à écrire pour ce blog un peu plus régulièrement j’espère.

Je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers temps, mais j’ai créé pas mal de nouvelles ressources pour un nouveau projet et j’ai beaucoup lu. En anglais principalement, mais je vais me remettre à lire en français très bientôt et j’espère pouvoir recommander quelques livres avant la fin de l’année.

Je n’ai pas été très connectée au monde extérieur non plus, en tout cas moins intensément que d’habitude, et ça fait du bien de faire une petite pause. Mais les podcasts ont repris après la pause estivale et j’ai recommencé à en écouter. J’ai entendu parler d’une nouvelle polémique bien française, le pays où les gens veulent conserver leur droit à être racistes (et sexistes, etc. mais ce n’est pas le sujet du jour) et j’ai trouvé cet article de Rokhaya Diallo sur le sujet, que je vous propose d’analyser ci-dessous. Depuis la publication de cet article, il semblerait que le débat ait continué en France, et que Sarkozy, l’ancien président de la France, ait tenu des propos bien racistes sur un plateau de télévision. Rokhaya Diallo et Grace Ly en parlent avec Thomas Rozec dans l’épisode 407 de Programme B.

Je ne suis pas vraiment surprise, mais je continue à me demander quand tout ceci prendra enfin fin.

Voici l’article avec en rouge des verbes, des constructions verbales, des collocations contenant des verbes, en vert, du vocabulaire, et en bleu, des connecteurs. Libre à vous d’analyser plus d’éléments, ou de vous concentrer sur un seul en particulier, selon vos besoins, vos envies, votre humeur, etc. Tout nouveau mot appris, toute nouvelle expression, toute nouvelle réalisation est un progrès !