Internet et vie privée

Le coronavirus et les mesures mises en place par les différents gouvernements de mon côté de la planète ont un peu chamboulé ma routine dernièrement et bien que je travaille en ligne et ne devrais pas être très affectée, je le suis. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais ma routine quotidienne a été bouleversée car je ne vis pas seule et que mon mari, qui lui ne travaille pas en ligne, a dû se plier à certaines décisions prices par le gouvernement et par son employeur. Mon voyage au Japon, que j’ai passé des heures à préparer, va probablement être annulé et ma déception est immense. Mais j’essaie de me dire que le Japon devrait toujours exister une fois que l’épidémie se sera calmée, et j’y retournerai alors.

J’ai eu l’impression que ce virus était le thème principal des actualités dernièrement et je n’avais aucune envie d’écrire à ce sujet. Alors pendant mon temps libre, j’ai lu, j’ai fait du sport et j’ai regardé Netflix.

Puis j’ai recommencé à lire la presse et je suis tombée sur ce court article dans Courrier International, hebdomadaire auquel je suis abonnée et dans lequel on peut lire un tas d’articles de journaux du monde entier, traduits en français (l’abonnement numérique n’est pas très cher, jetez-y un œil !)

Il y a quelques mois, j’ai lu Permanent Record, d’Edward Snowden, que j’ai trouvé fascinant et aussi plus qu’un peu flippant. Je n’ai pas grandi avec Internet, j’ai commencé à l’utiliser quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai eu ma première adresse email à 22 ans, quand j’ai quitté la France et que c’est devenu nécessaire de communiquer à distance à moindre prix. J’ai eu mon premier smartphone il y a sept ans et cela ne fait pas très très longtemps que j’ai le réflexe de tout chercher sur Internet. J’ai effectué ma première commande sur Amazon en février 2008, je viens de vérifier. C’était un sac de sport Puma, que j’ai encore d’ailleurs.

Je pense que je suis assez prudente en ligne, mais en réalité, il y a aussi des moments où ça me soule de lire toutes les conditions et je clique que j’accepte pour pouvoir naviguer sur tel ou tel site. En général, je prends le temps de refuser tout quand c’est possible, mais certains sites restent très vagues et l’option de refuser la collection de mes données n’est pas présentée clairement. Puis selon les pays où sont enregistrés les sites, les lois sont différentes. Et comme je ne suis pas la personne la plus renseignée à ce propos, je ne sais pas vraiment où vont mes données. Une partie de moi se dit que je n’ai rien à me reprocher et que ce n’est pas bien grave, mais une plus grande partie de moi, celle qui adore les dystopies, est grandement dérangée par ces procédés. Je le suis d’autant plus depuis que j’ai lu le livre de Snowden, qui explique très clairement à quel point nous sommes tous surveillés.

Dans cet article, j’ai mis plusieurs éléments en évidence que vous pouvez observer : en vert, des expressions et des collocations, en bleu, du vocabulaire en rapport avec Internet, en rouge, deux verbes associés à des noms que mes étudiant·e·s utilisent peu, voire pas du tout, et j’ai surligné en bleu des connecteurs (j’ai choisi de mettre au détriment de dans le lot, car c’est une bonne expression à connaitre, mais je la vois peu et l’entends peu chez mes élèves), et en jaune des structures à observer. Pratiquez-vous l’inversion dans les phrases affirmatives ? L’avez-vous déjà observée ? Et le pronom neutre ce, le maitrisez-vous ?

Un cafard du nom de votre ex

Vous avez peut-être déjà entendu cette information insolite à l’approche de la Saint-Valentin, que vous viviez aux États-Unis ou non. J’ai trouvé ce court article dans Courrier International, traduit d’un article de CNN, qui vous amusera peut-être si vous n’en aviez pas entendu parler.

Personnellement, je ne suis pas sure que j’aurais participé si j’avais été dans le coin, mais l’idée m’amuse beaucoup. Je ne fête pas la Saint-Valentin, tout comme je ne fête pas les autres fêtes commerciales dont le seul but est de nous faire consommer et dépenser de l’argent, mais pour 5 dollars, j’aurais peut-être hésité à y prendre part cette fois-ci. J’aurais choisi d’imaginer que le cafard était une personne bien pire qu’un de mes ex par contre.

L’article est court, et donc idéal pour une petite analyse rapide. J’ai mis plusieurs éléments en évidence : en rose, les de, du et des (article indéfini ? article partitif ? préposition ?) en vert les prépositions pour, par et en (observez comment elles sont utilisées, quel est leur rôle dans la phrase, quel nom elles précèdent, etc.) en jaune, le pronom complément en (que remplace-t-il ?) et en rouge, des structures verbales. Comment les comprenez-vous ? Font-elles partie de votre vocabulaire actif ?

Bonne analyse !

Quand tout le monde perd la mémoire en même temps

Hier, au réveil, j’ai allumé mon téléphone et posté sur Instagram comme je le fais tous les matins au réveil et j’ai regardé vite fait s’il y avait des choses intéressantes à lire. Et la grande nouvelle du jour, c’était la mort du basketteur Kobe Bryant dans un accident d’hélicoptère, avec sa fille et sept autres personnes.

J’aimais beaucoup le basket plus jeune. Je regardais la NBA à la télé, je connaissais tous les grands joueurs, je jouais au basket sur ma console de jeux, et j’ai même vu Michael Jordan jouer en vrai à Washington DC en 2003.

Je vivais donc aux Etats-Unis en 2003. Et je me souviens très bien de la première fois que j’ai entendu le nom de Kobe Bryant. C’était cette année-là et il était accusé de viol par une jeune femme qui travaillait dans un hôtel où il avait passé la nuit.

Je me souviens qu’il y avait peu de doute possible sur ce qui s’était passé. Personne n’était là pour vérifier, évidemment, mais la victime avait porté plainte, l’ADN de Bryant avait été retrouvé sur elle (son sperme aussi je crois), et il ne pouvait pas nier qu’il y ait eu une relation.

Je me souviens d’avoir vu le type pleurer à la télé en demandant pardon. Je crois qu’il demandait pardon à sa femme plutôt qu’à la victime, et il lui avait acheté une bague qui coutait une fortune pour se faire pardonner. C’était une affaire énorme et c’est pour ça que je m’en souviens. Je pensais que sa carrière était finie, mais comme on le sait, il a continué à jouer au basket et a être encensé par les médias. J’ai été très surprise de découvrir des années plus tard, alors que je ne vivais plus aux US, qu’il était devenu une énorme star.

La jeune victime, de son côté, a été détruite par les médias. J’étais jeune et n’avais pas de grande conscience politique à l’époque, mais je me souviens d’avoir été assez choquée par le traitement réservé à cette jeune femme. Ma mémoire me joue peut-être des tours, mais Internet est une chose merveilleuse dans certains cas, et il est facile de retrouver les excuses que Bryant avait faites à sa victime, admettant qu’il l’avait violée, sans vraiment le dire comme ça. Il avait reconnu qu’elle n’avait peut-être pas vécu l’expérience de la même façon que lui…

Avec tout l’argent dont il disposait, il n’est pas difficile de croire que son équipe d’avocats ait intimidé la victime et l’ait menacée jusqu’à ce qu’elle accepte de ne pas aller devant un juge.

Alors très bien, il était fort pour jeter un ballon dans un panier, mais est-ce qu’il mérite les hommages qui lui sont rendus ? Est-ce qu’il mérite d’être qualifié de “loving husband” par la presse américaine, alors qu’il était tristement célèbre pour tromper sa femme ? Comment tant de monde a pu oublier ce qu’il avait fait ?

Quel message cela transmet-il à la société ? Violez, mais soyez bons en sport et on vous pardonnera ? On ira même salir l’image de vos victimes si vous êtes très très fort ! La culture du viol a de beaux jours devant elle, semblerait-il…

Ce matin, j’ai lu qu’une journaliste du Washington Post avait été renvoyée (ou suspendue temporairement, je ne suis pas certaine) parce qu’elle avait tweeté pour rappeler cette affaire de viol. J’ai aussi vu que l’actrice Evan Rachel Wood avait rappelé ce fait et que les réactions avaient été violentes. Cette femme a elle-même été victime de viol.

Si vous voulez en savoir plus, il y a un paquet d’infos disponibles en ligne.

Je ne comprendrai jamais pourquoi on fait tout un cinéma quand des personnes célèbres meurent, et je ne supporterai jamais qu’on encense un violeur. Aucune raison n’est valable. Je m’en fous qu’il ait été un bon père et un bon basketteur. Des milliers de gens, enfants inclus, meurent chaque jour dans des conditions atroces, après avoir vécu des vies difficiles. On en parle quand de ces gens ? On s’apitoie quand sur leur sort ?

Voici un petit article du Nouvel Obs. En vert, du vocabulaire légal. En rouge, des expressions utiles. Pour subir une arthroscopie, ce qu’il faut retenir, c’est que l’on dit subir une opération !

Punaises de lit à Paris

Les gens qui me connaissent bien aiment se moquer de moi gentiment à cause de ce qu’ils considèrent de la maniaquerie poussée à l’extrême. Moi, ce que je dis, c’est qu’il n’y a pas 50 nuances de propreté. Il y a propre, et il y a sale. Si ce n’est pas propre, c’est sale. Simple comme bonjour.

Je déteste les chambres d’hôtels avec de la moquette et je déteste les coussins dans les chambres d’hôtel. Je déteste également les transports publics avec des sièges en tissu. Je ne comprends pas les gens qui mettent leur valise sur leur lit. Ni ceux qui s’assoient ou s’allongent sur leur lit (dans lequel ils vont se coucher plus tard en petite tenue) alors qu’ils portent des vêtements qu’ils ont portés à l’extérieur, dans les transports publics ou même dans un taxi, tout aussi sale. Et bien sûr, je déteste les chaussures à l’intérieur de la maison.

Les gens vivent bien comme ils l’entendent chez eux, mais chez moi, je tiens à ce que les choses soient propres. Je vis avec mon mari qui n’a pas la même notion de la propreté que moi, qui est d’avis qu’il y a plusieurs niveaux de propreté et qui aime me dire régulièrement que je suis probablement sale pour les personnes encore plus maniaques que moi. Comme si ça justifiait le fait qu’il est bordélique et sale. Je l’aime et d’autres le trouveraient certainement propre en comparaison à leur conjoint, mais honnêtement, si j’en avais les moyens, nous vivrions séparément. Idéalement dans le même immeuble, mais chacun dans son appartement. Et là, mon appartement serait impeccable. La seule raison pour laquelle il ne l’est pas, c’est parce que je ne vis pas seule et que je refuse d’en faire plus que je n’en fais déjà en termes de tâches ménagères. Mes convictions féministes l’emportent sur ma maniaquerie.

Je me fiche complètement que les gens critiquent ma maniaquerie, tant qu’ils me laissent penser et dire que je les trouve sales. Par contre, ce qui m’agace un peu quand même, c’est qu’ils n’ont pas l’air de comprendre la rationalité derrière mon envie que les choses soient propres.

Comment qui que ce soit peut justifier les chaussures à l’intérieur ? Et je ne parle même pas des chaussures sur le canapé ou le lit, comme je le vois sans cesse dans les séries et les films américains. On marche dans la rue avec nos chaussures !!! J’ai vécu dans beaucoup de villes différentes, mais prenons Londres et Madrid comme exemples car les gens gardent leurs chaussures à l’intérieur en Angleterre et en Espagne. Dans ces deux villes, j’habitais dans des quartiers aux loyers assez élevés. Et pourtant les rues étaient pleines de merdes de chiens. Parfois il y avait aussi du vomi. Et toutes sortes de déchets ici et là, car les gens peuvent être extrêmement incivils dans ces pays dits civilisés… Donc en bref, les rues sont sales. Les seules rues propres que j’ai parcourues sont les rues du Japon. Mais au Japon, il est hors de question de porter ses chaussures à l’intérieur car on est bien conscient que c’est sale, malgré la propreté apparente des rues. Marcher à l’intérieur avec ses chaussures revient au même pour moi que d’étaler de la merde sur mon sol. Et ça, non merci.

Les hôtels accueillent des visiteurs du monde entier. Certains dont la culture veut qu’ils ôtent leurs chaussures à l’intérieur, et d’autres à qui cela ne traverseraient même pas l’esprit. Quand le sol est recouvert de moquette, on peut donc supposer que des milliers de chaussures l’ont foulé. Comment ne peut-on pas penser que ce sol est infesté de saletés ? Et les coussins, pensez-vous vraiment qu’ils les lavent entre chaque occupant ?

Et dans les transports publics, tous ces gens qui mettent leurs pieds sur les sièges ! Quelle horreur !

Je dois dire qu’en Thaïlande, les gens sont beaucoup plus propres de ce côté-là. Culturellement, ce n’est pas acceptable de porter ces chaussures à l’intérieur et personne ne met ses pieds sur les sièges. Bon par contre, j’ai vu une fois un homme se curer le nez avec insistance dans le train aérien et essuyer son doigt sur la barre verticale ensuite, à laquelle les gens se tiennent pour ne pas tomber. 🤮

Quand je rappelle à mon mari de bien tout nettoyer le soir quand il a terminé son diner et de ne pas laisser de nourriture sur le comptoir de la cuisine, ce n’est pas pour le plaisir de le contrôler. C’est tout simplement pour ne pas attirer les cafards et les geckos. Et je suis d’avis que cela représente beaucoup moins de travail de faire les choses au fur et à mesure – de nettoyer tout de suite après avoir sali, de ranger après avoir dérangé, etc. – que de laisser la saleté et le bazar s’accumuler. Si vous nettoyez les murs de votre douche chaque jour ou tous les deux ou trois jours, c’est facile et c’est rapide. Si vous le faites une fois par mois ou une fois tous les six mois, c’est beaucoup plus fatigant parce qu’il faut frotter beaucoup plus fort et ça prend beaucoup plus de temps. Les gens pensent que j’aime faire le ménage. Mais non, c’est tout le contraire. Je n’aime pas faire le ménage. Et pour ne pas avoir à faire trop de ménage, je suis propre au quotidien et je fais les choses au fur et à mesure.

J’ai eu la chance de vivre principalement dans des logements propres et agréables. Mais durant une courte période de ma vie, j’ai vécu en colocation à Londres et j’en ai des souvenirs horribles. Je crois que j’ai vécu dans trois colocations différentes et chaque expérience a été pire que la précédente. Mes colocataires étaient à chaque fois des personnes que je ne connaissais pas personnellement au départ et elles étaient toutes absolument dégueulasses. Mais il y avait aussi le fait que les propriétaires ne se souciaient aucunement de laisser vivre leurs locataires dans des conditions abominables. J’ai connu énormément de personnes vivant en colocation et la plupart ont rencontré des problèmes avec leur propriétaire qui refusait de réparer ce qui devait l’être pour assurer des conditions de vie décente. Je n’ai jamais compris que les propriétaires soient autorisés à louer des appartements et des maisons qui s’effritaient, qui moisissaient, qui étaient mal isolées, etc. Il me semblait que c’était un cercle vicieux. Les propriétaires ne respectaient pas leurs locataires. Du coup, les locataires ne respectaient pas leur logement. Vu le prix des loyers à Londres, j’ai quand même un gros problème avec les propriétaires qui louent des logements insalubres et refusent de faire les réparations nécessaires.

Je suis tombée sur un article ce weekend parlant du problème des punaises de lit à Paris. J’éprouve un sentiment de dégout absolu. Là encore j’ai eu la chance jusqu’ici de n’avoir jamais été confrontée à ce problème, même en ayant vécu et considérablement voyagé dans des pays en voie de développement. Même quand je voyageais avec un budget beaucoup plus restreint que maintenant. J’ai des ami·e·s qui ont eu des soucis de punaises de lit lors de leurs voyages et qui m’ont raconté à quel point c’était affreux.

Je pensais que c’était un problème de pays pauvres. Mais à la lecture de cet article et d’autres sur le même sujet, je me suis rendu compte que non. Je n’ai jamais vécu à Paris, je déteste Paris, et je pense vraiment que Bangkok est plus propre que Paris à plein d’égards.

Faisons maintenant une petite analyse de l’article : en vert, le vocabulaire autour du thème des nuisibles, en rouge, des verbes suivis de prépositions, en bleu, des connecteurs logiques, et souligné, du vocabulaire à observer. Je vais détailler un peu le vocabulaire souligné à la suite de l’article.

https://www.lemonde.fr/argent/article/2020/01/10/les-logements-avec-punaises-de-lit-et-blattes-desormais-interdits-a-la-location_6025377_1657007.html
  • insalubre : on remarque le préfixe privatif -in = qui n’est pas salubre, salubre signifiant qui a une action favorable sur… On peut parler d’air (in)salubre, de climat (in)salubre, de logement (in)salubre, etc. Synonyme ? Malsain, par exemple.
  • disséminant : participe présent – mot de la même famille que semer. Synonymes ? Répandant, dispersant, éparpillant…
  • la recrudescence : ce mot vient du latin et on le retrouve dans la langue anglaise également, ce qui facilite la compréhension pour les anglophones. Synonymes ? Progression, augmentation, accroissement…
  • un bailleur : ce n’est pas quelqu’un qui bâille, avec un accent circonflexe, mais quelqu’un qui propose un bail, c’est-à-dire un contrat de location.
  • la literie : tout ce qui se rapporte au lit
  • les coutures : du verbe coudre – la jonction de deux morceaux d’étoffe, de tissu, etc.
  • le sommier : partie du lit sur laquelle on pose le matelas
  • les interstices : comme en anglais, des petits espaces vides entre deux parties de quelque chose
  • salée : vient de sel – mais évidemment dans le contexte, c’est au sens figuré et appartient au langage familier. Quand l’addition est salée, cela veut dire que le prix est élevé.
  • ardue : synonymes ? Difficile, pénible, rude…
  • l’insalubrité : maintenant que je comprends insalubre, ce nom est beaucoup plus facile à comprendre, non ?

Le bruit, ça vous fait quoi ?

Celles et ceux qui me connaissent savent que j’ai un problème avec le bruit. Mon pire souvenir de mes 3 ans en Espagne, c’est mon voisin du dessous, cet abruti sans respect pour autrui qui faisait du bruit nuit et jour. Une des raisons pour lesquelles j’ai détesté ma première année à Bangkok ? Le chantier en face de la maison, sur lequel les ouvriers travaillaient 7 jours sur 7, dès 7h du matin.

J’ai grandi dans une maison à la campagne entourée d’un jardin. On n’entendait pas les voisins et j’avais ma propre chambre. J’ai beaucoup déménagé et vécu dans un tas de maisons et d’appartements, et je suppose que j’ai eu beaucoup de chance de ne pas avoir été confrontée au bruit des voisins avant de vivre en Espagne. Et peut-être étais-je aussi moins sensible au bruit par le passé, mais je crois bien qu’il m’a toujours un peu dérangé.

J’ai commencé à porter des écouteurs antibruit en Espagne sur les conseils de mon mari, mon geek à moi qui a fait entrer la technologie dans ma vie (avant de le rencontrer, je n’avais pas de smartphone – on était en 2013 😊)

J’adore mon casque antibruit. J’en suis à mon deuxième car le premier a rendu l’âme il y a à peu près un an. Mon mari m’en a offert un nouveau, encore plus performant et plus confortable. Et je pensais être à l’abri du bruit après notre déménagement en juin dernier, mais ils ont décidé de raser une maison juste en face de notre immeuble et juste dessous ma fenêtre de bureau. Maintenant ils en reconstruisent une nouvelle. Même au septième étage, on entend tout, beaucoup trop fort ! Alors j’enfile mon casque dès le matin et je le garde sur ma tête jusqu’au soir. Ça me donne un style en plus de m’aider à ne pas devenir folle.

J’ai un problème avec toutes sortes de bruit.

Les gens qui écoutent leur musique ou regarde des films sans écouteurs dans les espaces publics, je les catégorise directement “gens horribles”. J’ai demandé à un type dans un avion il n’y a pas très longtemps s’il pouvait mettre des écouteurs car il avait l’air de trouver normal de regarder des vidéos sans. Je veux bien qu’on me dise que les écouteurs, ça coute cher, mais faut pas se moquer de moi, si on a les moyens de s’acheter un Iphone ou autre smartphone, on peut probablement s’offrir des écouteurs. Il en existe pour tous les budgets. Plus récemment, à l’aéroport de Bangalore, qui est un aéroport plutôt agréable en fait, un type en costume s’est assis près de nous et a commencé à regarder un film sur son téléphone. Sans écouteurs. J’ai dit très fort à mon mari ce que je pensais de ce genre de comportement. Je pense que l’homme au costume a très bien entendu ce que je disais. Il n’a pas arrêté son film immédiatement, mais moins de cinq minutes plus tard, il était parti.

Les gens qui écoutent la musique tellement fort dans leurs écouteurs dans les transports publics que tout le monde peut en profiter, je ne les aime pas énormément non plus. Heureusement, je prenais rarement les transports publics à Londres (je préférais risquer ma vie à vélo), mais à chaque fois que je prenais le métro, il y avait un idiot qui se détruisait les tympans tout en emmerdant le reste des voyageurs. Parce que je suis sure que je ne suis pas la seule que ça agace !

Il y a aussi les bruits de bouche qui me perturbent grandement. Et ça, c’est un peu plus délicat, car dans certaines cultures, mâcher la bouche ouverte est tout à fait normal et faire du bruit en mangeant aussi. Quand j’allais beaucoup au cinéma, je réservais toujours un siège dans la dernière rangée car je ne supporte pas d’entendre les gens manger du popcorn dans mes oreilles. J’ai fini par me lasser du cinéma justement parce que je trouvais les gens trop bruyants. Et mieux vaut que je ne parle pas des gens qui mâchent des chewing-gums la bouche ouverte…

Puis il y a les endroits où j’aime passer du temps car ils sont supposés être calmes, et où certaines personnes se contrefichent d’être discrètes : les bibliothèques et les musées par exemple. Je me souviens qu’à Madrid, j’allais parfois à la bibliothèque pour travailler et échapper au bruit du voisin, et les employés de la bibliothèque avaient parfois des conversations à haute voix, ignorant complètement les gens venus pour travailler ou étudier au calme. Ah, et aussi, je me souviens d’avoir une fois demandé à une femme si elle pouvait utiliser des écouteurs car elle regardait des vidéos sur un des ordinateurs de la médiathèque, comme si elle était toute seule. 🤦

Bref, j’aime le calme !

Je sais que je ne suis pas la seule que le bruit irrite, mais je sais aussi que certaines personnes ne sont pas affectées par le bruit de la même façon. Donc, quand je suis tombée sur cet article, je me suis dit que j’allais le lire.

Je n’y ai pas appris grand-chose, mais peut-être souffré-je de misophonie, qui sait ?

J’ai mis quelques couleurs pour une petite analyse : en gras et en vert, les mots liés au bruit, en gras et en rouge, des structures à observer, surlignés en bleu, des connecteurs que je vois peu, voire jamais, dans les écrits de mes élèves, surlignés en jaune, une structure avec un pronom relatif composé à observer, et j’ai souligné du vocabulaire. Le connaissez-vous, le comprenez-vous et surtout, l’utilisez-vous ?

Ma première rencontre avec des sangsues

Je ne vais pas faire le récit entier de mes vacances car ce serait beaucoup trop long mais je vais partager le pire moment de ces vacances avec vous.

Mon mari et moi sommes donc allés rejoindre un couple d’amis dans le sud de l’Inde. Ma copine avait organisé un road trip (voyage par la route, ça sonne moins bien, non ?) et nous avons fait tellement de kilomètres que mes fesses en étaient tout engourdies à la fin.

Nous avons passé trois nuits au milieu des plantations de café dans les montagnes du district de Coorg (également connu sous le nom de Kodagu) et c’était vraiment magnifique, paisible, et un changement agréable après l’agitation et la pollution des villes.

Il y avait des chiens, des chats, des perruches et un âne. Il y avait aussi des araignées énormes (la taille juste en dessous de celle des mygales), des moustiques, toutes sortes d’insectes bizarres et des créatures dont j’avais entendu parler dans les romans de la Comtesse de Ségur (19e siècle) que je dévorais étant enfant, dans lesquels les médecins prescrivaient des saignées à l’aide de sangsues. Je lisais ces livres dans les années 80, j’étais petite, Internet n’existait pas, et dans ma tête, les sangsues appartenaient à une autre époque, car même sans Internet, j’étais assez certaine qu’on n’utilisait plus de sangsues pour saigner et soigner les malades. Je ne m’étais jamais demandé s’il était possible que je croise une sangsue un jour.

entre 5 et 10 de ces araignées entraient dans notre chambre chaque jour

Le matin du 27 décembre, mon mari, notre ami et moi-même avions décidé d’aller nous balader en forêt, comme la veille et l’avant-veille, mais en suivant un chemin différent. Comme les jours précédents, la jeune chienne de notre hôte nous a accompagnés et en chemin, nous avons récupéré deux autres chiens. On a essayé de les dissuader de nous suivre, mais rien à faire, ils tenaient vraiment à venir. Au début, ils étaient un peu agressifs avec notre chienne, surtout le mâle le plus âgé qui essayait de lui montrer qui était le chef. J’ai donné un cours de féminisme accéléré à la petite et tout le monde a fini par bien s’entendre.

Puis nous avons bifurqué dans une direction différente des autres jours et tout allait bien jusqu’au moment où le plus gros chien s’est retrouvé emmêlé dans du fil barbelé et qu’il hurlait de douleur, et de peur je pense aussi. Il était sorti du chemin pour aller se balader dans la plantation de café et en voulant revenir vers nous, il avait attrapé le fil barbelé qui séparait la forêt de la plantation dans sa gueule. Quand j’ai vu cela, j’ai commencé à paniquer et à crier, oh my god, oh my god, oh my god!, j’étais au bord des larmes et mon mari à pris la situation en main, s’est accroupi près du chien, l’a calmé et avec l’aide de notre ami, a réussi à le libérer du fil barbelé. Les autres chiens, pendant ce temps-là, essayaient de me réconforter je crois. Ils pouvaient sentir la panique du chien en danger et ils pouvaient très probablement sentir ma panique aussi et ils me sautaient dessus avec plein de gentillesse, comme pour me calmer. Une fois le chien dépatouillé et sauf, on a vérifié qu’il n’était pas blessé et comme tout avait l’air normal, on allait se remettre en marche. Mais là, j’ai senti quelque chose qui me grattait dans la chaussure, alors j’ai regardé, pensant y trouver un insecte. Ce que j’y ai trouvé était bien pire que ça : une sangsue ! Et je me suis remise à paniquer de plus belle. Je n’en avais jamais vu, mais j’ai immédiatement su ce que c’était. Mon amie avait mentionné en avoir trouvé une dans sa chaussure durant la mousson. Je pensais qu’on ne risquait rien en décembre. Je pensais mal ! Je n’ai évidemment pas de photos pour illustrer cet épisode car je suis entrée en mode panique intense, j’hurlais, j’étais au bord de la crise de nerfs, et là encore, mon cher mari a pris le contrôle de la situation (je crois que je lui répétais en boucle : please help me, please do something, oh my god, oh my god, oh my god, I’m gonna die, ou quelque chose de semblable). Il a réussi à détacher la sangsue de ma peau, mais ce n’était pas facile du tout. Elle collait. Elle me suçait le sang et ne voulait pas lâcher ma cheville. Et pendant que mon mari s’évertuait à essayer de m’en débarrasser, notre ami a remarqué que le sol était jonché de sangsues ! Et en fait, tous les deux avaient des sangsues dans leurs chaussures et notre ami en avait même une accrochée dans le dos. Mon mari a fini par réussir à dégager la première sangsue de ma cheville et j’ai crié qu’il fallait qu’on sorte de là et je me suis mise à courir pour ressortir de la forêt. On avait déjà bien avancé et à part sur le tapis de course, je n’ai jamais couru aussi vite. Pour sûr, je n’ai jamais couru aussi vite et aussi longtemps en extérieur. Je ne pensais qu’à une chose : sortir de la forêt ! Les chiens se sont mis à courir aussi et parfois ils me ralentissaient car ils se mettaient dans mon chemin, mais j’étais la première sortie de la forêt. Je n’étais même pas à bout de souffle. J’aurais couru 10 fois cette distance s’il avait fallu. Mon mari me suivait de près et il s’est occupé de me débarrasser des autres sangsues qui me suçaient le sang. C’était horrible mais une fois qu’on était tous débarrassés de nos sangsues, on a repris la route et on est rentrés tranquillement. On a dû gérer une bagarre de chiens à un moment car on en a croisé deux de plus et ils étaient cinq à se montrer les dents et à se prendre pour des tigres. Notre petite chienne était très rigolote car elle pensait faire le poids, mais je ne suis pas sure qu’elle s’en serait si bien sortie sans aide humaine. Un homme est venu nous aider car on était assez impuissants face à cette situation en fait.

Une fois rentrés, on n’avait qu’une envie : se laver ! J’ai raconté notre mésaventure à notre amie qui n’était pas venue puis j’ai enlevé mes chaussures. Mes chaussettes étaient imbibées de sang. J’ai des photos mais c’est trop dégueulasse, je ne vous imposerai pas ce spectacle. Mes chaussettes ont fini à la poubelle et l’hémorragie s’est calmée après la douche, mais comme je saignais toujours au retour, j’avais un peu peur que cela ne s’arrête jamais ! Une semaine après, les morsures de sangsues sont encore visibles autour de mes chevilles et elles me démangent encore.

La prochaine fois que j’irai me balader en forêt dans un pays tropical, je m’habillerai en tenue de cosmonaute.

Où est le respect ?

Comme je suis un peu débordée cette semaine car je pars en vacances et que j’ai encore pas mal de travail à terminer, je vais me contenter de partager une vidéo sur laquelle je suis tombée hier et que j’ai trouvée intéressante.

J’avais déjà parlé d’Haroun, dont l’humour me plait beaucoup, ici.

Avant d’écouter, connaissez-vous ce vocabulaire ?

  • une oraison funèbre
  • un assassinat
  • chacun y va de sa théorie
  • prendre un coup dans l’aile
  • les phrases assassines
  • les lois liberticides
  • pleurer qqn
  • se dresser contre qqch
  • les recherches effrénées de clics
  • un cercueil
  • le recueillement

Bonne écoute !

Harcèlement en ligne, insultes et menaces

Cela m’arrive parfois de lire les commentaires laissés par les internautes sur YouTube. Je le fais principalement pour observer les fautes de français, car elles sont pléthore et m’inspirent. Mais à chaque fois, j’hallucine de voir la méchanceté et la bêtise des gens qui se disputent et s’insultent alors qu’ils ne se connaissent absolument pas, seulement parce qu’ils ont des avis différents. Très souvent sur des sujets futiles en plus.

Je pensais qu’il était déjà illégal de menacer autrui, mais apparemment non ! C’est seulement cette semaine que YouTube a annoncé la mise en place de mesures destinées à lutter contre les menaces et les insultes personnelles. Incroyable qu’ils aient attendu aussi longtemps, non ?

Je partage donc un court article traitant de ce sujet, pas très compliqué, que vous pouvez analyser. Observez en vert les prépositions et demandez-vous pourquoi c’est celle-ci qui est employée et pas une autre. Est-ce une préposition qui fonctionne avec le verbe ou avec un nom ? Fait-elle partie d’une expression figée ? J’ai souligné un peu de vocabulaire à observer. Par exemple, assainissement : quel est le radical que vous repérez dans ce nom ? Même question pour malveillant. Etc. J’ai surligné en jaune un participe passé. À quel nom correspond-il ? Et en rouge, une forme verbale peu utilisée par les apprenant·e·s car ils et elles la trouvent compliquée. Comment pourriez-vous reformuler cette phrase ? (Indice : essayez avec “on” comme sujet.) Pouvez-vous penser à d’autres phrases avec la même structure ? Comment les traduisez-vous dans votre langue ?

Une action contre les dérives d'Internet

Pour rester sur le thème d’hier, j’ai choisi un article abordant le thème d’Internet, trouvé en ligne dans le journal de Montréal.

L’information vient de l’AFP : Agence France Presse – l’équivalent français de Reuters et de l’AP.

L’article n’est pas très complexe, mais cela ne veut pas dire qu’il ne mérite pas d’être analysé. J’ai choisi de surligner en vert certaines prépositions, et bleu les connecteurs logiques et en jaune, un pronom démonstratif. J’ai souligné deux expressions que j’entends peu chez mes élèves et j’ai mis en gras et en bleu le vocabulaire spécifique au thème.

Les prépositions sont la bête noire de beaucoup d’étudiant·e·s avancé·e·s. Observez-les ! Demandez-vous pourquoi on a “contre les dérives d’internet”, “par des groupes”, etc. Souvent, c’est le verbe qui impose la préposition : lancer contre, être appuyé par, viser à, être chargé de, permettre à qqn de faire qqch, etc. D’autres fois, c’est le nom qui suit qui impose la préposition : sur le net, dans un communiqué, à l’occasion, etc. ” La préposition “de” est parfois imposée par le verbe et d’autres fois, elle introduit un complément du nom ou fait partie d’une expression figée. Soyez attentif·ve, soyez constant·e, soyez persévérant·e !

DALF : parler d'Internet et de nouvelles technologies

Si vous étudiez pour le DALF, vous savez qu’il vous faut être capable de parler de tout et qu’il faut que vous soyez capable d’en parler en long en large et en travers avec aisance, fluidité, du vocabulaire varié et des structures grammaticales élaborées.

Vous devez parler autrement que quand vous discutez avec vos ami·e·s.

Pour bien vous préparer, il est important que vous lisiez régulièrement et écoutiez la radio ou des podcasts sur des sujets variés. Tout ceci de façon active, bien évidemment.

Sur le thème des nouvelles technologies et d’Internet, vous pouvez trouver des articles sur Slate, le journal du geek, Business Insider, entre autres et écouter des podcasts tels que Le rendez-vous tech (épisodes de 90 minutes), ou Studio 404 (qui n’est plus actif mais dont les 7 saisons sont disponibles à l’écoute).

Quand vous n’avez pas beaucoup de temps, rien de vous oblige à écouter les podcasts en entier ni à analyser les articles dans les moindres détails, mais si vous vous concentrez sur ce sujet pendant quelque temps, et faites un minimum d’analyse, vous remarquerez que le même vocabulaire revient tout le temps, vous vous familiariserez avec les tournures françaises et les problématiques françaises.

Parfois, les étudiant·e·s sont un peu déconcerté·e·s par les problématiques proposées au DALF car ce ne sont pas toujours des sujets auxquels ils et elles avaient beaucoup réfléchi auparavant, et aussi parfois parce que l’approche française est bien différente de celles d’autres pays. Alors plus vous vous familiariserez avec la culture française et la façon qu’ont les Français d’aborder certains thèmes, plus les documents que vous lirez auront du sens et plus vous développerez votre vocabulaire pour en parler !

Ce vocabulaire fait-il partie de votre vocabulaire actif ? :

  • le numérique
  • à l’ère du tout numérique
  • la reconnaissance faciale
  • la protection des données personnelles
  • traiter l’information
  • le ciblage publicitaire
  • les dérives d’Internet
  • les GAFAM
  • l’empreinte numérique
  • la toile

Et quels arguments apporteriez-vous à ces problématiques ? :

  • L’utilisation des réseaux sociaux par les politiques est-elle une bonne chose ?
  • Les élèves de primaire devraient-ils tous avoir une tablette ?
  • Internet doit-il rester gratuit ?
  • La vie était-elle plus simple avant Internet ?
  • Au 21e siècle, est-il nécessaire d’être sur les réseaux sociaux ?