E + deux consonnes : vérification

J’ai choisi cet article car il contenait un exemple dans le titre, et plein d’autres dans le texte. Vous pouvez ainsi vérifier la règle que j’ai énoncée hier, avec les exemples surlignés en jaune.

Cependant, j’ai aussi surligné deux <e> en rose. Vous pourrez remarquer qu’ils sont suivis de deux consonnes et que la règle voudrait qu’on les prononce /ε/. Pourtant, dans recherche, comme dans reprendre, reclasser, reproduire, rechange, regrouper, etc, le <e> du préfixe <re> se prononce /ø/ ou /ə/. Parce que c’est un préfixe et qu’il se prononce ainsi. Il signifie “encore”, “à nouveau”. On le retrouve dans plein de mots (dont beaucoup de verbes), sans qu’il soit suivi de deux consonnes : relire, relecture, redire, refaire, report, repasser, remettre, etc.

J’ai par ailleurs souligné en vert 3 <ex>, pour attirer votre attention sur le fait que le <e> devant un <x> ne prend pas d’accent non plus, bien qu’il se prononce /ε/. D’autres exemples : exemple, excuse, export, exercice, sexe, index, exiger, exode, réflexe, exact, etc.

C’est une autre façon de travailler la langue à partir d’un article de journal…

E + deux consonnes

Récemment, j’ai eu la même conversation avec plusieurs élèves par rapport à l’accentuation du <e>.

J’ai relevé dans plusieurs écrits des mots orthographiés ainsi : *résponsable, *èspérer, *réstituer, *cértifier, *etc.

Pourtant, je ne vois jamais des mots tels que belle, échelle, recette, tablette, terre, verre, princesse, duchesse, etc., mal orthographiés. Ils sont également bien prononcés dans l’ensemble.

Ce qui signifie que les apprenant.e.s sont capables de concevoir que le <e> devant 2 <l>, 2 <t>, etc., se prononce /ε/ (è) même s’il n’a pas d’accent.

Selon votre langue maternelle, il est possible que les accents sur le <e> soit un véritable casse-tête pour vous. Mais il y a des règles qui peuvent s’apprendre et s’appliquer !

Quand le <e> est suivi de 2 consonnes, vous n’avez pas besoin de lui mettre un accent pour qu’il se prononce /ε/. Et oui, je sais, cela contredit la règle de phonétique qui dit que le <e> sans accent se prononce /ø/ ou /ə/.

Observez les mots suivants, ils suivent tous cette règle : espace, respect, escale, certifier, vert, inertie, delta, celte, lesbienne, festin…

Maintenant, parlons des exceptions à la règle 🙂 (Vous vous y attendiez, non ?)

Cette règle ne s’applique pas quand la deuxième consonne est un <l> (sauf si c’est un double <l>) ou un <r> (sauf si c’est un double <r>). Dans ce cas, vous devez mettre un accent sur le <e> s’il se prononce /e/ ou /ε/.

Observez : règle, espiègle, siècle, trèfle, pègre, intègre, cèdre, mètre, intégration, dégrader, mépris, régler, réplique, éplucher

Observez bien ces mots quand vous lisez pour voir si la règle se vérifie !

Accents aigu, grave, circonflexe et tréma

Si je vous demande sur quelles lettres on peut trouver chaque accent, êtes-vous capable de répondre avec certitude ?

Je remarque régulièrement que ce n’est pas forcément évident pour les étudiant·e·s avancé·e·s alors si vous n’êtes pas sûr.e, continuez à lire.

L’ACCENT AIGU

Il ne se trouve que sur le E – éléphant, marché, bébé…

L’ACCENT GRAVE

  • sur le A, dans la préposition à et dans l’adverbe là
  • sur le U, uniquement dans le pronom où
  • sur le E – mère, collège, progrès, succès…

L’ACCENT CIRCONFLEXE

  • Avec les rectifications orthographiques de 1990, l’accent circonflexe n’est plus nécessaire sur le I et le U dans beaucoup de mots, mais il est maintenu dans certains mots pour distinguer les homophones : boite VS boîte, croit VS croît, du VS dû, jeune VS jeûne, etc. Il est aussi maintenu au passé simple, au passé antérieur, au subjonctif imparfait et au subjonctif plus-que-parfait.
  • sur le A – tâche, gâteau, château…
  • sur le O – hôtel, hôpital, côté…
  • sur le E – fenêtre, forêt, bête…

LE TRÉMA

  • sur le E – Israël, Raphaël, Gaël…
  • sur le I – maïs, coïncidence, haïr, astéroïde…
  • sur le U – la réforme de l’orthographe recommande de mettre l’accent sur le U dans les suites güe, güi, ainsi que geü quand on prononce /ʒy/. Quelques exemples : aigüe, ambigüe, exigüité, argüer, gageüre

Rectification orthographique : circonflexe, accent étranger et tréma

Depuis la réforme de l’orthographe, beaucoup de mots peuvent s’écrire de deux façons. C’est le cas de nombreux termes avec un accent circonflexe et de termes avec un accent étranger inutile ou un tréma inutile. Par inutile, on entend “qui ne modifie pas la prononciation”.

Il est probable que vous verrez encore ces mots orthographiés selon l’ancienne orthographe, car c’est toujours accepté et beaucoup de Français n’ont pas l’air de connaitre les règles de la réforme ou de vouloir les appliquer, mais si vous en êtes conscient·e, essayez de privilégier la nouvelle orthographe autant que possible.

J’ai peu de mots avec des accents étrangers qui me viennent à l’esprit, mais le livre nous donne l’exemple de caló (écriture espagnole) qu’il faut maintenant plutôt choisir d’écrire calo. Préférez aussi allo à allô, et iambe à ïambe.

Rectification orthographique : ajout d’un accent sur le E

Parlons aujourd’hui de la règle F3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous apprend qu’un accent a été ajouté dans quelques mots où il avait été omis ou dont la prononciation a changé.

Pourquoi écrire assener, alors que l’on prononce asséner, refréner alors que l’on prononce réfréner ou gelinotte alors que l’on prononce gélinotte ?

Le e devient donc é si l’on prononce é et peut aussi devenir è si l’on prononce è.

Cette règle a clarifié quelque chose d’important pour moi. J’adore les magasins où l’on peut acheter des cahiers, des crayons, des classeurs, des gommes, des agendas, etc. Vous voyez de quel magasin je parle sans aucun doute. Vous savez comment il s’appelle ? J’ai toujours eu des doutes sur comment l’écrire. Car je l’ai souvent vu orthographié papeterie, alors que je l’ai toujours prononcé papèterie ! Je l’ai aussi très souvent vu mal orthographié en anglais, mais c’est un autre sujet.

La règle F3 explique que certains mots ont deux prononciations acceptées. On peut apparemment dire gangreneux ou grangréneux, receleur ou recéleur, et selon notre prononciation, on mettra un accent aigu sur le e ou non. Pareil pour certains mots tels que papeterie ou papèterie, louveterie ou louvèterie, etc. On mettra un accent grave sur le e selon notre prononciation. La règle parle aussi spécifiquement du mot féerique, que j’ai longtemps écrit féérique, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je me trompais, mais en fait, je ne me trompais pas ! Je dis féérique, je peux donc écrire féérique. Les deux orthographes sont possibles.

Cette règle n’est pas évidente si le français n’est pas votre langue maternelle je suppose. Mais je dirais que la tendance est plutôt de mettre l’accent quand deux prononciations sont possibles car la plupart des gens, me semble-t-il, prononcent ces mots avec le son é ou è. Tous les mots que j’ai cités ici avec deux prononciations possibles, je les prononce avec l’accent et j’ai l’impressions que je les entends toujours avec l’accent aussi.

Rectification orthographique : le é qui devient è

Règle D1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne le é qui devient è devant une syllabe contenant un e muet.

Cela fait longtemps que j’écris évènement, et non plus événement, car il se prononce /evɛnǝmã/ et non /evenǝmã/. Mais avant que Word accepte les rectifications orthographiques, il était systématiquement souligné en rouge. D’ailleurs, WordPress, qui n’est pas à jour à ce sujet, l’a souligné en rouge.

Cela n’avait jamais été très clair pour moi. Je ne comprenais pas pourquoi on prononçait è mais devait écrire é.

Je sais que si le français n’est pas votre langue maternelle, différencier les deux sons n’est pas toujours une évidence. Cependant, une des règles d’accentuation stipule bien que devant une syllabe contenant un e muet, on écrit è, et non é. La rectification de l’orthographe a tout simplement essayé de réduire les exceptions. On écrira donc évènement, cèleri, crèmerie, allègement, je cèderai, il vocifèrerait, vous sècherez, etc – remarquez le e muet (souligné) dans la syllabe qui suit.

Bien sûr, il reste des exceptions :

  • les préfixes dé-, pré-, télé- gardent le é car il se prononce é : démener, prévenir, télémesure…
  • le é initial car il se prononce é (à part dans ès, ère, èche, Ève, èbe) : éleveur, épeler, échelon, émeri…
  • médecin, médecine

La règle mentionne également les inversions interrogatives à la première personne du singulier, c’est à dire le verbe suivi du pronom je. Ces occurrences sont rares et se retrouvent surtout dans un contexte littéraire. Je ne crois pas avoir jamais prononcé ces mots, mais pour les curieux·ses, ça donne ça : aimè-je, chantè-je, dussè-je, etc.

Rectification orthographique : l’accentuation des mots empruntés aux autres langues

Nous arrivons maintenant à la règle C4 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée qui concerne les accents sur les mots étrangers.

Je me suis rendu compte que c’était une règle que j’appliquais sans aucune constance. J’écris bien média et téquila, mais j’écris pizzeria et diesel. Selon la réforme, e devient é dans les mots étrangers lorsqu’il se prononce é. Logique ! On écrira donc bien média et téquila, mais aussi pizzéria, diésel, artéfact, égo, véto, placébo, critérium, crédo, nucléus, mémorandum, spéculum, ténuto, kébab, etc.

De la même façon, e deviendra è quand il se prononce è. Comme dans faciès, condottière ou limès par exemple.

Et finalement, a devient à quand il est considéré comme une préposition comme dans à priori, à capella, à minima, etc.

On ne mettra pas d’accent quand les mots ont valeur de citation. Le livre donne l’exemple du mea culpa. Il explique aussi que le Nouveau Littré l’orthographie déjà méa-culpa et suppose qu’il sera un jour écrit en un seul mot.

Deux courts articles sans accents

Pour aujourd’hui, j’ai sélectionné deux courts articles du Gorafi, dans lesquels j’ai enlevé tous les accents (pas seulement sur les e). J’ai apporté des modifications aux textes originaux qui comportaient quelques erreurs. Si vous avez tendance à oublier les accents ou à en mettre là où il n’y en a pas, ces exercices sont faits pour vous ! Je les ai enregistrés, si vous souhaitez les écouter pour vérifier. Vous pouvez imprimer le premier texte sans accents ici et la correction . Pour le deuxième texte sans accent, c’est ici, et la correction .

Le E suivi de deux consonnes

belle – maisonnette – cheffe – benne – steppe – erreur – déesse – nerveux – respecter – certain – celtique – rectangle – reptile – festif

Quel est le point commun entre tous ces mots ?

Si vous n’êtes pas sûr·e, écoutez-les :

Aucun de ces mots n’a d’accent grave et pourtant, vous entendez comme un è dans tous ces mots, non ? Le e suivi de 2 consonnes se prononce /ɛ/, comme è dans père, mère, frère, etc. Il n’est pas nécessaire de lui mettre un accent ! Si c’est une règle que vous ignoriez, faites-y attention quand vous écrivez. Plusieurs de mes étudiantes avancées font l’erreur occasionnellement.

mètre – règle – piètre – trèfle – fièvre – lièvre – espiègle – mièvre

Hmm, je vous explique une règle, puis tout de suite après, je vous donne des exemples qui contredisent la règle. Mais si vous observez bien ces mots, qu’ont-ils en commun ?

Le è est suivi de 2 consonnes, oui, mais la deuxième consonne est soit un r, soit un l. Donc, complétons la règle en disant que si la deuxième consonne est un l ou un r, vous devez mettre un accent grave sur le e.

femme – évidemment – prudemment – violemment – sciemment

Vous savez prononcer ces mots, j’en suis sûre. Mais il est possible que parfois votre langue fourche ou que votre stylo déraille. Dans le cas de femme et des adverbes en -emment, le e devant les 2 m se prononce /a/, comme un a.

Emmener, quant à lui, se prononcera /ãmǝne/, comme en mener.

Article sans accents

La semaine dernière, j’ai lu un article que j’ai trouvé plutôt intéressant et inspirant. Alors je me suis dit que j’allais le partager ici, tout en vous faisant travailler un peu si vous le souhaitez.

J’ai enlevé tous les accents. Du moins, j’ai essayé. Il y en avait beaucoup, alors peut-être que quelques-uns m’ont échappé.

Vous le trouverez ici en pdf

Une phrase me dérange un peu, du point de vue grammatical, dans le 6ème paragraphe : “Et ensuite, ils viennent dire à un mec de banlieue qui veut aider des gens comme lui d’imposer une culture.” Cette phrase n’a pas de sens quand on l’analyse et on pourrait supposer que c’est soit une faute de frappe, soit un choix de vocabulaire inadéquat. Dans le premier cas, cela aurait plus de sens ainsi : ils viennent dire à un mec de banlieue… de ne pas imposer une culture ; dans le deuxième cas : ils reprochent à un mec de banlieue… d’imposer une culture.

Pour le texte avec tout ses accents, c’est ici.

Et si vous voulez vérifier en écoutant le texte plutôt qu’en le lisant, le voici, lu par moi, assez rapidement car c’était assez long en fait (5 minutes) et aussi parce qu’il faut vous habituer à comprendre quand les natifs parlent vite et ne prononcent pas tout très clairement. Mais le truc, c’est que si les e sans accent peuvent ne pas être prononcés, les e avec accent doivent TOUJOURS être prononcés !