Le géant aux chaussettes rouges – analyse d’un texte

Cette semaine, j’ai décidé d’analyser un court texte tiré d’un recueil de contes pour enfants, pour vous montrer que vous pouvez vraiment enrichir votre français à partir de sources très variées.

Ce conte est le deuxième du livre La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca, de Pierre Gripari, publié en 1967. J’ai lu ces contes des dizaines, voire des centaines de fois quand j’étais enfant et je prends toujours plaisir à les relire.

J’ai utilisé 3 couleurs : le jaune pour le vocabulaire, le rose pour les temps du passé et le bleu pour des locutions prépositionnelles et un connecteur logique. Observez l’alternance des temps du passé : on a de l’imparfait et du passé simple. Vous pouvez analyser cette alternance comme vous le feriez si le passé simple était du passé composé. Je vais détailler le vocabulaire après le texte.

  • Il était une fois : c’est la phrase typique d’introduction des contes de fée – l’équivalent de Once upon a time.
  • haut comme trois étages : ce n’est évidemment pas une expression, car personne n’est haut comme trois étages, mais vous connaissez peut-être l’expression “haut comme trois pommes” pour désigner quelqu’un de très petit ?
  • un beau jour : expression dans laquelle beau n’a pas son sens habituel, mais qui veut dire un jour quelconque
  • tâcher de faire qqch : essayer de, tenter de faire qqch
  • sitôt dit, sitôt fait : expression qui veut dire qu’on fait qqch dès qu’on l’a dit
  • par malheur : pour les apprenants qui hésitent régulièrement entre pour et par, notez bien que l’on dit par malheur, par chance, par hasard, par bonheur, etc.
  • déboucher : vous connaissez peut-être ce verbe quand il est transitif (= suivi d’un objet direct ou indirect) dans le sens d’ouvrir, comme quand on débouche une bouteille, ou dans le sens de débloquer quand par exemple votre évier est bouché et qu’il faut le déboucher. Mais le connaissez-vous dans le sens du texte ? Ici, c’est un verbe intransitif, qui signifie arriver. Il est souvent suivi de la préposition sur, comme dans : cette petite rue débouche sur l’avenue principale de la ville.
  • un œuf à la coque : quelles autres façons de cuisiner/manger les œufs connaissez-vous ? Au plat, dur, mollet, brouillé… Faites-vous des mouillettes quand vous mangez des œufs à la coque ?
  • un coquetier : il peut être en bois, en argent, en porcelaine, en plastique… C’est la petite coupe qu’on utilise pour manger un œuf à la coque. Sans coquetier, c’est moins facile, surtout si vous venez juste de faire cuire l’œuf. J’ai essayé, et je ne le recommande pas, ça brule les doigts ! Il existe une expression, gagner/décrocher le coquetier. La connaissez-vous ?
  • une petite cuiller : en anglais, on parle de teaspoon et de tablespoon. En français, on parle de petite cuillère (ou cuillère à café) et de grande cuillère (ou cuillère à soupe). Remarquez l’orthographe. Le dictionnaire donne les deux, mais la réforme de 1990 recommande cuillère, car moins ambigu.

J’espère que vous êtes convaincu·e que n’importe quel texte peut vous apprendre quelque chose et vous faire réfléchir à l’utilisation de la langue si vous le lisez de façon active, en vous posant plein de questions !

Institutions européennes – analyse d’un article

Une fois n’est pas coutume, j’ai sélectionné un article économique et politique cette semaine. Pas mon sujet préféré, mais si vous étudiez à un niveau avancé, il faut pouvoir parler de tout ! Et si le sujet vous intéresse, vous serez pris·e plus au sérieux si vous en parlez correctement et avec précision, c’est-à-dire avec le vocabulaire qui correspond à la situation.

J’ai décidé de partager cet article, sur les institutions européennes et les récents changements. Un sujet qui me passe un peu au-dessus de la tête, mais je trouve immensément intéressant que deux femmes aient été nommées à la tête d’institutions aussi importantes que la Commission européenne et la Banque centrale européenne. J’avais prévu de poster tout l’article et de faire une analyse détaillée, mais malheureusement, le temps me manque cette semaine, alors je l’ai coupé et j’ai juste eu le temps de relever ce que j’aimerais que mes étudiant·es avancé·es observent s’ils ou elles faisaient cet exercice : en rose, des verbes, en jaune, des verbes déclaratifs, en bleu, des connecteurs logiques (j’ai inclus autant de, qui n’est pas exactement un connecteur, mais observez son utilisation quand même), et j’ai souligné du vocabulaire qui se retrouve particulièrement dans ce type d’articles et que je n’ai pratiquement jamais lu dans les écrits de mes étudiant·es, ou même entendu dans nos discussions.

Bonne analyse !

Féminicides en France

Je reçois les notifications de TV5 monde sur mon téléphone et cette semaine, j’en ai reçu une pour cet article qui aborde le sujet des violences faites aux femmes, plus particulièrement des féminicides, et qui dresse un bilan accablant de la situation en France.

C’est un thème qui me met évidemment très en colère et je suis plus que d’accord avec l’article pour dire qu’il faut arrêter d’appeler cela des crimes passionnels. Ce sont des crimes commis par des hommes qui pensent que les femmes leur appartiennent. Ce sont des crimes en lien direct avec le système dans lequel on vit et où les femmes sont chosifiées et traitées comme des êtres inférieurs dont il faut contrôler le corps.

Je ne sais pas quelle est la situation dans les autres pays dont les valeurs se rapprochent de celles de la France, mais je suis certaine que les femmes sont victimes de violence dans tous les pays du monde. Savez-vous quelle est la situation dans votre pays ?

Je me suis dit que j’allais partager une partie de cet article et en profiter pour faire une petite analyse. En rose, vous trouverez le vocabulaire sur le thème des violences faites aux femmes. En bleu : connecteurs logiques. En jaune : participes passés fonctionnant sans auxiliaire. En vert, observez les pronoms compléments. Et j’ai souligné quelques structures sur lesquelles je ferai quelques commentaires à la suite du texte.

Pour lire la suite, cliquez ici.
  • tous les deux jours et demi : j’ai choisi de souligner cette structure car je sais que beaucoup de mes étudiantes auraient tendance à dire “chaque deux jours et demi“. On peut dire chaque jour, chaque mois, chaque année, chaque premier mercredi du mois, etc., mais on dira tous les deux jours, toutes les trois semaines, toutes les cinq minutes, etc. On peut également dire tous les jours, toutes les semaines, tous les ans, tous les premiers mercredis du mois, etc.
  • au cours de : une alternative à pendant
  • pour ne pas dire : not to mention, not to say – précise et renforce ce qui vient d’être dit
  • un collectif : un groupe
  • nous avons honte pour notre pays : on peut avoir honte de qqch/qqn ou avoir honte pour qqch/qqn. Il y a une petite différence de sens.
  • avancer des pistes de solutions possibles : proposer des solutions
  • sur le papier : indique que les lois existent mais ne sont pas appliquées.
  • tenir à réagir : vouloir réagir – Si je tiens à faire qqch, je veux le faire, c’est important pour moi.
  • le cas échéant : si besoin
  • mettre en oeuvre : implémenter (anglicisme), réaliser
  • déjà prévus par la loi : pour lesquels la loi a déjà été écrite
  • se porter volontaire : un bon synonyme d’être + combinaison de mots fréquente
  • les éventuels manquements : attention au faux ami : éventuel veut dire possible, potentiel – les erreurs potentielles
  • un outil efficace : combinaison de mots
  • après avoir été interpelée : remarquez la structure avec après + infinitif passé + passif. Interpeler = to call out
  • concernant cette affaire : une autre façon de dire à propos de cette affaire

Grève des urgences – analyse d’un article

Avez-vous déjà eu besoin d’aller aux urgences ? Les services d’urgences sont-ils efficaces dans votre pays ?

Apparemment, en France, les urgences se sont dégradées. J’ai été surprise de lire qu’un tiers des Français était déjà allé aux urgences alors qu’il n’y avait pas d’urgence et qu’ils en étaient conscients. En fait, je suis sidérée. Je savais que c’était comme ça dans d’autres pays, supposés être moins efficaces que la France. Par exemple, je me souviens d’avoir passé un weekend au lit quand je vivais à Madrid, avec une fièvre carabinée et des douleurs à la gorge et aux oreilles. Je ne savais pas vers qui me tourner. Je ne savais pas qu’il y avait un service de garde le weekend et que l’information était affichée sur la porte de mon médecin habituel. Je l’ai appris le lundi matin quand j’ai pu voir ma docteure. Mais pendant que j’agonisais au fond de mon lit, j’ai envoyé des textos à des Espagnols que je connaissais pour savoir s’il y avait des médecins qui travaillaient le weekend. Personne ne savait rien et tous m’ont recommandé d’aller aux urgences. J’étais vraiment mal, mais je savais que mon cas n’était pas urgent. Je savais que je n’étais pas mourante et que j’avais seulement une otite. Je souffrais, mais le lundi matin, on m’a prescrit des antibiotiques et j’allais mieux dès le mardi. Je crois que j’aurais trop honte d’aller aux urgences en sachant que mon cas n’est pas une urgence.

L’abus des services n’est pas le seul problème, mais c’en est un important à mon avis. L’article mentionne d’autres problèmes.

Aujourd’hui, j’ai choisi de me concentrer sur ces quelques points : en rose, des verbes utiles, en jaune, des participes passés sans auxiliaires, en bleu, des connecteurs logiques, en rouge, de la grammaire à observer, et j’ai souligné du vocabulaire – soit des mots individuels, soit des groupes de mots.

  • les services d’urgences : on dit “aller aux urgences”, mais quand on parle de tous les services qu’on y trouve, on parle des services d’urgences.
  • massivement soutenue : penseriez-vous à dire ceci ? Je sais que beaucoup de mes étudiant·es seraient tenté·es de dire beaucoup/très supportée. Ce qui serait incorrect (to support = soutenir)
  • révéler : un synonyme de dire, avec une petite nuance. Révéler, c’est dire qqch qui n’était pas su avant (une information, un secret…)
  • un baromètre : au sens propre, c’est un appareil qui mesure la pression atmosphérique. Au sens figuré, c’est un indicateur d’une multitude de choses. Comme en anglais il me semble.
  • réalisé : synonyme de faire. Se réfère au baromètre. Je n’avais jamais fait attention qu’on pouvait réaliser un baromètre. Dans ce contexte, j’entends plus souvent que l’on peut réaliser une enquête, un sondage.
  • dévoiler : synonyme de révéler
  • en effet : connecteur qui permet de justifier ce qui vient d’être écrit.
  • les professionnels de santé : l’ensemble des personnes qui travaillent avec des patients
  • soutenir : on peut soutenir un mouvement, une cause
  • démarré = commencé
  • mi-mars : savez-vous que l’on dit ainsi ? (et non pas *la moitié de mars)
  • pour lequel : préposition + pronom relatif composé – comprenez-vous cette structure qui pose souvent problème aux étudiants ? Une nouvelle action est prévue pour ce mouvement = ce mouvement pour lequel une nouvelle action est prévue
  • est prévue : du verbe prévoir = to plan
  • les acteurs de la santé : toutes les personnes qui jouent un rôle dans le monde médical
  • interrogés : se réfère aux acteurs de la santé
  • d’accord sur : on est d’accord (avec qqn) sur qqch
  • le constat effectué : quand on fait un constat, c’est plus soutenu de dire qu’on l’effectue
  • un/une gréviste : une personne qui fait la grève
  • se détériorer : aller de plus en plus mal. Empirer est un autre synonyme.
  • n’hésitent pas à : remarquez la construction verbale. On hésite à faire qqch.
  • de leur faute : par extension, de ma faute, de ta faute, de sa faute, etc.
  • c’était plus facile que de trouver : auriez-vous mis le “de” ?
  • avancer les frais médicaux : les frais, c’est ce que l’on doit payer (fees), et avancer, cela veut dire qu’on doit payer. Avancer de l’argent, c’est prêter de l’argent et c’est aussi payer en avance. Ce qui sous-entend que si l’on va aux urgences, on ne paye pas.
  • à cause de : connecteur logique de cause
  • au sein des urgences : à l’intérieur des urgences
  • chez les soignants : les soignants sont les personnes qui soignent, qui prennent soin des patients, et chez les soignants ne veut pas dire chez eux, dans leur maison, mais parmi eux. L’auriez-vous dit ainsi ?
  • ainsi : connecteur logique de conséquence
  • le milieu hospitalier : la sphère des personnels de l’hôpital
  • soit : c’est-à-dire
  • chez l’ensemble des Français : comme pour chez les soignants, on ne parle pas des maisons des Français. Auriez-vous penser à l’expression l’ensemble des Français ? C’est plus soutenu que chez tous les Français.
  • des troubles : synonyme de problèmes, très utilisé dans le domaine de la santé
  • des maux de tête : pluriel d’un mal de tête
  • la santé morale : on a aussi la santé physique, la santé mentale, etc.
  • est touchée : se réfère à la santé morale. Elle est touchée, c’est-à-dire qu’elle est affectée
  • effectuer : synonyme de faire – effectuer un travail : plus soutenu
  • hausse constante : deux mots qui vont bien ensemble
  • a réagi : synonyme de dire.
  • infirmière aux urgences de l’hôpital… : auriez-vous utilisé les bonnes prépositions ?
  • membre du collectif : membre du groupe
  • dans les services : remarquez la préposition utilisée
  • le temps d’attente : le temps qu’il faut attendre
  • à ce que : on ne peut jamais JAMAIS dire *à que – pensez au pronom neutre CE
  • vers ce que : de même, *vers que est impossible. On a besoin du petit CE. Hmm, peut-être peut-on se demander si que peut suivre une préposition ou s’il faut toujours insérer CE.. Je vous laisse méditer là-dessus.
  • que l’on : version plus soutenue de qu’on – utilisez-la à l’écrit !
  • puisque : connecteur logique de cause

Le choix d’une crèche – analyse rapide d’un court article

J’ai beaucoup à faire aujourd’hui. Probablement comme vous. Je rabâche sans cesse qu’il est important de faire un peu de français chaque jour pour progresser. Mais je suis tout à fait consciente que ce n’est pas toujours évident de trouver du temps chaque jour. Si votre vie ressemble à la mienne, il y a toujours quelque chose qui se met en travers de nos projets !

Mais faire du français tous les jours ne veut pas dire en faire une heure par jour, même si ce serait idéal. Si vous avez seulement 5 ou 10 minutes, choisissez un article pas trop long et faites-en une analyse très courte. Aujourd’hui, j’ai choisi un texte sur slate.fr, lui-même traduit ou tiré d’un texte du Telegraph. Je l’ai lu une fois, j’ai choisi de souligner des expressions peu voire pas du tout utilisées par mes étudiantes, des combinaisons de mots fréquentes et j’ai surligné en bleu les connecteurs. J’étais pressée, j’en ai peut-être oublié, ce n’est pas grave. Puis, je suis revenue sur ce que j’avais relevé et j’ai approfondi un peu. En me mettant dans la peau d’une apprenante avancée qui n’a pas beaucoup de temps. Commentaires après le texte.

  • pour le moins : to say the least – souvent associé à surprenant.
  • en matière de : concernant – une autre façon de dire regarding, when it comes to
  • en tout cas : connecteur, anyway
  • pour + infinitif : exprime le but
  • confirmer ses dires : hmm, le verbe dire au pluriel ? Il peut donc être également un nom. (Vérifie dans le dictionnaire) Le dire = la parole, l’affirmation, la déclaration. Au dire de… = selon, d’après… Au dire de l’expert.
  • s’appuyer sur qqch : ici, s’appuyer sur l’examen de données = se baser sur
  • Contrairement à : connecteur d’opposition
  • une idée reçue : croyance populaire – common preconception
  • Outre-Manche : la Manche = la mer entre la France et l’Angleterre – outre-Manche = en Angleterre (outre-Atlantique = aux Etats-Unis)
  • attribuer des résultats à : on attribue qqch à qqch/qqn
  • pour eux : according to them, variante de selon eux, d’après eux
  • à travers : through (utile si on a tendance à trop utiliser par)
  • bien que + subjonctif : rappel !
  • lancer une initiative : mettre en marche (start, not throw)
  • notamment : connecteur = par exemple
  • un facteur déterminant : décisif – mots souvent associés

Quand on a peu de temps, faire une analyse rapide comme celle-ci est toujours mieux que de ne pas faire de français du tout ! Puis on peut revenir dessus plus tard et essayer de réutiliser le vocabulaire en faisant des phrases pour soi-même.

Richesse et confiance en soi – analyse d’un article

Je suis tombée sur cet article hier et je ne peux pas dire qu’il m’ait énormément surprise. Néanmoins, je trouve le sujet intéressant. Quand je pense au nombre d’idiots que j’ai rencontrés dans ma vie qui occupaient des postes à responsabilité et qui étaient terriblement incompétents et condescendants, je me dis que les résultats de cette étude ont beaucoup de sens !

J’ai mis quelques couleurs dans cet article, mais moins que d’habitude, pour vous expliquer quelque chose. Je vous encourage régulièrement à pratiquer la lecture active, mais je sais que ce n’est pas toujours un exercice facile et qu’il est parfois difficile de trouver le temps. Puis aussi, on ne sait pas toujours par où commencer, comment analyser un texte, sur quoi se concentrer, etc.

Vous n’êtes pas obligé·e de tout analyser. Vous pouvez choisir un point de grammaire spécifique, ou vous pouvez avoir comme objectif de repérer 5 à 10 nouveaux mots ou expressions. Que vous ne connaissez pas ou que vous connaissez mal. Vous pouvez vous concentrer sur les connecteurs. Vous pouvez vous concentrer sur les verbes. Vous pouvez vous concentrer sur les prépositions. Etc.

Avec ce texte, j’ai choisi de me limiter à 3 points :

  • En rose, j’ai surligné les participes présents et un gérondif. Ce sont des formes verbales peu utilisées par mes étudiantes. Elles préfèrent utiliser des pronoms relatifs (ex : les personnes venant = les personnes qui viennent). Pourtant, le participe présent est une forme verbale qui permet d’alléger son style. Le gérondif pose moins de problèmes en général, mais il n’est pas toujours utilisé à bon escient.
  • En bleu, j’ai surligné les articulateurs de discours (connecteurs logiques) et la structure plus…, plus…, sur laquelle mes étudiantes font régulièrement des erreurs (car elles traduisent la structure de leur langue maternelle en générale).
  • Et j’ai souligné du vocabulaire, pour la plupart des combinaisons de mots qui fonctionnent souvent ensemble et sur lesquelles je vais m’étendre un peu plus après le texte.
  • classe sociale élevée : avec le mot “classe” vous trouverez également la classe ouvrière, la classe populaire, la classe moyenne, la classe supérieure, …
  • étude menée sur… et publiée dans… : c’est ainsi que l’on présente une étude – elle est menée sur un certain nombre de personnes et elle est publiée dans un journal
  • à tort : utilisez-vous cette expression ? Mes étudiantes ont plutôt tendance à utiliser le verbe “se tromper“. Par exemple : je me suis trompée car je croyais qu’on accordait avec le sujet = j’ai cru à tort qu’on accordait avec le sujet. On retrouve à tort, dans des expressions telles que à tort ou à raison, à tort et à travers, etc.
  • engendrer : une autre façon de dire créer, produire, causer, entrainer, etc.
  • excès de confiance en soi : quand on a trop confiance en soi, on parle d’un excès de confiance en soi. À l’inverse, quand on n’a pas assez de confiance en soi, on parle d’un manque de confiance en soi.
  • un entretien d’embauche : expression souvent ignorée. J’entends régulièrement parler d’entrevue de travail. Quand vous avez “a job interview“, en français, c’est un entretien d’embauche !
  • sures d’elles : je suis sure de moi, tu es sure de toi, il est sûr de lui, elle est sure d’elle, on est sûr de soi, etc. Êtes-vous sûr·e de vous ? Quand on est sûr de soi, on a confiance en soi, on ne doute pas.
  • de tels résultats : je ne crois pas avoir lu une telle formule dans les écrits de mes étudiantes récemment. Pourtant, c’est une bonne formule ! Je n’ai aucun doute que mes étudiantes avancées comprennent toutes ce que ça veut dire, mais elles ne sont pas sures d’elles quand il s’agit de l’utiliser. (= such results)
  • une perception faussée : notre perception peut être correcte, exacte, juste, aigüe, etc., mais elle peut être aussi floue, biaisée, déformée, tronquée, erronée, c’est-à-dire faussée.

Journaliste et féministe tuée

J’essaie de sélectionner des articles plutôt rigolos d’habitude, mais cette semaine, il y a eu beaucoup de nouvelles plutôt terribles pour les femmes, et je ne parlerai pas du retour en arrière des Etats-Unis en ce qui concerne l’avortement (bien que cela me rende furieuse) mais du premier article que j’ai lu, qui parlait d’une femme assassinée en plein jour et même si je ne la connaissais pas et n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant, ça m’a fait beaucoup de peine. Les raisons de son meurtre ne sont pas très claires à la lecture de l’article, mais il semble vraisemblable que son activisme féministe y soit pour quelque chose.

Je ne vais pas commenter l’article, il parle de lui-même. Mais j’ai fait un peu de surlignage pour vous guider dans une lecture active de ce texte : en rose, les verbes conjugués ; en vert, les verbes à la voix passive ; en jaune, les participes passés qui ne sont pas accompagnés par un auxiliaire ; en bleu, les connecteurs logiques; en gris, des prépositions, pour attirer votre attention sur leur utilisation : observez bien comment elle sont utilisées, ce qu’elles veulent dire, quel verbe elles accompagnent quand elle font partie d’une construction verbale. J’ai aussi souligné quelques mots ou expressions que vous comprenez probablement, mais est-ce que vous les utilisez vous-mêmes ? Est-ce que la combinaison provoquer + l’indignation vous vient naturellement ? Est-ce que quand vous pensez à un sujet d’actualité dont tout le monde parle, vous pensez à l’expression au cœur des préoccupations ?

Ce n’est pas grave si vous ne retenez pas tout après avoir analysé un article, mais si vous parvenez à retenir certains points, à comprendre comment fonctionne un verbe, une structure, etc., vous enrichissez votre connaissance de la langue et c’est très bien !

Le phénomène des “Tanguy” – analyse d’un article

Cette semaine est sortie en France la suite d’un film qui avait été très populaire en 2001, à part peut-être chez les garçons et les hommes du nom de Tanguy. En 2001, Tanguy avait 28 ans, il vivait encore chez ses parents, qui n’en pouvaient plus de sa présence et commençaient à perdre la raison petit à petit. Ils ne savaient plus quoi inventer pour le pousser à partir, mais lui n’en avait absolument aucune envie ! J’avais beaucoup aimé ce film que j’avais trouvé très drôle.

Tanguy 2 est maintenant dans les salles en France, et vous pouvez voir la bande-annonce sur YouTube si vous le souhaitez.

Je ne vais pas discuter les “Tanguy” aujourd’hui, mais vous montrer comment vous devriez procéder quand vous lisez un texte en français, à partir d’un article de France Info qui mentionne le film pour ensuite parler de la triste réalité de certaines personnes qui ont dû retourner vivre chez leurs parents alors qu’elles avaient plus de 40 ans.

En lisant cet article, il est fort possible que vous compreniez tout. Même si vous n’êtes pas certain du sens de certains mots, dans le contexte, vous les comprenez. Et vous pourriez vous arrêtez là et vous dire que vous avez lu un article en français et que ça suffit pour aujourd’hui, c’est déjà pas mal. Mais vous en retirez quoi au niveau linguistique ? Que va-t-il vous rester ? Allez-vous mémoriser les mots que vous comprenez dans le contexte mais n’avez jamais prononcés vous-même ? Serez-vous capable d’écrire ainsi vous-même juste parce que vous avez lu cet article en 2 minutes ?

Il y a souvent, et par souvent je veux dire toujours, un décalage entre ce que l’on comprend d’une langue étrangère et ce que l’on est capable de produire nous-même. Si l’on ne passe pas plus de temps à analyser ce que l’on reçoit de la langue, on va avoir plus de mal à l’écrire et la parler avec une grammaire irréprochable et un vocabulaire élaboré, à combiner les mots de manière naturelle, à choisir le vocabulaire approprié pour chaque situation, etc.

Comme je le répète régulièrement, recevez la langue aussi activement que possible !

Dans le texte ci-dessous, j’ai relevé les verbes conjugués (en rose), les participes passés utilisés sans auxiliaire (en jaune), d’autres formes verbales (en vert, un participe présent et un infinitif passé), les articulateurs du discours (en bleu), des mots individuels et des groupes de mots (soulignés) et des prépositions qui suivent un verbe (en rouge dans le texte). Selon vos besoins, vos priorités, et le temps dont vous disposez, vous pouvez relever plus ou moins d’éléments.

trouvé sur : https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/on-se-dit-qu-on-a-rate-sa-vie-le-difficile-retour-des-tanguy-chez-leurs-parents-apres-40-ans_3241933.html
  • On peut remarquer la variété des verbes et les différents temps et modes utilisés : présent, imparfait, passé composé, plus-que-parfait, conditionnel, subjonctif, passif.
  • On peut vérifier si l’on comprend bien l’accord des participes passés et comment ils sont utilisés quand ils n’accompagnent pas un auxiliaire.
  • On peut analyser l’utilisation du participe présent (qui pourrait être remplacé par une relative dans ce cas) et de l’infinitif passé (à la suite de “après“)
  • On peut observer les articulateurs logiques, en particulier jusqu’à ce que, suivi du subjonctif.

Et on observe le vocabulaire attentivement !

  • dégager : Connaissez-vous le sens ? Savez-vous à quel registre ce mot appartient ? Sauriez-vous l’utiliser vous-même ?
  • lâcher : Dans ce contexte, que veut-il dire ? Quel est le registre ?
  • excédé : Ne veut pas dire “exceeded” dans ce contexte
  • le film éponyme : Formule très utilisée dans les articles parlant de films et de livres
  • un long-métrage : Savez-vous ce que c’est exactement ? L’avez-vous déjà utilisé ?
  • l’illustration : Oui, vous savez ce que ça veut dire, mais sauriez-vous l’utiliser de cette façon ?
  • quitter le cocon familial : Combinaison de mots très commune
  • un fiston : Synonyme de quel mot ? Registre ?
  • encombrant : Adjectif verbal. Synonyme de quels autres adjectifs ?
  • en salles : Formule très utilisée quand on parle de cinéma et de sorties de films
  • cocasse : Synonymes ?
  • souffler : Tout comme lâcher, vous connaissez ce verbe. Mais l’avez-vous déjà utilisé pour signifier ce qu’il veut dire ici ?
  • une galère : Synonymes ? Registre ?
  • un arrêt maladie : Expression figée, pas besoin de “de” pour les connecter. On observe aussi qu’on est en arrêt maladie pour + NOM (la raison de l’arrêt)
  • un licenciement : Synonymes ?
  • une spirale infernale : Combinaison de mots commune
  • cumuler : Ce mot revient plusieurs fois, est-il clair ?
  • acculé : Il est possible que vous ne connaissiez pas ce mot. Que faites-vous ? Vous le cherchez dans le dictionnaire ! Et vous essayer de faire des phrases avec !

Etc.

Si vous travaillez au niveau C, il est impératif que vous travailliez ainsi si vous visez une réelle maîtrise de la langue. Personne ne parle parfaitement à tout instant, même pas les natifs, mais on peut s’approcher de la perfection en étant appliqué, méthodique et actif dans son apprentissage.