Marée haute à Venise

Cette semaine, j’ai choisi un article sur un thème qui, sans me laisser indifférente, ne me touche pas autant que certains articles que je décide de partager d’habitude. Il n’y est pas question de sexisme ou d’autres discriminations, ni de langage, mais d’environnement. J’essaie d’être plus consciente de mon impact sur l’environnement et j’admire énormément Greta Thunberg, mais je dois reconnaitre que j’aime trop voyager et que je ne suis pas prête à arrêter totalement de prendre l’avion.

L’article m’a cependant interpelée car même si je ne suis jamais allée à Venise et n’en ai pas forcément ni l’envie ni l’intention, je trouve cette information plutôt flippante (l’article complet est ici). Cela fait des années que j’entends dire qu’un jour Venise sera sous l’eau. Je ne me suis jamais vraiment intéressée aux mesures mises en place pour empêcher une catastrophe, mais selon l’article, il semblerait que les gens supposés protéger la ville n’aient pas pris la menace très au sérieux…

Vous pouvez analyser ce texte comme bon vous semble ou à partir de mes choix : j’ai mis en gras et en vert le vocabulaire spécifique à la situation, en gras et en bleu des structures facilement réutilisables dans d’autres contextes, en gras et en rouge des formes verbales, dont plusieurs qui illustrent la concordance des temps, j’ai surligné en bleu des connecteurs logiques et en jaune des pronoms. J’ai souligné du vocabulaire à observer (observez bien les combinaisons de mots) et j’ai mis en gras presque tout une phrase. Comment comprenez-vous cette phrase ? 🤔

Quand le second degré nous échappe…

J’ai à plusieurs reprises parlé du Gorafi sur ce blog, journal satirique qui m’amuse beaucoup. Je le consulte quand j’en ai marre de lire les actualités déprimantes, c’est-à-dire très régulièrement. Je suis aussi abonnée au compte Instagram du journal.

À l’occasion d’Halloween, ils ont posté un titre très drôle (à mon avis) : Les enfants de chômeurs méritent-ils des bonbons ?

Et cette semaine, ils ont posté ceci :

Si vous avez Instagram, vous savez qu’il s’agit d’un message personnel reçu par le Gorafi, qu’ils ont décidé de partager avec leurs abonnés.

Si vous faites une petite analyse de ce message, vous devriez pouvoir dire si c’est une femme ou un homme qui a écrit. Vous devriez aussi relever une faute de grammaire.

Vous pouvez aussi relever le vocabulaire :

  • tomber par inadvertance
  • être né avec une cuillère en argent dans la bouche

C’est un exemple de comment Instagram peut être utile à votre apprentissage et perfectionnement du français !

Je sais qu’il est très difficile d’étudier avec régularité et assiduité quand on est toujours sollicité·e à droite à gauche, mais Instagram est le format idéal pour les gens débordés ! Les posts ne sont jamais très longs, et s’ils ont plusieurs pages, on peut choisir de se limiter à une seule. Le Gorafi, c’est bien pour rigoler, mais on peut aussi suivre des comptes plus sérieux si l’on préfère (TV5 monde, France 24, RFI, etc.) et si l’on manque de temps pour lire un article entier ou que l’on ne peut pas consacrer beaucoup de temps à l’étude du français un jour, on peut toujours se pencher sur un post Instagram en français et en faire une petite analyse. Bien sûr, il faut choisir un post avec un minimum de texte. Ou avec une vidéo.

Un de mes posts préférés de la semaine : https://www.instagram.com/p/B4c6mQQnQcz/ et toute l’histoire derrière ce post, dont vous pouvez lire et voir un extrait ici, entre autres. L’enquête a été publiée sur Mediapart.

Être auto-entrepreneur en France

Voici un article dont le titre m’a immédiatement interpelée. Je me suis demandé si mes étudiant·e·s comprendraient facilement de quoi il s’agissait ou s’ils et elles seraient perplexes.

Si vous connaissez le verbe abattre, uniquement au sens de tuer, il se peut que vous soyez un peu déstabilisé·e (observez le é de la première syllabe, devant deux consonnes 😉 ).

L’article est court et je vais me concentrer sur le vocabulaire qui, à mon avis, pourrait poser problème à mes étudiant·e·s avancé·e·s ou qu’ils et elles n’utiliseraient pas forcément naturellement. Et quelques formes verbales.

  • un abattement : on parle ici d’une réduction du cout de qqch. On entend souvent parler d’abattement fiscal, qui est une réduction d’impôts.
  • raboté : raboter qqch, au sens propre, c’est le rendre plat avec un outil qui s’appelle un rabot (rebate plane en anglais). Ici, nous sommes évidemment au sens figuré, et raboté veut dire diminué.
  • un dispositif d’exonération : des mesures pour dispenser, exempter
  • cotisation sociales : ce sont les impôts prélevés sur les salaires qui, techniquement, servent à contribuer à la société
  • être revu à la baisse : revoir qqch à la baisse signifie que l’on avait fait une estimation qu’il va falloir diminuer. On peut l’utiliser dans d’autres contextes qu’en parlant d’argent. On peut revoir ses ambitions à la baisse par exemple. Je voulais obtenir 100% des points à mon examen de japonais, mais je pense que je vais revoir mes ambitions à la baisse et viser les 70%.
  • se sont élevés contre : ils se sont fait entendre, ils ont fait entendre leurs voix qui allaient à l’encontre de la décision
  • atteinte au pouvoir d’achat : le pouvoir d’achat, c’est notre capacité pécuniaire à dépenser ; une atteinte, ici, c’est une agression, une attaque, le fait de causer un dommage.
  • un projet de décret : un décret, c’est un acte réglementaire, officiel, un peu comme une loi
  • l’alignement : même si c’est un peu comme en anglais, vous auriez pensé à l’utiliser de vous-même ?
  • a-t-elle justifié : observez la structure
  • serait maintenue : observez l’utilisation du conditionnel pour exprimer la probabilité
  • nouvellement : vous le comprenez facilement, mais utilisez-vous cet adverbe ? Je ne crois pas l’avoir entendu chez mes étudiants dernièrement, si jamais…
  • passerait : encore un conditionnel pour la probabilité
  • ce projet de refonte : refonte, vient de fondre (to melt). La refonte, c’est l’action de remanier afin d’améliorer (en théorie)
  • dans un communiqué : expression très courante dans les articles de journaux – un communiqué est une information, un rapport, un renseignement transmis officiellement au public.

Pour perdre du poids, le sport n’est pas la meilleure solution

Rien de bien transcendant dans cet article pour ce qui est du fond. Je pense qu’on a tous entendu dire que si l’on voulait perdre du poids, l’alimentation était plus importante que le sport, même si avoir une activité physique avait son importance aussi.

Mais, à la lecture de l’article, quelque chose me paraissait étrange. Je trouvais le style un peu trop scolaire, manquant un peu de naturel. Je me disais que cela aurait pu être écrit par un·e de mes élèves de niveau avancé. Et arrivée au bout, j’ai compris pourquoi : c’est une traduction ! L’article original a été écrit en espagnol. Si la suite vous intéresse, elle est ici.

Ce n’est pas un texte très compliqué, mais il y a quelques éléments intéressants. J’ai surligné en bleu les connecteurs logiques, en vert les prépositions, en jaune les pronoms compléments et j’ai mis en gras et en bleu le vocabulaire des régimes et souligné du vocabulaire à observer. Je ne vais pas tout détailler, mais je vais faire une petite analyse à la suite du texte.

Vocabulaire des régimes : en français, on perd ou on gagne du poids. Le même vocabulaire que si l’on jouait. L’ironie cependant, c’est que c’est en général mal vu de gagner dans ce contexte. Il y a une nette tendance à la grossophobie en France. Elle existe partout, il me semble, mais me parait bien plus forte en France que dans d’autres pays où j’ai vécu. Il en résulte que l’on parle énormément de poids et de régime. Par conséquent, connaitre le vocabulaire autour de ce thème peut être intéressant, si ce n’est que pour pouvoir débattre avec des Français et leur expliquer que leur point de vue est dépassé et que gagner du poids ne fait pas d’une personne une mauvaise personne ou perdre du poids une personne avec plus de valeur.

  • faire de l’exercice : une autre façon de dire faire du sport
  • j’ai une tendance au surpoids : observez la structure avoir tendance à + NOM
  • depuis : quelque chose me chiffonne dans cette phrase. On a depuis + passé composé. Après avoir lu l’article original (desde hace unos años, mis cifras de glucosa en sangre me colocan al borde de la diabetes), je me dis que je cela aurait pu être mieux traduit. Je ne suis pas experte en traduction, mais je dirais plutôt : depuis quelques années, mon taux de glucose dans le sang me place aux portes/à la limite du diabète. Avec un présent, pas un passé composé qui sonne faux.
  • m’ont emmené : observez le pronom et l’accord du participe passé – on sait que c’est un homme qui écrit. Si c’était une femme, on aurait m’ont emmenée.
  • m’y poussent : me poussent à manger – pousser qqn à faire qqch
  • rien de très méchant : on pourrait aussi dire rien de bien méchant, rien d’exceptionnel
  • m’obliger à : obliger qqn à faire qqch
  • le vélo stationnaire : aussi appelé vélo d’appartement
  • je me suis alors mis à : j’ai alors commencé à – se mettre à faire qqch
  • le pédalage : mots de la même famille : une pédale, pédaler, un pédalier.
  • peu importent : remarquez l’accord. Si je vous dis que l’on aurait pu aussi l’écrire peu importe, ça vous parle ?
  • durant : synonyme de pendant
  • enfourcher un vélo : on peut aussi enfourcher une moto, ou un balai si l’on est une sorcière 😉
  • comme un malheureux : il sous-entend qu’il pédale à fond, que ses efforts sont considérables
  • tout ce que : remarquez le pronom neutre ce entre tout et que – les apprenant·e·s l’oublient très souvent !
  • j’ai tendance à avoir froid : avoir tendance à + INFINITIF
  • les matins lorsque j’ai pratiqué : j’ai un petit problème avec cette structure ! Je dirais plutôt : les matins où j’ai pratiqué
  • ce que / le : ils désignent la même chose – quoi donc ?
  • il me fait avoir froid : observez la structure faire avoir froid à qqn et réfléchissez un peu plus à faire + infinitif

La gueule de bois en Allemagne

Mon téléphone m’a suggéré de lire cette info récemment et le titre m’a assez interpelée pour que j’aie envie de voir ce qu’il en était. Je ne sais pas si le titre est tout à fait honnête, comme souvent, mais j’ai trouvé qu’il y avait assez d’éléments intéressants dans cet article pour avoir envie de le partager avec vous.

J’ai souligné le vocabulaire à observer, j’ai surligné en bleu les connecteurs, en rose les verbes et en vert les prépositions. Je ne me suis pas attardée sur les connecteurs et les prépositions, vous pouvez faire vos propres observations, mais j’ai analysé un peu plus le vocabulaire.

  • la gueule de bois : l’état dans lequel on se retrouve quand on a trop bu la veille (d’alcool, bien entendu)
  • désormais : connecteur qui veut dire à partir de maintenant
  • la cour : attention à l’orthographe (ne pas confondre cour avec court, cours, courre…). Dans le texte, on parle de la cour de justice. C’est la même orthographe que pour la cour de récréation.
  • statuer sur qqch : décider de – remarquez la préposition qui suit
  • prétendant : participe présent que l’on pourrait remplacer par la relative “qui prétend
  • une soirée trop arrosée : une soirée lors de laquelle on a trop bu d’alcool
  • tombe en pleine Fête de la bière : on peut employé le verbe tomber pour parler d’une date, d’un moment (= se produire) et quand qqch tombe en plein qqch, cela veut dire, en plein milieu de qqch, pendant, durant qqch.
  • l’autre côté du Rhin : façon de désigner l’Allemagne, le Rhin étant le fleuve qui coule entre la France et l’Allemagne
  • elle a estimé que… était… : observez la concordance des temps
  • un arrêt : un décret
  • statuant : Observez le participe présent et à quoi/qui il se réfère. Demandez-vous aussi s’il a la même fonction que le précédent et les suivants.
  • en appel : en justice, en appel veut dire que le cas avait déjà été jugé et que l’on a demandé un autre jugement
  • ont donné raison à : observez la structure
  • proposant : encore un participe présent équivalant à une relative (qui propose)
  • se remettre de qqch : de quoi d’autre peut-on se remettre ?
  • l’arrêté : la décision
  • concernant : un autre participe présent remplaçable par une relative (qui concerne)
  • explique, précisent : verbes déclaratifs
  • commercialisant : et encore un autre = qui commercialise
  • portés sur la boisson : façon de dire “qui boivent beaucoup trop” – quand on est porté sur qqch, c’est qu’on aime cette chose. Il y a généralement une connotation négative, de trop, d’abus.
  • un arrêt maladie : quand vous êtes trop malade pour travailler, le médecin peut vous donner un arrêt maladie. Ou vous pouvez décider de vous-même de vous mettre en arrêt maladie, c’est-à-dire de ne pas aller travailler car vous êtes malade.
  • pas si sûr : pas forcément
  • les Lorrains : les habitants de la Lorrain, région de l’est de la France
  • les Alsaciens : les habitants de l’Alsace, région de l’est de la France – Depuis le redécoupage des régions françaises, les deux régions font partie de la même région : le Grand Est.
  • faire la fête : s’amuser, souvent avec l’idée qu’il y aura de l’alcool

Les étudiants préfèrent lire sur papier

J’ai sélectionné cet article tout d’abord parce que le sujet m’intéressait et ensuite parce qu’il contient de nombreux éléments dont j’avais envie de parler aujourd’hui.

Pouvez-vous penser à point de grammaire qui pose problème aux étudiant·e·s quel que soit leur niveau et qui frustre tou·te·s les étudiant·e·s avancé·e·s ? Les prépositions !

Dans cet article, observez les verbes suivis de prépositions (en rose) et les prépositions associées à des noms (en jaune). J’ai aussi surligné les connecteurs en bleu. Disposant de peu de temps, je vais seulement développer un peu les verbes à la suite de l’article. Pour le reste, si les prépositions vous font vous arracher les cheveux, prenez le temps d’analyser pour vous-même !

  • continuer à faire qqch : est-ce la seule construction possible ? Non, évidemment. Vous avez peut-être déjà entendu ou lu continuer de faire qqch, qui est également correct (vous en avez d’ailleurs un exemple à la fin du texte). On peut aussi continuer qqch. Continuer ses études, sa route, un voyage, etc.
  • assister à qqch : être présent physiquement. On peut aussi assister qqn, c’est à dire l’aider.
  • recommandées par : qqch peut vous être recommandé par qqn. Ou vous pouvez recommander qqch/qqn à qnn. Qui dans ce cas aura été recommandé par vous.
  • il reste à savoir : structure impersonnelle, expression parfois utilisée sans le pronom sujet, qui signifie la question est, on a encore besoin de savoir…
  • plongée dans : quand on est vraiment à l’intérieur de qqch, pris par qqch, on peut dire qu’on est plongé dans…
  • faire partie de qqch : locution verbale très employée. Faites-vous partie d’un groupe ?
  • donner la priorité à qqch : on peut aussi donner la priorité à qqn. À quoi donnez-vous la priorité dans votre vie ? J’espère que vous donnez la priorité à votre santé !
  • il s’agit de : cette construction verbale impersonnelle est parfois mal employée par les étudiant·e·s car ils et elles oublient que le seul sujet possible de ce verbe, c’est “il” impersonnel. Dans le texte, on pourrait le remplacer par “lorsqu’il est question de lire des textes”. D’autres exemples avec ce verbe ? Vous n’avez pas très bien compris l’exercice. Il s’agissait de relier les synonymes, pas les contraires ! / De quoi s’agit-il ? Il ne s’agit de rien qui vous regarde ! / Quand il s’agit de boire, il est toujours partant !
  • être enclin·e à faire qqch : être disposé, prédisposé à faire qqch. On peut aussi être enclin à qqch. Il est enclin à la paresse = il a un penchant pour la paresse.
  • être face à qqch : on est en face de qqch mais face à qqch.
  • l’emporter par : ici, par introduit la cause. L’emporter = gagner, avoir le dessus. L’équipe du Chili l’a emporté sur l’Argentine par 10 points.
  • se focaliser sur : même sens et structure que se concentrer sur
  • être contenu dans : qqch est contenu dans autre chose
  • apprendre à faire qqch : on peut apprendre qqch, apprendre qqch à qqn, qpprendre qqch de qqn, apprendre à faire qqch (mais pas apprendre de faire qqch !)
  • être rompu à qqch : langage soutenu – si vous êtes rompu·e à qqch, c’est que vous êtes très expérimenté·e en qqch. Vous pouvez rechercher le verbe rompre ou le participe passé adjectif rompu, vous trouverez plusieurs sens
  • amener qqn à faire qqch : conduire, entrainer, pousser qqn à faire qqch
  • recommander de faire qqch : ah, revoilà le verbe recommander que l’on avait déjà croisé dans le premier paragraphe. Avec une structure différente. 😲

Maintenant, faites vos propres phrases avec ces verbes !

Avions et animaux de soutien émotionnel

C’est un article de France info plutôt facile et pas très riche linguistiquement que je partage aujourd’hui. Vous pourrez observer les verbes déclaratifs en rose et faire attention au vocabulaire souligné que vous comprenez certainement mais que peut-être vous n’utiliseriez pas de vous-même.

Avec un article comme celui-ci, autre qu’un travail rapide d’analyse, vous pouvez faire un travail de production écrite. Comment réagissez-vous à la lecture d’un tel article ? Moi, personnellement, j’ai beaucoup de pensées qui me traversent l’esprit.

Je publie régulièrement des posts pour pratiquer la compréhension mais il est aussi très important de pratiquer la production. Qu’idéalement vous faites vérifier par un·e prof, ou si vous n’en avez pas, quelqu’un qui maitrise la langue française. Et si vous n’avez personne sous la main pour vous aider, relisez-vous à froid, quelques jours après avoir écrit. Vous aurez un nouveau regard sur votre écrit et vous pourrez probablement l’améliorer.

Quel type d’écrit pourriez-vous pratiquer à partir de cet article ? Si vous n’avez pas d’idées, je donne quelques exemples à la suite de l’article.

  • Une lettre adressée au journal pour réagir spécifiquement à cette histoire et dire que vous n’êtes pas d’accord avec cette pratique. 3 arguments accompagnés d’exemples.
  • Une lettre adressée au journal, toujours pour réagir à cette histoire, pour dire que vous êtes favorable à cette décision du DoT . 3 arguments accompagnés d’exemples.
  • Un article “pour ou contre les animaux de soutien émotionnel dans les avions”, en étant soit pour, soit contre, soit nuancé·e.
  • Un article sur les animaux dans les transports publics en général.
  • Un article qui compare les voyages en avion d’il y a 30 ans avec les voyages en avion d’aujourd’hui.
  • Etc.

Pour améliorer votre oral, il faut parler autant que possible. Pour améliorer votre écrit, il faut écrire autant que possible ! Sur tout et n’importe quoi, mais toujours en essayant d’être un minimum organisé·e, d’utiliser un vocabulaire varié, en essayant de réutiliser des mots qui sont sur votre liste de vocabulaire mal connu / peu utilisé si vous en avez une. Essayez de proposer des arguments et des exemples pour les justifier. Utilisez des connecteurs logiques. Relisez-vous. Vérifiez vos accords. Limitez votre utilisation des verbes être, avoir, faire, dire, aller. Utilisez un dictionnaire !

L’enseignement du français à l’étranger

J’ai lu cet article car le sujet m’intéressait et j’ai choisi de le partager car il contient, entre autres, des temps du passé, point grammatical à travailler et retravailler régulièrement pour les étudiant·e·s avancé·e·s.

Prenez le temps d’observer les verbes surlignés en rose. Je ne vais pas les détailler mais vous pourrez remarquer des verbes déclaratifs variés (annoncer, déclarer, confirmer, promettre, estimer, développer), deux participes présents (évaluant, enseignant) et plusieurs verbes au plus-que-parfait (le passé dans le passé) à la voix active et à la voix passive. Observez attentivement l’alternance des temps et demandez-vous pourquoi on a le plus-que-parfait et pas un autre temps du passé. Observez les autres formes verbales et voyez si elles correspondent bien aux règles de la concordance des temps que vous connaissez. Si ce n’est pas le cas, revoyez ces règles !

Je ne vais pas non plus détailler les petits mots et structures surlignés en bleu. Vous les comprenez sans aucun doute. Demandez-vous si de vous-même, vous penseriez à écrire “parallèlement” (si non, que diriez-vous ?), “lors de” (même question), etc. Observez l’usage de “bien” dans “…bien plus…” et “…sont bien les nouveaux…”

Je vais commenter les mots soulignés et “ce qui” à la suite du texte.

  • débloquer : préfixe dé- que l’on retrouve dans de nombreux verbes (dérouter, déranger, déboucher, défaire, dénouer, etc.) qui a le sens de cessation, privation, négation, contraire…
  • les frais de scolarité : si vous payez pour l’école de vos enfants, la somme que vous payez s’appelle les frais de scolarité
  • rabaissés : encore un verbe avec un préfixe, ici “r”. On peut abaisser et on peut rabaisser. Le préfixe r- (ou re- ou ré-…) a le sens de de nouveau ou complètement
  • ce jeudi : remarquez le démonstratif. Notez aussi que selon le temps du verbe, on peut parler de jeudi dernier ou de jeudi prochain. Ici, on est au passé, mais si je dis que ce lundi, j’ai rendez-vous chez le coiffeur, je veux parler de lundi prochain.
  • le ministre des Affaires étrangères : c’est le titre du ministre qui s’occupe de la politique extérieure de la France
  • colonne vertébrale : au sens propre, c’est l’os central du dos ; au sens figuré, comme dans le texte, c’est l’élément essentiel de qqch
  • accroitre : croitre = grandir ; accroitre = rendre plus grand. Le préfixe a- n’est pas privatif ici. Connaissez-vous des mots de la même famille ? Un nom ? Un adjectif ? Remarquez aussi que l’auteur·e de l’article utilise encore l’accent circonflexe sur le i, alors qu’il n’est plus nécessaire.
  • un enseignant titulaire : c’est un enseignant qui a suivi le parcours d’études requis pour travailler dans l’éducation nationale. Il a obtenu son titre, il est fonctionnaire. Il existe aussi des enseignants vacataires, qui eux, ont un statut plus précaire.
  • détaché à l’étranger : envoyé pour travailler à l’étranger (généralement pour une période limitée)
  • des mesures d’austérité : ça ressemble assez à l’anglais pour être facilement compris si vous êtes anglophone, mais saviez-vous le dire ainsi ?
  • ce qui : le pronom neutre CE reprend toute l’idée contenue dans la proposition précédente, qui devient donc en quelque sorte le sujet du verbe suivant, d’où le pronom relatif QUI, qui reprend toute cette idée également. Pensez à ce qui comme à (la) chose qui.
  • un mouvement de grève : si vous vous intéressez à la France, vous savez ce qu’est la grève. On parle souvent de mouvements de grève
  • d’avant les coupes : les coupes ? quelles coupes ? de champagne ? de cheveux ? Evidemment, on parle de coupes budgétaires. son budget d’avant les coupes, c’est le budget dont elle disposait avant les coupes budgétaires, dues aux mesures d’austérité.
  • les quelque 500 lycées : vous n’avez probablement pas l’habitude de voir “quelque” devant un nombre. Ce mot a en fait une variété d’utilisations. Dans ce cas, il marque l’approximation. Il signifie qu’il y a à peu près 500 lycées.
  • communément : je ne me souviens pas d’avoir entendu une seule de mes étudiantes utiliser cet adverbe. L’utilisez-vous ?
  • les quelque deux millions d’expatriés : Un deuxième exemple de “quelque” qui a une valeur d’approximation.
  • le rayonnement culturel : le rayonnement, c’est le prestige, l’influence. On voit ici qu’il peut être culturel, linguistique, diplomatique. Et quoi d’autre ?
  • faire valoir : ici, défendre, justifier
  • les attributs : les symboles

L’avortement au Salvador

On s’est souvent étonné que je ne veuille pas d’enfant. Les mentalités évoluent doucement, et il est de plus en plus acceptable aux yeux de la société d’être femme et de ne pas vouloir être mère, mais ce n’est pas la réalité pour toutes les femmes de ce monde. J’ai 10000 raisons de ne pas vouloir d’enfant, la première étant que je n’en veux pas. Et quand je lis des articles comme celui que je partage aujourd’hui, je me demande même comment on peut vouloir mettre au monde un enfant dans un monde pareil. La société évolue, trop lentement, beaucoup trop lentement selon moi, et si votre enfant est une fille, la vie ne sera pas aussi douce avec elle que si c’était un garçon. Et ce, à peu près partout dans le monde. Si en plus d’être fille, elle est noire/asiatique/arabe, etc., et/ou handicapée et/ou autiste et/ou lesbienne, et/ou pauvre, quelles sont les chances que sa vie soit un long fleuve tranquille ? Ceci étant dit, une partie de moi peut comprendre que l’on veuille des enfants, mais ce n’est pas pour moi.

Je n’ai jamais été enceinte et je n’ai jamais l’intention de l’être, et si cela m’arrivait, ce serait un malheureux accident et je n’aurais aucune hésitation à aller me faire avorter. Et je suis si furieuse quand j’entends / je lis des histoires comme celles de ces femmes salvadoriennes. Je bous de colère. J’ai envie d’hurler. Quand ce monde cessera-t-il d’être si injuste et quand cessera-t-on d’opprimer les femmes ainsi ? Comment peut-il encore exister des gens au 21ème siècle, avec tout le progrès des dernières décennies, qui pensent que les hommes peuvent prendre des décisions pour les femmes ? Comment peut-il exister des gens qui pensent que les femmes sont des êtres inférieurs ? Cela me met tellement en rage que j’ai l’impression qu’aucun mot n’est assez fort pour décrire ce que je ressens. Souvent, j’en pleure, tellement je me sens impuissante, mais ce n’est pas ça qui va faire changer les choses. Alors je m’instruis. Je lis des livres qui racontent l’histoire du monde, l’histoire des femmes et des hommes. Cela m’aide à mieux comprendre, mais certainement pas à accepter, ni à me calmer. Et ça m’énerve que tout le monde n’essaie pas de s’instruire.

L’article d’aujourd’hui est assez long et j’ai choisi de le partager en entier. Pour l’analyse, je me suis limitée aux verbes (en rose), aux connecteurs (en bleu) et au vocabulaire (souligné). J’essaie toujours de faire ces analyses en me mettant dans la peau d’une étudiante avancée qui comprendrait quasiment tout, mais qui aurait tendance à toujours utiliser le même vocabulaire car elle aurait peur de sortir de sa zone de confort. Le temps dont je dispose et mon état d’esprit varient selon les semaines, ce qui fait que les analyses ne suivent pas toujours le même schéma. J’ai tendance à penser que c’est pour tout le monde pareil. Certains jours, vous avez plus de temps et vous allez rechercher les mots et les expressions mal connus dans le dictionnaire, rechercher des exemples, faire vos propres phrases, etc. D’autres jours, vous aurez plutôt recours à la traduction, car ça va plus vite. Ou vous allez mélanger plusieurs méthodes selon ce qui vous vient à l’esprit le plus vite. Il n’y a pas de méthode parfaite. Ce qui compte, c’est de faire ce travail régulièrement, de travailler la langue activement et régulièrement !

On remarquera le vocabulaire de la justice. Et des injustices…

  • toute forme de : any type of
  • y compris : including
  • s’inscrire dans : remarquez la préposition. On s’inscrit à un examen, à un cours, mais quand on dit que qqch s’inscrit dans qqch, on veut dire que ça fait partie de qqch, que c’est en accord avec qqch. Il y a beaucoup de noms qui peuvent être combinés avec s’inscrire dans : la continuité, la durée, le temps, le cadre, un courant de pensée, etc. Le sens du verbe variera un peu selon le nom qui suit.
  • imprégnant : du verbe imprégner = ici, influencer profondément
  • un bébé mort-né : stillborn baby
  • encourait : du verbe encourir = risquer de recevoir. Tous les criminels encourent une peine, risquent de recevoir une sanction
  • lors de : synonyme de pendant
  • homicide aggravé par négligence : type de crime – on entend souvent parler d’homicide volontaire ou d’homicide involontaire. Il peut être aggravé par négligence, maladresse, imprudence, etc.
  • après avoir passé : remarquez la structure : après + infinitif passé – très souvent, les étudiants avancés continuent de faire des erreurs avec cette structure. Est-ce votre cas ? Diriez-vous *après passer ?
  • derrière les barreaux : autre façon de dire en prison
  • clamé son innocence : clamer, c’est manifester ses sentiments, ses convictions, en termes violents, par des cris. Des noms souvent associés à clamer : son innocence, son indignation, son mécontentement, etc.
  • acquittée : déclarée innocente
  • aussitôt : immédiatement
  • acclamé : salué par des cris, approuvé, applaudi
  • ont-elles scandé : remarquez l’inversion, pas inhabituelle à l’écrit. On la trouve souvent après une citation. Scander, c’est dire qqch de façon rythmée, haut et fort. Les manifestants scandent souvent des slogans durant les manifestations.
  • la bataille : un combat, une lutte. Nom qui revient dans beaucoup d’expressions.
  • pourtant : remarquez sa place. Les étudiants ont tendance à le placer presque exclusivement en début de phrase. Vous avez deux exemples dans ce texte où il est placé après le verbe.
  • l’une des législations anti-IVG les plus strictes au monde : plusieurs choses à observer ici : le superlatif (l’une des NOM les plus ADJ), l’accord de l’adjectif, au monde (préposition à), IVG = intervention volontaire de grossesse.
  • stipule : du verbe stipuler – synonyme de dire
  • dans les faits : synonyme de en fait
  • passible de : on peut encourir une peine de prison ou être passible d’une peine de prison, c’est la même chose (voir plus haut)
  • de réclusion : de prison
  • même lorsque : même quand
  • juste après : right after
  • une fausse couche : a miscarriage
  • préférera : remarquez l’utilisation du futur + l’accent aigu sur le deuxième e. Avec les rectifications de l’orthographe, on écrira plutôt : préfèrera, car on prononce /pʁefɛrʁa/. Je parlerai de cette règle dans un post à venir.
  • accusé de complicité : si vous aidez un criminel, vous pouvez être accusé de complicité
  • en mars dernier : le diriez-vous ainsi ? avec la bonne préposition ?
  • à la suite de : + NOM – following
  • la plupart : remarquez que le nom “femmes” a été omis. Il est sous-entendu et c’est pour cela que le verbes qui suit est au pluriel. Voir ce post si vous avez besoin d’un rappel.
  • issues de : venant de
  • preuves ténues : des preuves très minces, fragiles, à peine recevables. Pouvez-vous penser à d’autres adjectifs qui fonctionneraient bien avec le nom “preuve” ?
  • voire : adverbe rarement utilisé par les étudiants. On l’utilise pour renforcer une idée, la pousser un peu plus loin. Par exemple : il me faudra 10 ans pour vraiment comprendre le japonais, voire 20. Tu peux me prêter un livre pour les vacances, voire deux ou trois ?
  • quelles que soient : déclinaison féminin pluriel de “quel que soit” : whatever may be… “quelles” s’accordent avec “preuves“.
  • se dessine : apparait
  • constitue : du verbe constituer – synonyme de créer
  • une double peine : double penalty
  • car : remarquez sa place en début de phrase (2 fois dans le texte) – Les livres de grammaire disent qu’on ne doit pas mettre cette conjonction en début de phrase. Je le dis aussi à mes étudiant·e·s. Mais je le fais moi-même de temps à autre. Comme les anglophones qui apprennent qu’on ne doit pas commencer une phrase avec “and”. Mais qui le font quand même. Je suis pour qu’on prenne des libertés avec la langue et ses règles, une fois qu’on la maitrise à un très haut niveau. Avant ça, je recommande la prudence.
  • les plus aisées : sous-entendu “les femmes les plus aisées
  • se rendre : synonyme de aller
  • celles sans ressources : les femmes sans ressources – utilisez-vous naturellement celle, celui, ceux ?
  • le système D : familier = le système débrouille : resourcefulness, ingenuity
  • quitte à : même si ça veut dire que, au risque de
  • ingèrent : du verbe ingérer = avaler
  • la mort-aux-rats : poison destiné à tuer les rats
  • s’introduisent : du verbe s’introduire – vous pouvez voir ici l’ambigüité du verbe (s’)introduire, avec lequel je recommande à mes étudiant·e·s d’être prudent·e·s
  • des aiguilles à tricoter : knitting needles
  • en parallèle : en même temps
  • à des fins abortives : dans le but d’avorter
  • sous le manteau : en contrebande, au marché noir, illégalement
  • précise : synonyme de dire
  • ont cherché à : du verbe chercher à = essayer de
  • les avortements clandestins : illegal abortions – à quels autres adjectifs pouvez-vous penser avec le nom “avortement” ?
  • se sont multipliés : du verbe se multiplier
  • ont été pratiqués : forme passive
  • en deçà de : en dessous de
  • souligne : synonyme de dire
  • malgré : remarquez la structure malgré + nom
  • fortement ancré : avec des racines très solides, enraciné
  • un clivage entre… et… : une forte différence de pensée
  • sans… mais aussi sans … : observez la structure – demandez-vous si vous l’utiliseriez de vous-même.

L’oreille musicale des enfants bilingues – analyse

Je vous propose d’analyser la suite du texte d’hier, sur le bilinguisme. Je vous ai donné la première partie pour faire un petit exercice sur les prépositions et aujourd’hui, faisons un travail de lecture active sur la deuxième partie. L’article complet est ici.

En rose, des verbes, en bleu, des connecteurs, en jaune des participes passés utilisés seuls, en gris un pronom, souligné, du vocabulaire à observer.

  • le bilinguisme : prononcer [bilɛ̃gɥism] – que l’on peut opposer au monolinguisme (voir monolingue plus loin dans le texte), aussi appelé unilinguisme. Quand on parle trois langues, on peut parler de trilinguisme. Au-delà, on parlera de polyglottisme et on dira qu’on est polyglotte.
  • ne sont pas restreints au : du verbe restreindre, passif – remarquer la préposition à : être restreint à qqch
  • en effet : connecteur utilisé pour confirmer ce qui a été dit auparavant
  • un bilingue : adjectif utilisé comme nom – le nom est sous-entendu = une personne bilingue.
  • s’exprimer : synonyme de parler, verbe pronominal
  • jongler : utilisé au sens figuré, synonyme d’alterner, d’utiliser avec une grande facilité
  • constamment : bon adverbe à employer, au lieu de tout le temps
  • associées au : du verbe associer – observer la construction : qqch est associé à qqch
  • notamment : préférez employer cet adverbe plutôt que spécialement ou *espécialement (qui n’est pas un mot français)
  • en termes de : avez-vous tendance à surutiliser par rapport à ? En termes de est une bonne alternative quand vous parlez d’un domaine particulier
  • outre : observez que ce n’est pas en outre, mais outre seulement. Saviez-vous que c’était possible ? La préposition outre + nom = en plus de
  • accrue : du verbe accroitre = augmenter / intensifier
  • par rapport au… et à… : remarquez la répétition de la préposition
  • doués : être doué pour qqch = avoir des facilités, des aptitudes
  • détecter : construction directe, détecter qqch
  • adopter : construction directe, adopter qqch
  • ajuster : construction directe, ajuster qqch
  • faire preuve de : montrer, démontrer – quels mots sont couramment associés à cette locution verbale ?
  • plasticité cérébrale : veulent-ils dire que le cerveau est en plastique ? Bien sûr que non ! Le cerveau est malléable, souple, il s’adapte facilement
  • à l’écoute de : attentif à – remarquez les prépositions utilisées
  • distinguer : construction directe, distinguer qqch
  • apprendre de : construction indirecte, apprendre qqch de qqch
  • se montrer sensibles aux : construction indirecte, se montrer sensible à qqch
  • facilités : aptitudes
  • en matière de : concernant
  • ne… que… : expression de la restriction
  • ont constaté : synonyme de remarquer
  • dès : préposition dès + nom = à partir de
  • identique à : au lieu de toujours dire même
  • celui : pronom masculin qui reprend qqch nommé auparavant
  • qu’il s’agisse de : observez attentivement la structure de cette longue phrase qui commence avec un subjonctif
  • reprendre : que peut-on reprendre d’autre ? Le travail après des vacances, une période de chômage ou un congé maternité. Ses études après une pause. La route, après un arrêt sur l’autoroute pour déjeuner. Etc.
  • avez déjà parlée : observez l’accord du participe passé. Y auriez-vous pensé ? Si votre réponse est non, il faut réviser les règles d’accord du participe passé !