Le choix d’une crèche – analyse rapide d’un court article

J’ai beaucoup à faire aujourd’hui. Probablement comme vous. Je rabâche sans cesse qu’il est important de faire un peu de français chaque jour pour progresser. Mais je suis tout à fait consciente que ce n’est pas toujours évident de trouver du temps chaque jour. Si votre vie ressemble à la mienne, il y a toujours quelque chose qui se met en travers de nos projets !

Mais faire du français tous les jours ne veut pas dire en faire une heure par jour, même si ce serait idéal. Si vous avez seulement 5 ou 10 minutes, choisissez un article pas trop long et faites-en une analyse très courte. Aujourd’hui, j’ai choisi un texte sur slate.fr, lui-même traduit ou tiré d’un texte du Telegraph. Je l’ai lu une fois, j’ai choisi de souligner des expressions peu voire pas du tout utilisées par mes étudiantes, des combinaisons de mots fréquentes et j’ai surligné en bleu les connecteurs. J’étais pressée, j’en ai peut-être oublié, ce n’est pas grave. Puis, je suis revenue sur ce que j’avais relevé et j’ai approfondi un peu. En me mettant dans la peau d’une apprenante avancée qui n’a pas beaucoup de temps. Commentaires après le texte.

  • pour le moins : to say the least – souvent associé à surprenant.
  • en matière de : concernant – une autre façon de dire regarding, when it comes to
  • en tout cas : connecteur, anyway
  • pour + infinitif : exprime le but
  • confirmer ses dires : hmm, le verbe dire au pluriel ? Il peut donc être également un nom. (Vérifie dans le dictionnaire) Le dire = la parole, l’affirmation, la déclaration. Au dire de… = selon, d’après… Au dire de l’expert.
  • s’appuyer sur qqch : ici, s’appuyer sur l’examen de données = se baser sur
  • Contrairement à : connecteur d’opposition
  • une idée reçue : croyance populaire – common preconception
  • Outre-Manche : la Manche = la mer entre la France et l’Angleterre – outre-Manche = en Angleterre (outre-Atlantique = aux Etats-Unis)
  • attribuer des résultats à : on attribue qqch à qqch/qqn
  • pour eux : according to them, variante de selon eux, d’après eux
  • à travers : through (utile si on a tendance à trop utiliser par)
  • bien que + subjonctif : rappel !
  • lancer une initiative : mettre en marche (start, not throw)
  • notamment : connecteur = par exemple
  • un facteur déterminant : décisif – mots souvent associés

Quand on a peu de temps, faire une analyse rapide comme celle-ci est toujours mieux que de ne pas faire de français du tout ! Puis on peut revenir dessus plus tard et essayer de réutiliser le vocabulaire en faisant des phrases pour soi-même.

Système de santé français : analyse d’un article

Cette semaine, j’ai sélectionné un court article de France Info parlant de santé et comparant le système français au système américain – sans aller en profondeur du tout, mais ce n’est pas grave, car il nous intéresse linguistiquement avant tout.

Dans cet article, j’ai choisi de relever en jaune le vocabulaire de la santé, en vert, certains verbes, en bleu, des participes passés sans auxiliaire, et j’ai souligné des mots, expressions et tournures de phrases intéressantes à observer. Je vous laisse le soin de faire une analyse de tous ces éléments, car je ferai seulement quelques commentaires en dessous du texte.

  • Si vous ne vivez pas en France, vous ne savez peut-être pas ce qu’est une carte Vitale. C’est une carte d’assurance maladie du même format qu’une carte bleue (= carte de crédit) mais elle est verte et contient des informations relatives à la santé. La plupart des Français en ont une et je pense que les personnes résidant en France y ont également droit.
  • Savez-vous que l’Hexagone désigne la France ? Si vous observez la forme du pays sur une carte, vous pouvez distinguer six côtés.
  • Observez que l’on peut dire qu’un congrès s’est tenu quelque part, ce qui signifie qu’il a eu lieu quelque part.
  • Leary salue le système français. Cela veut-il dire qu’elle lui dit bonjour ?
  • Les cancérologues ont lancé une alerte : vous comprenez certainement cette expression, mais auriez-vous pensé à l’utilisé de vous-même ?
  • exercer : au lieu de dire qu’un docteur travaille à l’hôpital, vous pouvez dire qu’un docteur exerce à l’hôpital, car on peut “exercer la médecine”, et plus généralement “exercer un métier”.
  • plus… plus… et moins… : observez bien cette structure – plus + S + V, plus + S + V et moins + S + V – dans cet ordre !

Le secret de la mémoire

Cette semaine, pour éviter de déprimer suite aux résultats des élections européennes, j’ai décidé de ne pas lire d’articles parlant de politique. À la place, j’ai lu des articles de journaux satiriques pour rigoler un peu et d’autres de quotidiens dont les titres m’ont interpelée, dont un article du Monde, intitulé “Le vrai secret de la mémoire, c’est d’apprendre plusieurs fois la même information”.

Il fallait que je lise cet article ! C’est le compte-rendu de questions posées à un neurologue et de ses réponses. À la lecture du titre, je me suis dit que j’étais aussi intelligente qu’un neurologue parce que c’est quelque chose que j’ai dit de nombreuses fois à mes étudiantes ! Apprendre une règle de grammaire est une chose. C’est possible qu’on la comprenne facilement, mais si on ne la met pas en application, on l’oublie ! Alors il faut la réapprendre. Encore et encore. Par exemple, si l’on pense à l’opposition passé composé/imparfait qu’on apprend en A2, combien d’entre vous peuvent dire avec certitude que vous maitrisez la règle ? C’est une règle qu’il faut apprendre plusieurs fois et qu’il faut pratiquer. Plus on apprend une règle, plus on est susceptible de la retenir.

Quand j’étais plus jeune, je savais énormément de choses sur les animaux et sur l’espace. Je connaissais les noms latins de certains papillons, je connaissais le nom des races de chiens, je reconnaissais les constellations dans le ciel et je pouvais parler de la lune avec beaucoup de confiance en moi. Aujourd’hui, je ne sais presque plus rien de tout ça. J’ai oublié. Il faudrait que je réapprenne toutes ces informations pour les mémoriser à nouveau. Et c’est pareil avec les langues. Il fut un temps où mon allemand était plutôt bon. Je pouvais converser, je comprenais beaucoup de choses. J’ai continué à comprendre assez longtemps après avoir arrêté d’apprendre, mais maintenant, ma compréhension est devenue assez basique et ne me demandez pas de parler ! Et cela fait plus de deux ans que j’apprends le japonais et grâce à ma prof qui me fait réapprendre régulièrement les mêmes règles, je parviens à en mémoriser quelques-unes. Parfois, je me souviens d’avoir déjà étudié une règle, mais je suis incapable de l’utiliser. Alors je réapprends !

Voici l’article dans lequel j’ai surligné ce que je ressasse régulièrement à mes étudiantes ! 🙂

Libre à vous de relever le vocabulaire que vous ne connaissez pas ou connaissez mal.

Richesse et confiance en soi – analyse d’un article

Je suis tombée sur cet article hier et je ne peux pas dire qu’il m’ait énormément surprise. Néanmoins, je trouve le sujet intéressant. Quand je pense au nombre d’idiots que j’ai rencontrés dans ma vie qui occupaient des postes à responsabilité et qui étaient terriblement incompétents et condescendants, je me dis que les résultats de cette étude ont beaucoup de sens !

J’ai mis quelques couleurs dans cet article, mais moins que d’habitude, pour vous expliquer quelque chose. Je vous encourage régulièrement à pratiquer la lecture active, mais je sais que ce n’est pas toujours un exercice facile et qu’il est parfois difficile de trouver le temps. Puis aussi, on ne sait pas toujours par où commencer, comment analyser un texte, sur quoi se concentrer, etc.

Vous n’êtes pas obligé·e de tout analyser. Vous pouvez choisir un point de grammaire spécifique, ou vous pouvez avoir comme objectif de repérer 5 à 10 nouveaux mots ou expressions. Que vous ne connaissez pas ou que vous connaissez mal. Vous pouvez vous concentrer sur les connecteurs. Vous pouvez vous concentrer sur les verbes. Vous pouvez vous concentrer sur les prépositions. Etc.

Avec ce texte, j’ai choisi de me limiter à 3 points :

  • En rose, j’ai surligné les participes présents et un gérondif. Ce sont des formes verbales peu utilisées par mes étudiantes. Elles préfèrent utiliser des pronoms relatifs (ex : les personnes venant = les personnes qui viennent). Pourtant, le participe présent est une forme verbale qui permet d’alléger son style. Le gérondif pose moins de problèmes en général, mais il n’est pas toujours utilisé à bon escient.
  • En bleu, j’ai surligné les articulateurs de discours (connecteurs logiques) et la structure plus…, plus…, sur laquelle mes étudiantes font régulièrement des erreurs (car elles traduisent la structure de leur langue maternelle en générale).
  • Et j’ai souligné du vocabulaire, pour la plupart des combinaisons de mots qui fonctionnent souvent ensemble et sur lesquelles je vais m’étendre un peu plus après le texte.
  • classe sociale élevée : avec le mot “classe” vous trouverez également la classe ouvrière, la classe populaire, la classe moyenne, la classe supérieure, …
  • étude menée sur… et publiée dans… : c’est ainsi que l’on présente une étude – elle est menée sur un certain nombre de personnes et elle est publiée dans un journal
  • à tort : utilisez-vous cette expression ? Mes étudiantes ont plutôt tendance à utiliser le verbe “se tromper“. Par exemple : je me suis trompée car je croyais qu’on accordait avec le sujet = j’ai cru à tort qu’on accordait avec le sujet. On retrouve à tort, dans des expressions telles que à tort ou à raison, à tort et à travers, etc.
  • engendrer : une autre façon de dire créer, produire, causer, entrainer, etc.
  • excès de confiance en soi : quand on a trop confiance en soi, on parle d’un excès de confiance en soi. À l’inverse, quand on n’a pas assez de confiance en soi, on parle d’un manque de confiance en soi.
  • un entretien d’embauche : expression souvent ignorée. J’entends régulièrement parler d’entrevue de travail. Quand vous avez “a job interview“, en français, c’est un entretien d’embauche !
  • sures d’elles : je suis sure de moi, tu es sure de toi, il est sûr de lui, elle est sure d’elle, on est sûr de soi, etc. Êtes-vous sûr·e de vous ? Quand on est sûr de soi, on a confiance en soi, on ne doute pas.
  • de tels résultats : je ne crois pas avoir lu une telle formule dans les écrits de mes étudiantes récemment. Pourtant, c’est une bonne formule ! Je n’ai aucun doute que mes étudiantes avancées comprennent toutes ce que ça veut dire, mais elles ne sont pas sures d’elles quand il s’agit de l’utiliser. (= such results)
  • une perception faussée : notre perception peut être correcte, exacte, juste, aigüe, etc., mais elle peut être aussi floue, biaisée, déformée, tronquée, erronée, c’est-à-dire faussée.

Journaliste et féministe tuée

J’essaie de sélectionner des articles plutôt rigolos d’habitude, mais cette semaine, il y a eu beaucoup de nouvelles plutôt terribles pour les femmes, et je ne parlerai pas du retour en arrière des Etats-Unis en ce qui concerne l’avortement (bien que cela me rende furieuse) mais du premier article que j’ai lu, qui parlait d’une femme assassinée en plein jour et même si je ne la connaissais pas et n’avais jamais entendu parler d’elle auparavant, ça m’a fait beaucoup de peine. Les raisons de son meurtre ne sont pas très claires à la lecture de l’article, mais il semble vraisemblable que son activisme féministe y soit pour quelque chose.

Je ne vais pas commenter l’article, il parle de lui-même. Mais j’ai fait un peu de surlignage pour vous guider dans une lecture active de ce texte : en rose, les verbes conjugués ; en vert, les verbes à la voix passive ; en jaune, les participes passés qui ne sont pas accompagnés par un auxiliaire ; en bleu, les connecteurs logiques; en gris, des prépositions, pour attirer votre attention sur leur utilisation : observez bien comment elle sont utilisées, ce qu’elles veulent dire, quel verbe elles accompagnent quand elle font partie d’une construction verbale. J’ai aussi souligné quelques mots ou expressions que vous comprenez probablement, mais est-ce que vous les utilisez vous-mêmes ? Est-ce que la combinaison provoquer + l’indignation vous vient naturellement ? Est-ce que quand vous pensez à un sujet d’actualité dont tout le monde parle, vous pensez à l’expression au cœur des préoccupations ?

Ce n’est pas grave si vous ne retenez pas tout après avoir analysé un article, mais si vous parvenez à retenir certains points, à comprendre comment fonctionne un verbe, une structure, etc., vous enrichissez votre connaissance de la langue et c’est très bien !

Un pigeon hors-la-loi

Hier, je suis tombée sur cet article du Point que j’ai trouvé assez amusant. Il est court, mais il contient un peu de vocabulaire que vous ne connaissez peut-être pas.

En jaune, j’ai surligné les différentes façons utilisées par le/la journaliste pour désigner le pigeon. En bleu, j’ai surligné des expressions, des collocations, ou autrement dit, des combinaisons de mots communes.

  • se faire flasher pour excès de vitesse : se faire prendre en photo par le radar parce qu’on allait trop vite sur la route. Quand le radar prend la photo, il y a un flash. On se fait donc flasher.
  • une amende (à ne pas confondre avec une amande, qui est un fruit à coque) : on remarque dans le texte que l’on peut écoper d’une amende (= recevoir une amende) et s’acquitter d’une amende (= payer son amende)
  • passer entre les mailles du filet : échapper à la loi, à une obligation
  • à ses dépens : au détriment de, par une expérience douloureuse
  • relatent nos confrères : quand des journalistes se servent du travail d’autres journalistes pour rapporter une information, ils écrivent parfois cela (= disent nos collègues)
  • la loi est formelle : on dit ceci quand on veut dire que la loi est claire et précise sur un sujet et que ce n’est pas la peine de la remettre en question.
  • une situation kafkaïenne : une situation qui rappelle l’atmosphère absurde et oppressante des romans de Kafka. Dans ce cas, surtout absurde !
  • rappeler qqn à l’ordre : dire à qqn ce qu’il convient de faire dans une situation donnée
  • relayer une image : retransmettre, diffuser une image
  • en vain : je suis sûre que vous comprenez cette expression mais l’utilisez-vous parfois ?

Pour ce qui est des expressions utilisées pour parler du pigeon, le ton se veut humoristique. Un contrevenant est une personne qui ne respecte pas les règles, la loi. Si on lui ajoute des plumes, il est évident qu’on ne parle plus d’une personne mais probablement d’un type d’oiseau. Un piaf est un mot argotique, familier, qui désigne un petit oiseau. L’adjectif impétueux donne un ton cocasse à cette description.

Trouver du sens au travail

J’adore mon travail et pour moi, il a énormément de sens. Mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. J’ai des amis qui n’aiment pas leur travail, qui y vont chaque jour à reculons et pour qui c’est une énorme source de stress. Mais ils n’ont pas le choix car le chômage n’est pas une alternative souhaitable, surtout quand on a plusieurs bouches à nourrir.

Moi, je n’ai personne qui dépend de moi et je n’ai pas à m’inquiéter de nourrir qui que ce soit. Mon mari a également un emploi. Nous n’éprouvons pas le besoin de vivre une vie luxueuse et par conséquent, on peut tous les deux exercer un emploi qui nous rend heureux, même si on ne sera jamais millionnaires.

Cette semaine, mon téléphone m’a suggéré de lire un article dans lequel le journaliste expliquait qu’un Français sur cinq ne trouvait aucun sens ni aucune utilité à son travail. J’avais déjà écouté un podcast sur ce sujet en anglais que j’avais trouvé intéressant mais aussi un peu triste et l’article ne m’a pas vraiment appris quoi que ce soit de nouveau, mais je me suis dit que j’allais le partager ici car il y a beaucoup de vocabulaire en relation avec le travail. L’article original, paru dans le Figaro le 29 avril, peut être trouvé ici.


https://amp.lefigaro.fr/decideurs/emploi/un-francais-sur-cinq-ne-percoit-ni-le-sens-ni-l-utilite-de-son-emploi-20190429

Il est probable que vous comprenez tout. Mais est-ce que vous utiliseriez de vous-même tout ce qui est surligné ? Il y a les mots individuels, mais il y a aussi les mots qui fonctionnent ensemble, tels que “mobilité géographique”, “conditions de travail favorables”, “sécurité de l’emploi”, etc.

Pour développer votre vocabulaire autour du travail, vous pouvez lire plusieurs articles sur ce thème, il y en a plein sur Internet, et vous amusez à repérer le vocabulaire employé par les journalistes. Vous remarquerez peut-être que c’est souvent le même qui revient. Et plus vous vous en imprégnez, plus vous serez susceptible de le réutiliser. Écrivez vous-même, parlez de travail, faites en sorte que ce vocabulaire s’installe dans votre mémoire!

Pour ce qui est de la phrase soulignée dans le texte, elle est grammaticalement incorrecte – l’aviez-vous remarqué ? J’ai aussi corrigé quelques petites coquilles.

Le phénomène des “Tanguy” – analyse d’un article

Cette semaine est sortie en France la suite d’un film qui avait été très populaire en 2001, à part peut-être chez les garçons et les hommes du nom de Tanguy. En 2001, Tanguy avait 28 ans, il vivait encore chez ses parents, qui n’en pouvaient plus de sa présence et commençaient à perdre la raison petit à petit. Ils ne savaient plus quoi inventer pour le pousser à partir, mais lui n’en avait absolument aucune envie ! J’avais beaucoup aimé ce film que j’avais trouvé très drôle.

Tanguy 2 est maintenant dans les salles en France, et vous pouvez voir la bande-annonce sur YouTube si vous le souhaitez.

Je ne vais pas discuter les “Tanguy” aujourd’hui, mais vous montrer comment vous devriez procéder quand vous lisez un texte en français, à partir d’un article de France Info qui mentionne le film pour ensuite parler de la triste réalité de certaines personnes qui ont dû retourner vivre chez leurs parents alors qu’elles avaient plus de 40 ans.

En lisant cet article, il est fort possible que vous compreniez tout. Même si vous n’êtes pas certain du sens de certains mots, dans le contexte, vous les comprenez. Et vous pourriez vous arrêtez là et vous dire que vous avez lu un article en français et que ça suffit pour aujourd’hui, c’est déjà pas mal. Mais vous en retirez quoi au niveau linguistique ? Que va-t-il vous rester ? Allez-vous mémoriser les mots que vous comprenez dans le contexte mais n’avez jamais prononcés vous-même ? Serez-vous capable d’écrire ainsi vous-même juste parce que vous avez lu cet article en 2 minutes ?

Il y a souvent, et par souvent je veux dire toujours, un décalage entre ce que l’on comprend d’une langue étrangère et ce que l’on est capable de produire nous-même. Si l’on ne passe pas plus de temps à analyser ce que l’on reçoit de la langue, on va avoir plus de mal à l’écrire et la parler avec une grammaire irréprochable et un vocabulaire élaboré, à combiner les mots de manière naturelle, à choisir le vocabulaire approprié pour chaque situation, etc.

Comme je le répète régulièrement, recevez la langue aussi activement que possible !

Dans le texte ci-dessous, j’ai relevé les verbes conjugués (en rose), les participes passés utilisés sans auxiliaire (en jaune), d’autres formes verbales (en vert, un participe présent et un infinitif passé), les articulateurs du discours (en bleu), des mots individuels et des groupes de mots (soulignés) et des prépositions qui suivent un verbe (en rouge dans le texte). Selon vos besoins, vos priorités, et le temps dont vous disposez, vous pouvez relever plus ou moins d’éléments.

trouvé sur : https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/on-se-dit-qu-on-a-rate-sa-vie-le-difficile-retour-des-tanguy-chez-leurs-parents-apres-40-ans_3241933.html
  • On peut remarquer la variété des verbes et les différents temps et modes utilisés : présent, imparfait, passé composé, plus-que-parfait, conditionnel, subjonctif, passif.
  • On peut vérifier si l’on comprend bien l’accord des participes passés et comment ils sont utilisés quand ils n’accompagnent pas un auxiliaire.
  • On peut analyser l’utilisation du participe présent (qui pourrait être remplacé par une relative dans ce cas) et de l’infinitif passé (à la suite de “après“)
  • On peut observer les articulateurs logiques, en particulier jusqu’à ce que, suivi du subjonctif.

Et on observe le vocabulaire attentivement !

  • dégager : Connaissez-vous le sens ? Savez-vous à quel registre ce mot appartient ? Sauriez-vous l’utiliser vous-même ?
  • lâcher : Dans ce contexte, que veut-il dire ? Quel est le registre ?
  • excédé : Ne veut pas dire “exceeded” dans ce contexte
  • le film éponyme : Formule très utilisée dans les articles parlant de films et de livres
  • un long-métrage : Savez-vous ce que c’est exactement ? L’avez-vous déjà utilisé ?
  • l’illustration : Oui, vous savez ce que ça veut dire, mais sauriez-vous l’utiliser de cette façon ?
  • quitter le cocon familial : Combinaison de mots très commune
  • un fiston : Synonyme de quel mot ? Registre ?
  • encombrant : Adjectif verbal. Synonyme de quels autres adjectifs ?
  • en salles : Formule très utilisée quand on parle de cinéma et de sorties de films
  • cocasse : Synonymes ?
  • souffler : Tout comme lâcher, vous connaissez ce verbe. Mais l’avez-vous déjà utilisé pour signifier ce qu’il veut dire ici ?
  • une galère : Synonymes ? Registre ?
  • un arrêt maladie : Expression figée, pas besoin de “de” pour les connecter. On observe aussi qu’on est en arrêt maladie pour + NOM (la raison de l’arrêt)
  • un licenciement : Synonymes ?
  • une spirale infernale : Combinaison de mots commune
  • cumuler : Ce mot revient plusieurs fois, est-il clair ?
  • acculé : Il est possible que vous ne connaissiez pas ce mot. Que faites-vous ? Vous le cherchez dans le dictionnaire ! Et vous essayer de faire des phrases avec !

Etc.

Si vous travaillez au niveau C, il est impératif que vous travailliez ainsi si vous visez une réelle maîtrise de la langue. Personne ne parle parfaitement à tout instant, même pas les natifs, mais on peut s’approcher de la perfection en étant appliqué, méthodique et actif dans son apprentissage.

Les épreuves écrites du DALF C2

Comme pour les épreuves orales, les épreuves écrites sont réunies en une seule épreuve, qui dure 3 heures et 30 minutes. 😲 Si vous n’êtes pas découragé par ce petit détail , continuez donc à lire !

Là encore, vous avez le choix entre Lettres et Sciences Humaines (exemple de sujet ici ) et Sciences (exemple de sujet ici). Quel que soit le domaine que vous choisissez, deux sujets vous seront proposés et vous pourrez choisir celui que vous préférez.

La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas de synthèse à écrire ! Comme la plupart des candidats au C1 ont l’air de détester la synthèse, je pense vraiment que c’est une bonne nouvelle, non ?

Pour le C2, vous devez écrire un seul texte, de 700 mots minimum. Ce texte sera un essai argumentatif que vous devrez construire à partir d’un dossier de documents divers (textes, graphiques, images). Cet essai pourra prendre la forme d’une lettre formelle, d’un article ou autre.

Dans la consigne, il vous sera indiqué quel rôle à tenir. Dans les exemples proposés sur le site du CIEP, vous êtes soit un parent d’élève qui doit rédiger un article pour le bulletin de l’association dont vous faites partie, soit un étudiant qui doit rédiger un article pour une publication de votre université, dans les sujets de LSH, et vous êtes soit étudiant en sciences technologiques qui doit envoyer une contribution à une revue scientifique, soit ancien employé d’une société qui doit envoyer un article à un magazine scientifique, dans les sujets de Sciences. Dans les 4 sujets, on vous demande d’adopter un style approprié et un ton convaincant.

Vous devez absolument utiliser les documents du dossier pour construire votre argumentation et vous devez également ajouter des arguments personnels.

Si vous décidez de passer le C2, j’aime à penser que vous avez le niveau. Donc, en 3h30, il suffit de bien vous organiser. Vous pouvez passer la première heure, voire 90 minutes, à analyser les documents, relever les idées essentielles, les mots-clés, etc et à faire un plan détaillé qui répondra au sujet – dans lequel vous aurez inclus des idées personnelles. Il vous reste ensuite 2h / 2h30 pour rédiger votre texte et vous relire. Il faut que votre écrit soit clair, précis, bien articulé et montre un degré elevé de maîtrise de la langue française et de ses nuances.

Tout à fait faisable ! 😁