Un cafard du nom de votre ex

Vous avez peut-être déjà entendu cette information insolite à l’approche de la Saint-Valentin, que vous viviez aux États-Unis ou non. J’ai trouvé ce court article dans Courrier International, traduit d’un article de CNN, qui vous amusera peut-être si vous n’en aviez pas entendu parler.

Personnellement, je ne suis pas sure que j’aurais participé si j’avais été dans le coin, mais l’idée m’amuse beaucoup. Je ne fête pas la Saint-Valentin, tout comme je ne fête pas les autres fêtes commerciales dont le seul but est de nous faire consommer et dépenser de l’argent, mais pour 5 dollars, j’aurais peut-être hésité à y prendre part cette fois-ci. J’aurais choisi d’imaginer que le cafard était une personne bien pire qu’un de mes ex par contre.

L’article est court, et donc idéal pour une petite analyse rapide. J’ai mis plusieurs éléments en évidence : en rose, les de, du et des (article indéfini ? article partitif ? préposition ?) en vert les prépositions pour, par et en (observez comment elles sont utilisées, quel est leur rôle dans la phrase, quel nom elles précèdent, etc.) en jaune, le pronom complément en (que remplace-t-il ?) et en rouge, des structures verbales. Comment les comprenez-vous ? Font-elles partie de votre vocabulaire actif ?

Bonne analyse !

Les tests génétiques

Avez-vous déjà fait ou pensé à faire un test génétique ? Moi pas, mais je dois avouer que j’aimerais bien. J’aimerais tellement qu’on me dise que j’ai des ancêtres japonais, même si je crois que les chances sont très minces.

Je n’ai jamais sérieusement réfléchi à ce sujet, mais en lisant cet article, je me suis mise à penser qu’il y avait un véritable enjeu de santé dans ces tests. À travers des documentaires et des lectures, j’ai appris par exemple que les personnes noires avaient plus de chance d’être intolérantes au lactose que les blanches. Je sais aussi grâce à mon mari et à une amie chinoise que notre corps ne traite pas l’alcool de la même façon si l’on est blanc ou asiatique. Mon mari m’a expliqué les raisons scientifiques, que je me suis empressée d’oublier, mais si lui et mon amie ont des taches rouges sur le corps dès qu’ils ingèrent de l’alcool, c’est une histoire d’enzyme.

Donc, il est assez logique de penser qu’à terme, les tests ADN pourraient aider la recherche et améliorer la santé de tous. Je me demande même pourquoi ce n’est pas quelque chose qui se fait déjà. Mais bon, après avoir lu Invisible Women de Caroline Criado Perez, je me dis que, tout comme la santé des femmes n’est pas au centre des préoccupations de la recherche scientifique et médicale, la santé des personnes non blanches ne doit pas l’être non plus.

Ou peut-être y a-t-il des enjeux financiers ou autres que je ne comprends pas. Peu importe pour aujourd’hui, car je ne vais pas me lancer dans une dissertation scientifique, et que si le sujet vous intéresse, il y a probablement plein d’informations en ligne ou en librairie.

C’est qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de faire une analyse de tous les de, des, du, d’, à, au, aux, du texte suivant, qui est le début d’un article plus long paru dans le journal Les Échos.

C’est un point de grammaire difficile à maitriser, alors plus vous ferez d’analyses, plus vous passerez du temps à observer et à vous interroger, plus ces petits mots grammaticaux auront du sens. Des peut être déterminant indéfini pluriel, mais il peut aussi être la contraction de de et les. Et quoi d’autre ? De peut être préposition, mais il peut aussi être article partitif. Observez, posez-vous des questions et essayez de comprendre l’utilisation de chaque petit mot surligné dans cet article !

DALF : parler d'Internet et de nouvelles technologies

Si vous étudiez pour le DALF, vous savez qu’il vous faut être capable de parler de tout et qu’il faut que vous soyez capable d’en parler en long en large et en travers avec aisance, fluidité, du vocabulaire varié et des structures grammaticales élaborées.

Vous devez parler autrement que quand vous discutez avec vos ami·e·s.

Pour bien vous préparer, il est important que vous lisiez régulièrement et écoutiez la radio ou des podcasts sur des sujets variés. Tout ceci de façon active, bien évidemment.

Sur le thème des nouvelles technologies et d’Internet, vous pouvez trouver des articles sur Slate, le journal du geek, Business Insider, entre autres et écouter des podcasts tels que Le rendez-vous tech (épisodes de 90 minutes), ou Studio 404 (qui n’est plus actif mais dont les 7 saisons sont disponibles à l’écoute).

Quand vous n’avez pas beaucoup de temps, rien de vous oblige à écouter les podcasts en entier ni à analyser les articles dans les moindres détails, mais si vous vous concentrez sur ce sujet pendant quelque temps, et faites un minimum d’analyse, vous remarquerez que le même vocabulaire revient tout le temps, vous vous familiariserez avec les tournures françaises et les problématiques françaises.

Parfois, les étudiant·e·s sont un peu déconcerté·e·s par les problématiques proposées au DALF car ce ne sont pas toujours des sujets auxquels ils et elles avaient beaucoup réfléchi auparavant, et aussi parfois parce que l’approche française est bien différente de celles d’autres pays. Alors plus vous vous familiariserez avec la culture française et la façon qu’ont les Français d’aborder certains thèmes, plus les documents que vous lirez auront du sens et plus vous développerez votre vocabulaire pour en parler !

Ce vocabulaire fait-il partie de votre vocabulaire actif ? :

  • le numérique
  • à l’ère du tout numérique
  • la reconnaissance faciale
  • la protection des données personnelles
  • traiter l’information
  • le ciblage publicitaire
  • les dérives d’Internet
  • les GAFAM
  • l’empreinte numérique
  • la toile

Et quels arguments apporteriez-vous à ces problématiques ? :

  • L’utilisation des réseaux sociaux par les politiques est-elle une bonne chose ?
  • Les élèves de primaire devraient-ils tous avoir une tablette ?
  • Internet doit-il rester gratuit ?
  • La vie était-elle plus simple avant Internet ?
  • Au 21e siècle, est-il nécessaire d’être sur les réseaux sociaux ?

Parties du corps : article défini VS adjectif possessif

Récemment, lors d’un cours, je me suis rendu compte qu’il fallait que je revoie cette règle car s’il est évident pour moi de choisir entre l’article défini et l’adjectif possessif, ce n’est pas toujours évident pour les apprenant·e·s, même les plus avancé·e·s.

En effet, on peut dire je me suis lavé les mains, j’ai lavé mes mains, j’ai mal au genou, mon genou me fait mal, j’ai teint mes cheveux, je me suis teint les cheveux en noir, etc.

Plusieurs choses doivent être prises en considération.

  • Sujet ou objet ?

Si la partie du corps est sujet, on emploie le possessif : mon genou me fait mal, mes yeux sont fatigués, mon nez a pris un coup de soleil… Cependant, souvenez-vous que nous sommes en français et qu’il n’est pas impossible que vous entendiez parfois l’article défini en sujet. Par exemple, si je dis “le genou me fait mal”, il est assez évident que je parle de mon genou, et l’article défini est donc possible. Dans ce cas, les deux sont possibles.

Si la partie du corps est object direct et que la relation de possession est évidente, on utilise l’article défini : j’ai mal à la tête (la mienne), elle a levé la main (la sienne), il a levé les yeux au ciel (les siens)… Il n’y a pas d’ambigüité sur le possesseur.

  • Qui fait l’action sur la partie du corps ?

Que vous fassiez l’action sur votre propre corps ou sur celui de quelqu’un d’autre, il faut utiliser l’article défini, mais quand c’est sur quelqu’un d’autre, vous devez également utiliser un pronom COI : je lui ai touché le bras (le sien), elle m’a attrapé la main (la mienne), il lui a écrasé le pied, etc.

Si vous dites : *J’ai touché le bras, on se demande le bras de qui ? *Elle a attrapé la main, la main de qui ? *Il a écrasé le pied, le pied de qui ?

  • Le nom est-il modifié par un adjectif (ou un équivalent) ?

Si le nom est modifié, il faut utiliser l’adjectif possessif : elle se brosse ses longs cheveux pendant 10 minutes tous les matins, il a écorché son dos musclé en faisant du sport (sans adjectif, on dirait plutôt : il s’est écorché le dos).

On utilisera l’article défini avec les adjectifs droit·e et gauche : il s’est écorché le genou gauche, j’ai mal à la main droite.

On pourrait en dire un peu plus à ce sujet et parler de l’article indéfini qui est également parfois adéquat, mais si vous savez cela, vous en savez déjà beaucoup. Une erreur assez fréquente que font les apprenant·e·s, c’est de calquer sur les structures anglaises et d’utiliser le possessif quand on doit plutôt utiliser le défini.

SANS + nom

La préposition SANS est habituellement directement suivie du nom, sans article entre les deux.

  • Elle m’a répondu sans hésitation.
  • Il travaille sans arrêt, ça va mal finir !
  • Ce prêt est remboursable en 10 mois sans frais.
  • J’aime bien les T-shirts sans manches.
  • On n’accuse pas sans preuve / preuves.
  • Elle réussit tout sans effort / efforts, c’est agaçant !

Le nom qui suit la préposition peut être singulier ou pluriel, cela dépend. Si c’est un concept qu’on ne peut pas compter, ou un objet que l’on peut compter mais qui est unique, on utilisera le singulier. On emploiera le pluriel si le nom renvoie à plusieurs éléments. Dans l’exemple du T-shirt, on sait qu’un T-shirt a deux manches ; on utilise donc le pluriel. Parfois, on peut choisir, comme dans les deux derniers exemples, selon que l’on considère qu’une preuve serait suffisante et l’effort un concept non comptable ou qu’il faudrait plusieurs preuves et que l’on peut quantifier les efforts. On peut très bien dire à quelqu’un de faire un effort ou de faire des efforts.

L’erreur que j’observe le plus souvent n’est cependant pas liée au singulier ou au pluriel du nom, mais au fait que les apprenant·e·s emploient un article, généralement indéfini, devant le nom. On ne peut pas dire que l’on aime *les T-shirts sans des manches.

Tendance

Je ne veux pas parler de mode, mais de propension. Mes étudiantes se trompent fréquemment quand elles parlent de tendance car elles calquent leur français sur la structure anglaise, alors qu’il y a une petite différence. En anglais, you have the tendency to do something. En français, on a tendance à faire quelque chose. Vous voyez la différence ?

  • J’ai tendance à penser que les hommes qui n’aiment pas les femmes sont dangereux.
  • Il a tendance à ronfler quand il dort sur le dos.
  • Elle a tendance à rougir quand elle doit s’exprimer en public.

Par contre, on dira :

  • Il a une fâcheuse tendance à s’énerver dès qu’on le contredit.
  • J’ai une légère tendance à arrêter d’écouter mon mari quand il parle de sciences plus de cinq minutes.
  • Il a une tendance prononcée à penser qu’il a toujours raison.

En conclusion, l’expression c’est “avoir tendance à“, sans article entre avoir et tendance, mais quand tendance est accompagné d’un adjectif, placé devant (antéposé) ou derrière (postposé), on utilise l’article.

Prononcer UN et UNE devant une voyelle

Quelque chose que j’entends très souvent, c’est UN prononcé comme UNE quand il précède une voyelle. Mais on ne devrait jamais entendre le <u> dans un, seulement dans une. C’est assez commun qu’une étudiante me raconte une histoire et qu’elle me parle d’un ami ou d’une amie et que je sois confuse car elle prononce une amie, puis dit “il” pour parler de cette personne. Alors je ne sais pas si c’est une erreur de prononciation ou une erreur de pronom et je dois demander

Voilà comment vous devriez prononcer :

  • un ami = un na mi /ɛ̃nami/
  • une amie = u na mi /ynami/
  • un inconnu = un nin co nu /ɛ̃nɛ̃kony/
  • une inconnue = u nin co nu /ynɛ̃kony/
  • un enfant = un nen fan /ɛ̃nãfã/
  • une enfant = u nen fan /ynãfã/

Dans UN, il y a un seul son : /ɛ̃/. Avec UN, on entend toujours un son nasal et on fait la liaison avec le mot suivant qui commence par une voyelle, ce qui veut dire que l’on ajoute un son : ici, le son /n/. C’est comme si le mot suivant commençait par un n.

Dans UNE, il y a deux sons : /yn/. Avec UNE, il n’y a jamais de son nasal et on fait un enchaînement avec le mot suivant qui commence par une voyelle. On n’ajoute aucun son mais on combine les deux mots. Le son de la lettre u, /y/, se prononce seul et le /n/ devient le premier son de la syllabe suivante.

Entraînez-vous à lire cette liste : un éléphant, une étudiante, un abricot, un oiseau, une étoile, une imitation, un immigrant, une échelle, un arbre, un écureuil, un infirmier, une orange, une utilisatrice, une oratrice

Article défini VS article indéfini

C’est un point de grammaire qu’on apprend en première année de français, et pourtant, il arrive que les étudiants de niveau avancé ne le maîtrisent pas. Surtout au pluriel ! Je corrige régulièrement des erreurs entre les et des.

En anglais, l’article n’est pas toujours nécessaire au pluriel, et je pense que la confusion vient de là.

Voici quelques exemples que j’ai relevés dans des écrits d’étudiants, qui font par ailleurs peu d’erreurs :

  • *durant des années précédentes, on a vu…
  • *les pays qui ont les institutions supérieures reconnues…
  • *les universités qui peuvent offrir les expériences intéressantes…
  • *je lis les livres en français tous les jours

Ce que je remarque le plus souvent, c’est les utilisé à la place de des, mais comme on peut le voir dans le premier exemple, l’inverse arrive aussi.

En anglais, on dirait : during the last few years, countries that have well-known universities, universities that can provide interesting experiences, I read books in French

Dans le premier exemple, on sait de quelles années on parle : celles qui ont précédé. On ne parle pas de quelques années aléatoires, mais on parle précisément de celles qui ont précédé. Il faut donc utiliser l’article défini.

Dans les trois exemples suivants, on pourrait remplacer l’article par quelques. En anglais, on pourrait ajouter some. On ne parle pas d’institutions supérieures en particulier, ni d’expériences en particulier. Dans le dernier exemple, on ne sait pas de quels livres on parle. Ce n’est pas défini. Il faudrait donc utiliser l’article indéfini des dans ces trois cas.

Quelques exemples corrects :

  • Durant des années, j’ai cru qu’il était qu’il était peintre. Mais il est sculpteur. (on ne sait pas précisément de quelles années on parle : quelques années à un certain moment dans le passé)
  • Durant les années qui ont précédé sa naissance, j’ai beaucoup voyagé. (on sait de quelles années on parle : celles qui ont précédé sa naissance)
  • Les pays qui ont les institutions supérieures les plus reconnues sont en majorité anglophones. (on sait de quelles institutions on parle : celles qui sont le plus reconnues)
  • Les pays qui ont des institutions supérieures reconnues sont des pays riches. (on ne sait pas exactement de quelles institutions on parle)
  • Je lis le livre que tu m’as prêté. (on sait de quel livre on parle : celui que tu m’as prêté)
  • Je lis un livre très intéressant. (on ne sait pas précisément de quel livre on parle)

Si vous savez que vous avez des problèmes avec les articles, essayez d’analyser vos erreurs et de prendre le temps de réfléchir quand vous les utiliser, sans vouloir aller trop vite. Ce n’est pas un point de grammaire difficile, mais si vous faites l’erreur depuis des années, il faudra probablement un peu de temps avant d’arrêter de la faire.

Comment enrichir son vocabulaire en lisant

Si vous lisez mon blog, vous avez probablement un niveau de français déjà assez avancé. Vous avez peut-être réussi le DELF B2.  Quand on arrive à ce niveau, quand on est capable de bien communiquer, qu’on arrive à comprendre ce qu’on entend à la radio, qu’on arrive à suivre les films sans sous-titres, qu’on peut lire des livres entiers sans avoir recours au dictionnaire en permanence, c’est un niveau vraiment confortable et agréable. Mais il y a toujours des mots qui nous manquent pour exprimer ce qu’on veut vraiment dire. Il y a beaucoup de mots qu’on ne comprend pas dans une émission de radio ou un film, mais comme il y en a tellement plus qu’on comprend, ça nous permet de comprendre l’idée générale sans forcément saisir les détails. Pareil quand on lit. De temps à autre, plus souvent qu’on aimerait, on tombe sur un mot qu’on ne connaît pas. Mais le contexte nous permet de deviner son sens. Et c’est tellement ennuyeux de sortir le dictionnaire à chaque mot inconnu qu’on préfère supposer sans vérifier.

Et pourtant, si l’on ambitionne d’atteindre un jour le niveau C2 et non pas de stagner au niveau B2, tout respectable qu’il soit, il est nécessaire d’être plus actif dans sa pratique du français. 

J’aime lire. Je lis pour le plaisir. Je lis surtout en anglais, beaucoup en français, un peu en espagnol, plus rarement maintenant en italien et j’attends avec impatience d’être capable de lire en japonais et en thaï. Quand je lis sur Kindle, c’est pratique pour chercher le sens d’un mot nouveau. Il y a juste à cliquer et la définition ou la traduction apparaît. Mon vieux Kindle a un “vocabulary builder“. Quand j’ai commencé à lire en espagnol, j’ai décidé de lire Harry Potter car je connais l’histoire par cœur et ça m’évitait d’avoir à galérer pour comprendre l’histoire. Mais évidemment, il y avait plein de mots que je ne connaissais pas. Des mots tout simples comme moustache, trottoir, hibou, oser (celui-là revenait souvent mais il m’a fallu une éternité pour le retenir), inquiet, balai, coup de pied, chaussette, etc. Sans le Kindle, ça aurait été difficile. Je mettais les mots nouveaux dans le “vocabulary builder”, avec l’intention d’y retourner et de les étudier. J’avais même commencé à les noter dans un cahier. Mais au final, il y en avait trop, et je lisais plus vite que j’écrivais et j’ai abandonné l’idée de les étudier. Je me suis dit qu’à force de vivre en Espagne et d’entendre de l’espagnol tout le temps, je finirais bien par les apprendre tous ces mots. Mais ce qui s’est vraiment passé, c’est que je n’ai jamais fait l’effort d’être vraiment active dans mon apprentissage. J’ai probablement atteint un niveau B2 au bout de 3 ans, mais même pas un très bon niveau B2. Ma grammaire est bancale, mon vocabulaire est pauvre. Je comprends beaucoup plus que je suis capable de produire et si je ne m’y remets pas bientôt, mon niveau va continuer à baisser. 

Mes étudiants sont demandeurs de lecture pour la plupart. Beaucoup lisent en français. Certains ont un niveau quasi-natif en compréhension. Mais il y a souvent un petit déséquilibre avec la production. On travaille avec du matériel qui permet d’enrichir son vocabulaire et qui vise à pousser les étudiants à utiliser des structures variées. Mais avec une ou deux heures de cours par semaine, le progrès sera lent et cela prendra des années pour passer du B2 au C2 si l’on ne fait rien en français en dehors des cours. 

C’est difficile de savoir où commencer pour enrichir son vocabulaire. Cela paraît une tâche si vaste. Une langue contient tellement de mots ! Et si on y réfléchit, on peut être tout à fait fonctionnel sans les connaître tous. Mais on passera à côté de beaucoup de choses si on se cantonne au niveau B2. 

J’adore être capable de tout comprendre en anglais. Je comprends les subtilités, je comprends l’humour (presque toujours), je peux tout lire, tout regarder, tout écouter (même si parfois j’ai du mal à comprendre mon mari au téléphone avec son accent trop British!). Cela m’ouvre à tout un monde que je ne connaîtrais pas si je n’avais pas ce niveau. Mais c’est quelque chose que je travaille tous les jours depuis 16 ans, et avant ça, je l’avais étudié avec passion pendant 15 ans. Je tombe encore régulièrement sur des mots que je ne connais pas. Quand mes amis anglophones utilisent un mot que je ne connais pas, je leur demande de me l’expliquer. Quand je lis, je recherche la définition. 

Mais à mon niveau, c’est facile de procéder comme ça. Par contre, si je voulais atteindre le même niveau en espagnol, cela me demanderait beaucoup plus de temps et de méthode. 

Et c’est mon conseil du jour, pour tous les étudiants qui ont un niveau B2 ou C1 et qui ambitionnent d’atteindre le C2 un jour : procédez méthodiquement ! Fixez-vous des objectifs raisonnables à atteindre ! Soyez réalistes ! Si vous mettez la barre trop haut, c’est le meilleur moyen de ne jamais atteindre vos objectifs parce que vous avez tous une vie et je doute que qui que ce soit n’ait rien d’autre à faire de ses journées que d’étudier le français. On vit une époque étrange, où on est constamment sollicité de tous les côtés. C’est dur de rester concentré et d’aller au bout de ses objectifs, surtout quand cet objectif est de parler une langue étrangère comme un natif. 

Alors quand vous lisez en français et que vous prenez plaisir à lire, ne gâchez pas votre plaisir en passant votre temps à ouvrir le dictionnaire (ou à culpabiliser parce que vous ne le faites pas). Mais pendant 5 minutes, chronomètre en main, obligez-vous à noter tous les mots et structures que vous ne connaissez pas ou que, même si vous les comprenez, ne sont pas des mots ou structures que vous utiliseriez de vous-même parce que vous n’êtes pas à l’aise avec le sens exact ou tout simplement parce que vous connaissez des synonymes et des façons de dire plus simples. 5 minutes seulement. A chaque fois que vous lisez. Cela peut paraître peu, mais on peut relever un tas de mots nouveaux ou mal maîtrisés en 5 minutes quand on est au niveau B2. 

Après, selon vos goûts personnels, vous pouvez noter tout dans un cahier ou vous faire des flashcards. Pour ça, je recommande cette appli. Lisez un minimum de 5 minutes par jour. On dit tout le temps qu’on n’a pas le temps de faire ceci ou cela (j’ai souvent été coupable de ça), mais franchement, qui n’a pas le temps de prendre 5 minutes par jour ? Personnellement, j’en passe beaucoup plus à faire des choses inutiles (au lieu de faire du thaï et du japonais) et je ne suis même pas sur les réseaux sociaux !

Ensuite, il faut vous forcer à utiliser les nouveaux mots et les nouvelles structures. Même si vous n’êtes pas trop sûr. Faire des erreurs vous permettra de mieux apprendre ! Parlez avec vos amis français, vos profs, les francophones que vous rencontrez en voyage…

Si vous n’avez pas le temps de lire des livres, vous pouvez lire des articles. Un par jour. Le français est la quatrième langue sur Internet, il y a de quoi faire ! Pour consolider vos connaissances dans un domaine, vous pouvez choisir de lire exclusivement des articles politiques pendant un temps. Vous remarquerez que le vocabulaire utilisé est souvent le même. Puis passez aux articles sur l’environnement. Revenez ensuite à la politique pour vérifier que vous vous souvenez du vocabulaire. Essayez le sport. Revenez à l’environnement. Puis essayez l’art. Etc. Voir un mot nouveau une seule fois, ça ne suffit pas. Il faut le voir, le comprendre, le revoir, l’utiliser, le réutiliser, le tester de différentes façons. 

Tout ceci prend du temps, mais c’est tellement gratifiant quand on réalise que ça y est, on y est arrivé !! 

Si vous voulez vraiment atteindre un niveau natif, vous y parviendrez, mais il faut y travaillez avec régularité, méthode et patience !