Oscar et la Dame rose

J’ai lu ce livre pour la première fois il y a très longtemps. J’étais en vacances en France chez une amie et elle me l’avait recommandé. C’est un tout petit livre et je l’avais lu sur son canapé très rapidement. Et j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps. Je n’en ai pas voulu à mon amie, elle m’avait prévenue.

Je viens de le relire et j’ai encore pleuré comme une madeleine. Mais j’ai aussi beaucoup souri.

C’est l’histoire d’un petit garçon de 10 ans, malade d’un cancer, en phase terminale. Il est à l’hôpital, où il a des copains, atteints de maladies diverses. Il se lie d’amitié avec une vieille dame qu’il appelle Mamie-Rose, qui lui raconte qu’elle était catcheuse professionnelle et lui conseille d’écrire à Dieu pour se soulager et se sentir moins seul. Il ne croit pas en Dieu, mais il se laisse convaincre et le livre est une succession de lettres d’Oscar à Dieu. Elles sont drôles et émouvantes à la fois.

Si le thème ne vous effraie pas, je vous recommande vivement de lire ce livre. Préparez des mouchoirs quand même, au cas où. Il se lit d’une traite, même à travers les larmes. En plus, il est plein de vocabulaire intéressant. Voici le début :

Connaissez-vous le plus grand des voleurs…

… qui est aussi un gentleman cambrioleur ?

Je veux parler d’Arsène Lupin. Je pensais qu’il existait vraiment quand j’étais petite. Je le voyais à la télé et j’espérais que toutes ces histoires étaient vraies, tellement je trouvais ce personnage fascinant.

Mais c’était seulement un personnage sorti de l’imagination de Maurice Leblanc au début du 20ème siècle.

Il était charmant, charmeur, beau parleur et terriblement intelligent. Il se déguisait et changeait d’identité pour arnaquer les gens qui n’y voyaient que du feu.

Si ça vous dit de lire ses aventures, elles sont disponibles en ligne et les chapitres sont courts. Très bon pour pratiquer la lecture active. Ne vous arrêtez pas trop sur le passé simple et l’imparfait du subjonctif. L’essentiel est de les comprendre, et c’est bien si vous savez les identifier, mais vous n’avez pas vraiment besoin de savoir les utiliser (sauf si vous avez un projet spécifique qui implique une connaissance parfaite du français, jusqu’à l’imparfait du subjonctif !)

https://bibliothequenumerique.tv5monde.com/livre/88/Arsene-Lupin-gentleman-cambrioleur

Et voici une chanson sur ce cher Arsène :

Le misanthrope

On dit de l’anglais que c’est la langue de Shakespeare. En tout cas, c’est ce qu’on dit en France. Je suis en train de me demander si les anglophones le disent aussi, en fait ! De même, on appelle le français la langue de Molière. Connaissez-vous Molière ? 

J’ai essayé de lire Shakespeare en version originale et disons que j’ai vite abandonné ! J’aime beaucoup les pièces que j’ai lues de lui pourtant. J’ai lu Macbeth quand j’avais 12 ans (traduit en français évidemment) et si je ne me souviens pas de tout en détail, je me souviens très bien de la noirceur de l’histoire et de ma fascination. J’avais l’impression d’avoir lu un livre interdit. Plus tard, j’ai lu Shakespeare en anglais, mais en anglais moderne et j’ai aimé tout ce que j’ai lu et vu au théâtre. Et même au cinéma en fait. 

Molière, c’est un autre genre, il écrivait surtout des comédies, mais c’est presque aussi vieux que Shakespeare. Il est né 6 ans après la mort de Shakespeare. Son oeuvre date donc du 17ème siècle. J’ai étudié plusieurs de ces pièces au collège et j’ai eu une période un peu obsessive pendant laquelle j’adorais regarder des vidéos de pièces de théâtre (en VHS, Youtube n’existait pas encore). La première pièce que j’avais étudiée, c’était Le Malade Imaginaire. Je trouvais l’histoire vraiment drôle et le ridicule des personnages me fascinait : un hypocondriaque chronique, une femme qui attend sa mort pour hériter, des médecins profiteurs… La servante était mon personnage préféré car elle voyait les gens pour ce qu’ils étaient vraiment. Après cette pièce, j’ai adoré lire et voir L’avare, Les Précieuses Ridicules, Les Femmes Savantes, Le Tartuffe, Le Misanthrope, et bien d’autres. 

Je ne dirais pas que les pièces de Molière sont très faciles à lire pour un étudiant de français langue étrangère. Il y a beaucoup de structures de phrases et de vocabulaire qui ne sont plus en usage aujourd’hui. D’ailleurs, après avoir lu certains commentaires de collégiens et/ou lycéens français en ligne, sur les sites parlant des pièces, je pense pouvoir affirmer que beaucoup de jeunes Français ont du mal à comprendre ce qu’ils lisent. Toutefois, je ne pense pas que ce soit si difficile que ça. Les pièces ne sont pas très longues et on n’a pas besoin de comprendre tous les mots pour parvenir à comprendre l’histoire. On peut pratiquer la lecture active de temps à autre et relever de nouveaux mots, mais l’intérêt de Molière est aussi culturel. Ces pièces nous donnent un aperçu des mentalités françaises et des mœurs du XVIIe siècle et nous permet de réfléchir à l’évolution des sociétés. Et du langage.

Un de mes personnages favoris de Molière est Alceste, le misanthrope, qui aime à dénoncer l’hypocrisie des gens qui l’entourent. Cette pièce est écrite en vers. Vous pouvez télécharger le livre ici, légalement et gratuitement. En voici un extrait :

Extrait Acte I, scène I

Beaucoup de pièces de Molière sont disponibles sur YouTube aussi, en entier. J’ai jeté un œil aux vidéos du Misanthrope, mais bof, je ne suis pas convaincue par les interprétations. Je me suis fait une idée d’Alceste dans ma tête et aucun des acteurs ne me plaît. Dans cette pièce filmée en noir et blanc, j’aime assez le jeu de l’acteur, mais pour moi, il n’a pas le physique d’Alceste ! 

L’analphabète

C’est un récit autobiographique d’Agota Kristof, une Hongroise contrainte de quitter son pays en guerre en 1956, occupé par l’armée soviétique. Après être passée par l’Autriche, elle se retrouve en Suisse avec son mari et son enfant, tout d’abord dans des centres de réfugiés, avant d’être envoyée en Suisse francophone. Elle ne parle pas un mot de français quand elle commence cette nouvelle vie mais elle écrira la plus grande partie de son oeuvre en français.

Ce livre est très court (58 pages) et se lit très facilement. Il est très émouvant et je le recommande vivement à tous ceux qui souhaitent lire en français et qui s’intéressent aux questions du langage et de l’identité.

Amélie Nothomb

C’est une auteure belge, pour ceux et celles qui n’ont jamais entendu parler d’elle. Wikipédia dit qu’elle a écrit 25 romans et une pièce de théâtre, en plus de contes, de paroles de chansons, de préfaces et d’articles. J’ai lu sa pièce de théâtre et 18 de ses romans. Je les ai tous aimés. Son style m’amuse beaucoup. Je la trouve facile à lire et ses livres sont assez courts dans l’ensemble, ce qui peut être intéressant pour un étudiant qui souhaite lire en français. J’ai adoré les livres plus ou moins autobiographiques dans lesquels elle parle du Japon, entre autres Stupeurs et tremblements et Ni d’Eve ni d’Adam. Elle en parle aussi dans Métaphysique des tubes et un peu dans Biographie de la faim.

Je l’ai découverte en 2001, en lisant Cosmétique de l’ennemi. J’ai aimé la noirceur du roman et le style de l’auteure. Je me souviens l’avoir prêté à une amie qui voulait arrêter de le lire avant de l’avoir fini, car elle le trouvait trop noir, mais que j’ai réussi à convaincre de continuer. Après l’avoir terminé, elle a reconnu que ça lui avait bien plu. Et moi, j’ai décidé de mettre la main sur tout ce qu’elle avait écrit avant. J’ai lu tous ses livres précédents, à part un, Péplum,  car le titre ne me donnait pas envie. Mais en lisant le résumé de l’histoire, j’ai maintenant envie de le lire. J’ai continué à lire presque tous ses livres au fur et  à mesure qu’ils sortaient, à part ces dernières années. Elle sort un livre par an et le dernier que j’ai lu, c’est celui de 2014, Pétronille, dans lequel elle boit beaucoup de champagne et parle d’amitié.

Elle donne des noms étranges à ses personnages. Elle paraît elle-même assez étrange et intrigante. Je l’aime beaucoup et je recommande à tous les étudiants qui ont envie de lire en français d’essayer un de ses livres. En plus de lire une histoire intéressante, vous apprendrez sans aucun doute du vocabulaire. Il y a souvent des dialogues dans ses livres, ce qui, à mon avis, rend la lecture plus facile quand on lit dans une langue étrangère.