dont VS duquel

La semaine dernière, je parlais des pronoms relatifs composés dans ce post.

On m’a souvent demandé quand il fallait utiliser dont plutôt que duquel et vice versa et s’il y avait une explication logique.

Bien sûr qu’il y a une explication logique ! Et pas très difficile en fait.

Observez :

  • Je n’aime pas la façon dont tu me parles.
  • C’est le livre dont j’ai besoin.
  • Voici la peinture dont je suis très fière.
  • C’est l’hôpital en face duquel ma sœur habite.
  • C’est le fleuve le long duquel j’aime me promener.
  • C’est l’arbre à gauche duquel on a trouvé un trésor.

Ce qui perturbe les apprenant·e·s, et d’après mes observations, les locuteurs natifs parfois aussi, c’est le fait que dans les deux cas, la préposition DE est impliquée. On emploie dont pour remplacer un complément introduit par de, et duquel (desquels, desquelles, de laquelle) est la contraction de de + lequel (de + lesquels, de + lesquelles). Alors comment sait-on s’il faut utiliser dont ou duquel ?

Dans les 3 premiers exemples :

  • tu me parles d’une façon que je n’aime pas
  • j’ai besoin de ce livre
  • je suis fière de cette peinture

Dans les 3 derniers exemples :

  • ma sœur habite à côté de cet hôpital
  • j’aime me promener le long de ce fleuve
  • on a trouvé un trésor à gauche de cet arbre

Vous pouvez observer que l’on utilise duquel après un groupe prépositionnel et que dont remplace un complément de nom, un complément de verbe ou un complément d’adjectif.

Pas si difficile que ça ! 😉

Pronoms relatifs composés

Ces pronoms ont tendance à stresser mes élèves. Je m’en amuse un peu, car ces apprenant·e·s qui redoutent les pronoms relatifs ont souvent bien intégré des notions à mon avis bien plus compliquées.

Mais le fait qu’ils et elles s’inquiètent autant n’est pas si étonnant en réalité. Pour maitriser l’utilisation des pronoms relatifs composés, il faut surtout maitriser les constructions verbales. Puis il faut penser vite et anticiper, car le verbe dont va dépendre le pronom relatif sera prononcé plus tard dans la phrase. Une seconde plus tard tout au plus, mais plus tard tout de même.

Pour commencer, de quoi parle-t-on quand on parle de pronoms relatifs composés ?

Petit rappel important : un pronom est un mot qui remplace un nom, habituellement déjà mentionné dans la phrase ou dans une phrase précédente, dans le souci d’éviter la répétition. Plus rarement, il sera fait mention du nom plus tard dans la phrase.

Vous connaissez les pronoms relatifs simples : qui (sujet), que (COD), dont (remplace un complément introduit par de) et (complément de lieu ou de temps). Ils introduisent une proposition relative et on les utilise constamment.

Les pronoms relatifs composés s’utilisent après des prépositions et sont les suivants : lequel, lesquels, laquelle, lesquelles. Quand ils suivent la préposition à, ils deviennent auquel, auxquels, à laquelle, auxquelles. Et quand ils suivent une locution prépositionnelle (près de, à côté de, à droite de, au cours de, etc.), ils deviennent duquel, desquels, de laquelle, desquelles. Ils remplacent généralement des objets ou des concepts, mais peuvent aussi être utilisés pour se référer à des personnes, mais qui, à qui et de qui, etc. sont aussi corrects si l’on parle de personnes (voire plus facile si vous avez des doutes).

Maintenant, on arrive au moment où cela se complique. Quand doit-on les utiliser ?

  • C’est la raison pour laquelle je ne suis pas contente. – Raisonnement : Il m’a menti. Je ne suis pas contente pour cette raison.
  • Le spectacle auquel j’ai participé était intense. – Raisonnement : J’ai participé à ce spectacle.
  • Ils ont détruit le bâtiment à l’intérieur duquel on s’est rencontrés. – Raisonnement : On s’est rencontrés à l’intérieur de ce bâtiment.
  • C’est la femme pour laquelle il a tout quitté. = C’est la femme pour qui il a tout quitté. – Raisonnement : Il a tout quitté pour cette femme.

Quelques phrases tirées de l’actualité à analyser :

  • La nouvelle selon laquelle le taux de décès du coronavirus de Wuhan serait maintenant de 3,4% en a pris plus d’un par surprise.
  • Nous avons aussi programmé des jeux intervillages pour lesquels nous recherchons des communes volontaires.
  • Trois clés pour comprendre quelles sont les institutions auxquelles les Français font le plus confiance.
  • Ce geste auquel le pape François n’a pas pu résister.
  • … en face du navire à bord duquel se trouvent environ 2400 passagers et 1100 membres d’équipage.
  • Les plus contraignantes, au premier rang desquelles le confinement de millions de personnes, ont déjà été prises par la Chine.

Dans un prochain post, je parlerai de la différence entre dont et duquel, pas toujours très claire pour les apprenant·e·s.

Liaison entre le verbe et son complément

Normalement, on ne fait pas la liaison entre un verbe et son complément. J’entends parfois mes étudiant·e·s la faire et j’ai décidé de réviser un peu cette règle car j’avais des doutes. J’ai tendance à ne jamais la faire, mais apparemment, si elle est généralement interdite, elle est aussi facultative avec certains verbes. D’après certaines sources, elle serait même seulement interdite après un verbe conjugué à la deuxième personne du singulier (tu).

Mais prenons par exemple cette phrase très simple :

  • Il sort avec moi ce soir.

Si je fais la liaison, on va entendre : ils sortent avec moi ce soir.

Je serais donc d’avis à ne pas faire la liaison.

Elle serait facultative après certains verbes, tels que être, aller, avoir, devoir, vouloir, pouvoir, falloir, etc. C’est-à-dire que les phrases suivantes peuvent être prononcées avec ou sans liaison :

  • Nous sommes en sueur d’avoir trop couru.
  • Tu veux un dessert ?
  • Il faut accepter la critique si elle est constructive.
  • On doit étudier longtemps pour devenir médecin.

Faites donc comme bon vous semble ! Moi, je continuerai à ne pas la faire !