ça VS cela

Je me suis rendu compte que je n’avais jamais écrit de post à ce sujet et pourtant, c’est quelque chose que je répète continuellement à mes étudiant·e·s : on utilise ça à l’oral et cela à l’écrit !

Toutefois, est-ce aussi simple que cela ?

En fait, il y a un peu plus à dire à ce sujet, et nous allons nous pencher là-dessus aujourd’hui.

Quand je corrige des écrits, je vois souvent “ça”. Et je mets toujours une annotation pour signaler qu’à l’écrit on utilise plutôt “cela”, car les codes de l’écrit et de l’oral sont complètements différents en français et que nous sommes beaucoup plus formels à l’écrit qu’à l’oral. Et si vous êtes pressé·e et n’avez pas le temps de lire plus aujourd’hui, vous pouvez vous arrêtez là, et pensez simplement à ne plus employer “ça” dans vos écrits.

Si vous avez le temps, développons un peu plus l’emploi de ces pronoms. On peut utiliser cela à l’oral bien sûr, et parfois, on n’a pas d’autre choix que d’employer ça.

  • Dans certaines expressions, il faut utiliser ça : Ça va ? Comment ça va ? Ça y est. Comme-ci comme-ça. Impossible d’utiliser cela dans ces expressions.
  • Dans d’autres expressions, on ne peut utiliser que cela, car ça est impossible, même à l’oral : cela dit, cela seul suffit.
  • Lorsque l’on fait une opposition avec ceci, on préfère continuer avec cela, à l’oral aussi.
  • Selon la structure d’une question, on pourra employer cela ou ça : Comment cela se fait-il ? Comment ça se fait ? (ça n’est pas possible dans le premier exemple et cela n’est pas possible dans le second)
  • Avec le verbe être, ça et cela deviennent le plus souvent c’c’est compliqué – mais on peut employer cela, en langage soutenu. On peut dire “cela est compliqué“, mais on ne peut pas dire “*ça est compliqué
  • Mais attention, si ça est précédé de “tout”, vous pouvez alors le garder devant le verbe être : tout ça est compliqué.

Il est entendu que ça relève le plus souvent du langage familier et oral mais si vous souhaitez parler de façon plus soutenue, cela n’est pas interdit à l’oral : Je vous appelle demain, si cela vous convient.

Voyons maintenant d’autres utilisations de ça que vous ne connaissez peut-être pas très bien.

Comment comprenez-vous ces phrases ?

  • Les enfants, ça n’est pas très prudent.
  • Les enfants, cela n’est pas très prudent.

Les deux phrases peuvent vouloir dire la même chose. On s’adresse aux enfants et on leur dit que ce qu’ils font ou s’apprêtent à faire n’est pas très prudent. Mais la première phrase peut être interprétée autrement. En langage familier, “ça” reprend les enfants, et on affirme que les enfants ne sont pas très prudents. On pourrait également dire, “les enfants, c’est pas très prudent” dans le même registre.

Nous pouvons donc utiliser “ça” pour nous référer à des personnes, mais cela reste familier.

  • Les enfants, ça fait trop de bruit ! (= ils font trop de bruit)
  • C’est qui, ça ? (= cette personne)

Employer “ça” pour parler d’une personne peut être assez péjoratif.

  • Ça n’a que 15 ans et ça fume déjà comme un pompier !
  • Ça veut devenir millionnaire mais ça veut pas travailler dur !

On peut aussi utiliser “ça” à l’oral à la place du “il” impersonnel : ça a plu toute la journée hier. (= il a plu) C’est quelque chose que j’avais remarqué quand j’avais déménagé en Haute-Savoie. Les gens de là-bas utilisaient beaucoup “ça” pour parler de la météo : ça pleut, ça neige, ça fait soleil, ça fait beau, etc. Je trouvais cela très bizarre au début, puis je m’y suis habituée.

Un dernier point dont je voudrais parler : ç’

Je dois dire que je ne l’utilise jamais moi-même, mais il existe. Il n’est pas obligatoire, mais devant le verbe avoir et les auxiliaires être et aller, ça peut devenir ç’, tout comme cela peut devenir c’ devant le verbe être ou en par exemple.

  • Ç’a l’air sympa ce film. (= ça a)
  • Ç’aurait été difficile de faire autrement. (= ça aurait)
  • Si ç’avait été facile, tout le monde aurait réussi.
  • Ç’allait pas marcher de toutes façons.

Si vous écrivez de façon informelle, “ça” est tout à fait acceptable. Je l’utilise moi-même régulièrement et je le vois beaucoup dans des articles au ton détendu. Cependant, si vous écrivez une lettre formelle ou que vous écrivez pour le DELF ou le DALF, évitez d’utiliser ça et préférez cela !

Podcast : La Question du jour

Pour celles et ceux qui n’ont pas le temps d’écouter de longs podcasts ou de regarder des films ou des séries en français, La Question du jour est un podcast de France Culture dont les épisodes durent de 6 à 8 minutes.

Chaque épisode traite d’un sujet d’actualité sur lequel un·e expert·e répond aux questions du journaliste qui présente le podcast. Si vous vous intéressez à l’actualité, vous ne trouverez probablement pas les discussions transcendantes, car quelques minutes, c’est court pour parler d’un sujet en profondeur, mais c’est aussi parfait pour travailler votre compréhension orale sur des thèmes variés et développer votre vocabulaire si vous pratiquez l’écoute active, comme expliqué à la fin de ce post ! Et si le sujet vous intéresse, vous pourrez toujours approfondir. Il y en a que j’ai trouvés particulièrement intéressants, comme celui-ci sur les “deepfake”.

Exprimer la cause

Quel est le connecteur de cause que vous utilisez le plus ? Je parie que c’est parce que. Et je pense que moi aussi ! À l’oral en tout cas. A l’écrit, j’essaie d’être un peu plus variée.

Je vais vous donner une petite liste non exhaustive d’autres possibilités, d’autres connecteurs que l’on peut employer pour exprimer la cause. Ils ne sont pas tous parfaitement interchangeables, mais ils expriment tous la cause.

Situation : Je sors. C’est la saison des pluies. Il risque de pleuvoir.

  • Je prends un parapluie parce qu’il risque de pleuvoir.
  • Je prends un parapluie car il risque de pleuvoir.
  • Je prends un parapluie. En effet, en cette saison, il risque fortement de pleuvoir.
  • Puisqu’il risque de pleuvoir à tout moment en cette saison, je vais prendre un parapluie.
  • Comme c’est la saison des pluies, je ne sors jamais sans mon parapluie.
  • Étant donné qu’il pleut presque tous les jours en ce moment, je vais prendre mon parapluie avec moi.
  • Je prends mon parapluie à cause du risque de pluie.
  • Je prends mon parapluie en raison du risque de pluie.
  • Vu qu’il pleut souvent en ce moment, je prends mon parapluie.

Je pense que ces connecteurs ne vous sont pas inconnus.

Maintenant, si je vous parle de connecteurs de cause tels que sous prétexte que/de, d’autant plus que, d’autant moins que, faute de, à force de, ce n’est pas que… mais, du fait de, etc., savez-vous les utiliser correctement ?

Quelques exemples :

  • Sous prétexte qu’il a trop de travail, il ne m’appelle jamais.
  • Sous prétexte d’avoir trop de travail, il ne m’appelle jamais

= Je n’y crois pas. Il dit qu’il a trop de travail et que c’est la raison pour laquelle il ne l’appelle pas, mais je ne le crois pas !

  • Elle a été d’autant plus déçue de ne pas te voir qu’elle était restée à la maison tous les autres soirs de la semaine à t’attendre.
  • J’ai d’autant moins de chances de gagner la course que mes adversaires sont tous médaillés olympiques.

= une cause se rajoute à une autre cause

  • Ce n’est pas que je ne voulais pas venir, mais j’étais malade !
  • Du fait de mon état de santé, je n’ai pas pu venir.
  • Faute de réponse de ta part, je suis allée seule au concert (= cause manquante : comme tu ne m’a pas répondu…)
  • À force de travailler comme un forcené, il a fini par tomber malade. (= cause répétée avec insistance : comme il a trop travaillé…)

Il existe une vaste quantité d’autres procédés pour exprimer la cause. D’autres connecteurs, des verbes, des noms… Ce n’est pas un problème d’utiliser parce que très souvent, mais si vous préparez le DALF, assurez-vous de maitriser quelques autres connecteurs de cause !

Exemple de PO de DALF C1 – vidéo

Nous avons commencé une nouvelle période de préparation d’examen pour les étudiants avancés qui vont passer l’examen du DALF en décembre. Les dates varient selon les pays, il y a une session pratiquement tous les mois en France, mais dans beaucoup de pays, il y a généralement deux, voire trois sessions par an, et rarement plus.

Comme je l’ai déjà mentionné plusieurs fois sur ce blog, on ne se présente pas à l’examen sans préparation, même si l’on a un très bon niveau de français. La méthodologie compte pour beaucoup dans cet examen ! Si vous avez le niveau, quelques semaines de préparation, deux ou trois mois, peuvent suffire et vous aider à prendre confiance en vous et à vous rendre à l’examen l’esprit tranquille. Si vous n’avez pas le niveau, continuez à étudier régulièrement et à progresser avant de vous mettre à faire de la pratique d’examen !

Si vous ne savez pas trop en quoi consiste l’épreuve de PO et ce qu’on attend de vous, vous pouvez regarder cette vidéo mise en ligne par l’Institut Français de Séville en Espagne. Vous y verrez une étudiante espagnole en train de passer son examen sur le thème du bonheur au travail. Observez comment elle introduit son exposé et annonce son plan, et comment elle argumente ensuite, les connecteurs qu’elle utilise, etc., et comment elle répond aux questions qui lui sont posées. Elle a obtenu 19,5/25, ce qui est une très bonne note ! Elle a sans aucun doute le niveau C1, même si elle ne maitrise pas la langue parfaitement. N’oubliez pas que le C1 n’est pas le C2, que beaucoup de critères sont pris en compte dans l’évaluation, et qu’on se s’attend pas à ce que vous ne fassiez aucune faute !

Que faire avec le nouveau vocabulaire ?

Comment faites-vous pour enrichir votre vocabulaire et mémoriser les nouveaux mots et expressions que vous apprenez pour ensuite les utiliser quand vous parlez et écrivez ?

C’est une question que se posent beaucoup d’apprenants !

J’ai récemment écrit un post sur la mémorisation du nouveau vocabulaire avec des flashcards. Cela marche bien pour moi et pour plusieurs de mes étudiant·e·s avancé·e·s.

Mais l’étape suivante, c’est de s’approprier ce nouveau vocabulaire et de l’utiliser dans des conversations auxquelles vous participez et dans des textes que vous écrivez.

Il est très facile de toujours utiliser le même vocabulaire dans la plupart des langues et de se faire comprendre je pense. C’est vrai en français. Quand on voit le président des Etats-Unis et ses trois mots de vocabulaire, on se dit que c’est également vrai en anglais. Et j’ai vécu 3 ans en Espagne avec un espagnol qui n’a jamais vraiment dépassé le B2 mais c’était suffisant pour la vie quotidienne.

Mais si vous voulez avoir l’air plus sophistiqué que le président mentionné ci-dessus, il faut que vous enrichissiez votre vocabulaire actif et pour ce faire, il faut vous forcer à utiliser les nouveaux mots et expressions que vous apprenez.

Si vous lisez beaucoup ou écoutez beaucoup de français, vous allez forcément tomber sur du vocabulaire inconnu. Si vous lisez un chapitre de livre et que vous relevez 50 mots inconnus ou non maitrisés, il est évident que vous n’allez pas tout pouvoir mémoriser d’un coup. Toutefois, il serait dommage de n’en retenir rien. Choisissez 10 mots qui vous paraissent utiles, ou un nombre avec lequel vous êtes à l’aise, et mettez-les dans une liste de vocabulaire que vous souhaitez vous approprier. Ayez un petit carnet, ou une liste sur votre ordinateur, ce qui marche le mieux pour vous. Et ces 10 mots (plus ou moins), vous allez les travailler autant que possible. On ne mémorise pas un mot nouveau en le lisant une fois. On le mémorise en le manipulant, en le mettant en contexte, en recherchant d’où il vient, s’il y a d’autres mots qui ont la même racine, etc. Faites des phrases avec ces nouveaux mots. Faites des phrases qui ont du sens pour vous. Racontez-vous une histoire pour vous aider à mieux les retenir. Réutilisez-les pendant vos cours de français ou dans vos conversations avec vos amis ou collègues francophones.

Pratiquement tous les étudiants avancés que j’ai connus trouvent que leur vocabulaire n’est pas assez riche parce qu’ils tombent régulièrement sur des mots qu’ils ne connaissent pas ou parce qu’ils ont l’impression de toujours utiliser les mêmes mots. Vous ne connaissez probablement pas tous les mots qui existent dans votre langue maternelle, moi non plus, alors arrêtez de vous focaliser sur ce que vous ne connaissez pas et employez plutôt votre énergie à étudier les nouveaux mots que vous rencontrez !

Si vous apprenez un nouvel adjectif, demandez-vous ce qu’il peut qualifier. Essayez de le placer dans vos conversations et voyez si ça passe. J’adore quand mes étudiants essaient de réutiliser du vocabulaire nouvellement appris mais que ce n’est pas tout à fait correct. Cela montre qu’ils essaient de comprendre comment fonctionne ce mot, dans quel contexte l’utiliser et nous donne ainsi l’occasion d’en discuter. Si vous avez souvent l’occasion de discuter avec des francophones, demandez-leur de vous corriger. Tous les francophones ne sont pas des experts en langue française, loin de là, mais ils peuvent en général vous dire ce qui semble naturel ou pas.

Livre de préparation à la PE du DALF

Si vous souhaitez passer le DALF C1 ou C2, comme je le répète constamment, il est primordial de bien s’y préparer. Même si l’on parle très bien français, on ne se présente pas à l’examen sans l’avoir préparé. Comptez plusieurs semaines de préparation, voire plusieurs mois, selon d’où vous partez.

Si pour une raison ou une autre, vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas travaillez avec un·e prof, il faut vous procurer du matériel spécifiquement conçu pour la préparation, avec lequel vous pourrez peaufiner la méthodologie. J’ai mentionné un premier livre la semaine dernière, et aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un livre qui se focalise sur la production écrite. Il a été publié l’année dernière, je me le suis procuré cette année, et je le trouve très bien.

Il s’intitule Préparer le DALF C1 & C2, aux Éditions PUG et ressemble à ça :

ISBN-10: 2706129840
ISBN-13: 978-2706129841

Comme indiqué sur la couverture, c’est un livre de méthodologie, avec lequel vous pourrez vous entrainer à travers des activités guidées et vous pourrez consulter les corrigés à la fin du livre.

Vous pouvez avoir un aperçu du livre ici. Il suffit de cliquer sur le livre et plusieurs pages apparaitront.

Livre de préparation au DALF

Si l’on compare le matériel qui existe pour l’anglais langue étrangère avec ce que l’on peut trouver pour le français langue étrangère, on voit bien que ce n’est pas la même chose. J’ai été prof d’anglais avant d’être prof de français et j’adorais la multitude de matériel à ma disposition. J’ai aussi été étudiante d’anglais et j’ai passé le C2 à un moment de ma vie. Cela avait été très facile de trouver du matériel de préparation à l’examen vraiment intéressant et très clairement structuré.

Quand je suis passée de l’enseignement de l’anglais à l’enseignement du français, j’ai tout de suite remarqué qu’il y avait moins de ressources disponibles pour les profs et pour les étudiants. Pour les petits niveaux, ça va, il y a pas mal de matériel. Mais dès qu’on arrive au niveau C1, c’est beaucoup moins évident, et ne parlons même pas du C2.

Pour la préparation d’examen, il y a peu de manuels. Souvent, les étudiant·es qui me contactent pour préparer le DALF n’ont soit aucun matériel, soit des manuels qui datent de 2007, voire 2005. Pas idéal.

Un livre plus récent et spécifiquement conçu pour la préparation du DALF que je trouve très bien est celui de la collection 100% réussite, aux Editions Didier.

Voici la couverture :

ISBN-10: 2278087940
ISBN-13: 978-2278087945

Il contient beaucoup de conseils pratiques, de nombreux exercices guidés, des exemples, des épreuves blanches et des corrigés. Pour l’avoir beaucoup utilisé, je pense pouvoir dire avec assurance qu’il contient très peu d’erreurs. Il y a quelques coquilles, mais dans l’ensemble, si vous avez le niveau requis, vous devriez être capable de les remarquer.

Si vous êtes indépendant·e et discipliné·e, vous pouvez travailler seul·e avec ce livre. Un peu de préparation avec un·e prof ne fait jamais de mal et vous aidera à prendre confiance en vous, mais tout le monde n’a pas les moyens ou le temps pour des cours et il n’est pas impossible de se préparer seul·e. J’avais préparé le C2 d’anglais seule avec des livres, sans prof, car je n’avais pas d’argent pour me payer des cours à l’époque, et ça s’était très bien passé. Par contre, j’avais des facilités à l’écrit (l’anglais est bien plus facile que le français à mon avis), et je n’ai rien fait d’autre que bosser et étudier pendant les trois mois précédant l’examen. Et j’étais hyper stressée le jour de l’examen oral. Mais je l’ai réussi avec une note décente.

Ce n’est pas un livre pour travailler la grammaire ou le vocabulaire. C’est un livre pour vous aider à travailler la méthodologie de l’examen. Il est entendu que vous avez déjà le niveau, que vous maitrisez la grammaire et que vous avez un vocabulaire avancé. Si ce n’est pas le cas et que vous n’avez pas un besoin urgent du diplôme, prenez le temps d’approfondir votre apprentissage avant d’envisager l’examen ! Lisez, écrivez, écoutez, parlez, enrichissez votre vocabulaire, perfectionnez votre grammaire, apprenez à dominer la langue, pour que si un jour vous décidez de passer l’examen, vous puissiez le faire les doigts dans le nez. Car si vous n’en avez pas absolument besoin, que vous apportera d’obtenir le diplôme avec 50% des points ? De plus, soyez bien conscient que cet examen est bien plus qu’un examen de langue. C’est un examen qui reste très académique et qui donne des cheveux blancs à la plupart des candidat·es.

Reformulation : être

Le verbe être est un verbe qui revient beaucoup trop souvent dans les écrits de mes étudiantes avancées. Ce n’est pas faute de leur dire d’essayer de le remplacer par des synonymes plus élaborés !

Je comprends que ce ne soit pas un exercice facile. Mais plus on s’efforce à le faire et plus cela devient facile. Et si vous souhaitez passer le DALF, il est essentiel que vous le fassiez. Si la majorité des verbes de votre synthèse et de votre essai argumentatif sont des conjugaisons du verbe être, vous n’allez pas faire très bonne impression. Pensez à ce que vous dites, au sens de ce que vous voulez dire et essayez de trouver un verbe aussi précis que possible.

Voici donc quelques exemples de reformulation :

  • Il est malade depuis hier. : Il se sent mal depuis hier.
  • Ce téléphone est à moi. : Ce téléphone m’appartient.
  • Je suis vraiment inquiète pour l’avenir de mes enfants. : L’avenir de mes enfants me préoccupe beaucoup.
  • Son appartement est dans le 13ème arrondissement : Il vit dans le 13ème arrondissement.
  • Il est bizarre en ce moment : Il se comporte bizarrement en ce moment.
  • Mon bureau est juste à côté de la pharmacie. : Mon bureau se trouve juste à côté de la pharmacie.
  • Il a été vraiment odieux avec elle. : Il s’est montré vraiment odieux avec elle.
  • Il est très grand. : Il mesure 1m90.
  • Il était roi de France. : Il régnait sur la France.
  • Ses vêtements étaient toujours trop larges. : Il portait toujours des vêtements trop larges.
  • Elle est toujours heureuse et détendue après avoir voyagé. : Ses voyages l’épanouissent.
  • Cet homme est beau et il me plait. : Cet homme attirant me plait.

On pourrait y passer la journée…

Ces exemples restent assez simples. Vous pouvez observer que parfois, dans la reformulation, le sujet du verbe être devient l’objet du nouveau verbe. C’est souvent avec ceci que les étudiants ont du mal. Ils pensent que trouver un synonyme veut dire simplement remplacer un mot, mais parfois, il faut chambouler l’ordre des mots et repenser la structure complète de la phrase. Forcez-vous à limiter votre utilisation du verbe être pour pouvoir penser à d’autres verbes et d’autres structures.

Couper les mots en français

Je me suis souvent fait la remarque que les étudiants de niveau avancé ne semblaient pas avoir appris comment couper les mots en fin de ligne. Mais comme je n’ai jamais ni appris ni compris où les couper en anglais (ni vraiment recherché d’ailleurs), je me suis dit que ce n’était pas très grave. Vous pouvez faire comme moi et éviter de vous trouver dans cette situation. Je ne coupe jamais mes mots quand j’écris en anglais. J’évite consciemment de le faire depuis toujours.

Mais si vous aimez le risque un peu plus que moi et que vous devez écrire en français à la main, dans le cas où vous êtes étudiant·e en France ou candidat·e au DELF ou au DALF, c’est en fait une règle utile à connaître. Je recommande aux étudiant·es que j’aide à préparer les examens de s’entrainer à écrire à la main pour les épreuves de production écrite et je remarque souvent qu’ils et elles coupent les mots à la mauvaise place et ne connaissent pas les codes du français écrit.

En français, on ne peut pas couper un mot au milieu d’une syllabe. Il faut donc savoir ce qu’est une syllabe. Il faut aussi être conscient qu’on peut parler de syllabe orale et de syllabe écrite.

Par exemple, le mot porte contient une syllabe orale /pɔʁt/, mais deux syllabes écrites : por-te

Observez maintenant le découpage de ces mots :

  • eau (1)
  • strict (1)
  • mè-re (2)
  • bon-jour (2)
  • châ-teau (2)
  • bel-le (2)
  • her-be
  • comp-ter (2)
  • pro-blè-me (3)
  • char-ret-te (3)
  • con-sen-te-ment (4)
  • en-tre-pri-se

Vous pouvez donc observer que les syllabes du français tournent autour des voyelles. Il n’y a pas de syllabe sans voyelle. Je vais essayer de ne pas être trop technique mais quand on parle de voyelle, on parle en fait de son de voyelle. Par exemple : eau, on, in, en, ou, etc. (que l’on appelle des graphèmes si vous voulez être technique)

Le e peut être muet à l’oral. Mais à l’écrit, il compte. C’est une voyelle. Les dernières syllabes de mère, belle, herbe, problème, charrette et entreprise ne sont pas des syllabes orales, mais ce sont bien des syllabes écrites. De même pour le te de consentement.

Une syllabe écrite, c’est donc au minimum une voyelle (ou un son vocalique), et c’est le plus souvent une voyelle associé à une consonne. Parfois on trouve plus de consonnes comme dans strict ou dans problème.

Et c’est là que ça devient un peu plus compliqué, mais pas tant que ça ! C’est facile de comprendre que ba, ce, di, fo, lu, mou, non, peau, rein, etc., sont des syllabes et qu’on découpe avant ou après. Mais qu’en est-il des mots dans lesquels plusieurs consonnes se suivent ?

  • on ne divise pas les graphèmes, c’est-à-dire les groupes de consonnes qui font un seul son, tels que ch /ʃ/, gu /g/, etc. (ex : pen-chant, lon-gueur)
  • les groupes consonne + l et consonne + r ne sont jamais séparés (comme dans pro-blè-me)
  • quand deux consonnes sont placées entre deux voyelles (ou sons de voyelle), on coupe entre les consonnes (bel-le, her-be)
  • on ne divise pas les consonnes finales (con-sen-te-ment)

À savoir aussi qu’on place le trait d’union en fin de ligne, pas en début de ligne.

Si vous parvenez à retenir tout ça, vous savez pratiquement tout ce qu’il y a à savoir. Ensuite, il y a aussi des règles de bon usage utiles à savoir :

  • On évite de couper un mot de deux syllabes autant que possible.
  • On essaie d’équilibrer, de couper le plus près possible du milieu du mot.
  • On essaie de ne pas couper après moins de trois lettres et de ne pas finir le mot sur la ligne suivante avec moins de trois lettres.
  • On ne coupe pas après une apostrophe.

Maintenant, si quelqu’un veut m’expliquer comment on fait en anglais…

Présentation d’une lettre formelle

Si vous vivez en France, vous avez surement vite appris que la communication se faisait encore beaucoup par courrier, probablement à votre grand désespoir. Je sais que moi, ça me désespère et même si j’aurais besoin d’effectuer certaines démarches (faire renouveler mon permis de conduire que je me suis fait voler en 2007, par exemple), je ne le fais pas car c’est déjà bien agaçant quand on est sur place, mais cela devient un vrai cauchemar quand on vit à l’étranger et je n’ai pas les nerfs pour gérer le stress administratif. J’avais dû m’inscrire à mon master à distance par la poste. J’ai des étudiantes qui vivent en France et hallucinent de devoir communiquer par courrier avec l’administration ou de devoir postuler à des emplois par courrier. Pourtant, Internet existe en France ! Mais c’est à croire que l’on préfère faire compliqué quand on pourrait faire beaucoup plus simple. Pour moi, ça résume assez bien la France. Curieusement, les services administratifs français à l’étranger sont beaucoup mieux organisés et la communication par mail est très efficace, avec des fonctionnaires en général très sympas.

Si vous ne vivez pas en France mais allez passer le DELF ou le DALF, il est possible que vous ayez à écrire une lettre formelle pour l’épreuve de PE. Il est donc important que vous sachiez comment présenter une telle lettre.

Voici donc un exemple :

  • N’utilisez pas votre vrai nom (vous devez être anonyme pour que le correcteur ou la correctrice ne soit pas influencé·e, au cas ou il/elle vous connaitrait ou reconnaitrait car il/elle vous aurait fait passer l’oral.)
  • Ayez un nom de DELF/DALF tout prêt, ainsi qu’une adresse, comme ça, pas besoin d’y réfléchir le jour de l’examen. Utilisez toujours les mêmes quand vous pratiquez.
  • Employez des formules de salutations et de congé adaptées.
  • Signez.
  • Lisez attentivement la question pour y répondre précisément. Si l’on vous demande d’exprimer votre mécontentement, vous pouvez toujours écrire : je me permets de vous écrire pour vous faire part de mon mécontentement en ce qui concerne le projet xxx / par rapport à xxx.
  • Ayez une liste de structures utiles prêtes à l’emploi (que vous aurez élaborée lors de votre préparation).
  • Articulez votre lettre avec des connecteurs logiques.
  • Suivez le même schéma que pour l’essai. Même si vous avez l’impression que ce n’est pas un essai (en effet, c’est une lettre, mais vous devez l’écrire pour la partie essai argumentatif et par conséquent, vous êtes un peu confus·e 😕 ), il faut structurer la lettre comme vous structureriez un essai : en 3 parties, avec 3 arguments, des exemples et des connecteurs logiques !
  • Respirez, tout va bien se passer !