DALF C1 – PO : la problématique

Le jour de l’examen, vous aurez une heure pour préparer votre exposé. Je n’a jamais connu d’étudiant·e qui trouvait que c’était trop long. Et c’est pourquoi il est important d’apprendre à organiser son temps.

À la lecture des titres des articles que vous aurez à lire, vous devriez être capable de saisir le thème de votre exposé assez facilement. D’ailleurs, le thème est habituellement clairement spécifié et c’est ainsi que vous ferez votre choix entre les deux sujets que vous aurez tirés au sort. Ensuite il faudra définir une problématique.

Mais qu’est-ce qu’une problématique ?

Ce n’est pas toujours clair pour les étudiant·es qui préparent l’examen. Et pourtant, il est essentiel d’avoir une problématique claire et précise car cela vous permettra de mettre des limites à votre exposé, de construire un plan et donc d’organiser vos idées de façon cohérente

La problématique, c’est votre angle de réflexion. C’est la question à laquelle vous allez essayer de répondre à travers votre exposé. Il n’y a pas un seul exposé possible pour chaque thème. Deux étudiantes peuvent proposer deux exposés très différents et obtenir toutes deux une très bonne note. Si leurs exposés sont différents, c’est probablement parce qu’elles auront choisi des problématiques différentes, c’est-à-dire deux angles de réflexion différents. Il est probable qu’elle auront également choisi des plans différents.

Prenons par exemple le thème de l’enseignement des langues étrangères à l’école. J’aurais peut-être d’autres idées si j’avais lu des articles sur ce thème, mais sans articles, je peux déjà penser à plusieurs problématiques et plusieurs plans.

  • Quels sont les enjeux de l’enseignement des langues étrangères à l’école? = plan thématique (1. enjeux politiques – 2. enjeux économiques – 3. enjeux culturels)
  • Pourquoi est-il essentiel d’enseigner les langues étrangères à l’école ? = plan thèse/antithèse/synthèse (1. il faut absolument enseigner les langues étrangères – 2. il n’y a pas que les langues qui comptent – 3. les langues sont essentielles dans notre monde globalisé)
  • Quel est l’avenir des langues étrangères à l’école ? = plan état des lieux / conséquences / solutions (1. quelle est la situation actuelle de l’enseignement des langues à l’école ? – 2. quelles sont les conséquences ? – 3. solutions pour améliorer la situation)

Vous connaissez les grands thèmes du DALF. Vous pouvez vous entrainer à formuler des problématiques et à penser à des plans qui leur correspondent. Rares sont les étudiant·es qui trouvent cet exercice facile au début. Mais après plusieurs tentatives, tout devient plus clair, je vous le promets ! J’ai vu des étudiantes qui préparaient leur examen plusieurs mois à l’avance faire cet exercice les doigts dans le nez (= très facilement) avant l’examen.

Connecteurs logiques : ajouter une idée

Parlons aujourd’hui de connecteurs qui permettent d’introduire une nouvelle idée. Parmi les plus communs, ceux avec lesquels les étudiants sont très à l’aise, on trouve et, aussi, ensuite, après, de plus, mais ils sont loin d’être les seuls et quand vous écrivez pour le DALF, on s’attend à en voir de plus variés. Je vais donc vous en donner quelques-uns de plus aujourd’hui. La liste ne sera pas exhaustive.

Imaginons que vous écrivez cet essai argumentatif proposé en exemple sur le site du ciep :

Je ne vais pas écrire d’essai, mais voici quelques phrases qui pourraient apparaitre dans un essai répondant à cette question. Ces phrases surviendraient après une ou plusieurs idées déjà soumises. Elles ne seraient pas toutes dans le même essai !

  • En outre, il me semble que proposer moins de langues en option aux élèves français quand nos voisins européens ne cessent d’en proposer plus leur portera préjudice une fois qu’ils seront confrontés au monde du travail et des entreprises.
  • De surcroit, de nombreuses études ont prouvé que l’apprentissage des langues étrangères à un jeune âge permettait au cerveau de mieux se développer et qu’ils avaient la capacité d’en apprendre six à la fois. Pourquoi limiter nos enfants ?
  • Sans compter que nous vivons dans une société multiculturelle, et que limiter le choix des élèves à certaines langues, toujours les mêmes, est une façon de leur faire comprendre qu’il y a des langues et des cultures, les leurs très souvent, qui ne valent pas la peine d’être enseignées et étudiées.
  • Qui plus est, il ne vous aura pas échappé que nous vivons dans un monde globalisé dans lequel le bilinguisme n’est plus l’exception. Pour pouvoir prétendre à une carrière internationale, ce à quoi de nombreux jeunes aspirent, il faut aujourd’hui être capable de parler trois langues minimum, voire quatre ou cinq ou même plus.
  • Nous pourrions également parler des avantages de l’apprentissage d’une variété de langues pour la société entière. Être confronté dès l’enfance à différentes cultures est une façon merveilleuse d’ouvrir les enfants au monde qui les entoure et de promouvoir la tolérance.
  • Quant à ceux qui pensent que seul l’anglais mérite d’être enseigné sous prétexte que tout le monde le parle, j’ai envie de leur dire que c’est justement parce que tout le monde le parle qu’il faut offrir d’autres choix !

Changements dans les examens du DELF et du DALF

Samedi dernier, je me baladais dans les rues de Kyoto quand mon téléphone, qui m’espionne constamment et me connait si bien, m’a envoyé une notification pour m’alerter qu’un article était susceptible de m’intéresser : Les épreuves des diplômes DELF et DALF évoluent.

En effet, le titre m’a tout de suite plu. Je ne l’ai pas lu immédiatement car c’était le weekend et j’avais plein de choses à faire et à voir à Kyoto et je ne voulais pas penser au travail. Mais j’ai quand même eu des réflexions qui m’ont très vite traversé la tête. Je me suis dit : “j’espère qu’ils ont changé le format du DALF et que les candidats seront plus évalués sur leurs compétences linguistiques que leurs compétences académiques” ; “peut-être qu’il vont proposer un DALF académique et un DALF général, comme pour le IELTS en anglais, car ça aurait beaucoup de sens de ne pas demander aux candidats ne souhaitant pas s’inscrire en fac de rédiger une synthèse et de faire des présentations orales exigeant 15 minutes de monologue, situation dans laquelle les candidats ne se trouveront probablement jamais s’ils ne comptent pas faire d’études supérieures en langue française” ; “peut-être qu’ils vont proposer une partie similaire à celle intitulée Use of English dans les examens d’anglais, dans laquelle les candidats pourront démontrer qu’ils connaissent la grammaire et ont du vocabulaire”, etc., mais en gros, j’espérais que le format du DALF changerait et serait moins intimidant, moins stressant, moins académique, plus axé sur la linguistique. Je me suis aussi demandé s’il allait falloir que je refasse une formation pour me mettre à jour, aller à Paris, et oh la la la, combien ça allait me couter toute cette histoire !

Un de mes amis a passé le C1 d’anglais l’an dernier et le C1 de français en mars de cette année. Il a été choqué de voir la différence entre les deux. Il a trouvé le C1 d’anglais beaucoup moins intimidant. Il s’en est bien sorti en français, mais jusqu’au dernier moment, il était dans un état de stress incroyable, qu’il n’avait pas ressenti avec le CAE (C1 d’anglais). Et il parle et comprend très bien le français depuis de nombreuses années ! Pour moi, il est évident qu’il faut changer le format du DALF et proposer quelque chose de plus semblable aux examens Advanced et Proficiency en anglais pour que ce soit plus juste. J’avais aperçu la première ligne de l’article qui disait quelque chose à propos des normes européennes. J’avais bon espoir.

Quand j’ai fait une pause pour déjeuner, j’ai lu l’article et j’ai été un peu (beaucoup) déçue. Les changements sont minimes et concernent principalement les niveaux A2, B1 et B2 : il n’y aura plus de questions à réponse ouverte, il y aura plus de questions à choix multiple, il y aura plus d’exercices mais moins de questions par exercice et la CE de B1 passera de 35 à 45 minutes. Et voilà. C’est ce que dit l’article en tout cas et comme il a été publié sur le site du ciep, je suppose que c’est exact.

En ce qui concerne le DALF, il y a un changement. Un seul : il n’y aura plus de domaines de spécialité. Les candidats ne pourront plus choisir entre Lettres et Sciences Humaines et Sciences.

Apparemment, les changements affectant le DELF vont nécessiter une période de transition… de 3 ans. C’est-à-dire que les formats actuels et les nouveaux formats vont coexister pendant 3 ans. C’est une estimation, donc cela pourrait être plus court… ou plus long je suppose. Hmmm.

Pour le DALF, le changement sera effectif dès mars 2020.

Je suis ravie de voir qu’ils essaient de changer le format des examens, mais j’aurais vraiment aimé plus de changement pour le DALF. De vrais changements. Je rêve d’un DALF moins académique pour les candidats ne souhaitant pas faire d’études supérieures en langue française. Qu’il reste tel quel pour celles et ceux qui souhaitent aller en fac, je trouve cela assez utile en fait. Si un·e candidat·e souhaite étudier en français, il ou elle devra maitriser les codes académiques français. Sinon, ses études risquent d’en pâtir. Et il est important d’avoir un niveau de correction linguistique très élevé. Cela va sans dire. Même si j’ai personnellement eu une prof en master qui faisait beaucoup de fautes de français. Elle était étrangère et experte dans son domaine, mais sa maitrise du français n’était pas parfaite du tout ! Parfois, certaines phrases dans ses cours me laissaient perplexe. Mais je m’égare. Ce que j’aimerais voir un jour, c’est un DALF général qui permettrait aux étudiants d’écrire des textes plus en adéquation avec la vie réelle et qui permettrait plus de créativité. Et aussi qui génèrerait beaucoup moins de stress.

Exprimer le but

J’entends régulièrement des structures un peu déformées quand il s’agit d’exprimer le but. En général calquées sur les structures de l’anglais. Et comme pour l’opposition et la concession, j’entends souvent les mêmes structures !

Essayons donc aujourd’hui d’exprimer une situation avec des structures variées : Marianne est française. Elle veut que ses enfants étudient en Angleterre plus tard. Elle leur paie des cours particuliers d’anglais avec un tuteur.

Voici maintenant quelques façons d’exprimer ceci avec des connecteurs de but. Observez si elles sont suivies du subjonctif ou de l’infinitif. :

  • Marianne a embauché un tuteur pour que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard. (J’entends souvent cela : *pour ses enfants pouvoir étudier.)
  • Marianne a embauché un tuteur afin que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de sorte que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de manière que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de façon que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur dans le but denvoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur pour envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur afin d’envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur dans le but d‘envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur en vue d’envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de façon à envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de manière à envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.

Il existe d’autres structures, mais elles n’iraient pas bien avec cette situation.

Au lieu d’un but à réaliser, pensons à un but à éviter. Véronique est une mère anxieuse qui ne laisse pas ses enfants sortir à cause de ses angoisses.

  • Véronique ne laisse pas ses enfants sortir de peur qu’ils soient exposés à des dangers.
  • Véronique ne laisse pas ses enfants sortir de crainte qu’ils soient exposés à des dangers.

Dans une situation plus légère, et plutôt à l’oral, on peut aussi utiliser la structure : histoire de.

  • Je vais appeler mes parents ce soir, histoire de leur signaler que je suis encore vivante !

Il y a aussi des structures qui peuvent être suivies d’un nom :

  • Envoyez-moi vos devoirs pour correction.
  • Je mets de l’argent de côté en vue d’un voyage.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais si vous parvenez à alterner toutes ces structures, c’est déjà pas mal !

Exprimer la concession

Après l’opposition la semaine dernière, je vais maintenant parler de la concession et de divers connecteurs qui l’exprime. Mais et pourtant, c’est bien, mais il y a de nombreux autres connecteurs que l’on préférerait entendre et lire dans vos PO et PE du DELF et du DALF.

Voici donc une situation : Lucas est beau. Il ne me plaît pas.

Comment pourriez-vous connecter ces deux idées ? Voici quelques exemples :

  • Lucas est beau mais il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Pourtant, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Cependant, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Toutefois, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Néanmoins, il ne me plaît pas.
  • Bien que Lucas soit beau, il ne me plaît pas.
  • Quoique Lucas soit beau, il ne me plaît pas.
  • Tout beau qu’il soit, Lucas ne me plaît pas.
  • Même s’il est beau, Lucas ne me plaît pas.
  • Malgré sa beauté, Lucas ne me plaît pas.
  • En dépit de sa beauté, Lucas ne me plaît pas.
  • Lucas, par ailleurs très beau, ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Or, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Il n’en reste pas moins qu’il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Il n’empêche qu’il ne me plaît pas.
  • Lucas a beau être très beau, il ne me plaît pas.

En modifiant un peu, on pourrait aussi dire :

  • Quand bien même Lucas serait le seul homme disponible aux alentours, je ne sortirais pas avec lui.
  • Quoi que les autres en pensent, Lucas ne me plaît pas.

Utilisez-vous toutes ces structures ? Savez-vous quand utiliser l’indicatif, le subjonctif, un verbe, un nom ?

Efforcez-vous de varier vos connecteurs quand vous vous préparez aux examens. Il y en a certainement qui vous plairont plus que d’autres et ce n’est pas un problème, mais assurez-vous de ne pas utiliser toujours les mêmes et de ne pas vous limiter à mais et pourtant.

Exprimer l’opposition

Si vous vous préparez à passer le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important de bien connaître les connecteurs logiques et de bien les utiliser pour articuler votre discours, autant à l’écrit qu’à l’oral.

Si vous préparez le DELF B2 ou le DALF, il faut que vous montriez que vous savez connecter vos idées avec d’autres connecteurs que et, mais, pourtant, parce que, donc, etc. Et quelle chance vous avez ! Le français est plein de connecteurs logiques qui expriment la cause, la conséquence, le but, la concession, l’opposition, etc. 🙂

Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’expression de l’opposition et voir comment exprimer la même idée avec des structures variées.

Situation : On a un frère et une sœur. Paul et Virginie. Deux caractères opposés. Le frère est fêtard. La sœur est studieuse.

  • Paul est fêtard tandis que Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard alors que Virginie est studieuse.
  • Autant Paul est fêtard, autant Virginie est studieuse.
  • Si Paul est fêtard, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Au contraire, Virginie est studieuse.
  • Contrairement à Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Par contre, Virginie est studieuse. (plutôt à l’oral)
  • Paul est fêtard. En revanche, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. À l’opposé, Virginie est studieuse.
  • À l’opposé de Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Quant à Virginie, elle est studieuse.
  • Paul est fêtard. Virginie, elle, est studieuse.

Il y a quelques autres procédés pour exprimer l’opposition, mais avec cette situation, j’ai choisi de me limiter à ceux-ci. Je suis sûre que vous en connaissez quelques-uns, mais il est probable que vous ne les connaissez pas tous. Essayez de ne pas utiliser toujours les mêmes et réservez par contre pour l’oral et évitez-le dans vos PE d’examens et vos écrits formels. Dans la vie de tous les jours, utilisez par contre comme bon vous semblera, à l’oral comme à l’écrit. Moi, je ne m’en prive pas !

Stress et examen

Cela fait quelques années que j’aide les étudiants à se préparer pour les examens du DELF et du DALF, et depuis que je suis examinatrice certifiée, j’ai très majoritairement travaillé avec des candidates au DALF C1. Nationalités diverses, histoires personnelles et expériences différentes, certaines vivaient en France ou avaient vécu en France, d’autres n’y avaient jamais mis les pieds. Certaines avaient besoin du diplôme pour pouvoir candidater à un programme universitaire en France, d’autres voulaient le passer pour se prouver qu’elles avaient atteint un certain niveau. Certaines avaient un niveau vraiment avancé (linguistique et culture), d’autres avaient un niveau de connaissances un peu plus faible. Ce qu’elles avaient toutes en commun : le stress !

Je pense qu’il est tout à fait normal de stresser pour un examen, mais le niveau de stress que génère le DALF est assez incroyable. Quelques-unes de ces candidates stressaient à un niveau raisonnable, de mon point de vue, mais c’était une toute petite minorité. La plupart étaient au bord de la panique. Plusieurs étaient tellement stressées qu’elles fondaient parfois en larmes pendant les cours de préparation car la pression qu’elles ressentaient était trop intense. J’essaie toujours de donner un feedback honnête et constructif, mais je ne pense pas être effrayante au point de faire pleurer les gens !

À la dernière session d’examen, le mois dernier, un de mes amis se présentait au DALF C1. Langue maternelle espagnole. Il a vécu en France pendant huit ans quand il était plus jeune. Je l’ai connu à Londres et on a toujours parlé français ensemble. Il a des amis français à Londres avec lesquels il parle français. Il a une connexion avec la langue et la culture depuis très très longtemps. Et quand il m’a dit qu’il avait décidé de passer le C1, je lui ai dit de bien se préparer car la méthodologie est importante mais que je n’avais aucun doute qu’il le réussirait. Cet ami a plus de 40 ans.

Une semaine avant l’examen (pour lequel il se préparait seul), il me contacte pour me dire qu’il pense ne pas s’y présenter car il est persuadé qu’il va échouer, c’est trop difficile, son français n’est pas assez bon, ça ne sert à rien. J’ai un peu rigolé, car je sais que son français est très bon et qu’il est impossible qu’il échoue. Bien sûr, vu qu’il vit à Londres depuis des années maintenant, son français n’est plus aussi précis qu’il l’était quand il vivait en France et quand il écrit, il fait des fautes d’orthographe car ce n’est pas une compétence qu’il pratique régulièrement. Mais il ne fait pas plus de fautes que certains Français. D’ailleurs, il en fait moins que beaucoup d’entre eux.

On s’est appelés sur Skype, on a discuté un peu et il m’a présenté l’introduction d’un exposé de PO qu’il avait commencé à préparer. C’était excellent. Méthodologiquement parfait et plein de vocabulaire avancé. Je lui ai dit qu’il n’avait aucun souci à se faire et qu’il fallait qu’il arrête de flipper comme ça. Après l’épreuve de PO, il m’a envoyé un message pour me dire que ça s’était bien passé, et après les épreuves collectives, la même chose ! Je suis sûre qu’il aura une très bonne note.

Mais j’ai pris conscience de quelque chose grâce à lui : cet examen rend les gens fous !

C’est un examen difficile, c’est vrai, et c’est pourquoi il est important de s’y présenter quand on a vraiment le niveau. Si l’on a tendance à stresser facilement et que l’on n’a pas un besoin urgent d’obtenir le diplôme, il faut prendre le temps de se préparer. Ce qui ne veut pas dire faire des examens blancs toutes les semaines, mais continuer à étudier le français avec régularité. Lire, écrire, écouter, parler, s’intéresser à la culture, enrichir son vocabulaire, perfectionner sa grammaire, prendre conscience de ses faiblesses et essayer de s’améliorer. Être actif dans son apprentissage. Être en contact régulier avec la langue. Développer ses connaissances en méthodologie de l’écrit et de l’oral et en argumentation.

Si vous voulez étudier en France et que vous avez besoin du C1 pour pouvoir vous inscrire à la fac, vous pouvez le réussir avec une bonne préparation même si votre niveau n’est pas exactement ce qu’il devrait être, car la note finale est la moyenne des 4 épreuves et si vous êtes bon en compréhension, vous pouvez atteindre les 50 points nécessaires pour obtenir le diplôme sans obtenir de très bons résultats en PO et en PE. Mais si vous ne faites rien pour perfectionner votre français ensuite, vos études risquent d’être douloureuses.

Cependant, si vous êtes déterminé et discipliné, tout est possible. Une de mes étudiantes a fait exactement ça. Elle savait que son niveau n’était pas exactement ce qu’il devait être pour commencer un master en France, mais elle a préparé le C1 sérieusement pour pouvoir candidater. Elle l’a réussi avec une note moyenne. Puis elle a continué à étudier la langue. Moins d’un an après, elle a obtenu d’excellents résultats à ses partiels de master, et moi je parierais gros sur elle si elle se présentait au C2.

Si vous considérez passer le DALF, réfléchissez bien avant de vous lancer. Déterminez tout d’abord les raisons pour lesquelles vous le voulez, ce bout de papier, et demandez-vous si c’est une urgence absolue. Si vous le voulez pour avoir une ligne de plus à mettre sur votre CV, alors peu importe votre note finale. Mais si c’est un défi personnel ou parce que vous désirez étudier en France, visez haut ! Et continuez à étudier après l’examen, car une langue qui n’est pas pratiquée se perd avec le temps.

Et pour finir, je dirais qu’aucun examen ne vaut la peine qu’on se rende malade ! Ce n’est pas facile sur le moment, mais il faut aussi apprendre à prendre du recul. Étant moi-même de nature très anxieuse, je n’applique pas toujours ce que je préconise, évidemment, mais avec le recul, je sais que c’était complètement ridicule de stresser comme je le faisais pendant mon master. Du grand n’importe quoi !

Alors, avant de vous inscrire, soyez conscient que ce sera difficile, engagez-vous à travailler suffisamment pour atteindre vos objectifs, quels qu’ils soient, et promettez-vous de rationaliser et de prendre du recul.

Lire la presse francophone pour préparer le DELF et le DALF

Si vous avez l’intention de passer le DELF B2 ou le DALF un jour, il pourrait être très utile pour vous de vous familiariser avec la presse francophone dès maintenant, et de ne pas attendre la dernière minute.

Pour les épreuves de compréhension écrite et de production orale, la plupart des textes sont tirés de journaux et de sites Internet français. Habituez-vous au style journalistique ! De plus, si vous lisez régulièrement la presse, vous remarquerez que les mêmes mots et les mêmes structures reviennent régulièrement. Variez les rubriques que vous lisez. Prenez des notes quand vous lisez. Repérez le nouveau vocabulaire. Observez les structures des phrases et les techniques qu’utilisent les journalistes pour éviter les répétitions. Analyser les articles : Comment est structuré le texte? Quelle idée chaque paragraphe contient-il ? Y a-t-il des connecteurs logiques ? Quels sont-ils ?

J’ai créé un document dans lequel vous trouverez des liens vers des quotidiens et hebdomadaires français et francophones et des magazines spécialisés. Vous le trouverez ici.

J’essaie également de partager au moins un article chaque semaine sur ce blog.

Parler de chaussures

Quand vous étudiez le français à un niveau avancé et souhaitez vous exprimer avec précision, il est nécessaire de connaître beaucoup de vocabulaire. Et il est important de l’utiliser pour le pratiquer. Ce que je vois souvent chez les étudiants et étudiantes qui préparent le DALF, c’est qu’ils et elles n’osent pas prendre trop de risques, de peur de se tromper, et par conséquent, utilisent un vocabulaire assez basique dans leurs exposés à l’oral.

C’est pourquoi il peut être intéressant de vous demander parfois si vous êtes capables de nommer 10 noms plus précis en partant d’un nom générique, tel que chien, chat, oiseau, chaussure, bruit, personne, magasin, nourriture, etc.

Voici un exemple avec le nom chaussure.

Dans cette liste, certains termes désignent un type particulier de chaussures (botte, par exemple), d’autres appartiennent au langage familier et signifie tout simplement chaussure (godasse, par exemple).

Selon le contexte, selon le ton de ce que vous dites ou écrivez, avoir un répertoire étendu de synonymes vous permettra d’adapter votre langage et d’être plus précis

Connaissez vous les noms ci-dessus ? Savez-vous distinguer ceux qui désignent un type de chaussure en particulier de ceux qui sont des synonymes mais appartiennent au langage familier ?

  • un soulier = une chaussure (je crois que ce terme est plus utilisé au Québec qu’en France – On le retrouve aussi dans la chanson Petit Papa Noël)
  • un mocassin : loafer
  • un escarpin : stiletto OR pump
  • une pantoufle : slipper
  • une mule : mule (facile !)
  • un sabot : clog
  • une botte : boot
  • une bottine : ankle boot
  • une sandale : sandal (facile !)
  • une espadrille : espadrille (encore facile !)
  • une savate : an old shoe or an old slipper
  • godasse, pompe, tatane, grolle, godillot et croquenot sont tous des termes familiers signifiant chaussure, les deux derniers désignant plutôt de grosses chaussures (on ne les utiliserait pas pour désigner des escarpins par exemple).

Pour ma part, les deux synonymes familiers que j’utilise le plus sont pompes et godasses, car je n’aime pas trop les autres. Et je me rends compte que j’ai complètement oublié de mettre des baskets dans ma liste, qui sont pourtant les chaussures que je porte le plus quand je ne porte pas de sandales ! Les baskets sont des chaussures de sport, que l’on peut porter pour faire du sport ou pour le confort !

Les épreuves écrites du DALF C2

Comme pour les épreuves orales, les épreuves écrites sont réunies en une seule épreuve, qui dure 3 heures et 30 minutes. 😲 Si vous n’êtes pas découragé par ce petit détail , continuez donc à lire !

Là encore, vous avez le choix entre Lettres et Sciences Humaines (exemple de sujet ici ) et Sciences (exemple de sujet ici). Quel que soit le domaine que vous choisissez, deux sujets vous seront proposés et vous pourrez choisir celui que vous préférez.

La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas de synthèse à écrire ! Comme la plupart des candidats au C1 ont l’air de détester la synthèse, je pense vraiment que c’est une bonne nouvelle, non ?

Pour le C2, vous devez écrire un seul texte, de 700 mots minimum. Ce texte sera un essai argumentatif que vous devrez construire à partir d’un dossier de documents divers (textes, graphiques, images). Cet essai pourra prendre la forme d’une lettre formelle, d’un article ou autre.

Dans la consigne, il vous sera indiqué quel rôle à tenir. Dans les exemples proposés sur le site du CIEP, vous êtes soit un parent d’élève qui doit rédiger un article pour le bulletin de l’association dont vous faites partie, soit un étudiant qui doit rédiger un article pour une publication de votre université, dans les sujets de LSH, et vous êtes soit étudiant en sciences technologiques qui doit envoyer une contribution à une revue scientifique, soit ancien employé d’une société qui doit envoyer un article à un magazine scientifique, dans les sujets de Sciences. Dans les 4 sujets, on vous demande d’adopter un style approprié et un ton convaincant.

Vous devez absolument utiliser les documents du dossier pour construire votre argumentation et vous devez également ajouter des arguments personnels.

Si vous décidez de passer le C2, j’aime à penser que vous avez le niveau. Donc, en 3h30, il suffit de bien vous organiser. Vous pouvez passer la première heure, voire 90 minutes, à analyser les documents, relever les idées essentielles, les mots-clés, etc et à faire un plan détaillé qui répondra au sujet – dans lequel vous aurez inclus des idées personnelles. Il vous reste ensuite 2h / 2h30 pour rédiger votre texte et vous relire. Il faut que votre écrit soit clair, précis, bien articulé et montre un degré elevé de maîtrise de la langue française et de ses nuances.

Tout à fait faisable ! 😁