Livre de préparation à la PE du DALF

Si vous souhaitez passer le DALF C1 ou C2, comme je le répète constamment, il est primordial de bien s’y préparer. Même si l’on parle très bien français, on ne se présente pas à l’examen sans l’avoir préparé. Comptez plusieurs semaines de préparation, voire plusieurs mois, selon d’où vous partez.

Si pour une raison ou une autre, vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas travaillez avec un·e prof, il faut vous procurer du matériel spécifiquement conçu pour la préparation, avec lequel vous pourrez peaufiner la méthodologie. J’ai mentionné un premier livre la semaine dernière, et aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un livre qui se focalise sur la production écrite. Il a été publié l’année dernière, je me le suis procuré cette année, et je le trouve très bien.

Il s’intitule Préparer le DALF C1 & C2, aux Éditions PUG et ressemble à ça :

ISBN-10: 2706129840
ISBN-13: 978-2706129841

Comme indiqué sur la couverture, c’est un livre de méthodologie, avec lequel vous pourrez vous entrainer à travers des activités guidées et vous pourrez consulter les corrigés à la fin du livre.

Vous pouvez avoir un aperçu du livre ici. Il suffit de cliquer sur le livre et plusieurs pages apparaitront.

Livre de préparation au DALF

Si l’on compare le matériel qui existe pour l’anglais langue étrangère avec ce que l’on peut trouver pour le français langue étrangère, on voit bien que ce n’est pas la même chose. J’ai été prof d’anglais avant d’être prof de français et j’adorais la multitude de matériel à ma disposition. J’ai aussi été étudiante d’anglais et j’ai passé le C2 à un moment de ma vie. Cela avait été très facile de trouver du matériel de préparation à l’examen vraiment intéressant et très clairement structuré.

Quand je suis passée de l’enseignement de l’anglais à l’enseignement du français, j’ai tout de suite remarqué qu’il y avait moins de ressources disponibles pour les profs et pour les étudiants. Pour les petits niveaux, ça va, il y a pas mal de matériel. Mais dès qu’on arrive au niveau C1, c’est beaucoup moins évident, et ne parlons même pas du C2.

Pour la préparation d’examen, il y a peu de manuels. Souvent, les étudiant·es qui me contactent pour préparer le DALF n’ont soit aucun matériel, soit des manuels qui datent de 2007, voire 2005. Pas idéal.

Un livre plus récent et spécifiquement conçu pour la préparation du DALF que je trouve très bien est celui de la collection 100% réussite, aux Editions Didier.

Voici la couverture :

ISBN-10: 2278087940
ISBN-13: 978-2278087945

Il contient beaucoup de conseils pratiques, de nombreux exercices guidés, des exemples, des épreuves blanches et des corrigés. Pour l’avoir beaucoup utilisé, je pense pouvoir dire avec assurance qu’il contient très peu d’erreurs. Il y a quelques coquilles, mais dans l’ensemble, si vous avez le niveau requis, vous devriez être capable de les remarquer.

Si vous êtes indépendant·e et discipliné·e, vous pouvez travailler seul·e avec ce livre. Un peu de préparation avec un·e prof ne fait jamais de mal et vous aidera à prendre confiance en vous, mais tout le monde n’a pas les moyens ou le temps pour des cours et il n’est pas impossible de se préparer seul·e. J’avais préparé le C2 d’anglais seule avec des livres, sans prof, car je n’avais pas d’argent pour me payer des cours à l’époque, et ça s’était très bien passé. Par contre, j’avais des facilités à l’écrit (l’anglais est bien plus facile que le français à mon avis), et je n’ai rien fait d’autre que bosser et étudier pendant les trois mois précédant l’examen. Et j’étais hyper stressée le jour de l’examen oral. Mais je l’ai réussi avec une note décente.

Ce n’est pas un livre pour travailler la grammaire ou le vocabulaire. C’est un livre pour vous aider à travailler la méthodologie de l’examen. Il est entendu que vous avez déjà le niveau, que vous maitrisez la grammaire et que vous avez un vocabulaire avancé. Si ce n’est pas le cas et que vous n’avez pas un besoin urgent du diplôme, prenez le temps d’approfondir votre apprentissage avant d’envisager l’examen ! Lisez, écrivez, écoutez, parlez, enrichissez votre vocabulaire, perfectionnez votre grammaire, apprenez à dominer la langue, pour que si un jour vous décidez de passer l’examen, vous puissiez le faire les doigts dans le nez. Car si vous n’en avez pas absolument besoin, que vous apportera d’obtenir le diplôme avec 50% des points ? De plus, soyez bien conscient que cet examen est bien plus qu’un examen de langue. C’est un examen qui reste très académique et qui donne des cheveux blancs à la plupart des candidat·es.

Reformulation : être

Le verbe être est un verbe qui revient beaucoup trop souvent dans les écrits de mes étudiantes avancées. Ce n’est pas faute de leur dire d’essayer de le remplacer par des synonymes plus élaborés !

Je comprends que ce ne soit pas un exercice facile. Mais plus on s’efforce à le faire et plus cela devient facile. Et si vous souhaitez passer le DALF, il est essentiel que vous le fassiez. Si la majorité des verbes de votre synthèse et de votre essai argumentatif sont des conjugaisons du verbe être, vous n’allez pas faire très bonne impression. Pensez à ce que vous dites, au sens de ce que vous voulez dire et essayez de trouver un verbe aussi précis que possible.

Voici donc quelques exemples de reformulation :

  • Il est malade depuis hier. : Il se sent mal depuis hier.
  • Ce téléphone est à moi. : Ce téléphone m’appartient.
  • Je suis vraiment inquiète pour l’avenir de mes enfants. : L’avenir de mes enfants me préoccupe beaucoup.
  • Son appartement est dans le 13ème arrondissement : Il vit dans le 13ème arrondissement.
  • Il est bizarre en ce moment : Il se comporte bizarrement en ce moment.
  • Mon bureau est juste à côté de la pharmacie. : Mon bureau se trouve juste à côté de la pharmacie.
  • Il a été vraiment odieux avec elle. : Il s’est montré vraiment odieux avec elle.
  • Il est très grand. : Il mesure 1m90.
  • Il était roi de France. : Il régnait sur la France.
  • Ses vêtements étaient toujours trop larges. : Il portait toujours des vêtements trop larges.
  • Elle est toujours heureuse et détendue après avoir voyagé. : Ses voyages l’épanouissent.
  • Cet homme est beau et il me plait. : Cet homme attirant me plait.

On pourrait y passer la journée…

Ces exemples restent assez simples. Vous pouvez observer que parfois, dans la reformulation, le sujet du verbe être devient l’objet du nouveau verbe. C’est souvent avec ceci que les étudiants ont du mal. Ils pensent que trouver un synonyme veut dire simplement remplacer un mot, mais parfois, il faut chambouler l’ordre des mots et repenser la structure complète de la phrase. Forcez-vous à limiter votre utilisation du verbe être pour pouvoir penser à d’autres verbes et d’autres structures.

Couper les mots en français

Je me suis souvent fait la remarque que les étudiants de niveau avancé ne semblaient pas avoir appris comment couper les mots en fin de ligne. Mais comme je n’ai jamais ni appris ni compris où les couper en anglais (ni vraiment recherché d’ailleurs), je me suis dit que ce n’était pas très grave. Vous pouvez faire comme moi et éviter de vous trouver dans cette situation. Je ne coupe jamais mes mots quand j’écris en anglais. J’évite consciemment de le faire depuis toujours.

Mais si vous aimez le risque un peu plus que moi et que vous devez écrire en français à la main, dans le cas où vous êtes étudiant·e en France ou candidat·e au DELF ou au DALF, c’est en fait une règle utile à connaître. Je recommande aux étudiant·es que j’aide à préparer les examens de s’entrainer à écrire à la main pour les épreuves de production écrite et je remarque souvent qu’ils et elles coupent les mots à la mauvaise place et ne connaissent pas les codes du français écrit.

En français, on ne peut pas couper un mot au milieu d’une syllabe. Il faut donc savoir ce qu’est une syllabe. Il faut aussi être conscient qu’on peut parler de syllabe orale et de syllabe écrite.

Par exemple, le mot porte contient une syllabe orale /pɔʁt/, mais deux syllabes écrites : por-te

Observez maintenant le découpage de ces mots :

  • eau (1)
  • strict (1)
  • mè-re (2)
  • bon-jour (2)
  • châ-teau (2)
  • bel-le (2)
  • her-be
  • comp-ter (2)
  • pro-blè-me (3)
  • char-ret-te (3)
  • con-sen-te-ment (4)
  • en-tre-pri-se

Vous pouvez donc observer que les syllabes du français tournent autour des voyelles. Il n’y a pas de syllabe sans voyelle. Je vais essayer de ne pas être trop technique mais quand on parle de voyelle, on parle en fait de son de voyelle. Par exemple : eau, on, in, en, ou, etc. (que l’on appelle des graphèmes si vous voulez être technique)

Le e peut être muet à l’oral. Mais à l’écrit, il compte. C’est une voyelle. Les dernières syllabes de mère, belle, herbe, problème, charrette et entreprise ne sont pas des syllabes orales, mais ce sont bien des syllabes écrites. De même pour le te de consentement.

Une syllabe écrite, c’est donc au minimum une voyelle (ou un son vocalique), et c’est le plus souvent une voyelle associé à une consonne. Parfois on trouve plus de consonnes comme dans strict ou dans problème.

Et c’est là que ça devient un peu plus compliqué, mais pas tant que ça ! C’est facile de comprendre que ba, ce, di, fo, lu, mou, non, peau, rein, etc., sont des syllabes et qu’on découpe avant ou après. Mais qu’en est-il des mots dans lesquels plusieurs consonnes se suivent ?

  • on ne divise pas les graphèmes, c’est-à-dire les groupes de consonnes qui font un seul son, tels que ch /ʃ/, gu /g/, etc. (ex : pen-chant, lon-gueur)
  • les groupes consonne + l et consonne + r ne sont jamais séparés (comme dans pro-blè-me)
  • quand deux consonnes sont placées entre deux voyelles (ou sons de voyelle), on coupe entre les consonnes (bel-le, her-be)
  • on ne divise pas les consonnes finales (con-sen-te-ment)

À savoir aussi qu’on place le trait d’union en fin de ligne, pas en début de ligne.

Si vous parvenez à retenir tout ça, vous savez pratiquement tout ce qu’il y a à savoir. Ensuite, il y a aussi des règles de bon usage utiles à savoir :

  • On évite de couper un mot de deux syllabes autant que possible.
  • On essaie d’équilibrer, de couper le plus près possible du milieu du mot.
  • On essaie de ne pas couper après moins de trois lettres et de ne pas finir le mot sur la ligne suivante avec moins de trois lettres.
  • On ne coupe pas après une apostrophe.

Maintenant, si quelqu’un veut m’expliquer comment on fait en anglais…

Présentation d’une lettre formelle

Si vous vivez en France, vous avez surement vite appris que la communication se faisait encore beaucoup par courrier, probablement à votre grand désespoir. Je sais que moi, ça me désespère et même si j’aurais besoin d’effectuer certaines démarches (faire renouveler mon permis de conduire que je me suis fait voler en 2007, par exemple), je ne le fais pas car c’est déjà bien agaçant quand on est sur place, mais cela devient un vrai cauchemar quand on vit à l’étranger et je n’ai pas les nerfs pour gérer le stress administratif. J’avais dû m’inscrire à mon master à distance par la poste. J’ai des étudiantes qui vivent en France et hallucinent de devoir communiquer par courrier avec l’administration ou de devoir postuler à des emplois par courrier. Pourtant, Internet existe en France ! Mais c’est à croire que l’on préfère faire compliqué quand on pourrait faire beaucoup plus simple. Pour moi, ça résume assez bien la France. Curieusement, les services administratifs français à l’étranger sont beaucoup mieux organisés et la communication par mail est très efficace, avec des fonctionnaires en général très sympas.

Si vous ne vivez pas en France mais allez passer le DELF ou le DALF, il est possible que vous ayez à écrire une lettre formelle pour l’épreuve de PE. Il est donc important que vous sachiez comment présenter une telle lettre.

Voici donc un exemple :

  • N’utilisez pas votre vrai nom (vous devez être anonyme pour que le correcteur ou la correctrice ne soit pas influencé·e, au cas ou il/elle vous connaitrait ou reconnaitrait car il/elle vous aurait fait passer l’oral.)
  • Ayez un nom de DELF/DALF tout prêt, ainsi qu’une adresse, comme ça, pas besoin d’y réfléchir le jour de l’examen. Utilisez toujours les mêmes quand vous pratiquez.
  • Employez des formules de salutations et de congé adaptées.
  • Signez.
  • Lisez attentivement la question pour y répondre précisément. Si l’on vous demande d’exprimer votre mécontentement, vous pouvez toujours écrire : je me permets de vous écrire pour vous faire part de mon mécontentement en ce qui concerne le projet xxx / par rapport à xxx.
  • Ayez une liste de structures utiles prêtes à l’emploi (que vous aurez élaborée lors de votre préparation).
  • Articulez votre lettre avec des connecteurs logiques.
  • Suivez le même schéma que pour l’essai. Même si vous avez l’impression que ce n’est pas un essai (en effet, c’est une lettre, mais vous devez l’écrire pour la partie essai argumentatif et par conséquent, vous êtes un peu confus·e 😕 ), il faut structurer la lettre comme vous structureriez un essai : en 3 parties, avec 3 arguments, des exemples et des connecteurs logiques !
  • Respirez, tout va bien se passer !

Que faire après le DALF ?

Si votre but est de maitriser le français à un haut niveau, vous savez déjà certainement qu’avoir obtenu le DALF ne signifie pas que vous avez atteint votre but. Si vous arrêtez vos études de français après avoir reçu votre diplôme, il y a de grandes chances que vous ne progressiez plus, voire que vous régressiez, au risque de tout oublier un jour. Si vous avez réussi le DALF avec 50 points, ce n’est pas la même chose que si vous en aviez obtenu 90. Si vous étiez super bien préparé·e, il est possible que vous ayez réussi grâce à vos compétences méthodologiques et pas tant grâce à vos compétences linguistiques.

Il fut un temps où je parlais bien italien. Je pense que j’aurais pu réussir l’examen C1 à l’époque. Je lisais en italien et je regardais des films sans sous-titres. Je parlais avec pas mal de fluidité et je pouvais écrire correctement. Cela fait à peu près 7 ans que je ne le pratique plus. Je comprends encore pas mal de choses, mais je suis incapable d’avoir une conversation en italien aujourd’hui. Et si je ne me remets pas à l’espagnol très vite, j’ai peur qu’il ne m’arrive la même chose. Je le pratique encore occasionnellement, mais depuis mon départ d’Espagne il y a bientôt un an, je l’ai très peu pratiqué. J’ai regardé quelques films et séries en espagnol, j’ai dû prendre deux cours, je n’ai lu aucun livre, peut-être un article ou deux, et j’ai échangé quelques textos avec une copine espagnole. Je me donne l’excuse que cette année d’adaptation a été assez difficile, mais il faudrait vraiment que je m’y remette avant que cela ne me demande trop d’efforts.

Je travaille avec plusieurs étudiantes que j’ai connues avant le DALF. J’aime beaucoup travailler avec des étudiant·es qui ont vraiment envie de maitriser la langue et pour qui le DALF n’est pas une fin en soi. Vivre ou passer une longue période dans un pays francophone peut faire une grande différence dans l’apprentissage d’une langue mais ce n’est pas suffisant.

Cela fait 10 mois que je vis en Thaïlande. Vous croyez que je parle thaï ? Vous vous tromperiez ! Je le parle probablement moins bien qu’à mon arrivée car j’ai arrêté les cours il y a 6 mois, quand ma prof est partie en congé maternité et je n’ai pas encore eu envie de les reprendre pour diverses raisons. J’ai essayé de parler aux gens d’ici mais comme personne ne me comprenait, j’ai abandonné. Je n’ai pas essayé de faire d’échange linguistique. Je ne regarde pas de programmes thaïs. Je n’écoute pas de musique thaïe. Bref, je ne fais rien de ce qu’il faudrait que je fasse pour développer mes compétences linguistiques. Après l’été, je change d’attitude, je me le suis promis !

Tout ça pour dire qu’il est très facile de vivre dans un pays et de ne pas parler la langue ou de comprendre la culture. J’ai eu des étudiantes ayant vécu à Genève plusieurs mois, voire plusieurs années, qui avaient un niveau de français très basique. J’ai connu des étudiantes qui vivaient en France et qui ne parlaient pas du tout français. J’en connais aussi qui vivent en France et qui progressent continuellement. Et d’autres qui ne vivent même pas en France mais qui m’impressionnent avec leur progrès constant et leur implication. Elles sont vraiment très inspirantes.

Tout est dans l’attitude et le temps que l’on est prêt·e à consacrer à la langue. Une fois le DALF en poche, C1 ou C2, il est essentiel de continuer à étudier. Il faut que le français fasse partie de votre vie quotidienne. Il faut revoir les règles de grammaire régulièrement, il faut lire, écrire, écouter la radio, des podcasts, regarder des films ou autres, parler (se parler à soi-même marche aussi s’il n’y a personne à qui parler), prendre des notes, observer, remarquer, se faire des listes, réutiliser les nouveaux mots, les nouvelles expressions, s’interroger, consulter des livres, lire des blogs, surfer sur Internet, et, si on peut se le permettre, prendre des cours n’est jamais superflu. Les livres, c’est bien, mais ça ne répond pas à tout. La radio, c’est bien, mais le français parlé est en général truffé de fautes grammaticales. Ou du moins, les codes de l’oral sont très différents des codes de l’écrit et la grammaire ne ressemble pas toujours à ce que vous avez appris. Ni la prononciation. Et un prof de temps en temps, ça permet de dissiper vos doutes. Trouvez un·e prof qui correspond à votre personnalité, au type d’apprenant·e que vous êtes et avec qui vous aurez plaisir à apprendre.

Mais surtout, ne pensez pas qu’avoir obtenu le DALF veuille dire que vous parlerez toujours français et le comprendrez toujours ! Le diplôme est valide à vie mais si vous ne continuez pas à étudier, un jour, vous pourriez avoir avec la même relation avec le français que moi avec l’italien. Tous ces efforts, toutes ces heures passées à étudier, pour qu’il en reste si peu, c’est un peu frustrant quand même !

Tuyau pour candidat·es au DALF stressé·es

Si comme moi et beaucoup de mes étudiantes vous avez tendance à stresser en situation d’examen, il y a certaines choses que vous pouvez faire le jour J pour être sûr·e que vous n’oublierez pas tout ce que vous savez. Tellement de facteurs entrent en jeu, certains totalement hors de votre contrôle, et le résultat que vous obtiendrez ne reflètera pas forcément votre niveau de français. Mais si vous vous présentez au DALF, que vous avez le niveau, que vous vous êtes bien préparé·e et que vous êtes au point avec la méthodologie, seul le stress pourra vous mettre des bâtons dans les roues !

Vous savez qu’au DALF, vous devez démontrer que vous avez un niveau avancé de français, beaucoup de vocabulaire et de solides connaissances grammaticales. En plus d’être capable de produire des écrits et un exposé selon une méthodologie assez académique assez rigide.

Dans la vie de tous les jours, on ne parle généralement pas comme quand on fait un exposé de DALF et on n’écrit pas comme dans un essai de DALF. On omet les “ne” de la négation. On saute d’une idée à l’autre sans forcément utiliser de connecteurs logiques et sans même que nos idées aient un rapport logique. On utilise du langage familier. On ne relit pas ses emails. On écrit “ça“. On utilise toujours les mêmes mots. On peut consulter Internet quand on a des doutes. On peut faire des fautes sans que ça ne gêne la communication. Bref, la vraie vie est moins exigeante que le DALF quand il s’agit de communiquer et de s’exprimer. Ceci dit, si vous écrivez une lettre formelle dans la vraie vie ou étudiez à l’université, il est quand même recommandé de répondre aux exigences du DALF !

Une chose toute simple que vous pouvez faire le jour de l’examen, à la fois pour la PE et la PO, c’est de tout de suite faire sur votre brouillon une petite liste de structures et de formules que vous essaierez de placer dans votre essai et votre exposé et qui vous permettront de démontrer que vous avez des connaissances avancées. Cela vous prendra 2 minutes si vous la préparez avant l’examen et la mémorisez !

Quelques suggestions :

  • Formules pour exprimer votre opinion : à mon avis, selon moi, d’après moi, en ce qui me concerne, il me semble que, je partage l’avis du journaliste, on ne peut pas dire que, quant à moi, je ne suis pas certaine que, de mon point de vue, etc.
  • Connecteurs logiques : en revanche, toutefois, néanmoins, même si, quoique + SUBJ, bien que + SUBJ, pour que + SUBJ, d’un autre côté, ceci étant dit, en d’autres termes, etc.
  • Formules impersonnelles : il est important de…, il est nécessaire que…, il est primordial de…, on entend souvent dire que…, on pourrait penser que…, cela ne fait aucun doute que…, il est inacceptable que…, on pourrait regretter que…, etc.
  • Hypothèse : si + imparfait, conditionnel / si + plus-que-parfait, conditionnel passé, etc
  • Passif
  • Conditionnel
  • Subjonctif (structures + SUBJ)
  • Pronoms relatifs composés

Faites ce genre de liste au préalable. Faites votre propre liste avec des structures que vous savez bien utiliser mais qui ne vous viennent pas forcément naturellement. Si vous avez tendance à donner votre avis en disant tout le temps “je pense que…“, assurez-vous d’avoir d’autres options, par exemple. Si vous avez tendance à oublier d’utiliser le subjonctif après des structures qui exigent le subjonctif, alors que vous connaissez la théorie, écrivez-vous un rappel dès le début.

Reformulation : il y a

Quand vous écrivez au niveau C, il y a certains verbes, certains adjectifs et certaines structures que vous devriez éviter. Pas forcément parce qu’ils sont incorrects, mais parce qu’ils sont un peu trop simples, manquent de précision, de style, etc. Si vous écrivez beaucoup, alors évidemment, de temps à autre vous utiliserez le verbe être, le verbe avoir et “il y a”, et ce n’est pas du tout un problème. Mais si vous vous préparez pour le DALF, alors il est important de montrer que vous êtes capable d’écrire avec du vocabulaire et des structures un peu plus élaborées.

Il y a est une structure qui revient souvent dans les écrits de mes étudiantes. Et je répète donc souvent que ce n’est pas idéal. C’est trop simple, on sait que vous savez manier cette structure, on veut voir de quoi d’autre vous êtes capable !

Voici quelques extraits tirés d’écrits de mes étudiantes et des idées de reformulation :

  • Je suis sure qu’il y a des cours gratuits : Je suis convaincue que tu pourras trouver des cours gratuits
  • Il y a de nombreuses commémorations : De nombreuses commémorations prennent place
  • J’avais tout réservé il y a longtemps : J’avais tout réservé des mois à l’avance.
  • Il y a quelque chose d’impersonnel dans la collecte des données : La collecte des données semble terriblement impersonnelle
  • Il y a eu une grande fête : Une grande fête a été organisée
  • Il y avait quatre ou cinq personnes à côté du mur : Quatre ou cinq personnes se tenaient près du mur
  • Il y a eu une audition et elle a été choisie : Suite à une audition, elle a été sélectionnée
  • Il y a eu beaucoup de manifestations : De nombreuses manifestations se sont déroulées
  • Il y avait même une chorégraphie pour les manifestations : Les organisateurs avaient même inventé une chorégraphie pour les manifestations
  • Quand il y a des intérêts personnels : quand des intérêts personnels entrent en jeu

Si vous observez bien les reformulations, vous pouvez voir que l’objet de la phrase de départ devient parfois le sujet de la phrase reformulée. Pensez-y ! Très souvent, c’est une question de manque de vocabulaire, ou de manque de confiance en soi. Il y a, c’est une formule qu’on connait bien, qu’on maitrise, avec laquelle on prend peu de risques ! Mais essayez autant que possible de trouver des alternatives. Cela vous aidera aussi à enrichir votre vocabulaire et à développer des automatismes. De plus, vous paraitrez plus sophistiqué·e 🙂

DALF C1 – PO : la problématique

Le jour de l’examen, vous aurez une heure pour préparer votre exposé. Je n’a jamais connu d’étudiant·e qui trouvait que c’était trop long. Et c’est pourquoi il est important d’apprendre à organiser son temps.

À la lecture des titres des articles que vous aurez à lire, vous devriez être capable de saisir le thème de votre exposé assez facilement. D’ailleurs, le thème est habituellement clairement spécifié et c’est ainsi que vous ferez votre choix entre les deux sujets que vous aurez tirés au sort. Ensuite il faudra définir une problématique.

Mais qu’est-ce qu’une problématique ?

Ce n’est pas toujours clair pour les étudiant·es qui préparent l’examen. Et pourtant, il est essentiel d’avoir une problématique claire et précise car cela vous permettra de mettre des limites à votre exposé, de construire un plan et donc d’organiser vos idées de façon cohérente

La problématique, c’est votre angle de réflexion. C’est la question à laquelle vous allez essayer de répondre à travers votre exposé. Il n’y a pas un seul exposé possible pour chaque thème. Deux étudiantes peuvent proposer deux exposés très différents et obtenir toutes deux une très bonne note. Si leurs exposés sont différents, c’est probablement parce qu’elles auront choisi des problématiques différentes, c’est-à-dire deux angles de réflexion différents. Il est probable qu’elle auront également choisi des plans différents.

Prenons par exemple le thème de l’enseignement des langues étrangères à l’école. J’aurais peut-être d’autres idées si j’avais lu des articles sur ce thème, mais sans articles, je peux déjà penser à plusieurs problématiques et plusieurs plans.

  • Quels sont les enjeux de l’enseignement des langues étrangères à l’école? = plan thématique (1. enjeux politiques – 2. enjeux économiques – 3. enjeux culturels)
  • Pourquoi est-il essentiel d’enseigner les langues étrangères à l’école ? = plan thèse/antithèse/synthèse (1. il faut absolument enseigner les langues étrangères – 2. il n’y a pas que les langues qui comptent – 3. les langues sont essentielles dans notre monde globalisé)
  • Quel est l’avenir des langues étrangères à l’école ? = plan état des lieux / conséquences / solutions (1. quelle est la situation actuelle de l’enseignement des langues à l’école ? – 2. quelles sont les conséquences ? – 3. solutions pour améliorer la situation)

Vous connaissez les grands thèmes du DALF. Vous pouvez vous entrainer à formuler des problématiques et à penser à des plans qui leur correspondent. Rares sont les étudiant·es qui trouvent cet exercice facile au début. Mais après plusieurs tentatives, tout devient plus clair, je vous le promets ! J’ai vu des étudiantes qui préparaient leur examen plusieurs mois à l’avance faire cet exercice les doigts dans le nez (= très facilement) avant l’examen.

Connecteurs logiques : ajouter une idée

Parlons aujourd’hui de connecteurs qui permettent d’introduire une nouvelle idée. Parmi les plus communs, ceux avec lesquels les étudiants sont très à l’aise, on trouve et, aussi, ensuite, après, de plus, mais ils sont loin d’être les seuls et quand vous écrivez pour le DALF, on s’attend à en voir de plus variés. Je vais donc vous en donner quelques-uns de plus aujourd’hui. La liste ne sera pas exhaustive.

Imaginons que vous écrivez cet essai argumentatif proposé en exemple sur le site du ciep :

Je ne vais pas écrire d’essai, mais voici quelques phrases qui pourraient apparaitre dans un essai répondant à cette question. Ces phrases surviendraient après une ou plusieurs idées déjà soumises. Elles ne seraient pas toutes dans le même essai !

  • En outre, il me semble que proposer moins de langues en option aux élèves français quand nos voisins européens ne cessent d’en proposer plus leur portera préjudice une fois qu’ils seront confrontés au monde du travail et des entreprises.
  • De surcroit, de nombreuses études ont prouvé que l’apprentissage des langues étrangères à un jeune âge permettait au cerveau de mieux se développer et qu’ils avaient la capacité d’en apprendre six à la fois. Pourquoi limiter nos enfants ?
  • Sans compter que nous vivons dans une société multiculturelle, et que limiter le choix des élèves à certaines langues, toujours les mêmes, est une façon de leur faire comprendre qu’il y a des langues et des cultures, les leurs très souvent, qui ne valent pas la peine d’être enseignées et étudiées.
  • Qui plus est, il ne vous aura pas échappé que nous vivons dans un monde globalisé dans lequel le bilinguisme n’est plus l’exception. Pour pouvoir prétendre à une carrière internationale, ce à quoi de nombreux jeunes aspirent, il faut aujourd’hui être capable de parler trois langues minimum, voire quatre ou cinq ou même plus.
  • Nous pourrions également parler des avantages de l’apprentissage d’une variété de langues pour la société entière. Être confronté dès l’enfance à différentes cultures est une façon merveilleuse d’ouvrir les enfants au monde qui les entoure et de promouvoir la tolérance.
  • Quant à ceux qui pensent que seul l’anglais mérite d’être enseigné sous prétexte que tout le monde le parle, j’ai envie de leur dire que c’est justement parce que tout le monde le parle qu’il faut offrir d’autres choix !