Couper les mots en français

Je me suis souvent fait la remarque que les étudiants de niveau avancé ne semblaient pas avoir appris comment couper les mots en fin de ligne. Mais comme je n’ai jamais ni appris ni compris où les couper en anglais (ni vraiment recherché d’ailleurs), je me suis dit que ce n’était pas très grave. Vous pouvez faire comme moi et éviter de vous trouver dans cette situation. Je ne coupe jamais mes mots quand j’écris en anglais. J’évite consciemment de le faire depuis toujours.

Mais si vous aimez le risque un peu plus que moi et que vous devez écrire en français à la main, dans le cas où vous êtes étudiant·e en France ou candidat·e au DELF ou au DALF, c’est en fait une règle utile à connaître. Je recommande aux étudiant·es que j’aide à préparer les examens de s’entrainer à écrire à la main pour les épreuves de production écrite et je remarque souvent qu’ils et elles coupent les mots à la mauvaise place et ne connaissent pas les codes du français écrit.

En français, on ne peut pas couper un mot au milieu d’une syllabe. Il faut donc savoir ce qu’est une syllabe. Il faut aussi être conscient qu’on peut parler de syllabe orale et de syllabe écrite.

Par exemple, le mot porte contient une syllabe orale /pɔʁt/, mais deux syllabes écrites : por-te

Observez maintenant le découpage de ces mots :

  • eau (1)
  • strict (1)
  • mè-re (2)
  • bon-jour (2)
  • châ-teau (2)
  • bel-le (2)
  • her-be
  • comp-ter (2)
  • pro-blè-me (3)
  • char-ret-te (3)
  • con-sen-te-ment (4)
  • en-tre-pri-se

Vous pouvez donc observer que les syllabes du français tournent autour des voyelles. Il n’y a pas de syllabe sans voyelle. Je vais essayer de ne pas être trop technique mais quand on parle de voyelle, on parle en fait de son de voyelle. Par exemple : eau, on, in, en, ou, etc. (que l’on appelle des graphèmes si vous voulez être technique)

Le e peut être muet à l’oral. Mais à l’écrit, il compte. C’est une voyelle. Les dernières syllabes de mère, belle, herbe, problème, charrette et entreprise ne sont pas des syllabes orales, mais ce sont bien des syllabes écrites. De même pour le te de consentement.

Une syllabe écrite, c’est donc au minimum une voyelle (ou un son vocalique), et c’est le plus souvent une voyelle associé à une consonne. Parfois on trouve plus de consonnes comme dans strict ou dans problème.

Et c’est là que ça devient un peu plus compliqué, mais pas tant que ça ! C’est facile de comprendre que ba, ce, di, fo, lu, mou, non, peau, rein, etc., sont des syllabes et qu’on découpe avant ou après. Mais qu’en est-il des mots dans lesquels plusieurs consonnes se suivent ?

  • on ne divise pas les graphèmes, c’est-à-dire les groupes de consonnes qui font un seul son, tels que ch /ʃ/, gu /g/, etc. (ex : pen-chant, lon-gueur)
  • les groupes consonne + l et consonne + r ne sont jamais séparés (comme dans pro-blè-me)
  • quand deux consonnes sont placées entre deux voyelles (ou sons de voyelle), on coupe entre les consonnes (bel-le, her-be)
  • on ne divise pas les consonnes finales (con-sen-te-ment)

À savoir aussi qu’on place le trait d’union en fin de ligne, pas en début de ligne.

Si vous parvenez à retenir tout ça, vous savez pratiquement tout ce qu’il y a à savoir. Ensuite, il y a aussi des règles de bon usage utiles à savoir :

  • On évite de couper un mot de deux syllabes autant que possible.
  • On essaie d’équilibrer, de couper le plus près possible du milieu du mot.
  • On essaie de ne pas couper après moins de trois lettres et de ne pas finir le mot sur la ligne suivante avec moins de trois lettres.
  • On ne coupe pas après une apostrophe.

Maintenant, si quelqu’un veut m’expliquer comment on fait en anglais…

Connecteurs logiques : ajouter une idée

Parlons aujourd’hui de connecteurs qui permettent d’introduire une nouvelle idée. Parmi les plus communs, ceux avec lesquels les étudiants sont très à l’aise, on trouve et, aussi, ensuite, après, de plus, mais ils sont loin d’être les seuls et quand vous écrivez pour le DALF, on s’attend à en voir de plus variés. Je vais donc vous en donner quelques-uns de plus aujourd’hui. La liste ne sera pas exhaustive.

Imaginons que vous écrivez cet essai argumentatif proposé en exemple sur le site du ciep :

Je ne vais pas écrire d’essai, mais voici quelques phrases qui pourraient apparaitre dans un essai répondant à cette question. Ces phrases surviendraient après une ou plusieurs idées déjà soumises. Elles ne seraient pas toutes dans le même essai !

  • En outre, il me semble que proposer moins de langues en option aux élèves français quand nos voisins européens ne cessent d’en proposer plus leur portera préjudice une fois qu’ils seront confrontés au monde du travail et des entreprises.
  • De surcroit, de nombreuses études ont prouvé que l’apprentissage des langues étrangères à un jeune âge permettait au cerveau de mieux se développer et qu’ils avaient la capacité d’en apprendre six à la fois. Pourquoi limiter nos enfants ?
  • Sans compter que nous vivons dans une société multiculturelle, et que limiter le choix des élèves à certaines langues, toujours les mêmes, est une façon de leur faire comprendre qu’il y a des langues et des cultures, les leurs très souvent, qui ne valent pas la peine d’être enseignées et étudiées.
  • Qui plus est, il ne vous aura pas échappé que nous vivons dans un monde globalisé dans lequel le bilinguisme n’est plus l’exception. Pour pouvoir prétendre à une carrière internationale, ce à quoi de nombreux jeunes aspirent, il faut aujourd’hui être capable de parler trois langues minimum, voire quatre ou cinq ou même plus.
  • Nous pourrions également parler des avantages de l’apprentissage d’une variété de langues pour la société entière. Être confronté dès l’enfance à différentes cultures est une façon merveilleuse d’ouvrir les enfants au monde qui les entoure et de promouvoir la tolérance.
  • Quant à ceux qui pensent que seul l’anglais mérite d’être enseigné sous prétexte que tout le monde le parle, j’ai envie de leur dire que c’est justement parce que tout le monde le parle qu’il faut offrir d’autres choix !

Changements dans les examens du DELF et du DALF

Samedi dernier, je me baladais dans les rues de Kyoto quand mon téléphone, qui m’espionne constamment et me connait si bien, m’a envoyé une notification pour m’alerter qu’un article était susceptible de m’intéresser : Les épreuves des diplômes DELF et DALF évoluent.

En effet, le titre m’a tout de suite plu. Je ne l’ai pas lu immédiatement car c’était le weekend et j’avais plein de choses à faire et à voir à Kyoto et je ne voulais pas penser au travail. Mais j’ai quand même eu des réflexions qui m’ont très vite traversé la tête. Je me suis dit : “j’espère qu’ils ont changé le format du DALF et que les candidats seront plus évalués sur leurs compétences linguistiques que leurs compétences académiques” ; “peut-être qu’il vont proposer un DALF académique et un DALF général, comme pour le IELTS en anglais, car ça aurait beaucoup de sens de ne pas demander aux candidats ne souhaitant pas s’inscrire en fac de rédiger une synthèse et de faire des présentations orales exigeant 15 minutes de monologue, situation dans laquelle les candidats ne se trouveront probablement jamais s’ils ne comptent pas faire d’études supérieures en langue française” ; “peut-être qu’ils vont proposer une partie similaire à celle intitulée Use of English dans les examens d’anglais, dans laquelle les candidats pourront démontrer qu’ils connaissent la grammaire et ont du vocabulaire”, etc., mais en gros, j’espérais que le format du DALF changerait et serait moins intimidant, moins stressant, moins académique, plus axé sur la linguistique. Je me suis aussi demandé s’il allait falloir que je refasse une formation pour me mettre à jour, aller à Paris, et oh la la la, combien ça allait me couter toute cette histoire !

Un de mes amis a passé le C1 d’anglais l’an dernier et le C1 de français en mars de cette année. Il a été choqué de voir la différence entre les deux. Il a trouvé le C1 d’anglais beaucoup moins intimidant. Il s’en est bien sorti en français, mais jusqu’au dernier moment, il était dans un état de stress incroyable, qu’il n’avait pas ressenti avec le CAE (C1 d’anglais). Et il parle et comprend très bien le français depuis de nombreuses années ! Pour moi, il est évident qu’il faut changer le format du DALF et proposer quelque chose de plus semblable aux examens Advanced et Proficiency en anglais pour que ce soit plus juste. J’avais aperçu la première ligne de l’article qui disait quelque chose à propos des normes européennes. J’avais bon espoir.

Quand j’ai fait une pause pour déjeuner, j’ai lu l’article et j’ai été un peu (beaucoup) déçue. Les changements sont minimes et concernent principalement les niveaux A2, B1 et B2 : il n’y aura plus de questions à réponse ouverte, il y aura plus de questions à choix multiple, il y aura plus d’exercices mais moins de questions par exercice et la CE de B1 passera de 35 à 45 minutes. Et voilà. C’est ce que dit l’article en tout cas et comme il a été publié sur le site du ciep, je suppose que c’est exact.

En ce qui concerne le DALF, il y a un changement. Un seul : il n’y aura plus de domaines de spécialité. Les candidats ne pourront plus choisir entre Lettres et Sciences Humaines et Sciences.

Apparemment, les changements affectant le DELF vont nécessiter une période de transition… de 3 ans. C’est-à-dire que les formats actuels et les nouveaux formats vont coexister pendant 3 ans. C’est une estimation, donc cela pourrait être plus court… ou plus long je suppose. Hmmm.

Pour le DALF, le changement sera effectif dès mars 2020.

Je suis ravie de voir qu’ils essaient de changer le format des examens, mais j’aurais vraiment aimé plus de changement pour le DALF. De vrais changements. Je rêve d’un DALF moins académique pour les candidats ne souhaitant pas faire d’études supérieures en langue française. Qu’il reste tel quel pour celles et ceux qui souhaitent aller en fac, je trouve cela assez utile en fait. Si un·e candidat·e souhaite étudier en français, il ou elle devra maitriser les codes académiques français. Sinon, ses études risquent d’en pâtir. Et il est important d’avoir un niveau de correction linguistique très élevé. Cela va sans dire. Même si j’ai personnellement eu une prof en master qui faisait beaucoup de fautes de français. Elle était étrangère et experte dans son domaine, mais sa maitrise du français n’était pas parfaite du tout ! Parfois, certaines phrases dans ses cours me laissaient perplexe. Mais je m’égare. Ce que j’aimerais voir un jour, c’est un DALF général qui permettrait aux étudiants d’écrire des textes plus en adéquation avec la vie réelle et qui permettrait plus de créativité. Et aussi qui génèrerait beaucoup moins de stress.

Exprimer le but

J’entends régulièrement des structures un peu déformées quand il s’agit d’exprimer le but. En général calquées sur les structures de l’anglais. Et comme pour l’opposition et la concession, j’entends souvent les mêmes structures !

Essayons donc aujourd’hui d’exprimer une situation avec des structures variées : Marianne est française. Elle veut que ses enfants étudient en Angleterre plus tard. Elle leur paie des cours particuliers d’anglais avec un tuteur.

Voici maintenant quelques façons d’exprimer ceci avec des connecteurs de but. Observez si elles sont suivies du subjonctif ou de l’infinitif. :

  • Marianne a embauché un tuteur pour que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard. (J’entends souvent cela : *pour ses enfants pouvoir étudier.)
  • Marianne a embauché un tuteur afin que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de sorte que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de manière que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de façon que ses enfants puissent étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur dans le but denvoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur pour envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur afin d’envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur dans le but d‘envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur en vue d’envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de façon à envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.
  • Marianne a embauché un tuteur de manière à envoyer ses enfants étudier en Angleterre plus tard.

Il existe d’autres structures, mais elles n’iraient pas bien avec cette situation.

Au lieu d’un but à réaliser, pensons à un but à éviter. Véronique est une mère anxieuse qui ne laisse pas ses enfants sortir à cause de ses angoisses.

  • Véronique ne laisse pas ses enfants sortir de peur qu’ils soient exposés à des dangers.
  • Véronique ne laisse pas ses enfants sortir de crainte qu’ils soient exposés à des dangers.

Dans une situation plus légère, et plutôt à l’oral, on peut aussi utiliser la structure : histoire de.

  • Je vais appeler mes parents ce soir, histoire de leur signaler que je suis encore vivante !

Il y a aussi des structures qui peuvent être suivies d’un nom :

  • Envoyez-moi vos devoirs pour correction.
  • Je mets de l’argent de côté en vue d’un voyage.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais si vous parvenez à alterner toutes ces structures, c’est déjà pas mal !

Exprimer la concession

Après l’opposition la semaine dernière, je vais maintenant parler de la concession et de divers connecteurs qui l’exprime. Mais et pourtant, c’est bien, mais il y a de nombreux autres connecteurs que l’on préférerait entendre et lire dans vos PO et PE du DELF et du DALF.

Voici donc une situation : Lucas est beau. Il ne me plaît pas.

Comment pourriez-vous connecter ces deux idées ? Voici quelques exemples :

  • Lucas est beau mais il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Pourtant, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Cependant, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Toutefois, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Néanmoins, il ne me plaît pas.
  • Bien que Lucas soit beau, il ne me plaît pas.
  • Quoique Lucas soit beau, il ne me plaît pas.
  • Tout beau qu’il soit, Lucas ne me plaît pas.
  • Même s’il est beau, Lucas ne me plaît pas.
  • Malgré sa beauté, Lucas ne me plaît pas.
  • En dépit de sa beauté, Lucas ne me plaît pas.
  • Lucas, par ailleurs très beau, ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Or, il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Il n’en reste pas moins qu’il ne me plaît pas.
  • Lucas est beau. Il n’empêche qu’il ne me plaît pas.
  • Lucas a beau être très beau, il ne me plaît pas.

En modifiant un peu, on pourrait aussi dire :

  • Quand bien même Lucas serait le seul homme disponible aux alentours, je ne sortirais pas avec lui.
  • Quoi que les autres en pensent, Lucas ne me plaît pas.

Utilisez-vous toutes ces structures ? Savez-vous quand utiliser l’indicatif, le subjonctif, un verbe, un nom ?

Efforcez-vous de varier vos connecteurs quand vous vous préparez aux examens. Il y en a certainement qui vous plairont plus que d’autres et ce n’est pas un problème, mais assurez-vous de ne pas utiliser toujours les mêmes et de ne pas vous limiter à mais et pourtant.

Exprimer l’opposition

Si vous vous préparez à passer le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important de bien connaître les connecteurs logiques et de bien les utiliser pour articuler votre discours, autant à l’écrit qu’à l’oral.

Si vous préparez le DELF B2 ou le DALF, il faut que vous montriez que vous savez connecter vos idées avec d’autres connecteurs que et, mais, pourtant, parce que, donc, etc. Et quelle chance vous avez ! Le français est plein de connecteurs logiques qui expriment la cause, la conséquence, le but, la concession, l’opposition, etc. 🙂

Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’expression de l’opposition et voir comment exprimer la même idée avec des structures variées.

Situation : On a un frère et une sœur. Paul et Virginie. Deux caractères opposés. Le frère est fêtard. La sœur est studieuse.

  • Paul est fêtard tandis que Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard alors que Virginie est studieuse.
  • Autant Paul est fêtard, autant Virginie est studieuse.
  • Si Paul est fêtard, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Au contraire, Virginie est studieuse.
  • Contrairement à Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Par contre, Virginie est studieuse. (plutôt à l’oral)
  • Paul est fêtard. En revanche, Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. À l’opposé, Virginie est studieuse.
  • À l’opposé de Paul (qui est fêtard), Virginie est studieuse.
  • Paul est fêtard. Quant à Virginie, elle est studieuse.
  • Paul est fêtard. Virginie, elle, est studieuse.

Il y a quelques autres procédés pour exprimer l’opposition, mais avec cette situation, j’ai choisi de me limiter à ceux-ci. Je suis sûre que vous en connaissez quelques-uns, mais il est probable que vous ne les connaissez pas tous. Essayez de ne pas utiliser toujours les mêmes et réservez par contre pour l’oral et évitez-le dans vos PE d’examens et vos écrits formels. Dans la vie de tous les jours, utilisez par contre comme bon vous semblera, à l’oral comme à l’écrit. Moi, je ne m’en prive pas !

Lire la presse francophone pour préparer le DELF et le DALF

Si vous avez l’intention de passer le DELF B2 ou le DALF un jour, il pourrait être très utile pour vous de vous familiariser avec la presse francophone dès maintenant, et de ne pas attendre la dernière minute.

Pour les épreuves de compréhension écrite et de production orale, la plupart des textes sont tirés de journaux et de sites Internet français. Habituez-vous au style journalistique ! De plus, si vous lisez régulièrement la presse, vous remarquerez que les mêmes mots et les mêmes structures reviennent régulièrement. Variez les rubriques que vous lisez. Prenez des notes quand vous lisez. Repérez le nouveau vocabulaire. Observez les structures des phrases et les techniques qu’utilisent les journalistes pour éviter les répétitions. Analyser les articles : Comment est structuré le texte? Quelle idée chaque paragraphe contient-il ? Y a-t-il des connecteurs logiques ? Quels sont-ils ?

J’ai créé un document dans lequel vous trouverez des liens vers des quotidiens et hebdomadaires français et francophones et des magazines spécialisés. Vous le trouverez ici.

J’essaie également de partager au moins un article chaque semaine sur ce blog.

Connecteurs logiques : d’ailleurs / par ailleurs

Si vous préparez le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important d’articuler votre discours avec ces mots et structures que l’on appelle “connecteurs logiques” ou “mots de liaison”. Ils permettent de structurer ce que vous avez à dire, de montrer le lien logique entre vos idées. Vous les utilisez sans y penser dans votre langue maternelle, sans aucun doute. Je les mentionne régulièrement car toutes les semaines, voire tous les jours, une étudiante me pose des questions à leur sujet ou je dois expliquer pourquoi tel connecteur n’a pas vraiment de sens dans un certain contexte même si parfois il se traduit exactement comme l’étudiante le pense, mais dans un contexte différent.

Bref, pour parvenir à une maîtrise totale des connecteurs logiques, c’est du boulot ! Et passer par la traduction ne suffit pas toujours. Commencez par comprendre ce qu’ils expriment (une nuance ? une opposition ? une explication ? la cause ? la conséquence ? etc.) Observez comment ils sont utilisés et essayez de les utiliser le plus possible. N’oubliez pas que c’est en vous trompant que vous finirez par comprendre !

Aujourd’hui, je souhaite parler de deux connecteurs qui posent souvent problème : d’ailleurs et par ailleurs. On les utilise tous les deux pour ajouter des éléments supplémentaires, mais d’ailleurs sert à renforcer l’idée de départ, à rebondir dessus, alors que par ailleurs ajoute une idée nouvelle mais pas totalement déconnectée de l’idée de départ.

J’ai remarqué que les étudiants les évitaient. Et quand je les oblige à les utiliser, ils ne sont pas à l’aise. Alors observez quelques exemples :

  • J’ai envie de manger des pâtes pour le déjeuner. D’ailleurs, c’est ce que je vais faire ! (I want to eat pasta for lunch. That’s exactly what I’m going to do!)
  • “Vous avez bien reçu les devoirs pour le cours de demain ?” “Oui ! Je voulais vous remercier d’ailleurs !” (Have you received the homework for tomorrow’s class? Yes, I wanted to thank you actually!)
  • “J’ai envie de lui téléphoner. Elle me manque.” “Moi, à ta place, j’attendrais un peu. D’ailleurs elle m’a dit qu’elle ne voulait pas te parler.” (I want to call her. – If I were you, I’d wait a bit. Actually, she’s told me she didn’t want to talk to you.)
  • Il faut que je lui envoie un texto. D’ailleurs, tu peux me donner son numéro ? (I need to send him a text message. Actually, can you give me his number?)
  • Je trouve Paris très sale. Par ailleurs, les gens ne sont pas très aimables. (I find Paris very dirty. Moreover, people aren’t very friendly.)
  • On travaillera sur le subjonctif au prochain cours. Par ailleurs, j’aimerais qu’on parle un peu de votre dernier écrit. (We’ll work on the subjunctive in the next class. I’d also like to talk a bit about your last written work.)
  • Nous aimerions vous offrir le poste. Par ailleurs, vous êtes invité au dîner de fin d’année la semaine prochaine. (We would like to offer you the position. In addition, you’re invited to the end-of-year dinner next week.)

Faire des dictées

Les dictées permettent non seulement d’améliorer son écrit mais aussi sa compréhension orale, sa grammaire et son vocabulaire.

J’encourage tous mes étudiants à faire des dictées régulièrement. On en fait ensemble en cours de temps en temps et beaucoup d’entre eux utilisent ce site pour en faire plus. Vous pouvez l’utiliser sans créer de compte et commencer immédiatement. Vous pouvez aussi vous créer un compte gratuit et garder une trace de ce que vous avez fait.

Ce site est formidable car il propose une variété de dictées de différents niveaux, sur différents thèmes, avec des corrections en vidéo qui expliquent les points difficiles et vous permet de prendre conscience de ce que vous ne maîtrisez pas encore et que vous aurez peut-être envie de retravailler plus en détail. Ce sont pour la plupart des extraits de livres, très courts.

Ecrire en français n’est pas facile. J’ai rencontré peu d’étudiants qui pensaient le contraire. Il faut faire attention à tout quand on écrit. Ai-je bien conjugué mon verbe, accordé mon participe passé, accordé mon adjectif ? Ai-je bien choisi mes mots pour exprimer précisément les idées que je voulais transmettre ? Ai-je bien structuré mes phrases ?

Quand on fait une dictée, on travaille :

  • l’orthographe : bien sûr, c’est le but de cet exercice. Quand j’étais en primaire, on faisait des dictées toutes les semaines. Peut-être même tous les jours, je ne m’en souviens pas très bien. Si pour certaines personnes, l’orthographe est évidente, pour d’autres, c’est différent. Plus on voit/utilise les mots, plus on a de chance de les mémoriser. L’orthographe française n’est pas facile, mais on peut devenir très bon si on la travaille régulièrement. Les consonnes finales qui ne se prononcent pas et les doubles consonnes pourront un jour n’avoir aucun secret pour vous !
  • la grammaire : quand on fait une dictée, on se concentre sur la grammaire. Les dictées courtes sont plus faciles à relire et à analyser que les textes plus longs qu’on écrit parfois. L’exercice nous rend aussi plus conscient de la grammaire. C’est une des raisons pour lesquelles on le fait ! On vérifie que chaque verbe est bien conjugué, chaque adjectif bien accordé et on applique les règles de l’accord du participe passé !
  • le vocabulaire : parfois on ne comprend pas certains mots et quand on fait une dictée on doit tout écrire. Est-ce que ce mot nous rappelle un autre mot ? Peut-être sont-ils de la même famille. Si vous n’avez pas la moindre idée, essayez au moins d’écrire quelque chose qui soit phonétiquement logique. Puis, quand vous voyez le texte original, recherchez ce nouveau mot et empressez-vous de le réutiliser pour ne pas l’oublier !
  • la compréhension orale : il faut écouter avec attention. Entend-on un pluriel ou pas ? Si petit et petits se prononcent de la même façon quand ils sont seuls, il seront prononcés différemment dans “petit éléphant” et “petits éléphants“. Il faut prêter attention aux liaisons, aux pauses, à l’intonation pour être sûr de bien comprendre. Parfois, on a du mal à différencier les mots. Ai-je entendu Jean porte des livres ou j’emporte des livres ?

Quand vous préparez le B2, le C1 ou le C2, c’est un bon site à visiter régulièrement.

Arguments et exemples

Quand vous écrivez un essai argumentatif, il est très important que vous justifiiez vos arguments avec des exemples. Beaucoup d’étudiants semblent avoir du mal à le faire. Je lis souvent des essais qui présentent des arguments sans aucune justification. 

J’avais le même problème quand j’étais plus jeune. Mes profs de français me répétaient tout le temps que je devais développer mes idées car je donnais des réponses aux questions posées en un minimum de mots. Pour moi, cela suffisait à répondre à la question. J’aime les choses concises. J’étais d’ailleurs très bonne pour faire des résumés. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait faire cinq phrases quand, de mon point de vue, on pouvait dire la même chose en une seule. J’avais aussi ce petit côté rebelle qui pensait que j’avais le droit de penser ce que je voulais sans avoir à me justifier. Evidemment, je passais complètement à côté du but de l’exercice. Je ne saurais dire si ce but n’était pas clair parce que je n’avais pas été attentive ou si parce que les profs de l’époque ne s’embêtaient pas trop à nous expliquer pourquoi on faisait ce qu’on faisait en classe.

Aujourd’hui, je comprends beaucoup mieux pourquoi il importe de justifier ce que l’on dit et j’essaie de le faire comprendre à mes étudiants aussi. Plus vous expliquez pourquoi vous dites ce que vous dites, plus vous serez convaincant ! Et c’est ce qu’on vous demande : soyez convaincant !

Prenons un exemple : si l’on vous demande d’écrire un essai sur le thème de l’économie collaborative et de réagir à un article que vous avez lu dans un magazine qui critiquait durement ce type d’économie pour donner votre opinion, qu’allez-vous écrire ?

Vous pourriez écrire que vous comprenez que certaines personnes n’apprécient pas l’économie collaborative, surtout les hôteliers et les chauffeurs de taxis car ils gagnent moins d’argent maintenant, mais que pour les gens ne disposant pas d’un gros budget, Airbnb et Uber, c’est vraiment super. 

Voilà, votre opinion est donnée. 

Mais est-ce que vous m’avez convaincue de quoi que ce soit ? Est-ce que je vous prends au sérieux si c’est tout ce que vous avez à me proposer comme arguments ? Non, et non !

À chaque fois que mes étudiants affirment quelque chose, je demande pourquoi. Puis si leur réponse ne me satisfait pas totalement, je redemande pourquoi. Je pousse le pourquoi jusqu’à ce que j’ai vraiment compris pourquoi ils pensent comme ils pensent. Et c’est le raisonnement qu’il faut avoir quand on écrit pour convaincre. 

Parfois, c’est difficile de penser à des arguments et à des exemples quand le sujet ne nous touche pas de près. Il y a plein de sujets sur lesquels je n’ai pas d’opinion tranchée. Il y a plein de thèmes dont je me moque totalement. Et je sais que cela se passe avec mes étudiants aussi. Je suggère toujours de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre. Si l’on vous demande d’écrire au maire de votre ville pour protester contre un projet, mais que dans la vie, vous ne feriez jamais une telle chose, mettez-vous dans la peau d’un citoyen très militant, inventez-vous un personnage le temps d’un essai et imaginez ce que cette personne pourrait avoir à dire. Ce n’est pas toujours évident à faire, mais si vous le faites régulièrement, c’est comme tout, ça devient plus facile !

Si l’on retourne au sujet de l’économie collaborative, un des mes arguments est que c’est très bien pour les gens qui n’ont pas beaucoup de moyens. Pourquoi je pense ça ? Je peux m’appuyer sur ma propre expérience, sur celle de personnes que je connais, sur des situations que je connais ou je peux m’inventer un personnage. Et de cette façon, développer mon argumentation. Par exemple : si le seul choix qui s’offraient aux gens pour se loger en vacances étaient les hôtels, beaucoup de gens ne pourraient pas se permettre d’aller en vacances. Les hôtels coûtent cher et quand on loge à l’hôtel, il faut aussi calculer qu’on devra probablement manger au restaurant. Si un couple de Français moyens sans enfant peut probablement l’envisager, cela devient beaucoup plus difficile pour une famille avec deux enfants, même si les parents travaillent et surtout s’ils ne touchent que le salaire minimum. Par conséquent, les plateformes communautaires telles qu’Airbnb sont une alternative bienvenue pour beaucoup de familles. Elles permettent de réduire les dépenses et de mieux profiter de ses vacances. 

Et voilà. J’ai développé un argument. 

Dans vos essais argumentatifs, il faut essayer d’en développer trois. Selon le sujet, deux peuvent parfois suffire, mais en général, c’est trois. 

Pratiquez en vous demandant parfois pourquoi vous pensez ce que vous pensez et développez une petite argumentation dans votre tête ou à l’écrit.