Connecteurs logiques : d’ailleurs / par ailleurs

Si vous préparez le DELF ou le DALF, vous savez qu’il est important d’articuler votre discours avec ces mots et structures que l’on appelle “connecteurs logiques” ou “mots de liaison”. Ils permettent de structurer ce que vous avez à dire, de montrer le lien logique entre vos idées. Vous les utilisez sans y penser dans votre langue maternelle, sans aucun doute. Je les mentionne régulièrement car toutes les semaines, voire tous les jours, une étudiante me pose des questions à leur sujet ou je dois expliquer pourquoi tel connecteur n’a pas vraiment de sens dans un certain contexte même si parfois il se traduit exactement comme l’étudiante le pense, mais dans un contexte différent.

Bref, pour parvenir à une maîtrise totale des connecteurs logiques, c’est du boulot ! Et passer par la traduction ne suffit pas toujours. Commencez par comprendre ce qu’ils expriment (une nuance ? une opposition ? une explication ? la cause ? la conséquence ? etc.) Observez comment ils sont utilisés et essayez de les utiliser le plus possible. N’oubliez pas que c’est en vous trompant que vous finirez par comprendre !

Aujourd’hui, je souhaite parler de deux connecteurs qui posent souvent problème : d’ailleurs et par ailleurs. On les utilise tous les deux pour ajouter des éléments supplémentaires, mais d’ailleurs sert à renforcer l’idée de départ, à rebondir dessus, alors que par ailleurs ajoute une idée nouvelle mais pas totalement déconnectée de l’idée de départ.

J’ai remarqué que les étudiants les évitaient. Et quand je les oblige à les utiliser, ils ne sont pas à l’aise. Alors observez quelques exemples :

  • J’ai envie de manger des pâtes pour le déjeuner. D’ailleurs, c’est ce que je vais faire ! (I want to eat pasta for lunch. That’s exactly what I’m going to do!)
  • “Vous avez bien reçu les devoirs pour le cours de demain ?” “Oui ! Je voulais vous remercier d’ailleurs !” (Have you received the homework for tomorrow’s class? Yes, I wanted to thank you actually!)
  • “J’ai envie de lui téléphoner. Elle me manque.” “Moi, à ta place, j’attendrais un peu. D’ailleurs elle m’a dit qu’elle ne voulait pas te parler.” (I want to call her. – If I were you, I’d wait a bit. Actually, she’s told me she didn’t want to talk to you.)
  • Il faut que je lui envoie un texto. D’ailleurs, tu peux me donner son numéro ? (I need to send him a text message. Actually, can you give me his number?)
  • Je trouve Paris très sale. Par ailleurs, les gens ne sont pas très aimables. (I find Paris very dirty. Moreover, people aren’t very friendly.)
  • On travaillera sur le subjonctif au prochain cours. Par ailleurs, j’aimerais qu’on parle un peu de votre dernier écrit. (We’ll work on the subjunctive in the next class. I’d also like to talk a bit about your last written work.)
  • Nous aimerions vous offrir le poste. Par ailleurs, vous êtes invité au dîner de fin d’année la semaine prochaine. (We would like to offer you the position. In addition, you’re invited to the end-of-year dinner next week.)

Faire des dictées

Les dictées permettent non seulement d’améliorer son écrit mais aussi sa compréhension orale, sa grammaire et son vocabulaire.

J’encourage tous mes étudiants à faire des dictées régulièrement. On en fait ensemble en cours de temps en temps et beaucoup d’entre eux utilisent ce site pour en faire plus. Vous pouvez l’utiliser sans créer de compte et commencer immédiatement. Vous pouvez aussi vous créer un compte gratuit et garder une trace de ce que vous avez fait.

Ce site est formidable car il propose une variété de dictées de différents niveaux, sur différents thèmes, avec des corrections en vidéo qui expliquent les points difficiles et vous permet de prendre conscience de ce que vous ne maîtrisez pas encore et que vous aurez peut-être envie de retravailler plus en détail. Ce sont pour la plupart des extraits de livres, très courts.

Ecrire en français n’est pas facile. J’ai rencontré peu d’étudiants qui pensaient le contraire. Il faut faire attention à tout quand on écrit. Ai-je bien conjugué mon verbe, accordé mon participe passé, accordé mon adjectif ? Ai-je bien choisi mes mots pour exprimer précisément les idées que je voulais transmettre ? Ai-je bien structuré mes phrases ?

Quand on fait une dictée, on travaille :

  • l’orthographe : bien sûr, c’est le but de cet exercice. Quand j’étais en primaire, on faisait des dictées toutes les semaines. Peut-être même tous les jours, je ne m’en souviens pas très bien. Si pour certaines personnes, l’orthographe est évidente, pour d’autres, c’est différent. Plus on voit/utilise les mots, plus on a de chance de les mémoriser. L’orthographe française n’est pas facile, mais on peut devenir très bon si on la travaille régulièrement. Les consonnes finales qui ne se prononcent pas et les doubles consonnes pourront un jour n’avoir aucun secret pour vous !
  • la grammaire : quand on fait une dictée, on se concentre sur la grammaire. Les dictées courtes sont plus faciles à relire et à analyser que les textes plus longs qu’on écrit parfois. L’exercice nous rend aussi plus conscient de la grammaire. C’est une des raisons pour lesquelles on le fait ! On vérifie que chaque verbe est bien conjugué, chaque adjectif bien accordé et on applique les règles de l’accord du participe passé !
  • le vocabulaire : parfois on ne comprend pas certains mots et quand on fait une dictée on doit tout écrire. Est-ce que ce mot nous rappelle un autre mot ? Peut-être sont-ils de la même famille. Si vous n’avez pas la moindre idée, essayez au moins d’écrire quelque chose qui soit phonétiquement logique. Puis, quand vous voyez le texte original, recherchez ce nouveau mot et empressez-vous de le réutiliser pour ne pas l’oublier !
  • la compréhension orale : il faut écouter avec attention. Entend-on un pluriel ou pas ? Si petit et petits se prononcent de la même façon quand ils sont seuls, il seront prononcés différemment dans “petit éléphant” et “petits éléphants“. Il faut prêter attention aux liaisons, aux pauses, à l’intonation pour être sûr de bien comprendre. Parfois, on a du mal à différencier les mots. Ai-je entendu Jean porte des livres ou j’emporte des livres ?

Quand vous préparez le B2, le C1 ou le C2, c’est un bon site à visiter régulièrement.

Arguments et exemples

Quand vous écrivez un essai argumentatif, il est très important que vous justifiiez vos arguments avec des exemples. Beaucoup d’étudiants semblent avoir du mal à le faire. Je lis souvent des essais qui présentent des arguments sans aucune justification. 

J’avais le même problème quand j’étais plus jeune. Mes profs de français me répétaient tout le temps que je devais développer mes idées car je donnais des réponses aux questions posées en un minimum de mots. Pour moi, cela suffisait à répondre à la question. J’aime les choses concises. J’étais d’ailleurs très bonne pour faire des résumés. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait faire cinq phrases quand, de mon point de vue, on pouvait dire la même chose en une seule. J’avais aussi ce petit côté rebelle qui pensait que j’avais le droit de penser ce que je voulais sans avoir à me justifier. Evidemment, je passais complètement à côté du but de l’exercice. Je ne saurais dire si ce but n’était pas clair parce que je n’avais pas été attentive ou si parce que les profs de l’époque ne s’embêtaient pas trop à nous expliquer pourquoi on faisait ce qu’on faisait en classe.

Aujourd’hui, je comprends beaucoup mieux pourquoi il importe de justifier ce que l’on dit et j’essaie de le faire comprendre à mes étudiants aussi. Plus vous expliquez pourquoi vous dites ce que vous dites, plus vous serez convaincant ! Et c’est ce qu’on vous demande : soyez convaincant !

Prenons un exemple : si l’on vous demande d’écrire un essai sur le thème de l’économie collaborative et de réagir à un article que vous avez lu dans un magazine qui critiquait durement ce type d’économie pour donner votre opinion, qu’allez-vous écrire ?

Vous pourriez écrire que vous comprenez que certaines personnes n’apprécient pas l’économie collaborative, surtout les hôteliers et les chauffeurs de taxis car ils gagnent moins d’argent maintenant, mais que pour les gens ne disposant pas d’un gros budget, Airbnb et Uber, c’est vraiment super. 

Voilà, votre opinion est donnée. 

Mais est-ce que vous m’avez convaincue de quoi que ce soit ? Est-ce que je vous prends au sérieux si c’est tout ce que vous avez à me proposer comme arguments ? Non, et non !

À chaque fois que mes étudiants affirment quelque chose, je demande pourquoi. Puis si leur réponse ne me satisfait pas totalement, je redemande pourquoi. Je pousse le pourquoi jusqu’à ce que j’ai vraiment compris pourquoi ils pensent comme ils pensent. Et c’est le raisonnement qu’il faut avoir quand on écrit pour convaincre. 

Parfois, c’est difficile de penser à des arguments et à des exemples quand le sujet ne nous touche pas de près. Il y a plein de sujets sur lesquels je n’ai pas d’opinion tranchée. Il y a plein de thèmes dont je me moque totalement. Et je sais que cela se passe avec mes étudiants aussi. Je suggère toujours de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre. Si l’on vous demande d’écrire au maire de votre ville pour protester contre un projet, mais que dans la vie, vous ne feriez jamais une telle chose, mettez-vous dans la peau d’un citoyen très militant, inventez-vous un personnage le temps d’un essai et imaginez ce que cette personne pourrait avoir à dire. Ce n’est pas toujours évident à faire, mais si vous le faites régulièrement, c’est comme tout, ça devient plus facile !

Si l’on retourne au sujet de l’économie collaborative, un des mes arguments est que c’est très bien pour les gens qui n’ont pas beaucoup de moyens. Pourquoi je pense ça ? Je peux m’appuyer sur ma propre expérience, sur celle de personnes que je connais, sur des situations que je connais ou je peux m’inventer un personnage. Et de cette façon, développer mon argumentation. Par exemple : si le seul choix qui s’offraient aux gens pour se loger en vacances étaient les hôtels, beaucoup de gens ne pourraient pas se permettre d’aller en vacances. Les hôtels coûtent cher et quand on loge à l’hôtel, il faut aussi calculer qu’on devra probablement manger au restaurant. Si un couple de Français moyens sans enfant peut probablement l’envisager, cela devient beaucoup plus difficile pour une famille avec deux enfants, même si les parents travaillent et surtout s’ils ne touchent que le salaire minimum. Par conséquent, les plateformes communautaires telles qu’Airbnb sont une alternative bienvenue pour beaucoup de familles. Elles permettent de réduire les dépenses et de mieux profiter de ses vacances. 

Et voilà. J’ai développé un argument. 

Dans vos essais argumentatifs, il faut essayer d’en développer trois. Selon le sujet, deux peuvent parfois suffire, mais en général, c’est trois. 

Pratiquez en vous demandant parfois pourquoi vous pensez ce que vous pensez et développez une petite argumentation dans votre tête ou à l’écrit.

Les connecteurs logiques

Si vous étudiez le français depuis un moment, vous avez probablement entendu parler des connecteurs logiques et de leur importance dans le discours, que ce soit à l’écrit ou à l’oral. 

On en parle beaucoup quand on prépare un examen et j’ai déjà entendu des étudiants me dire qu’ils détestaient les connecteurs logiques. Pourtant, ils sont nécessaires et vous les utilisez régulièrement sans même vous en rendre compte. Ce sont ces petits mots qui servent à connecter vos idées et à articuler votre discours de façon cohérente. 

Ce qui est vrai, c’est qu’il y en a énormément en français et que quand vous atteignez un certain niveau, on attend de vous que vous utilisiez des connecteurs un peu plus élaborés que et, mais, parce que, donc, etc.

Je crois que la raison pour laquelle les étudiants ne sont pas toujours à l’aise avec les connecteurs logiques, c’est que bien souvent, des connecteurs exprimant la même idée s’utilisent complètement différemment. Certains vont exiger le subjonctif, d’autres l’indicatif. Certains vont se placer en début de phrase, d’autres en fin de phrase. Et même quand ils expriment la même idée, ils ne sont pas toujours interchangeables. Il y a en effet de quoi s’arracher les cheveux.

Cependant, je pense que si l’on y va petit à petit et que l’on s’efforce d’utiliser ces connecteurs pour tester comment ils fonctionnent, ce qui marche, ce qui ne marche pas, on finit par les trouver assez faciles en fait. J’ai vu beaucoup d’étudiants prendre confiance en eux avec les connecteurs à force de pratiquer. 

Ce qui peut être intéressant à faire aussi, c’est de relever tous les connecteurs qu’on observe quand on lit un texte et de se demander ce qu’ils expriment et ce qu’ils permettent de faire. Expriment-ils la cause, la conséquence, le but, l’opposition, la concession, le temps ? Servent-ils à introduire une idée, ajouter une idée similaire à la précédente, ajouter une idée nouvelle, renforcer une idée, préciser sa pensée, conclure ? Puis on peut observer s’ils sont suivis de l’indicatif, du subjonctif ou de l’infinitif et où ils sont placés dans la phrase. 

Vous savez tous utiliser parce que, mais savez-vous utiliser puisque, comme, sous prétexte que, en effet, étant donné, en raison de, pour, à force de, faute de, grâce à, dès lors que, etc., pour exprimer la cause ? Et je lis beaucoup d’écrit contenant des donc pour exprimer la conséquence, mais savez-vous utiliser par conséquent, c’est pourquoi, d’où, de sorte que, de ce fait, en conséquence, au point de, ainsi, aussi, etc. pour exprimer la même idée ?

J’ai parfois l’impression que les étudiants sont un peu dépassés par les connecteurs car bien souvent, on essaie d’en apprendre trop d’un seul coup. Et quand on se retrouve avec une longue liste de connecteurs qu’on a jamais vraiment utilisés auparavant, ça peut être décourageant. On se demande aussi à quoi ça sert d’en connaître autant s’ils expriment tous la même chose. On pourrait probablement communiquer sans véritable souci en en connaissant seulement quelques-uns. Pas faux, mais si vous limitez votre connaissance des connecteurs, vous allez énormément limiter vos compétences en français, car vous serez incapable de nuancer vos propos et d’adopter le ton adéquat à chaque situation. Vous risquez aussi de mal comprendre ce que vous écoutez ou lisez. Cela prend du temps mais vaut vraiment la peine ! 

À chaque fois que vous apprenez un nouveau connecteur, efforcez-vous de l’utiliser autant que possible jusqu’à ce que vous soyez à l’aise avec lui, puis passez au suivant. Faites des listes de connecteurs, avec des exemples pour chacun. Quand vous préparez un examen, assurez-vous d’être à l’aise avec une grande variété de connecteurs, surtout pour le DALF. 

J’essaierai d’écrire des posts plus spécifiques sur les connecteurs à l’avenir. 

L’importance d’écrire

Comme je le disais la semaine dernière, j’encourage mes étudiants à écrire régulièrement. Il y en a qui veulent seulement parler et d’autres qui n’ont véritablement pas le temps d’écrire car ils travaillent trop et je peux comprendre que dans ce cas, écrire puisse être considéré comme secondaire. 

Pour tous les autres, j’aime qu’ils écrivent et je pense que c’est bon pour eux. On ne peut pas atteindre un niveau C2 de français sans jamais écrire. Les étudiants qui me contactent pour préparer le DALF sont très rarement à l’aise avec l’écrit et je remarque souvent un décalage très net entre leur façon de s’exprimer à l’oral et celle de s’exprimer à l’écrit. L’une des raisons, c’est qu’ils n’ont jamais vraiment eu à écrire avant. Et quand on se rend compte que les codes du français écrits sont complètement différents des codes de l’anglais écrit ou même du français parlé, et qu’on s’est déjà inscrit à la prochaine session d’examen, on panique. 

Ecrire dès le début de l’apprentissage est bénéfique. Au début, on écrit des phrases toutes simples et petit à petit on commence à ajouter des connecteurs, des conjonctions, on varie les structures, on acquiert des automatismes au fil du temps. Atteindre la perfection demande du temps, je ne le dirai jamais assez ! Les étudiants préparant le DALF doivent se concentrer sur les techniques d’examen et à mon grand regret, beaucoup ne se donnent pas assez de temps pour atteindre le niveau C. Passer le C1 trois mois après avoir passé le B2 n’a aucun sens. Après le B2, il faut se donner du temps. Il faut lire (des textes courts et des textes longs), il faut pratiquer l’écoute (de styles différents, avec des accents différents), il faut enrichir son vocabulaire, continuer à travailler sa grammaire pour consolider ses connaissances, parler régulièrement et aussi écrire ! 

Cela ne veut pas dire que vous devez écrire des synthèses et des essais argumentatifs toutes les semaines. Vous pouvez varier les types d’écrits, vous pouvez varier votre style, votre registre, tout en étant très attentif à ce que vous faites. Quand on écrit, on doit être précis. On ne peut pas finir une phrase par bla bla bla, tu vois ce que je veux dire ou des choses comme ça. Il faut s’efforcer de trouver les mots justes. Il faut s’efforcer de soigner sa grammaire, car si l’on n’entend pas les s du pluriel ni les e du féminin, il faut qu’on les voie ! Il faut aussi s’efforcer de varier son vocabulaire car en français, les répétitions sont très mal vues. Il faut donc être très concentré quand on écrit.

C’est aussi l’occasion de se rendre compte que l’on ne sait pas dire quelque chose et de le rechercher dans le dictionnaire ou de demander à son prof. 

Quelques exemples d’écrits pour pratiquer :

  • Faire le résumé d’un livre, d’un film ou d’une série qu’on vient de regarder.
  • Réagir à un article qu’on vient de lire pour donner son opinion sur le sujet.
  • Ecrire un commentaire pour donner son avis sur un restaurant, un hôtel, un site touristique qu’on a visité (du type de ceux qu’on trouve en ligne )
  • Ecrire une lettre de réclamation à une entreprise qui vous a déçu (je suis sûre que tout le monde se retrouve dans cette situation de temps à autre et que l’inspiration peut venir facilement)
  • Ecrire sur vos souvenirs d’enfance / de jeunesse, de vacances,  sur des évènements particuliers de votre passé
  • Choisir un titre d’article dans un journal ou un magazine, imaginer l’histoire et écrire l’article vous-même

Quand on n’écrit pas pour un examen, on peut être aussi créatif qu’on le souhaite et écrire sur toutes sortes de sujets. Ces 6 exemples peuvent être utilisés régulièrement quand on n’a pas d’autres idées, mais laissez-vous aller et osez écrire d’autres choses. Vous n’avez pas besoin d’écrire de longs textes à chaque fois, mais si vous écrivez un ou deux paragraphes régulièrement (que vous faites corriger par votre prof ou quelqu’un de votre entourage qui maîtrise la langue française), vous développerez une aisance à l’écrit que vous ne pensez probablement pas possible avant de vous y mettre ! 

La lettre formelle : les formules de congé

Comme pour les formules de salutations, les formules de congé que l’on retrouve à la fin des lettres formelles françaises diffèrent de celles qu’on utilise en anglais et si vous voulez faire bonne impression, il est important de savoir conclure une lettre. 

Dans un courriel, vous pouvez utiliser Cordialement, suivi de votre signature. Mais dans une lettre formelle, on attend plus que ça ! 

Il y a tout une liste de formules de congé que l’on peut écrire, mais je dis souvent à mes étudiants d’en mémoriser une ou deux et de les utiliser dans chaque lettre qu’ils écrivent pour que cela devienne un automatisme. Je suis moi-même moyennement à l’aise avec ces formules très françaises que je trouve un peu pompeuses, mais si je dois communiquer de façon officielle avec une administration française, par exemple, je les utilise sans me poser de questions. 

Il est évidemment important d’adapter la formule à la situation. On ne conclura pas exactement de la même façon une lettre de motivation, une lettre de réclamation ou une lettre adressée au Maire. 

Pour une lettre de motivation, vous pouvez écrire : Dans l’attente d’une réponse que j’espère positive, je vous prie de recevoir mes sincères / meilleures salutations. 

Pour un courrier administratif :

  • Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations respectueuses.
  • Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués. 

Pour une lettre plus solennelle :

  • Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à ma très haute considération.
  • Veuillez croire, Madame la Maire, à l’assurance de ma considération distinguée.

Toutes ces formules ne sont que des exemples. Il en existe beaucoup d’autres et si vous avez déjà vos habitudes et que vous êtes sûr de vous, ne changez rien ! Il m’est souvent arrivé de lire des formules un peu étranges (confusion entre expression et assurance, par exemple) mais à vrai dire, je ne suis pas certaine que ce soit un véritable problème car j’aurais tendance à penser que peu de gens s’en apercevraient. 

La lettre formelle : les formules de salutations

Quand vous écrivez une lettre en anglais, il est tout à fait normal de commencer par “Dear …“, que vous connaissiez ou non la personne. Alors logiquement, on veut le traduire directement en français et utiliser “Cher…” ou “Chère…“. 

Toutefois, en France, nous n’utilisons pas cette formule quand on adresse une lettre à un ou une inconnu(e). D’ailleurs, j’ai longtemps trouvé difficile d’écrire “Dear…” en écrivant en anglais à quelqu’un que je ne connaissais pas, et même si je le fais sans me poser de questions à présent, j’avoue que je trouve toujours cela un peu bizarre. J’ai l’impression de ne pas être sincère.  Je ne connais pas cette personne, elle ne m’est pas chère ! Mais ce sont les codes en anglais, alors je le fais quand même.

Quand vous ne connaissez pas du tout la personne à qui vous vous adressez, vous écrivez tout simplement Madame, Monsieur, pour commencer votre lettre. Mais si vous savez que c’est une femme, vous écrivez Madame, et si vous savez que c’est un homme, vous écrivez Monsieur,

Si vous écrivez à une personne avec un titre, vous écrivez Madame la Directrice, Monsieur le Maire, etc.

Si vous connaissez le prénom de la personne, n’écrivez jamais Madame Sophie ou Monsieur Pierre ! Et gardez cher et chère pour vos amis et votre famille !

 

Conseils pour les étudiants souhaitant passer le DALF à l’avenir

Ces deux dernières semaines ont été très chargées pour moi à cause des examens. Pour cette session, j’ai principalement travaillé avec des candidats au DALF C1.

Je l’ai déjà souligné auparavant, le C1 n’est pas un niveau facile et il est impératif d’être bien préparé. Si vous n’avez pas pratiqué le français depuis longtemps, n’avez pas un vocabulaire très étendu, avez du mal à comprendre la radio en français, et n’êtes pas à l’aise avec la grammaire et les écrits structurés, vous n’avez probablement pas le niveau C1 et deux semaines de préparation, aussi intensive soit-elle, ne vous permettront certainement pas d’atteindre le niveau requis.

Voici les estimations du CIEP quant au nombre d’heures d’apprentissage nécessaires pour atteindre chaque niveau :

Pour atteindre le niveau C1, il faut de la régularité et du travail. Il faut se familiariser avec la culture francophone (à travers les journaux, les radios, et une variété d’émissions). Il faut avoir un niveau de grammaire avancé car on n’a pas le choix, le français est une langue grammaticale et on ne peut pas prétendre à atteindre un niveau avancé si l’on ne maîtrise pas la grammaire. L’on peut faire de petites erreurs de temps à autre, mais elles restent rares. Un étudiant de niveau C1 parle avec spontanéité et beaucoup de fluidité. Il a aussi beaucoup de vocabulaire. Il est très facile à comprendre.

Sur le site du CIEP, il est expliqué que l’utilisateur de la langue au niveau C1 est autonome. Il est capable d’établir une communication aisée et spontanée. Il possède un répertoire lexical large et peut choisir une expression adéquate pour introduire ses commentaires. Il produit un discours clair, bien construit et sans hésitation qui montre l’utilisation maîtrisée des structures.

Je ne suis pas fan des examens en général. Je les trouve injustes. Mais j’aime aider les étudiants à préparer les examens. Je trouve la préparation très intéressante, particulièrement quand les étudiants se donnent assez de temps pour préparer.

Deux semaines de préparation, c’est suffisant seulement pour les étudiants qui ont déjà le niveau et qui ont juste besoin de s’entraîner un peu pour bien comprendre le format de l’examen. Sinon, je ne suis pas une magicienne. Si vous n’avez pas le niveau deux semaines avant l’examen, vous ne l’aurez pas le jour de l’examen.

Si l’on se base sur le tableau du CIEP, 850 à 900 heures sont nécessaires pour parvenir au niveau C1. Ce n’est qu’une estimation. Certains étudiants y parviendront plus vite, d’autres auront besoin de plus de temps. Mais si l’on compte un peu et que l’on suppose qu’un étudiant étudie 4 heures par semaine toute l’année, sans faire de pause (j’en connais peu qui arrivent à maintenir ce rythme), on arrive à 208 heures à la fin de l’année. Au bout de 4 ans, il en sera à 832 heures. Pour un étudiant qui n’étudie que 2 heures par semaines, il faudra donc 8 ans et quelques pour atteindre les 850 heures.

Le niveau C1 est un niveau très gratifiant. Il représente beaucoup de travail et beaucoup de temps et j’aimerais que les étudiants s’en rendent compte et le voient comme un défi à relever, peu importe le temps que cela pendra, plutôt que comme un bout de papier qui leur permettra de mettre sur leur CV qu’ils ont un niveau avancé de français. Pour certains, c’est la vérité. Pour d’autres, c’est plus ambigu.

Je discutais avec un collègue hier qui me disait que toute l’année, des étudiants viennent le voir en lui disant qu’il leur faut un niveau B2 dans 3 mois parce qu’ils ont décidé de faire un Erasmus en France. Ce sont en général de jeunes gens, étudiants universitaires, qui sont loin du niveau B2 et qui ne sont pas vraiment prêts à s’investir pour atteindre ce niveau. Ils pensent que prendre des cours de B2 sera suffisant. Mais même avec le meilleur prof du monde, si l’étudiant ne s’investit pas et ne fournit pas de travail personnel sérieux, on ne passe pas du A2 au B2 en allant en cours deux heures par semaine et en n’étudiant pas en dehors des cours.

Moi, je suis vraiment perplexe face à ce comportement et je tiens à dire ici que je préfère, de loin, travailler avec des étudiants qui s’investissent et qui veulent vraiment atteindre un certain niveau plutôt qu’obtenir un bout de papier. Avis aux candidats de la prochaine session…