Rectification orthographique : simplification des consonnes doubles dans les verbes en -ELER et -ETER

Règle D1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne les verbes tels que carreler, ficeler, breveter, voleter, etc., qui se conjuguent maintenant sur le modèle de geler et acheter.

Au lieu de se conjuguer avec une double consonne, comme par exemple je ficelle ou il volette, on écrit maintenant je ficèle et il volète. Comme pour je gèle et il achète.

Il y avait des irrégularités. La rectification orthographique les a corrigées.

Quelques exemples :

  • épeler : j’épelle devient j’épèle
  • grommeler : je grommelle devient je gromèle
  • étinceler : j’étincelle devient j’étincèle
  • cliqueter : il cliquette devient il cliquète
  • haleter : il halette devient il halète
  • décolleter : il décollette devient il décolète

La même règle s’applique aux noms dérivés de ces verbes : on écrira grommèlement, étincèlement, cliquètement, halètement, nivèlement, ruissèlement, etc. Et non –ellement ou –ettement.

EXCEPTIONS : Certains verbes très très communs conservent leur conjugaison traditionnelle : appeler et ses composés, interpeler, et jeter et ses composés. Ils conservent la consonne double dans leur conjugaison : j’appelle, tu rappelles, elle interpelle, je jette, tu rejettes, il projette…

Rectification orthographique : le pluriel des noms et adjectifs empruntés à d’autres langues

Parlons aujourd’hui parler de la règle B2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. C’est une règle qui concerne les pluriel des noms et adjectifs étrangers et que j’accueille à bras ouverts car jusqu’à récemment, j’avais de gros doutes sur ce qui était correct ou pas. Je connaissais les anciennes règles, mais j’avais remarqué que dans l’usage, cela changeait d’une personne à l’autre, et je me demandais si j’avais raté un épisode ou si les gens ne connaissaient pas les règles.

Il est possible que les gens aient été aussi déroutés que moi, ou qu’ils aient su avant moi, je ne sais pas, mais j’avais bien raté un épisode.

J’étais arrivée au point où je me demandais si l’on devait écrire des sandwiches, ou des sandwichs. J’aurais plutôt écrit des sandwiches, mais j’avais des doutes à cause de l’anglais. Étais-je influencée par mon autre langue ? Devais-je dire des mafiosos ou des mafiosi, des stimulus ou des stimuli, des gentlemans ou des gentlemen, des scénarios ou des scénarii ? J’ai toujours eu le sentiment que les gens qui utilisaient le pluriel italien étaient un peu prétentieux (surtout quand ils ne maitrisaient évidemment pas les règles du pluriel de la langue italienne), mais c’est un sentiment très personnel qui n’engage que moi.

Avec la réforme de 1990, tout est simplifié : le pluriel des noms et adjectifs empruntés est régulier, c’est à dire qu’il suit les mêmes règles que les noms et adjectifs français :

  • un sandwich – des sandwichs
  • un match – des matchs
  • un stimulus – des stimulus
  • un boss – des boss
  • un gentleman – des gentlemans
  • un phi – des phis
  • un rush – des rush
  • un fiasco – des fiascos
  • de la musique soul – des musiques souls
  • un format standard – des formats standards

On notera que les noms ayant conservé leur valeur de citation (en général, des noms latins) continuent à s’écrire dans la langue d’origine. Il est précisé qu’ils devraient être mis en italique dans le texte pour indiquer qu’ils sont étrangers.

Là encore, les dictionnaires divergent. Le mien (Le Grand Robert de la langue française – que j’utilise en ligne, et qui pourrait facilement être mis à jour il me semble) donne gentlemen comme pluriel de gentleman par exemple.

Moi, je vous recommande d’appliquer les règles de la réforme, elles sont plus simples !

Rectification orthographique : le pluriel des noms composés

Je vais aujourd’hui parler de la règle B1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. Elle concerne les mots composés et leur pluriel. Je me souviens que quand j’étais à l’école primaire, ce point de grammaire posait problème à beaucoup de mes camarades. J’avais la chance d’avoir des facilités, alors j’avais intégré la règle facilement à l’époque, mais je l’avais ensuite un peu oubliée. Pourquoi ? Parce que c’était un peu compliqué. Il y avait trop d’irrégularités !

Maintenant, c’est plus clair. On met la marque du pluriel sur le deuxième mot seulement, pour :

Les noms composés d’une forme verbale et d’un nom commun :

  • un brise-glace = des brise-glaces
  • un abat-jour = des abat-jours
  • un cure-dent = des cure-dents
  • un protège-cahier = des protège-cahiers
  • un ramasse-feuille = des ramasse-feuilles

Les noms composés d’une préposition et d’un nom commun :

  • un sans-abri = des sans-abris
  • un après-midi = des après-midis
  • un à-côté = des à-côtés
  • un hors-jeu = des hors-jeux
  • un après-ski = des après-skis

Pour ce qui est des noms composés d’un adjectif et d’un nom, rien n’est précisé. Doit-on écrire des grand-mères ou des grands-mères ? Mon dictionnaire (le Grand Robert de la langue française) dit que les deux sont possibles ! Par contre, pour la forme pluriel d’un petit-fils, il n’autorise que petits-fils. De mon point de vue, il serait plus logique de n’avoir qu’une seule règle, non ? À savoir que cela varie selon les dictionnaires…

J’écrirai un post plus complet bientôt sur les règles des noms composés d’un adjectif et un nom, de deux adjectifs, de deux noms, d’un adverbe et un nom, d’un nom et un adjectif, etc. J’avais déjà parlé dans ce post des accords des adjectifs de couleur, qui sont parfois composés de plusieurs éléments.

Lire en français sur Kindle ou autre tablette

On m’a offert mon premier Kindle en 2011, la veille d’un voyage qui devait durer deux mois.

Quand cette liseuse est sortie, je n’étais pas convaincue. J’étais de celles et ceux qui disaient que non, vraiment, je préférais lire de vrais livres. J’aimais tenir un livre entre mes mains. Je n’avais pas de smartphone non plus.

Mais dès que j’ai touché mon Kindle, je l’ai adopté sans hésiter. Il allait être tellement pratique lors de mon périple. J’ai immédiatement téléchargé des livres et comme c’était un Kindle 3G, j’ai pu en télécharger d’autres très facilement durant mon voyage, même quand j’étais sur une ile où personne n’avait Internet. J’en ai lu plus de 20 pendant ce voyage et depuis, je lis principalement sur Kindle. Pas seulement, mais la grande majorité des livres que j’ai lus ces dernières années étaient sur mon Kindle. Quand j’ai lu un livre en papier après ce voyage, je me suis surprise à appuyer à droite de la page pour la tourner. On s’habitue vite à quelque chose qui ne nous intéressait pas au départ ! Je ne m’imagine plus vivre sans mon smartphone non plus.

Je lis majoritairement en français et en anglais, mais j’ai aussi lu quelques livres en espagnol et en italien sur mon Kindle. Et j’ai tout de suite vu le potentiel d’un tel appareil pour améliorer mes compétences linguistiques.

On peut télécharger divers dictionnaires gratuitement, et il suffit d’appuyer sur un mot pour avoir soit la définition, soit la traduction, voire les deux. C’est tellement plus pratique que d’ouvrir un dictionnaire pour chercher un nouveau mot. D’ailleurs, est-ce que vous cherchez vraiment tous les mots que vous ne comprenez pas dans un livre ? C’est pénible, non ? On n’avance pas dans l’histoire et c’est difficile de garder sa motivation pour continuer. Ou alors, on continue sans chercher, pour prendre plaisir à lire, on comprend les mots inconnus dans le contexte, on devine, mais combien de nouveaux mots aurons-nous vraiment retenus à la fin ?

Avec le Kindle, on n’a pas besoin de poser son livre pour connaitre la définition d’un mot. De plus, on peut surligner des mots, des phrases, des passages entiers et écrire des notes que l’on pourra relire plus tard. Les Kindle en couleur, tel le Kindle Fire, permettent même de surligner en plusieurs couleurs, ce que je trouve très pratique. On peut aussi télécharger l’application sur Ipad et faire la même chose. Je ne sais pas si tous les appareils ont cette fonction, mais le Kindle Paperwhite que je possède a une fonction “vocabulary builder”, qui permet d’envoyer tous les nouveaux mots au même endroit et de reprendre la liste plus tard si on le souhaite. J’ai essayé de l’utiliser quand je débutais en espagnol. Il y avait trop de mots dans ma liste, c’était un peu décourageant en fait. Mais pour les étudiants avancés, je pense que cela peut être une bonne façon d’enrichir son vocabulaire. Vous pouvez lire tranquillement et régulièrement et vous fixer un objectif. Par exemple : aujourd’hui, je lis jusqu’à ce que j’aie relevé 10 nouveaux mots. Puis vous faites un travail plus approfondi sur ces dix nouveaux mots pour tenter de les mémoriser.

Si comme moi, vous avez l’impression de toujours courir après le temps mais que vous adorez lire et enrichir votre vocabulaire, lire sur liseuse peut s’avérer très efficace !

Rectification orthographique : participe passé de LAISSER

Je vais aujourd’hui parler de la règle E du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. J’applique cette règle depuis longtemps et je l’enseigne à mes étudiants, mais je ne savais pas qu’elle faisait partie de la réforme de l’orthographe.

Je sais que l’accord du participe passé peut être un casse-tête pour beaucoup, Français inclus. Mais comme je l’avais expliqué dans ce post, je ne pense pas que ce soit une règle plus difficile qu’une autre. Il suffit de l’apprendre, la pratiquer et la mémoriser. Elle crée des doutes parfois, même chez celles et ceux qui connaissent bien la grammaire, alors c’est bon de réviser les règles de temps à autre. Je pense pouvoir dire que je connais très bien la grammaire, mais il m’arrive de douter. Surtout si je dois utiliser une règle à laquelle je n’avais pas réfléchi depuis longtemps.

La règle d’aujourd’hui est très facile : le participe passé laissé suivi d’un infinitif est invariable quand il est utilisé avec l’auxiliaire avoir ou en emploi pronominal (se laisser). Vous connaissez peut-être cette règle avec le participe passé de faire. C’est exactement la même.

Quelques exemples :

  • Je les ai laissé refroidir avant de les servir.
  • Ils nous ont laissé sortir 10 minutes pour faire une pause.
  • Mes chaussures ? Je les ai laissé sécher dehors.
  • Nous nous sommes laissé tenter par un dernier verre.
  • Elle ne s’est pas laissé embrasser car il ne lui plaisait pas.

Rectification orthographique : l’accentuation des mots empruntés aux autres langues

Nous arrivons maintenant à la règle C4 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée qui concerne les accents sur les mots étrangers.

Je me suis rendu compte que c’était une règle que j’appliquais sans aucune constance. J’écris bien média et téquila, mais j’écris pizzeria et diesel. Selon la réforme, e devient é dans les mots étrangers lorsqu’il se prononce é. Logique ! On écrira donc bien média et téquila, mais aussi pizzéria, diésel, artéfact, égo, véto, placébo, critérium, crédo, nucléus, mémorandum, spéculum, ténuto, kébab, etc.

De la même façon, e deviendra è quand il se prononce è. Comme dans faciès, condottière ou limès par exemple.

Et finalement, a devient à quand il est considéré comme une préposition comme dans à priori, à capella, à minima, etc.

On ne mettra pas d’accent quand les mots ont valeur de citation. Le livre donne l’exemple du mea culpa. Il explique aussi que le Nouveau Littré l’orthographie déjà méa-culpa et suppose qu’il sera un jour écrit en un seul mot.

Rectification orthographique : le tréma

Parlons aujourd’hui de la règle C3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée qui concerne l’emploi du tréma.

J’ai longtemps enseigné à mes étudiant·es que le tréma se plaçait sur la seconde voyelle et signifiait que la voyelle précédente était prononcée, comme dans aiguë et ambiguïté. Et pourtant, cette règle m’avait toujours énervée, car je la trouvais compliquée et illogique. Si j’avais su que depuis 1990, on peut en fait mettre le tréma sur le u dans les suites güe et güi, ça m’aurait fait très plaisir et aurait surement simplifié la vie de mes étudiant·es.

On écrit donc aujourd’hui aigüe, ambigüité, ambigüe, contigüe, contigüité, etc.

On ajoute aussi un tréma sur certains mots pour que la prononciation soit logique. Je me souviens d’une prof de français au lycée qui m’avait reprise sur le mot gageure, que j’avais prononcé comme rimant avec heure. Comment aurais-je pu deviner qu’il fallait que je le fasse rimer avec pure ? L’orthographe de ce mot est complètement illogique. Ou l’était, devrais-je dire, jusqu’à ce que le Conseil supérieur de la langue française propose d’y ajouter un tréma pour l’écrire gageüre et ainsi l’écrire comme il se prononce. La même règle s’applique à d’autres mots, plus rares, dont j’avoue ne pas vraiment connaitre le sens : bringeüre, égrugeüre, mangeüre, vergeüre, etc.

C’est aussi le cas du verbe arguer, qui devient argüer après les rectifications, car il rime avec tuer. Le tréma se retrouve dans les formes conjuguées : j’argüe, nous argüons, en argüant, etc.

J’aime beaucoup cette rectification !

Rectification orthographique : mots composés

Je vais aujourd’hui parler de la règle A5 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée

Cette règle concerne les mots composés, mais pas tous. Ils étaient trop nombreux pour qu’on décide de tout modifier, mais des modifications ont été apportées dans un souci d’alignement de mots semblables. L’exemple le plus souvent donné est celui de porte-monnaie, devenu portemonnaie, pour ressembler à portefeuille. Il était aussi question de souder les mots dont le sens n’était plus perçu comme il avait pu l’être autrefois. C’est ainsi que j’ai appris que pot-pourri s’écrivait maintenant potpourri.

Cette règle s’applique au mots composés avec bas, basse, bien, haut, haute, mal, mille, croque, et quelques autres. Je suis encore en phase d’apprentissage avec cette règle car dans la petite liste donnée par le livre, j’écrivais hier encore la plupart des mots avec un trait d’union. Mais c’est bien de connaitre la règle et de s’interroger quand on veut écrire un mot composé.

Quelques exemples du livre : une bassecour, le bienêtre, un hautparleur, un millepatte, une chauvesouris, un croquemonsieur, un fairepart, un porteclé, un rondpoint, une sagefemme, un tirebouchon, une volteface. Ils ont tous un pluriel régulier.

J’ai choisi tous ces exemples car ce sont des mots à priori simples, que j’ai toujours envie d’écrire avec un trait d’union et que ni WordPress, ni mon dictionnaire en ligne (Robert) ne reconnaissent sans le trait d’union.

La règle A5 mentionne également les mots composés formés d’un verbe et du mot tout. Le trait d’union disparait pour ne former qu’un seul mot, comme dans de l’essuietout, un fourretout, un vatout, etc.

Rectification orthographique : onomatopées et mots étrangers

Voici la règle A4 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. Elle est divisée en deux parties et concerne encore des mots auparavant écrits avec un trait d’union (ou un espace) qui s’écrivent à présent sans trait d’union (ni espace) mais en un seul mot.

La première concerne les onomatopées ou mots similaires. Petit rappel : les onomatopées sont des mots qui imitent ou évoquent des bruits, comme miaou, meuh, vlan, etc.

Jusqu’à récemment, j’écrivais bla bla bla. Mais en fait, j’aurais pu écrire blablabla depuis 1990. Les mots composés à partir d’onomatopées sont désormais soudés. Le livre donne quelques exemples, tels que guiliguili, tictac, hihan, chachacha, etc. De plus, leur pluriel est régulier, c’est-à-dire que l’on ajoute un s : du blablabla, des blablablas.

La deuxième partie de la règle A4 concerne les mots d’origine étrangère bien implantés dans l’usage, c’est-à-dire qu’on utilise régulièrement et facilement depuis longtemps. Avant, on écrivait base-ball, cow-boy, statu quo, hara-kiri. Maintenant, on écrit baseball, cowboy, statuquo, harakiri, etc.

On ne soude pas les mots pour lesquels la soudure entrainerait une prononciation erronée. Le livre donne l’exemple de music-hall. Si l’on enlevait le trait d’union, la prononciation ne serait plus bonne, alors on le garde.

À noter également que tous les mots étrangers ne sont pas soudés et que cette règle affecte principalement des noms.

Rectification orthographique : les mots composés d’éléments savants

C’est la règle A3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée : comme pour les règles A1 et A2, il n’y a plus de trait d’union.

Quand on parle d’éléments savants, on parle de ces préfixes (se terminant en majorité par o, mais pas que) tels que : agro, auto, électro, socio, hydro, néo, anti, etc. Un élément savant ne constitue pas un mot autonome. Il doit être associé à un mot pour former un mot. Est-ce clair ? 🤔 Exemples à suivre !

Avant la réforme de l’orthographe, on écrivait auto-évaluation, agro-alimentaire, néo-libéral, télé-conférence, mini-jupe, anti-bactérien, etc.

Depuis la réforme, il n’est plus nécessaire de mettre un trait d’union. On écrira donc : autoévaluation, agroalimentaire, néolibéral, téléconférence, minijupe, antibactérien.

À noter que l’on garde le trait d’union dans les mots pour lesquels la soudure nous forcerait à mal prononcer le mot. Si le deuxième mot commence par un i ou un u par exemple, et que le mot savant se termine par un o, on devra prononcer oi /wa/ et ou /u/ s’il n’y a pas de trait d’union. On continue donc à écrire bio-industrie et socio-ingénierie, entre autres, pour respecter la prononciation.

À noter également que l’on garde le trait d’union quand il sert à marquer une relation de coordination entre deux termes désignant des noms propres ou géographiques, comme franco-vietnamien, anglo-américain, russo-turc, etc.