Rectification orthographique : ajout d’un accent sur le E

Parlons aujourd’hui de la règle F3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous apprend qu’un accent a été ajouté dans quelques mots où il avait été omis ou dont la prononciation a changé.

Pourquoi écrire assener, alors que l’on prononce asséner, refréner alors que l’on prononce réfréner ou gelinotte alors que l’on prononce gélinotte ?

Le e devient donc é si l’on prononce é et peut aussi devenir è si l’on prononce è.

Cette règle a clarifié quelque chose d’important pour moi. J’adore les magasins où l’on peut acheter des cahiers, des crayons, des classeurs, des gommes, des agendas, etc. Vous voyez de quel magasin je parle sans aucun doute. Vous savez comment il s’appelle ? J’ai toujours eu des doutes sur comment l’écrire. Car je l’ai souvent vu orthographié papeterie, alors que je l’ai toujours prononcé papèterie ! Je l’ai aussi très souvent vu mal orthographié en anglais, mais c’est un autre sujet.

La règle F3 explique que certains mots ont deux prononciations acceptées. On peut apparemment dire gangreneux ou grangréneux, receleur ou recéleur, et selon notre prononciation, on mettra un accent aigu sur le e ou non. Pareil pour certains mots tels que papeterie ou papèterie, louveterie ou louvèterie, etc. On mettra un accent grave sur le e selon notre prononciation. La règle parle aussi spécifiquement du mot féerique, que j’ai longtemps écrit féérique, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je me trompais, mais en fait, je ne me trompais pas ! Je dis féérique, je peux donc écrire féérique. Les deux orthographes sont possibles.

Cette règle n’est pas évidente si le français n’est pas votre langue maternelle je suppose. Mais je dirais que la tendance est plutôt de mettre l’accent quand deux prononciations sont possibles car la plupart des gens, me semble-t-il, prononcent ces mots avec le son é ou è. Tous les mots que j’ai cités ici avec deux prononciations possibles, je les prononce avec l’accent et j’ai l’impressions que je les entends toujours avec l’accent aussi.

Rectification orthographique : suppression des anomalies

Nous allons voir la règle F2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, qui nous explique que quelques anomalies ont été supprimées.

Cette règle a beaucoup fait parler d’elle car c’est celle qui a supprimé le i de oignon pour en faire ognon, sur le modèle de rognon et trognon, et qui a rectifié le ph de nénuphar en f pour en faire nénufar. Il y a eu beaucoup de mécontents ! Je ne sais pas vraiment pourquoi…

Cette règle n’a pas touché énormément de mots. Le livre donne les exemples suivants (en plus d’ognon et nénufar) :

  • absous (participe passé du verbe absoudre) devient absout (logique car le féminin est absoute), et dissous (de dissoudre) devient dissout (comme le féminin dissoute)
  • levraut (jeune lièvre) devient levreau, comme agneau
  • relais devient relai, comme balai, essai
  • eczéma devient exéma, comme exécuter
  • asseoir devient assoir, rasseoir devient rassoir, etc.
  • appas devient appâts
  • cuissot devient cuisseau
  • douceâtre devient douçâtre
  • le h disparait dans saccharine, saccharose, saccharifier, etc. Ils deviennent donc saccarine, saccarose et saccarifier, etc.

Les deux orthographes de chaque mot sont toujours acceptées, mais il est préférable d’utiliser la nouvelle orthographe. Plus de gens l’utiliseront, plus elle deviendra normale.

À savoir que les rectifications sont en fait des corrections et que ceux qui ont crié au scandale quand il a été suggéré d’écrire nénufar au lieu de nénuphar, qui ont accusé les réformateurs de vouloir assassiner la langue française en faisant disparaitre son étymologie, n’étaient pas vraiment bien renseignés. Ce mot vient de l’arabe avec un f et non du grec avec un ph. L’étymologie est donc bien respectée. Il était écrit avec un f à l’origine, avant que quelqu’un fasse une erreur et qu’il se retrouve avec ph dans les dictionnaires, faisant ainsi oublier la graphie d’origine.

Comme expliqué dans le podcast dont j’ai parlé il y a deux jours, l’orthographe française n’est pas logique, et son manque de logique tient souvent à des erreurs…

Rectification orthographique : harmonisation des familles de mots

Nous arrivons à la règle F1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, grâce à laquelle quelques familles de mots ont été harmonisées.

Par famille de mots, on entend des mots qui sont construits sur le même radical. Par exemple : terre, terrestre, territoire, atterrir, déterrer, enterrement, etc. On peut observer le double R dans tous ces mots construits à partir de TERRE.

Ils existaient des anomalies dans certaines familles de mots selon lesquelles on écrivait par exemple imbécile, mais imbécillité, combattre, mais combatif, bonhomme, mais bonhomie, etc.

La réforme de 1990 a corrigé ces anomalies. On écrit maintenant imbécilité, comme imbécile, combattif, comme combattre et bonhommie, comme bonhomme.

On n’oublie pas de prendre en compte les règles D1, D2 et D3, et ensuite, pour les mots qui ont deux orthographes possibles, on choisit la graphie qui est le plus en harmonie avec sa famille, si le mot appartient à une famille.

Rectification orthographique : les mots en -olle et -otter et leurs dérivés

Règle D3 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne les mots anciennement en -olle et leurs dérivés et les verbes anciennement en -otter et leurs dérivés.

  • Les noms tels que girolle et corolle s’écrivent maintenant girole et corole, et comme je ne le savais pas, il faut que je m’y habitue, mais il n’y a pas beaucoup de mots concernés et les noms monosyllabiques tels que colle, folle et molle ne sont pas affectés car ils sont bien implantés dans l’usage.
  • Les verbes formés sur une base en -ot, tel greloter formé sur grelot, s’écrivent avec un seul t, tandis que les verbes formés sur une base en -otte, tel botter formé sur botte, gardent les deux t. Quelques exemples de verbes et de dérivés affectés par cette règle : greloter, grelotement, balloter, ballotage, bécoter, bécotage, cocoter, baisoter, cliquoter, glavioter, etc.

Rectification orthographique : consonne simple après un e muet

Règle D2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle recommande d’employer une consonne simple et non une consonne double après un e instable, aussi appelé e muet.

Cela permet que la graphie soit logique avec la prononciation.

On écrira donc prunelier (au lieu de prunellier) car il se prononce /pʁynəlje/ et dentelier (au lieu de dentellier) car il se prononce /dɑ̃təlje/, même si l’on écrit prunelle et dentelle, dont le son final est /ɛl/.

Certains mots ont plusieurs prononciations possibles. On les écrira donc comme on choisit de les prononcer, ce qui est évidemment plus ambigu si le français n’est pas votre langue maternelle. Déjà que ce n’est pas évident pour les francophones natifs… C’est le cas de lunetier, que l’on peut également écrire lunettier.

Ce n’est pas une règle très facile à appliquer quand on ne connait pas bien la prononciation des mots, mais il me semble que cette règle touche peu de mots et que ce ne sont pas des mots que l’on utilise tous les jours.

Rectification orthographique : le é qui devient è

Règle D1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne le é qui devient è devant une syllabe contenant un e muet.

Cela fait longtemps que j’écris évènement, et non plus événement, car il se prononce /evɛnǝmã/ et non /evenǝmã/. Mais avant que Word accepte les rectifications orthographiques, il était systématiquement souligné en rouge. D’ailleurs, WordPress, qui n’est pas à jour à ce sujet, l’a souligné en rouge.

Cela n’avait jamais été très clair pour moi. Je ne comprenais pas pourquoi on prononçait è mais devait écrire é.

Je sais que si le français n’est pas votre langue maternelle, différencier les deux sons n’est pas toujours une évidence. Cependant, une des règles d’accentuation stipule bien que devant une syllabe contenant un e muet, on écrit è, et non é. La rectification de l’orthographe a tout simplement essayé de réduire les exceptions. On écrira donc évènement, cèleri, crèmerie, allègement, je cèderai, il vocifèrerait, vous sècherez, etc – remarquez le e muet (souligné) dans la syllabe qui suit.

Bien sûr, il reste des exceptions :

  • les préfixes dé-, pré-, télé- gardent le é car il se prononce é : démener, prévenir, télémesure…
  • le é initial car il se prononce é (à part dans ès, ère, èche, Ève, èbe) : éleveur, épeler, échelon, émeri…
  • médecin, médecine

La règle mentionne également les inversions interrogatives à la première personne du singulier, c’est à dire le verbe suivi du pronom je. Ces occurrences sont rares et se retrouvent surtout dans un contexte littéraire. Je ne crois pas avoir jamais prononcé ces mots, mais pour les curieux·ses, ça donne ça : aimè-je, chantè-je, dussè-je, etc.

Rectification orthographique : simplification des consonnes doubles dans les verbes en -ELER et -ETER

Règle D1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée, elle concerne les verbes tels que carreler, ficeler, breveter, voleter, etc., qui se conjuguent maintenant sur le modèle de geler et acheter.

Au lieu de se conjuguer avec une double consonne, comme par exemple je ficelle ou il volette, on écrit maintenant je ficèle et il volète. Comme pour je gèle et il achète.

Il y avait des irrégularités. La rectification orthographique les a corrigées.

Quelques exemples :

  • épeler : j’épelle devient j’épèle
  • grommeler : je grommelle devient je gromèle
  • étinceler : j’étincelle devient j’étincèle
  • cliqueter : il cliquette devient il cliquète
  • haleter : il halette devient il halète
  • décolleter : il décollette devient il décolète

La même règle s’applique aux noms dérivés de ces verbes : on écrira grommèlement, étincèlement, cliquètement, halètement, nivèlement, ruissèlement, etc. Et non –ellement ou –ettement.

EXCEPTIONS : Certains verbes très très communs conservent leur conjugaison traditionnelle : appeler et ses composés, interpeler, et jeter et ses composés. Ils conservent la consonne double dans leur conjugaison : j’appelle, tu rappelles, elle interpelle, je jette, tu rejettes, il projette…

Rectification orthographique : le pluriel des noms et adjectifs empruntés à d’autres langues

Parlons aujourd’hui parler de la règle B2 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. C’est une règle qui concerne les pluriel des noms et adjectifs étrangers et que j’accueille à bras ouverts car jusqu’à récemment, j’avais de gros doutes sur ce qui était correct ou pas. Je connaissais les anciennes règles, mais j’avais remarqué que dans l’usage, cela changeait d’une personne à l’autre, et je me demandais si j’avais raté un épisode ou si les gens ne connaissaient pas les règles.

Il est possible que les gens aient été aussi déroutés que moi, ou qu’ils aient su avant moi, je ne sais pas, mais j’avais bien raté un épisode.

J’étais arrivée au point où je me demandais si l’on devait écrire des sandwiches, ou des sandwichs. J’aurais plutôt écrit des sandwiches, mais j’avais des doutes à cause de l’anglais. Étais-je influencée par mon autre langue ? Devais-je dire des mafiosos ou des mafiosi, des stimulus ou des stimuli, des gentlemans ou des gentlemen, des scénarios ou des scénarii ? J’ai toujours eu le sentiment que les gens qui utilisaient le pluriel italien étaient un peu prétentieux (surtout quand ils ne maitrisaient évidemment pas les règles du pluriel de la langue italienne), mais c’est un sentiment très personnel qui n’engage que moi.

Avec la réforme de 1990, tout est simplifié : le pluriel des noms et adjectifs empruntés est régulier, c’est à dire qu’il suit les mêmes règles que les noms et adjectifs français :

  • un sandwich – des sandwichs
  • un match – des matchs
  • un stimulus – des stimulus
  • un boss – des boss
  • un gentleman – des gentlemans
  • un phi – des phis
  • un rush – des rush
  • un fiasco – des fiascos
  • de la musique soul – des musiques souls
  • un format standard – des formats standards

On notera que les noms ayant conservé leur valeur de citation (en général, des noms latins) continuent à s’écrire dans la langue d’origine. Il est précisé qu’ils devraient être mis en italique dans le texte pour indiquer qu’ils sont étrangers.

Là encore, les dictionnaires divergent. Le mien (Le Grand Robert de la langue française – que j’utilise en ligne, et qui pourrait facilement être mis à jour il me semble) donne gentlemen comme pluriel de gentleman par exemple.

Moi, je vous recommande d’appliquer les règles de la réforme, elles sont plus simples !

Rectification orthographique : le pluriel des noms composés

Je vais aujourd’hui parler de la règle B1 du Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée. Elle concerne les mots composés et leur pluriel. Je me souviens que quand j’étais à l’école primaire, ce point de grammaire posait problème à beaucoup de mes camarades. J’avais la chance d’avoir des facilités, alors j’avais intégré la règle facilement à l’époque, mais je l’avais ensuite un peu oubliée. Pourquoi ? Parce que c’était un peu compliqué. Il y avait trop d’irrégularités !

Maintenant, c’est plus clair. On met la marque du pluriel sur le deuxième mot seulement, pour :

Les noms composés d’une forme verbale et d’un nom commun :

  • un brise-glace = des brise-glaces
  • un abat-jour = des abat-jours
  • un cure-dent = des cure-dents
  • un protège-cahier = des protège-cahiers
  • un ramasse-feuille = des ramasse-feuilles

Les noms composés d’une préposition et d’un nom commun :

  • un sans-abri = des sans-abris
  • un après-midi = des après-midis
  • un à-côté = des à-côtés
  • un hors-jeu = des hors-jeux
  • un après-ski = des après-skis

Pour ce qui est des noms composés d’un adjectif et d’un nom, rien n’est précisé. Doit-on écrire des grand-mères ou des grands-mères ? Mon dictionnaire (le Grand Robert de la langue française) dit que les deux sont possibles ! Par contre, pour la forme pluriel d’un petit-fils, il n’autorise que petits-fils. De mon point de vue, il serait plus logique de n’avoir qu’une seule règle, non ? À savoir que cela varie selon les dictionnaires…

J’écrirai un post plus complet bientôt sur les règles des noms composés d’un adjectif et un nom, de deux adjectifs, de deux noms, d’un adverbe et un nom, d’un nom et un adjectif, etc. J’avais déjà parlé dans ce post des accords des adjectifs de couleur, qui sont parfois composés de plusieurs éléments.

Lire en français sur Kindle ou autre tablette

On m’a offert mon premier Kindle en 2011, la veille d’un voyage qui devait durer deux mois.

Quand cette liseuse est sortie, je n’étais pas convaincue. J’étais de celles et ceux qui disaient que non, vraiment, je préférais lire de vrais livres. J’aimais tenir un livre entre mes mains. Je n’avais pas de smartphone non plus.

Mais dès que j’ai touché mon Kindle, je l’ai adopté sans hésiter. Il allait être tellement pratique lors de mon périple. J’ai immédiatement téléchargé des livres et comme c’était un Kindle 3G, j’ai pu en télécharger d’autres très facilement durant mon voyage, même quand j’étais sur une ile où personne n’avait Internet. J’en ai lu plus de 20 pendant ce voyage et depuis, je lis principalement sur Kindle. Pas seulement, mais la grande majorité des livres que j’ai lus ces dernières années étaient sur mon Kindle. Quand j’ai lu un livre en papier après ce voyage, je me suis surprise à appuyer à droite de la page pour la tourner. On s’habitue vite à quelque chose qui ne nous intéressait pas au départ ! Je ne m’imagine plus vivre sans mon smartphone non plus.

Je lis majoritairement en français et en anglais, mais j’ai aussi lu quelques livres en espagnol et en italien sur mon Kindle. Et j’ai tout de suite vu le potentiel d’un tel appareil pour améliorer mes compétences linguistiques.

On peut télécharger divers dictionnaires gratuitement, et il suffit d’appuyer sur un mot pour avoir soit la définition, soit la traduction, voire les deux. C’est tellement plus pratique que d’ouvrir un dictionnaire pour chercher un nouveau mot. D’ailleurs, est-ce que vous cherchez vraiment tous les mots que vous ne comprenez pas dans un livre ? C’est pénible, non ? On n’avance pas dans l’histoire et c’est difficile de garder sa motivation pour continuer. Ou alors, on continue sans chercher, pour prendre plaisir à lire, on comprend les mots inconnus dans le contexte, on devine, mais combien de nouveaux mots aurons-nous vraiment retenus à la fin ?

Avec le Kindle, on n’a pas besoin de poser son livre pour connaitre la définition d’un mot. De plus, on peut surligner des mots, des phrases, des passages entiers et écrire des notes que l’on pourra relire plus tard. Les Kindle en couleur, tel le Kindle Fire, permettent même de surligner en plusieurs couleurs, ce que je trouve très pratique. On peut aussi télécharger l’application sur Ipad et faire la même chose. Je ne sais pas si tous les appareils ont cette fonction, mais le Kindle Paperwhite que je possède a une fonction “vocabulary builder”, qui permet d’envoyer tous les nouveaux mots au même endroit et de reprendre la liste plus tard si on le souhaite. J’ai essayé de l’utiliser quand je débutais en espagnol. Il y avait trop de mots dans ma liste, c’était un peu décourageant en fait. Mais pour les étudiants avancés, je pense que cela peut être une bonne façon d’enrichir son vocabulaire. Vous pouvez lire tranquillement et régulièrement et vous fixer un objectif. Par exemple : aujourd’hui, je lis jusqu’à ce que j’aie relevé 10 nouveaux mots. Puis vous faites un travail plus approfondi sur ces dix nouveaux mots pour tenter de les mémoriser.

Si comme moi, vous avez l’impression de toujours courir après le temps mais que vous adorez lire et enrichir votre vocabulaire, lire sur liseuse peut s’avérer très efficace !