10,000 cours gratuits du Collège de France

Depuis la semaine dernière, je suis un MOOC extrêmement intéressant de l’université de Stanford et je suis ébahie par la qualité du contenu, le CV de l’enseignante et l’organisation du cours. Cela m’oblige aussi à être organisée et disciplinée si je souhaite pouvoir concilier travail, études de japonais, lecture, sport, temps avec mon mari, prendre des nouvelles des amis, et maintenant, ce cours, et je vis la pandémie qui frappe la planète plutôt très bien en ce moment. Pourvu que ça dure !

Pour celles et ceux qui seraient intéressé·e·s par des cours gratuits en français, d’un établissement prestigieux, le Collège de France, réputé pour son enseignement et sa recherche, en propose un nombre incroyable que ce soit en sciences humaines en mathématiques, en histoire, en littérature, ou encore en physique et chimie.

Je n’en ai suivi aucun alors je ne peux pas vraiment commenter, mais j’avais écouté quelques cours en podcast, qui demandaient quand même une certaine concentration.

Après avoir jeté un œil aux enseignants de cet établissement, je déplore le manque de professeures. Elles sont très minoritaires et la majorité des profs se ressemblent beaucoup… J’ai compté vite fait sur leur site et j’ai trouvé 58 enseignants, dont 10 femmes. Ce qui fait 17%. J’en ai peut-être oublié, parce que je n’ai pas cliqué partout, mais je trouve ce fait un peu déprimant.

Ceci étant dit, si vous souhaitez vous cultiver en français sur des sujets divers et complexes, vous pouvez le faire gratuitement avec le Collège de France.

Le choix d’une crèche – analyse rapide d’un court article

J’ai beaucoup à faire aujourd’hui. Probablement comme vous. Je rabâche sans cesse qu’il est important de faire un peu de français chaque jour pour progresser. Mais je suis tout à fait consciente que ce n’est pas toujours évident de trouver du temps chaque jour. Si votre vie ressemble à la mienne, il y a toujours quelque chose qui se met en travers de nos projets !

Mais faire du français tous les jours ne veut pas dire en faire une heure par jour, même si ce serait idéal. Si vous avez seulement 5 ou 10 minutes, choisissez un article pas trop long et faites-en une analyse très courte. Aujourd’hui, j’ai choisi un texte sur slate.fr, lui-même traduit ou tiré d’un texte du Telegraph. Je l’ai lu une fois, j’ai choisi de souligner des expressions peu voire pas du tout utilisées par mes étudiantes, des combinaisons de mots fréquentes et j’ai surligné en bleu les connecteurs. J’étais pressée, j’en ai peut-être oublié, ce n’est pas grave. Puis, je suis revenue sur ce que j’avais relevé et j’ai approfondi un peu. En me mettant dans la peau d’une apprenante avancée qui n’a pas beaucoup de temps. Commentaires après le texte.

  • pour le moins : to say the least – souvent associé à surprenant.
  • en matière de : concernant – une autre façon de dire regarding, when it comes to
  • en tout cas : connecteur, anyway
  • pour + infinitif : exprime le but
  • confirmer ses dires : hmm, le verbe dire au pluriel ? Il peut donc être également un nom. (Vérifie dans le dictionnaire) Le dire = la parole, l’affirmation, la déclaration. Au dire de… = selon, d’après… Au dire de l’expert.
  • s’appuyer sur qqch : ici, s’appuyer sur l’examen de données = se baser sur
  • Contrairement à : connecteur d’opposition
  • une idée reçue : croyance populaire – common preconception
  • Outre-Manche : la Manche = la mer entre la France et l’Angleterre – outre-Manche = en Angleterre (outre-Atlantique = aux Etats-Unis)
  • attribuer des résultats à : on attribue qqch à qqch/qqn
  • pour eux : according to them, variante de selon eux, d’après eux
  • à travers : through (utile si on a tendance à trop utiliser par)
  • bien que + subjonctif : rappel !
  • lancer une initiative : mettre en marche (start, not throw)
  • notamment : connecteur = par exemple
  • un facteur déterminant : décisif – mots souvent associés

Quand on a peu de temps, faire une analyse rapide comme celle-ci est toujours mieux que de ne pas faire de français du tout ! Puis on peut revenir dessus plus tard et essayer de réutiliser le vocabulaire en faisant des phrases pour soi-même.

Pas de vague

A partir de demain, je fais une pause, j’arrête de lire les journaux quelque temps, parce que c’est vraiment trop déprimant. Je lirai juste ce qui concerne les langues. Et peut-être les chats. Au moins eux, ils me font toujours sourire. 

Cette semaine, en France, les profs ont lancé le hashtag pas de vague (ne pas faire de vague = ne pas critiquer, ne pas faire de scandale) en réaction à un incident survenu dans un lycée. Peut-être en avez-vous entendu parler dans la presse étrangère. Un ado a braqué une prof avec une arme factice dans un lycée de la région parisienne. L’incident a été filmé, par un autre adolescent je suppose (je n’ai pas lu les détails), et cela a provoqué de vives réactions de la part d’autres professeurs en France

J’ai du mal à croire que la France, c’est devenu ça. Je trouve également révoltant qu’il ait fallu une vidéo pour déclencher des réactions. Parlerait-on de ce phénomène aujourd’hui s’il n’y avait pas d’images pour le prouver ? D’après les témoignages divers des profs, leurs conditions de travail laissent à désirer depuis bien longtemps. Non seulement sont-ils payés au lance-pierre, mais en plus, ils subissent toutes sortes d’agressions et d’humiliations de la part des élèves et ne reçoivent aucun soutien de leur hiérarchie. On leur demande de se taire pour ne pas créer de problèmes ! Cela me fait mal pour eux. 

Je suis sûre que ce n’est pas le quotidien de tous les profs, que certains sont tout à fait satisfaits de leur sort et que certains chefs d’établissements sont à la hauteur de leurs responsabilités, mais tous ces témoignages démontrent quand même un malaise évident dans la société française qui bientôt n’aura probablement plus grand-chose à envier aux Etats-Unis, en termes de violences scolaires, si aucune mesure sérieuse n’est prise… si c’est encore possible. 

Je trouve tout ceci on ne peut plus désolant.

Le système scolaire français

Je ne vais pas me lancer dans une explication ultra détaillée du système éducatif en France, mais je me suis rendu compte au cours des années que les étudiants étrangers ne connaissaient pas très bien le système français, même les étudiants de niveau avancé. Il est pourtant intéressant et important d’avoir quelques connaissances dans ce domaine car l’éducation est un thème commun dans les examens et tout simplement un sujet de discussion fréquemment abordé.

Quand on est petit en France, on va à l’école maternelle. Habituellement à partir de 3 ans. On y passe 3 ans : petite section, moyenne section et grande section.

A 6 ans, les enfants commencent l’école élémentaire (aussi appelée école primaire) et ils y passent 5 ans. On commence avec le CP (cours préparatoire), puis on passe en CE1 à 7 ans (cours élémentaire 1), en CE2 à 8 ans (cours élémentaire 2), puis en CM1 à 9 ans (cours moyen 1) et finalement en CM2 à 10 ans (cours moyen 2).

A 11 ans, on commence l’école secondaire et on entre au collège, où l’on passe 4 ans. On commence par la sixième, puis la cinquième, suivie de la quatrième et on finit le collège par la troisième. A la fin de la troisième, on passe le brevet, un examen national qui atteste des connaissances acquises à la fin du collège.

On commence le lycée à l’âge de 15 ans par la classe de seconde. Puis à 16 ans, on s’oriente. A l’heure actuelle, les élèves peuvent choisir de s’inscrire en première S (scientifique), ES (économique) ou L (littéraire). C’était déjà comme ça à mon époque, mais je crois qu’une réforme est en cours et sera appliquée très prochainement. En fin de première, on passe le bac de français. La dernière année de lycée s’appelle la terminale. C’est l’année du baccalauréat (ou bac) et une année assez stressante pour la plupart des élèves. Il faut réussir le bac pour pouvoir s’inscrire à l’université.

Il me semble que les choses ont pas mal changé depuis que j’ai terminé le lycée mais les années scolaires sont toujours divisées de la même façon. Je suis curieuse de voir à quoi va ressembler la réforme de baccalauréat. J’ai l’impression qu’il va ressembler un peu plus à ce qui se fait dans le système anglais, mais j’attends de voir.

En France, il est plus commun de redoubler une classe qu’en Angleterre, c’est à dire de rester au même niveau si les profs estiment qu’un élève n’a pas acquis assez de compétences pour passer dans la classe supérieure. Il est aussi possible de sauter une classe si un élève a de grandes facilités.

Il y aurait encore beaucoup à dire, car je n’ai parlé que du système général. En France, les élèves ont aussi la possibilité de s’orienter vers un baccalauréat professionnel ou technologique. J’aime cette idée car je ne pense pas que tout le monde soit fait pour les longues études et je crois qu’il est important de proposer d’autres options, mais j’ai toujours eu l’impression qu’on considérait moins bien les jeunes choisissant d’autres voies que la voie générale. Je me trompe peut-être et je ne sais pas très bien comment les choses ont évolué. Il faudrait que je me renseigne !

Un autre jour, je parlerai des universités françaises et des grandes écoles.