Prépositions : exercice

Vous êtes souvent hésitant·e avec les prépositions ? Je ne connais personne qui les trouve faciles !

Pour savoir quelles prépositions utiliser, il faut de la pratique, encore de la pratique, et toujours plus de pratique. Donc, il faut faire des erreurs et apprendre de ses erreurs !

Les prépositions sont partout. Repérez-les, demandez-vous pourquoi c’est celle-ci qui a été utilisée plutôt que celle-là. Est-ce à cause du verbe qui précède ? Du nom qui suit ? Remarquez comment une préposition peut changer le sens d’un verbe (penser à ne signifie pas la même chose que penser de, par exemple).

Voici un court article dans lequel il manque la plupart des prépositions (et parfois de l’article qui suit la préposition). Saurez-vous les retrouver ?

Pour vérifier, c’est ici.

douter VS se douter

L’un exprime le doute alors que l’autre exprime la certitude. Si vous trouvez cela un peu déroutant, vous ne serez pas le premier ou la première !

  • Je doute que tu y parviennes.
  • Je me doute que tu y parviendras.
  • Il a réussi son examen ? J’en doutais pourtant.
  • Il a réussi son examen ? Je m’en doutais !

La différence de sens est-elle claire pour vous dans ces paires de phrases ?

Si je doute que tu y parviennes (remarquez le subjonctif ici), c’est que je ne crois pas en toi. Tandis que si je me doute que tu y parviendras (indicatif), c’est que je suis plutôt confiante et sure que tu peux le faire. Si je doutais qu’il réussisse son examen (toujours le subjonctif), je n’avais pas foi en lui. Mais si je me doutais qu’il le réussirait (conditionnel dû à la concordance des temps), c’est qu’en fait, je n’avais pas vraiment de doute.

Si vous dites quelque chose et que l’on vous répond “je m’en doutais !”, cela revient à dire “je le savais !”

Doute est un mot intéressant en français. On pourrait penser que sans doute veut dire que c’est sûr à 100%, mais si je vous dis que je viendrai sans doute à votre fête d’anniversaire, cela veut en fait dire qu’il y a de grandes chances que je vienne, une très forte probabilité, mais ce n’est pas garanti à 100%. Pour exprimer la certitude absolue, il faudrait que je dise que je viendrai, sans aucun doute.

Vidéo – accord ou pas d'accord au pluriel ?

Vidéo peut être nom ou adjectif.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre avec ce mot, c’est quand il est nom et que les apprenant·e·s le mettent au masculin. Vidéo est un nom féminin !

Quand c’est un nom, on suit les règles régulières de l’accord des noms au pluriel et on ajoute un s : J’ai regardé des vidéos toute la nuit.

Quand c’est un adjectif, on a le choix. Selon l’ancienne orthographe, il restait invariable. Avec la réforme de l’orthographe, le pluriel s’est régularisé. Vous pouvez donc choisir d’ajouter un s ou non au pluriel, mais comme je le répète depuis des mois, essayez au maximum d’appliquer les règles de la réforme de l’orthographe car même si l’orthographe française reste compliquée, les rectifications recommandées la simplifie quand même un peu !

Écrivez donc :

  • Quand j’étais ado, je jouais beaucoup aux jeux vidéos.
  • Les cassettes vidéos n’existent plus vraiment.
  • On n’a plus besoin de caméras vidéos depuis qu’on a des smartphones.

Finalement, comme expliqué dans ce post, les mots composés avec vidéo- sont désormais soudés : une vidéocassette, un vidéoclip, une vidéoanimation, une vidéoconférence, une vidéoformation, un vidéoprojecteur, etc. On ne fera pas la soudure si le deuxième élément commence par un i ou un u, pour éviter la confusion en ce qui concerne la prononciation, et on formera le pluriel selon les règles d’accord générales.

Croire à VS croire en

Le verbe croire peut s’employer seul bien sûr, sans préposition.

  • Je crois que tu as raison.
  • Ne crois pas ce qu’il te dit, il raconte n’importe quoi.
  • Croyez-moi, je sais ce que vous ressentez.

Il peut aussi s’employer avec des prépositions différentes selon le sens que vous voulez lui donner.

Croire à, c’est quelque chose de plutôt intellectuel. Si l’on croit à quelque chose, on pense que c’est vrai.

  • Son fils croit au Père Noël.
  • Mon amie croit à l’astrologie.
  • Je ne crois pas à tes histoires.

Croire en, c’est plutôt avoir confiance en quelqu’un ou quelque chose. C’est une croyance qui vient du cœur plutôt que de la tête.

  • Je crois en toi. Tu vas réussir cet examen.
  • Elle ne croit pas en l’avenir. C’est pour ça qu’elle ne veut pas d’enfant.
  • Croire en Dieu l’aide à surmonter les moments difficiles.

Dans certains cas, il n’est pas évident de faire la distinction. Par exemple avec Dieu, on peut croire à ou croire en. Dans le premier cas, on croit à son existence, alors que dans le second, on a foi en lui. Mais plus couramment, on dira croire en Dieu dans les deux cas en fait.

Mes étudiant·e·s disent souvent “croire dans” et je les corrige tout le temps en leur disant que “croire dans” n’existe pas. Cependant, j’ai remarqué plusieurs fois dernièrement que des Français le disaient dans les médias. Alors j’ai voulu vérifier. Les cinq dictionnaires que j’ai consultés ne mentionnent pas cette possibilité. Faites ce que vous souhaitez avec cette information mais si vous êtes mon élève, je continuerai à vous corriger ! 😉

Pratiquer les nasales

Comme plus de la moitié de mes élèves rencontrent des difficultés avec la prononciation des voyelles nasales, je me suis dit qu’aujourd’hui, je proposerais quelques phrases à pratiquer. H, si tu lis ce post, tu peux enregistrer ces phrases pour le prochain cours, histoire de changer un peu.

  • Mon tonton tond le gazon devant la maison.
  • Ma maman range les pansements dans la chambre blanche.
  • Un bambin malin invente des contes pleins de pingouins et de babouins.
  • Martin peint un enfant dont les mains sont gantées.

Gardez bien en tête que pour prononcer un, in, ein, ain, etc., vos lèvres doivent être très étirées. Si vous avez du mal avec ce son, exagérez-le ! Utilisez un miroir et essayez d’avoir une bouche de Joker.

Le on/om est le son avec les lèvres les plus arrondies et les plus en avant.

Le son an, am, etc. est entre les deux et c’est souvent celui qui pose le plus de problèmes. Le truc, c’est de trouver avec quelles consonnes vous arrivez à mieux le prononcer. Trouvez quels mots sont plus faciles à prononcer pour vous. Essayez le son avec toutes les consonnes de l’alphabet et servez-vous de vos points forts pour améliorer vos points faibles. Enregistrez-vous et réécoutez-vous le lendemain.

Cela peut prendre du temps pour arriver à bien prononcer les nasales, mais avec de la persévérance, tout est possible ! Et surtout, ne vous comparez pas aux autres. Nous ne sommes pas tous égaux devant la prononciation !

Prononcer parfaitement n’est pas ce qui compte le plus à mon avis. Je comprends tout à fait l’envie de s’améliorer, mais si vous êtes capable de vous faire comprendre quand vous parlez la langue du pays étranger où vous voyagez ou vivez, soyez fier·ère de vous et ne soyez pas trop dur·e avec vous-même. Surtout si vous étudiez la langue depuis seulement 4 ou 5 ans et n’avez jamais vécu dans un pays francophone ! 😉

Vous finirez par y arriver mais ce n’est en général pas un chemin sans embuches !

La négation avec AUCUN

AUCUN est un déterminant indéfini qui exprime la négation absolue. Comme “none” en anglais. Mais si en anglais, il fonctionne tout seul, en français il a besoin d’être accompagné par NE.

Si vous oubliez le NE à l’oral, ce n’est pas très grave car les Français le font tout le temps et c’est tout a fait accepté de zapper le NE quand on parle. Par contre, je corrige régulièrement des phrases avec AUCUN dans les écrits de mes élèves, car il manque le NE.

  • Je n’ai regardé aucun film cette semaine.
  • Je n’ai aucune envie d’aller à cette soirée.
  • Aucuns frais n’ont été perçus pour ce service.
  • Elle n’a pris aucunes vacances cette année.

Si AUCUN, AUCUNE s’utilisent en général au singulier, il est possible de les trouver au pluriel lorsqu’ils déterminent des noms qui sont habituellement au pluriel (tels que frais et vacances dans les exemples).

Souvenez-vous donc qu’aucun fonctionne de paire avec ne. Par contre, n’essayez pas d’y ajouter un pas, la combinaison est impossible !

Le conditionnel pour exprimer la probabilité

Je cours un peu après le temps cette semaine après avoir été malade en fin de semaine dernière et j’ai failli ne rien écrire aujourd’hui, mais j’ai pensé à un petit point de grammaire qui a laissé plusieurs de mes élèves perplexes récemment et comme c’était des élèves de niveau avancé, je me suis rendu compte que ce n’était probablement pas aussi évident que je l’imaginais.

Si vous lisez la presse française, il est probable que vous tombiez sur des phrases de ce genre :

  • L’homme aurait tué sa femme avec une arme à feu.
  • Le jeune homme a porté plainte. Les policiers l’auraient violemment agressé lors d’un contrôle d’identité alors qu’il n’avait pas résisté.
  • Trop de temps passé devant les écrans provoquerait une diminution de la vue.
  • Selon Edward Snowden, on serait espionnés en continu par Google et Amazon.
  • Le championnat devrait se terminer par une victoire des Espagnols.

On m’a demandé plusieurs fois ces derniers temps pourquoi les verbes étaient au conditionnel dans des phrases semblables.

Dans ces phrases, le conditionnel sert à exprimer la probabilité, à faire des suppositions.

Vous ne pouvez pas les traduire par “would” en anglais. La première phrase ne veut pas dire “the man would have killed his wife with a firearm“. Elle signifie “the man allegedly killed his wife with a firearm“. On suppose qu’il l’a tuée, il est très probable qu’il l’a tuée, plusieurs personnes affirment qu’il l’a tuée, mais on utilise le conditionnel par prudence car il n’a pas encore été reconnu officiellement coupable et qu’on n’est pas sûr·e à 100%, et probablement pour des raisons légales aussi.

Allegedly” peut être utilisé dans la traduction de ces phrases. Pour la dernière, “should” suffit.

Se séparer et divorcer

Ces deux verbes veulent dire plus ou moins la même chose, mais ils ne fonctionnent pas pareil et cela semble poser problème aux apprenant·e·s. L’erreur que j’entends le plus souvent, c’est le verbe divorcer à la forme pronominale. Mais divorcer n’est jamais pronominal ! En tout cas, il ne l’est plus, même s’il l’a été par le passé, il y a bien longtemps.

Il ne peut pas non plus être utilisé comme en anglais. En anglais, you divorce someone. En français, on ne peut pas *divorcer quelqu’un. Mais nous avons plusieurs constructions possibles :

  • Elle est divorcée depuis l’année dernière.
  • Elle a divorcé en 2018.
  • Elle a divorcé avec son mari.
  • Elle a divorcé d’avec son mari.
  • Elle a divorcé de son mari.

On peut donc employer divorcer sans complément ou avec un complément introduit par avec, d’avec ou de.

Si l’on voulait dire la même chose avec le verbe (se) séparer, on pourrait dire :

  • Elle est séparée depuis l’année dernière.
  • Elle s’est séparée en 2018. (un peu étrange sans complément, quand je réfléchis trop, mais on le dit, sans aucun doute)
  • Elle s’est séparée de son mari.
  • Ils se sont séparés.

On ne devrait pas vraiment dire qu’*elle s’est séparée avec son mari, même si je suis certaine de l’avoir déjà entendu dans la bouche de Français, et je suis également certaine d’avoir entendu à maintes reprises : elle s’est séparée d’avec son mari, qui est considéré moins élégant que la tournure sans avec mais qui est accepté.

Liaison: expressions avec plus, moins, tout

Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’entends régulièrement des erreurs de prononciation dans ces expressions, et plus précisément des oublis de liaison.

La liaison est pourtant obligatoire dans des expressions telles que de plus en plus, de moins en moins, plus ou moins, tout à coup, tout à l’heure, tout à fait, à tout âge, tout à gagner, tout au bout, tout autant, tout autre, etc.

Entrainez-vous :

  • J’ai de plus en plus de mal à comprendre le monde.
  • Elle a de moins en moins peur du noir.
  • Il est plus ou moins intéressé par ta proposition.
  • On se voit tout à l’heure !
  • Elle habite tout au bout de la rue.

L’accord du participe passé – deuxième partie : les verbes pronominaux

La semaine dernière, j’ai commencé à expliquer l’accord du participe passé. Comme le post contenait beaucoup d’informations, j’avais décidé de garder le cas spécifique des verbes pronominaux pour plus tard. Nous y voilà donc !

Les verbes pronominaux sont donc les verbes avec “se” dans leur infinitif. Par exemple : se laver, se réveiller, se parler, se demander, se taire, se souvenir, s’évanouir, etc.

Rappelons tout d’abord que les verbes pronominaux se conjuguent toujours avec l’auxiliaire être.

Ensuite, il faut distinguer les verbes qui sont essentiellement pronominaux de ceux qui ne le sont pas. Un verbe essentiellement pronominal est un verbe qui n’existe qu’à la forme pronominale.

Se laver n’est pas un verbe essentiellement pronominal car le verbe laver existe également. On peut dire que l’on s’est lavé (du verbe se laver) ou que l’on a lavé ses chaussettes (du verbe laver).

Se souvenir, au contraire, est un verbe essentiellement pronominal. On ne peut que se souvenir de quelque chose. On ne peut jamais *souvenir quelque chose. Cette forme verbale n’existe pas.

Quelques verbes essentiellement pronominaux : se souvenir, s’évanouir, s’écrier, s’enfuir, s’absenter, se méfier, se soucier, s’envoler, se suicider, s’époumoner, se raviser, s’obstiner, s’insurger, s’évertuer, s’entraider, se rebeller, etc.

  • Toutes les filles se sont suicidées dans le film de Sofia Coppola.
  • Elle s’est absentée pendant un mois.
  • Ils se sont insurgés contre le gouvernement.

POUR LES VERBES ESSENTIELLEMENT PRONOMINAUX, LE PARTICIPE PASSÉ S’ACCORDE TOUJOURS AVEC LE SUJET.

Le pronom des verbes essentiellement pronominaux ne représente rien de spécial dans la phrase et n’a pas de fonction syntaxique, contrairement au pronom des autres verbes pronominaux.

Emma et John se sont rencontrés l’an dernier. = se représente l’un et l’autre, Emma et John. Il est COD du verbe rencontrer. Se rencontrer n’est pas un verbe essentiellement pronominal. Emma a rencontré John. John a rencontré Emma.

Les verbes essentiellement pronominaux n’ont pas de COD.

Certains verbes pronominaux ont un sens complètement différent à la forme pronominale du sens qu’ils ont à la forme non pronominale. Ces verbes vont suivre les mêmes règles que les verbes essentiellement pronominaux. C’est le cas de verbes tels que s’apercevoir, s’entendre, se tromper, s’ennuyer, etc. Dans certaines grammaires, ces verbes sont appelés verbes de sens indistinct et sont expliqués comme étant ceux pour lesquels il est difficile de départager la part d’activité et la part de passivité du sujet. Si cela vous aide, retenez ceci, mais ce n’est pas forcément évident en ces termes, il me semble. Mais pour ces verbes, ce qu’il est plus facile de repérer, c’est que le pronom n’a aucun rôle syntaxique. Il n’est ni COD, ni COI.

  • Elle s’est aperçue de son erreur.
  • Les deux enfants se sont bien entendus.
  • Ils se sont trompés sur beaucoup de questions.
  • Elle s’est plainte auprès de la direction.

Parlons maintenant des verbes occasionnellement pronominaux, tels que se laver, se baisser, se réveiller, se former, se permettre, se parler, s’appeler, se téléphoner, etc.

La règle à suivre est la même que pour le participe passé avec l’auxiliaire avoir : s’il n’y a pas de COD, on n’accorde pas. S’il y a un COD, on accorde le participe passé avec le COD s’il est placé avant le verbe, on n’accorde pas s’il est placé après le verbe.

Petite démonstration :

Elle s’est lavée. Elle s’est lavé les mains.

Ces phrases sont toutes deux correctes. Pourquoi ?

Dans la première, on se pose la question : elle a lavé quoi / qui ? On répond : elle-même. s’ est le COD du verbe laver et représente elle. Il est placé avant le verbe = on accorde au féminin singulier.

Dans la deuxième, on se pose la question : elle a lavé quoi / qui ? On répond : ses mains. Ses mains est le COD du verbe laver. Il est placé après le verbe = on n’accorde pas.

POUR LES VERBES OCCASIONNELLEMENT PRONOMINAUX, ON APPLIQUE LES MÊMES RÈGLES QU’AVEC L’AUXILIAIRE AVOIR.