Nouvelle chaine YouTube !

La mienne ! 🙂

J’y partage des présentations en français sur des points de grammaire ou autres, qui posent encore souvent problème au niveau avancé.

Certaines de ces présentations seront accessibles à tout le monde, en général sur des points de grammaire appris assez tôt dans notre parcours d’apprentissage mais oubliés parce que rarement révisés et approfondis.

D’autres présentations seront exclusives aux abonné.e.s de mon nouveau site et/ou seront connectées aux cours de perfectionnement et au blog.

J’ai fait une série de 10 vidéos sur l’accord du participe passé entre autres et si vous avez du mal avec toutes ces règles, j’espère qu’elles vous aideront à y voir plus clair !

J’ai mis cette vidéo sur les prépositions et les pays sur la page d’accueil, car tout le monde continue à se tromper de temps en temps avec cette règle, même avec le C1 en poche, voire le C2 !

Dans une façon ou d’une façon ?

Lequel est correct ?

Ce qui est sûr, c’est que j’entends et lis très souvent “*dans une façon amusante“, “*dans une façon rapide“, “*dans une façon négative“, etc. Je pense que c’est dû au fait que les étudiants copient la structure anglaise in a way et la traduisent littéralement : in = dans, a = une, way = façon

Dans un petit quiz que j’ai proposé sur Instagram hier, deux tiers des personnes se sont trompées. La majorité des participant.e.s ont pensé que “*c’est la façon dans laquelle je vois le monde” était la phrase correcte (parmi 4 propositions).

Et pourtant, on ne peut pas dire *dans une façon… Il faut dire d’une façon…, d’une manière…

Quelques exemples : 

  • Elle m’a parlé d’une façon un peu sèche ce matin.
  • Il danse d’une manière assez spéciale.
  • Ce texte n’est pas écrit d’une façon claire
  • Ils ont rigolé d’une façon stupide
  • D’une certaine façon, elle a réussi son examen. 
  • Il a menti d’une façon éhontée.

Par conséquent, vous ne devriez pas dire : *Je n’aime pas la façon dans laquelle il me parle. Dites : Je n’aime pas la façon dont il me parle. Et : c’est la façon dont je vois le monde.

On peut aussi penser à utiliser des adverbes. Ils permettent d’alléger le style. 

  • Elle m’a parlé sèchement. 
  • Ce texte n’est pas écrit clairement.
  • Ils ont rigolé stupidement.
  • Il a menti impudemment. (plus utilisé qu’éhontément)

Être fini VS avoir fini

  • J’ai fini mes devoirs.
  • Je n’ai pas fait mes devoirs. Je suis finie. Ma prof va me tuer.

Très souvent, j’entends mes élèves dire “je suis fini.e”, alors que je sais qu’ils et elles veulent dire “j’ai fini”.

Pourquoi à votre avis ?

C’est tout simplement parce qu’ils et elles traduisent l’anglais “I’m done”, mais tout comme I’m hungry se traduit par j’ai faim ou I’m 40 se traduit par j’ai 40 ans, I’m done se traduit par j’ai fini !

Dans le deuxième exemple ci-dessus, la phrase est un peu dramatique, mais c’est une façon d’utiliser cette expression. Je suis fini.e veut dire qu’on est dans une situation fâcheuse.

Quelques exemples supplémentaires :

  • Son entreprise a fait faillite, il est fini (= il est ruiné)
  • Je viens de courir un marathon, je suis finie (= je n’ai plus d’énergie)
  • Il a trahi le chef des gangsters, il est fini. (= il est mort, il va se faire tuer)

Éventuellement

Voilà un faux ami que je retrouve très souvent. Ce n’est pas la traduction de eventually.

Si je vous dis qu’éventuellement, je viendrai à votre soirée, je ne vous fais pas la promesse d’y venir ! Je vous informe que j’y viendrai peut-être. Cela dépendra des circonstances.

Pour traduire eventually, vous direz finalement !

C’est + adjectif

Les apprenant.e.s ont souvent envie de mettre un adjectif féminin après c’est si ce qu’ils et elles disent se réfèrent à un nom féminin. C’est une erreur que je corrige constamment.

En parlant d’une histoire ou d’une série, entre autres, j’ai souvent entendu : *c’est amusante*c’est intéressante.

Mais, même si l’on parle d’une histoire intéressante, à partir du moment où l’on utilise c’est, il faut utiliser l’adjectif masculin.

ON NE DIT JAMAIS : *c’est bonne, *c’est géniale, *c’est belle

ON DIT : c’est bon (même si l’on parle d’une pizza), c’est génial (même si l’on parle d’une idée), c’est beau (même si l’on parle d’une statue)

Pour l’instant, c’est comme ça. Cela changera peut-être un jour, mais en attendant, essayez de vous rappeler qu’après C’EST, on emploie un adjectif masculin.

Pour que + subjonctif

Pour que est toujours suivi du subjonctif. À cause de l’influence de l’anglais cependant, j’entends souvent des phrases tournées  comme celles-ci :

  • *C’est fait pour les gens comprendre.
  • *J’ai dit ça pour lui réfléchir.
  • *Je viens pour toi ne pas être seule.

Ces trois phrases sont incorrectes et elles correspondent toutes à la structure de l’anglais “for + noun/pronoun + infinitive” traduite littéralement. Mais en français, on ne peut pas structurer les phrases ainsi !

Pour traduire It’s made for people to understand, I said that for him to think about it, I’m coming for you not to be alone, il faut utiliser “pour que + subjonctif”. On aura donc :

  • C’est fait pour que les gens comprennent.
  • J’ai dit ça pour qu’il réfléchisse.
  • Je viens pour que tu ne sois pas seule.

Décade ou décennie ?

Ces 2 mots sont des paronymes, c’est-à-dire qu’il sont presque homonymes, et par conséquent, sont assez souvent confondus, même par les locuteurs natifs.

Je me suis surprise à dire décade au lieu de décennie plus d’une fois, à cause de l’anglais. Je sais qu’une période de 10 ans se dit décennie en français !

Quant à une décade, elle désigne une période de 10 jours, même si à cause de l’influence de l’anglais, il n’est pas impossible que vous entendiez un.e francophone natif.ve dire décade quand elle ou il veut en fait dire décennie…

On peut voir les 2 n de “année” dans décennie, ça peut aider à mémoriser. Personnellement, je n’utilise jamais le mot décade en fait. J’ai tendance à juste dire 10 jours. Mais il est intéressant de savoir que ces 2 mots à la même racine (10) désignent tous deux une période de 10… jours ou années, et qu’il y a donc une différence. Même si certains dictionnaires signalent l’anglicisme et l’usage de décade pour signifier 10 ans.

Retourner, rentrer ou revenir ?

  • J’avais prévu de retourner au Japon cette année, mais je n’ai pas pu à cause de la pandémie.
  • Je n’ai aucune envie de retourner en Chine.
  • Cette robe est trop grande. Il faut que je retourne au magasin pour l’échanger.
  • Mon mari rentre du travail vers 17h tous les jours.
  • Je suis rentrée de vacances hier soir.
  • Je rentre à Londres tous les étés.
  • Elle a vécu 10 ans en Inde avant de décider de rentrer en France.
  • Je vais acheter du pain, je reviens dans cinq minutes.

Suffisamment d’élèves confondent ces verbes pour que j’en fasse enfin un post.

Retourner quelque part, c’est aller à nouveau dans un endroit où l’on est déjà allé, sans l’idée de faire un mouvement inverse.

Rentrer quelque part, c’est revenir dans un endroit où l’on vit ou que l’on considère comme son lieu d’attache, après une absence. Par exemple, Londres est la ville où j’ai passé le plus d’années de ma vie d’adulte, alors quand j’y vais, je dis que je rentre à Londres, qui pourtant n’est pas la ville où j’ai grandi.

Revenir quelque part, c’est l’idée qu’on quitte un point de départ et qu’on fait le chemin inverse.

Ces 3 verbes ont d’autres traductions possibles, que vous pouvez chercher dans un dictionnaire, mais les erreurs des apprenant.e.s se retrouvent surtout quand ils expriment un mouvement concret, dans les traductions de go back, go again, come back, etc.

Forcément

On pourrait penser que forcément veut dire “de manière forcée”. Et après vérification pour être sure de ne pas dire de bêtise, il peut en effet vouloir dire ça. Techniquement. Mais c’est une utilisation vieillie. Tellement vieillie que je ne le savais pas. Par conséquent, je vous recommenderais de ne pas l’utiliser ainsi.

Forcément, dans la langue moderne, ça veut dire inévitablement, fatalement, nécessairement, automatiquement, etc.

Quelques exemples :

  • Tu as forcément entendu ses chansons, toutes les radios les jouent à longueur de temps.
  • Le vaccin efficace à 70% est-il forcément moins bon que les autres ?
  • Pour être heureux en couple, doit-on forcément partager les mêmes valeurs ?
  • Les chefs ne sont pas forcément les plus intelligents.
  • Aimer les desserts ne veut pas forcément dire qu’on aime le chocolat.

Bien utiliser AVANT et APRÈS

Je n’en finis pas d’être débordée, et j’ai aussi eu une migraine carabinée cette semaine qui m’a un peu fait perdre mon élan, d’où le peu de posts écrits dernièrement.

Alors je me suis dit que j’allais poster quelque chose d’utile aujourd’hui. Quelque chose sur quoi j’ai déjà écrit il y a plus de 2 ans. Un post que je continue à partager régulièrement avec les élèves qui semblent avoir besoin de réviser cette règle régulièrement.

Je ne recopie pas le post ici, mais voici la même chose, en plus colorée, que j’avais tenté de condenser dans un post pour Instagram.

L’emploi erroné de l’une de ces structures est une des erreurs que je corrige le plus souvent. Plusieurs fois par semaine. Voire tous les jours. Dans les écrits et à l’oral. Pourtant, mes élèves sont principalement de niveau avancé et dans l’ensemble plutôt fantastiques et très doué.e.s pour le français, avec des compétences grammaticales souvent impressionnantes. Mais cela montre bien que la répétition fréquente est essentielle et que corriger des fautes que l’on fait depuis longtemps peut prendre du temps. Des semaines, des mois, parfois des années, selon le contexte d’apprentissage et un tas d’autres facteurs.

Si vous faites des erreurs avec ces deux prépositions, essayez de vous concentrer dessus quelque temps, faites attention à chaque fois que vous les utilisez (on les utilise tout le temps, et remarquez quels sont vos réflexes. Essayez aussi d’analyser vos erreurs. Vous trompez-vous parce que vous traduisez de votre langue maternelle ? Ou parce que vous confondez les deux structures ? Ou pour une autre raison ? Abordez vos erreurs en étant pleinement conscient.e de ce qui se passe, cela vous aidera à les corriger plus facilement.

Pour info, j’essaie de me concentrer autant que possible sur un point particulier dans les posts que je crée pour Instagram, d’où l’absence du NE explétif dans la phrase avec “avant que”. Histoire de ne pas embrouiller plus les apprenant.e.s qui me suivent.