Beaucoup de / beaucoup des

Peu de jours passent sans que j’entende “beaucoup des” quand j’aimerais plutôt entendre “beaucoup de“.

On ne dit pas :

  • *J’ai beaucoup des amis.
  • *J’ai regardé beaucoup des films cette semaine.
  • * Elle a dit beaucoup des choses intéressantes.

On dit :

  • J’ai beaucoup d’amis.
  • J’ai regardé beaucoup de films cette semaine.
  • Elle a dit beaucoup de choses intéressantes.

Parfois, j’entends “beaucoup des” quand une étudiante a en fait dit “beaucoup de” mais a encore besoin de travailler sur sa prononciation du “e”. Mais la plupart du temps, j’entends “beaucoup des” parce que c’est ce qui a été dit !

Pour que les étudiants s’habituent à ne pas dire “beaucoup des“, je dis souvent qu’on ne peut pas le dire. Mais ce n’est pas vrai ! On peut dire “beaucoup des“, mais pour exprimer autre chose.

Exemples :

  • Beaucoup des personnes présentes à la réunion étaient des retraités.
  • Beaucoup des amis de ma fille sont étrangers.
  • Beaucoup des choses qu’il dit sont des inepties.

Dans ces exemples, “beaucoup des” représente une quantité parmi un ensemble défini. Il y avaient des personnes à la réunion. Parmi ces personnes, il y avait beaucoup d’étrangers. Ma fille a des amis. Beaucoup d’entre eux sont étrangers. Il dit des choses. Parmi ces choses, il y en a beaucoup qui sont des inepties.

Si vous voulez simplement exprimer une grande quantité, sans la définir dans un ensemble spécifique, il faut dire “beaucoup de“.

C’est + adjectif

Les étudiants ont souvent envie de mettre un adjectif féminin après c’est si ce qu’ils disent se réfèrent à un nom féminin.

En parlant d’une histoire ou d’une série, entre autres, j’ai souvent entendu : *c’est amusante*c’est intéressante.

Mais, même si l’on parle d’une histoire intéressante, à partir du moment où l’on utilise c’est, il faut utiliser l’adjectif masculin.

ON NE DIT JAMAIS : *c’est bonne, *c’est géniale, *c’est belle

ON DIT : c’est bon (même si l’on parle d’une pizza), c’est génial (même si l’on parle d’une idée), c’est beau (même si l’on parle d’une statue)

 

Eventuellement

Voilà un faux ami que je retrouve très souvent. Ce n’est pas la traduction de eventually.

Si je vous dis qu’éventuellement, je viendrai à votre soirée, je ne vous fais pas la promesse d’y venir ! Je vous informe que j’y viendrai peut-être. Cela dépendra des circonstances.

Pour traduire eventually, vous direz finalement !

 

 

Depuis

L’utilisation de depuis est souvent problématique pour les étudiants anglophones. Tout comme l’utilisation de “for” et “since” est problématique pour les francophones qui apprennent l’anglais. Avez-vous des amis français avec qui vous parlez anglais ? Avez-vous déjà remarqué qu’ils disaient “*I live in Paris for a long time“, or “*I love that singer since I heard his first song” quand ils veulent en fait dire “I’ve lived in Paris for a long time” et “I’ve loved that singer since I heard his first song“.

Ceci s’explique par le fait qu’en français, on utilise le présent pour exprimer ces idées. On ne dira pas “*j’ai habité à Paris depuis longtemps“, ni “*j’ai adoré ce chanteur depuis que j’ai entendu sa première chanson“. On dira “j’habite à Paris depuis longtemps” et “j’adore ce chanteur depuis que j’ai entendu sa première chanson“.

La même logique s’applique quand on parle du passé ou du futur. On dira “je vivais à Londres depuis cinq ans quand je l’ai rencontré” (et non pas “*j’avais vécu à Londres depuis cinq ans…” – pour traduire I had lived).

Un cours, une course, les courses…

Comme je le mentionnais dans le post précédent, course et cours semblent poser problème à de nombreux étudiants. Parfois on me demande si on peut faire une course la semaine prochaine, d’autre fois on me parle de ce dont on avait parlé au *course précédent.

Je pense que l’anglais “course” induit les étudiants en erreur. Mais “a course” en anglais est “un cours” en français !

Vous pouvez dire que vous prenez des cours de français, que vous avez eu un cours de français ce matin, que vous aimeriez faire cours jeudi plutôt que vendredi, ou que vous trouvez les cours de français difficiles mais intéressants.

La course, c’est quand on court (du verbe courir).

Et quand on dit qu’on va faire les courses, on veut en général dire qu’on va faire des achats au supermarché.

On pourrait développer beaucoup plus car selon le contexte, “cours” et “course” peuvent avoir beaucoup d’autres définitions, mais avant de creuser un peu plus, essayons de nous rappeler celles-ci !

Un magasin ou un magazine ?

Cette confusion est plutôt rigolote et si vous pensez être la seule personne à hésiter de temps à autre, détrompez-vous ! J’ai souvent des étudiants qui me disent qu’ils sont allés au magazine pour faire des courses (et encore plus d’étudiants qui confondent courses et cours – j’en parlerai dans le prochain post).

Cette confusion m’intrigue car magazine en français, c’est magazine en anglais ! Un magazine, c’est une revue. Il y a des magazines féminins, comme Elle ou Cosmopolitan, des magazines people, qui parlent de célébrités , des magazines sportifs, des magazines spécialisés dans l’automobile, l’économie, la mode, etc.

Un magazine peut aussi être un programme de télé ou de radio, qui traite d’un sujet déterminé. Cela fait moins longtemps que le terme est utilisé dans ce sens, mais il l’est.

Je ne fais donc pas mes courses dans un magazine mais bien dans un magasin. Il est vrai que les deux noms sont assez semblables et qu’il peut paraître étrange de dire magasin pour quelqu’un qui connaît le mot magazine. Au lieu de dire qu’on est allé faire du shopping, on peut dire qu’on est allé faire les magasins. On peut acheter des bottes dans un magasin de chaussures et un pantalon dans un magasin de vêtements. Les plus petits magasins sont parfois appelés des boutiques.

Savoir ou connaître ?

Beaucoup d’étudiants ont des doutes quant à l’utilisation de ces deux verbes. Cette fois encore, c’est généralement à cause de l’anglais car ils peuvent tous les deux se traduire par “to know”. Cependant, on ne le les utilise pas de la même façon !

  • Je sais chanter. Je sais nager. Je sais cuisiner.  JE SAIS FAIRE des choses. (savoir + infinitif)
  • Je sais que tu as raison. Je sais que je dois étudier pour progresser. Je sais comment il s’appelle. Je sais où elle habite. Je sais qui il est.  JE SAIS QUE/QUI/Où/COMMENT, etc… (savoir + proposition subordonnée)
  • Je connais Marie. Je connais son frère. Je connais sa mère. Je les connais. JE CONNAIS QUELQU’UN. (connaître une personne)
  • Je connais cette ville. Je connais ce livre. Je connais le Cambodge. Je connais ce quartier. (avoir une idée plus ou moins précise de qqch car on en a fait l’expérience ou on en a entendu parler) 

Si l’on applique ces règles, on ne devrait plus se tromper !

Cependant, il y a des situations pour lesquelles l’un ou l’autre verbe peut être utilisé et il est probable que vous entendrez des natifs utiliser des structures qui vous feront douter. Mais en suivant les règles ci-dessus, vous éviterez les erreurs quand vous voudrez traduire “know” !

Un exemple de situation qui accepte les deux verbes : je suis une actrice et j’ai des lignes à apprendre pour la répétition de ce soir. J’ai appris toutes mes lignes par cœur . Je peux dire que je sais mon texte ou que je connais mon texte. Les deux façons de dire sont correctes.

Et comme pour la plupart des règlesde grammaire française, il y aura des cas particuliers bien sûr.

 

Entendre ou écouter ?

Pas une semaine ne se passe sans que j’aie à reprendre un étudiant ou une étudiante sur l’utilisation de ces deux verbes.

Tous les soirs, j’entends la musique de mes voisins. : Est-ce que c’est mon choix ? Suis-je active ou passive ?

Tous les matins, j’écoute la radio. : Est-ce que c’est mon choix ? Suis-je active ou passive?

Quand j’écoute quelque chose, c’est que je l’ai choisi. Je suis à l’instant en train d’écouter une chanson des Plain White T’s en écrivant ce post.

Quand j’entends quelque chose, je ne l’ai pas forcément choisi. Les immeubles espagnols sont très mal isolés. J’entends mes voisins même si je n’en ai aucune envie. J’entends quand ils tirent la chasse d’eau, j’entends quand l’enfant du dessus pleure, j’entends quand quelqu’un claque sa porte, j’entends tout, même si je n’écoute pas. Je n’ai pas le choix. Mais quand j’écoute ma musique, je n’entends plus les voisins et je retrouve le sourire.

Ou, on pourrait tout simplement traduire : “entendre”, c’est “to hear”, et “écouter”, c’est ‘to listen to”.

 

 

Tout, tous, toute, toutes

Je tiens ce blog en français car je souhaite m’adresser ici aux étudiants qui ont déjà atteint un certain niveau.

J’ai beaucoup d’étudiants de niveaux intermédiaires et avancés. Ils sont tous capables d’avoir des conversations sur des sujets variés, ils regardent des films en français, écoutent des émissions de radio en français, lisent en français, mais ils font de temps à autre des erreurs sur des points de grammaire habituellement enseignés aux niveaux A1 et A2.

Ce dont j’aimerais parler aujourd’hui, c’est d’un point qui semble souvent causer problème. Et cette fois encore, je pense que l’influence de l’anglais y est sûrement pour quelque chose !

En anglais, on dit all my courage, all my friends, all my life, all my cups.  On retrouve le même ALL à chaque fois. Alors il arrive souvent qu’on veuille le traduire par TOUT, tout simplement. Mais en français, on dira tout mon courage, tous mes amis, toute ma vie et toutes mes tasses.

Il faut accorder tout avec le nom qui le suit. Et ça aide de connaître le genre des noms bien sûr !

Ensuite, il faut faire attention à bien le prononcer : dans tout mon courage et tous mes amis, on prononce /tu/ ; dans toute ma vie et toutes mes tasses, on prononce /tut/ 

Et pour ceux qui se demandent quand on prononce /tus/, c’est quand “tous” est pronom, comme dans, par exemple : Bonjour à tous ! (Hi everyone!), Les biscuits? Je les ai tous mangés (The biscuits, I ate them all),  Travaillons tous ensemble ! (Let’s all work together)

5 erreurs de verbes très fréquentes chez les étudiants anglophones

D’où qu’ils viennent, tous mes étudiants parlent anglais, langue maternelle ou langue seconde, ce qui fait qu’ils ont tendance à faire les mêmes erreurs. Car même si leur langue maternelle n’est pas l’anglais, ils s’en servent comme référence pour apprendre une autre langue étrangère. Je ne leur jette pas la pierre car je fais parfois la même chose quand je parle espagnol, bien que le français et l’espagnol aient bien plus en commun que l’anglais et l’espagnol. J’ai relevé cinq verbes qui sont très fréquemment utilisés par les étudiants sur le modèle des “phrasal verbs” anglais : to be interested in, to look for, to ask for, to wait for, to think about/of.

Ne dites pas : Je suis intéressé(e) dans l’histoire.

Dites: Je m’intéresse à l’histoire. Ou : Je suis intéressé(e) par l’histoire.

Ne dites pas : Je vais chercher pour mon stylo.

Dites : Je vais chercher mon stylo.

Ne dites pas : J’aimerais te demander pour un service.

Dites : J’aimerais te demander un service.

Ne dites pas : J’attends pour le bus.

Dites : J’attends le bus.

Ne dites pas : Je pense d’aller en vacances en France cet été.

Dites : Je pense à aller en vacances en France cet été.

Penser peut aussi être suivi de “de”.  Comme dans : Qu’est-ce que tu as pensé de ce livre ?

On pense à quelqu’un quand il nous manque. On pense à quelque chose quand on est perdu dans ses pensées. On pense quelque chose de quelqu’un quand on a un avis sur une personne. On pense quelque chose de quelque chose quand on à une opinion sur une chose (comme dans mon dernier exemple), on pense à faire quelque chose (toujours penser à + infinitif) et on peut aussi penser que le français n’est pas toujours très facile.