La négation avec AUCUN

AUCUN est un déterminant indéfini qui exprime la négation absolue. Comme “none” en anglais. Mais si en anglais, il fonctionne tout seul, en français il a besoin d’être accompagné par NE.

Si vous oubliez le NE à l’oral, ce n’est pas très grave car les Français le font tout le temps et c’est tout a fait accepté de zapper le NE quand on parle. Par contre, je corrige régulièrement des phrases avec AUCUN dans les écrits de mes élèves, car il manque le NE.

  • Je n’ai regardé aucun film cette semaine.
  • Je n’ai aucune envie d’aller à cette soirée.
  • Aucuns frais n’ont été perçus pour ce service.
  • Elle n’a pris aucunes vacances cette année.

Si AUCUN, AUCUNE s’utilisent en général au singulier, il est possible de les trouver au pluriel lorsqu’ils déterminent des noms qui sont habituellement au pluriel (tels que frais et vacances dans les exemples).

Souvenez-vous donc qu’aucun fonctionne de paire avec ne. Par contre, n’essayez pas d’y ajouter un pas, la combinaison est impossible !

Le conditionnel pour exprimer la probabilité

Je cours un peu après le temps cette semaine après avoir été malade en fin de semaine dernière et j’ai failli ne rien écrire aujourd’hui, mais j’ai pensé à un petit point de grammaire qui a laissé plusieurs de mes élèves perplexes récemment et comme c’était des élèves de niveau avancé, je me suis rendu compte que ce n’était probablement pas aussi évident que je l’imaginais.

Si vous lisez la presse française, il est probable que vous tombiez sur des phrases de ce genre :

  • L’homme aurait tué sa femme avec une arme à feu.
  • Le jeune homme a porté plainte. Les policiers l’auraient violemment agressé lors d’un contrôle d’identité alors qu’il n’avait pas résisté.
  • Trop de temps passé devant les écrans provoquerait une diminution de la vue.
  • Selon Edward Snowden, on serait espionnés en continu par Google et Amazon.
  • Le championnat devrait se terminer par une victoire des Espagnols.

On m’a demandé plusieurs fois ces derniers temps pourquoi les verbes étaient au conditionnel dans des phrases semblables.

Dans ces phrases, le conditionnel sert à exprimer la probabilité, à faire des suppositions.

Vous ne pouvez pas les traduire par “would” en anglais. La première phrase ne veut pas dire “the man would have killed his wife with a firearm“. Elle signifie “the man allegedly killed his wife with a firearm“. On suppose qu’il l’a tuée, il est très probable qu’il l’a tuée, plusieurs personnes affirment qu’il l’a tuée, mais on utilise le conditionnel par prudence car il n’a pas encore été reconnu officiellement coupable et qu’on n’est pas sûr·e à 100%, et probablement pour des raisons légales aussi.

Allegedly” peut être utilisé dans la traduction de ces phrases. Pour la dernière, “should” suffit.

Se séparer et divorcer

Ces deux verbes veulent dire plus ou moins la même chose, mais ils ne fonctionnent pas pareil et cela semble poser problème aux apprenant·e·s. L’erreur que j’entends le plus souvent, c’est le verbe divorcer à la forme pronominale. Mais divorcer n’est jamais pronominal ! En tout cas, il ne l’est plus, même s’il l’a été par le passé, il y a bien longtemps.

Il ne peut pas non plus être utilisé comme en anglais. En anglais, you divorce someone. En français, on ne peut pas *divorcer quelqu’un. Mais nous avons plusieurs constructions possibles :

  • Elle est divorcée depuis l’année dernière.
  • Elle a divorcé en 2018.
  • Elle a divorcé avec son mari.
  • Elle a divorcé d’avec son mari.
  • Elle a divorcé de son mari.

On peut donc employer divorcer sans complément ou avec un complément introduit par avec, d’avec ou de.

Si l’on voulait dire la même chose avec le verbe (se) séparer, on pourrait dire :

  • Elle est séparée depuis l’année dernière.
  • Elle s’est séparée en 2018. (un peu étrange sans complément, quand je réfléchis trop, mais on le dit, sans aucun doute)
  • Elle s’est séparée de son mari.
  • Ils se sont séparés.

On ne devrait pas vraiment dire qu’*elle s’est séparée avec son mari, même si je suis certaine de l’avoir déjà entendu dans la bouche de Français, et je suis également certaine d’avoir entendu à maintes reprises : elle s’est séparée d’avec son mari, qui est considéré moins élégant que la tournure sans avec mais qui est accepté.

Liaison: expressions avec plus, moins, tout

Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’entends régulièrement des erreurs de prononciation dans ces expressions, et plus précisément des oublis de liaison.

La liaison est pourtant obligatoire dans des expressions telles que de plus en plus, de moins en moins, plus ou moins, tout à coup, tout à l’heure, tout à fait, à tout âge, tout à gagner, tout au bout, tout autant, tout autre, etc.

Entrainez-vous :

  • J’ai de plus en plus de mal à comprendre le monde.
  • Elle a de moins en moins peur du noir.
  • Il est plus ou moins intéressé par ta proposition.
  • On se voit tout à l’heure !
  • Elle habite tout au bout de la rue.

L’accord du participe passé – deuxième partie : les verbes pronominaux

La semaine dernière, j’ai commencé à expliquer l’accord du participe passé. Comme le post contenait beaucoup d’informations, j’avais décidé de garder le cas spécifique des verbes pronominaux pour plus tard. Nous y voilà donc !

Les verbes pronominaux sont donc les verbes avec “se” dans leur infinitif. Par exemple : se laver, se réveiller, se parler, se demander, se taire, se souvenir, s’évanouir, etc.

Rappelons tout d’abord que les verbes pronominaux se conjuguent toujours avec l’auxiliaire être.

Ensuite, il faut distinguer les verbes qui sont essentiellement pronominaux de ceux qui ne le sont pas. Un verbe essentiellement pronominal est un verbe qui n’existe qu’à la forme pronominale.

Se laver n’est pas un verbe essentiellement pronominal car le verbe laver existe également. On peut dire que l’on s’est lavé (du verbe se laver) ou que l’on a lavé ses chaussettes (du verbe laver).

Se souvenir, au contraire, est un verbe essentiellement pronominal. On ne peut que se souvenir de quelque chose. On ne peut jamais *souvenir quelque chose. Cette forme verbale n’existe pas.

Quelques verbes essentiellement pronominaux : se souvenir, s’évanouir, s’écrier, s’enfuir, s’absenter, se méfier, se soucier, s’envoler, se suicider, s’époumoner, se raviser, s’obstiner, s’insurger, s’évertuer, s’entraider, se rebeller, etc.

  • Toutes les filles se sont suicidées dans le film de Sofia Coppola.
  • Elle s’est absentée pendant un mois.
  • Ils se sont insurgés contre le gouvernement.

POUR LES VERBES ESSENTIELLEMENT PRONOMINAUX, LE PARTICIPE PASSÉ S’ACCORDE TOUJOURS AVEC LE SUJET.

Le pronom des verbes essentiellement pronominaux ne représente rien de spécial dans la phrase et n’a pas de fonction syntaxique, contrairement au pronom des autres verbes pronominaux.

Emma et John se sont rencontrés l’an dernier. = se représente l’un et l’autre, Emma et John. Il est COD du verbe rencontrer. Se rencontrer n’est pas un verbe essentiellement pronominal. Emma a rencontré John. John a rencontré Emma.

Les verbes essentiellement pronominaux n’ont pas de COD.

Certains verbes pronominaux ont un sens complètement différent à la forme pronominale du sens qu’ils ont à la forme non pronominale. Ces verbes vont suivre les mêmes règles que les verbes essentiellement pronominaux. C’est le cas de verbes tels que s’apercevoir, s’entendre, se tromper, s’ennuyer, etc. Dans certaines grammaires, ces verbes sont appelés verbes de sens indistinct et sont expliqués comme étant ceux pour lesquels il est difficile de départager la part d’activité et la part de passivité du sujet. Si cela vous aide, retenez ceci, mais ce n’est pas forcément évident en ces termes, il me semble. Mais pour ces verbes, ce qu’il est plus facile de repérer, c’est que le pronom n’a aucun rôle syntaxique. Il n’est ni COD, ni COI.

  • Elle s’est aperçue de son erreur.
  • Les deux enfants se sont bien entendus.
  • Ils se sont trompés sur beaucoup de questions.
  • Elle s’est plainte auprès de la direction.

Parlons maintenant des verbes occasionnellement pronominaux, tels que se laver, se baisser, se réveiller, se former, se permettre, se parler, s’appeler, se téléphoner, etc.

La règle à suivre est la même que pour le participe passé avec l’auxiliaire avoir : s’il n’y a pas de COD, on n’accorde pas. S’il y a un COD, on accorde le participe passé avec le COD s’il est placé avant le verbe, on n’accorde pas s’il est placé après le verbe.

Petite démonstration :

Elle s’est lavée. Elle s’est lavé les mains.

Ces phrases sont toutes deux correctes. Pourquoi ?

Dans la première, on se pose la question : elle a lavé quoi / qui ? On répond : elle-même. s’ est le COD du verbe laver et représente elle. Il est placé avant le verbe = on accorde au féminin singulier.

Dans la deuxième, on se pose la question : elle a lavé quoi / qui ? On répond : ses mains. Ses mains est le COD du verbe laver. Il est placé après le verbe = on n’accorde pas.

POUR LES VERBES OCCASIONNELLEMENT PRONOMINAUX, ON APPLIQUE LES MÊMES RÈGLES QU’AVEC L’AUXILIAIRE AVOIR.

Indicatif VS subjonctif

Une fois le niveau C atteint, les étudiant·e·s ont en général bien compris quand il fallait utiliser le subjonctif et l’indicatif, malgré quelques petits écarts occasionnels.

Cependant, des doutes persistent avec certains verbes et quand je corrige le subjonctif pour un indicatif et vice-versa dans certains écrits, la raison n’est pas toujours claire pour mes élèves.

En effet, il y a certains verbes qui peuvent être suivis du subjonctif ou de l’indicatif selon leur sens. C’est le cas de verbes comme dire, admettre, supposer, demander, comprendre, etc.

Observez :

  • Je ne l’aime pas beaucoup, mais j’admets qu’il est beau gosse.
  • Elle admet que son fils ne veuille pas faire d’études.

Dans la première phrase, le verbe admettre est synonyme de reconnaitre. Il a une valeur d’affirmation. Dans la seconde, admettre est synonyme d’accepter, avec donc une valeur d’acceptation.

  • Je comprends que c’est difficile pour toi.
  • Je comprends que ce soit difficile pour toi.

Dans la première, je fais un constat, je tiens pour vrai le fait que c’est difficile. Dans la seconde, j’accepte, je tiens pour possible le fait que ce soit difficile.

Un dernier exemple ?

  • Dis à ta sœur que je l’attends.
  • Dis à ta sœur qu’elle attende.

Dans la première, dire est un verbe déclaratif. Dans la deuxième, il introduit un ordre.

Liaison avec les prépositions CHEZ, EN, SANS

Il fut un temps où la liaison était automatiquement obligatoire après ces trois prépositions, mais avec le temps, elle est devenue facultative dans un certain nombre de cas. En d’autres termes, vous pouvez choisir de faire la liaison ou non. Faire la liaison indique généralement un langage plus soutenu.

Mais attention, dans certains cas, la liaison est toujours obligatoire (jusqu’à ce qu’elle devienne facultative un jour probablement).

Elle est, à ce jour, encore obligatoire dans les cas suivants :

  • chez + pronom
  • en + pronom
  • en + nom
  • sans + nom

Entrainez-vous :

  • Je suis allée chez eux la semaine dernière.
  • Elle a ça en elle, c’est inné.
  • Elle habite en Espagne en été et en Australie en hiver.
  • Ils sont dans une relation sans amour.

L’accord du participe passé – première partie

Il serait peut-être temps que j’écrive quelque chose sur ce sujet épineux ! Je ne l’ai pas fait avant car la plupart de mes étudiant·e·s avancé·e·s ont l’air d’avoir bien compris ces règles et mêmes s’ils et elles font de petites erreurs occasionnellement, j’ai souvent l’impression que j’en entends plus dans la bouche de Français et que j’en relève plus dans les journaux français en ligne que chez mes étudiant·e·s.

Partons donc de la règle la plus simple et voyons où cela nous mène !

L’accord du participe passé employé sans auxiliaire

  • des devoirs faits à la dernière minute
  • une chanson chantée magnifiquement
  • un verre bu vite fait
  • des filles habillées en sorcières

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE NOM AUQUEL IL SE RAPPORTE

L’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire ÊTRE – verbe non pronominal

  • Elle est partie tard hier soir.
  • Lisa et Maria sont rentrées chez elles.
  • Jules est arrivé ce matin.
  • Les jumeaux d’Ewa sont nés le mois dernier.

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE SUJET

L’accord du participe passé avec l’auxiliaire AVOIR

  1. On n’accorde JAMAIS le participe passé avec le sujet si l’auxiliaire est avoir.
  2. On commence par repérer le complément d’object direct (COD). Pour celles et ceux qui ne sont pas très sûr·e·s, on part du verbe et on pose la question quoi ? ou qui ? Par exemple :
  • Je mange une pomme : je mange quoi ? une pomme – une pomme est donc le COD du verbe manger.
  • J’ai vu Julie hier : j’ai vu qui ? Julie – Julie est le COD du verbe voir.

Le COD est toujours lié au verbe, et il est lié directement au verbe, sans préposition, c’est-à-dire sans à, de, par, etc. Il complémente le verbe.

Si le COD est placé après le verbe dans la phrase :

  • Elle a mangé tous les bonbons.
  • Elles ont regardé des films toute la nuit.
  • Il a sorti les poubelles.
  • Ils ont lu des livres.

→ ON N’ACCORDE PAS LE PARTICIPE PASSÉ

Si le COD est placé avant le verbe dans la phrase :

  • Les bonbons, elles les a tous mangés. (elles ont mangé quoi ? les bonbons – les = pronom COD qui remplace les bonbons : placé avant le verbe)
  • Les poubelles, il les a sorties. (il a sorti quoi ? les poubelles – les = pronom COD qui remplace les poubelles : placé avant le verbe)
  • J’ai regardé l’émission que tu m’avais recommandée. (j’ai regardé quoi ? l’émission – que = pronom relatif qui remplace l’émission : placé avant le verbe)

→ ON ACCORDE LE PARTICIPE PASSÉ AVEC LE COD

DIFFICULTÉS

  1. Attention à ne pas confondre les pronoms COD et COI (me, te, nous, vous) : Il nous a appelés (nous = COD : il a appelé qui ? – construction directe) VS Il nous a téléphoné (nous = COI : il a téléphoné à qui ? – construction indirecte)
  2. Pas d’accord si le pronom COD est EN : Des films, j’en ai regardé toute la nuit. Des pommes, j’en ai mangé toute la semaine. Des livres, j’en ai lu beaucoup.
  3. Pas d’accord si on a un verbe impersonnel : Quelle chaleur il a fait cet été !
  4. Pas d’accord avec les structures FAIRE + infinitif et LAISSER + infinitif : Ma voiture était cassée alors je l’ai fait réparer. Mes chaussures ? Je les ai laissé sécher dehors.
  5. Probablement la difficulté la plus difficile à saisir : quand on a les verbes VOIR, REGARDER, ENTENDRE, ECOUTER, SENTIR, ENVOYER + INFINITIF, le participe passé s’accorde avec le COD quand celui-ci est également le sujet de l’infinitif. Vous vous dites, hein ??? Pas de panique, moi aussi je me le dis souvent et c’est probablement la règle que j’ai le plus de mal à retenir et pour laquelle il faut que je me concentre le plus. Je reviens toujours aux exemples que j’avais appris il y a très longtemps :
  • L’actrice que j’ai vue jouer était géniale. (actrice = sujet de jouer et COD de voir : on accorde)
  • La pièce que j’ai vu jouer était de Molière. (la pièce = COD de jouer. Le sujet de jouer est sous-entendu = les acteurs)

Pour la première phrase, on se demande : j’ai vu quoi/qui ? l’actrice. Est-ce que c’est elle qui chantait ? Oui. = on accorde.

Pour la deuxième phrase, c’est plus ambigu. On se demande : j’ai vu quoi/qui ? On peut répondre la pièce. Mais est-ce que la pièce jouait ? Non. On n’accorde pas.

Comme cela commence à faire long, je garde l’accord du participe passé avec les verbes pronominaux pour la semaine prochaine !

Liaison obligatoire : entre un adjectif interrogatif ou exclamatif et un nom ou adjectif

Nous parlons ici de quels et quelles, bien sûr, car quel et quelle ne vont pas donner lieu à des liaisons, mais à des enchainements (où l’on enchaine les mots sans ajouter de son)

J’entends assez régulièrement les étudiant·e·s oublier de faire la liaison à la forme interrogative, et je crois que je ne les entends quasi jamais utiliser la forme exclamative.

Pourtant, si le nom ou l’adjectif qui suit quels ou quelles commence par une voyelle, il faut faire la liaison.

Entrainez-vous :

  • Quels ont été les résultats des tests ?
  • De quelles étudiantes parlez-vous ? (si vous ne faites pas la liaison ici, on croit que vous parlez au singulier)
  • Quelles histoires aimiez-vous quand vous étiez enfant ? (pareil)
  • À quels heureux évènements aimez-vous repenser ? (pareil)
  • Quels adorables bambins ! (pareil)
  • Quelles amies vous avez là ! (pareil)

Parties du corps : article défini VS adjectif possessif

Récemment, lors d’un cours, je me suis rendu compte qu’il fallait que je revoie cette règle car s’il est évident pour moi de choisir entre l’article défini et l’adjectif possessif, ce n’est pas toujours évident pour les apprenant·e·s, même les plus avancé·e·s.

En effet, on peut dire je me suis lavé les mains, j’ai lavé mes mains, j’ai mal au genou, mon genou me fait mal, j’ai teint mes cheveux, je me suis teint les cheveux en noir, etc.

Plusieurs choses doivent être prises en considération.

  • Sujet ou objet ?

Si la partie du corps est sujet, on emploie le possessif : mon genou me fait mal, mes yeux sont fatigués, mon nez a pris un coup de soleil… Cependant, souvenez-vous que nous sommes en français et qu’il n’est pas impossible que vous entendiez parfois l’article défini en sujet. Par exemple, si je dis “le genou me fait mal”, il est assez évident que je parle de mon genou, et l’article défini est donc possible. Dans ce cas, les deux sont possibles.

Si la partie du corps est object direct et que la relation de possession est évidente, on utilise l’article défini : j’ai mal à la tête (la mienne), elle a levé la main (la sienne), il a levé les yeux au ciel (les siens)… Il n’y a pas d’ambigüité sur le possesseur.

  • Qui fait l’action sur la partie du corps ?

Que vous fassiez l’action sur votre propre corps ou sur celui de quelqu’un d’autre, il faut utiliser l’article défini, mais quand c’est sur quelqu’un d’autre, vous devez également utiliser un pronom COI : je lui ai touché le bras (le sien), elle m’a attrapé la main (la mienne), il lui a écrasé le pied, etc.

Si vous dites : *J’ai touché le bras, on se demande le bras de qui ? *Elle a attrapé la main, la main de qui ? *Il a écrasé le pied, le pied de qui ?

  • Le nom est-il modifié par un adjectif (ou un équivalent) ?

Si le nom est modifié, il faut utiliser l’adjectif possessif : elle se brosse ses longs cheveux pendant 10 minutes tous les matins, il a écorché son dos musclé en faisant du sport (sans adjectif, on dirait plutôt : il s’est écorché le dos).

On utilisera l’article défini avec les adjectifs droit·e et gauche : il s’est écorché le genou gauche, j’ai mal à la main droite.

On pourrait en dire un peu plus à ce sujet et parler de l’article indéfini qui est également parfois adéquat, mais si vous savez cela, vous en savez déjà beaucoup. Une erreur assez fréquente que font les apprenant·e·s, c’est de calquer sur les structures anglaises et d’utiliser le possessif quand on doit plutôt utiliser le défini.