C’est bidon !

Voilà donc une image représentant deux bidons. Mais savez vous que bidon peut avoir d’autres sens ?

Un bidon peut être un ventre.

  • Elle est enceinte de seulement deux mois mais elle commence déjà à avoir un petit bidon.
  • Ce petit garçon a un bidon bien rond et un visage bien joufflu.

Bidon peut aussi être un adjectif signifiant faux. Il est invariable.

  • Il nous a raconté une histoire complètement bidon hier soir.
  • Elle a toujours des excuses bidon.
  • J’aime pas ce mec. Il est bidon.

Qu’il signifie ventre ou faux, il appartient au registre familier. À ne pas utiliser pendant les examens ou dans vos écrits académiques !

Comme d’hab

On aime beaucoup raccourcir les mots en France. La liste est bien trop longue pour vous la donner aujourd’hui, mais si vous vivez en France ou avez l’intention d’y vivre un jour, il est important d’en être conscient. On n’apprend généralement pas ces abréviations dans les manuels de français langue étrangère mais elles sont très utilisées par les Français.

Cela peut paraître étrange au début et on peut se demander si en tant qu’étranger, on devrait les utiliser aussi. Je dirais que ce n’est en rien obligatoire, mais si vous voulez comprendre les Français, prenez note de la façon dont ils abrègent les mots, et ayez conscience que ces mots font pour la plupart partie du langage oral et familier, même si beaucoup sont acceptés dans le langage courant. Petit à petit, vous vous mettrez à les utiliser parce qu’ils vous paraîtront plus naturel, et parce que c’est pratique aussi. Vous en utilisez certainement déjà, sans trop y penser, comme sympa (pour sympathique), resto (pour restaurant), ou ordi (pour ordinateur).

Comme d’hab en est un exemple. Je parle à une copine et je lui dis : J’avais rendez-vous avec Louise hier soir pour voir un film au ciné, mais comme d’hab, elle est arrivée en retard, et on a raté le début du film. = comme d’habitude, ce qui sous-entend que Louise est toujours en retard. Dans cet exemple, on peut aussi relever le mot ciné, abréviation de cinéma.

Savez-vous ce que veulent dire les abréviations suivantes ? :

  • un appart (prononcez le <t>)
  • un exo
  • un congélo
  • un proprio
  • bon ap
  • un alcoolo
  • la clim
  • une manif
  • une rando
  • un hosto
  • un véto
  • un ado

Réponses ici.

Boire

La tendance est plutôt de vivre sainement, il me semble. Mais pour ceux qui, comme moi, ne sont pas prêts à arrêter totalement de boire (de l’alcool, évidemment), il est intéressant, voire amusant, de connaître quelques expressions en relation avec nos habitudes. Il en existe beaucoup trop pour toutes les citer ici, mais je vais vous en donner un échantillon.

  • Quand le week-end commence, le vendredi soir, j’aime boire un coup avec mes amis. = boire un verre
  • J’ai une bonne descente mais je ne tiens pas très bien l’alcool. = je bois vite et je suis vite ivre
  • Quand je vivais à Londres, j’ai remarqué que les Anglais buvaient comme des trous et qu’ils finissaient toujours la soirée bourrés comme des coings. = ils buvaient énormément et il étaient complètement ivres
  • Le premier soir de mes vacances, j’ai dormi chez une amie. On était tellement contentes de se voir qu’on a bu comme des éponges. En fin de soirée, on en tenait une bonne toutes les deux, et le lendemain matin, on a eu mal aux cheveux. = on a beaucoup bu, on était complètement ivres, on a eu mal à la tête
  • On avait la gueule de bois et nous avons cuvé notre vin pendant une grande partie de la journée. = on se sentait mal d’avoir trop bu et on a dormi
  • Je n’aime pas boire cul sec, sauf l’eau quand j’ai le hoquet. = boire un verre d’un seul coup

Quelques synonymes de l’adjectif ivre : bourré, beurré, pété, soûl/saoul, blindé, hourdé, plein, rond

Quand on est juste un peu ivre, on est pompette, gai, gris, éméché

Je suis pas télé, et vous ?

Autant j’aime le cinéma et Netflix, autant je suis pas vraiment télé. Je trouve la plupart des programmes actuels sans intérêt.

Je suis pas non plus boîte de nuit ou bars bruyants qui sentent la bière. Je suis plutôt bars tranquilles où la musique est pas trop forte et où on peut discuter sans hurler. 

Mon mari n’est pas dessert, et pour moi, c’est dur à comprendre. Je suis très dessert et je n’aime pas finir un repas sans prendre de dessert. 

Je suis pas très famille. Je m’entends pas avec la mienne et les réunions familiales chez les autres, c’est pas mon truc

être + nom est une façon familière et orale de parler de ses goûts. On peut ajouter très, plutôt, vraiment, pas vraiment, etc. 

  • Vous êtes plutôt mer ou montagne ?
  • Vous êtes plutôt sucré ou plutôt salé ?

Ça me gonfle !

Qu’est-ce qui vous gonfle dans la vie ? Moi, il y a un tas de trucs qui me gonflent, et je ne vais pas en faire la liste exhaustive, sinon je risque d’avoir envie de boire ensuite pour oublier !

Mais voici une petite liste de situations qui me gonflent vraiment beaucoup :

  • quand les gens s’arrêtent au milieu du trottoir, à l’endroit le plus étroit, sans réfléchir que s’ils avançaient d’un mètre et se mettaient sur le côté, ça permettrait aux autres de pouvoir aussi utiliser le trottoir, ça me gonfle.
  • quand les voisins font tellement de bruit que je ne peux pas dormir, ça me gonfle. 
  • en fait, le manque de considération ambiant, ça me gonfle.
  • d’être malade à chaque fois que je mange quelque chose de nouveau, ça me gonfle.
  • de ne pas parvenir à communiquer en thaï après 10 mois de cours, ça me gonfle.
  • quand mon mari dit qu’il va faire quelque chose puis qu’il oublie, ça me gonfle.
  • d’être coincée dans les embouteillages, ça me gonfle.
  • de ne pas avoir assez de temps pour lire, ça me gonfle.
  • le temps qui passe trop vite, ça me gonfle !

Vous saisissez l’idée ? Je pourrais aussi dire que ça me soûle ou que ça me gave. D’ailleurs, je le dis aussi. Je n’ai pas de préférence pour l’une ou l’autre de ces expressions. Je les aime toutes 🙂

Et vous, qu’est-ce qui vous gonfle ?

Quelle galère !

Ces derniers temps, j’ai des petits soucis d’adaptation dans mon nouveau pays d’accueil. Quand mes amis me demandent comment ça va, je leur réponds que pour être honnête, je galère un peu. J’aime bien ce mot, et en ce moment, il est tout à fait adapté à ce que je ressens. 

Le premier sens du nom galère (fém.), c’est ça : 

une galère

Les hommes qui ramaient pour faire avancer la galère s’appelaient des galériens. Certains étaient des esclaves, d’autres des criminels. 

Evidemment, je n’ai pas de navire et je ne passe pas mes journées à ramer. Quand on dit qu’on galère, c’est qu’on est dans une situation difficile, que la vie n’est pas facile au jour le jour. Si on a des problèmes financiers par exemple, on peut dire qu’on galère ou qu’on est en galère. C’est très utilisé pour parler de problèmes d’argent, mais pas seulement. 

On peut aussi utiliser cette expression pour quelque chose de ponctuel ou une situation précise. On peut l’employer comme nom ou comme adjectif. Par exemple, je pourrais vous dire que c’est vraiment galère d’aller au supermarché de chez moi. Cela demande une organisation très précise car il faut que j’y aille en taxi et il faut que je calcule d’y aller en dehors des heures de pointe si je ne veux pas être coincée dans les embouteillages pendant une heure. C’est tellement galère que j’y vais le moins possible. Mais quand on s’est installés ici, il a fallu acheter des objets assez encombrants pour la maison et quelle galère pour tout transporter ! Alors il a fallu s’organiser et faire nos achats en plusieurs fois. Vivre en dehors du centre, c’est une vraie galère pour moi. Mais bon, j’ai connu des gens bien plus en galère que moi et j’essaie de relativiser.

Cependant, c’est difficile par moments parce que je galère aussi avec la langue. Comme je ne peux pas vraiment parler la langue du pays, je galère pour communiquer et par conséquent je galère avec la nourriture car je ne peux pas bien expliquer mes allergies. Je suis une galérienne, mais j’espère que ce n’est que temporaire !

Si vous souhaitez vivre en France, soyez plus sérieux que moi dans votre apprentissage de la langue et de la culture car c’est vraiment galère de vivre dans un pays où l’on ne comprend pas grand-chose ! 😬

Les vacances

Pas une semaine ne se passe sans que j’aie à rappeler à au moins un étudiant ou une étudiante qu’en français, les vacances sont toujours au pluriel !

  • Cette semaine, je suis en vacances au Cambodge. 
  • J’aime prendre des vacances en hiver.
  • Elle va en vacances au même endroit tous les ans.
  • Les vacances d’été durent deux mois pour les écoliers français : on les appelle les grandes vacances.
  • Ils aiment passer leurs vacances au bord de la mer.
  • Nous prenons toujours une semaine de vacances à Noël.

Le mot vacance au singulier existe, mais il ne désigne pas la même chose ! Il vient de l’adjectif vacant, qui veut dire libre, vide. On peut parler de la vacance d’un poste quand personne n’occupe ce poste, ou en politique, de la vacance du pouvoir quand par exemple un Etat se retrouve sans gouvernement. 

Une expression familière que j’aime bien avec le mot vacances : ça me/nous fera des vacances ! On peut l’utiliser par exemple quand quelqu’un parle trop et lui dire : Arrête de parler cinq minutes, ça nous fera des vacances ! Ou encore quand vous apprenez qu’une personne que vous n’aimez pas trop mais voyez trop souvent à votre goût ne sera pas présente à une fête où vous serez : Tant mieux, ça me fera des vacances ! 

C’est rien beau !

Êtes-vous déjà allé en Normandie ? Si c’est le cas, vous avez peut-être entendu des expressions qui vous paraissaient étranges.

J’ai grandi dans cette région et je comprends la plupart des expressions typiquement normandes, même si je ne les utilise pas. J’avais même oublié qu’elles étaient typiques d’ici en fait. Ou je ne m’étais peut-être même pas posé la question en grandissant. Après 10 ans sans avoir mis les pieds par ici, je trouve que les gens ont un accent étrange, auquel je ne suis plus habituée, et je prends conscience des expressions qui peuvent être incomprises des étrangers, mais aussi des Français d’autres régions.

Si vous avez acheté une peinture, que vous la montrez à un ami normand et qu’il vous dit, “c’est rien beau !”, cela veut dire qu’il trouve la peinture très belle.

Autres exemples :

  • Ce nouvel immeuble ? Il est rien laid ! = il est très laid.
  • Elle est rien gentille, ta grand-mère ! = elle est très gentille.

Ici, un petit test de vocabulaire normand.

ça n’a pas de sens

Je me trompe parfois en espagnol pour dire ceci car je le traduis de l’anglais et je dis “no hace sentido” au lieu de “no tiene sentido“.

Il semblerait que les étudiants fassent la même chose en français car j’entends parfois “ça ne fait pas sens” au lieu de “ça n’a pas de sens“.

La traduction de “it doesn’t make sense” est pourtant bien “ça n’a pas de sens“.

Parler de l’âge – I’m in my twenties

Wishful thinking!

Mais je me suis souvent fait la réflexion qu’on n’a pas d’équivalent parfait en français pour exprimer l’idée de la décennie dans laquelle on se situe.

Je ne peux pas vraiment dire que j’ai la vingtaine si on me demande mon âge car 1) ça serait un mensonge et 2) je connais mon âge, donc je ne vais pas donner une approximation. Si l’on me demande l’âge de ma voisine que je croise de temps en temps, je peux dire qu’elle a la vingtaine, plus ou moins / autour de la vingtaine si je ne connais pas vraiment son âge mais que je pense qu’elle a entre 18 et 22 ans, à peu près. Par contre si je suis presque sûre qu’elle a 28 ou 29 ans, je pourrais dire qu’elle a la trentaine, ou qu’elle n’a pas encore 30 ans.  Alors qu’en anglais, elle serait “in her late twenties“.  C’est tout de suite plus simple et plus sympa, dit comme ça.

Si je vous dis que mon collègue a la quarantaine passée, c’est qu’il a plus de 40 ans et si je vous dis que ma patronne a cinquante ans et des poussières, c’est qu’elle a un peu plus de 50 ans. Ma coiffeuse va sur la soixantaine, c’est-à-dire qu’elle approche les 60 ans. En anglais, elle aussi serait tout simplement “in her late fifties“. Ma concierge est septuagénaire, ce qui veut dire qu’elle a entre 70 et 79, et cette façon de dire serait peut-être la plus proche de l’anglais, au niveau du sens. Ma grand-mère est octogénaire – elle a entre 80 et 89 ans – et mon grand-père est nonagénaire – il a entre 90 et 99 ans. Et nous vivons dans un monde où il y a de plus en plus de centenaires, c’est-à-dire de personnes qui atteignent 100 ans.

Même si, à mes oreilles, ça ne sonne pas aussi bien que l’anglais, je pense que la meilleure traduction de “in one’s thirties / forties / fifties / sixties” serait : être trentenaire / quadragénaire / quinquagénaire / sexagénaire.  Bizarrement, je crois qu’il n’y a pas de mot qui corresponde à 20-29 ans.

On peut dire, c’est une jeune trentenaire, pour faire passer l’idée qu’elle est dans la première partie de la décennie. Mais dire, c’est une vieille trentenaire, ça sonne faux. Et vraiment pas sympa. On dira plutôt, elle a 35/40 ans.

Tout ceci peut paraître compliqué, mais c’est aussi amusant de pouvoir dire la même chose de plein de façons différentes, non ?