Mots croisés : expressions idiomatiques

Pour tester votre vocabulaire d’une façon différente, voici une grille de mots croisés sur le thème des expressions idiomatiques. Si vous étudiez au niveau C, vous devez enrichir vos connaissances de ces expressions petit à petit !

Si vous avez du mal à lire et ne pouvez pas zoomer, vous pouvez trouver le pdf ici. Combien de ces 20 expressions connaissez-vous ?

Pour les réponses, c’est ici.

Il y a de l’eau dans le gaz

Il existe tellement d’expressions que parfois, il se passe des mois, voire des années, sans que l’on en entende une. Récemment – je crois que j’étais en train de regarder un film français – j’ai entendu cette expression et je me suis fait la réflexion que ça faisait vraiment longtemps que je ne l’avais pas entendue ! Et vous, vous la connaissez?

Si vous ne la connaissez pas, pouvez-vous la comprendre ?

  • Je n’ai pas été étonnée d’apprendre leur divorce car ça faisait des années qu’il y avait de l’eau dans le gaz.
  • D’habitude, elles se téléphonent tous les soirs après avoir fini leurs devoirs, mais ça fait trois jours qu’elles ne se sont pas appelées. Je pense qu’il y a de l’eau dans le gaz.

Quand l’atmosphère est à la querelle, on peut dire qu’il y a de l’eau dans le gaz. C’est assez familier, mais ce n’est en rien grossier.

Se ressembler comme deux gouttes d’eau

  • Céline ressemble comme deux gouttes d’eau à sa cousine : même taille, même forme de visage, même grands yeux, même nez, même bouche, même sourire… c’est impressionnant, on dirait des jumelles !

En anglais, si deux personnes se ressemblent trait pour trait, on les compare à des petits pois, mais en français, on les compare à des gouttes d’eau. C’est plus joli, non ? 🙂

N’en faire qu’à sa tête

  • Je ne comprends pas pourquoi ma sœur me demande des conseils pour sa vie amoureuse parce qu’elle n’en fait qu’à sa tête de toute façon.
  • Paul essaie d’instaurer des règles à la maison pour que ses enfants participent aux tâches ménagères mais ils n’en font qu’à leur tête et Paul est toujours celui qui fait la vaisselle.
  • Mon téléphone n’en fait qu’à sa tête ces derniers temps. Il s’éteint tout seul, même quand je n’y touche pas.
  • Mon stylo n’en fait qu’à sa tête aujourd’hui. Parfois il marche et dix minutes plus tard, il ne marche plus, alors qu’il a encore de l’encre.

Quand on n’en fait qu’à sa tête, on fait ce qui nous plaît sans tenir compte des opinions des autres, sans les écouter. On peut aussi l’utiliser pour certains objets, que l’on personnifie en leur prêtant une tête qu’il n’ont pas réellement.

Se la couler douce

Voilà une expression familière que j’aime beaucoup. La connaissez-vous ?

Quelques exemples :

  • J’aimerais être riche pour pouvoir me la couler douce. J’arrêterais de travailler et je prendrais le temps de vivre.
  • Depuis qu’elle est à la retraite, ma grand-mère se la coule douce. Elle s’occupe de son jardin, elle joue aux cartes avec ses amies, et de temps à autre, elle part en vacances.
  • Louis vient de commencer l’université et on ne peut pas dire qu’il se tue au travail. Je trouve qu’il se la coule douce.

Quand on se la coule douce, on ne se complique pas la vie. On est détendu et plutôt heureux.

Boire

La tendance est plutôt de vivre sainement, il me semble. Mais pour ceux qui, comme moi, ne sont pas prêts à arrêter totalement de boire (de l’alcool, évidemment), il est intéressant, voire amusant, de connaître quelques expressions en relation avec nos habitudes. Il en existe beaucoup trop pour toutes les citer ici, mais je vais vous en donner un échantillon.

  • Quand le week-end commence, le vendredi soir, j’aime boire un coup avec mes amis. = boire un verre
  • J’ai une bonne descente mais je ne tiens pas très bien l’alcool. = je bois vite et je suis vite ivre
  • Quand je vivais à Londres, j’ai remarqué que les Anglais buvaient comme des trous et qu’ils finissaient toujours la soirée bourrés comme des coings. = ils buvaient énormément et il étaient complètement ivres
  • Le premier soir de mes vacances, j’ai dormi chez une amie. On était tellement contentes de se voir qu’on a bu comme des éponges. En fin de soirée, on en tenait une bonne toutes les deux, et le lendemain matin, on a eu mal aux cheveux. = on a beaucoup bu, on était complètement ivres, on a eu mal à la tête
  • On avait la gueule de bois et nous avons cuvé notre vin pendant une grande partie de la journée. = on se sentait mal d’avoir trop bu et on a dormi
  • Je n’aime pas boire cul sec, sauf l’eau quand j’ai le hoquet. = boire un verre d’un seul coup

Quelques synonymes de l’adjectif ivre : bourré, beurré, pété, soûl/saoul, blindé, hourdé, plein, rond

Quand on est juste un peu ivre, on est pompette, gai, gris, éméché

Couleurs et expressions

En anglais, vous pouvez être white as a sheet ou red as a lobster, mais connaissez-vous des expressions françaises avec des couleurs ?

Aujourd’hui, je vais juste mentionner 10 expressions contenant les couleurs suivantes : blanc, noir, rouge, vert, jaune et bleu. 

En français, on associe le blanc à la neige, à l’aspirine ou au linge. Si l’on est blanc comme un cachet d’aspirine ou blanc comme un linge, cela veut dire qu’on est très pâle. Soit naturellement, soit parce qu’on se sent mal. Si l’on est blanc comme neige, on est innocent, pur. 

On associe le rouge à la tomate et à la colère. Si vous êtes rouge comme une tomate, c’est peut-être parce que vous êtes resté trop longtemps au soleil, que vous avez honte, que vous êtes timide, etc. Si vous êtes rouge de colère, c’est que vous êtes très en colère !

On associe le noir à l’ébène. Par exemple, dans l’histoire des frères Grimm, Blanche-Neige est décrite comme ayant les cheveux noirs comme l’ébène, c’est-à-dire d’un noir intense et brillant, comme le bois d’ébène

Le vert, lui, évoque la rage. Être vert de rage, dans l’idée, c’est un peu comme être rouge de colère. 

On associe le jaune au citron ou au coing. Si vous êtes jaune comme un citron ou jaune comme un coing, vous devriez voir un docteur et faire vérifier votre foie, car cela veut dire que vous avez le teint très jaune. 

Le bleu peut s’utiliser pour plusieurs sentiments et sensations, comme par exemple la peur. Quand on a très peur de quelque chose, on dit qu’on en a une peur bleue.

Tomber dans les pommes

Si je vous dis qu’un jour, je suis tombée dans les pommes, comprenez-vous ce que je vous dis ? C’est une expression que beaucoup d’étudiants ne connaissent pas et pourtant, on l’utilise assez souvent en français pour décrire une situation particulière. 

Je vais vous raconter la dernière fois où je suis tombée dans les pommes. J’étais à l’hôpital, j’avais subi une opération sous anesthésie générale (la première de ma vie) et au réveil, j’ai vite commencé à trouver le temps long. Alors je me suis dit que j’allais aller faire un petit tour à la cafétéria de l’hôpital ou dehors même, si c’était possible. Je voulais un peu d’air frais car je déteste les odeurs dans les hôpitaux. Rien ne me donnait envie à la cafétéria, alors je me suis dit que j’allais aller fumer une petite cigarette (je fumais en ce temps-là). Ce n’est plus très clair dans mes souvenirs si j’ai fumé à l’extérieur ou dans une salle réservée aux fumeurs, mais je me souviens de ce qui s’est passé ensuite. J’ai pris la direction de ma chambre mais j’avais la tête qui tournait et j’entendais les gens autour de moi dire que j’étais très pâle (oh la la qu’elle est pâle) et me demander si j’allais bien. Tout ça en italien. Mon italien n’était pas terrible à l’époque mais même si j’avais su comment répondre, je n’aurais pas pu. Je suis tombée dans les pommes. Par chance, les gens autour de moi avaient compris que ça allait arriver et je ne me suis pas cogné la tête par terre car ils m’ont rattrapée à temps et ils ont pris soin de moi. Comme je ne suis pas du genre à tomber dans les pommes facilement, j’ai trouvé cette situation assez marrante en fait, mais je me suis fait enguirlander (= disputer) par le docteur et par à peu près tout le monde à qui j’ai raconté cette histoire. 13 ans après, ça me fait toujours un peu rigoler, bien que je sois tout à fait consciente qu’aller fumer une clope (= argot pour cigarette) au réveil d’une anesthésie générale, c’est complètement idiot. J’aurais pu aussi dire que je m’étais évanouie, mais tomber dans les pommes, c’est plus rigolo comme façon de dire, non ? 

Avoir le moral dans les chaussettes

Voici une façon assez rigolote de dire qu’on n’a pas le moral, que ça ne va pas très fort. Si quelqu’un vous demande comment vous allez et que vous vous sentez triste, déprimé, pas très positif, vous pouvez répondre “j’ai le moral dans les chaussettes“. Vous pouvez également dire “j’ai le moral à zéro“, “je broie du noir“, ou encore “je suis au trente-sixième dessous“. Toutes ces expressions signifient la même chose !

Au contraire, si vous allez très bien est que vous avez le moral au plus haut, vous pouvez dire “je suis aux anges“, “je suis au septième ciel“, ou encore “j’ai le moral au beau fixe“.

Quelques exemples avec ces expressions : 

  • Après avoir raté son examen d’entrée, il a eu le moral dans les chaussettes pendant quelques semaines.
  • Il broie du noir depuis que sa femme l’a quitté.
  • Elle a obtenu une promotion, elle est aux anges. 
  • En ce moment, tout va bien dans ma vie, j’ai le moral au beau fixe !

Appuyer sur le champignon

J’ai cuisiné hier soir (chose très rare ces temps-ci) et j’ai utilisé une sauce soja spéciale, goût champignon. J’aime les champignons, j’aime le mot champignon, et par association d’idées, je me suis mise à penser à l’expression appuyer sur le champignon, que je n’ai probablement pas utilisée depuis des années. Très certainement parce que je ne passe pas beaucoup de temps en voiture, et aussi parce que quand je suis en voiture, le conducteur ne parle en général pas français. 

Mais j’adore cette expression un peu familière.

Si vous êtes en train de conduire et que quelqu’un vous demande d’appuyer sur le champignon, il vous demande d’accélérer, d’appuyer sur l’accélérateur. Par extension, on peut aussi le dire à quelqu’un quand on veut qu’il se dépêche de faire quelque chose. 

Une autre expression qui contient des champignons : pousser comme des champignons. 

Récemment, je suis retournée à Phnom Penh. Les tours y poussent comme des champignons. Quand j’y vivais il y a cinq ans, il n’y avait presque pas de grands immeubles mais maintenant, il y a des chantiers aux quatre coins de la ville, un bruit constant de construction, et plusieurs bars à ciel ouvert où on peut boire un coup pour oublier ce qu’ils sont en train de faire de la ville.

Quand on dit de quelque chose que ça pousse comme des champignons, on veut dire que ça se développe (très) rapidement.